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CELSO ҂ J’AI AVALÉ PAR POLITESSE ET J’AI DIT MERCI.



 

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CELSO ҂ J’AI AVALÉ PAR POLITESSE ET J’AI DIT MERCI.

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les locatairesles potins


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« les papiers mâchés »
› Âge : thirty-seven yo – august, 9th.
› Appart : #605 / 6th floor, avec son nouveau compagnon d’infortune hannibal le chaton.
› Occupation : catin usée et usagée, morceau de viande à vendre bientôt trop noire pour être sauvée.
› DC : les prunelles céruléennes (oreste) la princesse aux arcs-en-ciel (flora) la seal noyée (elinor) & l’étoile morte (solal).
› Messages : 341
› Nombre de RP : 1

Message(#) Sujet: CELSO ҂ J’AI AVALÉ PAR POLITESSE ET J’AI DIT MERCI. Dim 5 Juin - 17:53


(Quand et comment avez-vous emménagé au Parking ?) C’était il y a tout juste une semaine. Francesco lui a dit de faire ses valises, lui a appris qu’un appartement juste à côté du sien était loué pour lui et il a emménagé aussitôt. Ce n’est pas tellement la perspective de vivre à côté de Franco qui l’a décidé à déménager – c’est surtout quand le Scorza a parlé de son jumeau, vivant avec lui, que Celso a compris qu’il voulait habiter au Parking lui aussi. Il ne sait pas encore si c’est véritablement une bonne idée ou s’il va le regretter sur le long terme mais il essaye de se convaincre que ça ne peut pas être pire que ce qu’il avait avant – un taudis délabré, presque insalubre où il osait à peine fermer l’œil à cause des ombres sur les murs et des bruits étranges de la rue.

(Que pensez-vous de l’immeuble et vos voisins ?) C’est un palace en comparaison de la rue et de tout ce qu’il y a vécu. Celso s’y accommodera très facilement, il en est persuadé. Il a juste peur que cet appartement, cet immeuble soit une nouvelle dette à payer auprès de Francesco – à qui il doit déjà la vie. Mais il espère s’y sentir bien, il espère y trouver sa place et se sentir un peu plus en sécurité aussi. Il n’a plus l’âge pour les folies et les aventures ; il n’a plus l’âge pour les découvertes terrifiantes. Il aspire à un peu de calme et de tranquillité même si ça n’est définitivement pas le bon quartier pour y prendre sa retraite. Il peut toujours espérer ne pas y avoir de problème avec les voisins. Il ne cherche pas les ennuis, juste un trou de souris.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) On sait tous qui il est, ce qu’il fait. Même si personne ne le dit encore à voix haute, même si on ne le montre pas encore du doigt. On sait ce qu’il fait pour payer son loyer. Il écarte les cuisses, le monsieur. Il se vend. Il ne s’en vante pas pour autant, mais qui ne l’a pas déjà aperçu dans la ruelle d’à côté, à genoux en train de sucer toujours un homme différent comme si sa vie en dépendait ? Il n’éprouve aucune honte – ou pas vraiment. Il ne recule devant rien. Et puis on l’a déjà vu plusieurs fois aux urgences, le corps malmené et le visage en sang. Il y a toutes ces maques, ces cicatrices sur sa chair blanche. C’est comme si sa souffrance s’était inscrite avec le temps sur sa peau. C’est moche à voir. Mais Celso cache tout ça derrière une gentille amabilité innocente. Il ne ferait pas le moindre mal, Celso. Il est juste un peu effrayant pourtant.

