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SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE.



 

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SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE.

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les locatairesles potins


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› Âge : thirty-six yo – january 3rd.
› Occupation : étoile sur le déclin pour l’american ballet theatre, enseigne bénévolement à la petite école de danse de katerina.
› DC : les prunelles céruléennes (oreste) la princesse aux arcs-en-ciel (flora) la chair mutilée (celso) & la seal noyée (elinor).
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Message(#) Sujet: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 11:25




SOLAL ANDREÏEV
“why do you want to dance? – why do you want to live?”



(NOM) ANDREÏEV ▬ le patronyme russe comme le sang dans ses veines. Il ne sait pas grand-chose du pays de son père sauf ce qu’il lui en racontait le soir, avant d’aller dormir. Il aimerait voir les rues enneigées et s’immerger dans cette culture qui lui fait encore défaut. Ce serait une façon d’honorer la mémoire de son père. Ce serait une façon de renouer avec des racines trop vite disparues. (PRÉNOM) SOLAL ▬ il croit que c’est sa mère qui a choisi son prénom. Un prénom d’origine hébraïque, il vient de ‘Solel’ ; le guide, celui qui fraie un chemin. Il ne sait pas exactement s’il porte bien ce prénom, il n’a jamais eu l’âme d’un leader. D’un guide non plus. il préfère penser au mot français ‘Soleil’ qui sonne un peu comme Solal – mais c’est peut-être son accent russe qui en altère la prononciation. Il a toujours rêvé de voler près du soleil, un peu comme Icare. Il a toujours adoré le ballet l’Oiseau de Feu. (ÂGE) TRENTE-SIX ANS ▬ et il a pourtant les épaules plus vieilles. Plus alourdies. Il a parfois l’impression d’avoir vécu toute une vie avant cette existence. Il a parfois l’impression d’être né deux fois – une fois de sa mère, l’autre quand il a rencontré les O’Neill qui sont devenus sa famille aujourd’hui. Trente-six ans, pour son métier, c’est vieux. Il ne veut pas y penser mais il doit se rendre à l’évidence : trente-six ans, c’est vieux. Son corps va commencer à fatiguer, à hurler la douleur. La Danse l’a usé mais il ne le regrette pas. Il ne regrettera jamais d’avoir réalisé son rêve. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) 3 JANVIER 1981, BRONX ▬ né d’une mère américaine et d’un père russe ayant débarqué aux États-Unis pour ses études, il a toujours vécu immergé dans ces racines doubles. Son père lui lisait des contes de son pays pour l’endormir le soir, lui apprenait la langue de ses origines ; sa mère lui a transmis sa passion de la danse, l’a amené très jeune dans les théâtres de Broadway, lui a fait connaître les comédies musicales et les ballets. C’était dans ses gênes. Cinq ans après sa naissance, Sofia, sa petite sœur, a vu le jour. Une petite princesse qu’il a aimée dès l’instant où ses parents lui annoncé la nouvelle. C’était son petit ange et il l’aurait protégée de tous les monstres sous son lit et dans les placards de sa chambre à coucher. Mais il n’a pas pu la protéger contre la maladie qui l’a emportée quelques années plus tard alors qu’elle n’avait que sept ans. Ses parents n’ont plus été les mêmes après ça. Et même danser jusqu’à saigner ne l’a pas aidé, lui non plus. Il a tout juste quinze ans quand il perd ses parents dans un accident de voiture dont il est le seul rescapé. À partir de moment-là, il a été tout seul pour se débrouiller. (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) DANSEUR PROFESSIONNEL ▬ le rêve de toute une vie. Un rêve qu’il pensait inaccessible. Et pourtant il a réussi à se produire sur scène, à faire de sa passion un réel métier. Aujourd’hui encore il continue de danser pour vivre (ou vit-il pour danser ?) avec dans un coin de son âme les taches sombres de la prostitution qui restent comme des cicatrices indélébiles. Des cicatrices aujourd’hui refermées, soignées. Mais il porte tout de même en son sein le poids de mauvaises décisions, de mauvais chemins. Il porte en son sein la honte d’avoir survécu de la mauvaise manière alors qu’il se retrouvait seul, sans rien si ce n’est son joli minois qui a plu à celui qui est devenu son proxénète. C’était comme une autre vie aujourd’hui. Un autre Solal, aussi. Mais il reste un peu au fond de son âme du petit adolescent au sac à dos gris délavé dans lequel il cachait toute sa vie de gosse orphelin et sans famille. (NATIONALITÉ) AMÉRICAINE ▬ il est né sur le sol Américain et sa mère l’a initié à la culture de son pays. Mais il pense de plus en plus à renouer avec ses origines russes, à réapprendre ce que son père lui a appris quand il n’était encore qu’un enfant. Il ne sait pas si c’est juste stupide ou parce qu’il se sent enfin prêt à rouvrir la porte sur son passé, mais l’idée lui trotte dans la tête. Son père serait heureux, de là où il est. Sa mère aimait tellement quand il lui parlait russe, quand il lui disait des mots doux en russe. (ORIGINES) AMÉRICAINE & RUSSE ▬ il a toujours évolué dans cette double culture. Il parle d’ailleurs les deux langues même s’il a eu tendance à abandonner le russe ces dernières années. Heureusement, il y a Alekseï pour lui rappeler d’où son père venait, d’où lui vient toute cette richesse dans son enfance. Et si ses parents n’étaient pas des tsars russes ou de politiques américains millionnaires, ils étaient riches de tout l’amour qu’il recevait grâce à eux. Ses origines, c’est son trésor. Ses origines, c’est sa fierté. (STATUT CIVIL) CÉLIBATAIRE ▬ Lyam a été son premier amour et il est encore marqué des cicatrices de leur histoire. Le blond a été tout ce qu’il recherchait chez quelqu’un et même plus encore mais la vie les a éloignés pour mieux les rapprocher aujourd’hui d’une manière différente. Ils s’aiment toujours mais d’une autre manière. Et il croit rechercher un peu de Lyam dans ceux qui pourraient partager sa vie. Partager son cœur. Il y a bien quelqu’un qui lui ressemble, il y a bien quelqu’un qui lui rappelle Lyam tout en étant différent. Tout en étant une autre personne. Quelqu’un qui lui traverse l’esprit, de temps en temps. Quelqu’un à qui il pense de plus en plus souvent. Mais il est prudent ; mais il est timide. Alors il n’ose pas encore s’aventurer sur des sentiers qui lui seraient inconnus. Il est pourtant temps pour lui de refaire sa vie. Il est temps pour lui d’être à nouveau heureux. (ORIENTATION SEXUELLE) PANSEXUEL ▬ il a été forcé à la bisexualité à cause de la prostitution. Il n’a jamais eu à décider, à expérimenter, à comprendre ce qu’il préférait. Le sexe a été une obligation pour lui, dès le départ. Et il n’y a finalement eu qu’avec Lyam que la sexualité a pris une définition totalement différente. Ce n’était pas tant son corps qui l’attirait, même s’il était beau ; c’était avant tout son âme. Cette âme solaire et éclatante. Brillante. Lyam l’a attiré comme une lampe attire les papillons. C’était son aura qui lui faisait battre le cœur plus vite, c’était la caresse de son regard sur lui plus que celle de ses mains. Et il s’est dit que c’était ce qu’il aimait. Il s’est dit que c’était ça, son orientation sexuelle : l’âme des gens. Ce que les gens possédaient à l’intérieur de leur enveloppe de chair. (GROUPE) DE CEUX QUI VIVENT ▬ pendant longtemps, il a survécu. Petit, il rêvait. Aujourd’hui, il vit. Il vit parce qu’il est heureux de vivre. Il est heureux de qui il est devenu malgré les épreuves – ou peut-être à ces épreuves de la vie. Aujourd’hui, il se surprend à aimer la vie même s’il a vécu des heures sombres. Son passé n’est plus une blessure sanguinolente. Il a fait la paix avec ce qu’il a fait, avec qui il était. Et même s’il y a encore des nuits où les cauchemars reviennent le hanter, il fait face. Il se bat. Parce qu’il connaît le prix à payer pour faire de ses rêves une réalité.

