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solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance

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les locatairesles potins


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Message(#) Sujet: solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance Mer 14 Sep - 19:50

(Quand et comment avez vous emménagé au Parking ?)Le 15 septembre 2016 t’es d’la police fils de … Ok ok, on se calme. C’est un concours de circonstances, tu as atteris dans le Bronx il y a quelques années avec Marcel, et tu t’es fais viré de ton ancien appartement, le propriétaire était pas fan des guns cachés sous le plancher. Vous avez convenus qu’il ne te cause pas d’emmerde si tu quittais l’immeuble, tu t’es exécuté, et ton vieil ami t’a parlé de cet immeuble là, ou visiblement, la concierge n’est pas trop regardante, du moment qu’on paye le loyer, et l’argent tu n’en manques pas.

(Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ?) Y’a pire, y’a mieux. Ils sont pas chiants et c’est bien leur qualité principale dans le fond. Tu connais juste Marcel dans l’immeuble, c’est pas plus mal, les liens avec les gens… Ouai c’est pas vraiment ton truc. Ca ne l’est plus, tu as essayé une fois, maintenant à la rigueur il y a des coups d’un soir, mais ça reste rare, c’est pas ton truc les êtres humains. L’immeuble ressemble vaguement à un truc que possédait ton père en Norvège, tu sais pas ce qu’il s’y passait, tu gardais simplement l’entrée à l’époque, et tu n’as jamais cherché à en savoir davantage, il y a des choses qu’il vaut mieux ignorer.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Au restau où tu travailles, on t’aime bien, t’es mignonne, gentille, tu fais bien ton boulot… Au Parking, tu n’es rien qu’une ombre. Tu bosses quasiment toute la nuit, tu dors peu, tu y traines peu aussi, alors finalement, on ne te connait pas vraiment. En revanche, il y a certaines sphères plus sombres où on te connait bien, pour la précision de tes tirs essentiellement. Tu ne rates jamais une cible alors on vient te chercher pour des contrats plus ou moins risqués, toute façon, les morts n’ont rien à perdre.


(NOM) Arndottir , la fille de Arn, c’est joli comme idée, cette filiation inébranlable, cette paternité choisie à l’égard d’une enfant spéciale, ça les dérange les gens, ce nom aux sonorités nordiques avec ton visage de poupée de Chine, mais de toute façon, il ne veut plus rien dire ce nom là. La fille de Arn est morte, disparue, emportée par les flots.  (PRÉNOM) Solveigh, c’est ta deuxième naissance, ton deuxième baptême, l’eau qui a coulé sur ton visage n’était pas pûre, n’était pas sainte, elle avait la saveur des caves et de l’eau qui y croupis, alors bien souvent, tu préfères qu’on t’appelle par ton diminutif, Sol c’est mieux, c’est plus joli, c’est plus solaire. Officiellement, à la naissance, c’était Jia, petite fille intolérable par la politique d’un état souverain.  (  GE) 35 ans, et pas une ride sur ton visage vampirique, en même temps, quand on est mort, on se fige, on arrête de vieillir à jamais. Ta vie s’est terminée le 2 août 2015, aux yeux de tous, ceux qui t’aiment, ceux qui n’existent plus. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE)Le 17 novembre, à Wuhan, tes parents biologiques vivaient une véritable malédiction, un déni de grossesse, aucune solution, mais ils en avaient déjà un, alors toi… Toi tu les mettais hors la loi, tu étais le nid d’emmerde dont ils n’avaient pas besoin.  (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) tueuse à gage et serveuse, le premier parce que c’est ça qu’on t’a appris à faire toute ta vie, le second parce que ça te permet de ne pas devenir complètement folle, ça maintient un minimum de sociabilisation dans ta vie, et ça te contraint à avoir des contacts avec d’autres êtres humaines, des contacts autres que “ bonjour, je dois tuer qui?”.  (NATIONALITÉ) Norvégienne, tu as réussi à obtenir une fausse carte verte qui te permet de séjourner sans mal aux états unis. Encore heureux, parce qu’obtenir des papiers quand on est déclaré mort, c’est encore plus compliqué que d’en obtenir tout court.  (ORIGINES) On lit sur les traits de ton visage que tu n’as rien à voir avec les plantureuses blondes qu’on vend dans les catalogues de déco scandinave, tu es une poupée de Chine que l’on a arraché à son  pays pour la jeter dans un dortoir dégueulasse, la préparer pour un marché malsain où les traits asiatiques font toujours vendre.(STATUT CIVIL) célibataire, il y a bien un fiancé qui quelque part, continue à te pleurer, mais il n’est plus question de lui, il n’estplus question de vous, il n’est plus question d’aimer, tu n’as jamais appris à le faire, et si tu ne l’as jamais cherché, c’est parce que  finalement, la solitude est ta seule compagne, à quoi bon aimer, d’amour ou d’amitié, lorsque tout ce qu’on est bon à faire, c’est tuer.  (ORIENTATION SEXUELLE) Il y’a eu des hommes, il y a eu une ou deux femmes, il y a eu un vague plaisir quand s’y mêlait les armes à feu sulfureuses et dangereuses, mais tu n’as jamais été fan de sexe, sans doute par traumatisme, pourtant, tu y reviens souvent, comme pour te prouver que tu existes encore, et pour tromper la solitude d’une vie trop vide. (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) 15 septembre 2016, un jeudi, un nouvel appartement, une nouvelle vie, le mois dernier ça faisait un an, un an que tu es morte, alors finalement, un nouveau pays, une nouvelle… Non. Pas de nouvelle vie quand on est déjà morte. (GROUPE) de ceux qui survivent, vu qu’on peut pas être de ceux qui sont morts!  

