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MessageSujet: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   Dim 31 Juil - 2:00
(Quand et comment avez vous emménagé au Parking ?) C'est le 18 septembre. Mon téléphone portable sonne; c'est le directeur général de mon équipe. Il m'annonce que je suis échangé aux Rangers de New-York en retour de petits cons prometteurs. Parait-il que je n'ai plus ce qu'il faut pour jouer dans la ville du Country, à Nashville. La saison n'est même pas débutée que je suis déjà envoyé dans cette ville de merde où il y a plus de meurtres que de putes. Deux jours plu tard, bagages en main, je suis là, devant un type qui se présente comme le grand manitou des Rangers. Il me fait un long sermon sur les valeurs de l'organisation puis m'invite à m'installer à Manhattan, que je suis là pour un petit bout. Ici, les maisons, elles sont chères et les appartements clairement pas abordables. En même temps, je n'ai pas vraiment envie de vivre près du Madisson Square Garden. Je suis loin d'être une vedette là où je mets les pieds. En fouillant sur Internet, en charchant un trou miteux où je pourrais mourir avec dignité -ou pas-, je suis tombé sur le Parking. Un bled pourri rongé par les moisissures et les rejets de la société moderne. Ça me va. Pourquoi pas. J'y passerai incognito.

(Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ?) Ça sent la merde. Les murs sont en cartons et y'a une vieille chipie anglaise qui se promène son balai dans l'arrière-train. Mon appartement est miteux, et j'imagine bien qu'il le sont tous, ici. Je ne connais pas vraiment mes voisins. Comme si j'avais le temps de partir à leur rencontre, de toute manière. Tous les jours, ou presque, je pars en direction de l'aréna et je ne reviens que très tard le soir. Ou la nuit. Y'a de quoi couper les liens sociaux avec des voisins. Et sérieusement, qui part à la rencontre de ses voisins en 2016? «Bonjour, je suis votre voisin, voici une tarte aux pommes.» Y'a que dans les films que ça se passe comme ça. Ou les films olés olés, cela va de soi.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) J'ai quelques connaissances. Quelques potes avec qui me défoncer la gueule, sans plus. Personne sur qui réellement compter lorsque les emmerdes débarquent. Personne sur qui mettre ma rage quand mon ex-femme me menace de mettre un terme aux visites que je rends à mon fils. Cette salope, elle ne paie rien pour attendre. La journée que je prends ma retraite, je mets tout mon fric dans un avocat et je vais aller chercher la garde complète. Ouais, c'est beau rêver... M'enfin bref, les gens ici ne me connaissent pas vraiment. Et moi non plus. Je n'ai pas le temps et surtout pas l'envie de créer des liens. Après tout, avec la carrière que je mène, je serai bientôt envoyé sous d'autres cieux alors pourquoi m'éterniser ici?

