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MessageSujet: Primo ☩ Will you come along, cause I'm about to leave this town. (II)   Ven 20 Mar - 11:59
Primo Faher-Castell
In my eyes, a waterfall, all I can hear, a siren call
Nom Faher-Castell. 'Tain, c'est chiant à dire, vous ne pouvez pas imaginez la galère qu'il a eu à le prononcer quand il était petit. Et en grandissant, encore pire, c'était vraiment du foutage de gueule d'avoir un nom aussi long, qui sonnait aussi bourge, et qui puait le fric à des kilomètres à la ronde. Il l'aime pas ce nom. Celui de son père, puis celui de sa mère. C'est sans doute européen à la base, mais il n'a jamais cherché à en savoir plus. C'est pas vraiment comme si c'était important hm ? Prénom Primo, si vous l'appelez Secundo, concrètement, vous allez vous faire un ennemi. Il déteste les jeux de mots sur son nom, et il peut devenir extrêmement cynique et méchant lorsqu'il est de mauvaise humeur. Primo, c'est italien à la base, mais après, à savoir pourquoi ses parents l'ont appelé ainsi, un vaste et fumeux mystère qui ne le passionne pas vraiment. Des fois, il pense que ça a peut-être un rapport avec Primo Levi, vous savez, ce type qui a passé un bail dans les camps de concentration et qui a écrit un bouquin de taré dessus ? Son père en était peut-être fan. Il s'en fout en fait. Date et lieu de naissance Il est né les 13 Juin 1982, à Los Angeles. Âge Il a 32 ans, et il fêtera bientôt (enfin bientôt, tout est relatif) ses 33 ans. Nationalité Primo est américain. Origines Il a sans doute quelques origines européenne vu la sonorité de son prénom et le léger accent qu'avait souvent son père quand il était petit, mais il n'a pas la moindre idée précise de tout cela. Il s'agit plutôt d'une vague intuition, qui reste bien ancrée dans ses méninges. Statut matrimonial C'est compliqué, ce serait plus pratique à dire que précisément. Très concrètement, Primo est en couple depuis trois ans avec un mec qui n'assumera jamais d'être amoureux d'un autre homme. Tout pourrait aller bien dans le meilleur des mondes, si seulement Primo ne voulait pas que cette histoire soit officielle, que cette histoire prenne de la valeur. Si seulement il ne souffrait pas terriblement d'être un peu seul, dans l'ombre, une frustration omniprésente; Orientation sexuelle Qui s'en fout ? Tout le monde. C'est bien ce qu'il pensait. Job ou Activié Médecin urgentiste le jour, médecin urgentiste la nuit, médecin urgentiste sous la douche, médecin urgentiste sous dans les appart de ceux qui ont pas de quoi se payer des médocs, médecin urgentiste sur le perron quand y'a un coma éthylique dans l'entrée, médecin urgentiste dans les rames de métro, médecin urgentiste au Nigéria. Groupe De ceux qui vivent Crédits Lady Fame

Quand et comment avez vous emménagé au Parking ? Primo s'est installé au Parking il y a de cela un peu moins de trois ans, tout début Janvier 2012. Après avoir tout plaqué en Californie, il s'est cassé, a taillé sa route pour tout changer, parce que l'air devenait irrespirable à L.A, parce que rien ne semblait avoir de sens et que sa vie se cassait lentement, en dehors de ses poumons. Qu'il a bien essayé de faire semblait, mais que ça le faisait pas, quoiqu'il essaye, malgré tout le monde qu'il aurait pu se donner, ça marchait pas. En fait, ça s'est fait du jour au lendemain. Il s'est réveillé dans sa chambre, il s'est dit que soit il se taillait les veines, soit il se cassait. Il a fait sa valise, a prévenu Joaquin, lui a demandé de venir, et ils sont partis tous les deux. Ce type est une énigme. Ils ont emménagé au Parking, pas dans le même appartement évidemment, et la vie a commencé à faire son petit bonhomme de chemin.
Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ? Les voisins, malgré tout ce qu'il pourrait dire d'eux, bah ils le font revivre. Ils le font revivre par leur détresse, par leur manque de moyens, par leur tempérament enflammé, et par leur gentillesse dissimulée. Même si comme ça, il a l'air d'un putain de misanthrope incompris et surtout incompréhensible, il les aime bien, vraiment. Et lorsqu'il les aide, lorsqu'on vient frapper chez lui à cinq heures du mat alors qu'il doit aller au bout trois heures plus tard parce qu'un type s'est salement péter la gueule dans les escaliers et qu'il a besoin qu'on lui remette l'épaule en place, bah il se sent utile. Il se sent à sa place, et ouai, même si y'en a un beau paquet qui l'emmerde, la politesse est la plus belle des armes. Un des seuls truc qu'il a retenu de sa belle et sombre jeunesse.
Quelle est votre réputation au sein du quartier ? Alors lui, c'est le doc. C'est même marqué sur sa porte, sérieux. Il a toujours dit, venez sonner chez moi si vous avez un problème, j'viendrais vous aider. Et il le fait. Bon c'est pas un psy, il tire souvent la gueule et il est pas vraiment chaleureux, cynique, méchant, pas forcément très délicat, mais bon, on a toujours besoin d'un type comme lui. Personne sait ce qu'il a fait avant d'arriver au parking, pourquoi son nom est putain d'compliqué, pourquoi son nom sonne comme une blague et pourquoi il tente toujours d'aider les gens comme ça. Mais il le fait. Et c'est tout ce qu'on lui demande. Souvent, il fume une clope avec ce type là, Joaquin, et ils passent des heures à discuter sur le perron. Ils sont arrivés ensemble, pourtant ils ont jamais dit qu'ils se connaissaient. Ils sont un peu bizarre tous les deux, mais bon. Y'a un lot de gens chelou dans cet immeuble. Il a toujours des cernes sous les yeux, on dirait presque qu'il dort jamais, c'est peut-être vrai.