(NOM) MAESTRIANI, un nom qui sent bon comme la chaleur de l’Italie – la belle Italie, la douce Italie ; un nom qui rappelle des valeurs et une éducation qu’il a dû jeter au feu avec les années, oubliant les principes qu’on lui avait inculqués. (PRÉNOM) CELSO, qui frappe sur la langue et coule sur les lèvres ; un prénom qui sonne exotique dans la bouche des Américains mais qui rappelle les moqueries dans la cour de récré au petit matin. (ÂGE) TRENTE-SIX ANS, trente-six années de labeur et de combats perdus ; trente-six ans d’une vie qui n’est plus – trente-six ans qu’il attend que la fin vienne comme la délivrance de ses peines mais personne ne l’a entendu. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) le 9 AOÛT 1979, QUARTIER DE LITTLE ITALY – NEW YORK, parce qu’ils croyaient au rêve américain ; parce qu’ils se sont fracassé les ailes à vouloir voler trop près du soleil ; parce qu’il n’a jamais été cet enfant prodigue qu’il rêvait d’être. (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) CATIN usagée, le corps morcelé, il commence à se faire vieux pour le métier ; alors il continue un peu plus sur la route de la honte et de la déchéance, profitant des derniers instants de sa survie où les plus jeunes prendront bientôt sa place ; il est aussi CAISSIER, parce qu’on ne le désire plus assez. (NATIONALITÉ) il fait partie de la masse AMÉRICAINE, cette masse infinie et compacte qui l’étouffe et l’agresse – cette masse obèse au creux de laquelle il n’a pas sa place, jamais. (ORIGINES) il a l’ITALIE DANS LE SANG, dans les veines ; il y a cette chaleur sur sa peau et le goût des olives sur les lèvres comme un rêve lointain qui s’effrite peu à peu quand revient le soleil. (STATUT CIVIL) poupée de chiffon du Diable, AMOUREUX du reflet de l’ange déchu, SOLITAIRE abandonné comme une mariée au pied de l’autel le jour de ses noces ; il se traîne en quémandant qu’on l’aime mais personne ne peut lui accorder un sentiment qu’on lui a toujours renié. (ORIENTATION SEXUELLE) il a toujours préféré les HOMMES même si on le lui a souvent fait payer à coups de poing et de pieds, même si on le bousculait à la récré, même si on lui cassait ses lunettes juste pour le plaisir de le maltraiter. (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) Francesco a déposé ses valises devant son nouvel appartement il y a tout juste une semaine, le 19 NOVEMBRE. (REPRISE DU PERSONNAGE) Non, absolument pas. (GROUPE) il est DE CEUX QUI SURVIVENT comme ils peuvent. (TYPE DE PERSO) Un scéna jamais posté. (CRÉDITS) AMIANTE & fuck les crédits.

PSEUDO : .uninvited. PRÉNOM : Jess’. ÂGE : Trop vieille pour toi. PAYS : Pays du fromage. FRÉQUENCE DE CONNEXION : Beaucoup trop. COMMENT AVEZ-VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : Par un top-site, il me semble. COMMENTAIRE OU SUGGESTION : Prout. AVATAR : Hugh Dancy, le sexy.
CELSO MAESTRIANI
la prière est la plus douce consolation du malheureux
UNO • Celso a toujours été très intelligent. Il était le petit garçon premier de la classe à l’école et si on le martyrisait en partie à cause de ça, ça ne l’empêchait pas d’être curieux de tout et de s’intéresser à toutes sortes de sujets. Il dévorait les livres et préférait les documentaires historiques à la télévision plutôt que les dessins-animés. Il passait son temps libre à la bibliothèque ou dans les musées ; il préférait commander une lunette télescopique à Hanoukka plutôt que le dernier jouet à la mode. Fin observateur, il parvient facilement à lire les gens qui l’entourent – c’était sa façon de se protéger, d’anticiper si on allait lui faire du mal ou non quand il n’était encore qu’un gamin aux lunettes épaisses et au sourire édenté.

DUE • Celso est né et a été élevé dans une famille juive très pratiquante. Baignant dès son plus jeune âge dans la religion, ses croyances entraient parfois en contradiction avec son esprit affûté et scientifique mais son amour pour Yahweh surpassait celui de la physique. Tout petit, il ne rêvait pas de devenir astronaute ou pompier mais rabbin. C’était le rêve de toute sa vie et la fierté de ses parents qui voyaient en leur fils unique un véritable espoir.

TRE • Celso a vu toutes ses certitudes s’effondrer le jour où son cœur a battu pour un homme pour la première fois. Partagé entre plaisir et dégoût, il n’a pas compris pourquoi Dieu lui imposait ça. Il a d’abord pensé que c’était une épreuve destinée à renforcer sa foi, qu’il devait simplement combattre ce démon à l’intérieur de lui qui le poussait vers les personnes de son sexe. Et puis il s’est rendu compte qu’il n’était pas normal, finalement. Que c’était lui le problème et pas sa religion. Alors il a prié un peu plus fort, il a expié ses fautes et ses péchés à coups de lames de rasoir. Mais rien n’y a fait : il restait un pauvre homosexuel condamné à brûler.