PSEUDO/PRENOM : Lolita pour les internets, certains élus connaissent ma véritable identité ! AGE : 21 yo PAYS : France FRÉQUENCE DE CONNEXION : 7/7 26h/24 COMMENT AVEZ VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : C’est parti un jour de St Valentin où j’ai eu envie de reprendre le rp. (REPRISE DU PERSONNAGE) à voir. J’en doute mais pourquoi pas. Enfin l’idée c’est que je vais pas la lâcher.  (CRÉDITS) AMIANTE ; tumblr COMMENTAIRE OU SUGGESTION : on continuuuue comme ça ?  AVATAR : Zhang Ziyi
SOLVEIGH JIA ARNDOTTIR
sept fois à terre, huit fois debout.
LE DORTOIR:, c’était une très grande pièce avec des petits lits à barreaux. Tu as passé les huits premières années de ta vie dans cette pièce. Vous sortiez peu, vous jouiez dans le dortoir, et on ne prenait la peine de vous sortir, que pour vous apprendre les bases du Norvégien, et les comportements à adopter, parce qu’il fallait avant tout être une bonne petite fille, il n’y avait que comme ça que vous pourriez avoir le droit à des jolis cadeaux. De temps en temps, les plus grandes partaient, et ne revenaient pas, mais elles étaient sans doute partie vers quelque chose de mieux. • SOIS POLIE, DIS MERCI:, sans le savoir, tu étais membre d’un réseau de prostitution enfantine, tu étais la future marchandise de cet homme que tu allais ensuite appeler papa. Tu faisais partie des petites filles qu’on allait vendre à une bande de pervers qui aimaient prendre leur plaisir en vous regardant, tu ne savais pas, on t’a juste appris qu’il fallait toujours obéir aux messieurs qui venaient quand Arn le disait, et qu’il fallait être polie. •LA PETITE ROBE ROUGE: Tu étais belle comme un ange dans cette petite robe là, tu as cru qu’on allait te présenter des parents, ou t’emmener à la fête foraine, et c’est la bête qui s’est abbatue sur toi, et qui a reveillé l’animal dangereux qui sommeillait en toi durant toutes ces années. Tu ne l’as jamais plus remise, tu ne sais pas pourquoi, tu l’aimais bien toi cette robe, elle t’allait bien, elle avait plein de volants, tu ressemblais à une princesse.• BEST FRIEND:, il n’était pas ordinaire ton meilleur ami à toi, il avait un canon, un chargeur, il ne ratait jamais sa cible, tu l’as encore aujourd’hui, parce que c’est le premier cadeau d’anniversaire de papa, et que même si tu ne le reverras plus jamais, il y a des souvenirs joyeux, mais surtout, tu n’as jamais rien eu d’autres, si ce n’est l’amitié d’un homme, l’amour d’un autres, que tu ne méritais pas. • HOPLOPHILIE: Tu n’as jamais aimé le sexe, même dans les bras de ton fiancé de l’époque, tu simulais à la perfection sans savoir pourquoi, la vérité, c’est qu’on te l’a appris quand tu étais une petite fille, il n’y a qu’une chose qui t’excite à coup sûr, la proximité d’une arme à feu. Tu la colles dans leur calebarre, tu rives le canon sur un sein… et là, tu t’envoles. •LES HIRONDELLES: Tu en as une, tatouée sur les côtes, tu ne saurais pas dire pourquoi, mais tu les as toujours trouvé belle. Elle n’était pas là avant, elle est venue ornée ta peau de poupée de porcelaine quand tu es arrivée dans le Bronx, peut-être que dans le fond, c’est une façon de dire que tu prends un nouvel envol, mais on ne va pas se mentir, la vérité c’est que tu ne quittes pas le sol. • L’UNIFORME: Tu es morte dans ton uniforme de la marine, et il ne t’a jamais quitté. Tu ne saurais dire pourquoi. Après tout, à l’origine, si tu t’es engagée, c’est uniquement pour réaliser la mission que ton père t’avait confié… Mais la vérité c’est qu’à l’armée, les gens se souciaient de toi, ils aimaient te voir rire et sourire, ils chassaient les larmes lorsque tu craquais, rarement. Tu avais tout simplement une famille à cette époque là. Tu n’as plus rien, mais l’uniforme te rattache à eux, ça te prouve qu’ils ont existé, parce que le reste, les photos, tu n’as