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joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif

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Message(#) Sujet: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 12:06

Joaquin Dimitri Novák
I don't believe that you can make all the pain go away
Nom Novák, le nom de famille bien tchèque de ma mère et de son frère, donc de mon oncle, que j'ai toujours considéré comme mon père mais qui ne l'est pas pour autant. Cherchez pas, mes histoires de famille sont compliquées. Prénoms Joaquin Dimitri. Le deuxième prénom on comprend, origine de l'Est, encore et toujours. Mais le premier, j'sais pas d'où il sort. J'sais juste que c'est ma mère biologique qui me l'a donné, bien qu'elle ne m'ait pas élevé bien longtemps. Date et lieu de naissance 8 janvier 1983 à Prague. Eh ouais, la République Tchèque, ça pèse ! Ou pas. Enfin j'en sais rien. J'y ai pas vécu suffisamment longtemps pour pouvoir donner mon avis. J'y suis jamais retourné et je compte pas le faire un jour. Âge 32 piges. Bordel... Nationalité Américaine, ce qui semble logique vu que j'ai grandi aux États-Unis. Origines Tchèques et américaines. Faut que je vous explique ? Statut matrimonial Divorcé après deux ans de mariage. Ça fonctionnait pas, c'était de ma faute, mais j'ai essayé... vraiment. Et maintenant... Euh à quel moment je vous ai dit que j'allais vous déballer ma vie privée ? Orientation sexuelle Hétérosexuel. Cherchez pas plus loin. Ok ? Job ou Activité J'aime pas trop le terme "mécanicien", j'préfère dire que je suis chirurgien pour bécanes ! Donc mécano-moto si vous aviez pas compris, les mains pleines de cambouis, le bleu de travail à moitié ouvert avec le haut qui pend contre les fesses et qui laisse entrevoir le débardeur plein de traces noires, tout ça (non, faux, j'essaye pas d'activer un fantasme dans votre cerveau, pas du tout). Groupe De ceux qui vivent. Crédits don't complain.  

Quand et comment avez vous emménagé au Parking ? Ça fait deux ans et demi presque trois qu’on a débarqué là, Primo et moi, c'était en été 2012. Vous m’auriez dit y a cinq ans que j’allais finir par quitter L.A. et ses palmiers pour le stress new yorkais… Je vous aurais répondu par un rire franc et interminable. Pourtant, m’y voilà. Le Bronx, le Parking et moi. J’pensais pas quitter Los Angeles un jour, vraiment pas. Mais quand Primo m’a fait comprendre qu’il ne pouvait plus passer une minute de plus dans la ville dans laquelle on avait grandi, j’ai pas hésité une seule seconde avant de le suivre. J’ai perdu mon meilleur pote une fois, j’allais pas prendre le risque que ça se reproduise une seconde fois. J’suis p’têtre con, mais pas suicidaire.
Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ? Le Parking est authentique, ça, on peut le dire. J’crèche dans un studio au 10ème étage, pas le grand luxe, mais j’ai toujours vécu dans la simplicité. Du coup, ça m’suffit. Après, je serais pas contre un p’tit coup de rénovation ici et là dans l’immeuble, mais d’un autre côté, c’est cet aspect délabré et vieilli par le temps qui lui donne son charme. Quant aux voisins… Tant qu’ils viennent pas trop me faire chier, ça m’va. On y trouve de tout, des jeunes comme des vieux, des caucasiens comme des colorés. On y entend de toutes les langues. On y rencontre de toutes les cultures. C’est le Parking, une fois de plus. Et puis dans ces voisins, y a Primo. Donc de là, voilà.
Quelle est votre réputation au sein du quartier ? J’suis le mec excentrique qui en rate pas une pour se faire remarquer, que ce soit par ses sourires adressés à tous les gens qu’il croise où par ses rentrées fracassantes dans son studio en plein milieu de la nuit, un jour de semaine. J’suis le mec que tout le monde trouve cool mais avec qui tout le monde garde ses distances. J’suis le mec pas net mais qu’on aime quand même. Le mec bipolaire et narcissique auquel on arrive pourtant à s’attacher sans trop de difficulté quand il est en face de nous, mais qu’on fait vite de repousser dans un coin de sa tête une fois qu’il a déguerpi. J’suis le mec bavard mais secret. J’suis le mec qu’on regarde de travers mais à qui on peut pas s’empêcher de sourire. J'suis le mec calme en apparence qui peut exploser d'une minute à l'autre, parfois même sans raison particulière. J'suis le bon pote avec qui on papote mais en qui on n'a pas entièrement confiance pour autant. J’suis le mec qui fait un peu trop d’aller-retour entre chez lui et son meilleur pote du 8ème étage mais à qui on n'ose pas trop poser de questions.



