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▹ AGE : Trente-et-un coups dans sa carcasse usée.
▹ APPART : #113/1er étage - avec Naimh, sa jeune soeur.
▹ TAF : Fleuriste/livreur dans la légalité. Participant assidu aux combats des bas-fonds du mauvais côté de la loi.
▹ DC : L'agent du FBI sous couverture (Lyam O'Neill), le guitariste Islandais au coeur arraché (Àsgeir Aylen) & la catin aux couleurs mensongères (Aaliya Abelson).



MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 9:51

Aisling « Ace » Ó Luain
I AM A WOUNDED WARRIOR, LOOKING FOR SOMEONE TO LET ME IN.



(NOM) Ó Luain. Descendant d’un guerrier. Orthographe gaélique à laquelle il tient particulièrement, parce qu’il s’agit du nom de sa mère qu'il a repris à sa majorité. Le O’Reilly paternel au placard, comme une distance de plus esquissée vis-à-vis des activités de sa famille, énième provocation envers le géniteur et l'aîné prodige, soi-disant fiers de leurs origines mais qui pourtant colorent leur faux papiers de ces versions anglicisées. (PRÉNOM) Aisling. Rêve, vision. Plutôt joli, n’est-ce pas ? Il y a de quoi. C’est un prénom féminin, parce que tout le monde s’attendait à une fille quand il a pointé le bout de son nez, et qu’en mémoire de la femme qui lui a donné la vie au sacrifice de la sienne, son père n’a pas voulu changer. Au fond, il n’y a que les Irlandais avec quelques notions de gaélique pour savoir, alors ça n’a jamais vraiment gêné Aisling, surtout parce qu’il s’agit de la seule chose concrète que sa mère lui a laissé et qu’il ne laisserait jamais rien ni personne bafouer cela. Il porte le prénom d'une fille et il vous emmerde. Mais il a l'habitude de se faire surnommer Ace, plus rapide, plus simple à prononcer aussi. (ÂGE) La trentième année fêtée il y a peu, en faisant danser sa sœur jusqu'à ce qu’elle en ait le tournis, et mal au pieds sur ses talons trop hauts pour compenser sa petite taille, pour se donner l'air un peu plus femme. Dans l'intimité de leur appartement, de leur petit refuge, ignorant jusqu'aux voisins trop bruyants et les quelques mécontents sous leurs pieds sautillant. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) Le 14 Juillet , à Chicago (Illinois). Il n’y est resté qu’à peine quelques jours, avant de retrouver l'immense New-York et ses quartiers populaires où leur petite famille nouvellement amputée vivait. (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) Même si ce n'était qu’un an, et pour un crime qu’il n'avait pas commis, la prison sur un CV, ça reste peu attrayant, pour ne pas dire que ça ne séduit personne. Ajoutez à cela qu’il ne peut y ajouter aucun diplôme... Mais sa gueule d’ange a fini par taper dans l’œil d’un fleuriste du Bronx peu regardant, qui en évaluant son sérieux et son contact avec la clientèle lors d’une (trop) longue période d’essai, a décidé de l’employer comme livreur et fleuriste, en échange de quelques faveurs (d’ordre personnel, dirons-nous) et d’un salaire pitoyable dont il avait besoin s’il ne voulait pas se retrouver à la rue, s'il désirait lui offrir de la stabilité loin de l'étreinte malfaisante de son père. C'est un pied dans la légalité rassurante, celle qui permet de faire bonne figure et de ne pas s'attirer d'ennuis. Et quand il parvient à occulter les mains sales qui profitent de sa situation délicate, il apprécie même ce petit boulot qui occupe pas mal ses journées tout en lui permettant de se rassasier de sa liberté retrouvée sur les routes New-Yorkaises. Rien ne vaut les sourires des dames et des jeunes demoiselles au cœur battant lorsque les bouquets se déploient entre ses bras -mais surtout celui de sa sœur, lorsqu'il vole une rose alors que l'autre est trop occupé à contempler le balancement de ses hanches plutôt de ses mains habiles. Il a également très vite repris ses habitudes au sein des combats illégaux de rue -ça permet de payer l'école de danse de sa seule famille (qu'était-il censé lui dire : Bravo, tu as réussi à entrer dans la Juilliard School mais je ne serai jamais capable de compléter ta bourse avec mes revenus miséreux, donc le rêve s'arrête là pour toi ? Plutôt crever.), puis il ne faut pas s'en cacher, il aime ça. Il adore ça. (NATIONALITÉ) Malheureusement seulement Américaine, même s’il désire ardemment obtenir la nationalité Irlandaise un jour. L’Irlande, la terre promise, les rêves qu’ils s'autorisent avec sa sœur en se rassasiant de documentaires, accompagnés en guise de pop corn d’une bonne glace Ben & Jerry’s (c'est pas Irlandais, mais c'est Fair Trade au moins). (ORIGINES) L’Irlande dans le sang, gravée sur la peau, empruntes incandescentes sur ses lèvres capables de déclamer des poèmes dans la langue de cette patrie de cœur, en attendant qu’elle ne devienne vraiment la sienne sur le papier. (STATUT CIVIL) Parti libre et indépendant. L’amour, il a déjà donné, un bout de son cœur pour toujours au creux de paumes qui se battaient pour la patrie, qui ont toujours privilégié le devoir à la loi du cœur. Le reste, c'est juste trop compliqué. Il n’a pas envie d’y réfléchir, encore moins de s’y risquer à nouveau -pour l'instant, le but est de faire profil bas et s’installer sans faire de vagues, alors il a d'autres chats à fouetter que sa vie sentimentale et sexuelle semblable aux grandes plaines de Sibérie. (ORIENTATION SEXUELLE) La question qui fâche, hein. C'était les femmes, les femmes et leurs courbes délicieuses, gourmandes sous ses lèvres curieuses d'éveiller les sensations, les femmes et leurs gémissements, leurs soupirs, leur jouissance, leurs cheveux s'entortillant autour de ses doigts et leurs ongles douloureusement plantés dans sa chair. Le plus bel oubli qui soit entre leurs cuisses entrouvertes, contre leur peau salée un peu parfumée, créatures de la plus belle et savoureuse des tentations. Puis il y a eu la prison. Les premières expériences loin d’être consenties, puis l’abdication pour moins souffrir, moins attirer l'attention aussi -baisse le regard et ferme-la. Jusqu’au dégoût, jusqu'à la nausée, jusqu'à la haine de soi quand son corps réagissait. Et il y eu lui. La tendresse dans ses gestes pour lui faire oublier la violence des coups de rein assénés contre le carrelage des douches communes, l’attention dans ses caresses qui respectaient ses limites et ses peurs en dépit du désir incandescent qui embrasait les yeux si sombres mêlés au siens. Les baisers plutôt que les coups, les murmures à la place des cris, les frôlements remplaçant les poignes qui contraignaient, qui le soumettaient. Finalement, Aisling ne sait plus vraiment. C’est trop chaotique, c’est trop confus. C’est trop hors de sa portée. Cela le rend malade de ne plus vibrer comme avant en captant le petit sourire craquant de la voisine d'en face, cela le terrorise de trop laisser ses regards trainer sur les gorges dont il embrasserait avec dévotion les pommes d'Adam. (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) Août 2016. (REPRISE DU PERSONNAGE) Nope, thanks. (GROUPE) De ceux qui vivent. (TYPE DE PERSO) Inventé. (CRÉDITS) AMIANTE (codes), photo de la danseuse par Alexander Yakovlev, Saez (Jeunesse lève-toi), Sia (Black and blue, Unstoppable), Kyo (Ce soir), Bring Me The Horizon (Go to hell, for heaven’s sake), hymne national Irlandais, Thirty Seconds to Mars (Night of the hunter, Escape, Hurricane, Alibi, From Yesterday), Devise des US Marines, Francis Cabrel (Dans chaque coeur), U2 (Where the streets have no name), Person of Interest, Archive (Fuck U), Kate Bush (Running up that hill), Cherry Ghost (People help the people), Devise non officielle des US Navy SEAL.


« My soul will find yours. »

(Quand et comment avez vous emménagé au Parking ?) Août 2016. Dans la chaleur oppressante, l'atmosphère trop lourde, Aisling et sa sœur ont traîné leurs valises et leurs carcasses jusqu'à leur nouveau chez-eux. C'est petit. Un peu vieillot. Toujours dans le Bronx (à croire qu’ils ne pourront jamais prétendre à autre chose). Aisling dort sur le canapé-lit pour laisser la chambre à sa frangine. Mais les loyers sont plus qu’avantageux et la concierge manifestement pas très regardante sur la provenance de l'argent. Alors ils finiront par s'adapter comme ils l’ont toujours fait, et faire de ces quelques cloisons leur repère bien à eux, où ils se sentiront à l’aise et en sécurité.

(Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ?) L'immeuble… Ils ont connu mieux. Bien pire aussi. C’est pas un cinq étoiles mais il a l’air de tenir sur ses fondations -c’est tout ce qu’il leur faut, au fond. Il est toujours plein de vie, le bruit ne cesse jamais vraiment de ricocher contre le béton, et cette absence de silence a quelque chose de rassurant. Quant au voisinage, le paysage est hétéroclite. Aisling y porte attention par principe de précaution, parce qu'il préfère se faire discret aussi, mais il sait que sa sœur sera bien plus aventureuse que lui, à grands coups de bonjour et de sourires rayonnants adressés aux voisins de palier. Il y a des Anglais pas loin (God save the queen) -l’accent, ça ne trompe pas. Un gars avec une patte en moins aussi, une mère célibataire qui se trimballe avec une AK rose (ça doit être joyeux à la maison). Un joyeux luron très tatoué dont la démarche paraît hachée, malaisée, mais le sourire semble toujours accroché aux lèvres. Deux hommes parfois accompagnés d’une petite bouille blonde à qui on aurait volontiers offert le ciel, un gentil géant qui laisse sur son passage des flagrances rappelant la liberté des grands espaces inviolés (ou la fumette, va savoir). Il y a même un pornographe. C’est divers, ça sent pas trop l'illégalité, mais surtout ça vit. (Il aime bien.)

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Il vient tout juste de poser des valises, donc c’est dur à dire. C’est l’homme qui vit avec cette jeune danseuse, que l’on croise souvent avec un bouquet de fleurs ou une rose dans les mains, parfois des hématomes colorant sa mâchoire. Relativement discret mais il a cet air avenant et pourtant ce regard qui glace, tout en contraste avec sa sœur aux traits solaires et d’une bonne humeur à toute épreuve.