plus rien. • DEN GIGANTISKE OG DUKKEN: Il mesurait deux mètres, toi à peine 1m70, il pesait facile 100 kilos de muscle alors que tu en pèses 60, il avait les cheveux de Raiponce, et toi ceux de Mulan, il n’y avait absolument rien qui vous rapprochait l’un de l’autre et pourtant… Pourtant ça a été une évidence. Pourtant, c’est le géant qui t’a fait désobéir, c’est pour qu’il vive que tu es morte, c’est son visage qui hante tes nuits parfois. Qu’est-ce qu’il est devenu? Un homme bien. •STRADIVARIUS: Les violons ont deux ouvertures sur leurs corps, toi, tu as deux traces de brûlures dans le bas du dos, deux marques dont tu ignores la provenance, c’est le noir complet en ce qui concerne ces blessures.  La vérité, c’est que la douleur a été tellement vive que tu as perdu connaissance, tu t’es écroulée dans les bras de ton bourreau, tu avais quelques mois, un minuscule bébé, les marques ont grandi avec toi, elles sont la preuve concrète que tu n’as jamais été libre, tu es juste une marchandise, une petite machine de guerre.  • •LA PAROLE:Tu as mis beaucoup de temps à parler quand tu étais petite fille. En grandissant, les mots ne sont pas devenus ta spécialité. Ca s’est un peu arrangé quand tu étais à l’armée, mais depuis ta mort, le silence est devenu ton quotidien. Tu n’aimes plus le bruit, tu redoutes les foules… C’est pour ça que tu es devenue serveuse, pour ne pas devenir un monstre, pour ne pas perdre le contact avec les autres êtres humains. •NORWEGIAN NIGHTMARE: Chaque soir, tu revois cette scène. Des choses horribles, tu en as finalement assez peu vu dans ta vie, ou alors tu n’avais simplement pas confiance de leur signification, mais cette nuit là, tula revois souvent. Se voir mourir est une chose étrange. Tu n’es pas vraiment morte ce soir là, mais tu as eu la conscience de tout ce que cela allait engendrer, disparaître de la vie de ton fiancé, de ton meilleur ami, de ta famille, disparaître à jamais parce que tu avais désobéis au réseau, tu as imaginé la plaque de marbre à ton nom et les médailles…  • NAGER POUR RESPIRER:Mourir en mer et passer le plus clair de ses matinées dans un bassin remplit d’eau, ça a quelque chose d’ironique, mais ça ne t’a jamais dérangé. Tu passes des heures et des heures à la piscine, avec la course, c’est le deuxième sport qui te passionne et qui te permet de te maintenir en forme. Tu as lâché les entrainements de l’armée, mais tueuse n’est pas un métier de tout repos. • LA VIE A MONTSYMPA: C’est Marcel qui t’a initié à ce jeu là, les Sims. Ca t’a d’abord fait doucement rire puis… Puis tu t’es crée une famille. C’est sans doute pathétique et désespéré comme façon de faire, mais à défaut de pouvoir offrir tes sentiments à quelqu’un, parce que ce ne serait clairement pas raisonnable, et qu’une machine agit toujours de façon logique, ça te fait sourire. Même que Jia, c’est son nom dans les Sims, elle attend des jumeaux. C’est un crackcode de Marcel qui t’a débloqué l’option jumeau. •  TINDER: T’as essayé par curiosité. Tu t’es dis que ce serait simple, efficace, qu’il n’y aurait plus à s’encombrer des formalités, et tu avais raison, mais coller un flingue dans le caleçon du premier venu, ça marche pas à chaque fois. Alors quand ils ne veulent pas jouer, tu te contentes de simuler, c’est long, tu comptes les ronds sur le plafond, mais ça passe le temps et ça permet d’avoir un peu moins froids, de toute façon, que ce soit eux ou avec Niels, l’orgasme tu n’as jamais connu, le sexe oui, l’orgasme… ouai, ça doit être une espèce de légende.•  LES PANDAMOUR: NIIIIIIIIIIIII , c’est à peu prêt la réaction que tu as quand tes yeux croisent un objet, une peluche, une chose en forme, ou à l’effigie des pandas. Ca doit être un reste de tes origines ethniques,en tout cas, clairement, si le contrat implique de tuer un panda, c’est non.