feat Shiloh Fernandez
Père inconnu, mère morte d’un cancer des poumons quand j’avais trois mois. À partir de là, on peut partir du principe que j’ai eu pas mal de chance dans la vie. Heureusement pour moi, j’ai été adopté par mon oncle et ma tante, que j’ai toujours considérés comme mes parents. Et par extension, mon cousin, ce fils de… Pardon. Je disais donc, mon cousin de trois ans mon aîné, ma cousine de 25 ans et les jumeaux qui ont suivis bien après et qui ont tout juste 10 ans aujourd’hui sont comme mes frères et sœurs. Sauf Stanislas, l’aîné. Il m’a rendu la vie infernale, m’a toujours rappelé que je n’avais rien à foutre sous son toit et que je n’avais pas de vrais parents. Il doit être en partie responsable de mon déséquilibre mental. Mais heureusement, ses frères et sœurs m’ont toujours considéré comme l’un des leurs, ce qui a un peu aidé à la confection de mon bricolage identitaire –que j’essaye encore de peaufiner aujourd’hui, parce que y a encore du boulot à ce niveau ! + Donnez-moi une feuille accompagnée d’un crayon HB et je vous dessine ce que vous voulez, ou presque ! On dit souvent que les vrais artistes sont des torturés-incompris dans l’âme. Je viens comme preuve que cette règle existe. Non pas que je sois égocentrique et grandiloquent au point de me caractériser comme l’un de ces auteurs dépressifs trouvant refuge dans leur art de prédilection, mais le dessin a toujours été ma porte de sortie, mon échappatoire, mon moyen d’expression. Mais toute passion reste, pour ma part, souvent inavouée. Ainsi, rares sont ceux qui me connaissent réellement ce don que Dame Nature m’a offert. Des études dans le domaine ? J’aurais pu. Mais je n’ai pas fait, préférant enchaîner les petits boulots plus ou moins mal payés en profitant de la fortune de mes parents (habituez-vous à ce que je les appelle comme ça, car c’est ce qu’ils sont à mes yeux, peu importe ce qu’en dit la génétique). Et ma passion pour le dessin est quant à elle restée secrète. Ce sera toujours ma bulle, mon monde, mon asile et j’en aurai toujours besoin. + Coureur de jupons et grand charmeur, j’ai longtemps été celui que tous les mecs du lycée jalousaient et que toutes les filles voulaient conquérir. Je me suis toujours su beau gosse et ai toujours su en tirer profit, jouant de mes atouts pour séduire la gente féminine. J’ai longtemps couru à droite, à gauche, enchaînant tantôt les histoires d’un soir, tantôt les romances de quelques semaines, voire quelques mois. Mais cela n’a jamais dépassé ce stade. Jusqu’à Johanna. Je ne sais pas ce que cette fille m’a fait, mais elle a eu l’effet d’un véritable défibrillateur dans mon quotidien. Elle m’a réveillé au moment où je m’endormais dans un confort de vie qui, dans le fond, de me convenait pas. Elle m’a apporté une stabilité que j’ai toujours cherchée inconsciemment. Ce qui est étrange, c’est que cet équilibre, cette solidité qu’elle m’a offerts se montraient sous une forme parfaitement paradoxale. Un paradoxe. Voilà ce que nous étions. Un paradoxe heureux qui voguait entre les délires d’alcool et j’en passe à la simplicité d’un moment de complicité en passant par des engueulades à en faire trembler les murs. Ça a été intense. Ça a duré longtemps. Deux ans. Puis dans un élan de folie, je lui ai demandé sa main. Tout ça pour me forcer à oublier le reste, ce foutu souvenir qui me pourrissait mon existence et ma santé mentale, ce baiser. Le 10 juillet 2008, Johanna et moi étions mariés. Notre bonheur a continué de défiler puis a perdu de ses couleurs. Il est devenu fade, amer. Elle voulait des enfants. Je ne voulais pas en être le père. Elle me demandait si je l’aimais encore. J’étais incapable de lui répondre. Alors elle a demandé le divorce. Je l’y ai poussée, j’ai cherché cette fin chaotique. Une signature de sa main, une de la mienne, et tout était terminé. C’était le 17 octobre 2010. Affaires empaquetées et je quittais notre appartement pour emménager dans un autre, seul. Et la solitude, croyez-moi, après avoir vécu un truc pareil, ça craint. + Primo. Primo, Primo, Primo… Il faut bien que j’en parle, non ? Parce que mine de rien, ce con a occupé et continue encore d’occuper une grosse partie de ma vie. On s’est connus, on était des gamins, on avait douze piges. Des gosses. Innocents. Ou presque. Je ne pourrais pas vous énoncer le nombre de conneries qu’on a pu faire ensemble tellement elles sont nombreuses. La plupart du temps, c’était moi qui l’embarquais dans des histoires qui nous ont valu pas mal de punitions, de retenues après les cours et même de séjours à l’hosto et de passages par la case police. On profitait, on était jeune. Puis on a grandi. Il a commencé ses études de médecine, j’ai continué à galérer comme un con dans mes petits boulots de caissier-distributeur de journaux-serveur-et j’en passe tout en réclamant de l’oseille à mes parents. On s’est éloignés, mais on a toujours gardé contact. Ça m’faisait chier, mais j’fermais ma gueule. Parce que c’était ce qu’il voulait, être médecin. Alors je gardais ça pour moi, ou je le disais mais en rigolant, comme toujours. Et puis est arrivée Johanna. Il m’arrive parfois de me demander si c’est pas elle qui a déclenché le compte à rebours de la bombe qui a foutu ce bordel dans nos vies à Primo et moi. Un jour, il a débarqué chez moi au milieu de la nuit. J’m’en rappelle encore, je dormais, j’lui ai ouvert avec les yeux cernés par la fatigue. Et lui, il m’a dit qu’il se cassait au Nigéria pour une mission humanitaire de minimum un an. La claque. Le pire, c’est qu’il l’a fait, il est parti. Après m’avoir embrassé pour me faire comprendre la vraie raison de son départ. Et j’ai plus eu aucune nouvelle, pendant cinq ans. Ce con m’a embrassé, a renversé la vie que je m’étais efforcé de me construire, et il s’est barré comme le dernier des lâches. J’ai tenu plus d'un an à l’appeler tous les jours, à lui écrire, à espérer une réponse, aussi courte soit elle. Puis j’ai craqué. J’ai voulu tourner la page et j’ai demandé Johanna en mariage. Une connerie ? Pas tant que ça. Mais ça n’a pas marché, et je me suis retrouvé seul, comme un con, sans ma femme (ex-femme à vrai dire), sans mon meilleur pote et avec cette putain de sensation dégueulasse qui me collait à la chair. Ça me réveillait dans mon sommeil, ça me coupait l’envie de manger, ça me donnait envie de vomir. Mais c’était là. Ce baiser était toujours là, dans un coin de ma tête, à me torturer avec une lame sérieusement aiguisée. Puis y a eu l’appel de l’hôpital. Primo était rentré, ou devrais-je plutôt dire qu’on l’avait forcé à rentrer, question de vie ou de mort. Alors je suis allé le voir, je l’ai engueulé, on a parlé, pas beaucoup. La suite, j’vous la conterai pas, même sous torture. + Après être passé par tous les boulots possibles et imaginables, j’ai fini par en trouver un plus ou moins convenable. J’avais déjà bossé comme assistant de mécanicien dans un garage de bagnoles. J’étais celui qui suivait le patron et lui filait les outils nécessaires lors d’une opération de carrosserie tôlée ou de direction explosée. Et sur le coup, j’ai appris deux-trois trucs qui m’ont aidé à décrocher la place que j’occupe toujours aujourd’hui. Mécano moto. Pas mal non ? Donc oui, pour répondre à la question qui trotte certainement dans votre petite tête, catalysée par votre curiosité, je suis un motard, depuis un moment déjà. Du coup avoir pour profession chirurgien de bécane est plutôt cool. Quand j’ai un peu de temps libre, je retape ma jolie Suzuki GSX-R pour la rendre encore plus canon qu’elle ne l’est déjà dans son revêtement noir. C’est pas le pied ça ? + En-dehors du dessin et de la bécane qui sont des passions totalement saines pour mon corps et mon esprit, j’suis accro à un tas de trucs plus ou moins mauvais. Commençons par la cigarette. Je suis un vrai pompier, je grille minimum deux paquets par jour. Ça fait un sacré budget, mais j’m’en fous. Et encore, j’ai longtemps fumé du chichon si vous voyez ce que je veux dire… Mais promis, j’ai arrêté ! Ensuite, qui dit cigarette dit caféine ! Si je n’ai pas ma tasse si ce n’est mon baril de café le matin, je risque fort de passer la journée à grogner sur tout ce qui bouge. Et encore, j’en bois à tout va dans la journée, dès que je prends une pause au boulot ou quand j’ai un coup de pompe. En option, y a aussi le Red Bull, mais cette addiction ne se manifeste que dans l’après-midi ! Maintenant on peut passer au truc moins cool… L’alcool. J’ai eu de gros soucis avec ça, et ça remonte à loin déjà. Étant ado, j’étais non seulement le populaire que tout le monde connaissait et dont tout le monde voulait être le pote mais j’étais aussi le gros fêtard qui ne pouvait pas passer une soirée sans finir torché. Et si cela ne pouvait sembler être qu’une simple connerie d’ado qui a perduré pas mal d’années, ça s’est transformé en véritable addiction après le départ de Primo. L’alcool était devenu un échappatoire encore plus important que le dessin à ce moment là, car à l’inverse de mes crayons, il me permettait d’imposer un véritable black out dans ma tête au point de me faire oublier pour quelques heures la raison qui me rendait si malheureux et pathétique au fond de moi. Mais je me suis sevré, rassurez-vous. Certes, il m’arrive encore de me prendre des races quand je sors –pour la plus grande joie de mes chers voisins-, mais rien d’affolant. Et y a encore un dernier truc auquel je suis accro… Mais je n’en dirai pas plus, ça ne vous regarde pas (promis c’est pas le sexe, ça je l’avoue volontiers). + Si je n’avais pas choisi le dessin, j’aurais choisi la musique. Je me lève en musique, me douche en musique, mange en musique, travaille en musique, je vis en musique. J’écoute un peu de tout, mais surtout du rock. J’adore le bon rock des années 70-80, rien de tel pour se donner la force d’affronter une nouvelle journée ! Bon du coup je ne vous surprendrai pas si je vous dis que je joue de la guitare. Si ? Ah. Oui, oui, je joue, pas tous les jours, de temps en temps, comme ça. Et quand je suis vraiment de bonne humeur, je chante. Mais il faut se lever aux aurores pour m’entendre pousser la chansonnette. Ah et puis je collectionne le vinyles aussi, une autre passion si on veut. Je n’ai pas grand chose de valeur en ma possession, mais mon tourne-disque et mes 33-tours sont vraiment des objets importants pour moi. Il ne se passe pas un jour sans que j’en fasse tourner un d’ailleurs, ce vieux son qui crépite, quelle douce mélodie pour les oreilles ! + J’ai été forcé de suivre plusieurs psychologues durant mon enfance et mon adolescence. La mort de ma mère et l’absence totale d’un père biologique dans ma vie sont deux éléments qui m’auraient, selon eux, grandement perturbé. Et les diagnostics sont tombés bon train : léger trouble bipolaire, trouble hyperactif avec déficit d’attention (des conneries de psychologue), intériorisation pathologique des figures maternelle et paternelle, trouble de l’attachement et peur de la séparation… Vous voulez que je continue la liste ? En gros, je suis un espèce de maniaco-dépressif qui refoule ses vrais sentiments et porte le masque du mec heureux jour après jour. C’est faux. À moitié. Je ne suis pas dépressif. Je suis bel et bien heureux dans ma vie, comme elle est maintenant, peu importe sa complexité. Mais j’avoue que l’attachement est problématique pour moi et que la séparation me fout les ch'tons. Mais je ne suis pas dangereux, ni pour les autres, ni pour moi. Je suis juste un peu décalé, un peu déboussolé. Rien de plus. + Je suis un gros maniaque qui est pourtant le plus gros bordélique de la planète ! Je m’explique. En gros, je suis organisé dans mon bordel. Mon studio est rarement complètement rangé, il y a toujours des affaires qui traînent partout, mais il s’agit là de mon organisation. Bien que ce soit un vrai boxon, je m’y retrouve avec une aisance qui peut en déconcerter plus d’un. Et attention, je refuse que vous me traitiez de crado ! Parce que je suis accro à la propreté. Okay, rien n’est rangé, c’est parfois une galère sans nom de se frayer un chemin dans mon studio, mais tout est propre parce que je veille à ce que cela le soit. Mon rangement est juste… spécial dira-t-on. Et tant que je m’y retrouve, qu’est-ce que ça peut vous foutre ? + Bien que je montre de l’assurance en apparence, je suis un vrai phobique dans l’âme. Outre la peur de la séparation et de l’attachement que m’ont découverts les psy, je suis claustrophobe. Rester dans un endroit confiné me donne l’impression d’étouffer et me fout une peur panique qui peut me rendre complètement barge. Du coup, je ne prends jamais l’ascenseur, sauf si je n’ai pas le choix et que je dois me rendre au cinquantième étage d’un building. Descendre et monter les escaliers des dix étages de mon immeuble est mon sport quotidien. Ensuite, j’ai peur des chats. Oui, des chats. Arrêtez de rire, c’est pas drôle ! Enfin c’est pas vraiment que j’en ai peur, c’est que j’en suis allergique et que leurs poils me refilent de l’asthme, du coup j’les déteste et je fais tout pour les éviter ces salopards. Ouais je fais de l’asthme et je fume, logique le mec, non ? Mais ça se déclenche vraiment juste avec mes allergies qui se comptent au nombre de quatre : les poils de chat, le pollen, les fruits à coque et le lait. Les deux derniers, c’est plus de l’intolérance qu’autre chose. N’empêche que si j’en consomme par accident, mon corps réagit de manière bien sympa entre les gonflements et l’asthme qui m’empêche de respirer et déclenche une peur de l’étouffement qui peut doper mon cœur au point de manquer de le faire lâcher. +

sometimes it's so crazy that nothing can save me

septembre 1997 + los angeles, californie (USA)