feat Raphaël Personaz
Son film préféré, c'est le cercle des poètes disparus, vous savez, ce chef-d'oeuvre avec Robin Wlliams ? Il aime tout dedans, la thématique des enfants perdus, l'idée de vouloir faire autre chose que ce qu'on attend pour soit, et les envie suicidaires aussi. Souvent, il pense qu'il aurait aimé avoir Mr Keaton comme père, ou au moins comme prof. Il a jamais rencontré quiconque comme lui, et ça lui manque. Il lui manque un type comme ça dans sa vie. ☩ Il aime la pop musique, jore Taylor Swift, limite si il a pas des posters d'elle dans son appart. Généralement, il écoute shake it off quand il arrive pas à dormir, et il fume des clopes en chantant. Et là, il sourit. Surtout quand elle se met à rapper. Il a presque pas honte en plus. ☩ Il a passé cinq ans au Nigéria, en temps que médecin sans frontière. Il a assisté à de nombreux conflits, et pendant ces longues années, il a secouru encore et encore, des femmes, des enfants, des types aussi, plus ou moins coupable de certains trucs. Le manque de moyens, la détresse ambiante, les regards vides, les regards noirs, les regards reconnaissants, le désespoir et l'espoir, tout ça il a connu. Il a baigné dedans. Et souvent, il se réveille en sueur, secoué par des cauchemars qu'il oublie systématiquement. ☩ On dit que le cerveau peut anhihiler des souvenirs trop douloureux. C'est un phénomène psychologique post-traumatique qui se manifeste très souvent. Mais bon. C'est de l’arnaque, lui, ces années au Nigéria, il les a pas oubliées, et il les oubliera sans doute jamais. C'est encore bien concret. ☩ Il a grandi dans une famille très aisé. Trop aisé. On lui donnait tout, il a voulu plus. Alors pour attirer l'attention de ses parents qu'il avait déjà, comme un gosse pourri gâté, il s'est mis à sortir avec des mecs, juste pour les emmerder, à fumer, à boire, à sortir, tous ces trucs qui font que les parents s'arrachent les cheveux. Mais avec du recul, il se trouve très con. ☩ Il n'a jamais vraiment aimé ses parents. On dit que l'instinct maternel n'est pas acquis, c'est également valable pour l'amour de parents à enfant. Pourtant rien ne prédestinait sa famille à être aussi éclatée, à voir ses membres distants les uns envers les autres. Il les a quitté en revenant du Nigéria, incapable de rester à L.A, n'a jamais demandé la moindre nouvelle et n'en a jamais reçu non plus. ☩ Joaquin, il le connait depuis qu'il est né. Il pourrait pas vraiment dire quand il en est tombé amoureux, mais tout ce qu'il sait, c'est que ça date d'une éternité. Il a quitté l'Amérique et s'est engagé dans cette mission humanitaire au Nigéria pour emmerder définitivement ses parents, mais surtout pour le fuir lui. Cette espèce d'attirance maladive qui le rongeait. ☩ Ses études de médecine ont été un véritable calvaire qui l'ont laissé passablement éreinté, qui l'ont fait mûrir, et qui ont donné un sens à sa vie. La médecine, les vies humaine, voila bien ce qu'il aime. Il n'a aucune idée d'où il serait aujourd'hui sans celle ci. ☩  Il fume beaucoup, et jure. C'est parce que, quand il était gosse, sa mère puait la clope, et parce qu'elle lui avait interdit de dire la moins injure. Du coup bam, esprit de contradiction bien placé. ☩ Il a pas son permis, il a aucun idée de comment on conduit une voiture, il prend tout le temps le métro. ☩ Il travaille aux urgences l'hôpital publique du Bronx. Autant dire que les blessures par balle, les coma éthylliques et les overdoses, les cas critiques, les morts fréquents, il connait. Il est venu à New-York, dans cet endroit, précisément dans ce but. Parce qu'il ne pouvait plus rester à l'autre bout du monde, parce qu'il ne pouvait pas non plus traiter des chevilles foulées et des mecs ayant mal à la gorge pendant des années à L.A. Lui ce qu'il aime, c'est l'adrénaline de son job. Bon, clairement, il l'a trouvée dans le Bronx. ☩ Il est pas de ces types qui se lamentent sur leur sort pendant des heures. Lui, il aime prendre les choses en main et faire bouger sa vie, il ne se laisse pas abattre, il va de l'avant. Mais il est lucide. Il est certain que la vie ne s'étend pas à perte de vue devant lui. L'avenir est bouché, mais au moins il est présent. ☩ Il est amoureux, à la folie, de ce type qui le fait souffrir chaque jour. Ca a un côté maso, et il se demande encore pourquoi il l'a pas largué depuis des années. Mais c'est pas si simple. Rien n'est simple avec Joaquin. Et c'est bien le problème. Il a pris son coeur, il s'amuse à la foutre dans une machine à laver depuis trois longues années, et lui, il marche. Souvent, il vient le voir, il lui fout un ultimatum, ils s'engueulent, et puis ce type l'embrasse, et ils font l'amour contre la porte, et évidemment, il se laisse manipuler. C'est pathétique. Joaquin est la honte de sa vie. ☩ Le plat préféré de Primo sont les spaghettis bolognaises simplement. Dans chaque resto où il est parfois invité, il commande ce plat, et il ne s'en lasse pas. ☩ C'est un médecin doué, on lui demande souvent pourquoi il gaspille son temps aux urgences. Mais plus haut, y'a pas l'adrénaline, y'a pas ce truc de sauver des vies, y'a pas cet espèce de contact avec les patients, et ça lui manquerait de passer ses journées dans un bureau à débattre de cas critiques. ☩



Solosand
passe ta souris !
Béééééééh clairement, j'adore ce forum, donc un dc s'imposait What a Face ici nemo l'affro sortie d'un film porno au micro (ptn sid tu m'as contaminée avec tes rimes RIP )
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MessageSujet: Re: Primo ☩ Will you come along, cause I'm about to leave this town. (II)   Ven 20 Mar - 11:59


We Built Our Own World.
1996, L.A.

« Viens, on s’casse. »
Il tire encore sur sa clope. Ca lui va bien. Ca lui donne des airs de caïd. Non, c’est pas un caïd en vrai, il se donne juste les manières, avec le look, t’sais, le pantalon troué, le sac à dos destroy, et puis les yeux noirs et le regard de tueur en série. Primo le regarde avec un air blasé. Il a quatorze ans, il impressionne sans doute pas grand monde. Il est pas très grand. Alors l’air blasé s’impose. L’autre plisse le nez, comme d’hab’, et lui jette à la gueule :
« Quoi ? »
Alors Primo répond :
« Depuis quand tu la joues thug life ? »
Joaquin fronce les sourcils. Puis il finit par sourire. Hm, ça lui va déjà mieux. Primo croise les bras contre sa poitrine, s’appuie sur le mur et le regarde, tandis que tous les autres commencent déjà à se ramener vers les classes.
« T’préfères vraiment aller perdre ton temps en cours de bio pendant que t’pourrais être peinard sur une plage pendant tout l’aprem’ ? »
Il se met à parler bizarrement. Encore une fois, c’est sans doute … Pour se donner l’air. L’air d’être ce qu’il n’est pas. C’est-à-dire que ce n’est pas un putain de rebelle. Mais clairement, l’idée d’aller se casser à la plage lui plait bien. Et tout habitant de L.A. qui se respecte se doit de toujours avoir un maillot de bain sur soit. Alors Primo jette un coup d’œil à tous ces gens qui se dirigent vers les classes.
« J’ai le choix ? »
« Bof. »
« Ts. »

Il lève les yeux au ciel. Sourire aux lèvres, il le suit, en dehors des grilles. Tous les deux récupèrent leur vélo, mettent leur sac sur leur dos, et s’élancent. Le trottoir d’abord, longtemps, et la roue dans celle de Joaquin, elle s’élance, à toute vitesse, elle laisse des traces, de l’émotion à revendre, son cœur qui s’emballe avec la vitesse et avec l’air, le vent qui lui gifle le visage. Ils vont plus vite que tout, doublent des voiture, traversent les feu, plus vite, plus encore plus vite. Y’a des cocotiers sur les côtés, c’est Hollywood quoi. Depuis combien de temps ils roulent ? Il en sait rien. Il essaye de le doubler, et une course se lance entre eux. Le plus rapide des deux. Ils s’arrêtent pas à la plage, ils continuent, longe celle-ci. L’air de la mer, c’est si bon, et la liberté surtout. A un moment, Primo se redresse sur sa selle, sourire aux lèvres. Il lâche le guidon, pour se laisser porter, et il essaye de tenir en équilibre. Et ça marche. Il sourit, plus fort, il ferme les yeux et laisse l’air couvrir tout ce qu’il est, tout son être. C’est bon, c’est si bon, ça lui fait perdre la tête.
Et ça finit par lui faire perdre l’équilibre.