Dernière édition par Solveigh Arndottir le Jeu 15 Sep - 14:10, édité 10 fois
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Message(#) Sujet: Re: solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance Mer 14 Sep - 19:51

EPITAPHE  
“ Passant, ne pleure pas sur ma mort: - Si je vivais, tu serais mort”
Pour certains, une naissance est une bénédiction.
Pour certains, l'aventure commence bien avant. Il y a les ébats, fougueux et effrénés dans les draps froissés et parfumés, suivies des minutes d'attentes face à un petit bâtonner réactif qui se doit d'afficher un trait, ou de ne rien afficher du tout, puis il y a neuf mois, neuf fois trente jours qui s'écoulent, lentement, péniblement parfois, il y a la joie face aux premières images, il y a l'euphorie des premiers coups de poings, ce sera un footballer, ce sera une danseuse. Puis le premier cri.
Puis il y a les autres.
Pour d'autres, les neufs mois s'écoulent dans un calme terrassant. Pas de coup, pas de ventre rond, des seins qui restent plats, des hormones qui ne décollent pas. Neuf mois de vie, ni plus ni moins, jusqu'au jour où la poche des eaux se rompt sur le sol de la cuisine, alors que le riz est en train de cuir, et que les crevettes sont en train de sauter, la panique, la crainte, et quelques heures plus tard, une minuscule petite fille, aux cheveux d'ébène, aux yeux sombres.
Pour les autres, une naissance peut-être une malédiction. Ce fut le cas pour tes parents. Tu étais une petite fille adorable, un bébé en pleine santé avec des traits fins mais de jolies joues rondes. Jia, ce fut le nom qu'on te donna, tu étais l'enfant dont beaucoup auraient rêvés. Mais tu étais née en 1981 et ton grand frère était né en 1978. Entre leurs deux vies, rien n'avait changé dans la vie de leurs parents, mais tout avait changé à l'échelle du pays. Tu étais le second enfant, l'enfant maudit, celui qui cause des ennuis, et ils n'avaient pas besoin de toi. Le déni de grossesse n'avait jamais si bien porté son nom. Plus qu'un déni de grossesse, ce fut un déni d'enfant. Jia n'aurait jamais existé, tu n'aurais jamais dû existé ni dans le ventre de sa mère, ni sur le livret de famille, Jia n'existait pas. Née nulle part, jamais reconnue.

Pourtant, lorsqu'on se retrouve avec un enfant sur les bras, tout ne peut pas être simple et évident. Il était simple de prétendre qu'elle n'existait pas, mais elle était là, elle pleurait, et elle coûtait. Mais alors qu'elle avait deux mois et demi, un homme entra dans la demeure familiale. Il pouvait emmener la petite fille, il lui trouverait de bons parents, elle aurait une famille qui pourrait s'occuper d'elle. Il a déposé une grosse somme d'argent sur la table, et il a juré qu'ils auraient de tes nouvelles, souvent.
Dans les bras de Arn, tu semblais minuscule, et il posait sur toi un regard bienveillant qui avait tout pour rassurer tes parents. Tu es partie avec lui, petit bébé bordé dans les bras de cet homme parfait. Vous n'avez pas quitté la Chine dans un avion ordinaire, mais tu étais bien trop jeune pour te souvenir de ces scènes étranges, un avion privé, des hommes partout, et d'autres bébés, d'autres petites filles. Ces souvenirs là, tu ne les as pas, tu les as fabriqué à partir des images que tu as pu voir ensuite, en grandissant, en découvrant la véritable vie de celui qui te donnerait son nom. A cette époque là,tu étais encore Jia, tu étais un bébé qu'on promettait à un destin qui te dépassait, un destin que nul ne mérite, un destin qui ferait que tu resterais personne.