« for there is nothing lost, that may be found, if sought. » — edmund spenser

(Quand et comment avez-vous emménagé au Parking ?) Il n’y habite pas. Il ne le connaît que parce que Lyam vit ici désormais, sous couverture, pour une mission dont il ne sait pratiquement rien. Il y vient de temps à autre, autant qu’il le peut malgré les répétitions pour son prochain ballet. Quelque part, il aimerait que la présence du blond si près de lui, enfin, après tout ce temps puisse leur permettre de rattraper le temps perdu. De renouer. Il a parfois l’impression que les blessures du passé ont fait qu’ils se sentent comme étrangers l’un à l’autre. Et pourtant Lyam est toujours Lyam – le sourire solaire en moins. Il est toujours lui. Il est toujours celui à qui il se confiait dans l’obscurité, celui avec qui il dansait le tango sous l’œil professionnel de Katerina. Il est toujours celui qu’il a aimé si fort qu’il s’est brisé en mille morceaux. Lyam est toujours Lyam. Il est toujours lui. Mais il serait fou de ne pas profiter de sa présence ici pour le voir. Lui parler. Faire partie de sa vie à nouveau. Comme avant. Un peu. Pas entièrement.

(Que pensez-vous de l’immeuble et vos voisins ?) Le quartier lui rappelle de sombres souvenirs qu’il a été incapable d’oublier. Dans les rues du Bronx, il revoit sa frêle carcasse d’adolescent qui tremble sous le haut aguicheur. Il revoit les sourires des clients. Cet immeuble lui rappelle les hôtels miteux où les chambres se louaient à l’heure. Lui rappelle les vieux matelas humides de transpiration. Dans les escaliers sombres et mal éclairés, il se souvient des mains baladeuses qui ne savaient pas attendre, qui passaient sous les vêtements pour aller chercher sa peau d’enfant. Et dans ces voisins, venus de tous horizons, ils revoient les junkies et les camés, les prostituées, les sans-abris de la rue d’à côté. Le Parking lui rappelle tout ce qu’il a détesté de sa vie, tout ce qu’il a haï de son existence – à commencer par lui.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Il ne doit pas avoir de réputation, sauf peut-être celle d’un fantôme. D’un voisin qu’on ne connaît pas parce qu’il n’habite pas là. La réputation de quelqu’un qui passe dans le quartier, et on ne sait pas pourquoi. Pourquoi il s’arrête là, pourquoi il prend la peine de pousser la porte en bas. Pourquoi il reste là alors qu’il y a tellement mieux ailleurs. Il y a toujours mieux ailleurs. Mais il a cette lumière dans le regard qui dit qu’il comprend la misère, qu’il vient de là – de la rue, de l’Enfer. Il a cette lumière dans le regard qu’il dit qu’il a vécu tout ça, qu’il a sa place parmi eux – les rejetés de la société. Les oubliés. Ce que la vie a laissés tomber. Il pourrait faire partie de ces murs. Il a peut-être eu plus de chance que certains, il a peut-être eu une marraine Bonne Fée. Il a peut-être changé de vie. Il s’en est sûrement sorti, contrairement à ceux qui s’enfoncent un peu plus dans les ténèbres du Bronx chaque jour.


PSEUDO/PRÉNOM : .uninvited/Jess’. ÂGE : Toujours 27 ans et toutes mes dents, sauf les dents de sagesse. PAYS : Toujours le pays de la baguette et du béret, toujours la région du fromage et des montagnes. FRÉQUENCE DE CONNEXION : Toujours beaucoup trop pour mes pauvres études. COMMENT AVEZ-VOUS TROUVÉ LE FORUM ? Aucun souvenir. REMISE EN JEU : Il ne sera plus repris après moi – je l’ai, je le garde. (TYPE DE PERSO) C’est le bébé de sexy @Lyam O'Neill héhé. :hihi: (CRÉDITS) Je sais plus. COMMENTAIRE OU SUGGESTION : Nope. AVATAR : Boyd Holbrook.


© nous sommes de ceux



zhar-ptitsa ✩ there was something in his movements that made you think he never walked but always danced.


Dernière édition par Solal Andreïev le Dim 5 Fév - 22:34, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 11:25





( les chaussons rouges )
do things with passion, or not at all


(Décembre 2000.) Il n’a aucun souvenir de son enfance ou de ses parents – ou tout du moins s’oblige-t-il à ne pas se rappeler de la misère et de la pauvreté. De la mort. Non, il n’a aucun souvenir de ces années sombres et pénibles. Pour lui, sa vie a commencé ce soir-là, dans un commissariat. Il a croisé un regard bleu clair comme un ciel d’été, tendre, avenant, et c’est comme si tout commençait enfin. Comme si on le libérait enfin. Il ne voulait plus se rappeler de pourquoi il était là, de ce qu’il avait fait avant ça. Il ne voulait plus se rappeler de qui il était avant ça. « Tu vas venir à la maison avec moi, tu es d’accord ? » Il n’a jamais su pourquoi elle lui avait tendu la main. Il n’a jamais su pourquoi elle lui avait ouvert les portes de sa maison, de sa famille. De sa vie. Il n’a jamais demandé non plus, à vrai dire. Il sait juste que sa vie a changé ce jour-là, tout au tout. C’était comme une seconde chance. Un nouveau départ. C’était peut-être pour lui l’occasion de se reconstruire, c’était peut-être pour lui l’occasion de penser à l’avenir. Il avait eu des rêves autrefois, des rêves qu’il avait dû mettre de côté, oublier, pour pouvoir avancer malgré les obstacles et l’adversité. « Comment tu t’appelles ? » La voix avait cette douceur maternelle qui lui manquait tant, certains soirs quand les nuits étaient trop longues et trop froides. La voix avec cette chaleur qui laissait un frisson sur sa peau, tendre et agréable. C’était presque facile, maintenant, de fermer les yeux et de se laisser bercer par cette voix. C’était presque facile d’y croire. « Solal. » Son accent est trop flagrant, froid comme la glace. Ses origines s’entendent dans ses mots tremblants. Mais la femme lui offre un sourire chaleureux, plein de tendresse. Elle a cette douceur dans les lèvres et dans la voix. Et il se sent immédiatement rassuré. « Tu vas venir avec moi, Solal. Tu vas rester à la maison pendant quelques temps, si tu es d’accord. » Il ne comprend pas – il ne veut pas comprendre. Il reste longtemps à la fixer sans rien dire, comme s’il était soudainement devenu muet. Et puis, il acquiesce sans vraiment s’en rendre compte. Il acquiesce parce qu’il a envie de la suivre. Il acquiesce parce qu’il se dit que c’est toujours que de survivre.