La porte claque derrière moi. J’aurais pu éviter, pour ne pas me faire remarquer. Mais je suis trop sur les nerfs pour me contenir. Tirant un peu plus ma capuche sur ma tête de sorte à dissimuler mon visage, je m’avance d’un pas rapide dans la maison pour me diriger en direction des escaliers. Ma chambre. Faut que je m’enferme, et que personne ne m’adresse la parole, sinon je crains bien d’exploser comme une bombe à retardement. « Joaquin ? C’est toi mon chéri ? » Et merde. J’accélère. J’entends les pas de ma mère qui se rapprochent. J’attrape la rambarde de l’escalier et tire dessus pour me hisser plus rapidement sur la première marche. Puis je les gravis toutes, deux à deux, avant d’être interrompu dans ma course. Je me prends le corps de mon cousin de plein fouet et manque de tomber en arrière. Me rattrapant à la barrière, je secoue la tête, secoué par le choc. « Eh bah qu’est-c’que t’as ? C’est le psy qui t’fais perdre la tête ? » « Ta gueule. » réponds-je du tac-au-tac, levant vers lui un regard rempli de haine. En réponse, j’ai le droit à son rire, tellement cynique, tellement détestable. Connard. Davantage énervé, j’arrive pourtant à me retenir d’attraper son tee-shirt pour le faire tomber dans la cage d’escaliers et me contente d’abattre mes mains contre ses épaules pour le pousser violemment en arrière. Il a beau avoir trois ans de plus que moi et faire un bon mètre soixante-dix, Stan ne me fait pas peur. Il trébuche, se mange le mur et j’en profite pour le contourner et courir jusqu’à ma chambre dans laquelle je m’enferme en claquant la porte. Balançant mon sac à dos dans un coin de la pièce, je m’avance jusqu’à mon lit, allumant ma chaîne hifi en montant le volume au maximum et récupérant un carnet et un crayon au passage. Me laissant tomber mollement sur mon matelas, je relève mes jambes contre le mur tout en m’allongeant, me mettant aussitôt à griffonner le premier dessin qui me vient en tête, tandis que la voix cassée d’Alice Cooper chante, criarde, au milieu des riffs de guitare endiablés. Qu’ils aillent tous se faire foutre. Personne ne peut me laisser tranquille dans cette baraque ? On frappe à ma porte. Visiblement non, on a bien décidé de me faire chier. « Joaquin ! » hurle mon père. Il frappe plus fort pour passer par-dessus la musique. « Ouvre-moi cette porte tout de suite ! » Vas te faire foutre. Mais sa paume rencontre encore une fois le bois de ma porte et me fait péter un câble. Abandonnant mon carnet, je me relève et me rue à l’entrée de ma chambre pour lui ouvrir. « J’t’entends, pas besoin de gueuler comme un putois. » « Tu me parles autrement jeune homme. Tu m’éteins cette musique de sourd. » « C’est ça, ouais. » marmonne-je en reprenant ma position initiale sur mon lit, carnet et crayon en main. Ma musique s’arrête. Putain. « Joaquin, tes pieds contre le mur, je dois te le répéter combien de fois ?! » Okay, là, il me les brise. Me retournant avec vivacité pour me retrouver à genoux sur mon lit, je le foudroie du regard. « P’tain si j’avais su que la dictature avait été instaurée dans cette baraque, j’me s’rais barré. » Bonjour, je m’appelle Joaquin, j’ai treize ans et je suis l’adolescent dans toute sa splendeur. La respiration forte, je sers les poings, m’attendant à devoir encore répondre à ses menaces. Mais, contre toutes attentes, il ne dit rien. Il me regarde même d’un air étonnamment compatissant. Bordel… J’ai fait quoi pour qu’il me fixe comme ça ? « Tu veux en parler ? Comment ça s’est passé cette séance ? » Bordel, mais c’est pas vrai. Je lève les yeux au ciel avec exagération, sentant la colère m’envahir comme un venin qu’un serpent m’aurait craché dans le sang. « D’abord Stan et maintenant toi ? Sérieux, vous pouvez pas me lâcher avec ça deux minutes ? C’est qu’un psy papa, c’pas comme si ça changeait ma vie. » Ses sourcils se froncent légèrement. « Tu sais qu’on a mis ça en place pour t’aider et pas pour t’emmerder ? » « J’sais bien, ouais. » réponds-je, me calmant sans comprendre comment. Mon père –mon oncle pour être plus exact d’un point de vue biologique- a toujours eu ce don de pouvoir calmer mes plus grandes colères, et ça depuis que je sais me tenir à quatre pattes sur le sol. Je sens son regard insistant et encourageant me fixer, encore et toujours. J’en ai une boule dans la gorge. Foutez-moi juste la paix. « J’veux pas en parler p’pa. » finis-je en baissant la tête, m’avouant vaincu. Je ne me battrai pas, mais je ne parlerai pas non plus. Ça fait des années qu’on me fait suivre des psychologues, pourquoi ce serait différent avec le nouveau qu’on m’a imposé en première séance aujourd’hui ? « Bien. Si tu changes d’avis, tu sais qu’on est là ta mère et moi. » J’opine du chef. Il passe une main qui se veut affectueuse dans mes cheveux, me décoiffant au passage, et finit par quitter ma chambre sans un mot de plus. Merci papa pour ta compréhension. Prenant une grande inspiration, je me lève et vais brancher mon casque à ma chaîne hifi, relançant la musique après l’avoir enfilé. Puis je m’allonge normalement dans mon lit, débutant un dessin avec plus de sérénité. Le calme après la tempête. Au moins une personne dans cette famille qui respecte ce que je demande, à savoir qu’on arrête de s’inquiéter H24 pour ma poire et qu’on me laisse respirer.


it's alright if it makes you feel alive

août 1999 + los angeles, californie (USA)

Observant le cadenas qui retient la chaîne fermant la grille devant nous, je fronce les sourcils, finissant par sourire de satisfaction. Il n’est pas bien épais, ce sera un jeu d’enfants de le faire sauter. Retournant vers mon vélo sous le regard sceptique de Primo, je récupère mon sac à dos et l’ouvre, en tirant une tenaille qui a le don de faire sursauter mon meilleur ami. « Putain Joaquin, qu’est-c’que tu fous ?! » Je lui adresse un sourire, accompagné d’un clin d’œil. « Fais-moi confiance. » lui réponds-je, retenant un rire. Je le sens tendu, très tendu. Il l’est depuis que je lui ai proposé d’aller piquer un plongeon dans la piscine municipale à deux heures du matin. Oui, c’est illégal. Et alors ? On n'a qu’une jeunesse. Je me dirige alors à nouveau vers la grille et positionne la tenaille correctement contre le cadenas. Primo a délaissé son vélo pour me rejoindre, détaillant chacun de mes mouvements. « Une tenaille… sérieux, tu commences à m’faire peur. » « Calme-toi, j’l’ai piquée à mon vieux. » Détend-toi Primo, on risque rien. Lui souriant encore une fois, je porte finalement mon attention sur l’outil que je tiens en mains. Il ne me faut que quelques secondes pour faire sauter le cadenas qui ricoche contre le sol. Et c’est dans un sourire satisfait que je pousse la grille pour nous ouvrir le passage. Nous laissons alors nos sacs et nos vélos près de la clôture et nous nous infiltrons à l’intérieur. Les alentours de la piscine extérieure sont évidemment déserts, ce qui donne au lieu une ambiance presque morbide. Mais il suffit de lever les yeux au ciel afin d’observer les étoiles pour sentir une sensation de légèreté nous prendre tout entier. La liberté, c’est ça. Pouvoir faire ce que l’on veut quand on le souhaite, sans craindre les répercussions de nos actes. Entraînant Primo jusqu’à la piscine, je sens l’excitation me gagner à mesure que nous nous rapprochons du bassin. Comme toujours, il a suffi que je le pousse un peu pour qu’il cède et me suive dans mes conneries. Bien sûr, je sais que si les choses tournent mal, il ne se gênera pas pour me le faire payer, comme toujours. Mais il n’y a aucune raison pour que la situation dégénère, n’est-ce pas ? « Bon et maintenant ? » Je me retourne vers mon meilleur ami. « On joue à la pétanque. » Un de ses sourcils s’arque, lui donnant alors un air ahuri et suspicieux à la fois. J’éclate de rire. Je finis par me débarrasser de mes basquettes et de mon tee-shirt, mon sourire ne me quittant pas. « Bah on va s’baigner tête de nœud ! » rétorque-je finalement. Et je n’attends pas une seconde de plus pour courir vers le bassin et sauter, un cri de joie m’échappant avant que je ne disparaisse sous l’eau dans un bruit d’éclaboussure sonore. Refaisant rapidement surface, je secoue la tête et passe une main contre mon visage juste avant d’apercevoir Primo sauter à son tour, m’aspergeant au passage. Pas trop tôt. J’attends que sa tête réapparaisse et me rue sur lui, me hissant sur ses épaules pour le faire à nouveau disparaître, mon rire se mêlant à son cri de surprise. Je ne sais pas combien de temps nous passons à nous battre comme des gamins, profitant de la fraîcheur de l’eau pour oublier un instant la chaleur de ce mois d’août. Mais quand finalement, des sirènes se font entendre, accompagnée de lumières bleutées et rougies, nous comprenons que quelqu’un nous a dénoncé. « On s’casse. » déclare-je à l’égard de mon meilleur ami, qui ne se fait pas prier pour nager jusqu’à la bordure du bassin. Mais au moment où nous sortons, des bruits de pas se font entendre. « Eh là, qu’est-ce que vous foutez ici ? » Les flics. Merde. On pourrait jouer les innocents, ou les adolescents qui on simplement voulu s’amuser. On s’en sortirait sans aucun mal, peut-être juste un avertissement, au pire une amende. Mais ce n’est pas dans mes gênes de déclarer forfait si facilement. M’arrêtant, je regarde les deux policiers s’approcher et attends qu’ils soient à une distance convenable pour me mettre à courir sans prendre le temps de récupérer mes affaires, ceci afin de leurs échapper, lançant un « Cours ! » à Primo qui, heureusement, a le réflexe de me suivre. Évidemment, les poulets se lancent à notre poursuite, nous appelant en nous ordonnant de nous arrêter. Nous rejoignons rapidement l’entrée que nous avons forcée et récupérons nos sacs et nos vélos délaissés pour se mettre à pédaler de toutes nos forces. Il ne nous faut qu’une trentaine de secondes pour parvenir à semer les deux flics. Et je suis quasiment sûr qu’ils ne perdront pas le temps de nous retrouver, vu la non-gravité de notre délit. Gardant mes pieds immobiles, j’attends que Primo arrive à ma hauteur pour lui lancer un sourire satisfait, finissant par éclater de rire. Il me fixe d’abord d’un air étrange, hésitant un instant jusqu’à ce que son rire se mêle au mien. « Le premier à la plage ? » Je lui réponds d’un signe affirmatif et nous commençons tous les deux à pédaler de toutes nos forces. Mes pieds battent l’air toujours plus fort, mes expirations se montrant de plus en plus puissantes. Le vent me caresse le visage, débarrassant mes cheveux des dernières gouttes de chlore. Je pédale, encore et encore, devançant Primo d’à peine trois mètres. Je me lance dans la dernière descente, à toute vitesse, je pédale, je pédale, je pédale, et je stoppe net mes pieds redressant mon torse tout en lâchant mon guidon. Levant mes bras de chaque côté de mon corps, je fixe la plage qui se dessine devant nous. Et je suis étouffé par la liberté qui me sert de toutes ses forces, qui fait bondir mon cœur dans tous les sens. Je me sens libre, libre et heureux. Alors je me mets à crier, de toutes mes forces, faisant éclater ma joie alors que le cri de Primo rejoint le mien. Et rien ni personne ne peut nous arrêter.