 « Tu te souviens Jia ? Tu te souviens de ce que tu dois dire au monsieur qui va venir te voir ? » Ton petit visage de poupée est encadré par tes longs cheveux noirs alors que tu hoches vivement la tête. Tu as un de ces sourires lumineux, et tes grands yeux noirs scintillent, aujourd'hui, Arn a dit que c'était ton tour, c'est ton grand jour à toi. Tu as eu huit ans hier, et c'est enfin ton tour. Arn t'a même acheté une nouvelle robe, elle est rouge, et pleine de volant, tu es belle dans cette robe, tout le monde te l'a dit.
L'un des amis de Arn t'as bandé les yeux avec un foulard noir et t'a déposé sur un lit. Tu as d'abord cru que c'était la fin des dortoirs communs, que pour la toute première fois de ta vie, tu allais avoir ta propre chambre, quelque chose à toi et rien que pour toi. La lumière s'est rallumée, et le foulard et tombé sur le sol. Il t'a d'abord impressionné, alors malgré tes leçons apprises par cœur, tu as reculé dans le grand lit, te collant contre la tête de lit, petite fille fragile face au monstre morts d'appétits. Il a fait comme Arn l'avait dit, il t'a demandé de lui montrer. Tu lui as montré, de toute ton innocence. Puis il a posé la main et là tu as eu peur.
Il a posé la main et tu as reculé, parce que tu sentais que tout ça n'était pas normal, que ça ne devait pas se passer comme ça. Il n'a pas apprécié et il t'a attrapé, carrure de bête face à ton corps d'enfant, alors c'est l'instinct de survie qui l'a emporté. Folle de peur, folle de rage, ce sont les dents qui ont claqué autour de son index, et tu as serré, serré, serré à t'en décrocher la machoîre, jusqu'à ce qu'un goût ferreux vienne troubler ta bouche. Il a hurlé et tu as recraché. Ce n'est pas simplement du sang qui est tombé sur le matelas, mais une phalange. La rage de vaincre, les petites canines pas encore abîmées par la vie, et la chair cisaillées. Beaucoup ont cru que ce jour là serait le jour de ta mort. Ce fut celui de ta renaissance.

Ils t'ont fait quitter le dortoir et tu n'as pas vraiment compris. Toutes tes sœurs adoptives, ces filles avec qui tu as grandis ont disparu de ta vie brutalement, mais brusquement, tu as gagné les attentions de Arn, et de sa femme. Ils t'ont dit que tu avais réussi, que tu avais été exceptionnelle, et que donc ils avaient une surprise. Ils t'ont proposé de devenir ton papa et ta maman.
Ils sont devenus ton papa et ta maman. Tu n'étais plus Jia, tu es devenu Solveigh ce jour là. Solveigh Arndottir. La fille de Arn. Fière comme le sont les enfants dans ce genre de moment, tu as même pleuré de joie. Des papa et des maman , tu en as vu plein les histoires qu'on vous lisait quand vous étiez dans le dortoir et maintenant, tu en avais à toi.
Ton éducation ne fut pas traditionnelle. Là où certains grandissent avec leurs frères et sœurs gentiment, tu n'as jamais eu le droit de rencontrer les enfants Arnsen, tu savais qu'il y avait deux filles et un garçon, mais tu n'avais pas le droit de les voir. Ce n'était pas grave.
Ta mère t'a appris à lire et à écrire, elle t'a formé aux usages du monde, mais ton père avait d'autres projets pour toi,des projets plus grands. Tu as appris à te battre, tu as appris à tirer, et c'est ainsi qu'à dix ans, ton père t'a glissé ta première arme à feu dans les mains. Tu as appris à blesser, puis à tuer. On oublie jamais son premier mort. Tu avais 16 ans et demi quand la balle a atterie dans sa gorge. Un homme qui refusait de confier son enfant à ton père, mais tu le savais toi, que si la petite réussissait, elle aurait la même vie que toi, et ton père t'avait ensuite expliqué que si les filles rataient, elles retournaient chez leurs parents. Mais il fallait les emmener. Tu es devenue une machine de guerre, Solveigh, tu tires ? Solveigh, tu l'as tué.  