(Janvier 2001.) Il est nerveux. Il a même envie de vomir. Ses doigts s’agitent sur ses cuisses alors qu’il entend Sinah et Alekseï courir partout dans la maison. Ils n’ont qu’un prénom à la bouche depuis quelques jours : Lyam. Lyam, Lyam, Lyam. Lyam, toujours. Et il s’est habitué à ces deux syllabes qui sonnent terriblement familières à ses oreilles aujourd’hui alors qu’il n’a jamais rien vu d’autre de cet autre membre de la famille O’Neill qu’en photographie dans de vieux albums. Mais il a appris les contours du visage pâle, il a appris les grands yeux bleus en forme d’amande. Il est impatient de le rencontrer tout en ayant peur d’être violemment rejeté. Il n’est qu’un inconnu pour lui. Est-ce que Ellinor lui avait déjà parlé de lui, lui avait dit qu’il vivait à la maison ? Il ne sait pas. Il n’a pas osé le lui demander. Alors, il attend. Dans cette chambre qui est devenue désormais la sienne, son petit territoire, son endroit rien qu’à lui, il attend. Dans un coin git le sac à dos gris qui renferme toute sa vie. Tout ce à quoi il a toujours tenu dans son existence. Pendant un instant, il pense à la photographie, ce vieux cliché un peu corné qui emprisonne le visage souriant d’une enfant qui n’a même pas sept ans. Elle est aussi blonde que lui. Elle a les yeux clairs de leur mère. Il pense à la photographie et son cœur se serre. Il aurait aimé qu’elle soit là, elle aussi. « C’est Lyam ! Il arrive ! » La voix de Sinah est devenue aiguë sous l’excitation et il retient un sourire. Un sourire qui devient une grimace tordant ses lèvres dans une angoisse inconfortable. Alors, il allait enfin le rencontrer. Le fameux Lyam. Et quelque chose dans sa gorge se bloque, rend sa respiration difficile. Il n’était pas prêt pour ce moment-là.

Lyam étaient encore plus beau que sur toutes les photographies que les parents O’Neill avaient pu lui montrer. Son regard était peut-être un peu plus froid qu’il ne l’avait imaginé et son teint plus hâlé. Mais il était définitivement plus beau. Bien plus beau. Il reste caché derrière Ellinor et Sloan, comme s’il avait peur d’être remarqué par le nouvel arrivant. En réalité, il est effrayé et il essaye tant bien que mal de ne pas le montrer. Cependant il suppose qu’à garder la tête enfouie dans ses épaules courbées, il ne donnait pas vraiment l’impression de quelqu’un d’extraverti ou au contact aisé. « Approche. » Sloan a un sourire apaisant quand il se tourne vers lui pour l’inviter à la réunion familiale. Il sent bien que Lyam l’observe et il hésite à croiser le regard océan. Quelques pas en avant, timides, et il se retrouve face à une main tendue très spontanément comme si sa présence devenait immédiatement acceptable et acceptée. Le blond lui paraît franc, direct. Ça lui fait un peu peur, un tout petit peu, mais il se dit qu’il pourrait s’y faire. « Solal. » Son prénom tremble sur sa langue et il s’en veut. Il se maudit de ne pas avoir l’air aussi confiant. « Lyam. » Sa voix envoie un frisson agréable le long de son échine, lui décoche un sourire. Il se retient de lui dire qu’il sait. Qu’il a entendu parler de lui. Il se retient de penser qu’il le connaît déjà sans jamais l’avoir rencontré auparavant, qu’il veut encore apprendre un peu plus de lui s’il le veut bien. Il garde tout ça pour lui, serre la main tendue avec la sale impression que sa paume est moite contre celle, plus rêche, du blond.

Assis sur le lit, il se repassait le dîner et la soirée en boucle dans sa tête pour tenter de savoir si tout s’était finalement bien passé. Pour savoir si Lyam le détestait. Le blond avait eu l’air heureux de retrouver sa famille, son foyer. Il ne pouvait pas espérer comprendre ce que Lyam avait ressenti en passant la porte ce jour-là mais il avait des vagues souvenirs de chaleur et de bonheur qui entourait le mot ‘famille’. Il supposait que s’engager dans l’armée était un gros changement pour quelqu’un, pour les proches aussi. Alekseï lui avait confié en avoir voulu à son frère quand il leur avait annoncé sa décision. Ils s’étaient même quitté en froid et il s’en était beaucoup voulu après. Alors retrouver son foyer, ce chez-soi était finalement un retour aux racines. Il avait dû passer inaperçu, au fond. Il avait dû être invisible. Le roi de la soirée, c’était Lyam.
La porte s’ouvre soudainement et son regard un peu étonné tombe sur le blond, qui semble tout aussi étonné que lui. Il y a une seconde de flottement et il se lève précipitamment, maladroitement comme s’il avait reçu un choc électrique. Bien sûr, il avait emménagé dans la chambre de Lyam. « Je vais– » « Ce n’est pas grave. Je prendrai le canapé, il n’y a pas de problème. » Il reste silencieux, les yeux baissés sur ses doigts qui triturent les boutons d’un pyjama qui ne lui appartient même pas. Rien ne lui appartient ici, juste son petit sac à dos gris. Et il se sent coupable de priver Lyam de son lit, de sa chambre. Après tout ce temps passé loin de ce qui lui était familier, de ce qui était sien, il aurait sûrement voulu se retrouver dans un endroit qui lui apportait confort et sécurité. Pourtant, il n’ose pas lui dire qu’il peut prendre le lit. Qu’il ira, lui, sur le canapé. Du coin de l’œil, il observe Lyam qui pose son grand sac dans un coin de la chambre et il avale sa salive. Il se répète une phrase en silence, dans sa tête : Je te laisse ta chambre, Lyam. Tu en as plus besoin que moi. Mais il ne dit rien, il reste silencieux. Intimidé. Impressionné. Il se sent tout petit face au militaire. « Bonne nuit. » Il n’émet qu’un son étranglé en réponse alors que Lyam a refermé la porte de la chambre, le laissant à nouveau dans ce silence pesant de questions auxquelles il n’a pas de réponse.