QUATTRO • Celso continue de se punir chaque fois qu’il laisse parler ses penchants. Chaque fois qu’il s’autorise à pécher. Et les stigmates de ses expiations marquent sa chair, la mordent et la déchirent. Son dos est aujourd’hui recouvert de cicatrices, fraîches ou anciennes – peinture abominable de ses séances d’auto-flagellation. Il épanche ses fautes dans la douleur corporelle comme d’autres plongent dans la drogue et l’alcool. Pendant quelques instants, il se sent mieux. Il se sent plus proche de son Dieu. Il sent qu’il peut parvenir à mériter cette place là-haut. S’il frappe un peu plus fort, peut-être que sa déviance partira ; s’il frappe un peu plus fort encore, peut-être que son vice s’envolera.

CINQUE • Celso éprouve une passion presque morbide pour les tueurs en série. Son héros de prédilection ? Hannibal Lecter. Ou peut-être est-ce Jack l’Éventreur, il hésite vraiment. Non, définitivement Hannibal. Il aime tout l’aspect psychologique du personnage – un personnage qui arrive à se faufiler dans votre esprit rien qu’en vous observant attentivement. Il aimerait pouvoir faire pareil, il aimerait avoir ce don. Et c’est fascinant pour lui de voir combien la psychologie humaine est retorse et sauvage.

SEI • Celso n’a plus aucun contact avec ses parents qui le considèrent aujourd’hui comme une véritable disgrâce pour leur famille. Ils ne savent pas ce qu’est devenu leur fils et il ne sait pas ce qu’ils font de leur vie. Parfois, il lui prend l’envie de retourner dans le quartier de Little Italy, juste pour tenter de les apercevoir à la sortie de la synagogue. Mais il change très vite d’avis quand il se rappelle la honte dans le regard de sa mère qui lui disait qu’il n’était plus son fils. Qu’il ne pouvait plus être son fils. Alors il continue simplement de survivre, en prétendant qu’il n’a juste plus de famille. Plus aucune famille.

SETTE • Celso continue de vivre sa foi autant qu’il le peut. Même s’il se sent indigne de seulement à s’adresser à Yahweh, c’est important pour lui d’exister autant qu’il le peut dans le respect de ses croyances. Ça lui apporte une très grande stabilité dans son quotidien qui ressemble parfois à un véritable champ de bataille. Et s’il n’avait pas le judaïsme pour se raccrocher à quelque chose, sûrement se serait-il perdu en chemin voilà longtemps. Continuer de croire l’aide à tenir le coup, à garder la tête hors de l’eau et à ne pas perdre espoir.

OTTO • Celso sait qu’il vieillit et qu’il ne peut rien contre les ravages du temps. Les années passent et il voit sa peau commencer à se flétrir. Il n’a pourtant que trente-six ans mais c’est déjà bien trop vieux pour son premier métier : prostitué. Même s’il est prêt à tout et qu’il accepte jusqu’aux pires sévices, il sait que viendra bientôt l’heure de sa fin sur les dédales des trottoirs. Bientôt, les clients ne voudront plus de lui, ne paieront plus pour l’avoir dans leur lit. C’est une réalité qu’il est parvenu à accepter, aussi difficile soit-elle aujourd’hui. Alors il profite de ces derniers instants, de ce dernier moment de gloire avant la déchéance.

NOVE • Celso a pris un autre emploi pour pallier aux clients commençant à se faire rares. Il a été embauché dans un supermarché local, pas très loin du Parking où il est hôte de caisse en journée. Parfois, il est même assigné à la mise en rayon et commence ses journées très tôt, quand le quartier semble encore endormi mais ça ne le dérange pas. Il aime le calme et la tranquillité du centre commercial au petit matin. C’est apaisant, c’est reposant. Il a enfin l’impression que le monde s’est mis sur pause pendant un court instant.

DIECI • Celso porte encore des lunettes – qu’il évite absolument de casser, cette fois-ci. Et si sa vision s’est quelque peu améliorée avec les années, il continue devoir trouble de près lorsqu’il les enlève. Il a été diagnostiqué hypermétrope fort à un très jeune âge et a toujours porté des lunettes dans ses souvenirs. Il n’a jamais envisagé une quelconque opération chirurgicale, pour un souci financier d’une part et d’autre part parce qu’il s’est habitué aux lunettes avec le temps.  