(NOM) Winn. Tu sais, quand t'as de gagnant que la prononciation de ton nom... (PRÉNOM) Kenneth (ÂGE) 31 ans, et j'aimerais bien en avoir dix de moins (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) Je suis né le 19 juin 1985 à London, en Ontario. C'est un bled surévalué du Canada où ton seul et unique rêve, c'est de t'y évader dès que la loi te le permet. Ou avant, si t'es un petit rebelle qui n'en a rien à chier... (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) Second gardien de but des Rangers de New York. Ouais, le hockey sur glace, c'est le rêve de tous les gamins. Sauf si t'es le second. Et surtout, sauf si ta vingtaine de parties jouées par saison est un calvaire, mais pas assez pour te faire transférer dans le fin fond du désert de l'Arizona... (NATIONALITÉ) Je suis Canadien, mais ça va, je m'en sors bien avec mon statut de résident dans ce pays où les rêves ont été rattrapés par la dure réalité. (ORIGINES) Ma famille n'a jamais été très originale pour ses aspirations à voyager et faire des bébés sur tous les continents. Y'a pas plus Canadiens que nous avec notre teint pâle et notre facilité à avoir une gueule de Saint. (STATUT CIVIL) Je suis séparé, célibataire. Les gens croient que les mecs qui jouent au hockey sur glace se tapent toutes les meufs où ils passent. Mouais, ils n'ont pas torts, mais dans mon cas, c'est un peu plus complexe... J'essaie d'éviter les embrouilles, mais tu sais, je n'ai jamais été bon à ce jeu. (ORIENTATION SEXUELLE) Je suis hétéro, quoiqu'une fois, probablement un peu trop intoxiqué, je me suis réveillé aux côtés d'un James... Je ne crois pas qu'il se soit passé un truc, mais bon... (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) J'ai été échangé aux Rangers en septembre 2014, et ne voulant pas trop m'attacher à cette ville de merde, je me suis loué un appartement miteux dans un immeuble tout autant charmant du Bronx. Jusqu'à maintenant, je m'en sors bien, passant sous le radar. Quel joueur viendrait vivre dans ce trou à rats? (REPRISE DU PERSONNAGE) Non (GROUPE) De ceux qui rêvent (TYPE DE PERSO) inventé (CRÉDITS) AMIANTE, TheSteh

PSEUDO : TheSteh PRÉNOM : Stéphane ÂGE : 24 pis deux ou trois dents PAYS : Ô Canada, Terre de nos aïeux. Ton front est ceint de fleurons glorieux. Car ton bras sait porter l'épée, il sait porter la croix. Ton histoire est une épopée des plus brillants exploits. God keep our land, glorious and free. O Canada we stand on guard for thee. O Canada we stand on guard for theeeeeeeeee! FRÉQUENCE DE CONNEXION : Jusqu'à la fin de l'été, 2 à 3 jours par semaine, et par la suite, facilement 5 jours par semaine. Because it's 2016! COMMENT AVEZ VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : J'achetais de la drogue à un bébé chat végétalien et le grand-mère de ma voiture a commencé à tondre ma pelouse... COMMENTAIRE OU SUGGESTION : J'suis le seul qui refresh encore le tumblr des Commères comme un con? AVATAR : Paul Walker
Kenneth Winn
LE TIRAILLEMENT DES DÉSIRS, LE DÉCHIREMENT DE LEURS IMPACTS


[And he stops the first shot] - Le fils
Il a six ans, et il s'appelle Logan. Si un jour, on me demande quel est mon plus grand coup dans ma vie, je répondrai Logan sans aucune hésitation. Il ne porte pas seulement mon nom de famille, mon sang, mon ADN... il porte en lui ma raison de vouloir arrêter quotidiennement les conneries. Même si ça ne fonctionne pas vraiment. Quand son visage m'arrive en mirage, j'arrête tout, l'espace d'un instant. Un instant suffisamment long pour réaliser que je suis en train de faire une belle connerie. Il me ramène à la raison, sans même le savoir, à neuf cents miles de distance. Je ne le vois qu'une fois aux deux semaines. Nous allons dormir à l'hôtel à Nashville et nous faisons d'innombrables activités. Ces deux jours que je passe avec lui, je suis clean. Parce qu'il est mon unique raison de l'être. Sa mère est une vipère qui cherche à m'éloigner de mon fils. Elle va réussir si je ne fais rien. Elle va réussir. La seule décoration de mon appartement, c'est la photo de sa petite bouille qui est déposée près de mon écran d'ordinateur. Ne vous en faites pas, je la retourne avant de mater du porno.