Il ne comprenait pas comment tout ça avait pu arriver. Et, en même temps, il aurait dû s’en douter également. Son passé n’était jamais très loin, à le hanter. Ce n’est pas parce que tu as emménagé dans une jolie maison que tu es devenu quelqu’un de différent, s’entend-il penser entre un imbroglio de pensées sombres et angoissées. Il devait s’attendre à ce que certains le reconnaissent. À ce que certains lui rappellent ce qu’il est : un pauvre prostitué de rue, qui battait le pavé dans l’espoir de quelques billets froissés. Il était juste sorti faire une course. Dans l’après-midi, il avait aidé une voisine à porter ses sacs de courses, à les ranger dans les placards et, le sourire empli de gratitude, elle lui avait tendu deux billets. Il a essayé de refuser, le visage confus et les joues rougies, mais elle avait attrapé sa main pour le forcer à accepter. Il s’était senti mal à l’aise en repartant de chez la vieille dame. Alors il a voulu simplement aller acheter des fleurs, quelques fleurs, pour Ellinor. Et peut-être même, s’il lui restait quelques pièces, il s’arrêterait à la boulangerie pour rapporter quelques pâtisseries pour le dîner. Les petites qui se vendent dans des boîtes blanches, par six, avec de la crème et des fruits. Et du chocolat aussi. Et, son pauvre petit bouquet en mains, il était ressorti de la boutique avec un sourire – il espérait que Ellinor aime les tournesols. Il avait trouvé ça beau, les tournesols.
Maintenant les fleurs étaient piétinées à terre, dans un coin de ruelle sale, et son corps coincé contre un mur de pierre. La vue brouillée, il supplie pour qu’ils le laissent partir. Il veut simplement rentrer. Il leur a déjà donné les pièces qu’il lui restait – adieu, les pâtisseries. Mais ils ne veulent pas d’argent. Ils veulent sa peau, ils veulent ses gémissements. Ils veulent son corps entre des draps sales d’un hôtel miteux de l’autre côté de la rue. Et il ne sait pas quoi faire. Il est trop effrayé pour se défendre. « Laissez-moi ! » C’est plus une supplique hurlée de désespoir qu’un ordre. Ça sonnait comme un cri d’animal blessé. Les rires lui ont écorché les oreilles jusqu’à ce qu’une autre voix, plus grave, chaude et rassurante, amène d’autres battements à son cœur. Lyam. C’était Lyam. Il était à la fois soulagé et honteux qu’il l’ait trouvé. « T’es qui, toi ? Un autre de ses clients, peut-être ? » Un couinement lui échappe cependant que la honte coule sur lui comme une de ces caresses qu’il ne demandait pas – jamais. Il se sent même pâlir et il sait bien que ce n’est pas à cause de cette main qui le contraint à l’immobilité. Il n’avait pas imaginé que Lyam apprendrait ça de cette façon, aussi brutalement. Aussi vulgairement. Il aurait peut-être même voulu que jamais il ne sache. Il avait bien trop honte. Et Lyam ne le regarderait plus comme avant. Plus que comme un pauvre garçon que sa mère avait sorti de la rue.
Tout se passe vite, il y a des hurlements de douleur, des coups échangés dans des bruits sourds d’os qui craquent de façon morbide. Il ferme les yeux, presse les paupières. Il a peur pour Lyam et un goût acide de vomis au fond de la gorge. Ce n’est que lorsqu’il entend un « viens, on rentre à la maison » qu’il s’autorise à rouvrir les paupières. Il tombe alors sur le visage du blond. Ses lèvres lui sourient. Et il lui sourit, un peu, en retour cependant qu’il empoigne le casque de moto le militaire lui tendait. « Tu es blessé, il fait remarquer en tendant une main vers la joue saignant en fines gouttelettes, stoppant son geste à mi-chemin. Tu as mal ? » Un autre sourire qui lui donne chaud aux joues est sa réponse et il se place derrière Lyam sur sa moto, le moteur vrombissant dans l’air frais de la nuit. Il a une pensée pour les fleurs abandonnées et il se sent un peu triste. Ellinor méritait bien plus que des tournesols, de toute façon.

Il a le geste précautionneux quand il sort les chaussons de son petit sac gris. Le tissu est un peu rêche sous ses doigts, sentiment familier mêlé de nostalgie. Ça faisait bien longtemps qu’il ne les avait pas regardés. Qu’il ne les avait pas mis. Une éternité. Comme s’ils faisaient partie d’une toute autre vie. Et peut-être était-ce le cas. Peut-être que ce Solal-là n’existait pas, n’existait plus. Pourtant, les revoir, les tenir à nouveau dans ses mains, c’est comme un retour en arrière. Sa Madeleine de Proust. Il a un goût sucré, un peu de vanille et de fraise mélangées, au fond de la bouche. Le danseur n’est pas parti bien loin. Il est toujours là. Quelque part, enfoui sous les couches de crasse déposée par toutes les caresses étrangères. Retenant sa respiration comme si le moindre bruit pouvait le réveiller de ce merveilleux rêve, il ôte ses grosses chaussettes de laine et passe la demi-pointe. Le chausson épouse encore parfaitement son pied, même s’il devient un peu trop étroit à la pointe. C’est comme une seconde peau. C’est comme se retrouver. Et, le corps un peu tremblant, il se redresse, effectue un développé à la seconde. Une arabesque. Les mouvements lui reviennent et ses muscles le tirent d’une façon douloureusement agréable. Son esprit avait peut-être voulu oublier, mais pas son corps. Son corps, lui, se souvenait.