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Dernière édition par Celso Maestriani le Dim 5 Juin - 17:56, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: CELSO ҂ J’AI AVALÉ PAR POLITESSE ET J’AI DIT MERCI. Dim 5 Juin - 17:53


DÉFONCÉ, DÉFONCE-MOI
the neighbourhood thinks i’m trashy and no good
« T’arrives à voir quelque chose avec ces trucs épais comme des culs de bouteille ? » Il entend le verre qui se brise sur le béton et un soupir lui étreint la poitrine. Ça faisait combien de paires ce mois-ci, déjà ? Trois, ou peut-être quatre. Il avait arrêté de compter. Quelle excuse allait-il donner cette fois ? Un nouvel accident de vélo ou bien une maladresse de sa part ? Il observe les silhouettes devenues un peu plus floues. Des mains le poussent dans tous les sens, un croche-pied et il s’éclate les poings par terre. Ils se moquent, il y a des insultes qui fusent. Ça ne le touche pas vraiment, il est trop habitué à tout ça. Un manège qui tourne et tourne encore ; une rengaine de chaque jour. Au début, il répondait. Au début, il se défendait. Et puis il a abandonné cette guerre qui n’en finissait pas. Il abandonné le combat quand il a compris qu’il ne gagnerait pas. Jamais. Alors il a arrêté de dire quoi que ce soit et il a laissé faire ces camarades de classe qui lui mènent la vie dure à l’heure de la récréation. Quelle importance finalement ? Ce n’était pas comme si les adultes allaient pouvoir tout arranger. Il a bien essayé d’aller expliquer ses mésaventures à la maîtresse, à ses parents et ils avaient tous la même réponse au bout des lèvres : « Si tu ne leur réponds pas, si tu ne leur réponds plus, ils finiront par se lasser de te chahuter. » Mais ça n’avait eu aucun effet. Pas du tout. Il était juste devenu la risée de sa classe et probablement de son école. Il était devenu le petit garçon sans aucun ami qui se retrouvait seul dans un coin de la classe ; le petit garçon à qui on cassait les lunettes et déchirait les pages de ses cahiers. Il ne comptait même plus le nombre de leçons qu’il avait dû recopier encore et encore parce que la feuille avait été arrachée. Certains soirs, il pleurait dans l’intimité de son lit en priant pour que demain soit meilleur, pour que demain quelqu’un veuille bien l’aimer ; d’autres soirs, il était si en colère qu’il frappait son oreiller de ses petits poings jusqu’à en avoir mal aux bras. Et puis il s’en voulait. Il culpabilisait d’en vouloir au monde entier alors il s’agenouillait devant son lit d’enfant et il priait. Il a passé tant de temps à prier que ses genoux s’en sont écorchés. Ses mains s’en sont engourdies. C’était juste des prières d’enfant. Des prières d’enfant que pourtant personne n’écoutait.

« T’es lequel des frères, toi ? » Sa voix tremble et il recule un peu plus contre le mur en brique. Il y a une odeur agressive d’urine et de javel qui lui monte à la gorge. Pourquoi il l’a coincé dans les toilettes des garçons ? Qu’est-ce qu’il va lui faire ? Encore le frapper jusqu’à ce qu’il le supplie d’arrêter, encore l’insulter jusqu’à le faire pleurer ? Francesco lui a toujours mené la vie dure. Sans qu’il ne sache pourquoi. Est-ce qu’est à cause de ce garçon qu’il a embrassé sur la bouche l’autre fois ? C’était sa punition pour avoir péché ? Mais il s’était confessé. Il avait fait pénitence. Longtemps. Alors pourquoi le punissait-il encore un peu plus ? Bravement, il retient les larmes qui lui brouillent la vue avant que sa respiration ne se coupe à la fois d’appréhension et de soulagement. La voix est douce à ses oreilles. Trop douce. Elle a cet accent tendre qui vient écorcher sa peau. « Fausto ? » L’autre frère. Le jumeau. Le plus gentil, celui qui lui tend toujours la main. Celui qui est là quand son nez saigne, quand sa lèvre est écorchée. Celui qui a des yeux comme du chocolat fondu. Souvent il imagine Fausto toujours près de lui, là, juste à ses côtés. Il s’est imaginé son corps pressé contre le sien, sa bouche dévorant doucement la sienne. Même si c’est mal, même s’il ne devrait pas. Il ne peut pas s’en empêcher. Parce que Fausto est gentil avec lui. Parce que Fausto est beau quand il lui sourit. Parce que Fausto embellit sa vie. Et peut-être que tout ça n’est que le fruit de son imagination de garçon fou, peut-être qu’il s’imagine toutes ces attentions dans un coin de son esprit égaré. Peut-être qu’il est malade et que tout ça n’est finalement qu’un rêve. Parce qu’il n’intéresse personne, parce qu’il n’est l’ami de personne. Il n’est que le petit intello qui vit le nez plongé dans ses livres quand les autres sortent, s’amusent. Quand les autres s’aiment. Personne ne l’aime. Personne ne peut l’aimer. Il n’est pas aimable, Celso. Alors il se construit un amour imaginaire, un monde où il est important. Un monde où Fausto est son roi. C’est ridicule et pathétique mais quand Fausto le regarde comme ça, il se dit qu’il y a peut-être un espoir. Un fol espoir.