(NAIMH - J’IRAI BRÛLER LES FEUX, NOYER VOS FLEUVES, CREVER MES YEUX, J’IRAI GRAVER SON NOM, CHANGER LES SAISONS SI ELLE LE VEUT) Aisling n’avait que sept ans (presque huit) quand il est tombé pour ces perles grises, cette petite bouille d'ange née d’une union éphémère entre son père et une étrangère. Elle gazouillait là, dans les bras de cette femme qui ne demandait rien de plus qu’un peu d’aide pour subsister, pouvoir offrir quelque chose à son enfant, quelque chose d’autre que la crasse des bas-fonds. Les rumeurs se sont répandues comme une traînée de poudre au sujet de celle qui était considérée comme une bâtarde -à peine née et déjà enfermée dans un carcan. Mais Aisling n’a pas entendu le refus de son père de reconnaître cette gosse illégitime, une moitié d’Irlandaise conçue dans un moment d'égarement. Il n’a pas vu le mépris teinté d’un profond dégoût se dessiner ce jour-là sur les lèvres de son aîné -il existait donc un être que ce dernier détestait plus que son cadet pour avoir commis la simple erreur d'exister, triste miracle, vraiment. Il n’a pas compris lorsque la jolie jeune femme a été jetée dehors, insultée, menacée, les billets crachés sur son visage comme promesse de silence. Il avait une sœur. Une famille. Même si elle ne partageait que la moitié de son sang, il n’y avait aucune accusation dans ce regard innocent qui le scrutait avec des rires au bord des cils, aucun mépris, aucune indifférence. Il existait dans ces prunelles gris anthracite. Et avec toute sa naïveté d’enfant, il s'était promis de les protéger. Après tout, c'était la famille avant tout le reste -et elle était bien plus la sienne que son propre père qui ne pouvait pas même le regarder, que son propre frère dont il essuyait les brimades injustes depuis des années. Il s'était fait le serment de protéger ce petit cœur. Et ce serment avait pris du poids avec l'âge. Jusqu'à devenir ligne directrice de sa vie. Sa sœur et lui, et le reste du monde pouvait bien crever autour. Qu’ils brûlent tous si cela la gardait intacte, en sécurité. À l’abri des chaînes dont lui ne pouvait se débarrasser. Elle avait grandi loin de l’influence néfaste de leur nid infesté par le crime, elle s'était épanouie au contact d’une mère aimante qui avec le temps était presque devenue celle d’Aisling, tant il avait passé de temps avec elles deux, s'éclipsant des heures quand son père était trop occupé ailleurs, à ses magouilles illégales, à plonger toujours un peu l’aîné dans la saumure familiale. Petit, il volait quelques billets sales, prenait la tangente, disparaissait dans les rues qu’il avait appris à connaître par cœur à force de les parcourir accompagné d’une clique de petits Irlandais qui pensaient faire la loi, pour rejoindre l'immense immeuble où habitaient celles qui allaient devenir les deux femmes de sa vie, espérant innocemment que ce simple geste lui permettrait de rester un peu, tenter de faire raisonner le rire carillon de sa petite sœur, qu’il pourrait encore s’asseoir à côté de son berceau en contemplant sa mère qui tentait des pirouettes artistiques dans cet espace minuscule qu'était leur appartement -bien plus cosy et chaleureux que celui où Aisling vivait, grand, impersonnel. En grandissant, il se fit plus discret encore et ramena l’argent qu’il gagnait lui-même grâce à de petits services légaux (ou non) rendus aux matriarches de leur communauté (il leur avait toujours plu, avec son air plus Irlandais que les autres, ses belles manières, sa politesse héritée d’ailleurs), quand ce n'était pas un cadeau, de la nourriture, des objets utiles -comme un petit rituel qu’il n’avait jamais brisé, en dépit des protestations de la mère de Naimh. Faire partie de leur vie n'avait pas de prix à ses yeux. • (CINÁED – GO TO HELL FOR HEAVEN’S SAKE) L’aîné. Tous deux élevés dans des préceptes au cœur desquels la famille tient la place principale, centrale, ils ne se sont pourtant jamais entendus. Cináed a toujours considéré son frère comme responsable de la mort de leur mère –et l’indifférence du paternel envers le cadet n’a certainement pas apaisé cette rancœur. Le rejet né d’une profonde blessure s’est cultivé en haine au fil des années, s’est teinté de mépris et de dégoût. Combien de fois les trop jeunes oreilles d’Aisling ont dû subir les accusations injustes de celui qui aurait dû être son guide, son exemple, à tel point qu’il a fini par croire ses mots et que la culpabilité finisse par prendre le dessus ? Combien de fois les gestes ont-ils dépassé les cris alors que le cadet finissait par réagir sous les brimades quotidiennes en prenant de l’âge et de l’assurance (fragile), alors qu’il se contentait jusque-là de courber l'échine, de s'écraser devant son aîné de tout juste trois ans ? Combien de fois en sont-ils directement venus à se battre alors qu’ils entraient tous deux dans la période chaotique de l’adolescence ? La haine a fini par susciter la haine. Aisling a arrêté de chercher un moyen, comme il le faisait étant très jeune, pour obtenir autre chose qu’un regard dur, des mots tranchants de la part de son frère ou bien l’ignorance totale par moments. Et il s’est mis à le mépriser comme ce dernier le faisait pour lui. Le mépriser pour ce moule de l'héritier parfait auquel l’autre se soumettait sans même réfléchir. Le mépriser pour son comportement déplorable vis-à-vis des plus faibles parce qu’il se savait en haut de la chaîne alimentaire. Le mépriser pour cette haine stupide et injustifiée qui n'avait jamais muri, s'était juste enflammée jusqu'à devenir feu dévorant au sein des entrailles. Le mépriser pour la façon dont il rejetait un enfant qui partageait la moitié de son sang sans même un regard, juste parce qu’elle était le fruit d’un échec, d’une erreur de parcours. Ils s’attaquent bien plus qu’ils ne se parlent, et trois quart du temps, l'échange se finit avec les poings. • (AMHRÁN NA BHFIANN) Ah, l’Irlande. La mère patrie. Celle qu’il porte si bien dans son nom et son sang. Celle qu’il a toujours honoré à travers l'apprentissage de sa langue, de son histoire. Celle qui a régi son éducation, jusqu'à habiter son accent. Celle qui l’a protégé, sauvé aussi, sans aucun doute, lorsqu’il s’est retrouvé enfermé. Celle qui hante ses rêves de liberté -et pas seulement les siens. Mais ceux qu’il partage avec sa sœur, ceux qu'ils dessinent les soirs d’hiver dans l'intimité de leur tout petit salon, ceux qui les font rire parfois tant ils annihilent la réalité et l’envoient littéralement balader, ceux qu’ils conservent précieusement dans leurs promesses de ne jamais s'abandonner. La terre qu’ils rejoindront un jour, pour tous leurs espoirs d’ailleurs et de liberté qu’elle incarne à leurs yeux fatigués, à leurs cœurs éprouvés. La terre qu’ils continuent de rêver, en attendant d'être dignes de lui appartenir. • (PLEASURE TO MEET YOU BUT BETTER TO BLEED) Au début, c'était juste quelques cours de boxe pris entre copains, sous les encouragements de leurs pères respectifs -pour les rendre plus virils et leur apprendre la vie. À dix ans. (Ces vieux fous.) Ensuite, c’est devenu les chamailleries entre potes, les petits combats organisés en bande pour le fun, histoire de s'entraîner, de se mesurer, de savoir qui dominerait les autres -parce que la hiérarchie de la famille s'effaçait sous les nouvelles lois qu’ils établissaient. Mais Aisling était bon. Très bon. Trop, peut-être. Un défi lancé en l’air au détour d’une soirée, l'égo du jeune homme piqué et le premier véritable combat engagé, avec les adultes, au sein du cercle fermé de la mafia, avec ceux qui ne riaient plus mais voulaient voir des poings fracasser les mâchoires, des hommes écraser des hommes. Les premiers billets ont récompensé ses phalanges douloureuses et son adresse à mettre l’autre à terre, lui faire manger le bitume. Et ça ne s’est jamais arrêté. Les combats illégaux sont devenus son gagne-pain, son terrain de jeu, sa façon à lui de prouver sa force et de leur conseiller de ne pas venir le chercher quand il a mis les voiles. Les combats illégaux, c’est ce qui lui est resté, même parti avec sa sœur pour s’arracher à l'emprise de la mafia, de sa famille. Les combats illégaux, c’est sa seule dose de crime alors qu’il s'était promis de ne jamais être ainsi, c’est ce qui continue de le rattacher à tout ce qu’il a tenté de laisser derrière lui en s’émancipant, c’est la preuve que finalement, il n'est pas bien différent du reste du troupeau. Et s’il fait aussi cela pour l'argent, il y a une raison beaucoup moins avouable derrière cette addiction terrible. Il y a pris goût. Il aime ça. Il adore ça. Même quand les bleus s’accumulent, même quand ses côtes lui font mal, même quand il tombe sur plus fort que lui, même quand il fait un doigt d’honneur à ceux qui parient et tentent de s’arranger avec lui pour qu’il se couche au bon moment -parce qu’il ne se couche pas, pas sans se battre, jusqu'à la dernière parcelle d’énergie épuisée (trop fier pour se rabaisser à ça). Il n’y a rien de plus jouissif et libérateur que ses phalanges s'éclatant contre la peau, que ses muscles ployant sous l’effort et l’instinct de survie. Il est libre. Libre et invincible. • (ISAAC - SEMPER FIDELIS) Ce n'était qu’une histoire de regards. Rencontre fortuite au sein d’un bar bien peuplé, alors qu'Aisling “célébrait” sa liberté retrouvée avec quelques amis et que celui qui était alors un inconnu se trouvait entouré de compagnons bien bruyants levant leurs verres à leur permission. Ce n'était qu’un effleurement fugace, que pourtant Aisling rechercha à nouveau, comme pour provoquer le hasard et la chance. Sauf qu’il ne fut pas le seul. Leurs iris s’accrochèrent, se séparèrent, se cherchèrent à nouveau, dans une danse troublante mais magnétique, par-dessus les épaules des compagnons de fortune, en delà d’un verre empli d’alcool levé vers le plafond, entre deux silhouettes anonymes qui évoluaient sur la piste de danse improvisée. Un jeu de regards qui a pris fin en tête à tête, lorsque les heures écoulées ont emporté leurs amis respectifs, et avec eux la plupart des fêtards. Un échange presque timide, un peu maladroit, certainement intimidant, et pourtant les coups d’œil brûlants, trop francs pour ne pas distiller cette tension électrique dans l’air qu’ils partageaient, au creux des premiers sourires esquissés, des premières découvertes amorcées. Un échange de numéros qui a conduit à d’autres rencontres dans ce même bar à l’ambiance familiale et chaleureuse, ces rencontres qui ont dessiné tendrement les premières esquisses d’un rapprochement, d’une entente réelle, sincère. Les prémices d’une touchante complicité, en dépit des ombres qui persistaient. Cette danse troublante mais si délicieuse qui a duré trois mois, avant que le militaire ne soit déployé à nouveau. Le premier baiser échangé avant ce départ, à l’abri des regards, qui s’est par la suite caché derrière tant de lettres écrites, tant de mots échangés sur le papier plutôt qu’à vive voix –plus rassurant, plus authentique aussi, en un sens. Une relation qui s’est construite au fil des permissions et des départs toujours douloureux du Marine, dans l’intimité du secret –car finalement, aucun d’eux n’assumaient. Pour finalement prendre fin juste avant un énième déploiement du militaire, lorsque ce dernier a dit vouloir une famille –rentrer dans les codes stables et rassurants, avoir une femme, des enfants. Parce que ce qu’ils partageaient étaient à la fois si fort, si intense, mais trop hors du temps, parce qu’ils ne pouvaient vivre cachés, parce qu’il y avait bien trop d’ombres qui persistaient en dépit de la tendre passion des retrouvailles. Parce qu’aucun d’eux n’était finalement prêt. • (DANS CHAQUE COEUR, IL Y A UN PRINTEMPS CACHÉ) Un rêveur qui s’ignore et se cache dans ce cœur trop froid, atrophié. Pourtant, des rêves, Aisling en a plein. Des vieux, usés par le temps, semblables aux pages jaunies et cornées d’un livre ancien -parmi eux les chaussons qu’il n’a jamais chaussé, par peur, par pudeur, parce qu’il est trop tard à présent pour encore espérer quelque chose. Des modestes, nés dans les petits éclats du quotidien qu’il chérit