Lyam repartait. Il ne savait pas quand il le reverrait, s’il le reverrait même un jour. Parce que Lyam repartait là-bas, chez les militaires. La tristesse courbait les épaules de Sloan, l’angoisse glaçait les yeux de Ellinor. Sinah pleurait, Alekseï faisait semblant d’être fort. Et, lui, il était là. Immobile. Silencieux. Il ne savait pas quoi dire, pas quoi faire. Il avait apprécié faire la connaissance de Lyam, le rencontrer pour de vrai. Sa présence avait quelque chose de rassurant. De protecteur et de tendre à la fois. Et il aimait son sourire, aussi. Son sourire allait lui manquer. Il se trouvait un peu intimidé, il ne savait pas vraiment quoi lui dire. « Merci pour l’autre jour… » Et c’est tout ce qu’il a trouvé sur le moment. C’est tout ce qu’il a été capable de prononcer avec ses mots et son accent. Il a souri, parce que sa phrase sonnait comme s’il y avait un grand secret entre Lyam et lui – et l’idée lui plaisait. L’idée de partager quelque chose de secret avec le blond lui plaisait. Ça lui donnait le sentiment qu’ils se rapprochaient. Qu’il existait quelque chose de concret entre eux. Que Lyam l’acceptait au sein de sa famille et qu’il ne serait pas toujours que l’étranger qui lui a piqué sa chambre, son lit. Son pyjama aussi. « Tu devrais sourire un peu plus souvent, tu sais. » Son regard a accroché le sien et il s’est senti rougir comme un enfant pris en faute. Il n’avait jamais imaginé que Lyam avait remarqué ça – qu’il ne souriait plus, plus vraiment. Est-ce que ça signifiait que le blond l’observait ? Est-ce que ça signifiait qu’il faisait attention à lui ? Son cœur bat un peu trop fort à ses tempes. Et la famille O’Neill doit l’attendre dans la voiture. Mais il n’a pas envie de partir ; il n’a pas envie de voir Lyam partir. Lyam allait lui manquer. « Et puis, va voir Katerina un de ces jours, elle habite un peu plus bas dans la rue. Dis-lui que tu viens de ma part. Elle donne des cours de danse, ça devrait te plaire. » Ses épaules tressautent et il se mord l’intérieur des joues pour se retenir de ne pas avoir un mouvement de recul défensif. Comment Lyam savait-il ? Ils n’en avaient jamais discuté. Il ne se souvenait pas avoir parlé de la Danse à quelqu’un de la famille du blond. Est-ce que Ellinor avait aperçu ses chaussons, un jour qu’il ne faisait pas attention ? La question le taraude et il fronce un peu les sourcils, pourtant délicieusement touché par cette attention. Il voudrait lui demander comment il a su mais ses lèvres sont trop sèches et sa gorge trop nouée. Alors, il reste bêtement à le fixer cependant que le militaire lui adresse un clin d’œil empli de complicité. Pétrifié par l’incrédulité, ce n’est que lorsque Lyam lui a tourné le dos, presque disparu derrière d’autres militaires comme lui, qu’il se sent capable de bouger à nouveau. Et en revenant à la voiture, il se sent tout léger. Il se sent heureux pour la première depuis très longtemps. Il peine un peu à réfréner le sourire idiot qui lui éblouit les lèvres et les yeux alors Sinah le regarde du coin de l’œil avec un petit air coquin mais il fait mine de l’ignorer. Tout comme il fait mine d’ignorer la brûlure sur ses joues qui descend même jusqu’à son cou.



(Juin 2001.) C’était fini. Tout était fini. Les jurés avaient rendu leur verdict et le juge avait donné sa peine à l’accusé. Tout était fini. Et il était libre. Enfin libre. Il était libéré de ce monstre qui avait hanté ses jours et ses nuits pendant trois longues années. Il était libéré de cette période qui, encore, le rendait honteux et introverti. Tout était fini. Jamais il ne s’était senti si soulagé. Comme si un poids énorme s’enlevait soudainement de ses épaules, comme si sa cage thoracique s’ouvrait pour laisser entrer l’air à nouveau. Tout était fini. Il a la vue complètement brouillée et les gens dans le tribunal ne ressemblent plus qu’à des taches floues sur sa rétine. Il pense qu’il pleure mais il n’en est pas sûr. Il y a juste la main de Ellinor qui serre la sienne et le bras de Sloan qui entoure ses épaules dans un geste plein d’affection. Ils ont tous voulu l’accompagné durant le procès. Tous, sans exception. Aleksei est là, dans son costume bleu foncé et sa cravate bien nouée. Droit comme un i – droit comme la justice. Sinah aussi voulait venir mais sa mère l’en a empêchée. Elle était un peu trop petite pour tout ça. Et il ne comprenait cette décision que trop bien : il voulait protéger cette petite sœur de cœur comme il pouvait. Il voulait aussi se protéger de ce passé qui continuerait encore de l’éclabousser. Aujourd’hui, tout était enfin fini. Il était libre. Mais qu’allait-il devenir maintenant ? Qu’allait-il bien pouvoir faire ? Qui allait-il pouvoir être maintenant qu’il n’était plus juste un corps à acheter pour une heures ou deux ? « Viens Solal, nous rentrons à la maison, lui murmure alors Sloan cependant que la salle du tribunal se vide. » Et il sent son cœur qui se gonfle. Il sent sa respiration qui devient plus facile soudainement. Parce qu’il a la famille O’Neill pour l’aider dans cette nouvelle vie qui commence. Parce qu’il a un toit au-dessus de sa tête pour abriter ses joies et ses peines, ses réussites et ses échecs. Parce qu’il n’est plus seul. Il ne sera plus jamais seul. Il en a la certitude tandis que sa main s’accroche à celle de Ellinor comme pour ne pas tomber, comme pour la remercier silencieusement d’être aujourd’hui la mère qui lui avait manqué par le passé.



(8 Septembre 2001.) Il ne sait pas ce qui l’a réveillé. C’était peut-être la chaleur soudainement absente contre sa joue ; c’était peut-être la voix grave qui résonnait à ses oreilles. C’était peut-être un peu des deux. Mais il avait été si bien. Il avait été si bien, bercé par cette chaleur émanant du corps de Lyam, par cette confiance si aveugle qu’il avait rendu les armes. Il s’était abandonné à la vulnérabilité du sommeil et il aurait voulu ne pas être rattrapé par la réalité. Il n’y avait pas eu de cauchemar, cette fois-ci. Et voilà qu’il ouvrait les yeux sur le visage du blond qui le fixait d’un air un peu amusé. Comme s’il avait quelque chose sur la figure, comme une trace d’oreiller. Un peu précipitamment, il se frotte la joue, fourrage une main dans ses cheveux. Il ne devait pas avoir l’air bien présentable. Il devait avoir l’air endormi, le regard embrumé de sommeil. Pendant que Lyam s’occupait de mettre Sinah au lit, il reste sur le canapé, en silence, les pensées emmêlées. C’était une nouvelle permission pour Lyam. Un nouveau moment où il profitait de sa présence rassurante, de son sourire. Il profitait de ses yeux clairs avant de les revoir partir. Il avait fini par s’y habituer même si ça n’était pas moins difficile avec le temps. Il avait juste appris à profiter de lui quand il était là, à se languir de lui quand il était absent. Il lui écrivait des lettres qu’il n’envoyait pas, qu’il cachait au fond de son petit sac gris. Des lettres dans lesquelles il lui disait qu’il lui manquait, qu’il espérait le revoir vite. Des lettres dans lesquelles il se confiait, parce que c’était plus facile de lui dire la vérité sur lui, sur tout ce qu’il a fait quand c’était mis sur le papier plutôt que quand il savait que Lyam le regardait. Les yeux du blond le déstabilisaient. Il se sentait toujours intimidé. « Ça te dérange si on parle un peu ? » Alors il a mis en place ce petit rituel. Cette petite habitude qui n’appartient qu’à eux. Il attend le noir, il attend la nuit. Et ils parlent. Les langues se délient plus facilement dans le noir, quand il n’y a pas ses yeux trop bleus pour le voir. C’est comme ça qu’il s’est ouvert à lui la première fois, c’est comme ça qu’il lui a parlé de son enfance, de sa petite sœur Sofia. C’est comme ça qu’il lui a avoué ses plus sombres secrets, les heures terribles de la prostitution et de la soumission. C’est comme ça qu’il lui a ouvert les portes de ses rêves, de ses projets. C’est comme ça qu’ils ont discuté. Tous les deux. Jusqu’à apercevoir par la fenêtre le soleil qui se levait. Et alors que la lumière rougeâtre frappait les murs de la chambre, ils se taisaient. Ils faisaient semblant de s’être endormis comme pour montrer à l’autre que leurs confessions intimes n’appartenaient qu’à la nuit. C’était rassurant, pour lui. Et la confiance qu’il éprouvait à l’égard de Lyam l’aidait à avancer, à renouer avec le monde autour de lui. À se refaire une place dans la Vie.