let's run away, don't let the colors fade to grey

juin 2003 + los angeles, californie (USA)

 « Primo ! » appelle-je, un gobelet rouge à la main contenant un breuvage magique. Je marche de travers et manque de m’encoubler alors que j’essaye de traverser la foule pour rejoindre mon meilleur ami. J’exagère, il n’y a pas tant de personnes que ça, nous ne sommes pas à un concert des Rolling Stones. Mais le simple fait de mettre un pied devant l’autre correctement me demande un effort surhumain, alors éviter de rentrer en collision avec les gens que je croise... j'en parle même pas. Me redressant en vérifiant d’un rapide coup d’œil que mon verre ne se soit pas vidé, je continue ma marche et arrive enfin aux côtés de Primo. Passant mon bras autour de son cou pour le maintenir contre moi, je m’apprête à porter un toast en son honneur –on n'a pas vingt-et-un ans tous les jours-, mais il me devance. « Sérieux Joa, tu pouvais pas éviter de te prendre une race pour une fois ?! » « Mec, déconne pas, c’est tes vingt-et-une piges ! » « Justement. » Je fronce les sourcils, me redressant maladroitement pour ne pas mettre tout mon poids contre ses épaules. « Si j’pouvais garder un autre souvenir que celui d’avoir encore raccompagné mon meilleur pote bourré chez lui pour mon passage à la majorité, ça s’rait cool. » Mes yeux roulent dans leurs orbites, ceci avant qu’un rire franc ne s’échappe de ma bouche. Je le secoue gentiment, de bon cœur, trouvant miraculeusement la force de tenir sur mes jambes sans vaciller. « Eh l’toubib, t’sais que t’as le droit de t’marrer un peu dans ta vie quand même ? Tiens, bois ! » m’exclame-je en lui tendant mon verre. Il lève le bleuté intense de son regard dans ma direction, je lui souris. J’ai toujours été celui qui entraînait l’autre à faire des conneries dans notre duo. Et Dieu sait combien de fois Primo a cédé depuis que nous nous connaissons. Nous partageons un tas de souvenirs, tous plus dingues les uns que les autres, et je suis vraiment comblé d’avoir trouvé sur terre une personne suffisamment folle pour me suivre dans mes aventures délirantes et suffisamment sérieuse pour me remettre dans le droit chemin quand j’en ai besoin. C’est bien simple, sans mon meilleur pote, j’sais pas comment j’aurais tourné, déstabilisé comme je le suis. Le poussant au vice en arquant mes sourcils, souriant comme un imbécile, je secoue doucement mon verre sous son nez, ce jusqu’à ce qu’il cède. Exaspéré, il attrape alors le gobelet et le porte à ses lèvres pour avaler une longue gorgée d’alcool, manquant de la recracher aussitôt. J’explose de rire, récupérant mon bien. « P’tain Joa, comment tu fais pour boire des trucs aussi infâmes ? » « L’habitude. » Je hausse les épaules. Il soupire. « Bon allez, arrête de tirer la gueule. J’ai un truc pour toi. » lance-je en lâchant mon emprise autour de ses épaules. Je glisse ma main dans la poche arrière de mon jeans, mais le regard que me lance Primo m’oblige à m’arrêter. Vive la confiance mec, merci. Je lève les mains en l’air, en m’assurant de ne pas renverser une goutte de ma boisson. « Promis, c’est rien qui puisse nuire à ta santé physique ou mentale. » Je n’attends pas son approbation pour finalement tirer une longue enveloppe de ma poche, la tendant en bombant le torse de fierté. Il la saisit, visiblement encore réticent, puis l’ouvre pour en sortir deux billets d’avion en direction de… « Cancún ? » Un sourire d’imbécile heureux étire mes lèvres alors que j’approuve d’un grand signe de tête, excité. « T’as encore demandé de la thune à tes parents pour acheter ça ? » Ouch. Je fronce les sourcils avant de mimer une expression de tristesse. Portant ma main libre contre mon pectoral gauche, j’essaye d’imiter l’homme blessé. « Tu me vois vraiment comme un gosse de riches qui profite de la fortune de ses parents ? » Il hausse les épaules mollement. Bon ok, j’avoue que je ne suis pas le plus grand bosseur du monde et que ce n’est pas en accumulant les petits boulots que je vais finir par gagner ma vie indépendamment de mes parents. Mais n’empêche que ce billet n’a pas été payé avec la fortune familiale. « Mec, ça fait six mois que j’mets de l'argent de côté pour pouvoir t’offrir ça, pour qu’on puisse passer deux semaines ensemble dans une des villes les plus réputées au monde pour s’éclater. » Ses lèvres s’étirent dans un léger sourire. C’est pas trop tôt. Je le sens qui s’apprête à trouver une excuse pour refuser, mais je le coupe avant qu’il ne puisse prononcer un seul mot. « T’as pas l’droit de refuser. C’est que deux semaines et j’crois que t’as vraiment besoin d’un break après l’année d’étude de taré que tu t’es tapé. » Après tout, la fac de médecine n’est pas réputée pour être celle qui laisse le plus de répit à ses étudiants. Le regard pensif de Primo se perd sur les billets qu’il tient en main et moi, je prie pour qu’il accepte. Dis oui Primo, putain… « Ouais, t’as pas tort. » Je lève les bras dans un signe de victoire, renversant la totalité de mon verre qui s’en va alors abreuver l’herbe de son doux nectar. J’éclate de rire, laissant ma tête retomber en arrière. Mais je la redresse aussitôt, tout sourire. « Bon… va me falloir un autre verre. Allez, viens. » Je passe à nouveau mon bras autour de ses épaules et l’entraîne avec moi en direction du bar le plus proche. Il se laisse faire, souriant enfin pour de vrai. « Bon anniversaire Primo. » termine-je en le secouant amicalement, déclenchant chez lui ce rire que j’aime tant entendre.


I thought that nothing can come between us two

novembre 2006 + los angeles, californie (USA)