[And he stops the second shot] - Les indissolubles tentations
Je n'ai pas de problème de consommation. Ouais, c'est vrai, je bois de la bière comme tout le monde. Quelques unes chaque soir. Et c'est vrai que j'aime bien accompagner ces bières d'une entrée de coke, peut-être même d'un joint si je n'ai plus de ma poudre magique. Et alors? Ce n'est pas un problème! Je ne suis pas dépendant de ces merdes. J'en prends pour mon plaisir personnel, pour me détendre le soir en revenant du travail. Dès que j'admets en consommer, ça écarte directement la possibilité d'en être dépendant, non? Ce n'est pas comme si je ne pouvais pas arrêter d'en prendre par moi-même. C'est seulement que je n'en vois pas l'importance. Merde! Je suis un adulte! Je fais ce que je veux, et si ça ne plait pas, regardez ailleurs. Je suis convaincu qu'il y a quelque part ce que vous ne trouvez pas en moi. Comme si ces tentations étaient le mal. Comme si ça m'empêchait d'être un bon individu! Je paie mes impôts comme tout le monde, alors allez gueuler plus loin, merci!

[And he stops the third shot] - Le divorce
C'est une salope. Elle a demandé le divorce à l'été 2013, si mes souvenirs sont bons. C'est une salope. Selon la déposition officielle devant la cour, ma «consommation excessive» de drogues empêchait la «fonctionnalité adéquate» de mon couple et ruinait l'éducation de mon fils. C'est une salope. Moi, ruiner l'éducation de mon fils? C'est une salope. Qui lui lisait des histoires tous les soirs avant de dormir et qui allait le chercher à la garderie? C'est une salope. Bon, d'accord, c'est elle, mais ça n'a rien à voir avec l'éducation. C'est une salope. Bien sûr que je ne suis pas un père présent, je joue au hockey putain! C'est une salope. Mon horaire n'est pas fixe, mais ça ne fait pas de moi un mauvais père pour autant! C'est une salope. Un jour, elle paiera. C'est une salope.

[And he stops the fourth shot] - Le hockey sur glace
Tous les gamins du pays rêvent un jour d'être un joueur professionnel : soit de baseball, de football américain ou de hockey sur glace. Le mien, c'était d'être le plus grand joueur de hockey, meilleur que Wayne Gretzky. On repassera, pour les rêves. Dans mon junior, je suis devenu un gardien vedette des Frontenacs de Kingston, une nouvelle équipe junior faisant son apparition dans la ligue junior de l'Ontario. Trois années de succès. On me comparait aux meilleurs et on me promettait une carrière dorée. Des conneries. Tout de suite, dans la grande ligue, ça n'a pas été. J'ai été rétrogradé ici et là durant plus de six ans avant de connaitre une certaine stabilité comme numéro deux. Et encore là, je ne suis second que parce que les troisièmes ne font pas mieux que moi. Ça demeure quand même un très beau sport et un très beau métier. Même si partout où je passe, les réactions sont mitigées : est-il une sous-merde ou fait-il simplement ce qu'il doit faire pour rester second? Je rêve d'être premier, mais tous ces rêves, est-ce qu'ils sont bien réels? Depuis 2014, je suis aux Rangers de New York. Je suis passé par les Predators de Nashville, les Sharks de San Jose, les Bruins de Boston, les Kings de Los Angeles et les Flames de Calgary. Ouais, je sais, j'ai relativement beaucoup voyagé avec mes bagages. Et je n'en suis pas fier. D'ailleurs, je vous épargne mes nombreux aller-retour dans les clubs-écoles...