(11 Septembre 2001.) Ses lèvres avaient un goût d’interdit et de liberté. Ce n’était sans doute pas raisonnable, ce qu’ils étaient en train de faire mais il ne parvenait pas à se dire qu’il fallait arrêter. Ce n’était pas bien, mais c’était pourtant tellement bon. La passion qui brûlait entre eux était comme une caresse audacieuse sur sa peau nue. Ça n’avait rien de comparable. Ça n’était comme rien de ce qu’il avait pu connaître auparavant. Alors il ferme les yeux et se laisse emporter par l’étreinte comme si une vague venait s’échouer sur son corps abandonné. Soupirant, il se sent perdre pied, la terre se dérobant ou bien tournant trop vite pour lui, et il s’accroche avec force à la nuque du blond. Comme si sa vie en dépendait. Comme s’il n’y avait que lui qui pouvait le ramener à bon port. Surpris, il lâche un hoquet sonore quand Lyam le soulève et il enroule ses jambes autour de la taille comme par automatisme. À travers le baiser, il se met à rire doucement tandis qu’ils échouent sur le lit. Sa tête s’enfonçant dans le matelas, il se dit qu’il n’a sûrement jamais été aussi heureux de toute sa vie. Il ne se rappelle pas d’avoir connu un tel bonheur. Cette joie qui brûle si fort dans sa poitrine. Est-ce que son cœur allait s’arrêter de battre dans une seconde parce qu’il pulsait trop fort contre sa poitrine ? « PAPA ! » Le hurlement de Sinah est comme un retour à la réalité bien trop brutal mais il ne veut pas y faire attention. Quitter la chaleur tendre de l’étreinte de Lyam lui paraît impossible maintenant. Il aurait aimé pouvoir arrêter le temps pour pouvoir rester ainsi toute l’éternité durant. C’était bien trop bon pour que tout s’arrête si brutalement. « Viens voir à la télé, y a un truc qui se passe au World Trade Center… ON DIRAIT QUE Y A DES AVIONS QUI SONT RENTRÉS DANS DES TOURS ! » Son sang se glace dans ses veines et son cœur s’arrête. C’est comme s’écraser au sol après une chute à pleine vitesse. Sa cage thoracique ressemble à une bouillie de sang cependant que le corps au-dessus de lui se fige d’effroi. Il voit passer une lueur étrange dans le regard de Lyam et sa gorge se serre. Non, il se dit. Pas ça. Dans un silence qui sentait déjà la mort et le sang, ils se relevés et rhabillés correctement avant de rejoindre le reste de la famille O’Neill au salon. Ils étaient tous les yeux rivés sur le poste de télévision. Il y avait juste les phrases débitées à tout allure, les voix qui s’entrechoquaient. Pendant un instant, il en a perdu son anglais. Il n’a pas voulu comprendre. Comprendre lui faisait bien trop peur.
Il n’a pas regardé les images terribles à la télévision. Il n’a pas vu les avions qui percutaient les tours, les gens qui sautaient par les fenêtres pour échapper aux flammes. Il n’a pas vu le monde s’arrêter. Il n’a pas vu le nuage de fumée quand la tour nord, la première, est tombée. Il n’a pas regardé ces images qui changeraient à jamais la face du monde. Il n’a pas regardé les images terribles à la télévision. Il a regardé Lyam. Il a regardé le visage devenir livide. Pâle comme la mort qui les entourait désormais. Il a regardé les yeux se ternir, devenir glacés comme si tout était fini. Il a regardé, le cœur juste au bord des lèvres, tout son petit quotidien qui changeait. On était le onze Septembre et tout serait différent désormais. Il le savait. Il n’a pas eu besoin de regarder les avions qui percutaient les tours, les gens qui venaient de mourir à la télévision. Il n’a pas eu besoin de regarder ces images-là. Il a simplement regardé Lyam. Et il a compris. Sans être vraiment bien certain ou sûr de lui, il a quand même compris. Il a compris que c’était le début de la fin. Il a compris qu’il n’y aurait plus jamais rien.



(Avril 2003.) « J’irai Maman. » Et ça a été la toute première fois que Lyam lui brisait le cœur. Sans même le savoir.

(2003–2005) Tout avait changé. Rien n’était plus pareil. Chaque fois que Lyam revenait, il était un peu plus différent encore. Un peu plus lointain aussi. Muet. Sombre. Lyam avait changé. Et il ne pouvait qu’observer cette chute lente et effroyable de loin parce que le blond ne le laissait même plus l’approcher. Il y avait comme un fossé, un énorme gouffre entre eux désormais. Et il ne le reconnaissait plus. « Parle-moi. » Mais le militaire ne parlait pas. Il ne disait rien. « S’il te plaît. » Ses silences le tuaient à petit feu, le détruisaient de l’intérieur. Il tendait la main vers lui mais Lyam, jamais, ne la prenait. Et la douleur était insoutenable. Parce qu’il ne pouvait pas être là pour lui. Parce qu’il ne le laissait pas être là pour lui. Il ne savait plus ce qu’il se passait derrière ces yeux trop bleus, qui n’étaient d’ailleurs plus vraiment bleus. Ils avaient perdu de leurs couleurs. Ils avaient perdu de leur éclat. « Je t’en prie. » Laisse-moi être là pour toi. Mais il ne se heurtait qu’à un mur de silence. Il ne se heurtait qu’à ce gouffre qui se creusait petit à petit entre eux. Et il se sentait impuissant. Il était impuissant face à la distance que le blond instaurait entre eux. Comme s’ils ne devenaient plus que deux étrangers l’un pour l’autre. Comme si cet amour qui avait autrefois brûlé entre eux s’était éteint là-bas, en Irak. Une part de lui en voulait à Lyam. Il lui en voulait d’être parti, de s’être éloigné ; il lui en voulait de l’avoir abandonné. Il lui en voulait d’avoir laissé la guerre le détruire. Les détruire. Lyam aurait dû lui revenir, il avait promis. Mais quelque chose de lui était resté là-bas, au front. Quelque chose avait été perdu en route. Et ce quelque chose manquait aujourd’hui. Ce quelque chose faisait que leur relation ne ressemblait plus à rien. À rien qu’un champ de ruines – comme en Irak. « Tu ne peux pas me faire ça, Lyam. Tu n’as pas le droit… » Tu ne peux pas nous faire ça.