La retenant par la taille, je l’empêche de s’échapper. Elle rigole, de ce rire cristallin et pur qui fait s’emballer mon cœur à chaque fois. Elle bouge la tête, essaye d’échapper à mes baisers, mais ses lèvres retrouvent toujours les miennes, alors que ses mains se perdent dans mes cheveux. Son parfum m’enivre, cette fragrance douce et sucrée qui berce mes nuits depuis quelques mois maintenant. J’ai jamais ressenti ça pour une fille. Jamais. Elle m’a fait prisonnier dans une dimension que je n’ai jamais connue, qui m’a toujours fait peur. Mais pas avec elle. Pas avec Johanna. « Faut que j’y aille. » Écartant mon visage, mon regard retrouve le sien avec une facilité déconcertante. Son regard doré est si clair, si lumineux que je jurerais y deviner la chute de météorites flamboyantes parmi toutes les étincelles qui crépitent dans ses iris. « T’es pas obligée. » lui réponds-je dans un souffle, la ramenant contre moi tout en allant déposer mes lèvres dans son cou. Elle se débat à peine, je sais qu’elle n’en a pas envie, qu’elle aimerait rester avec moi. Mais… « Si je veux avoir mon master, oui. » Ses mains me repoussent avec douceur, je finis par la lâcher, levant mes mains en signe d’abandon, une moue déçue sur le visage. Sa paume vient caresser ma joue, je ferme les yeux pour m’imprégner de cette caresse. « On se voit ce soir ? » « Okay. » Elle m’embrasse une dernière fois et file, disparaissant dans la masse d’étudiants se frayant un chemin au milieu du couloir de l’université. Restant un instant immobile, j’attends de ne plus pouvoir distinguer ne serait-ce qu’un seule de ses cheveux chocolat pour tourner les talons et emprunter l’escalier pour rejoindre le hall d’entrée principal. Je me retrouve rapidement dehors et ramène la capuche de mon sweat-shirt sur ma tête, me mettant en marche. Je quitte le bâtiment des facultés scientifiques pour rejoindre celui dédié à celle de médecine. J’ai promis à Primo de le rejoindre dès que je serais libre, alors maintenant que c’est chose faite… Je le retrouve comme d’habitude lorsqu’il fait beau, installé à une des tables en bois en extérieur, le nez plongé dans je ne sais quel bouquin incompréhensible. Le rejoignant, je m’installe face à lui, prêt à l’apostropher sur l’habitude qu’il a pris de toujours réviser, quel que soit l’endroit où il se trouve. Mais il me devance, me demandant d’une voix totalement détachée et sans relever sa tête : « T’étais encore avec elle ? » Je fronce les sourcils. C’est moi où sa question pue le reproche ? Appuyant mes bras croisés contre la table, je me penche en avant, espérant pouvoir capter son regard, mais sans succès. « Bonjour à toi aussi. » Il me répond dans un grognement, ce qui a le don de m’exaspérer. Même pas trente seconde que je suis là et il me gonfle déjà. Record du monde battu Primo, bravo. « C’est quoi l’problème ? » « Y en a pas. » Il continue de "travailler" comme si de rien, et ça m’énerve. Alors je refermer son livre sous son nez, dans un geste brutal, pour le faire réagir. Et ça marche. Pour la première fois depuis que je me suis installé, il pose la clarté de ses yeux bleus sur moi. « Joue pas au con avec moi, Primo. J’te connais. » Je lis de la colère dans son regard. Qu’est-ce que j’ai fait pour qu’il soit en rogne contre moi ? Ça fait plus d’une semaine qu’on ne s’est pas vu, je ne vois pas ce qui a bien pu se passer pour le foutre dans un état pareil. Il pose son stylo, délaissant définitivement son travail. Mais si je pourrais me réjouir de le voir décrocher de ses cours, ce qui suit me plait moyennement. « T’as conscience qu’on s’voit presque plus depuis que tu t’es mis avec ? » Ah donc c’est Johanna le problème ? Il est sérieux là ? Je fronce les sourcils, agacé. « T’as conscience qu’on s’voit presque plus depuis que tu as commencé tes études de médecine ? » J’insiste sur le "tu", histoire qu’il imprègne bien le fait que notre éloignement remonte à bien plus longtemps que Johanna. Mais il n’a pas l’air d’accord vu la manière qu’il a de lever les yeux au ciel en soupirant. Pointant un doigt vers lui sous l’effet de l’agacement, je commence à m’échauffer un peu trop. Il me casse les couilles, sérieux. Déjà qu’on ne se voit pas souvent, mais en plus il arrive encore à foutre la merde quand on arrive à être ensemble. « Me refous pas la faute dessus, t’y est pas pour rien là-dedans. » Son regard, habituellement si clair, s’assombrit. Sans rien dire, il se lève, se mettant à ranger ses affaires dans son sac. Putain mais c’est pas vrai… « Qu’est-c’que tu fous ? » lui demande-je en levant mes yeux vers lui. Sans un mot, il termine de ranger son bordel dans sa sacoche et passe cette dernière contre son épaule, me jetant un ultime regard pour me répondre. « J’me casse, j’ai des cours à bosser. » Je m’y attendais. Quel emmerdeur. Soupirant de plus belle, je me lève à mon tour, déclarant forfait. Inutile d’insister s’il est d’une humeur aussi massacrante. Il me les brise, et je le lui fais savoir. « Tu fais chier. » Et sans un mot de plus, je me barre, le laissant seul avec ses cours. Qu’il aille se faire voir, j’vais pas me mettre à genoux pour lui demander pardon et le supplier de m’accorder deux minutes. Pourtant, bien que je sois en colère, il ne me faut que dix minutes avant que je n’envoie un message à Johanna pour annuler notre soirée. Ce soir, j’irai trouver Primo chez lui, avec des spaghettis et de quoi faire une bolognaise. Je lui cuisinerai son plat favori pour enterrer la hache de guerre. Parce que, qu’on se le dise, ça me fait chier quand on se fait la gueule comme maintenant.


knowing the truth, whispering lies and it hurts again

février 2008 + los angeles, californie (USA)

La sonnerie d’attente est insupportable. Ce bruit pourtant anodin qui me fait comprendre que je dois patienter bourdonne dans mes oreilles, au point de m’en donner la nausée. Je raccroche pour la cinquième fois ce soir –ou devrais-je dire cette nuit. Qu’il aille se faire foutre, pense-je en sentant pourtant mon cœur se serrer. J’ai mal… Bordel. Me redressant dans mon canapé, j’attrape la bouteille de Jack que j’ai déjà vidée de la moitié de son contenu et la porte à mes lèvres pour en avaler plusieurs gorgées, une grimace douloureuse étirant mes traits. Ce n’est même plus du plaisir à ce stade. Ce n’est plus l’éclate que je ressentais plus jeune, à boire au point de ne plus avoir les idées claires, au point de sentir tout tourner autour de moi comme si j’étais le centre de gravité du monde. Ce n’est plus ça. Parce qu’il n’est plus là. C’est devenu mon cauchemar quotidien et ce malgré l’aide de Johanna. Elle assiste, impuissante, à ma longue et pénible descente aux enfers, tentant vainement de me faire ralentir, de me débarrasser de mon addiction. Mais il n’y a rien à faire. Alors je bois, jusqu’à m’étouffer. Puis je repose la bouteille sur la table basse, à bout de souffle, attrapant mon carnet et mon crayon pour me mettre à dessiner des traits rapides, imprécis, foncés, toujours plus appuyés et grossiers. Et pourtant, il s’agit là toujours de ce même dessin, de ce même portrait, celui qui hante mes rêves comme mes cauchemars. Son visage de m’abandonnera jamais, ne me laissera jamais tranquille alors que lui… Il est parti. Au Nigéria. Ça fait plus d’un an maintenant. Et il ne m’a jamais donné la moindre nouvelle. Il est p’têtre mort. Non, putain non. Des larmes. Elles me brouillent la vue, m’empêchent de distinguer convenablement son visage que j’essaye de reproduire de mémoire. Même mes souvenirs sont flous. Je ne me rappelle presque plus de rien. Je ne me souviens même plus de son rire. C’était quoi putain la tonalité de son putain de rire que j’adorais entendre ? Merde ! Envoyant balader mon carnet, j’attrape à nouveau mon téléphone et compose pour la sixième fois son numéro. J’ai le cœur lourd, je vais vomir. J’ai la tête qui tourne, les idées qui tanguent. Mon myocarde hurle de douleur, ça fait si mal que ça remonte jusque dans mes tempes, me fait trembler de tout mon corps. Bordel de merde Primo, répond putain. Une sonnerie d’attente passe, une deuxième, puis une troisième. Chacune d’entre elle me lacère le cœur, j’ai le goût âpre et rouillé du sang qui remonte jusqu’à ma langue. Ma main se serre contre mon téléphone, je tremble de plus en plus. « Votre correspondant n’est pas disponible pour le moment. Veuillez laisser un m… » « Fait chier, merde ! » hurle-je alors en lançant mon téléphone de toutes mes forces contre le mur. Les larmes roulent contre mes joues, je suis abattu. Mon torse part en avant, mes mains vont cacher mon visage. Je pleure putain… Je pleure pour ce connard. Depuis quand est-ce que je chiale ? Depuis quand est-ce que j’ai autant mal à cause de l’absence d’une personne ? Pas d'une personne, son absence, lui, Primo, mon meilleur pote, ce mec qui est venu m’embrasser pour foutre ma vie en bordel avant de partir pour le Nigéria et jouer les hommes morts. « Joaquin ? » Mes mains se crispent contre mon crâne alors que j’étouffe un gémissement. Johanna… Je l’ai réveillée. Trois heures du matin et j’ai pas été foutu de me montrer discret. Fait chier… Elle s’approche de moi, doucement, s’accroupit à mes côtés après avoir refermer la bouteille de whisky bon marché que je me suis presque entièrement descendue. Sa main se pose avec délicatesse contre mon dos. Mes muscles se crispent malgré moi. Le silence s’installe entre nous, sans que elle ni moi ne daigne bouger, et ça m’fout la gerbe. J'me fous la gerbe. J’fais pitié, putain. « Tu as encore essayé de l’appeler ? » Elle sait sans tout savoir. Elle sait que mon meilleur ami s’est barré, qu’il n’a jamais répondu à un seul de mes coups de fil ni à un seul de mes messages depuis des mois et que ça me tue. Mais c’est tout. Elle ne sait pas que je rêve de lui chaque nuit, que je revis ce baiser sans comprendre pourquoi je me sens bouleversé à ce point, pourquoi j’ai soudainement chaud et pourquoi mon cœur s’emballe. Elle ne sait pas et elle ne saura jamais. Sa main caresse mon dos amoureusement. Je sens peser sur moi son regard tendre et inquiet. « Mon cœur… Tu te fais du mal. Il faut que tu arrêtes… Il te contactera en tant voulu. » Non, il ne me contactera jamais et je le sais. Il a honte, trop honte de ce qu’il a fait. Il a fui notre vie ici, il m’a fui moi, moi et la putain de répugnance que je ressens comme un homophobe de base. Et jamais il ne reviendra. Par ma faute. Ravalant un sanglot, je redresse finalement la tête pour la regarder. Elle est belle… Putain c’qu’elle est belle. Même au saut du lit à trois heures du mat’. P’têtre bien que Primo hante mes jours et mes nuits, mais c’est d’elle que je suis vraiment amoureux. Portant ma main contre sa joue, je repousse ses cheveux en arrière, plongeant mon regard dans ses yeux encore endormis. Et tout m’échappe, sans que je ne puisse rien contrôler. « Épouse-moi, Johanna. » Ses paupières s’ouvrent grand, elle me fixe de ses yeux dorés à présent dévorés par la surprise. Elle ne répond pas, alors j’insiste, attrapant ses doigts de ma main libre. « Tu veux bien ? » « T’épouser ? Mais… » commence-t-elle, totalement déstabilisée. Elle hoche la tête de gauche à droite, pinçant ses lèvres comme elle le fait quand quelque chose la tracasse. Je ne la lâche pas du regard alors qu’elle semble réfléchir à vive allure, la veine surplombant son sourcil gauche ressortant légèrement comme à chaque fois qu’elle se plonge dans une réflexion plus ou moins longue. Elle ferme les yeux et expire par le nez avant de me regarder dans le blanc des yeux. « Joa… Tu as bu… » « J’suis sérieux Jo’. » Je ne dis pas ça sur un coup de tête. Je n’avais pas prévu ça comme ça, au milieu de la nuit après m’être envoyé les trois quarts d’une bouteille de Jack en crachant mentalement sur mon meilleur ami qui est à l’origine de ma torture quotidienne. Mais j’avais réellement l’intention de lui demander sa main, un jour. Voyant qu’elle ne semble pas me croire, je me penche alors pour attraper ma sacoche qui traîne au pied du canapé et en sors une boîte en velours bleu. Je peux entendre le cœur de Johanna bondir depuis ici. Me mettant à genoux au sol face à elle, j’ouvre alors le boîtier en la regardant de mes yeux fatigués, laissant apparaître un anneau en argent, incrustés de petits diamants scintillant. Une bague de fiançailles qui m’a coûté dix mois de salaire. Alors putain, bien sûr que oui je suis sérieux. « Johanna Isabelle O’Connor, veux-tu être ma femme ? » Ma voix tremble mais j’essaye de faire preuve du plus d’assurance possible. J’suis quand même en train de lui demander sa main là… Elle regarde la bague, ébahie, avant de me regarder moi, du même air. Puis elle sourit, et laisse échapper un rire qu’elle étouffe en portant sa main contre sa bouche. Je peux discerner des larmes dans son regard fait de pépites dorées. Et enfin, elle me répond. « Oui ! Oui, Joaquin, bien sûr que je veux être ta femme ! » Et elle se jette contre moi, comme dans les films, sauf que comme je suis légèrement bourré, je tombe en arrière, l’entraînant dans ma chute. Son rire éclate, plus fort, heureux. Ça me fait sourire. Et j’en oublie Primo. Elle m’embrasse. Je prolonge notre baiser. « Je t’aime. » « Moi aussi. » Et le pire dans tout ça, c’est que je ne lui mens même pas. Je l’aime et je veux qu’elle porte mon nom, je veux qu’elle devienne ma femme. Malgré tout le reste.