[And he stops the fifth shot] - Un Parking idéal
Je ne connais pas vraiment les histoires qui se passent au Parking. Ouais, y'a des explosions et toutes sortes de merdes pas très catholiques et rassurantes, mais je préfère me tenir loin des trucs qui pourraient me valoir une exposition publique. Ce n’est pas facile, vous comprenez, d'être lié à des histoires de ouf et d'avoir la crainte d'être capté par une caméra ou une vidéo sur un téléphone portable... Le Parking n'est pas si loin du MSG, mais aussi, il n'est pas si près. Ça me permet de décrocher de la folie reliée au hockey et de vivre ma vie, bouteille en main et ligne au nez, loin des partisans. Le Bronx, ce n'est pas un quartier très axé sur le sport, sinon celui de foutre la merde partout. Ça me rassure, puisqu'en deux ans, ça ne m'est pas arrivé souvent d'être reconnu. Et quand on me reconnait, j'essaie avant tout de faire comme si la personne se trompait. Ça fonctionne. Une fois sur six. Je n'ai pas de voiture, un chauffeur passe donc me prendre chaque matin. Il m'attend à quelques coins de rues du Parking. Je ne veux pas que personne me voit entrer dans un gros VUS noir, chauffeur privé en prime. Et je ne veux pas que l'entourage de l'équipe sache où je vis.

[And he stops the sixth shot] - L'amour/haine de Manhattan
Ouais, comme je le disais plus haut, Manhattan, c'est un peu de la merde. Les gens te reconnaissent tout de suite, alors je n'y vais que très rarement. Ça me plait de signer des autographes, ça me rappelle que je suis une vedette, que je suis un putain de joueur de hockey... mais je ne serai jamais la vedette que je voulais être, je ne serai jamais ce gardien de but idolâtré par des générations de partisans. Je serai à jamais celui qui permet aux grands gardiens des répits de match. Je serai celui qui comblera les soirées qui virent mal. Celui qui permettra au gardien partant de revenir meilleur à la prochaine joute. Manhattan, c'est la représentation de ce que je ne serai jamais : vivant, grand, puissant, important. Personne ne se souvient des seconds. Sauf quand ils montrent une performance à en faire chier des constipés, mais elle n'arrive que très rarement.

[And he stops the seventh shot] - Un tiraillement déchirant
L'alcool, l'utilisation cocasse des drogues vs. mon fils. Le choix semble évident, à première vue. J'aime prétendre que je n'ai aucun problème de consommation, mais tout le monde sait que c'est faux. Moi le premier. Mais l'admettre serait donner raison à mon ex-femme et elle peut bien se faire enculer par un taureau avant que je fasse une pareille bêtise. Je ne sais plus quoi faire. J'aime terriblement Logan. Je l'aime plus que j'aime le hockey. Plus que tout. Mais si tout était si simple, il n'y aurait pas de plaisir à vivre notre vie. Je n’ai pas envie d'attendre ma mort en payant des impôts et en jouant au parfait petit soldat de l'Oncle Sam. J'ai envie de vivre ma vie sans jamais regretter la veille, sans jamais prononcer la phrase : «j'aurais dû», parce qu'en vivant ainsi, on meurt plus tôt. Plus jeune. Et j'ai envie de vivre. De vivre pleinement... avec mes vices, mais avec mon fils. Et les deux ne sont pas compatibles. Ils ne le seront jamais.

[And he stops the eighth shot] - L'engagement difficile
Depuis mon divorce, je ne me suis jamais casé. En fait, même marié, je ne m'étais jamais considéré comme casé. Je ne sais pas, je ne considère pas que l'attachement sentimental soit quelque chose d'utile. Que ce soit un atout, une sorte de joker qui permet d'ouvrir toutes les portes et de refermer celles qui ne doivent jamais demeurer ouvertes très longtemps. C'est un poids de plus sur les épaules. Peut-être dis-je cela parce que je n'ai jamais été en face de la personne idéale. Peut-être qu'un jour, je rencontrerai une personne bien qui me fera croire en l'engagement, croire en son utilité... mais pour le moment, disons qu'après un soir, ça se termine bien. Ça se termine toujours bien. Parce qu'elle s'en va. Parce qu'elle ne revient plus.