« Alors non seulement tu fais l’école buissonnière, mais en plus, tu te casses une cheville ? »
Long silence. Primo passe une main dans ses cheveux tout fin, et regarde son père. Il a pas grand-chose à dire, le constat vient d’être fait, il aurait mieux fait de tenir en équilibre, mieux encore, d’aller en cours. Mais il regrettait pas. Près du lit, Joaquin dit, d’une voix relativement forte au vue de sa position dans la situation :
« C’est de ma faute, j’aurais pas dû … »
« Joaquin s’il te plait. La situation est déjà assez compliquée et tu ne …»

Vague silence, de nouveau. Bon sang, cette salle respire la gêne et le malaise. Monsieur Faher-Castell déclare, avec une violence qu’il ne soupçonne même pas :
« Tes parents doivent s’inquiéter, tu devrais rentrer chez toi. »
Oh, il n’aurait pas dû dire cela. Joaquin fait partie de cette catégorie de personne capable de très facilement se vexer, et il vient de toucher un point sensible. Le blessé sourit, prévoyant la suite avec brio.
« J’essaye simplement de l’aider, vous ne voyez pas qu’il n’est pas au plus haut d’sa forme ces temps ci ?! »
Bwaf, tout est une question de point de vue. Mais ouaip, ces temps ci, c’est pas trop la joie. Pas de raisons particulières, c’est juste, comme ça. Il en a marre de l’école, il en a marre de s’ennuyer partout et tout le temps. Y’a bien qu’avec Joaquin qu’il arrive un peu à s’éclater, et à sentir son adrénaline qui monte d’un cran. Le regard de son père se fait furieux, sur son meilleur ami.
« Pourrais-tu s’il te plait, rentrer chez toi Joaquin. »
Primo intervient, avec cette voix rauque qui le caractérise si bien :
« Quoi, t’as un truc privé à me dire peut-être ? »
« Je n’apprécie simplement pas qu’on me parle sur ce ton. »
« Dommage, parce qu’il reste. »

Et s’en suit une sorte de battle de regard. S’ils étaient dans un film, leurs yeux lanceraient des éclairs. Mais c’est bien pire que cela. Primo n’aime pas son père. Il n’explique pas pourquoi. Mais c’est comme ça. Lui et sa mère aussi, c’est vraiment pas ça. C’est pas l’amour, c’est pas la joie, c’est sans doute pour ça qu’il fuit la maison, qu’il reste en permanence avec ses potes, avec Joaquin. Joaquin qui le regarde, comme s’il pouvait le protéger de tout, comme si l’un et l’autre se protégeaient, envers et contre tout. Son père pousse un long soupir. Puis il déclare :
« Tu as tout gagné Primo. Tu ne reverras pas ton vélo avant un bon mois, et quand à tes permissions de sortie, tu peux les oublier. »
Primo lève les yeux au ciel, et rabat ses deux bras contre sa poitrine. Il jette un regard blasé à son père, et déclare, avec un air sarcastique :
« C’est vrai que j’suis entre la vie et la mort. »
« Il ne s’agit pas de ta blessure, tu l’as méritée. »

Lol. Primo déclare, amusé :
« C’est vrai, comme si t’avais jamais séché l’école. »
Oh il sait très bien qu’il ne devrait pas mettre de l’huile sur le feu, mais c’est plus fort que lui… Il adore faire enrager son père, qui finalement déclare, exaspéré :
« Là n’est pas la question, tu … je ne sais pas d’où vient ton stupide esprit de rébellion mais il commence sévèrement à me taper sur les nerfs. »
Il leva les yeux au ciel. Et son père ne manqua pas de le reprendre, de nouveau, sur cette marque d’insolence. S’en suivit un long sermon interminable que Primo ne fit qu’entendre. Il soutenait son regard, il ne le laissait jamais le dominer. Il n’expliquait pas pourquoi il faisait cela. C’était juste, comme ça, et ça n’avait pas besoin d’être démontré. De l’autre côté du lit, il savait que Joaquin le regardait, fulminait devant les assauts de son père, et avait envie de le défendre. Ce que monsieur Faher-Castell ne voyait pas, c’était que le jeune homme, debout, aurait certainement pu lui sauter dessus pour lui arracher les yeux si seulement … Si seulement Primo n’avait pas passé une main contre son poignet, le serrant le plus fort possible, l’empêchant sans un mot d’intervenir. Il avait sentit son ami tressaillir à ce contact, mais il n’avait pas bronché.
Il n’y avait pas eu un seul regard entre les deux hommes. Ils se comprenaient, tout simplement.


A Dream Within A Dream.
2000, L.A.

« C’est l’an 2000 mon pote ! Eclate-toi au lieu de faire la gueule ! »
« J’fais pas la gueule. »
« Ouai mon cul. »

Joaquin prend une autre gorgée dans cette bouteille de vodka qu’il a chouré allez savoir où. L’œil avisé de Primo, qui se contente d’une simple bière et d’une cigarette, le fixe. Enfin une. C’est sans doute une bien petite estimation pour un fumeur comme lui. Il a commencé à fumer parce que sa mère venait d’arrêter. Pour laisser une odeur de cigarette dans la maison, histoire de la faire chier quoi. Et le pire c’est que ça marche. Le mec en face de lui est rayonnant, souriant, et totalement défoncé. Dans quelque heures, deux grand maximum, il sera en plein bad trip, et Primo s’occupera de lui, comme d’habitude. Comme d’habitude, il passera des heures à écouter tout ce qui ne va pas dans sa vie, avec les deux nanas qui lui tournent autour et qu’il aime autant l’une que l’autre. Il lui racontera tout ce qu’il ne va pas dans sa famille, dans sa vie. Ses addictions, ses ambitions. Ses ratés, ses plus grands secrets, ses rêves, ses amitiés cachées et ses amours incompris. Pourtant ce type a l’air simple en apparence. Mais non. Joaquin n’est pas simple. Et ça Primo l’a compris, depuis quelques années déjà. Il demande, sans vraiment savoir pourquoi :
« Dis, ça fait combien de temps qu’on se connait ? »
Joaquin éclate de rire, puis il passe un bras autour de la nuque de Primo. Il se met à compter sur les doigts (ouai, les maths c’pas vraiment son fort) :
« Un, deux, trois, quatre, cinq, six … Six ans ! Six ans et demi ! »
Primo hausse les sourcils en souriant. Il tire une taffe, lui fout la fumée dans la gueule (parce qu’il déteste ça, et que c’est marrant de le voir grogner) et déclare, fier de lui :
« Tant que ça ? »
Ca marche, Joaquin grogne. Puis il se laisse tomber en arrière, dans l’herbe. Plus loin, la fête bat son plein. Y’a des nanas qui dansent en collé serré avec des mecs, qui les embrassent, c’est une fête de la jeunesse dorée de L.A. Une fête où il s’emmerde, comme d’habitude. Il a jamais aimé ça, il y a été parce que Joaquin l’a emmerdé pendant des heures au téléphone et sur skype et est même venu chez lui pendant qu’il bossait pour lui dire de ramener son cul à cette foutue fête du nouvel an. Concrètement, il s’emmerde … Mais ouai, ça valait un peu le coup de venir si y’avait ce type à côté de lui. Il lui jette un coup d’œil. Il a l’air d’un bienheureux. Il a les deux mains derrières le crâne, et il regarde les étoiles. L’intérêt d’habiter à L.A., c’est qu’on peut être en tee-shirt au nouvel an.
Il boit une nouvelle gorgée de bière. La voix de Joaquin s’élève.
« Ouaip, tant que ça. »
Un vague silence s’installe. Le mégot de Primo vient rejoindre les autres sur la pelouse. Il s’allume une autre clope, sur laquelle il tire. De nouveau, la voix se fait entendre, avec une mélancolie qui ne le prend que lorsqu’il est bourré :
« Pourquoi t’as fait médecine mec … »
« Pourquoi ça t’emmerde ? »