Quatre mois plus tard, Johanna Isabelle O’Connor s’appelait Johanna Isabelle Novák. Et moi, j’n’avais toujours pas oublié Primo, malgré mes efforts.

pezzavril
passe ta souris !
Alors mon petit sobriquet c'est pezzavril (pour le mix entre le prénom de Queen Avril Lavigne et du surnom de Princess Perrie Edwards, mais passons), mais vous pouvez m'appeler par la banalité de mon prénom : Morgane (yop, j'suis pas fan de mon prénom, pas assez original à mon goût). J'ai 23 ans, j'en aurai 24 à la fin du mois de juin (le 26, notez-le HEHE ) et je suis... SUISSE. Eh oui, je suis née et ai toujours vécu à Genève et je vous interdis de me dire que je suis presque française! Et non, je ne vis pas dans les montagnes, à traire les vaches et à construire des horloges dans la tenue de Heidi tout en mangeant du chocolat. Je suis étudiante en psychologie, dernière année de bachelor à l'université de Genève (ça équivaut à la licence en France) et je compte devenir psychothérapeute pour enfants. Sinon, je suis sur les rpgs depuis mes 15 ans à peu près, ça remonte à trop loin pour que mon petit cerveau s'en souvienne précisément. J'ai joué un tas de personnages, féminins comme masculins, tous ayant une vie plus ou moins chaotique. Oui, vous le verrez bien assez tôt, j'ai des tendances sadiques plutôt marquées à l'égard de mes bébés d'amour (c'est en partie ce qui m'a fait avoir un véritable coup de cœur pour ce scénario JAIME ). Et pour le reste, je vous fais trêve de la description détaillée de ma petite personne, car je ne suis pas égocentrique contrairement à ce que vous devez penser après avoir lu le pavé que je viens d'écrire à mon sujet. J'ai hâte de faire mon bout de chemin parmi vous et de faire plus ample connaissances avec le joli petit monde qui peuple ce forum CUTE Des besitos à vous tous coeur


Dernière édition par Joaquin Novák le Lun 30 Mar - 22:37, édité 31 fois
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 12:07


I know it's already over, already over now

octobre 2010 + los angeles, californie (USA)

Je pose le pied par terre, tournant la clé pour éteindre le moteur de ma moto. Cette journée se termine, enfin. Elle s’est montrée longue et pénible. Je n’ai qu’une hâte : prendre une bonne douche, enfiler un survet’ et ne rien faire. Descendant de ma bécane après l’avoir stabilisée, je me dirige vers l’entrée de l’immeuble, me débarrassant de mon casque tout en marchant. Secouant mes cheveux, je monte les escaliers quatre à quatre et arrive devant la porte de l’appartement que je partage avec ma femme. Une fois à l’intérieur, je manque de m’encoubler dans… Des valises ? Je fronce les sourcils tout en déposant mon casque sur la commode de l’entrée. C’est quoi ce bordel ? Je me pose la question, mais je connais la réponse. Je ne veux juste pas ouvrir les yeux sur le fait que ce jour soit finalement arrivé. Nous avons essayé de sauver notre couple. Du moins, elle a essayé. Elle a tenté de comprendre, m’a laissé du temps, beaucoup trop. Mais le fait est là : nous n’avons pas d’avenir ensemble. Combien de fois m’a-t-elle fait savoir qu’elle voulait des enfants ? Je ne compte plus le nombre. Mais je ne veux pas devenir père. Pas maintenant. Pas avec elle. Surprenant quand je reste pourtant persuadé qu’elle reste la plus belle chose qui me soit arrivé dans ma pauvre vie, non ? Et puis je dois l’avouer, je suis devenu chiant. Je force toujours trop sur la bouteille, alors forcément, Johanna, ça l’épuise. Elle est fatiguée de me voir toujours malheureux, pensif, renfermé dans ma douleur. Elle voulait m’aider mais elle n’y ai pas arrivée. Alors oui, elle s’est lassée et dans le fond, moi aussi. « Jo’ ? » appelle-je après avoir rangé ma veste dans le petit dressing de l’entrée. Pas de réponse. Je m’avance alors jusqu’au salon et la trouve là, appuyée contre la fenêtre, sirotant une tasse de thé –elle ne boit pas de café- tout en observant la vue. Je reste un instant silencieux et immobile, juste à la détailler, profitant de ces dernières minutes qu’il nous reste en tant que couple marié. « C’est quoi tout c’bordel ? » demande-je inutilement. Bordel Joaquin, tu sais très bien ce qu’il se passe ! Pourquoi est-ce que tu gaspilles ta salive en la questionnant comme ça ? Elle tourne sa tête pour me regarder. Sa mine est fatiguée, son regard désolé. Je sens son cœur se serrer, malgré moi. « Tu me poses vraiment la question ? » Je baisse la tête. « Tu savais que ça arriverait Joaquin. » Oui, je le savais. Nous le savions tous les deux. Elle m’avait prévenu que si je ne faisais pas en sorte de la retenir, elle finirait par m’échapper. Je n’ai juste pas cru que cela arriverait aussi vite. « J’peux plus vivre comme ça, pas si tu n’m’offres pas d’avenir. » Relevant la tête, je pose sur elle un regard peiné. Oui, j’ai de la peine. Triste que cela n’ait pas marché, que je n’aie pas su me réveiller à tant, que je n’aie pas pu la rendre réellement heureuse. « J’suis désolé… J’voulais pas que ça se passe comme ça. » « Je sais. » Elle me sourit. Un sourire sincère mais triste. Ce genre de sourires qui peuvent vous faire un mal de chien. Je pince mes lèvres, ne sachant pas quoi ajouter. Qu’est-ce qu’un type comme moi peut dire à une fille comme elle dans un tel moment ? Rien. « Ça n’veut pas dire que j’n’ai pas été heureuse. Je l’ai été Joa, vraiment. J’ai été heureuse d’être ta femme. Mais il faut qu’on se fasse une raison. » Elle est sincère, je le sais. Son regard parle pour elle. Elle ne dit pas ça pour me faire plaisir. Elle a vraiment été heureuse. C’est au moins ça. Même si j’ai été loin d’être parfait avec elle, j’ai su lui apporter un petit peu de bonheur dans sa vie. Acquiesçant d’un signe de tête, je pousse un long soupir lourd de sens. « Oui… Oui, tu as raison. » On ne peut pas continuer comme ça. Je ne peux pas la forcer à continuer comme ça. Je dois lui rendre sa liberté et assumer tout seul le fait que je sois un abruti doublé d’un raté. « Tu veux que je t’aide pour tes affaires ? » lui demande-je simplement, comme pour lui proposer un dernier geste d’amour avant qu’elle s’en aille définitivement. Elle hoche négativement la tête, me souriant pour me remercier. « Non, ça ira. J’passerai chercher le reste dans la semaine. Et il faudra qu’on prenne rendez-vous chez un juge. » Ma tête se secoue doucement de bas en haut, machinalement. Vingt-sept piges et j’ai déjà un mariage et un divorce à mon actif. Bravo Joaquin, tu peux être fier. Terminant d’une gorgée sa tasse de thé, elle finit par la déposer sur la table basse du minuscule salon et s’approche de moi. Arrivée à ma hauteur, elle me fixe de ce regard doré, brillant de mille feu mais qui, aujourd’hui, est terni par un voile triste et sombre. Tout est de ma faute. Puis, sans un mot, elle me sourit, timidement, et se débarrasse lentement de la bague qui orne son annulaire gauche pour la déposer dans le creux de ma main qu’elle manipule avec douceur. Elle referme mes doigts sur l’objet ayant représenté notre union et, lorsque nos regards se croisent pour la dernière fois, elle me murmure un « Prend soin de toi Joaquin. » rempli d’espoir. Ses lèvres déposent un ultime baiser sur ma joue, puis elle disparaît, laissant derrière elle une effluve sucrée, fantôme de sa présence dans ma vie. C’est fini, tout est terminé. Maintenant je suis seul pour affronter mes démons.