[And he stops the nineth shot] - Une famille décimée
Vous connaissez l'expression «partir en fumée»? C'est ce qui est arrivé à ma famille, quand j'avais sept ou huit ans. Je vivais sur la douzième avenue, à London, avec mes parents, mon petit frère et ma grande soeur. Durant une nuit de janvier, où le froid était envahissant et le chauffage à son maximum, il y a eu un défaut électrique au niveau du panneau dans le sous-sol. Un incendie s'est déclaré, je m'en souviens, j'ai été le premier à me réveiller en sursaut. Je suis allé en direction de la chambre des maîtres pour prévenir mes parents. Mon père était chargé d'aller réveiller mon frère (Timmy) et ma soeur (Lisa) pour les sortir à l'extérieur et ma mère devait directement m'amener dehors. Une poutre du rez-de-chaussée s'est effondrée sur ma mère qui était derrière moi. Je suis sorti de la maison avec des brûlures dans le dos et à ma jambe droite. Ma mère, quand les pompiers sont arrivés, s'en est sortie, mais a été brûlée sur la majeure partie de son corps. Mon père, Timmy et Lisa n'ont pas réussi à sortir à temps. Le lendemain, j'étais placé sous la garde de mes parents. Ma mère, pauvre femme, a perdu la carte. Elle a été placée dans une résidence de soins pour les personnes sans autonomie. J'essaie d'aller la voir le plus souvent possible, mais chaque fois, je m'effondre devant ce que cette tragédie a fait de ma mère.

[And he stops the tenth shot] - L'artiste de la patte gauche
«Se lever du pied gauche», référence notoire pour les marabouts de ce monde et les malbaisées en chaleur. Je suis gaucher, ce qui fait sans doute génétiquement de moi une personne abonnée aux réveils du pied gauche. Ils disent que les gauchers ont une âme artistique, un talent naturel pour la créativité. Je ne sais pas qui c'est, «ils», mais ils disent clairement que des conneries. Quand je dessine, mon soleil est toujours jaune. Dans le coin gauche de la feuille. Mes nuages sont bleus et ressemblent à du vomis de chat et mes oiseaux sont noirs imitant le logo de McDonald's. Ouais. Ça, c'est ma créativité. Ma créativité me donne également des statistiques sur la glace à en faire pleurer Nicolas Sarkozy. Et ce connard, je ne crois même pas qu'il soit capable de pleurer. C'est tout dire. Je n'ai rien d'un artiste, d'un créatif, d'un illusionnisme de la vie colorée et moderne.

[And he stops the eleventh shot] - L'ava-quoi?
Je n'ai jamais été mené par l'avarice. Ou tout ce qui pourrait s'y apparenter. Je crois que les preuves parlent d'elles-mêmes : je vis au Parking, je n'ai pas de voiture, mes vêtements ne suivent aucune mode, je ne dépense pas follement... sauf avec mon fils. Si j'avais été une méga grande vedette de hockey, et non pas seulement un numéro deux, probablement que j'étalerais mon argent à tous les passants de la rue. Que je le crierais sur tous les toits, mais ce n'est pas le cas. J'aime manger dans de bons restaurants, combler ma solitude ici et là, mais rien qui pourrait mettre en péril ma tranquillité d'esprit d'être relativement incognito ici...

[And he stops the twelfth shot] - Moi, chanter?
J'arrive du Tennessee, de la ville du country. Là-bas, mes coéquipiers disaient que je chantais très bien. Que j'avais le country en moi. Ce ne sont que des foutaises. Je n'ai jamais cru un seul de leurs mots. Moi, Kenneth Winn, avoir du talent en chant? J'aime bien chanter pour le plaisir -à vrai dire, je chante tout le temps-, mais de là à parler de talent, il ne faut pas user des conneries. Je crois qu'en fait, ils essayaient de me remonter le moral parce que sur la glace, j'étais une vraie merde incapable d'enchainer trois victoires de suite. Comme si un mec comme moi pouvait avoir le rythme dans la voix en chantant : «I feel like a woman»...