Quelque part, ouai, il a envie de l’entendre. Il a envie de l’entendre lui dire qu’il lui manque. Lui dire que sans lui, les journées sont plus longues, et peut-être un peu moins brillantes. Un peu de poésie merde. Mais Joaquin est pas comme ça. Six ans, ça aide à connaitre quelqu’un. Et il ouvre la bouche. Primo le regarde, en souriant. Il met un temps à la sortir sa phrase :
« Bah parce qu’on s’voit moins. »
Primo sourit. Ouai, ça lui réchauffe un peu le cœur, ça lui fait comprendre qu’il est pas tout seul. Ou au moins, qu’il compte pour quelqu’un.
« Pas ma faute si j’ai un projet professionnel, moi. »
« T’fous pas d’ma gueule. »

Mais il sourit en disant ça. Ca lui va bien.
A à un moment, il se dit qu’il pourrait assouvir tous ses fantasmes d’un coup, simplement en se rapprochant un peu, et en l’embrassant. Mais ce serait con. Ce serait vraiment très con. Et pis y’a cette fille là, à la fête, qui lui a fait  un rentre-dedans sévère. Il pourrait aller la voir, et la soirée se conclurait. Ou bien il peut rester là, à regarder Joaquin,  à faire gaffe à ce qu’il ne fasse pas un coma éthylique. Et puis le regarder en espérant qu’un jour, ce soit lui qui ne l’embrasse. Ouai, on peut toujours espérer. Mais ça n’arrivera pas. Alors il reste à ses côtés. Pas parce qu’il espère. Juste parce que c’est toujours comme ça et qu’il s’est promis de toujours veiller sur lui quand il est bourré.


Dream Is Collapsing.
2006, L.A.

« J’me casse. »
Joaquin se frotte les yeux. Il referme la porte derrière Primo. Il  se dit qu’il doit vraiment avoir une sale gueule avec ses cernes sous les yeux, avec sa barbe qu’il a pas le temps de raser. Peut-être qu’avec un peu de charme qui sait. Il regarde l’appartement de son meilleur ami.
« Elle dort encore ? »
La nana avec qui il sort depuis un an. Peut-être un an et demi. Ils vont sans doute se marier, avoir des enfants, et Primo lui, bah il va enterrer tous ses fantasmes. Dans le sable du Nigéria si possible. Cet appart’ est dégueulasse. Joaquin, c’est l’inverse de Primo, le psychorigide. Les légumes toujours coupés, les cahiers toujours rangés. Déjà, son ami demande :
« Comment ça tu t’casses ? »
Un vague silence. Soudain, Primo pense que ce n’est plus du tout une bonne idée, que c’est même une putain d’erreur. Il regarde par la fenêtre, tandis qu’il sent le regard de Joaquin se poser dans son dos. Il ajoute, après s’être assis sur l’accoudoir du canapé, un peu perplexe :
« Ouai, elle dort encore. »
Il peut pas s’empêcher d’imaginer ce type se taper cette nana. A match pair in heaven. La perfection, jeunes, beaux, riches. Putain Joaquin est pété de thune, pourquoi il habite dans un truc aussi merdique… Ca a pas de sens. Il peut pas s’empêcher de l’imaginer, ouai, baiser celle qui prend toute la place dans son cœur, qui a le plus d’importance. Ca pourrait le rendre malade. Lui donner la nausée. Puis il se retourne, pour regarder Joaquin droit dans les yeux. Et il déclare, doucement :
« Ouai, j’m’en vais. J’ai signé y’a deux mois pour une mission humanitaire au Nigéria, pour bosser dans un hôpital de campagne. »
Il voit les yeux de Joaquin se fermer. Se rouvrir. Ses sourcils se froncer, puis son regard s’agrandir, d’abord en un air suspicieux et perplexe, puis simplement en choqué. Et tout passe si lentement sur son visage, il est tellement expressif ce type. Ca lui va bien. Primo ne perd pas une miette de sa réaction. Il sent les mots s’échapper de sa gorge. Il sent sa voix qui se bloque. Il sent tout cela parce qu’il connait Joaquin par cœur, parce qu’il l’aime autant qu’il est capable d’aimer. Et les questions fusent.
« Tu pars quand ? »
« Demain matin. »
« Pour combien de temps ? »
« Un an minimum, je pourrais renouveler le contrat cinq fois.  »
« Tu vas gagner combien ? »
« C’est du bénévolat. »
« Tu te fais gave piner. »
« Je sais.  »

Il ouvre la bouche pour continuer. Mais il n’en fait rien. Son regard s’est agrandi. Il a l’air de devoir se maîtriser pour garder son calme. Il a l’air triste. Mais Primo est parano, il imagine peut-être tout cela. Il aimerait ne pas imaginer. Que ce soit la vérité. Il y croit pas vraiment. Et une autre question fuse.
« Pourquoi tu t’en vas ? »
Sa voix se bloque, à la fin. Mais encore une fois, c’est peut-être … Juste une sorte d’illusion auditive, dictée par sa voix. Putain sa voix le fait dérailler. C’est à cause de sa voix, de sa voix qui déraille, qui le fait partir en couille, qui lui retourne le cerveau, à cause de lui. Et puis, à cause de ses parents, de l’argent dont il veut plus, de tout un tas de raisons plus noble. Mais y’a surtout Joaquin, il lui fait perdre la tête putain. Primo prédit, prophétiquement, qu’il se mariera avec cette nana, qu’ils passeront de belles années, et qu’ensuite, ils auront des gosses, que leur mariage éclatera, mais qu’entre temps, Joaquin aura déménagé autre part, dans une vieille banlieue. Alors ouai, Primo a fini son internat, il est officiellement médecin urgentiste, et officiellement, il veut pas assister à ça. A la destruction totale et définitive de son cœur. Et puis y’a ses parents à emmerder aussi. A vingt-quatre ans, il est toujours dans cette optique. Serait temps de grandir. Il répond :
« Pour faire chier mes parents. »
Joaquin secoue la tête. Il le regarde droit dans les yeux, avec ce genre de trucs noir qu’il peut foutre dans son regard et qui fout les ch’tons à Primo. Pourtant il soutient tout, comme d’habitude.
« Nan, j’te demande la vraie raison. »
Il s’arrête. Ts. La vraie raison.
« Mes parents. »
Joaquin a l’air si las.
« Primo putain … »
Il le connait. C’est vrai.
Primo l’observe. Un long moment. Il pourrait tout faire là. Il pourrait l’embrasser, lui faire comprendre à quel point il est fou de lui, à quel point tout se barre en vrille dés qu’il le voit, et que ça fait bien longtemps que son meilleur ami n’est pas seulement que ça. Qu’il aurait aimé que les choses se passent autrement. Mais que non, c’est un fait, c’est un fantasme qui le hante, qui rend tout plus compliqué, toute sa vie entière, à cause de lui.
« T’veux vraiment savoir ? »
« Ouai. »
Il a l’air si calme quand il dit ce dernier mot. Il a changé depuis ces quelques années où il était assis, à regarder les étoiles à l’aube de l’an 2000. Où il se descendait une bouteille de vodka tout seul. Mais en fait, à bien y regarder, c’est toujours le même. Toujours le mec qui l’emmenait faire l’école buissonnière et qui le faisait rire à en mourir. Qui était le seul à pouvoir lui arracher un sourire. Un truc torturé sans doute. Mais si il faut se faire tuer à l’autre bout du monde, autant le faire sans regrets. Sans regrets.
Réfléchis Primo. N’ai pas de regrets.