Now I know, I'm just a man on a wire

décembre 2011 + los angeles, californie (USA)

Une semaine. Ça fait une putain de semaine que Primo a été rapatrié aux États-Unis. Une putain de semaine que je suis allé le trouver à l’hôpital après avoir appris qu’il était rentré. Une semaine. Sept jours, putain. J’lui ai laissé du temps et de l’espace en pensant que ce con finirait par revenir. Mais j’me suis gouré. Il continue de fuir, encore et toujours. Pourtant, je lui ai dit qu’il m’avait manqué. Je l’ai même pas tant engueulé que ça pour ce qu’il m’a fait subir pendant cinq putain d’années alors que je mourrais d’envie de lui en foutre une. Mais rien. Pas le moindre coup de fil, pas la moindre visite, pas le moindre message. Je pète un câble, assis au fond de mon canapé, à regarder la télé comme si ce qui y passait m’intéressait, à scruter mon portable toutes les trente secondes pour vérifier si je n’ai pas manqué une notifications de sa part. Alors je me lève, j’éteins tout et je sors de mon appart’ après avoir attrapé ma veste et mon casque, dévalant les escaliers pour retrouver ma bécane et me mettre en route pour chez Primo. Il ne me faut qu’une poignée de minutes, quelques queues de poisson et deux feux passés au orange foncé pour atteindre son immeuble dans lequel je m’engouffre à toute allure après avoir garé ma moto. Arrivé face à sa porte après avoir enlevé mon casque, je frappe vigoureusement contre le bois, mon poing tremblant légèrement. Miraculeusement, il m’ouvre, la mine neutre, comme quand il s’est retrouvé face à moi à l’hosto. Comme si rien ne s’était passé. « T’en as pas marre de jouer aux abonnés absents ? » l’agresse-je en forçant l’entrée, posant mon casque sur le premier meuble que je rencontre. Calme, Primo referme la porte derrière moi et me fait face sans craindre mon agressivité. « J’crois pas qu’t’aies essayé d’me contacter d’puis la s’maine dernière… » « Putain, Primo ! » m’exclame-je, à bout de nerfs. Ce con veut ma mort, c’est impossible autrement. « J’ai essayé de te contacter pendant cinq ans. Cinq ans putain ! Ça t’a pas suffi ?! » Il lève les yeux au ciel et bat le vide à l’aide de sa main d’un air las. Il s’en fout. Il en a rien à foutre. J’vais m’le faire, putain. Il se retourne dans le but de rejoindre son salon, mais je l’empêche d’avancer, attrapant son avant-bras pour le tirer et le plaquer contre le mur, le privant d’une quelconque possibilité de fuite. Tu ne fuiras plus, Primo, pas tant qu’on n’aura pas discuté. « Est-c’que t’en as seulement quelque chose à foutre de moi ? J’imagine bien qu’t’as vécu l’enfer là-bas, mais moi ? T’as pensé une seule seconde à c’que j’ai eu à traverser quand t’étais pas là ? » Ses sourcils se froncent, comme quand il est contrarié. Je lui connais cette expression, et j’m’en fous de savoir que mes paroles le dérangent. « T’es gonflé Joaquin. Pendant que t’étais en train d’mener ta vie bien tranquille avec Johanna, à t’marier et à vous construire un avenir, moi j’étais en train d’me tuer à petit feu en tentant d’sauver les vies de personnes condamnées ! » Il a osé évoqué Johanna. Il a osé sous-entendre que j’avais vécu heureux sans lui, pendant cinq ans. Il sait rien, putain. J’vais m’le faire. J’vais vraiment m’le faire. Attrapant le col de sa chemise, je le secoue un peu brutalement, faisant rebondir son dos contre la paroi. « Ferme ta gueule, putain ! Tu sais rien ! » La colère m’envahit sans que je puisse la contrôler. C’est rare que je l’engueule aussi puissamment, mais là… Il le cherche. J’ai l’impression qu’il me pousse à bout, qu’il teste mes limites, attendant de voir à quel moment mon poing finira par s’abattre dans sa figure. « Lâche-moi, bordel ! » s’exclame-t-il, abattant ses mains contre mes épaules pour me repousser avec une force à laquelle je ne m’étais pas préparé. Reculant d’un pas, je lui offre ainsi l’occasion de s’échapper, ce qu’il fait sans attendre en se faufilant sur le côté pour tenter de s’éloigner de moi. Je ne réfléchis pas, ma main attrapant la sienne pour le tirer vers moi, mes lèvres emprisonnant les siennes dans un mouvement brusque mais tendre à la fois. Mon cœur explose. Qu’est-c’que j’fous bordel ? Il faut quelques secondes à Primo avant qu’il ne se recule, me scrutant de ses yeux agrandis par la surprise. « Tu fous quoi, putain ?! » Haletant, je plonge la noirceur de mon regard dans la clarté profonde de ses iris. J’en sais rien… J’sais pas ce qui me prend. Tout ce que je sais, c’est que son corps tout entier m’appelle et que je suis beaucoup trop faible pour résister. « Ta gueule. » lui réponds-je alors en hochant la tête de gauche à droite, me rapprochant à nouveau de lui pour aller glisser une de mes mains dans sa nuque, l’autre contre sa taille. Mes lèvres retrouvent les siennes pour la seconde fois consécutive, à la différence que, cette fois-ci, j’entends un gémissement s’échapper de la bouche de Primo. Il ne me repousse pas, bien au contraire. Cette fois, ses mains viennent agripper ma veste pour l’ouvrir et m’en débarrasser, la prolongation de nos baisers se montrant beaucoup plus avide et sensuelle. Nous finissons dans sa chambre, la suite n’appartient qu’à nous. C’est ainsi qu’en ce jour de décembre 2011, à l’approche de Noël, j’ai réalisé que, si mon meilleur ami m’avait tant manqué, c’était peut-être parce que son baiser d’il y a cinq ans avait éveillé en moi un sentiment, une sensation que j’avais refusé de m’avouer pendant bien trop longtemps.


You woke the devil that I thought you’d left behind

juin 2012 + los angeles, californie (USA)

La pluie tombe à torrent dehors. Je l’entends qui s’éclate contre les carreaux, la devine qui glisse le long des façades de l’immeuble. Yeux grands ouverts dans la pénombre de la chambre, j’essaye vainement de trouver le sommeil. Je multiplie les insomnies ces derniers temps, certainement parce que je réfléchis trop à ce que pourrait être ma vie dans un monde parallèle. Et si mon père n’avait pas juste tiré son coup avant de se barrer ? Et si ma mère avait été en parfaite santé ? Et si mon connard de cousin n’avait jamais existé ? Et si je ne m’étais jamais amélioré en dessin ? Et si je n’avais jamais entendu les Led Zepplin à la radio ? Et si je n’avais jamais croisé la route de Primo ? Et si… Je sens qu’on bouge de l’autre côté du lit. Je sens le matelas rebondir, signe qu’il s’est levé« Primo ? T’es réveillé ? » Pas de réponse. Je l’entends marcher, par réflexe, je me penche pour allumer la lampe de chevet. Je le vois qui se dirige vers la porte dans une marche très mécanique, contrôlée et pourtant zigzagante. Il fait une crise. J’y suis habitué, son somnambulisme s’étant manifesté un bon nombre de fois alors que nous dormions ensemble, en couple ou non. Il s’extirpe de la chambre, je me lève, enfilant mon training et un tee-shirt pour m’empresser de le suivre en prenant soin de ne pas le réveiller. Il traverse le salon, rejoint la porte vitrée donnant sur l’escalier de secours qu’il ouvre pour passer à l’extérieur. Putain, merde, il pleut des cordes et se balader de la sorte en étant endormi est beaucoup trop risqué. Je me lance alors à sa poursuite et une fois à l’extérieur, je le vois qui gravit les marches dans un rythme mal assuré, beaucoup trop risqué. Alors je le rattrape et le prends dans mes bras, conscient que je vais le tirer de son sommeil. « Primo ! » Je sais par expérience que réveiller un somnambule est contrindiqué, le retour à la réalité pouvant se montrer très brutal. Mais je préfère passer des heures à le calmer plutôt que de le voir risquer sa vie. Comme prévu, il s’éveille et se met immédiatement à paniquer. Regardant tout autour de lui, il découvre le décor de Los Angeles plongée dans la nuit, une pluie tombant à verse et des éclairs déchirant le ciel noirci de nuages. « Shht, c’est moi. Primo, c’est juste moi. » lui glisse-je à l'oreille, le tenant fermement contre moi, son dos contre mon torse. Il se débat, je finis alors par m’asseoir dans les escaliers. Tant pis pour la  pluie, nous sommes déjà trempés de toute manière. Sa respiration est forte, saccadée, il regarde partout, affolé. Je peux même sentir les battements effrénés de son cœur rebondir contre mon torse. J’ai l’impression qu’il va clapser, comme ça, dans mes bras, abattu par la panique. « Calme-toi. » tente-je vainement, sans obtenir de résultat. « Je… » Il balbutie, déglutit difficilement, s’étouffe. Putain, comment j’vais faire pour le calmer ? « J’suis où ? » « Chez toi. » Il secoue vivement sa tête de droite à gauche. Il refuse de me croire. Il est encore coincé dans son rêve -ou cauchemar. Il ne comprend pas le brusque changement de cadre, il n’arrive pas à s’imprégner de la réalité. « Non, je… Nigéria… J’étais… » « T’es en sécurité. » Je distingue des larmes de panique dans son regard. Alors je le garde contre moi, longtemps, exagérant ma propre respiration pour qu’il puisse suivre mon rythme. Ce qui finit par fonctionner après des minutes qui me semblent interminables. Quand enfin il semble se calmer, ses forces l’ont complètement abandonné. Je le tiens alors contre moi pour lui faire descendre les marches de l’escalier de secours, l'aidant à rentrer à l’intérieur. Je me charge de l’amener à la salle de bain pour le sécher avec une serviette, échangeant son boxer avec un autre avant de le remettre au lit. Me glissant à ses côtés, je le garde contre moi et il ne tarde pas à retomber dans un sommeil profond, complètement éreinté. Pour ma part, je passe le reste de la nuit à veiller sur lui, pour m’assurer qu’il récupère correctement de cet épisode calamiteux. Je ne ferme pas l’œil, jusqu’à son réveil. Parce que je me suis juré de prendre soin de lui, de l’aider au mieux à éradiquer les démons de son passé qui l’ont suivi du Nigéria jusqu’à Los Angeles.