Le jour où la famille O’Neill a pris la décision de déménager à Los Angeles, il a su que c’était le moment. Le moment de devenir complètement indépendant. Le moment de s’éloigner aussi. Voir Lyam était devenu bien trop douloureux. Voir qu’il s’était détruit, qu’ils s’étaient détruits à cause de la guerre, était plus qu’insupportable. C’était insoutenable. Ils se blessaient bien trop. Sans même le vouloir parce qu’il restait entre eux une flamme. Un espoir. Mais c’était trop. C’était trop pour lui.
Pendant quelques mois, il s’est perfectionné, il s’est épuisé chaque muscle dans la danse, dans des stages donnés par les plus grands dans la Cité des Anges. C’était son issue de secours. C’était son échappatoire. Parce qu’il n’y avait finalement que la Danse qui le sauvait de la douleur, de la folie. Parce qu’il n’y avait que dans la danse qu’il parvenait à se sauver, à sauver Lyam aussi. Dans une double-pirouette ou dans un adage, il sauvait le blond. Il sauvait le blond du cauchemar de la guerre, il sauvait le blond de l’aridité de l’Irak. Il sauvait le blond de lui-même. Parce que Lyam n’était plus le même depuis qu’il avait raccroché l’uniforme. Il avait vu la fêlure dans ses iris, dans le plus profond de son âme. Lyam n’était plus vraiment Lyam. Et le sourire soleil avait disparu depuis. Alors il dansait. Il dansait encore ; il dansait toujours. Parce qu’il n’y avait que dans la Danse qu’il parvenait à le sauver. À le retrouver même pour quelques trop courtes minutes de mélodie.
Ils se sont retrouvés. Ils se sont aimés. Ils se sont fracassés. Comme des aimants contraires, comme deux parties d’un même tout. C’était comme un paso-doble, c’était comme une guerre. Ils étaient deux ; ils étaient un. Ils ne savaient pas ; ils ne savaient plus. Tout ce qu’il savait c’était qu’ils ne pouvaient plus être amants. Malgré l’amour, malgré la dépendance. Malgré les flammes qui les brûlaient jusque dans leurs chairs. Ils ne pouvaient plus s’aimer autant parce que ça les détruisait autant qu’ils se sentaient vivants. Trouver un équilibre entre la vie et la mort était difficile. Peut-être même impossible. Mais ils essayaient. Ils essayaient et ils se trompaient, ils essayaient et ils tentaient. Parce qu’ils ne pouvaient pas accepter la fin de leur histoire. Parce que ce n’était pas vraiment une fin, juste le commencement de quelque chose d’autre. De quelque chose de différent.

« Concentre-toi, Solal ! Ta pointe ! Je t’ai déjà dit de faire attention à ta pointe ! » Son corps brûle, ses muscles lui font mal. Mais ça n’est jamais aussi bon que dans la Danse. Et Katerina a raison : sa pointe n’est pas bonne. Sa pointe n’est pas parfaite. Il n’est pas assez concentré. « Et c’est quoi ce bras ? Il est tout mou. Tout mou ! Tu m’avais habituée à mieux. » Il rectifie sa position, bande ses muscles. Il observe son reflet dans le miroir, critique, et tend un peu plus la jambe. Il connaissait pourtant l’enchaînement par cœur. Les pas étaient inscrits jusque dans sa peau, à force d’efforts et de transpiration. Il n’aurait pas dû faire des erreurs de débutants, pas après toutes ces années. « C’est mieux. Tu peux relâcher. » Non, ça ne l’était pas. Pas pour lui. Mais un coup d’œil à l’horloge murale lui indique c’est bientôt l’heure. Katerina attend ses jeunes danseuses en tutu rose. « Fais quelques étirements au sol et tu pourras y aller. » Il détend son corps, tire sur ses muscles. Il détestait cette partie de la leçon. Son esprit vagabondait toujours jusqu’à lui. Jusqu’à Lyam. C’était comme une mauvaise habitude qui était inévitable. C’était comme un péché mignon. « Comment est-ce qu’il va ? » Il presse un instant les paupières, bouleversé. Il ne sait jamais quoi répondre à cette question, il ne peut jamais répondre à cette question sans sentir sa gorge qui se noue. Qui se serre à l’étouffer. « Comme d’habitude. Il est en école de police, maintenant. » Les mots semblaient presque vides de sens pour lui. Parce que rien n’avait vraiment changé. Lyam s’était toujours perdu. Et il déteste le sourire triste que lui offre Katerina. Il déteste ses yeux qui lui renvoient sa tristesse comme une gifle puissante sur ses joues. Il sait qu’il a failli. Il sait qu’il a échoué. Échoué à être celui qu’il fallait à Lyam pour revenir à la vie.



(2005–2016.) « Tu n’y as jamais pensé ? » « Non. » Oui. « Tu n’as jamais pensé à devenir professionnel ? À tenter ta chance ? » « Non. » Oui. Depuis des années. Mais il n’avait jamais eu le courage de le dire à haute voix. Il n’avait jamais eu le courage de se donner cette opportunité. « Tu devrais. Tu as quelque chose, Solal. Tu devrais tenter. » Alors il a accepté. Alors Katerina l’a entraîné, plus dur encore. Alors il a tenté sa chance.

« On va reprendre le Grand Divertissement, tous en place ! La danse espagnole, c’est à vous !  Et j’aimerais qu’on revoie le pas de deux de la Fée Dragée et du Prince Orgeat ensuite ! Où est Lilian ? Est-ce que quelqu’un a vu Lilian ? Qu’on me retrouve Lilian ! Les Espagnols, vous êtes où ? Sur scène, j’ai dit ! » Il aime le bruit des chaussons sur le parquet. Il aime l’odeur de la laque mêlée à celle de la transpiration. Il aime l’odeur de la colophane qui traîne un peu partout dans les vestiaires, dans les coulisses. Il y a les projecteurs qui l’éblouissent un instant. Et la musique éclate, bourdonne dans oreilles. Il en connaît les variations par cœur comme si elle faisait partie de lui. La main de sa partenaire serre la sienne comme un geste de complicité et il sourit. C’était son quotidien désormais, depuis qu’il avait fait son entrée à l’American Ballet Theatre. Et il n’était peut-être que quadrille, invisible silhouette dans le corps de ballet mais ça lui était égal. Parce qu’il dansait. Tous les jours de la semaine, il dansait. Il dansait jusqu’à s’épuiser. Et il ne s’était jamais rendu compte auparavant que c’était le plus grand rêve de sa vie.  