Primo fait un pas rapide, un deuxième. Il ne lui laisse pas le temps de réfléchir. Jamais. C’est un seul mouvement, une seule pensée qui guide ses actes. Il se baisse légèrement et passe ses deux mains contre son visage pour l’embrasser.
C’est un truc dont il a toujours rêvé. Alors il fait ça bien. Il ne le laisse pas partir, il le contraint à se caler contre ses lèvres, à apprécier le seul baiser qu’il lui donnera. Le seul que ce type pourra jamais recevoir d’un mec. Ouai, il est un chouia homophobe Joaquin, c’est comme ça, c’est pour ça. Putain il en a rêvé de ce contact. Ca fait quoi, dix ans ? Ouai. C’est triste. Super triste. Il pourrait presque se pourrait se mettre à pleurer en l’embrassant, tellement il s’en veut de vivre ainsi, sans jamais faire quelque chose pour se changer. Que cet amour le conditionne, c’est la chose la plus triste qui ne lui soit jamais arrivé. Lui qui prend sa vie en main, qui en sauve tous les jours, ne peut pas penser à quelqu’un d’autre que lui. Alors il fait durer le contact. Un long moment, sans se faire repousser. Au contraire. Un instant, il pense que ça pourrait peut-être marcher entre eux. Peut-être.
Mais il s’écarte.
Et il voit le regard horrifié de Joaquin.
Alors il se redresse. Rougit sans rien dire, puis remet son sac et se casse, sans un mot.

La porte claque.
Il monte dans l’avion.



One Simple Idea
2008, quelque part, dans la campagne nigérienne.
Dehors, la nana regarde les étoiles. Elle devrait dormir, ça va pas l’aider à sauver des mecs que de fixer la voie lactée. Il l’observe un petit moment, depuis l’intérieur de la cabane. Puis il se lève de la chaise, laisse tomber son dossier et pousse la porte. Elle ne sursaute pas. Normal, elle vient d’arriver. Il s’assoit à côté d’elle, sur les marches du perron de fortune. Il gratte sa barbe. Ca manque de rasoirs par ici. Il déclare, d’un ton neutre :
« Les rasoirs me manquent. »
Elle le regarde, avec un œil perçant. Elle approuve, d’un signe de tête, avant de reporter son attention, de nouveau, sur la voie lactée. Si elle ne veut pas parler, il ne la forera pas. Elle porte la main à sa bouche, comme un réflexe de fumeuse. Il se marre.
« Tu sais je crois que c’est ça qui va me manquer le plus. »
« Quoi ? Les rasoirs ? »
« Mais non. »
Primo demande ça sans vraiment s’y intéresser. Plus par politesse. Il s’en fout un peu de ce qui va lui manquer. Mais alors pourquoi il est venu vers elle ? Encore une bonne question. Il fait pas encore partie des anciens de l’hôpital, mais il est pas non plus dans les nouveaux. Il a renouvelé son contrat une troisième fois. Parce qu’il aime ce qu’il fait ici. Parce qu’il s’est jamais plus senti à sa place que dans cet endroit. Et que dés qu’il repense à sa vie en Amérique, il a envie d’en vomir.
« Les clopes. »
Primo sourit.
« Des fois t’sais, quand ils nous ravitaillent en médoc’, ils ramènent des clopes aussi. »
« Ils ? »
« T’sais, l’association qui nous a foutu dans ce trou à rat. »
La nan hausse un sourcil. Elle est là depuis trois jours. Elle a pris trente ans. Elle a l’air crevée, et c’est pas encore la fin, la pauvre, elle sait pas ce qui l’attend. Il va lui demander ce qu’elle fait là, que déjà elle anticipe :
« Qu’est-ce que tu fais là ? »
Il ne réagit pratiquement pas. Dans son esprit apparait un visage aux traits vagues et mal dessinés. Il répond, doucement :
« J’avais une mauvaise raison. »
« Laquelle ? »
« Je fuyais quelqu’un. »
« Des chasseurs de prime ? »
Il sourit. Elle aussi. Nan, si, c’était drôle. Il déclare :
« Ouai. »
Vague silence. Puis il ajoute, avec un air mélancolique :
« J’ai oublié pourquoi j’étais parti en fait. Et toi aussi tu vas oublier pourquoi t’es partie, et au final, tu te retrouveras avec un paquet de bons sentiments sur les bras. »
Et une âme en miette. Mais il ose pas ajouter ces derniers mots. La sienne est réduite à néant. Quand il voit tous ces gens qui débarquent qui sont soumis à des conflits où ils ne sont que de simples témoins, victimes de maladies qui se soigneraient en quelques semaines en Amérique, incurables ici… Tout lui semble plus complexe. Plus sensible. Plus passionnant quelque part. c’est un sens à donner, un prix à payer. Une âme en petits morceaux, à ramasser à la petite cuiller, pour la bonne cause, pour sauver des gosses, des femmes, des mecs qu’ont rien demandé. Elle déclare, doucement, tout en regardant les étoiles :
« J’ai déjà un paquet de bon sentiments. »
Il n’en doute pas … Et elle ajoute :
« On peut pas partir, comme ça, sans avoir un minimum de … ‘fin … De bonté. Non ? »
Il regarde devant lui.
« Les gens disent que j’suis misanthrope. J’crois pas que j’le suis. J'suis pas un type bien non plus, à la rigueur, on s'en fout. Mais j’suis pas partie en ayant envie d’aider les autres, je sais même pas pourquoi j’ai fait ce métier. C’était la fuite tu vois, et puis un défi, mais pas de la bonté. »
Elle le regarde, le fixe avec un rien d’incompréhension, mêlée à une profonde perplexité. Il sourit pas. Et il ajoute.
« Maintenant, je vis plus que pour les gens dans cet hôpital. »


Waiting for a Train
2011, quelque part, dans la campagne nigérienne.

Un long cri perçant imprègne la salle de trauma. Primo est sûr est certain qu’il va mourir, il sait même pas pourquoi ils continuent tous d’essayer de le sortir de là. Il a peur que d’une minute à l’autre, cet enfant meurt. Il sait même plus ce qu’il lui est arrivé. Il a été pris une balle ou deux, des balles perdues, logées dans son cœur, dans son estomac. Primo essuie son front. Putain fait trop chaud, vraiment trop chaud. Il regarde le visage tordu de douleur de ce type. Il lui dit de s’accrocher, entre deux instructions qu’il lance aux autres médecins avec lui. Combien ont le double de son âge ? La totalité. Pour autant, il prend les choses en main, c’est un vétéran ici, il sait ce que c’est, il connait la galère de cette vie. Et il l’endure. Putain mec, fais en sorte que ton cœur s’arrête pas, parce qu’on a plus de défibrillateur. Ila rendu l’âme la nuit dernière, alors si ton cœur s’arrête mec, on pourra pas te sauver. Primo déglutit. Ils font ce qu’ils peuvent, ils se débattent, une marche à suivre si compliquée, un matériel insuffisant, et ils sont pas assez. Et ce type va clamser. C’est sûr, depuis le début, il va mourir, c’est impossible. C’est impossible.
Les cris stoppent, soudainement. Son cœur s’arrête.
Y’a un type qui commence le massage cardiaque. Un des médecins arrivé y’a trois, quatre semaines. Putain nan, ça sert plus à rien. Avec un défibrillateur, il aurait peut-être une chance. Mais là il en a pas la moindre. Ca sert à rien. Il baisse ses mains, et il regarde le visage inanimé de cette personne. Pas un gosse. Pas un adulte non plus. Entre les deux. Combien il en a vu comme ça ? Le type qui lui fait le massage cardiaque gueule des instructions, mais ça sert à rien. Il comprend pas que c’est la misère, que c’est le bout du monde et que ça marchera jamais… Alors Primo déclare l’heure du décès, en regardant l’autre médecin droit dans les yeux. Y’a pas de tristesse, pas de pitié. Juste une profonde rage. Il regarde la pendule. Il est trois heures du mat. Fin de soirée à L.A. Il imagine du champagne et des pochettes de sang à profusion. Il sort de la salle de trauma, fonce à vive allure dehors. Il a besoin d’air, il a besoin d’un truc. Sa tête tourne, tourne à vive allure. Fais vraiment trop chaud. Et son cœur va exploser.
Il arrive à l’extérieur. Il passe une main sur son visage, s’empêche de crier. Un long vertige le prend, un énorme coup de fatigue, et il s’appuie contre le mur. Ses jambes le lâchent, il flanche, comme un gosse, comme un simple gosse. Il se retrouve à terre, sans même s’en rendre compte. Ca lui semble le cadet de ses soucis. Le sol est froid, c’est au moins ça.Sa tête tourne, il confond le sol, la nuit, les étoiles et le silence de l’hôpital. Il a envie de hurler. Il a envie de hurler si fort, mais ça casserait tout en lui. Il a l’impression d’être un vase brisé qu’on tente, tant bien que mal, de laisser en équilibre, et à la moindre secousse, il menace de s’effondrer, de nouveau. Il ferme les yeux. Le vertige est trop fort, fais vraiment trop chaud. Il trouve une sorte de sommeil, étrange, enivrant, là, dehors.