Le lendemain, Primo a débarqué chez moi, rongé par une crise de panique. Il m’a dit qu’il n’en pouvait plus de Los Angeles, de ses plages dorées, de ses palmiers colorés, de ses rues animées. Il voulait partir, il devait partir. Il n’en pouvait plus. New-York. Il a parlé de New-York. Et après une longue conversation, je lui ai promis que je le suivrai, où qu’il aille. C’est ainsi qu’un mois plus tard, nous déménagions pour la Grosse Pomme tous les deux, pour s’installer dans le Bronx. Le Parking était devenu notre nouveau chez nous. Sauf qu’il a emménagé au 8ème, dans un appart’ spacieux et plutôt sympa, et que moi, j’ai trouvé résidence dans un minuscule studio, deux étages en-dessus. La raison ? J’ai beau savoir que Primo représente beaucoup pour moi, que je ressens un tas de trucs pour lui que je n’ai jamais ressentis pour personne, pas même pour Johanna, je refuse que tout le monde me voie avec lui. Je suis toujours le même homophobe de base, ce même type qui a fait fuir son meilleur ami à l’autre bout du monde, quatre ans auparavant. Et je crains fort que cela ne change jamais.


I’m not perfect, but I keep trying…

janvier 2015 + new york, new york (USA)

L’avantage d’habiter dans un immeuble du Bronx, c’est que les escaliers de secours nous donnent libre accès au toit. Et je dois avouer que pour le passage à la nouvelle année, c’est carrément pratique. Pas besoin de se bouger jusqu’à Times Square pour profiter de la fête et du feu d’artifice, ce dernier est visible d’ici. Me voilà donc tranquillement installé près du rebord, une bière à la main, à fixer les crépitements d’étincelles colorées qui explosent dans le ciel les uns après les autres. Mes pensées sont loin, très loin d’ici, ayant remonté le temps de plusieurs longues années. J’ai un sourire niais qui me colle au visage. J’ai l’air d’un con, sur ce toit, au milieu d’autres habitants du Parking ayant décidé de faire comme moi cette année. « À quoi tu penses ? » Je me retourne. Je n’ai pas remarqué l’arrivée de Primo. Il est fort pour ça, arriver sans que je ne le remarque. Se postant à côté de moi, son regard se perd dans le ciel sans qu’aucune émotion distincte ne se dessine sur son visage. Je le fixe un instant, puis reporte mon attention sur le feu d’artifice. « Tu t’rappelles du passage à l’an 2'000 ? » demande-je avant de boire une gorgée de ma bière. « Ah ça… » Est-ce de la nostalgie que j’entends dans sa voix ? Ou bien soupire-t-il simplement de lassitude ? « Et donc ? » Je hausse les épaules. « Rien. J’me disais juste que beaucoup d’choses avaient changé en quinze ans. » C’est vrai qu’on en a fait du chemin durant toutes ces années. Lui, c’est plus ce mec qui reste dans l’ombre et qui ouvre jamais sa gueule. Il reste discret mais sait se faire entendre. C'est plus cet étudiant, toujours le nez plongé dans ses bouquins. Il a évolué, c’est un vrai toubib maintenant, un toubib qui a fait cinq ans dans l’humanitaire et qui a encore le visage marqué par ce qu’il a vécu au Nigéria. Quant à moi, je suis plus ce jeune déluré qui a passé son Nouvel An de l'an 2'000 à s’envoyer une bouteille de vodka, allongé dans l’herbe au milieu des palmiers. J’ai enfin trouvé un job stable, j’me suis marié et j’ai même divorcé. J’ai toujours pleins d’emmerdes dans ma vie, mais des emmerdes d’adulte. Et finalement, par-dessus tout, on est ensemble. Depuis trois ans. C’est long trois ans. La moitié du temps que j’ai passé à aimer Johanna. P’têtre bien qu’on battra un record, qui sait ? « Ouais. Par contre, y a d’autres trucs qui changent pas hein… » Le cynisme dans sa voix me fait tressaillir. Fronçant les sourcils, je porte mon attention sur lui. « P’tain, commence pas Primo. » souffle-je, dents serrées, m’assurant que personne ne prête attention à la querelle naissantes entre nous, les deux mecs qu’on sait meilleurs amis mais qui passent quand même vachement de temps ensemble. Il hausse les épaules, las, la mine toujours aussi neutre. Ses yeux bleus me fixent, transperçants. Ça m’fout des frissons désagréables dans tout le corps. « J’commence rien du tout. J’tiens juste à t’dire que c’est le dernier Nouvel An qu’on passe ensemble si tu t’décides pas à changer. » Un ultimatum. Encore. Il veut vraiment commencer l’année comme ça ? Super… « Sur ce, bonne année. » Et sans un mot de plus, il tourne les talons et disparaît. Je soupire, laissant ma tête partir en arrière avant que mes yeux ne se perdent à nouveau parmi les étincelles multicolores embellissant le ciel. J’sais que j’suis pas facile à vivre. J’sais que j’lui impose des choses qui ne sont pas simples à gérer pour lui. Mais il ne peut vraiment pas comprendre ? J’suis pas prêt à me montrer avec lui, même après trois ans. J’suis pas homo, j’aime pas les mecs… Okay, j’aime un mec. Mais ça fait pas de moi un pédé. J’me trompe ? Pensif, je porte à nouveau ma bière à mes lèvres pour en boire une gorgée en soupirant. Et, silencieux, je prie pour que cette année se déroule sans accrocs.



Dernière édition par Joaquin Novák le Lun 30 Mar - 17:03, édité 8 fois
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 12:23

Superbe choix de scénario LOVE T'as pas choisi le meilleur corpgiste mais bon Surprised Surprised MDR (je rigole ARROWluvCharlie)

Bienvenue ici et j'ai hâte de voir ce que tu vas faire du joaquin-vilain-gentil-pas-très-cool MDR
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 12:23

Ah qu'il est beau Shiloh JAIME Bienvenue :l: BRILLE
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 13:17

Caïn Ackerman a écrit:
Superbe choix de scénario LOVE T'as pas choisi le meilleur corpgiste mais bon Surprised Surprised MDR (je rigole ARROWluvCharlie)

ET. TA. MERE. CAIN ? JE T AI SONNE ? JE CROIS PAS. DONC TG.

OIEKRNDF?XGLVKSRTNDLCXKFND XLERDFD tu n'imagines pas la joie la joie LA JOIE de voir que tu as eu un coup de coeur pour mon scenar ** j'espère qu'on verra de GRANDES ET BELLES CHOSES ensemble HEHE coeur JAIME JAIME JAIME JAIME et j'ai extrêmement hate de lire ta fiche **
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 14:34

own, Shiloh JAIME
bienvenue BRILLE
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 17:21

Welcome HELLO
SHILOW OMG BAVE2
Bonne chance pour ta fiche :)
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 17:21

Oh mon dieu, Shiloh POTTE J'ai tellement un crush sur lui en ce moment, truc de fou ARROWluvCharlie

Bienvenue donc, j'exige un lien SIFFLE (en plus Joaquin HOT )
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 18:58

Mec t'es juste canon quoi HAWW
Puis Shiloh, il est juste trop bien avec sa tête de lui MDR
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 20:07

Mah mah maaaah mais quel accueil JAIME Merci tout le monde, ça fait chaud au cœur DE CEUX Je vous aime déjà tous ! Je vais essayer de vous faire aimer encore plus Shiloh, si c'est encore possible MIAOU

Et Aude, je vais tout faire, absolument touuuuut pour que tu ne sois pas déçue et qu'on joue un ship de fifou sur la base du lien déjà fifou que tu as établi CUTE :l:
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 22:02

MORGAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANE HAN HAN HAN HAN HAN HAN HAN HAN HAN HAN HAN HAN HAN mais wow. j'suis trop heureuse de te voir là tu sais ho c'te coïncidence donc baaaah, bienvenue coeur et puis sa t'as des questions chuilàààà HELLO coeur

(Ps : le titre OMG )
(Ps2 : Shiloh BAVE2 )
(Ps3 : bon bah voilà, on a récupéré une damn de rpgiste trop douée sur DC OMG )
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Mar 24 Mar - 22:45

BIBIIIIIIIIII I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you coeur  I love you

Pas si coïncidence que ça, tu sais ? J'ai trouvé le lien jusqu'ici sur ton profil skype et ma curiosité l'a emporté MIAOU Et chut avec ton PS3, j'vais rougir... BRILLE DE CEUX
Je t'aiiiiiime d'amour très grand JAIME JAIME JAIME
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Ven 27 Mar - 4:12

Bienvenue
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Ven 27 Mar - 4:38

Welcome à toi HELLO Ce vava, cette fiche, ce... TOUT CHOC
Une fois validé je viendrais quémander un lien moi MIAOU
Et amuses toi bien sur DC Smile
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif Ven 27 Mar - 13:59

bienvenue parmi nous LOVE
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Message(#) Sujet: Re: joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif

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joaquin + tu seras sadique, narcissique, voyeur, pervers, égocentrique, destructeur, dépressif, obsessionnel compulsif

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