Le sale boulot, tu l'as fais souvent. Tu accompagnais ton père lorsqu'il allait à ses rendez vous d'affaire, avec pour consigne de ne pas hésiter à tirer si tu trouvais que quelqu'un était menaçant. Si la Norvège est un pays pacifiste, ce n'est certainement pas grâce à toi qui n'a jamais vu de problème à tuer quelqu'un, un ordre et un ordre, et lorsque tu tuais quelqu'un, Arn était toujours un peu plus fier de toi, tu avais l'impression de prendre en valeur, en importance... C'était ta façon de les remercier pour ce qu'ils t'offraient, un toit, une famille, un vie.
Un jour, tu es rentré dans le bureau de papa. Il t'a dit de t'asseoir et il t'a expliqué. Au debout, tout as eu l'air complexe, mais tu as accepté, parce que tu lui faisais confiance. Il te fallait simplement t'engager dans la marine Norvégienne pour régler son compte à un capitaine de cette dernière. Le type avait visiblement des doutes sur les activités de papa, et la famille ne pouvait pas se permettre d'être en danger. En 2006, à 25 ans, tu es donc entrée dans l'armée de ton pays. Les recruteurs ont été surpris en te voyant te pointer, mais ta forme physique, et ton aisance au tir ont fini de les convaincre. Ils n'ont pas fait attention aux deux cicatrices de brûlures dans le bas de ton dos, et se sont contentés de te donner ton uniforme et ton ordre de mission.

Tu tresses tes cheveux en enfilant ton uniforme. Niels reste allongé dans le lit de la petite cabine alors que tu couvres ta peau avec pudeur.  « Pourquoi tu ne veux pas rester dormir avec moi Sol ?... » Tu te retournes vers lui en rougissant. Ca fait trois semaines que vous sortez ensemble, et pourtant, tu n'es toujours pas complètement à l'aise, ni avec le sexe, ni avec ce type qui a pourtant tout de l'homme idéal. Tu te penches sur le lit pour déposer un dernier baiser sur ses lèvres avant de regagner tes appartements, pour te faufiler sous la douche et laisser l'eau chasser les traces de transpiration et de fluides mêlés sur ton corps. Tu ne sais pas vraiment pourquoi tu es avec lui, mais il te regarde avec ses grands yeux, il est sympa, assez drôle, et les autres filles le trouvent mignons elle aussi alors... Pourquoi ne pas essayer ?
La mission prenait du temps, beaucoup trop de temps. Arn avait confiance, mais il fallait que tu passes à la vitesse supérieure. Le problème, c'est que tu n'étais jamais seule. Depuis ta nomination de lieutenant en mars 2014, être seule était beaucoup plus complexe. Sur le bâteau, tu étais rejointe dans les moments de répit, par Niels avec qui tu étais dorénavant fiancée, mais par ailleurs, il y avait ton frère d'arme, cette grosse brute à côté de laquelle tu avais l'air d'une minuscule petite crevette, mais qui savait combien tu étais redoutable. Niilo et toi faisiez vos rondes ensemble, travailliez ensemble, et tu savais que te retrouver seule avec le commandant ne serait pas chose simple. Pas avec lui qui ne te quittait pas d'une semelle, sauf pour te laisser retrouver la complexité de ta vie amoureuse avec Niels.