Il entend des mots, qu’il comprend vaguement. Il se concentre dessus, peut-être que tout cela l’aidera à émerger. Ses paupières sont lourdes, très lourdes. Et il fait extrêmement chaud. Il sent un truc dans son bras, ses sens se mettent en ébullition. Il a besoin de se réveiller, qu’est-ce qu’il fait … il a des patients à aller visiter, des ordonnances à finir, et il va forcément y avoir une urgence dans la journée. Il ouvre les yeux, les referme aussitôt. Pourquoi est-il parti déjà ? Une voix se rapproche de lui.
« Primo ? »
Il ouvre la bouche, et rouvre les yeux, se faisant violence. Il fait pas encore bien jour. Mais le soleil se lève. Il le voit par la lumière qui s’échappe des fenêtres du vieux bâtiment, par l’air chaud, sans être étouffant. Il connait si bien cet endroit. Cinq ans qu’il est là. Pour lui, c’est plutôt cinquante. Ou cinq jours. Tout dépend. Il pose son regard sur Nathalie. Elle a un air grave, sérieux. Comme si elle le jugeait. Il sourit. Il bat des paupières, réussit à parler, d’une voix pâteuse et endormie.
« Heeeey you. »
Elle se rapproche un peu plus. De l’autre côté, il y a ce vieux type en salle de trauma hier, qui a voulu sauver le mec, déjà mort à son arrivé. Il essaye de se redresser un peu dans son lit que déjà, l’autre pose une main sur son épaule. Il lui jette un regard perplexe. Qu’est-ce qu’il fout dans un lit … Toutes ses forces l’ont quitté. Qu’est-ce qu’il lui arrive …Il fronce les sourcils.
« Qu’est-ce qu’il m’arrive... »
Nathalie regarde l’autre gars en face. Et puis elle déclare.
« Par où je commence … »
« Déjà ça commence mal. »
« C’est pas drôle Primo. T'nous as fait très peur, Benton t'as retrouvé inconscient dehors au beau milieu de la nuit ... »
Vague silence. Il parvient à se redresser légèrement. Mais la tête lui tourne violemment … Et elle commence l’énumération de ses crimes, en comptant sur ses mains.
« Déshydratation, carence en vitamine, manque de sommeil, malnutrition, surmenage… »
Le bilan tombe, lourd. Il pourrait baisser les yeux. Mais non, il la regarde en face. Et elle déclare :
« Je continue ? »
« Nan ça ira. »
De nouveau, le silence. Il sait très bien ce que cela signifie. Alors elle attend qu’elle le dise. Elle croise les bras :
« On n’a pas besoin d’un malade de plus ici. Tu rentres à L.A. dés ce soir, t’es inutile ici. »
Que peut-il dire. Il pourrait se défendre, il aurait des tas d’arguments, mai aucun ne serait reçu et il le sait. Il porte un regard neutre sur les deux autres médecins. Il a pas envie de rentrer. Sa vie est ici. Mais ouai, c’est pas une vie, c’est juste ce qu’il a construit, là où il se sent utile, là où il peut faire quelque chose d’utile. Il ne veut pas retrouver la déchéance de l’Amérique. Il ne veut pas revoir ses parents à qui il n’a pas donné de nouvelles. Il ne veut pas retrouvé sa vie qu’il avait oubliée.
Et il ne veut pas retrouver Joaquin.
Il lâche simplement :
« Je faisais juste mon travail. »
Elle hoche la tête. Elle a l’air plus déçu qu’inquiète…
« Oui, et personne te le reproche. Mais tu as oublié un truc essentiel Primo. »
Un truc qu’il connait très bien. La base même de la médecine.
« On est des médecins, pas des surhommes. Alors tu rentres, et tu te soignes. »


Half Remembered Dream.
2011, L.A.
« C’est ouvert. »
Il s’imagine que c’est le médecin qui s’occupe de lui, qui lui fait l’honneur de venir le voir avant son départ. Il aurait passé plus d’une semaine dans cet hôpital. Parfait. Qui sent le chlore et le désinfectant. C’est quelque chose dont il n’a plus l’habitude. Pour lui, les hôpitaux sentent la poussière et la chaleur. Pas ce genre là. C’est bizarre. Ca a plus vraiment de réalité tout ça. Il est face à la fenêtre, à regarder les buildings d’L.A. C’est cliché, mais il se sent sur une autre planète. Et il en vient à penser qu’il n’est pas simplement parti à l’autre bout du monde. Mais à l’autre bout de la galaxie. Ses yeux restent docilement mi-clos. Peut-être que s’il était resté un mois, deux mois de plus, il aurait vraiment laissé sa peau là-bas. Qui sait. Sans doute. Il était vraiment pas en forme, et il le sait. Alors il pense que c’est son médecin qui vient le voir, qui lui demande s’il se sent vraiment prêt à repartir chez lui. La porte s’ouvre et se refermer, tandis qu’il finit se fixer les boutons de chemise. Des pas se font entendre. Il attend le bonjour de son médecin, qui ne vient pas. Il fronce les sourcils, puis se retourne.