[And he stops the thirteen shot] - Pas de bras, pas de chocolat
J'ai toujours travaillé très dur. À l'école, je n'étais vraiment pas le plus doué de la classe. J'étais même au fond de tous les classements, même si je travaillais dur. Même si j'étudiais six fois plus que les autres gamins de mon âge. Ça a toujours été comme ça, dans ma vie. Aux entraînements, je travaille d'arrache-pied. Je reste plus tard pour continuer à pratiquer mes déplacements, à arrêter des rondelles, mais rien à faire, les résultats ne transpirent pas mes efforts. J'ai appris dans la vie que peu importe les efforts que je mets à faire quelque chose, ce ne sera jamais suffisant. Jamais je ne récolterai ce que j'ai semé. Pas de bras, pas de chocolat, c'est bien clair tout ça, mais pour moi, même avec deux bras et une échelle, le chocolat sera toujours inaccessible. Putain de vie, tout de même...

[And he stops the fourteen shot] - L'irrationnelle rationalité
J'aime me définir comme un être immensément rationnel. Même si ça ne passe pas vraiment au conseil de mon entourage. Selon eux, la rationalité m'a abandonné il y a de cela des lunes. Ne serait-ce que mon incapacité à prendre pour de bon mes responsabilités, selon eux, s'agirait d'un manque de rationalité. En fait, c'est plus compliqué que ça. Je considère rationnel de ne pas brusquer les choses, de brusquer mon corps ou ce que je suis, en prennant vraiment le temps de tout mettre en perspective. Bien sûr, changer pour mon fils, mais à quel prix? Serais-je un meilleur père si j'étais clean? Un doute est persistant dans ma tête. Et dans celle de tout le monde. Même si eux, contrairement à moi, croient savoir ce qui est vraiment bien pour moi...

[And he stops the fifteen shot] - De bonnes valeurs
C'est vrai, je ne prêche pas par l'exemple avec mes minces consommations. Et c'est vrai que lorsque je parle de mon ex-femme, j'utilise des mots pas très doux, mais ça, je n'y peux rien : c'est vrai que c'est une salope. N'empêche, ça ne fait pas de moi une personne qui n'a pas de valeurs. Bien au contraire. Je respecte beaucoup les femmes, sauf mon ex, ouais. Je les respecte surtout la nuit, si vous comprenez ce que je veux dire... Je ne suis pas une personne qui défie volontairement les règles et tout, mais parfois, c'est obligé. En même temps, si j'allais casser des gueules en plein centre-ville, je pourrais dire adieu à ma carrière et à mon rêve, encore bien présent, d'être un jour gardien numéro un. Je suis intègre, honnête, ponctuel... ouais, je sais, que de belles qualités à mettre dans un curriculum vitae pour être embauché chez McDo. Flippeur de burger à ma retraite? Laissez-moi rire.




Dernière édition par Kenneth Winn le Mar 2 Aoû - 17:13, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   Dim 31 Juil - 2:01
SECOND SUR TOUS LES FRONTS
«Ce n'est pas moi, c'est toi.»
Midi moins quart. J’entrouvre l’œil droit puis celui de gauche. De peine et de misère. J’ai mal partout, mais surtout au dos. Ça me fait toujours ça, quand je dors trop. Comme cette nuit. Hier soir, je suis allé au lit vers vingt-et-une heures quarante. Je me suis endormi sans me faire attendre, et voilà que je me réveille enfin. J’avais besoin de ce sommeil. Faut dire qu’hier soir, j’ai bu quelques bières et je me suis tapé cinq lignes de coke. Haly, ma femme, n’était pas très heureuse. Elle ne l’est jamais, quand je me défonce un peu, mais hier soir, je m’en foutais. J’ai appris que j’étais échangé en début de soirée. Que je quittais Nashville pour New York. Cette ville de millions de connards allumés que par l’idée de vivre dans l’une des plus grandes villes du monde. Des gens snobs, hautains et désagréables, mais qui tremblent devant le terrorisme comme une petite fille qui sait qu’elle recevra la fessée pour une connerie de trop. Je suis échangé. Une fois de plus. L’histoire se répète. Je ne suis pas suffisamment talentueux pour conserver ma place de second gardien. Et plus encore, je me fais montrer la porte par un jeune gamin de vingt ans qui se développe plus vite que les carottes dans le jardin. Être vétéran, aujourd’hui, ça ne compte plus. Avoir un certain leadership non plus. Maintenant, si tu n’es pas à la hauteur, peu importe la place qu’on te réserve, on te montrera la porte. C’est aussi simple. Vive le hockey. Vive les décisions de bureaucrates de merde qui ne vivent que pour l’appât du gain sportif. Je peux les comprendre, ouais, mais quand ça nous touche directement, on dirait que ce n’est pas pareil… Clairement pas pareil.