et cultive avec attention, parce qu'ils sont trop rares, trop éphémères aussi. Des inavouables, qui l’autoriseraient à effleurer un bonheur trop grand, trop fort, trop terrifiant. Des égoïstes, étouffés d’une main ferme et impitoyable. Mais surtout des altruistes. Pour sa sœur, des tonnes et des tonnes de songes en couleur. Pour toutes ces âmes auxquelles la sienne s’est attachée à sa façon. La saveur du bonheur pour le militaire qui a tiré à bout portant dans son cœur. Un petit job honnête qui sortira ce vieux sdf à l'accordéon de la rue. Un peu de magie dans les prunelles céruléennes -la sœur et le frère, indifféremment. Un soupçon d'espoir et d’amour pour l'âme trop épuisée de Brunette. Une meilleure raison de lever les poings pour Gabriel. Une arme contre ses propres démons pour Elinor. Un léger répit de la maladie pour Franz. Autant de rêves qu’il préserve et enferme au fond de lui, là où personne ne viendra les ternir ou les lui arracher. Là où il pourra les oublier un moment, avant de les ressortir quand tous ont le dos tourné. • (WHERE THE STREETS HAVE NO NAME) Les rues du Bronx, c'était plus qu’un terrain de jeu énorme sur le territoire Irlandais, là où il ne craignait rien, où personne n’aurait osé mal le regarder. C’était un refuge. Un refuge loin du frère, loin de l’absence du père, c'était aussi la terre de l'obscurité, des activités mafieuses dont les toiles se déployaient partout où il allait. L'illégalité dans laquelle il baignait au quotidien, sans même parfois s'en rendre compte tant elle apparaissait normale, banale. La rue, c'était l'endroit où se cacher, c'était le bitume qui défilait sous ses pieds quand les sirènes hurlantes chantaient au loin. Mais la rue, c'était aussi la maison de ceux qui n'ont rien et qui pourtant donnent tellement, sans même parfois s’en rendre compte, dans l'humilité de leur condition. C'était le sans-abri qui offre un bout de pain à un gamin pour lui remonter le moral, alors qu’il crève déjà de faim. C'était la prostituée qui râle gentiment en les poussant à rentrer chez eux d’une voix autoritaire pour qu’ils évitent les ennuis que la nuit amène. C'était la vieille Irlandaise toute fripée qui contait des histoires et racontait son pays comme jamais personne ne l’aurait fait. C'était toutes ces âmes écorchées, abîmées, à côté desquelles il a préféré faire un bout de chemin plutôt que les rabaisser, les écraser du pouvoir que son patronyme lui procurait dans ces rues où eux n'étaient que tolérés. • (ONCE YOU GO DOWN THAT ROAD, THERE IS NO LOOKING BACK) Lorsque les ricanements ont accompagné l’arrivée de son deuxième adversaire, Aisling n’a pas daigné faire plus attention qu’à son habitude. Jeté dans la fosse au lion, le nouveau s’est redressé pour lui faire face, plus âgé, plus musclé aussi, et visiblement pas très consentant à l’idée se retrouver impliqué dans un combat. Encore un curieux qui avait un peu trop trainé au mauvais endroit, petite bête trop curieuse, trop aventureuse prise au piège dans la toile gigantesque d’une araignée venimeuse. L’Irlandais n’a pas flanché, n’a pas cillé. L’autre ne serait ni le premier, ni le dernier. Il rentrerait chez lui avec une côte fêlée au pire, une constellation d’hématomes, et l’envie certaine de ne plus jamais se préoccuper des affaires des autres. Mais il avait une manière d’évoluer dans l’espace qui avait une saveur familière sur les papilles d’Aisling. Et il n’était certainement pas à prendre à la légère, alors qu’il cherchait à le déstabiliser en attaquant le premier. Le combat s’est engagé, mouvementé, chacun luttant pour avoir le dessus, l’habilité de l’un compensant la force brute de l’autre, l’expérience des rues contre l’expérience du combat seule. Un mouvement mal calculé, l’équilibre de l’engrenage qui vacille et leurs deux corps qui se fracassent l’un contre l’autre, s’éclatent sur le béton. Au milieu de la douleur, l’objet trop dur qui imprime sa forme sur la hanche de l’Irlandais, qu’il dissimule d’une main habile au vol dans les plis de ses vêtements avant de repousser son assaillant dans une panique palpable, les instincts de survie embrasés par les étincelles d’un traumatisme encore très présent dans son esprit. Et finalement la lutte qui se solde par sa victoire –l’autre bien trop engoncé dans ses habitudes de combattre moins salement. Il gagne naturellement le droit de trainer le vaincu jusqu’à la sortie pour lui conseiller gentiment de ne jamais revenir. Mais il y a juste le silence qui les écrase dans la nuit noire, perturbé par leurs respirations affolées par l’effort et la douleur, leurs regards qui s’affrontent. Et le badge subtilisé qui rebondit sur le bitume. • (I KNOW WHAT IT TAKES TO FOOL THIS TOWN) Les rêves de liberté, c’est toujours très joli dans la tête, dans les cœurs. Ça enivre mais ça se casse salement la gueule face à la réalité. Et cette réalité, Aisling n’en avait que trop conscience. On ne quittait pas la mafia. On ne la laissait pas derrière. De même qu’il n’aurait pu renier son sang, ses origines, il ne pouvait s’affranchir complètement de ses chaînes. Mais il continue de lutter. Par principe. Parce qu’il n’y a que ça à faire. Mais surtout pour que jamais ils n’aient Naimh en ligne de mire -quitte à ce qu’ils mettent la main sur quelqu’un, ce serait lui, jamais elle. Et il sait qu’au fond, ils n’auraient pas à batailler longtemps pour les retrouver dans ces taudis qu’ils ont enchainés comme on enfile des perles sur un collier. Ce n’est pas pour autant qu’il leur a rendu la tâche facile. Il était né de ces rues, il était né dans cet immense engrenage qu’est la mafia. Il connaissait les fissures dans la machinerie, les accrocs dans les frottements entre les pièces. Et il n’a pas hésité à les exploiter. C'était les quelques amitiés qu’il avait noué malgré tout au fil des années, c'était les combines jamais très légales mais efficaces pour effacer leurs traces, pour disparaître des radars un temps. Et c'était les sacrifices à faire à chaque fois qu’ils bougeaient, c'était repartir et recommencer, en constante fuite. Sans pour autant parvenir à s'éloigner. Sans pour autant se résoudre à tout quitter. • (MA RELIGION DANS SON REGARD) Ces yeux gris perle, il se serait saigné pour eux. Sans la moindre hésitation. Parce qu’ils ne méritaient rien d'autre que le bonheur et la joie de vivre, la liberté. Alors quand il l’a récupérée après la prison, quand il a enfin pu la serrer dans ses bras et qu’elle lui a annoncé avec fierté qu’elle avait réussi les auditions pour la Julliard, Aisling n’a pas cillé. Il s’est contenté de partager sa joie, de la féliciter pour cet exploit fruit de tant de travail et de sacrifices, puis il a vu les lueurs timides des rêves qui embrasaient ses yeux, et il n’a pas hésité. Il n’a pas hésité à accepter ce travail de fleuriste sous-payé, le seul job qu’on avait bien voulu lui offrir –en réalité, le seul où on l’avait accepté, et comme il avait pu chercher…-, et qui au moins leur offrirait les revenus nécessaires pour vivre. Même si cela signifiait supporter les mains baladeuses, même si cela lui imposait de courber l'échine et se mettre à genoux, encore une fois. Il n’a pas hésité à solliciter ses contacts pour s’engager dans plus de combats. Même si cela signifiait remettre véritablement un pied dans l’illégalité, même si cela lui imposait de renouer avec ceux qu’il avait cherché à fuir toute sa vie -c'était la dernière fois, s'était-il promis, comme celle d’avant, et comme celle encore d’avant celle-ci. Mais il aurait l’argent. Il serait capable de lui offrir sa chance, de ne pas faire de la question financière un frein à ses rêves d’Opéra au son du Lac des Cygnes. Parce que son sourire, lorsqu’elle dansait, valait bien ces quelques sacrifices mineurs. Après tout, qu’on le baise ou le cogne, ce n'était qu’un corps. • (WHEN YOU LOOK AT YOURSELF, DO YOU SEE WHAT I SEE ?) La corruption. Le vol. Les enlèvements. Les meurtres. Le proxénétisme. La drogue. Et il en oublie encore. Parce qu’il y en a tant. Le crime sous toutes ses formes dans les diverses branches de la mafia Irlandaise, pour générer l’argent, le pouvoir, la prospérité de la communauté. Aisling savait voler l'épicier du coin avant même de savoir compter jusqu’à cent. Les prostitués, il les croisait à chaque retour de l'école, puis des combats, quand la nuit tombait sur New-York, à juste trois pas de son immeuble. Les dealers, il les voyait de loin officiant dans les ombres à chaque fois qu’il sortait de l'appartement familial -quand ce n'était dans le salon, en train de refaire leur stock comme s’il s'agissait de jouer à Tetris pour rentrer le plus de sachet de coke dans leurs fausses valises d’entrepreneurs de rêves et de réalités faussées. L’argent sale, il l’a tant de fois touché qu’il ne sait même plus faire la différence. Les cris qui résonnaient parfois, quelques appartements plus loin, un ou deux étages plus bas. Et le costard des beaux jours dont son paternel se paraît pour séduire ses cibles, mieux les amadouer pour ensuite refermer ses griffes venimeuses sur eux. Et il ne voyait que ça. Il ne les voyait que comme ça. Rois de leur petit monde, écrasant tous ceux qui osaient se trouver sur leur chemin, profitant de la détresse des un, des espoirs massacrés des autres, de l’instinct de survie qui poussait à tout accepter. Se croyant invincibles, intouchables. Et comme il pouvait les haïr pour ça, et comme ils le dégoutaient au point d’en vomir. Rois de tout, mais surtout rois de rien à ses yeux. L’argent pour seul moteur. Le pouvoir pour unique but à atteindre. Et les autres pouvaient bien crever, et tant pis si les moyens utilisés faisaient des dégâts. Après tout, les autres n'étaient rien. Rien de plus que de simples dommages collatéraux dans leur ascension. • (TIME TO ESCAPE THE CLUTCHES OF A NAME) Aisling n’avait que vingt ans lorsque la mère de Naimh est morte. Sa jeune sœur, tout juste douze. Mauvais jour au mauvais endroit, une balle perdue dans une histoire règlements de compte entre les Russes et les Irlandais –les rues parfois meurtrières. C’est la première fois qu’Aisling a élevé la voix à la maison. Lui si discret d’ordinaire, qui avait appris à se complaire dans l'indifférence d’un père, la haine d’un frère, jusqu'à se faire oublier en dépit de son chemin qui déviait de la voie familiale, jusqu'à ne plus vraiment exister pour eux. Il a pris son paternel à part et il a négocié. Il a négocié comme son père lui-même l’aurait fait pour obtenir ce qu’il désirait -les menaces en moins, parce que cela restait la famille et qu’il n'occupait pas une place idéale, loin de là, à fomenter sa mutinerie sous leurs regards aveugles. Ce qu’il a promis ce jour-là, sur l’honneur, sur son sang, il l’a gardé pour lui -il y pense encore, parfois, mais refuse de se laisser envahir par l'angoisse à l'idée de ce jour qui viendra fatalement. Et son père a accepté. Non pas céder. Accepter. Comme il l'aurait fait un signant un contrat. Il a reconnu Naimh, la jeune fille a évité les services sociaux, les foyers. Mais elle s’est retrouvée dans leur monde. Et ça, ce n'était pas une solution envisageable. Encore moins durable. Alors Aisling a lâché ses cours du soir à l'Université, qu’il parvenait à payer grâce à un salaire et ses combats de rue. Il a accumulé les boulots à travers divers contacts de son père, il s'est perdu plus souvent dans les sous-sols pour faire mordre le bitume à d’autres que lui. Il a tout mis de côté, méticuleusement, s’est débarrassé des choses dont il n’avait plus l'utilité, et il a volé un peu, aussi. Puis la majorité est arrivée. L'émancipation. Il a pris sa sœur par la main. Et il est parti. Même si en fin de compte, qu’importe son acharnement à vouloir leur échapper, il continue de revenir se jeter dans leur étreinte meurtrière. On ne l’a pas retenu. Sûrement parce qu’ils savaient, au fond. Ils savaient qu’il leur reviendrait, de lui-même, bon gré mal gré, et que leur victoire sur lui n’en serait alors que plus délicieuse. • (NO MATTER HOW MANY BREATH THAT YOU TOOK, YOU STILL COULDN’T BREATHE) Un an ferme. 