Ça a été difficile mais ils ont fini par trouver leur équilibre. Ils ont fini par trouver leur endroit, cet endroit où ils étaient à nouveau eux sans se faire mal. Sans se détruire. Il y a eu des dérapages, il y a eu des faux départs. Il y a eu des moments où la douleur refaisait surface. Mais ils sont parvenus à redevenir un. Il ne sait pas si c’est le temps qui a aidé à panser quelques blessures ; il ne sait pas si c’est Lyam qui est revenu. Ou bien si c’est lui qui a changé. Qui a grandi, mûri. Mais leur amour reste comme une ombre qui les suit, qui les poursuit. Leur amour reste comme une cendre rougeoyante, mal éteinte sous les restes de leur passé qui s’est envolé en fumée. Il n’y aura jamais personne pour le remplacer, il n’y aura jamais personne d’aussi important que Lyam. Il peut simplement espérer trouver quelqu’un qui saura l’accepter avec tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a vu. Avec ce passif parfois lourd à porter. Le blond sera toujours spécial à ses yeux. Unique. Mais un amour comme le leur ne peut plus s’épanouir. Plus comme avant. Ils s’aiment. Ils s’aimeront toujours. Et leurs caresses, leurs regards auront toujours un goût de leur passé déchiré mais il est désormais temps que leurs chemins se séparent. Pour toujours mieux se retrouver au détour d’une rue.



(2016.) « Distribution des rôles, Lac des Cygnes 2017/2018.
Odelin (Odette) – Solal Andreïev
»
Il avait dû relire son nom une dizaine de fois avant de se dire qu’il avait obtenu le rôle. Avant de se dire qu’il ne rêvait pas. Depuis des années, il était devenu danseur professionnel. Il avait réalisé son rêve d’intégrer une compagnie et il avait depuis vécu de son art. De sa Danse. Il n’avait cependant jamais recherché la lumière ou les projecteurs, il n’avait jamais passé d’auditions pour interpréter de grands rôles sur scène. Il a pu danser quelques solos, éphémères heures de gloire dont il se satisfaisait pleinement. Et il avait aussi conscience, douloureusement, que sa vie de danseur prendrait bientôt fin. Que les étoiles de ce métier n’étaient que des étoiles filantes. Et il se savait sur le déclin. Il savait que c’était déjà la fin. Bien sûr, cette pensée était aussi effrayante que difficile à accepter mais il n’était pas malheureux pour autant. Il se sentait chanceux. Il se sentait chanceux d’avoir ainsi pu réaliser son plus grand rêve, d’avoir pu fouler des scènes qu’il n’avait alors jamais vu que dans des livres ou à la télévision. Il se sentait chanceux d’avoir fait partie de cet univers. Il ne se souvient pas de ce qui l’a poussé à vouloir faire partie de cette production-là, à vouloir être pour une première fois sur le devant de la scène comme toutes celles et tous ceux qui l’ont été avant lui. C’était peut-être de savoir que ce serait sûrement sa dernière chance d’être là. C’était peut-être de savoir qu’il serait bientôt temps pour lui de quitter la troupe. Il a tenté sa chance, sans y croire vraiment. Il a tenté sa chance, avec le secret espoir de réussir quand même. Et voilà qu’il a réussi. Et voilà qu’il a décroché son tout premier grand rôle – et certainement aussi le dernier. C’était d’ailleurs presque ironique, presque un signe du destin, qu’il interprète le rôle de Odette dans une version entièrement masculine du Lac des Cygnes. Ce serait son adieu à la scène. Son adieu au danseur professionnel en lui. Ce serait sa mort du Cygne.


© nous sommes de ceux



zhar-ptitsa ✩ there was something in his movements that made you think he never walked but always danced.


Dernière édition par Solal Andreïev le Dim 5 Fév - 14:11, édité 5 fois
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 11:25

Rebienvenuuuuuuuuuuuue à la maison Love. :l: (mon danseur CANDICHOU CANDICHOU )

(Commençons soft. :hihi: )(La plus belle déclaration, tu me fiches pas la pression toi hein. OMG MDR COOKIE )(Comment veux-tu que je me concentre, les Irlandais font la fête dehors. MDR They're totally insane. MDR )
Solal, sous ta plume, esquissé par ta sensibilité, c'est bien plus encore que ce que les mots pourraient décrire, et ils me manquent sincèrement. J'ai hâte de RPotter avec toi, as always, de découvrir ce personnage au fil des liens noués (parce que tu sais bien que j'aime stalker voyons NIARK ), de le voir à nouveau évoluer au Parking. J'vais pas m'étaler, j'pense que tu sais le plus important. Je te souhaite de t'éclater avec lui comme tu prends plaisir à écrire pour tous tes autres magnifiques bébés. I love you COOKIE Ce début d'histoire est déjà si touchant, ça promet tellement de belles choses pour la suite. ho J'vais finir par croire que tes mots sont connectés à mon coeur pour qu'ils l'atteignent avec autant de justesse à chaque fois. chou
Alors je dirais juste merci. :l: Et je laisse Red et Taplin exprimer l'inexprimable pour Lyam. COOKIE
« There are foundational elements  in our lives. People... that form the brick and the mortar of who we are. People that are so deeply embedded that we take their existence for granted until suddenly they're not there. And we... collapse into rubble. »
« Sunsets are proof that endings can often be beautiful too. »

CANDICHOU BRILLE COOKIE I love you



TIME IS RUNNING OUT

There are foundational elements  in our lives. People... that form the brick and the mortar of who we are. People that are so deeply embedded that we take their existence for granted until suddenly they're not there. And we... collapse into rubble.© signature by anaëlle.


Dernière édition par Lyam O'Neill le Mar 31 Jan - 1:11, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 11:50

Boyd BAVE2
Re-bienvenue :l:



Poison


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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 11:52

Re bienvenue :)




You let me violate you, you let me desecrate you. You let me penetrate you, you let me complicate you. Help me I broke apart my insides, help me I've got no soul to sell. Help me the only thing that works for me, help me get away from myself.
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 12:32

Bienvenue Solal ! ;)
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 13:26

ReBienvenue :l:



.
Je marche dans des villes où des âmes sans nom me fredonnent le tien. Des concerts en sourdine où je chante ton nom pour oublier le mien. Pour oublier un peu que toi tu n'es pas là quand l'hiver se fait rude. Que je n'ai plus que moi avec qui partager ma propre solitude.
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 13:30

Re-bienvenue avec Solal!
Amuse toi avec lui autant qu'il m'a apporté de plaisir! ;)
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 13:34

Re-Bienvenue MIAOU



I'm a goner

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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 14:50

C'est pas le plus beau parce que c'est Celso, mais il est pas mal celui-là. Surprised

Re-bienvenue ! :l:



   
POURTANT IL FAUT VIVRE

   
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 17:58

Re-bienvenue BRILLE


Des fois, tu te sens sirène
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 18:10

ce prénom, cet avatar, ce métier OMG re-bienvenue à la maison Surprised
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 18:14

(re)bienvenue POTTE
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« Balkanski tigar »
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 20:51

(re) bienvenue HELLO



"J'en étais réduit au rôle de passager dans la voiture d'observation située derrière mes yeux."

Richard K. Morgan
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE. Dim 29 Jan - 20:53

rebienvenue par ici :l:
toujours cette plume magnifique OMG POTTE
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Message(#) Sujet: Re: SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE.

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SOLAL ✩ LA MORT DU CYGNE.

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