J’entends du bruit dans la maison. Sûrement Haly qui fait du ménage sur le palier après avoir amené Logan à la garderie. Logan, c’est mon fils. Environ trois ans, blond, yeux bleus. Un enfant formidable, bien éduqué. Il doit ces qualités à sa mère. Elle en prend bien soin. Une femme à marier, une femme comme aucune autre existe sur Terre. Ce n’est pas pour rien que c’est la mienne. J’ai souvent l’impression que je ne la mérite pas, que je ne serai jamais capable d’être aussi bien qu’elle. Alors chaque moment en sa présence est un cadeau. Et je le savoure comme un café noir. Bien noir. J’entends un juron venant de la salle de séjour. Je soulève le haut de mon corps pour m’asseoir dans le lit, mais j’échoue et retombe automatiquement dans la trace laissée par mon corps dans mon matelas en mousse mémoire. Merde, la journée va être longue si je n’arrive pas à me lever. Je réessaie une deuxième fois et réussis l’exploit de garder l’équilibre. Je tourne la tête vers le réveille-matin qui indique midi moins onze minutes. Le corps imite la tête et je mets les pieds au sol, enfile mes pantoufles et cherche machinalement de la main gauche ma robe de chambre qui traîne sur le plancher. Je me lève, je me sens un peu étourdi. Je contourne le lit puis passe par le seuil de ma chambre à coucher. Je ne remarque rien sur ma table de chevet. Ni sur ma commode. Le chemin se défile devant moi, éliminant tous les détails superflus qui enveloppent la route à prendre. Je me dirige devant la salle de séjour. Haly y est. Avec sa sœur. Et l’époux de sa sœur. Il y a sur le sol cinq ou six boîtes, trois valises et deux gros sacs d’ordures.

- «Ta sœur a ramené ses merdes ici?», dis-je en direction de Haly. «Tu l’as viré de chez toi, finalement?», adressé-je en direction du conjoint de ma belle-sœur.

Sa tarée de sœur commence à rire, poussant des cris aigus capables de tuer des baleines. Je ne comprends plus rien. Je n’ai jamais aimé sa sœur. Une vraie chipie, une vipère qui s’est longtemps donnée comme mission de faire comprendre à sa sœur que j’étais une merde. Je crois qu’elle a abandonné. Ou pas, je n’en sais rien en fait. J’observe à nouveau les valises qui sont sur le plancher. Ce sont les miennes, celles que j’utilise lorsque je voyage d’un océan à l’autre pour mes matchs de hockey.

- «Bébé, on ne part pas à New York avant au moins une semaine…», que je lui dis, tout bonnement.