365 jours, s’il se conduisait bien. La sentence prononcée par le juge tombe, irrévocable, l’avocat commis d’office qui baisse les bras. Un an, c’est long. C’est terriblement long pour un crime qu’il n’a pas commis, de la drogue qu’il n’a jamais touchée, de l’argent dont il n’a jamais senti l’odeur –vendu, piégé par son frère pour sauver sa peau. L’héritier de l’empire avant le reste, même son propre sang. Oh, ça aurait pu se passer… sans réels heurts. Mais la gueule d’ange d’Aisling a trop plu, fait frétiller bien plus que les envies, alors que la chair fraîche était jetée en pâture. Ses poings ont répondu aux avances puis aux coups, parce qu’on l’avait déjà privé de sa liberté, de sa seule famille, et qu’il était hors de question qu’il perde autre chose encore dans la bataille. Ces inconnus n’étaient ni son père, ni son frère qu’il avait si bien su abreuver de ses silences, et Aisling n’était pas d’un naturel à courber l’échine et accepter l’inévitable. Mais sa soif de survie, de rester digne et intouchable a fini par lasser, puis fracasser les égos des mauvaises personnes. Il était peut-être capable d’imposer la distance à un ou deux hommes à la fois, mais à cinq, c’était tout bonnement impossible. Et ils ont fini par obtenir ce qu’ils voulaient, dans l’humiliation et la honte, dans la soumission qu’ils ont gravé à même sa chair, jusque dans sa cellule. Ce combat inéquitable, gagné d’avance, qui ne trouvait sa fin que lorsque ses poings aux phalanges défoncées finissaient par agripper n’importe quoi pour l’aider à endurer. Jusqu’au jour où son compagnon de cellule s’est fait gentiment dégagé par un taulard plus vieux, enfermé depuis bien plus longtemps aussi. Qui s’est révélé être aussi Irlandais qu’Aisling, et de la famille. Une aide qui le liait encore un peu plus à la mafia, qu’il a décidé de refuser dans les premières minutes… mais qu’il a fini par accepter quand même. Pour essayer de sauver ses derniers lambeaux de dignité, parce que cette protection-là le mènerait jusqu’à la fin de sa peine, sans que plus personne n’ose jamais l’approcher à moins d’un mètre. • (CELSO – SEE HOW DEEP THE BULLET LIES) Une rencontre fortuite à l’orée d’une synagogue, un Dimanche où Aisling aurait dû suivre la tradition familial en allant à la messe, il y a une dizaine d’années. Lui qui était venu là dans le but certain d’affirmer sa différence et d’emmerder son père (c’était bien le seul moment où il le regardait vraiment tiens) et son frère surtout, qui l’avait toujours trainé derrière lui sans lui laisser le choix (peut-être que c’était puéril et loin d’être mature pour un jeune homme de vingt ans, mais il n’en avait rien à faire) , il s’est trouvé soudainement tout petit devant cette imposante bâtisse. Intimidé presque, n’osant pas entrer comme si sa présence allait souiller les croyances qui imprégnaient l’air, son intérêt premier entièrement converti par l’aura qui entourait ce lieu sacré en une curiosité innocente, respectueuse. Pas parce qu’il croyait en Dieu (ou qu’importe son nom) –il n’avait jamais été pieux, juste contraint de faire montre de ses connaissances sur la religion qu’on avait choisi pour lui. Mais parce que cet endroit respirait quelque chose de beau, à la fois paisible et poignant –peut-être aussi parce que cela avait la saveur enivrante de la liberté, des chaînes brisées sur sa langue. Et à force de s’approcher sans oser franchir le pas, reculer puis revenir comme irrésistiblement attiré, observer à la dérobée avant de feindre l’indifférence, son manège étrange a fini par être remarqué. Un homme au regard de glace derrière des verres de lunettes, le visage marqué par la vie entouré de jolies boucles foncées, manifestement intrigué par son attitude peu conventionnelle (voire inquiétante). Ce croyant qui lui a par la suite appris la beauté et la complexité de son culte, en répondant à ses questions toujours plus nombreuses (insatiables de cette voix profonde qui perçait d’un tel dévouement), en lui contant sa religion, en réussissant à lui faire franchir le pas de la porte plusieurs fois pour le guider dans les bras de ce monde qu’il découvrait tout en délicatesse. Cet être qui est parvenu à accrocher son cœur, qui est devenu un ami avec le temps, leurs conversations et leurs moments ensemble qu’Aisling gardait précieusement pour lui, qu’il préservait avec attention dans les ombres de sa vie pour ne pas le salir avec le reste, avec tout ce qu’il trainait derrière lui. Et aussi celui vers lequel se dirigeaient ses pensées lorsque ses yeux s’égaraient sur les écritures sacrées, alors que son esprit voyageait au-delà des barreaux qui tenaient son corps en laisse. Celso. Celso, dont le quotidien l’usait, l’abîmait un peu plus, nuit après nuit passées entre les mains d’étrangers. Celso au cœur trop épuisé, cicatrices apposées par un amour qui n’avait jamais réellement eu la chance d’éclore complètement, par un abandon terrible. Celso, le premier qu’Aisling a cherché à retrouver en sortant de prison, en dehors de sa chère sœur. • (GABRIEL – TO BATTLE IS THE ONLY WAY WE FEEL ALIVE) Une rencontre hasardeuse, le gamin un peu éméché qui cherche ses poings et a fini invariablement par les trouver. Pas de règles, pas de public pour ce combat-là, pas d’argent non plus en jeu, alors qu’ils se déchainaient dans les rues sales, à l’abri des regards. Il y avait la brûlure de la rage dans ces yeux-là, l’envie de se détruire qui perçait dans ses mots provocants, le désir de se faire mal dans les coups trop fébriles, pas assez précis, désordonnés. Quelque chose qui faisait dangereusement écho en Aisling, cet état de perdition qui finit dans la danse violente des corps qui se heurtent pour se blesser. Et un quelque chose qui faisait de ce gamin au prénom d’ange un adversaire définitivement intéressant, alors qu’ils peinaient à savoir qui s’inclinerait en premier, qu’importe le nombre de fois où ils ont pu se retrouver –et l’Irlandais s’arrangeait toujours pour croiser sa route quand il le pouvait, apprenant petit à petit les habitudes du gosse, comme pour lui éviter les heurts frontaux avec d’autres qui n’allaient certainement pas hésiter à l’écraser plutôt que se délecter du plaisir de la lutte (pas besoin d’un doctorat en psychologie pour finalement comprendre que Gabriel noyait un cœur qui souffrait et des pensées certainement bien noires dans la violence, pas quand lui faisait quelque chose de similaire). Puis un soir, le conseil a fusé tout seul hors des lèvres d’Aisling, pour recadrer une habitude maladroite à baisser sa garde au mauvais moment. Leurs retrouvailles se sont parées d’une dimension implicite –ce n’était plus vraiment un combat pour vaincre, et les paroles ont fini par se faire un vrai chemin entre les poings. Pour partager autre chose que la douleur physique, un peu plus d’eux-mêmes. • (ORESTE – PEOPLE HELP THE PEOPLE) Des prunelles céruléennes croisées au détour d’une ruelle, intrigantes. Deux nouvelles silhouettes parmi les habitués de la vie dans la rue, à à peine quelques immeubles de chez lui, des habitués qu’Aisling avait fini par connaître à force d’échanger quelques mots avec une cigarette. Trop d’innocence à la surface des grands lacs glacés, qui ont scintillé comme l’océan étincelant sous la caresse des rayons du Soleil lorsqu’il leur a tendu la main –la première fois d’une longue série, même quand il a fini par déménager ailleurs (de toutes façons, sa sœur et lui ne restaient pas souvent plus de six mois au même endroit). Ce n’était pas grand-chose, ils n’étaient pas non plus les premiers pour Aisling, loin de là –mais jamais il ne s’était senti aussi proche de ces deux jumeaux qui luttaient à deux pour exister, pour vivre (comme lui et sa sœur), et au fond, c’était peut-être aussi cela qui l’avait tant touché, qui l’avait aussi poussé à partager un peu plus. Quelques trucs à manger quand il passait par là (bon, ce n’était qu’un prétexte finalement, et alors ?) pour une petite discussion légère, éprouver encore cette humanité dans ces yeux trop bleus et leur montrer qu’ils n’étaient pas invisibles, des conseils pour éviter les monstres qui se tapissaient dans les ombres, une couverture et deux polaires chaudes lorsque les températures plongeaient dans les négatifs. Ça ne lui coûtait rien, c’était si peu au fond, mais si cela les aidait au moins un peu… Puis les griffes de la justice ont arraché Aisling au bitume familier, et il ne les a plus jamais revus, ces deux reflets de ce que sa sœur et lui auraient pu être. • (ELINOR – THE ONLY EASY DAY WAS YESTERDAY) Trois coups fermes contre la porte, et son regard qui se heurte à cette femme si belle, si digne, qui respire la droiture, la confiance en soi. Une totale inconnue qui transporte un carton empli d’enveloppes –des enveloppes qu’il ne tarde guère à reconnaître, parce qu’elles sont marquées de sa calligraphie irrégulière, si imparfaite. Cette inconnue qui n’en est finalement pas une, parce qu’elle porte avec elle les dernières preuves de la relation sans nom qui l’a un jour uni à Isaac, celle dont il tente maladroitement de faire le deuil. Alors il finit par la faire entrer dans de petit coin paisible qu’il a lentement édifié avec sa jeune sœur, cette dernière messagère qui ressemble un peu trop fortement à une lettre d’adieu, dont les paroles ont la saveur d’un au-revoir définitif, alors qu’elle coupe de ses mots le dernier lien qui persistait entre son Marine et lui –ces pensées éternellement gravées sur le papier, mais malheureusement éphémères dans les cœurs. • (THE CRACKS IN YOUR SMILE) Le sourire se fatigue, se fissure. Inexorablement. Comme s’il s’usait avec le temps, érodé par les aléas de l’existence, les tempêtes à répétition qu’il se doit d’affronter sans jamais s’affaisser, sans jamais s’effondrer. Mais il reste arme fatale, létale. Il l’était face aux femmes, il y a des années (avant la prison), lorsque Aisling se plaisait à séduire sans jamais promettre plus qu’une nuit ou deux, juste pour offrir un peu de lui, cueillir le plaisir dans celui de l’autre, savourer l’oubli comme les lèvres et les soupirs qu’il vénérait presque religieusement. Il l’est encore aujourd’hui, alors qu’il en use et en abuse pour faire céder les résistances des hommes et des femmes, pour embraser les cœurs, les corps, et obtenir ce qu’il désire –un service, un engagement, une parole sur l’honneur- sans pour autant ne jamais prendre le temps d’apaiser les flammes, fumée qui se faufile toujours entre les doigts qui se consument pour lui et dont il ne pourrait certainement plus supporter le toucher parce que le contact trop franc est devenue une bataille de tous les instants et qu’un tel corps-à-corps nécessite une confiance qu’il ne sait plus comment offrir, à laquelle ceux qui résonnent comme étant des inconnus à son cœur ne pourraient jamais prétendre. • (FRANZ - ON HIS FACE IS A MAP OF THE WORLD) Se faire aborder dans la rue, c’est une chose. Par un peintre en fauteuil roulant qui clame haut et fort qu’il désire absolument vous peindre, c’est totalement autre chose. Intrigué mais définitivement prudent (d’accord, le gars était en fauteuil, et alors, se faire passer pour un infirme était un très bon moyen de faire baisser la garde), il a fini par accepter de le suivre, sa curiosité naturelle intensément mise à mal par cet étrange personnage à l’accent lointain et au visage si fermé, dont les yeux s’enflammaient littéralement quand il parlait de son art. Il s’est laissé prendre au jeu, par envie, par curiosité, en dépit de sa prudence, sans même oser demander s’il pouvait gagner quelque chose en retour (il a volé un joli pinceau ouvragé la première fois, c’était pas grand-chose, vraiment), son intérêt innocent attisé par ce premier contact avec un art qu’il n’avait jamais approché, qu’il n’avait jamais compris non plus. Et il est revenu, il se laisse approcher peut-être mais il garde à distance en faisant croire le contraire (comme toujours) –sauf quand l’autre s’amuse à tester ses limites, et qu’Aisling réagit, concentré d’émotions trop vives, alors qu’ils se fracassent verbalement l’un contre l’autre (à défaut de pouvoir le faire avec les poings).