Puis un soir...
Un soir, c'était à vous de faire le tour de garde.
Tu avais expliqué à ton père la complexité de la situation, et l'ordre était tombé. Il fallait que tu tues Niilo s'il t'empêchait d'agir. Pour la première fois de ta vie, l'ordre te faisait peur. Niilo était un ami, un frère, une épaule sur laquelle tu t'endormais parfois, à qui tu parlais peu de ta vie d'avant, mais qui te faisait toujours sourire, rire, avec qui tu savais être douce et ferme... Niilo était le seul ami que tu ais jamais eu. Il t'aimait sincèrement, il aurait tout fait pour toi, et ne demandait rien en échange. Bien sûr, il y avait Niels, mais Niels attendait de toi un retour, des gestes, de la tendresse, du sexe, toutes ces choses qui t'étaient étrangères sans que tu t'expliques pourquoi, parce que la mémoire de l'enfant s'est effacée au fil du temps, que tu te souviens mal des dortoirs, des coups, des apprentissages, tu ne te souviens que du sang dans ta bouche, mais tu n'as jamais compris la signification de ce qui s'était passé ce jour là.
Alors ce soir... Ce soir aurait dû être l’occasion ou jamais. Vous étiez sur ce minuscule bâteau de garde, en pleine tempête. Grelottante, tu avais la main sur ton arme, à la ceinture. C'était maintenant ou jamais. Mais la vague vous a submergé violemment et vous vous êtes retourné. Tu te souviens de l'eau gelée, du froid, de la sensation d'aspiration par l'eau. Sous l'eau, tu l'as vu. Tu as vu son corps de géant s'aggriper au bâtiment alors que tu choisissais de rester sous l'eau. Disparaître.
Disparaître, c'était une occasion d'avoir une vie nouvelle, mais ce n'était pas ça qui t'a décidé. Disparaître, c'était désobéir, c'était mourir aux yeux de tous. Disparaître c'était le laisser vivre, lui et sa douceur, lui et sa gentillesse, c'était lui laisser une chance d'être un homme bon, là où tu n'avais jamais été qu'un objet, une machine faites pour tuer.
Puis un soir tu es morte, tu as disparu, aux yeux de tous. Tu as nagé, un moment. Peut-être que tu allais vraiment mourir finalement. Mais un vieux rafiot t'as vu dans l'eau, il t'a repêché, il n'a pas posé de question sur l'uniforme, il t'a dit qu'on avait tous une histoire, et que parfois, elles sont différentes, mais qu'on pouvait tous choisir l'avenir.
L'avenir, il n'y en a pas quand on est mort.
Si je vivais, tu serais mort.

Tu es morte le 2 août 2015 aux yeux de tous.
Depuis ? Depuis tu n'es personne, plus que Sol, la fille un peu paumée. Tu travailles comme serveuse dans un bar du Bronx, tu t'es retrouvée là en suivant Marcel, le pauvre bougre qui t'a repêché ce jour là.
Et puis y'a les gun plein la chambre, y'a les contrats et les vêtements tâchés de sang. Tueuse à gage. Machine de guerre. C'est tout ce que tu sais faire.



Dernière édition par Solveigh Arndottir le Jeu 15 Sep - 12:03, édité 5 fois
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Message(#) Sujet: Re: solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance Mer 14 Sep - 19:53

ROBERT :PERV: HOT



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PERSONNAGE EN PRISON. ho
(mais possibilité de rp)
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Message(#) Sujet: Re: solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance Mer 14 Sep - 19:57

Encore toi GNOE :hihi:
Re-bienvenue parmi nous BRILLE
Hâte d'en savoir plus sa petite louloute CUTE


Des fois, tu te sens sirène
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Message(#) Sujet: Re: solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance Jeu 15 Sep - 7:59

REBIENVENUE :l:

Ziyi, c'est pas l'actrice de la série Marco Polo ? CUTE
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Message(#) Sujet: Re: solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance Jeu 15 Sep - 8:00

Re-bienvenue chez toi, et quel superbe choix d'avatar !! Comme d'habitude j'adore ta plume et je vais stalker ce perso très prometteur ! N'oublie pas de me réserver des liens ;)
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Message(#) Sujet: Re: solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance Jeu 15 Sep - 10:50

JAIME JAIME JAIME
t'es belle comme ça MIAOU
re chez toi FAN :l:
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Message(#) Sujet: Re: solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance Jeu 15 Sep - 11:28

re :hihi:
courage pour la fiche JAIME
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« révolé sa mère. »
› Âge : Tantôt gamin, tantôt blasé comme un homme âgé, il vient d'atteindre le 19 ans et on s'en fout.
› Appart : #1411 (F2) avec le fantôme de sa mère la junkie, Badz Hijodealgo le fagg et Lincoln le renardeau perdu.
› Occupation : Saboteur, Al passe sa vie à se griller lui-même. Devenir dealer n'était sans doute pas sa plus riche idée...quoique, ça lui a rapporté pas mal, t'as pas vu ses Nike neuves ? Bah voila. Puis sinon, on le trouve au garage de Deirdre aussi.
› DC : Ekaterina et Misha
› Messages : 4042
› Nombre de RP : 36

Message(#) Sujet: Re: solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance Jeu 15 Sep - 15:35

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Message(#) Sujet: Re: solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance

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solveigh - ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance

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