Il pourrait feindre beaucoup de chose. La joie, la surprise, le dégout, la colère ou la déception. Au lieu de ça, il adopte l’attitude qui lui semble la plus naturelle, comme d’habitude. La neutralité. La neutralité la plus totale, la plus parfaite, les traits légèrement tendus, sans être tirés. Les yeux à peine ouverts. La mâchoire serrée.
Mais l’envie de pleurer gagne ses yeux. Pour la première fois depuis quelques longues années.
Il n’a pas l’impression que c’est bien lui. C’est flou. Il est plus vieux. Il a une barbe de trois jours, celle qu’il n’a jamais voulu coupée pour autant. Ses cheveux ont un peu poussé. Et puis son visage a pris des traits d’adulte véritable. C’est plus un gosse. C’est plus un ado. C’est plus un jeune homme. C’est un adulte qu’il a en face de lui. Il a un blouson de motard, un vieux tee-shirt, un jean neuf. Et Primo lui, il met quelques secondes à comprendre.
Il attend avant de capter, avant de piger que l’homme qu’il vient de détailler, ouai, c’est bien Joaquin. Sa voix se fait entendre.
« Salut. »
Que répondre. Que pourrait-il bien avoir le courage de répondre face à cet homme qu’il a secrètement aimé des années, pour qui il aurait-il fait, et qu’il a embrassé à la veille de sa fuite à l’autre bout du monde ? Ouai, une fuite, c’était ça. Un acte lâche que personne ne pourra jamais lui reproché ou qualifié comme tel. Il n’y a bien que lui-même pour comprendre à quel point ce qu’il a fait était d’une tristesse sans pareil. Et un salut… un simple salut vient balayer tout ça ? Il répond quoi ? Il se racle un peu la gorge, et sans cesser de le fixer, déclare :
« Salut. »
Il ne lui a pas envoyé la moindre lettre en cinq ans. Il revient dans un pays où il n’a plus ni amis, ni famille. Plus rien. Que dalle. Juste … Joaquin, visiblement ; Ses parents ne sont pas venus le voir. Il n’y a que lui. Il a un visage si neutre, si impassible … Comme s’il tentait de contenir quelque chose de plus grand, de plus fort. Une vaste colère. Mais comment pourrait-il ne pas l’être … Son meilleur ami lui dévoile ses sentiments, et se casse sans réelle explication, pendant plus de cinq ans, sans lui fournir la moindre nouvelle.
Un instant, le Nigéria lui semble bien loin. Et l’instant d’après, il est certain que s’il fermait les yeux, il reverrait cet hôpital de fortune, et il pourrait percevoir avec une précision saisissante, les cris de ses patients agonisants. La question suivante s’impose :
« Qu’est-ce que tu fais là ? »
Le regard de Joaquin se fait perçant, presque méchant, et il déclare, froidement :
« Pourquoi tu … poses une question aussi conne ? »
Non, ça ne lui semble pas con du tout à lui. Il ne baisse pas les yeux. Il ne réagit pas. Il ne peut pas s’empêcher de penser au contact de ses lèvres qui ne l’a pas quitté pendant cinq ans. Cinq ans. C’est une éternité. Le Nigéria, c’est toute une vie. Primo pousse un soupir amusé. Mais Joaquin ne s’y trompera pas. Tout est triste dans son air.
« J’ai des raisons de croire que … tu t’en fous de moi. »
Evidemment, il a tout fait pour que ce soit le cas. Les yeux de Joaquin lancent des éclairs. Mais Primo ne se défile pas. Jamais. Il ne l’a jamais fait. Et là, ouai, Primo s’aperçoit que son ami n’a pas changé. Qu’il est toujours de ces gens qui s’enflamment, imbibé d’essence :
« Ah ouai ? Tu veux qu’on parle de l’importance que tu m’accordes ? Tu tiens vraiment à mettre le sujet sur l’tapis Primo ?! »
Le ton est monté, de lui-même. Et déjà, Joaquin se rapproche, là où son interlocuteur ne bouge pas d’un pouce. Non, plus jamais il ne cèdera face à lui. C’est fini tout ça, welcome in America. Et ses yeux lancent des éclairs. Il déclare, contenant bien mal sa colère :
« J’avais pas envie d’en parler tout de suite, mais puisque t’y tiens, c’est parti. »
Et il énumère, sur ses doigts :
« Tu te casses, du jour au lendemain, après avoir lâché une bombe tout simplement énorme. J’essaye de te contacter pendant des mois, des années même, tu réponds jamais, t'envoies pas la moindre lettre, et finalement, tu réapparais au beau milieu d’un hôpital, cinq ans plus tard, avec une gueule de mort vivant ?! Et c’est moi qu'en ai RIEN A FOUTRE DE TA GUEULE ?! »
Primo le regarde bien en face. Evidemment qu’il est au courant de toute cela. Evidemment. Putain. Il passe une main sur ses yeux. Un instant, il imagine sa tête. Ses yeux cernés, ses joues creuses. Quelle image renvoie-t-il à cet homme exactement ? L’image d’un homme qui n’a pas eu le courage de se suicider par désespoir amoureux et qui a préféré se laisser dépérir à l’autre bout du monde en se cachant derrière de belles excuses de bonté humanitaire ? Sans doute. Il ne répond rien. Il en est incapable. Il le regarde. Ses traits s’apaisant petit à petit, comprenant que crier ne sera jamais la solution. On a dit à Primo qu’il était de cette catégorie de patient. Ceux ayant vécu un choc traumatique à long terme. N’importe quoi, c’est un médecin, pas une sombre tafiole s’évanouissant à la moindre goutte de sang. Un long frisson parcourt le corps de Primo. Peut-être qu’il le regarde avec un rien de désespoir. Peut-être qu’il fait pitié. Et Joaquin laisse flotter un silence, très longtemps. Quelques longues dizaines de secondes. Puis il demande, sur un autre ton, les sourcils toujours aussi froncés, le détaillant de bas en haut :
« Qu’est-ce qui t’es arrivé là-bas ? »
Primo soupire amusé, encore une fois. Mais ça ne trompe pas grand monde. Il détourn le regard, doucement.
« ‘Me suis pris pour un surhomme. »
« Explicite putain… »

Il est toujours aussi malpoli, et ça c’est cool. Primo s’imagine. Combien de kilos a-t-il perdus là-bas ? Il le regarde, de nouveau. Il est épuisé.
« Tu veux la totale ? »
« Ouaip. »
« Ca t’intéresse vraiment ? »
« Bordel Primo accouche. »
Joaquin lui extirpe un sourire. Il est doué. Alors il énumère.
« Surmenage, déshydratation, malnutrition, carence en vitamine, manque de sommeil, j’me suis salement évanoui y’a une semaine, et on m’a rapatrié … »
Un long silence plane entre eux. Et il n’y a plus de colère dans les yeux de Joaquin. Plus rien d’autre qu’une profonde tristesse. Il secoue la tête, de droite à gauche. Il veut dire quelque chose que déjà, Primo l’interrompt :
« Et toi ? Comment ça va ? Toujours avec Johanna ? »
Il y a un nombre si violent de sous entendu dans cette question que Joaquin ne trouve rien d’autre à faire que de baisser les yeux. La gêne transpire par tous les pores de sa peau. Déjà il répond, vaguement :
« On s’est marié. »
Bam.
« Et on a divorcé. »
Re, bam. Faut pas faire tant d’émotions à son petit cœur. Il déclare :
« J’espère que vous aviez pas de gosses. »
De nouveau, un long silence, gêné.
« Non. »
Il y a quelque chose de caché, mais que Primo ne veut pas découvrir. Alors il regarde Joaquin, en attendant que la suite ne fuse. Lui ne parlera pas du Nigéria. Il n’a pas envie de revivre quoique ce soit. C’est à vivre. Non à expliquer. Il se retourna vers la fenêtre, laissant Joaquin en plan, le voyant dans un coin de son regard, redresser le regard. Il s’avança à son tour près de la fenêtre. La gêne laissa place à cette complicité ambiante qu’ils avaient souvent eu tous les deux. Ou quelque chose qui y ressemblait vaguement. Parce qu’entre eux, il y avait quelque chose qui avait changé. La faute à Primo. Il déclara, doucement :
« J’avais pas pensé revenir un jour. »
Joaquin réfléchit.
« T’avais pensé mourir là-bas ? »
« Ouai. J’y serais peut-être arrivé. »
De nouveau, quelque chose de vague entre eux, de silencieux. Il y a trop de choses à dire, et peu de mots pour les exprimer. Et Joaquin hésite, il cherche ses mots et s’avance, pas à pas :
« Je … je t’ai manqué ? »
Primo sourit. Il y a une énigme dans son sourire, lorsqu’il se tourne vers Joaquin. Celui-ci a toujours été le plus franc, le plus lisible des deux. Ses yeux sont francs. Son visage expressif. Un type vrai. Primo n’est pas comme ça, il fonctionne pas mystère, mais ça, son ami l’a compris depuis bien longtemps. Ami qui le regarde un long moment, avant de baisser les yeux.
« Parce que moi tu … tu m’as manqué. »
De nouveau, le silence.
« Beaucoup. »