PSEUDO : Javelot. PRÉNOM : Alex. ÂGE : 20 rides. PAYS : Celui des mangeurs de grenouilles. (Team grenouilles forever) FRÉQUENCE DE CONNEXION : Tous les jours normalement, RPs principalement le week-end sauf exceptions (meaning : vacances, examens, m'voyez ?). COMMENT AVEZ VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : Ceci est un TC. ~ (Mais si tu veux l'histoire, c'est grâce à un très vieux scénario d'Aaron.) COMMENTAIRE OU SUGGESTION : J'attaque chez les bleus, c'était moins une vous savez. Mais encore un Irlandais. On peut pas tout avoir dans la vie. AVATAR : Eddie Redmayne. (Cet acteur de talent.)

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« Night of the hunter »
One night of the hunter, one day I will get revenge, one night to remember, one day it'll all just end... Honest to God I'll break your heart, tear you to pieces and rip you apart... ©️ .bizzle


Dernière édition par Aisling Ó Luain le Mer 22 Fév - 23:29, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 9:51

Amhrán na bhFiann
WHY CAN’T WE SEE THAT WHEN WE BLEED, WE BLEED THE SAME.



(Mars 1994)
« Dadaí ? »
L’adulte ne leva pas même la tête vers Aisling, trop occupé à compter et à recompter les liasses de billets qu’il empilait méticuleusement dans sa petite valise. Du haut de ses sept ans, le gamin roux jeta un coup d’oeil un peu perplexe aux amonts de billets verts, habitué à ne jamais obtenir de réelles réponses de la part de son paternel, avant d’observer à la dérobée la photographie égarée sur un coin du bureau. Il glissa son carnet de correspondance dessus et tendit un stylo qui lui fut aussitôt arraché des mains. Son père signa le mot laissé par son institutrice sans un commentaire (alors qu’elle reportait une nouvelle fois le comportement turbulent de l’enfant), sans même le lire, et Aisling le considéra d’un air bien plus triste cette fois. Arrête de vouloir te faire remarquer, lui avait craché son frère  lorsqu’il était rentré tout à l’heure.
Alors il récupéra le stylo abandonné là, ramena le petit cahier à lui, la photo subtilisée emprisonnée entre son corps et son carnet. Et il s’éclipsa comme il avait l’habitude de le faire, évitant le regard brûlant de son aîné depuis le canapé, pour disparaître dans sa chambre. Le cahier atterrit dans son cartable et il ramena à lui la peluche en laine tricotée par les mains habiles d’une vieille Irlandaise deux appartements plus loin –la seule qu’il possédait, celle qu’il avait gagnée cinq mois plus tôt en lui rapportant que son petit fils sortait avec l’italienne du quatrième- avant de la poser sur sa table de chevet. Frénétiquement, il passa ses mains sous le matelas pour peser de tout son poids contre et le soulever légèrement. Ses doigts trouvèrent la petite enveloppe qu’il cachait soigneusement et il fit le moins de bruit possible pour tout remettre en place. Puis il l’ouvrit pour en étaler  le contenu sur son lit, y ajoutant sa précieuse trouvaille.
Sur les bouts de papier glacé cornés, le visage et la silhouette de sa mère déclinés en mille sourires d’un passé lointain.


(Octobre 1999)
« Ace ! »
Le visage rayonnant de Naimh s’éclaira d’un grand sourire alors qu’elle fonçait dans la direction, virevoltant entre les hautes silhouettes des parents qui récupéraient leurs enfants. Aisling la réceptionna dans ses bras à la volée, la fit tourner dans les airs alors que ses bras si fins s’enroulaient autour de sa nuque. De haut de ses cinq ans, elle commençait un peu à peser son poids dans ses bras seulement musclés par la boxe et les transports de valises de produits illicites. Il esquissa un signe à l’adresse de son institutrice (qui commençait à très bien le connaître) afin de la rassurer, avant de reposer la jeune fille au sol et saisir sa main.
« Elle est où Maman ? demanda-t-elle aussitôt alors qu’elle l’entrainait déjà vers la rue.
-Au travail. Elle rentre tard alors on mange tous les deux ce soir. » [/i] la rassura-t-il en arrangeant distraitement les quelques mèches échappées de sa longue tresse noire.
Elle lui décocha un sourire innocent en s’arrêtant au passage piéton.
« Devant la télé ?  négocia-t-elle en agrippant ses doigts plus fort alors qu’il la rapprochait de lui pour la reculer un peu plus de la chaussée dangereuse.
-Mais quand je dis que c’est l’heure d’aller dormir, pas de discussion.
-D’accoooooord. »
Ses yeux gris étincelèrent d’enthousiasme et la seconde d’après, elle lui proposait déjà de commencer par marcher du même pied qu’elle, pour faire « comme les gens qui défilent au Memorial Day ». Il éclata de rire, charmé par sa candeur à toute épreuve.
Pour voir une nouvelle fois le bonheur éclairer ces prunelles orage, il aurait certainement tout donné.


(Janvier 2003)
« Tu veux essayer ? »
Aisling mit quelques secondes à réagir, savourant encore dans son esprit les dernières notes de Tchaïkovsky s’évanouissaient dans le silence, emportant avec elle les ailes de Mina, en simple jogging et débardeur, qui tentait d’inculquer à Naimh l’art de la pirouette. Il resta interdit, cloué par leurs deux regards si identiques, avant que la gamine de neuf ans ne se répandent en gestes enthousiastes et qu’elle ne le tire vers leur petit piste de danse improvisée au milieu du salon (ils avaient reculés tous les meubles, dans ce petit rituel que le roux connaissait depuis bientôt neuf ans). C’était la toute première fois qu’il entrait dans cet espace qui avait été celui de Mina seule, avant de devenir celui de sa fille également.
« J’suis en jean,laissa-t-il échapper d’un ton gêné, un peu mal-à-l’aise.
-Pas grave ! » protesta la jeune demoiselle en se replaçant à côté de sa mère, dans une position encore perfectible mais travaillée avec une passion sans limite.
Mina l’encouragea d’un sourire doux, maternel, qui fit faire de violentes cabrioles à son cœur. Elle se plaça devant lui pour lui montrer les gestes, alors qu’il lui répondait d’un sourire bien plus maladroit mais profondément reconnaissant. Ces yeux gris perle venaient tout juste de frôler les rêves enfermés à double tour dans son cœur, de leur simple toucher, avec seulement quelques mots. Peut-être qu’elle avait toujours su, au fond. Peut-être qu’elle avait identifié dès les premières fois cette lueur dans son regard quand il la contemplait danser, insatiable de ce spectacle si beau, tout en contraste avec la précarité qui habitait l’endroit, les murs, et la crasse des rues au dehors, de la vie après cette porte rempart protégeant son petit havre de paix et d’amour personnel –celui qu’il protégeait avec tant d’ardeur, qu’il conservait précieusement contre son cœur.
Il aurait tant aimé pouvoir l’appeler mamaí, rien qu’une fois.


(Juin 2004)
« Arrête de triturer ta manche a stór et lève la tête, que je te mette ta cravate. »
Son cœur se fracassa contre ses côtes avec une violence inouïe au surnom affectif qui traversa les lèvres de Mina. Il s’empressa d’obéir à ses directives, essayant de faire fi de sa nervosité et du fait qu’il se sentait absolument ridicule dans ce costume. Il joignit ses mains derrière son dos pour éviter de tirer une nouvelle fois sur ses manches ou le bas de sa veste noire, dans une tentative vaine d’ajuster l’ensemble –comme si cela allait le mettre à l’aise. Mais il n’y avait rien à faire.
L’impression de se parer d’un mensonge en tissu persistait, consumant son sang de dégoût à la simple idée qu’il ressemblait ainsi à son paternel plus que jamais.
Ses yeux accrochèrent l’orage accueillant des prunelles de la mère de Naimh, scintillant de concentration alors qu’elle nouait avec savoir-faire le bout de tissu autour de son col, avant d’ajuster le tout d’une main sûre. Un sourire fier étira sur les lèvres de l’adulte, puis ses traits se firent plus rassurants. Aisling sentit un poids s’évanouir sur sa poitrine, lui permettant de mieux respirer, et dans l’éclat de ce regard gris perle, il en oublia presque l’étreinte visqueuse du souvenir de son père sur ses épaules.
« Allez, tu vas bien t’amuser, tu verras. » tenta-t-elle de l’apaiser.
Et il lui offrit un sourire, maladroit mais sincère, comme une promesse muette. Il ferait de son mieux.


(Décembre 2006)
Il y avait quelque chose de terriblement injuste à se tenir devant cette tombe enneigée.
Mais Aisling ravala son amertume et sa haine brûlante, le sentiment terrible d’impuissance qui lui cinglait les os à chaque fois qu’il repensait aux larmes intarissables de sa sœur à l’enterrement de leur mère. Les questions, le pourquoi, restaient douloureusement sans réponse. Mauvais endroit au mauvais moment, hein. Même son père s’était insurgé, alors qu’il avait semblé avoir totalement rayé Mina de sa vie –et avec elle Naimh, à laquelle Aisling s’était efforcé de creuser une place dans leur famille dysfonctionnelle, au sein de leur univers profondément vicié. Même s’il ne voulait en aucun cas qu’elle devienne un jour un rouage de cet engrenage interminable du crime organisé, il ne pouvait la laisser aux services sociaux. Et finalement, il se demandait s’il n’avait pas fait là un choix égoïste. Parce qu’en fin de compte, c’était surtout lui qui ne parvenait pas à se passer d’elle, à vivre sans les touches de lumières qu’elle distillait dans son quotidien, cette raison de se battre qu’elle incarnait.
Ses mains chassèrent méticuleusement la poudreuse qui recouvrait la pierre glaciale et si peu représentative de cette femme si chaleureuse. Puis il posa son bouquet de roses écarlates –ses préférées. La douleur l’étrangla à nouveau alors qu’accroupit dans la neige, il contemplait ce qui restait de celle qu’il avait toujours considérée comme sa mère, le cœur en vrac, écrasé par la peine pour la toute première fois de sa vie. Et une nouvelle fois, il lui promit, en gaélique, à voix basse. Il lui promit de ne jamais abandonner Naimh, de la protéger et de protéger ses rêves aussi –ceux qui la faisaient danser comme sa mère avant elle. Il lui promit de travailler encore plus -et tant pis pour les études d’infirmier qu’il avait laissées derrière lui à travers les cours du soir qu’il ne suivait plus pour pouvoir enchaîner les boulots (facteur le matin, serveur la journée, réceptionniste le soir et quand la nuit était bien avancée, les combats de rue) et économiser l’argent nécessaire à leur émancipation à tous les deux. Il lui promit de ne jamais cesser de la considérer comme son sang, sa famille.
Il lui promit de veiller au bonheur de ce petit ange, comme elle l’avait fait avant lui.


(Novembre 2008)
Ses poings lui faisaient un mal de chien.
Grimaçant sans retenue, il examina un peu plus attentivement ses phalanges écorchées en se plantant devant la porte d’entrée de l’appartement. Bon, ce qui restait satisfaisant (et peut-être source d’un peu de fierté pour nourrir son égo ?) était que son adversaire avait ployé bien avant lui. Ce qui l’était beaucoup moins restait qu’il allait devoir bander soigneusement tout ça et prendre soin de son outil de travail s’il voulait combattre dans quelques jours sans souffrir plus que nécessaire à chaque coup porté (c’était déjà assez douloureux de les encaisser, merci bien) et surtout s’il ne voulait pas récolter un regard réprobateur de son employeur. Travailler dans une boulangerie depuis quelques mois lui permettait d’avoir des horaires bien plus stables même s’il se levait très tôt pour aider à la confection du pain, mais c’était surtout formateur et une source de revenus légale respectable. Néanmoins le patron n’allait pas apprécier de le voir avec les jointures en miettes pour manipuler les aliments, même recouvertes de gants. Et il ne pouvait décemment pas risquer l’emploi le mieux rémunéré et le plus sûr qu’il ait jamais eu parce qu’il se fracassait le corps contre des mecs plus vieux que lui dans des sous-sols pourris, tout cela dans la plus belle illégalité.
Il chercha quelques instants ses clés avant de les tourner doucement dans la serrure, se faisant le plus discret possible pour éviter de réveiller sa sœur et perturber le sommeil des voisins. La douleur irradia dans ses doigts mais il l’ignora encore un peu, se dirigeant à pas de loup vers la chambre de Naimh pour jeter un coup d’œil dans la porte entrebâillée –cela le rassurait de la savoir en sécurité ici. Il en oublia la souffrance dans ses muscles fatigués, ses mains éprouvées par le fracas d’autres peaux contre la sienne, gagné par l’apaisement étrange qui le saisissait toujours lorsqu’il la voyait si sereine.
C’était tellement rare depuis que sa mère était partie.