Et c’est à ce moment que, sans même le savoir, quelques bières et lignes plus tard, je m’apprête à vivre l’un des plus grands échecs de ma vie. Au diable cette guerre de gardiens, de performances, de shits à n’en plus finir. Elle me regarde droit dans les yeux et me dit : «Toi, tu pars à New York. Aujourd’hui. Moi, je reste. Avec Logan. Ici. C’est terminé, Ken. C’est terminé.» Suit une énorme dispute et les éternels : «ferme ta gueule, sale chienne» à sa sœur qui se mêle un peu trop d’une discussion qui ne la regarde pas. La dispute perdure plus d’une heure, j’en viens à ne même plus savoir pourquoi on s’engueule. Je hurle que la maison est à moi, qu’elle ne peut me mettre à la porte, puis elle, elle joue la carte ultime. Celle qui ferait plier un bœuf devant son envie de te défoncer le crâne. Logan. «Tu mettrais Logan à la rue?», me dit-elle, tout simplement, le regard rempli de malice. Elle touche une corde sensible. Je perds tous mes repères lorsqu’il s’agit de mon fils. On le kidnapperait et, comme rançon, on demanderait que je me tire une balle dans la tête que je le ferais sans hésitation. Parce que c’est mon fils. Et que je l’aime. Et qu’il est beau, intelligent, promis à un avenir meilleur que le mien.

Je perds espoir que le conflit se règle. On me fiche à la porte de ma propre maison. Une heure après mon réveil. Je ne saisis pas très bien encore ce qui se passe, mais ce que je sais, c’est qu’avant de quitter la ville, j’irai embrasser mon fils. J’embarque mes trucs emballés dans ma camionnette, dont j’ignore dans l’immédiat qu’arrivé à New York, je m’en débarrasserai, puis je me tourne une dernière vers mon épouse… ou plutôt, je ne sais plus ce qu’elle est, l’espoir dans les yeux que tout ceci ne soit qu’une mauvaise plaisanterie. Sur le seuil de la porte, elle me regarde, l’air désolé, sa chienne de sœur derrière elle. Elle dépose la main sur la porte, puis avant de la fermer sans regret, me lance un : «Ce n’est pas moi, c’est toi.»

Va chier, salope. Va chier.



Dernière édition par Kenneth Winn le Mer 3 Aoû - 18:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   Dim 31 Juil - 14:10
Bienvenue parmi nous BRILLE

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MessageSujet: Re: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   Dim 31 Juil - 14:26
Bienvenue :l:



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MessageSujet: Re: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   Dim 31 Juil - 15:15
Re bienvenue avec Paul ho ho ho
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MessageSujet: Re: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   Dim 31 Juil - 16:22
Bienvenue parmi nous HEH


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MessageSujet: Re: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   Dim 31 Juil - 18:15
Rebienvenue HEHE
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MessageSujet: Re: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   Dim 31 Juil - 19:09
Se réveiller à côté d'un James c'est jamais très bon. :hihi:

Re-Bienvenue !
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MessageSujet: Re: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   Mar 2 Aoû - 18:03
Merci CUTE
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MessageSujet: Re: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   Jeu 4 Aoû - 1:08
TU ES VALIDÉ ! BIENVENUE !


T'inquiètes pas, je te mettrais jamais à la porte moi Surprised !

Félicitations ! Ton dossier a été approuvé par la Concierge ! Tu peux dès à présent prendre tes aises et faire la connaissance avec tes nouveaux voisins sur le flood, la Chat-Box ou directement via les RP Libres si tu es un thug.

Si tu es perdu, n'hésite pas à t'inscrire à la session de parrainage ! Quoiqu'il en soit, pense à remplir ton profil (sans oublier d'indiquer ta réputation) et te recenser sur nos divers listings:





It’s like when you hear a serial killer say they feel no regret, no remorse for all the people they killed. I was like that. Loved it. I didn’t care how long it took either because I was in no hurry. I’d wait until they were totally in love with me. Till the big saucer eyes were looking at me. I loved the shock on their faces. Then the glaze as they tried to hide how much I was hurting them.  And it was legal. I think I killed a few of them. Their souls I mean.
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MessageSujet: Re: Kenneth Winn - Si j'étais un avocat, mon cabinet se nommerait Winn&Lose   
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