Time
2014, Bronx, Parking
Il ouvre les yeux. La chaleur l’étouffe soudainement, et il reste quelques instant à fixer le plafond. Plus que quelques instants. Tout cela s’éternise. Le cauchemar, si simple et efficace, lui revient en tête. Ca semble si commun. C’est ce qu’il pense à cet instant. Qu’il n’est qu’un médecin traumatisé parmi les autres, parmi la masse. Des horreurs. Encore, et toujours des horreurs, des horreurs qui sont restées ancrées dans son esprit.  C’est bien plus intéressant de regarder le plafond. D’étudier son cœur qui bat à la chamade, son cœur qui semble imploser dans sa poitrine à chaque battement. Puis c’est sa respiration qui lui apparait évidente, qui sembler crever le silence de la chambre. Il pourrait essayer de se souvenir de son cauchemar. Mais non. Non ce serait un peu trop douloureux. Et son cœur le lance déjà assez. Bordel. Il a peur de réveiller Joaquin. Il tourne doucement la tête vers lui, vers ce type qui dort ici une ou deux fois par semaine. Pas plus. Jamais plus. Ca éveillerait les soupçons. Il a le dos dénudé, et il dort sur le ventre, comme d’habitude. Primo le fixe. Il a l’air serein. Son souffle est régulier, comme d’habitude. Ca l’apaise, quelques instants. Puis il se lève, faisant attention aux couvertures. Il enfile un caleçon, laissé au pied du lit, et ne prend rien d’autre. Il fait trop chaud en Aout, toujours trop chaud. Il jette un coup d’œil au lit. Imperturbable.
Il pousse la porte de la chambre et traverse le petit séjour. Il attrape le paquet de clopes, sur la table basse. Sur l’étagère, il récupère le briquet de Joaquin, puis, il ouvre la fenêtre, et pose ses avants-bras dessus. Il allume sa clope et commence à tirer dessus, en attendant que le sommeil ne revienne le prendre dans ses bras. Il attend un long moment, peut-être plusieurs heures. Il refait méthodiquement toute sa journée passée, comme de temps en temps lorsqu’il oublie ce qu’il fait là. Dans le Bronx. Quelques visites de routine à la con, une cheville ou deux de foulées, un type bizarre envoyé en psychiatrie, et puis quatre ou cinq dont il ne se souvient pas. Une blessure par balle, un type bien dans la merde qu’il a réussi à sauver avec un large miracle. Ouai, c’est pour ça qu’il est parti. Parce qu’à L.A.,  rien ne ressemblait à ses idéaux, rien ne ressemblait à quoique ce soit d’autre qu’un rêve acidulé et foutrement chiant. Il aurait crevé là-bas. Il se serait taillé les veines, clair et ne. Un jour il a débarqué chez Joaquin, il lui a dit, avec les larmes aux yeux, avec la voix flippée, qu’il allait se casser. Qu’il allait crever dans ce paradis de palmiers et de plages bleues. Alors Joaquin l’a regardé avec un air désemparé, ils ont parlé, pendant longtemps, et puis ils se sont cassés, tous les deux. Mais s’ils ont laissé une partie de leurs problèmes en Californie, l’autre partie les a suivis. Joaquin, ou l’homme qui a volé son cœur pour le réduire en miette. L’homme qui lui donne tout avant de lui reprendre. Ouai, après avoir fini sa journée de boulot, il a repris le métro, puis il a ouvert son appart. Y’avait Joaquin dedans, qui s’est levé et l’a embrassé. En fait, ils ont sans doute fait l’amour des heures, avant que Primo ne s’endorme pour se réveiller. Parce qu’il y a des problèmes qui ne se résolvent pas. Les matheux disent qu’il n’y a jamais de questions sans réponses, de problèmes sans solutions. Mais c’est bien connu, les matheux n’ont pas de vie sentimentale, les matheux ne sont pas fous amoureux de leur meilleur ami, ne sont pas en couple avec lui sans que celui-ci ne les assume et les force à rester cacher quelque part. C’est bien connu. C’est bien connu, les matheux n’ont pas passé cinq putains d’années à l’autre bout du monde à soigner des cadavres.
Il ferme les yeux et tire de nouveau sur sa clope. Des fois il se dit que ce quartier l’a sauvé. Parce que sans lui, il n’en serait nulle part. il regarde la lune, qui décline, et le soleil qui va se lever. Il reprend son service tard. Pourtant il reste longtemps à regarder tout cela.
La porte de la chambre s’ouvre, son ouïe prête attention à ce son. Puis, des bruits de pas nus, qui se rapprochent de lui, et, doucement, deux mains qui viennent se poser autour de sa taille. Elle se noue sur son bassin, et glissent vers son ventre, lentement. Comme s’il pouvait le rassurer. Primo sourit. Il n’y a que ça qui parvient à le faire sourire. Il sent le visage de Joaquin se poser contre son cou, son souffle se déposer sur sa nuque, pour glisser doucement sur son épaule. Il se rapproche, comme son ventre au dos de Primo. Il sourit, se tournant légèrement pour l’avoir dans son champ de vision. Il murmure :
« T’as pas peur que quelqu’un nous voit, d’en bas ? »
Le cynisme dans cette remarque est si flagrant … Il regrette immédiatement. Ou, comment gâcher un bon moment. Joaquin s’avance un peu plus, l’embrasse dans le cou et fait remonter ces lèvres contre sa nuque, glissant à son oreille :
« Sois pas cynique dés l’matin. »


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MessageSujet: Re: Primo ☩ Will you come along, cause I'm about to leave this town. (II)   Dim 22 Mar - 4:36
Bienvenue et bonne chance pour ta fiche
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MessageSujet: Re: Primo ☩ Will you come along, cause I'm about to leave this town. (II)   Dim 22 Mar - 12:15
HAN HAN HAN HAN HAN HAN HAN HAN REEEEEEEE FAN FAN FAN FAN FAN
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MessageSujet: Re: Primo ☩ Will you come along, cause I'm about to leave this town. (II)   Dim 22 Mar - 16:41
VALIDE!


   Doux Jésus, t'as de la chance d'avoir une plume de fifou qui te prends aux tripes toi ! MEH

   Félicitations !   Tu emménages officiellement au sein du Parking! Tout d’abord, laisse-nous te remercier de t’être inscrit et surtout, d’avoir mené ta fiche jusqu’au bout ! A présent, nous espérons de tout cœur que tu te sentes ici comme chez toi alors si quelque chose ne va pas, si quelque chose te passe par la tête, n’hésite pas à poster dans les Suggestions ou encore nous envoyer un petit MP (évite cependant d’écrire un MP à la concierge, elle n’est qu’un PNJ). Quoiqu’il en soit, tu connais la musique : pour bien démarrer ton jeu, poste ta fiche de liens ainsi que ton portable et n'oublie pas d'aller recenser ton appartement puis roule ma poule !  DANCE  

   PS: Pense à bien remplir tous les champs de ton profil, c'est mieux !    
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MessageSujet: Re: Primo ☩ Will you come along, cause I'm about to leave this town. (II)   
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