(Mai 2012)
Il s’assit avec précaution sur la petite chaise inconfortable, le corps encore douloureux. Il sentit bien plus qu’il ne le vit le regard de son frère qui brûlait ses vêtements froissés, sa peau tuméfiée, et il se raidit violement sous l’assaut de la honte, haïssant de se trouver dans une telle position de faiblesse face à son aîné, haïssant l’injustice de toute cette situation (il n’avait jamais mis la main sur cette drogue, putain, mais il était là quand même, à la place à son cher frère), haïssant ces yeux si semblables aux siens qui semblaient voir à travers le tissu et mettre à nu toutes ses blessures –les ecchymoses sur sa peau, parsemant sa dignité, imprimées sur son âme.
Haïssant Cináed pour se trouver là, lui rappeler où lui se trouvait, à sa place, par sa faute et qui allait le plus en souffrir –Naimh.
Il le gratifia d’un regard ravagé par la haine incendiaire. Mais son frère ne vacilla pas, trop habitué sûrement –ou alors rassuré par la vitre en plexiglas qui les séparait, qui le protégerait de ses poings.
« Qu’est-ce que tu fais là ? » attaqua Aisling, hostile, en portant le vieux combiné à son oreille, en miroir avec celui qui partageait son sang.
-T’as une sale gueule. » observa l’autre avec calme, une lueur troublante dans les yeux.
L’ironie saisissante de la situation secoua les épaules d’Aisling d’un rire silencieux –et certainement un peu fou.
« Franchement, tu peux la fermer si t’es venu pour faire un constat des dégâts, lâcha-t-il avec dégoût face à cette pitié gratuite –l’autre n’avait pas la moindre idée de ce à quoi il devait survivre jour après jour entre ces murs sans issues. T’aurais pas tenu trois jours là-dedans, c’est presque une chance que tu n’y sois pas, tiens. Faut croire que dadaí a préféré envoyer le plus résistant d’entre nous deux pour assumer tes conneries. »
La mâchoire de Cináed se contracta au rappel cinglant de son attitude téméraire, son échec. Ils savaient tous deux que c’était faux. Que leur père avait juste préféré protéger son héritier. L’autre pouvait bien faire office de sacrifice, tant que les affaires tournaient, tant que leur business était protégé, tant que la relève était assurée. Non ?
Mais c’était bien la première fois qu’Aisling voyait son frangin avec un air si grave inscrit sur le visage. Ça contrastait avec l’habituelle indifférence ou le dégoût ostentatoire.
« Naimh a été agressée. »
Silence dans son cœur, dans son âme. Silence de mort.
« Ceux à qui la drogue devait être livrée ont voulu récupérer leur fric, mais on l’avait déjà empoché, et la drogue était entre les mains des flics. Comme tu es celui qui a officiellement foiré le deal, ils s’en sont pris à elle –mais elle va bien, elle est à l’hôpital et n’a que des blessures superficielles, on va prendre soin d’elle et la protéger. » s’empressa-t-il d’ajouter, comme pour se justifier.
Aisling ferma les yeux. La haine viscérale entremêlée de culpabilité et d’une rage terrible fit trembler tout son corps, osciller le combiné noir contre son oreille.
« Je vais te tuer. »
Juste un murmure en gaélique, froid, glacé, alors qu’il braquait son regard sur celui de l’autre homme. Son propre sang. Incapable de protéger les siens.
Et son cœur explosa.
« Je vais te tuer. »
Le combiné retomba contre le mur, ses poings s’éclatèrent contre le plexiglas et même Cináed esquissa un bond en arrière alors qu’à présent debout, Aisling abattait une nouvelle fois ses phalanges sur ce mur transparent qui les séparait, le faisant vibrer. Il cracha sur l’image légèrement déformée de l’autre homme, avant de craquer. Sa voix se mua en cris de rage, déversant les promesses de mort dans cette langue qu’ils étaient seuls à comprendre et parler, alors que les gardiens se précipitaient pour le saisir, le sommant de se taire. Il se débattit dans leur étreinte de fer, le regard planté dans celui de son aîné.
Je te tuerai.


(Juin 2012)
« Tu t’énerves comme la dernière fois et le parloir c’est fini pour toi. Pigé ? asséna le gardien à forte corpulence d’une voix autoritaire.
-Compris, boss. »
Il remonta docilement l’allée avant de s’asseoir avec une grimace douloureuse –souvenir cuisant de sa dernière défaite dans les douches communes-, relevant un regard prudent vers son visiteur.
Naimh.
Son estomac se retourna, son cœur fit une embardée violente sous l’assaut des sentiments qui le lacérèrent, l’étreignirent avec une force chaleureuse. Sa gorge s’étrangla sous la poigne des émotions. Deux mois. Deux mois entiers qu’il ne l’avait pas vue. Il la détailla consciencieusement, comme pour voir les blessures à travers la veste qu’elle portait, les fissures laissées par la violence injuste dans son regard. Insatiable de cette vision qui tenait plus du rêve qu’autre chose. Elle se retrouvait seule. A cause de lui. Elle s’était fait agresser. A cause de lui. Elle devait faire face en solitaire, emprisonnée dans les engrenages de la mafia qui finiraient par la broyer –broyer son corps, ses espérances, son avenir, ses rêves. Son âme.
A cause de lui.
« Salut toi. » chuchota-t-il avec tendresse, en tentant un sourire pour la rassurer.
Les larmes firent briller les prunelles orage un peu trop fort, s’accrochant à ses cils, alors qu’elle tentait de garder contenance sous ses yeux.
« Salut. »
Et sa voix, même brisée par les sanglots difficilement retenus, était le plus beau son qu’il avait entendu depuis deux mois.
Pardon.


(Août 2012)
La sonnerie annonçant la fermeture des cellules.
Aisling crispa ses poings, la peur électrisant ses veines alors qu’il faisait un pas de plus dans son enfer personnel. Celui qu’il connaissait aussi contre le carrelage glacé et humide des douches depuis des mois. Il recula dans un geste défensif en voyant la silhouette de son camarade de cellule prendre vie pour se redresser sur le lit superposé du haut et son dos percuta aussitôt vivement le mur, faisant gémir ses muscles d’inconfort, maltraitant une nouvelle fois ses blessures.
Mais c’était un étranger complet qui lui faisait face.
Déstabilisé, il se mura dans le silence alors que l’autre se présentait, épiant tous ses gestes, jusqu’à ce que ce dernier lui tende une main qui se voulait amicale et qu’Aisling ignora, les sens à fleur de peau, les instincts de survie totalement désorientés.
« Ecoute, Ace, je peux te protéger. »
Un sourire profondément ironique gagna les lèvres de l’Irlandais. C’est ça, oui.
« T’es de la famille après tout. »
Son sang se glaça dans ses veines alors que son regard se faisait plus acéré encore, éraflant les traits de l’autre homme. La famille, hein.
« J’ai qu’une seule famille, et c’est ma sœur, asséna-t-il sèchement, sur la défensive. C’est mon père qui est pris de remords et qui vous envoie ? contre-attaqua-t-il, le dégoût palpable dans la voix.
-Non. Mais ta maitrise du gaélique pour injurier ton frère de tous les noms tend à me faire croire que tu n’es pas étranger à ma famille. »
Ses dents se serrèrent. Il ne pouvait pas accepter. Il ne voulait plus jamais être impliqué de ces histoires. Plus jamais être rattaché à leurs activités. Plus jamais.
Plus jamais.
Et ployer une nouvelle fois entre les mains qui le souillaient, contre les corps qui le salissaient, le soumettaient, le détruisaient ? Pour n’être même plus un homme quand il ressortirait et qu’il devrait s’occuper de sœur  –juste un animal bon à être euthanasié ?
« Contre quoi ? » finit-il par émettre avec réticence, le regard noir.
L’autre eut un sourire troublant –presque amical. Aucune victoire dans son regard vert d’eau, aucune lueur de triomphe à le voir céder.
« Tu sais jouer aux cartes ?
-Sans tricher ? »
Haussement de sourcil.
« De préférence.
-J’peux essayer.
-Deal. »


(Mai 2013)
C’était tellement étrange de retrouver cet endroit qui lui était si familier, mais au sein duquel il s’était toujours senti comme un étranger.
La porte de sa chambre s’ouvrit avant même qu’il ne l’atteigne et une tornade humaine s’en échappa. Il faillit reculer en la voyant foncer vers lui, les sens incendiés par l’impression de danger imminente au contact, mais lorsque le corps de sa sœur s’écrasa contre le sien, que ses bras s’enroulèrent fermement autour de sa nuque alors qu’elle se lovait dans son étreinte, il n’esquissa qu’un geste pour rétablir son équilibre rendu quelque peu précaire par ce heurt soudain. Son odeur envahit l’air, rassurante, alors qu’il caressait son dos dans un geste de réconfort presque oublié –combien de fois en avait-il rêvé, de la prendre enfin dans ses bras ?
L’émotion le réduisit au silence, alors qu’elle reprenait pied plus vite que lui, enchainant ses questions en s’écartant légèrement, inquiète, enthousiaste, heureuse, et qu’il ne put que contempler son visage, retrouver la chaleur de sa voix, de sa présence. La maison.
Il était de retour à la maison.
« Au fait, j’ai réussi les auditions. Je suis prise à la Juilliard. »
Et le bonheur qui transcenda les prunelles orage valait définitivement tous les sacrifices au monde.


(Juin 2013)
Son regard caressa le profil du dénommé Isaac, s’écorchant une nouvelle fois sur les jeux d’ombre que créait la lumière tamisée sur ses traits, comme irrésistiblement attiré. Il s’efforça à ne pas frôler à nouveau les lèvres entre-ouvertes de l’autre homme de ses iris, déjà bien trop troublé par le maelstrom d’émotions qui assaillaient son cœur, par le fait qu’il ait sincèrement envie de se tenir à seulement quelques dizaines de centimètres de cet inconnu à la carrure impressionnante –et qui contre toute attente lui paraissait sécurisante- mais surtout d’apprendre à le connaître. Sentir encore une fois la brûlure de ses prunelles sur son visage, savourer plus longuement l’étreinte  apaisante de sa voix si grave. Et se délecter juste un peu plus de cette présence qu’il ne ressentait comme aucune autre.
« Merci. » souffla-t-il avec un sourire presque maladroit –lui qui était si habitué à s’en faire une arme, il se trouvait totalement démuni.
Il récupéra le mojito offert d’un geste un peu incertain, déstabilisé et peut-être légèrement intimidé par le regard trop intense de l’autre homme.
« Donc… Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » entama-t-il en se jetant soudainement à l’eau.
Il se demandait encore où pouvait bien s’être cachée son assurance habituelle. Les lèvres d’Isaac s’étirèrent en un sourire saturé de fierté sous ses yeux attentifs.
« Je suis militaire. »
Et il y avait quelque chose qui brillait dans ces yeux sombres à l’évocation de cette vocation, quelque chose d’immensément beau. Alors Aisling osa demander, innocemment intéressé, curieux à l’idée de découvrir un peu son interlocuteur, d’effeuiller les couches de protection dont il semblait si bien s’entourer.
« Quelle branche ?
-US Marines. »


(Février 2013)
Quatre mois que les questions ne cessaient de tourner et tourner encore dans sa tête à chaque fois que ses pensées s’égaraient vers le militaire déployé –ce qu’elles finissaient par faire immanquablement dès qu’il n’avait pas les mains occupées dans les fleurs ou à fracasser des mâchoires. Qu’elles redessinaient sur l’écran vierge de ses paupières fermées son visage si marqué par la vie, l’éclat énigmatique de ses prunelles assombries. Qu’elles le rappelaient au souvenir de l’étreinte fugace de ses lèvres, de ses bras qui l’enlaçaient sans l’enfermer, sans le posséder, sans s’imposer. En réalité, ces questions l’avaient accablé dès la première rencontre, restant latentes à chaque fois qu’ils se retrouvaient et qu’il se laissait glisser dans ce climat de confiance que l’autre homme lui inspirait lentement avec tant d’aisance, avant qu’elles ne l’assaillent sans relâche dès qu’il avait compris que, d’une manière inexplicable, il était attiré par un homme. Et c’était déstabilisant. Et c’était terrifiant. Parce que restaient les stigmates de touchers non consentis. Parce qu’il n’avait jamais éprouvé une telle confusion auparavant –autant pour un homme que pour une femme par ailleurs. Parce que la simple perspective d’aller un jour plus loin qu’un simple baiser le laissait complètement démuni et effrayé –et qu’il détestait cette sensation de ne plus rien contrôler, de laisser l’angoisse le paralyser. Parce que c’était le chaos total dans son cœur qui flanchait trop fort, parce que c’était la guerre déclarée et ouverte entre ses instincts de préservation, son palpitant malmené et son esprit aux cicatrices encore bien trop récentes, toujours sanguinolentes. Et ces quatre mois de lettres timidement échangées, d’angoisse à l’idée de savoir le militaire en danger constant (et de ne rien pouvoir y faire), à penser un peu trop à ce premier baiser volé avant de le voir partir, n’avaient fait que nourrir ses incertitudes, son manque de confiance en lui-même aussi.
Jusqu’à ce qu’Isaac tue les pensées qui criblaient son crâne en l’enlaçant sur le pas de sa porte alors qu’ils rentraient de leur soirée de retrouvailles, jusqu’à ce qu’il balaye tous les doutes et toutes les interrogations d’un baiser en l’entrainant à l’intérieur de cet appartement qui lui était totalement inconnu, jusqu’à ce qu’il  efface son désarroi sous la caresse brûlante de ses lèvres contre les siennes, puis s’échouant avec passion sur la ligne de sa mâchoire, la courbure de son cou. Jusqu’à ce qu’un premier soupir d’aise s’échappe contre sa peau embrasée, enflammant ses sens et ses veines, son cœur, d’un désir brut et particulièrement violent. Incendiaire.
Aisling se laissa aller entre les bras rassurants d’Isaac, agrippant la nuque de ce dernier alors qu’il enroulait ses longues jambes autour de sa taille, se délectant du contact de ce corps pourtant encore entièrement vêtu épousant le sien. Il ne se souvenait même plus de la dernière fois qu’il s’était senti aussi bien protégé que contre ce torse où était imprimé l’emprunte des plaques militaires, qu’entre ces mains qui avaient sauvé et tué. Et c’était enivrant. Terriblement enivrant.
Puis ils butèrent contre quelque chose, si entrelacés que leur équilibre vacilla. La gravité reprit brutalement ses droits et le dos de l’Irlandais s’enfonça dans l’océan des draps, le corps d’Isaac s’écrasant contre le sien même s’il soutenait son poids d’une main apposée sur le matelas, l’autre bras retenant la chute d’Aisling. Et tous les muscles de ce dernier se tendirent dans un réflexe de rejet, de défense, instinctif, alors que la peur glaciale dévalait ses veines, rampait sur son épiderme, fit mourir des sueurs froides au creux de son dos. Il se recroquevilla sur lui-même comme pour fuir le contact trop franc, qui violait toutes ses limites alors que ses doigts agrippaient viscéralement la couette, tremblants, cherchant un appui pour endurer ce qui allait inexorablement suivre. Le cœur affolé, dopé par l’angoisse embrasée par un traumatisme trop profondément ancré en lui, il sentit son estomac se retourner, le goût âcre de la nausée érafler sa gorge serrée, et l’impression d’étouffer le fit rouvrir les yeux soudainement, pour tomber sur le visage du militaire à seulement quelques centimètres du sien, qui s’était légèrement redressé sur ses deux bras. La sensation du poids qui l’emprisonnait contre le sol s’amenuisant fit naître une vague de soulagement indescriptible en Aisling, alors qu’il reprenait petit à petit contact avec la réalité dans l’éclat des yeux écorchés par l’inquiétude frôlant avec douceur les siens, dans l’étreinte rassurante de cette voix qui le caressait de mots apaisants. Son souffle erratique se calma peu à peu, ses poings se desserrèrent sous le toucher calmant des mains rugueuses qui les libérèrent de leur prison de tissu. Et le raz-de-marée brûlant de larmes submergea ses paupières fermées, perles de honte cristallisée.
C’était Isaac. Isaac. Juste Isaac.
Et lorsque le poids de l’autre homme s’évanouit soudainement, l’Irlandais manqua de le retenir pour insister, bouleversé à l’idée de le laisser s’éloigner, de l’avoir dégoûté ou effrayé, ou même d’avoir complètement fait disparaître son désir, et pourtant intensément soulagé de retrouver sa liberté de mouvements. Mais l’autre homme ne l’abandonna pas aux émotions chaotiques qui déchiraient sa poitrine, ne le laissa pas se noyer dans les incertitudes terrifiantes, la totale confusion qui berçait ses sens et mettait ses instincts à fleur de peau. Ses bras sécurisants l’entourèrent à nouveau, l’étreinte d’une force palpable et pourtant sans contrainte, parce qu’Aisling savait, sentait que d’un geste, il aurait pu s’en libérer. Il s’y enfonça plutôt, se réfugia dans sa chaleur en l’entourant de ses bras à son tour.
« On a le temps. »
Le murmure gravé de tendresse se perdit contre les lèvres de l’Irlandais, alors que ce dernier venait timidement s’excuser d’un baiser à la caresse éphémère, dans un pardon muet qu’Isaac balaya d’un sourire avant d’aller quérir une nouvelle étreinte tout aussi chaste, promesse esquissée à même la peau –il attendrait.


(Décembre 2014)
Des lèvres incandescentes se déposèrent au creux de son cou entre deux soupirs partagés alors qu’un frisson de plaisir lui échappait à leur toucher désireux, l’emprunte délicieuse qu’elles esquissaient avec une lenteur tortueuse sur sa peau sensible. Aisling se mordit la lippe inférieure pour retenir le rire qui fit vibrer sa cage thoracique lorsque le souffle d’Isaac effleura son sternum. Il pouvait sentir son sourire taquin s’échouer contre sa clavicule en frôlements éphémères, mais il s’efforça à rester concentré sur la marque qui ceignait l’épaule nue de l’autre homme et qu’il caressait du bout des doigts, comme s’il essayait de se familiariser avec elle, de l’apprendre, de la comprendre.
Une cicatrice qu’il n’avait jamais vue auparavant.
Contre lui, le corps entièrement dévêtu du militaire se redressa légèrement pour retomber sur le côté. Sa chaleur enivrante le quitta soudainement et un instant, l’Irlandais craignit d’avoir violé une limite de son amant –une de celles qu’il veillait pourtant à respecter, emmurant les milliers de questions bercées d’inquiétude et d’incompréhension dans le silence. Il le gratifia d’un regard incertain, mais le visage d’Isaac respirait le calme, la sérénité, cet air ouvert que le Marine adoptait parfois, comme une invitation muette.
« Pose ta question, Aisling. » l’encouragea-t-il dans un murmure en laissant ses doigts courir sur le torse du roux, jusqu’à son ventre et sa hanche.
Les frissons délicieux dévalèrent sa peau, naissant si aisément dans le toucher si léger, et presque instinctivement, il se tourna sur le côté pour venir se fondre dans le corps de l’autre homme, à la recherche de sa chaleur. Sa main retrouva la cicatrice circulaire, massant avec délicatesse la peau meurtrie.
« Comment tu l’as eue ? » s’entendit-il prononcer tout bas, comme s’ils partageaient un secret.
Un de plus.
Ses prunelles se noyèrent dans celles du militaire, attentives, dans une demande muette.
Dis-moi.


(Mars 2016)
« Isaac. »
Sa voix vacilla, flancha, se brisa en une supplique.
Lui qui s’était juré de ne jamais supplier personne. Lui qui n’avait jamais faibli face au poids parfois trop lourd de cette promesse, même face à ceux qui l’avaient réduit à l’état de catin contre le sol carrelé des douches communes de l a prison.
Son cœur se broya une nouvelle fois dans sa poitrine.
« S’il te plait. »
Pars pas. Je sais que tu ne reviendras pas alors ne pars pas.

Les traits du marine se tendirent sous l’assaut de la douleur, en miroir aux siens. Et le militaire s’approcha soudainement d’un pas, rompant la distance en public avant de se saisir de la nuque d’Aisling dans un geste teinté de désespoir et ravir ses lèvres. Leurs corps se fracassèrent l’un contre l’autre, comme pour retrouver la sérénité de leurs moments à deux, comme pour s’accrocher une dernière fois à la sincérité de cette passion qui s’essoufflait dans l’air qu’ils partageaient réellement pour la dernière fois.
Parce que ce baiser gardait la saveur d’un pardon et d’un merci qui lui pulvérisa le cœur sans la moindre pitié.  


(Juin 2016)
Aisling jeta un coup d’œil furtif derrière lui pour s’assurer qu’il n’était pas suivi, avant de déshabiller soigneusement les alentours du regard, les ombres que les bâtiments découpaient dans la nuit. Ses muscles protestèrent vivement lorsqu’il repoussa l’autre homme sur le côté, rendus douloureux par les coups encaissés. Il lâcha le chandail ensanglanté de l’inconnu avant de s’éloigner de quelques pas prudents, considérant d’un air grave la pommette bleuie par ses propres poings de ce dernier et son allure peu assurée sur ses pieds –apparemment, le coup dans le genou gauche avait fait son office, avec au moins autant d’efficacité que celui que l’Irlandais avait essuyé. L’autre se redressa sensiblement alors qu’ils s’observaient avec défiance, en chiens de faïence.
Puis l’objet ovale glissa dans la manche de roux, atterrit entre ses doigts aux jointures écorchées.
Et le badge s’échoua sur le sol, alors que sa voix claquait dans le silence, menaçante et autoritaire.
« Casse-toi. »


(Juillet 2016)
Ces bouclettes brunes, cette silhouette, même dans l’obscurité relative Aisling aurait pu les reconnaître entre mille.
Il offrit un sourire sincère au prostitué brun, se décalant légèrement sur le banc dans une invitation silencieuse à prendre place à ses côtés. Curieux comme le hasard faisait parfois bien les choses, alors qu’en savourant la présence douce et sage de l’autre homme à ses côtés, il se souvenait sans mal de la première fois qu’ils s’étaient assis côte à côte au sein du bâtiment qui leur faisait aujourd’hui face –clos à cette heure avancée de la nuit, où les seuls bruits dans les rues restaient ceux des pneus des voitures roulant sur l’asphalte et les murmures de ceux qui vivaient et travaillaient la nuit.
Cela faisait bien quatre ans que l’Irlandais n’avait pas remis les pieds dans une synagogue, trop indigne, trop souillé pour la pureté de cet endroit intemporel et magnifique à ses yeux. Mais il ne pouvait s’empêcher de venir parfois, esquissant un détour pourtant énorme après les combats qui animaient bon nombre de ses nuits, avant de retrouver l’appartement qu’il partageait avec sa sœur. Il s’asseyait sur ce banc en bois, qu’il soit trempé par la pluie ou gelé par l’étreinte du froid voire de la neige, et il contemplait ce lieu qu’il respectait trop pour pouvoir encore en franchir les portes, osant tout juste se laisser capturer par l’atmosphère indescriptible qui y régnait et qui l’apaisait avec douceur, éteignant le feu de la haine et de la rage entremêlées qui crépitait toujours si violement dans ses veines à longueur de journée, calmant le chaos d’émotions qui saignaient parfois son cœur jusqu’à ce qu’il ne sache plus battre correctement. Comme si l’aura de l’endroit lui permettait de faire la paix avec lui-même, même si ce n’était que pour quelques heures –juste le temps de rétablir son équilibre.
Son regard quitta le lieu de culte, glissant attentivement sur les ombres dangereuses entre les bâtiments qui l’entouraient, jusqu’à s’arrêter sur le profil mal éclairé par les lampadaires de l’Italien, pour finalement dégringoler le long de sa gorge –il ignora sciemment le serrement troublant dans ses entrailles- et noter une nouvelle fois une absence déstabilisante. Il glissa en silence une main dans sa fine veste en imitation cuir, désireux de faire le moins de bruit possible pour ne pas déranger le brun s’il se recueillait, pour ne pas bouleverser par son agitation l’ardeur de ses prières muettes. Ses doigts s’enroulèrent autour d’un lien de cuir et avec délicatesse, il enferma le bijou dans sa paume.
Puis son regard se braqua à nouveau sur Celso, pour tomber à l’orée de ses prunelles si claires.
« J’ai remarqué que tu n’avais plus ton étoile de David autour du cou. » émit-il avec douceur, un peu troublé soudainement, parce qu’il réalisait tout juste à quel point le geste pouvait être intime en un sens.
Et c’était définitivement troublant, déstabilisant.
« Je sais que ça ne remplacera jamais ton pendentif et sa valeur sentimentale, mais… voilà. » acheva-t-il presque abruptement, un peu mal-à-l’aise.
Il glissa presque autoritairement contre la paume du prostitué le lien de cuir ceint de l’étoile jaune porteuse de tant de signification, lourde d’histoire, avant de se redresser sur ses pieds, n’osant pas vraiment observer se réaction.
« Ça te dit d’aller prendre un verre ? enchaina-t-il comme si briser le silence qui s’installait allait évaporer le malaise diffus qui saisissait son cœur, alors qu’il retombait sans mal dans son apparente assurance.  Il y a un bar Irlandais pas loin. Je connais le gérant, on était ensemble à l’école. Conso gratuites pour la famille. » termina-t-il en focalisant à nouveau son regard sur Celso.
Et il lui offrit un nouveau sourire, tout simplement heureux à la perspective de passer un peu de temps avec lui.


(Août 2016)
Le Parking.
Aisling s’étala sans grâce aucune sur le canapé qu’ils avaient eu tant de mal à monter avec sa sœur –il n’y avait qu’un étage et alors ?-, avant de fermer les yeux avec soulagement. Ses cotes protestèrent légèrement –souvenir d’un dernier combat un peu rude- mais il les ignora, vidé de toute son énergie à cause de la chaleur insupportable qui régnait dans ce bloc de béton. Ils en étaient enfin arrivés à bout. Installés. Ou presque, avec les quelques cartons qui trainaient ça et là.
« Ace, pousse un peu tes jambes de girafe. » râla gentiment Naimh en s’asseyant de l’autre côté.
Il plia les genoux pour lui laisser un peu de place et rouvrit les paupières en l’entendant zapper sur la télévision jusqu’à trouver quelque chose qui sembla la contenter. Il colla ses jambes sur le dossier pour pouvoir la voir, dans son débardeur léger et son jean, deux cuillères à la main.
Elle se débattait avec un pot de Ben & Jerry’s Cookie Dough. Et il ne put s’empêcher de rire au spectacle, en dépit de la douleur qui se réveilla dans son torse.
« Et ta ligne de danseuse alors ? se moqua-t-il en se redressant pour saisir le pot et l’ouvrir.
-Je viens de perdre trois kilos en portant tous ces trucs, faut bien les retrouver. » rétorqua-t-elle en lui glissant une cuillère dans la main.
Baptiser le salon avec un pot de glace, c’était le premier pas pour faire de cet endroit minuscule et assailli par les bruits de tous les côtés leur petit chez eux.
Leur foyer. Leur refuge.






© Nous sommes de ceux




« Night of the hunter »
One night of the hunter, one day I will get revenge, one night to remember, one day it'll all just end... Honest to God I'll break your heart, tear you to pieces and rip you apart... ©️ .bizzle


Dernière édition par Aisling Ó Luain le Mer 22 Fév - 23:28, édité 5 fois
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« les papiers mâchés »

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▹ APPART : #605 / 6th floor, avec son nouveau compagnon d’infortune hannibal le chaton.
▹ TAF : catin usée et usagée, morceau de viande à vendre bientôt trop noire pour être sauvée.
▹ DC : les prunelles céruléennes (oreste) la princesse aux arcs-en-ciel (flora) la seal noyée (elinor) & l’étoile morte (solal).



MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 9:53

Love, Love, Love. CANDICHOU :l:
(Tiens, c'est comme ça que commence la chanson des Beatles, 'All you keed is Love'. :hihi: - Bref je m'égare encore une fois. ARROWluvCharlie)

Il faut que tu arrêtes de m'émerveiller à chaque fois avec ces personnages de folie et nos liens plus incroyables les uns que les autres. CANDICHOU Je vais sûrement finir par mourir, tu sais ? POTTE (ET CE SERA TA FAUTE. Emo) Je suis tellement an admiration devant tes fiches de présentation, tes RPs tout ça. Franchement, je. Je. PITIE Voilà, c'tout. Je te vénère. PITIE Et tant mieux si je ne suis pas la seule à remarquer ta plume magique parce que tu le mérites amplement (même si tu vas pas sur le flood ou la CB et que, comme moi, tu dois êtres un monstre qui se cache derrière son écran NIARK - tmtc). DE CEUX (Même si bon, je tiens à le préciser she's mine so back off, peasants. NIARK)
(Ouais, je remercie le ciel tous les jours d'avoir osé te MPotter ce jour-là pour la première fois - la première d'une longue série. AS)

J'ai hâte de découvrir ce sublime personnage sur le forum, le voir évoluer et s'épanouir. J'ai hâte de développer ces liens de fifous avec toi, écrire encore des pages et des pages juste parce que, voilà, on prévoit pas et que ça donne des trucs trop beaux à chaque fois. Des trucs inattendus (plage rpz) qui nous foutent les poils à chaque fois. JAIME CANDICHOU Je crois que je ne me lasserai pas de ça, véritablement. I love you I love you I love you

Voilà voilà, je vais peut-être arrêter le fangirlisme now, parce que bon, le reste ça se passe en privé. :hihhi: :hihi: Je terminerai juste sur deux choses :

First, une citation : "I love you once, I love you twice. I love you more than beans and rice." :l: (Mais en fait, je me suis rendue compte juste aujourd'hui que bah cette citation vient de Desperate Housewives et que c'est Susan qui la dit à l'enterrement de Mike, so c'est super triste but. ARROWluvCharlie (Au pire, je change et je mets celle de Reddington que tu as dans la signature de Lyam. :hihi: :hihi: Mais elle est jolie celle-là. Ca parle de riz et de petit pois. ho)
Second, un petit lien (because I can SIFFLE) : http://tinyurl.com/zbamqn5 (Et oui, cette fois, je l'ai passé sous Tiny pour pas que tu saches ce que c'est avant d'avoir cliqué. NIARK Même si, au fond, tu sais ce que c'est. MDR (L'épisode est passé la semaine dernière, j'ai dû me retenir de couiner comme une fangirl devant ma tv. Tu comprends, ça aurait fait mauvais genre. NIARK) (Et là, je viens de me vendre si jamais tu hésitais entre plusieurs choses. MDR)

Bref, j'arrête mes conneries moi. RIP
DE CEUX DE CEUX DE CEUX DE CEUX DE CEUX DE CEUX DE CEUX DE CEUX DE CEUX




become the beast
what he has is pure empathy. he can assume your point of view, or mine — and maybe some other points of view that scare him. it’s an uncomfortable gift. perception’s a tool that’s pointed on both ends.


Dernière édition par Celso Maestriani le Jeu 4 Aoû - 12:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 10:22
Rebienvenue mon poulet au miel :l: Il faudra que je lise tes beaux mots à l'occasion et que je vienne te harceler pour un lien (en espérant que j'oublierais pas de répondre aux mps POTTE).
Eddie, et dire (t'as vu le jeu de mot ?) que j'imaginais Sebastian, le frère de Fred avec cette tête :l: J'aime beaucoup cet acteur, je lui trouve beaucoup de charme !

Amuse toi bien avec lui, hâte de pouvoir te stalker :l:
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 10:37
Je t'aime :l:
La fiche est sublime, le perso est sublime, tout est magique :l:
Tu envoies du rêve encore et toujours :hihi:
Spoiler:
 

Parce que quand meme BRILLE
Fais nous voir les etoiles avec Ace :l:


+ COMING HOME +
I'm coming home. Tell the World I'm coming home. Let the rain wash away all the pain of yesterday, I know my kingdom awaits and they've forgiven my mistakes.

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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 11:27
@Aisling Ó Luain a écrit:
Il y a des Anglais pas loin (God save the queen) -l’accent, ça ne trompe pas. Un gars avec une patte en moins aussi, une mère célibataire qui se trimballe avec une AK rose (ça doit être joyeux à la maison). Un joyeux luron très tatoué dont la démarche paraît hachée, malaisée, mais le sourire semble toujours accroché aux lèvres. Deux hommes parfois accompagnés d’une petite bouille blonde à qui on aurait volontiers offert le ciel, un gentil géant qui laisse sur son passage des flagrances rappelant la liberté des grands espaces inviolés (ou la fumette, va savoir). Il y a même un pornographe.
Oh fuck, c'est tellement adorable OMG

Sinon j'irai te demander un mp, parce que mon Hélias recherche un fleuriste yaaa
Rebienvenu ici :l:
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 12:38
J'adore l'avatar et comme d'habitude, on fond de bonheur devant une plume aussi magnifique. DE CEUX
Re-bienvenue parmi nous avec ce perso haut en couleurs, il va promettre (encore pleiiiiin de rp à stalker, youpiiiii )  I love you I love you I love you


....
C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases.
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 12:49
AAAAAAAAAAH. CANDICHOU CANDICHOU CANDICHOU Je me demandais quelle serait la troisième tête que tu annonçais. CUTE Celui-ci m'a l'air tout aussi beau que les autres, que ce soit pour l'histoire, l'avatar, et tout ça. (Puis c'est aussi un plaisir de lire ta plume FAN )

PS : Frappe pas Gabriel, ou c'est moi qui tapera. Surprised (Ou pas trop fort. Ou tu promets que c'est juste pour lui apprendre. Mais l'abime pas. POTTE )
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 13:25
C'est marrant un anagramme de Naimh c'est Niamh et c'est le deuxième prénom de Dei :hihi:

Rebienvenue, hâte de rp avec toi, comme toujours...futur voisin NIARK !


La tristesse de mon humeur habituelle s'accrut jusqu'à la haine de toutes choses et de toute humanité ; cependant ma femme, qui ne se plaignait jamais, hélas ! était mon souffre-douleur ordinaire.
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 14:13
Re-bienvenue JAIME
Et cette plume BAVE BRILLE


▬ “FILLE LIBRE COMME L'AIR, fille aux ailes d'argent, oiseau volant. Regarde le monde cruel avec ses yeux clairs, se créer des rêves pour tenter de toucher l'univers.”
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 15:12
Eddie HAN HAN HAN HAN re bienvenue CUTE
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 15:21
Rebienvenue avec ce personnage encore une fois sublime :l:



.
Je marche dans des villes où des âmes sans nom me fredonnent le tien. Des concerts en sourdine où je chante ton nom pour oublier le mien. Pour oublier un peu que toi tu n'es pas là quand l'hiver se fait rude. Que je n'ai plus que moi avec qui partager ma propre solitude.
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« révolé sa mère. »
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 16:23
Rebienvenue parmi nous HAWW
Tu vas encore nous régaler avec un perso de fou SIFFLE


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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 16:46
Love I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you CANDICHOU CANDICHOU CANDICHOU CANDICHOU CANDICHOU 
(Tous les smileys au monde ne sauraient traduire mon amour. CANDICHOU )
(C'est la première fois que tu postes sous Celso sur une de mes fichettes. Je me sens comme une VIP là :hihi: )

Fredou, poulet au miel, c'est trop mignon, je suis touchée. POTTE Merci. BRILLE Ce sera avec très grand plaisir pour un (des) lien(s) avec tes superbes personnages. :l: (T'inquiètes pas pour les MPs, ça m'arrive aussi. Fausto, si tu passes par là, sache que je ne t'oublie pas. POTTE )
Un jeu de mots, j'aime. :hihi: Oui, j'avais vu que tu avais plus que mentionné sa tête pour Sebastian, je t'avoue que j'ai cherché le scéna et je l'ai pas retrouvé, j'espère que ça ne pose pas de soucis quand même ? KYLLIEN  Je trouve également qu'Eddie a énormément de charme, et c'est un acteur splendide. Il a tellement pas volé son Oscar. ho (Stalke donc, j'aime ça. :hihi: *PAN* )

Eze, merci, que de jolis mots (jesaisplusoùmemettre). ho CANDICHOU En espérant que la suite te plaise également. BRILLE

Hélias, merci ! :l: BRILLE Hihi, toi, tu as reconnu l'étage. MIAOU Avec joie pour le lien, je t'attends mon grand. LOVE

Nero, merci BRILLE Tous ces jolis compliments, j'sais plus où me mettre là. RIP (Ash te fait coucou :hihi: ) En espérant que le perso te plaise, j'pense que je viendrai te réclamer un lien. MIAOU (ou plusieurs, tu me connais, j'sais pas m'arrêter What a Face Tu vas en avoir marre de moi MDR )

Samuel, merci boucles d'or, tes mots me touchent beaucoup. CANDICHOU ho (pardon, le surnom venu sur l'instant)
Promis, Ace n'abîme pas trop ton Gaby, c'pas son but anyway. :l: Mais si Samuel veut se joindre à la bagarre, no soucy. *PAN* (nan je prône pas la violence, pas mon genre. POTTE )

Lhaar, merci ! BRILLE Hehehe oooops pour le prénom ? (Niamh ça veut dire "brillante" je crois ho ) :hihi: Tu aimes les devinettes, c'est cool. NIARK Hâte de RP avec toi également. BRILLE

Lizz, merci joli cœur. BRILLE LOVE

Sam, mercii BRILLE (Le petit Eddie, il vous plait bien dis donc. :hihi: Promis, c'est le plus hétéro de mes persos. MIAOU *PAN*)

Silver, merci sweetie. BRILLE CANDICHOU

Al, merci CANDICHOU coeur Haha, j'espère qu'il vous plaira. :hihi: BRILLE




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One night of the hunter, one day I will get revenge, one night to remember, one day it'll all just end... Honest to God I'll break your heart, tear you to pieces and rip you apart... ©️ .bizzle


Dernière édition par Aisling Ó Luain le Jeu 4 Aoû - 17:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   Dim 31 Juil - 18:17
Ce perso OMG OMG OMG j'suis tellement fan et cette plume ho

puis Eddie (oui surtout Eddie Surprised )

bref rebienvenue à toi , si un truc me vient je viendrais demander un lien JAIME
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MessageSujet: Re: Aisling Ó Luain » Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre.   
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