Ses yeux plongent dans la mer sombre et agitée de ceux de Francesco. Il avale sa salive et ses lèvres tremblent. Il ne veut pas y croire ; il n’ose pas y croire. Ça ne pouvait pas être vrai, hein ? « Alors c’est vrai ? Il va se marier ? » Fausto. Fausto va se marier. Avec une femme. Il a à peine la force de retenir un hurlement au fond de sa gorge. Pourquoi est-ce qu’il fait ça ? Pourquoi est-ce qu’il ruine tous ses espoirs, tous ses rêves comme ça ? Il y avait cru. Il y avait cru dur comme fer. Ils allaient être heureux, ensemble. Et voilà qu’une autre prenait sa place. Ou peut-être que ça n’avait jamais été sa place au fond ; peut-être que tout ça, c’était dans sa tête. Peut-être qu’il avait imaginé toute son histoire avec Fausto. Et ne lui restaient plus que les souvenirs et les chimères ; ne lui restait plus que Francesco. Cet autre, ce jumeau. Ce semblable plus cruel et plus monstrueux. Cette image de Fausto plus sombre. Mais il pouvait voir son ange déchu à travers le démon. S’il ne s’attardait pas trop sur les détails, il pouvait voir Fausto à travers Franco. Peut-être même que s’il fermait les yeux, il penserait que c’est Fausto qui est là avec lui. Encore. « Je ferai tout ce que tu voudras, absolument tout. N’importe quoi. Demande-moi et je m’exécute. » Dans la fureur du désespoir, il vend son âme au Diable sans même penser qu’il n’en sortira pas vivant. Mais ça n’a plus d’importance. Il a le cœur en miettes et l’âme déchirée. Sa famille, trop pieuse, trop religieuse, n’a pas compris que son être s’enflamme pour un homme. Il aurait pu revenir auprès d’eux, mentir. Dire que tout ça n’était qu’une passade, que tout est revenu à la normale désormais. Il aurait pu. Il se serait plongé dans les Écritures et il aurait dévoué sa vie à son Dieu et serait devenu rabbin. « Mais j’ai juste une seule condition : laisse-moi t’appeler Fausto quand je serai dans tes bras. » Au lieu de cela, il plonge tête la première dans un tourbillon de déchéance qui n’en finira pas. Une longue et lente descente dans les tréfonds d’un Enfer qu’il ne soupçonne même pas. Et il s’en fiche. Il n’y pense pas. Parce que Fausto va se marier, parce que son amour a été ruiné. Parce qu’à défaut d’avoir l’ange déchu, il peut avoir le démon un peu plus près. Ce n’est pas si mal, tout compte fait.

« Allez, avale salope. » Il a mal aux genoux, il a mal à la nuque. Dans sa gorge asséchée se dépose le goût âcre du sperme chaud. Il y en a trois. Trois hommes autour de lui, riant, aux remarques graveleuses. Trois hommes qui s’approprient un peu plus de sa carcasse décharnée, offerte dans l’intimité de la nuit. Il y a une odeur affreuse de poubelle et de rat mort, les bruits habituels du Bronx résonnent jusque dans sa cage thoracique. On lui tire les boucles brunes, on fait basculer la tête en arrière et le sexe s’enfonce un peu plus dans sa bouche. Au fond, jusqu’au fond. La nausée est violente, les larmes brûlantes à ses yeux. Un gémissement d’inconfort traverse ses lèvres tandis qu’il sent son intimité être déchirée par la violence des coups de reins contre ses hanches fines. Des bêtes. Ce ne sont que des bêtes. Et voilà qu’il offre son corps en pâture à ces animaux en rut juste pour quelques billets, juste parce qu’on l’a acheté. Pendant une seconde, il y a l’éclat de la culpabilité qui lui vrille l’estomac, le cœur mais tout s’efface automatiquement. Son esprit a été programmé pour tout effacer. Tout oublier quand il est à genoux devant un client. Il est devenu une vulgaire catin, le corps bradé et scarifié. L’âme meurtrie et bousillée. Il ne reste rien de sa dignité envolée. Parfois encore, il se prend des coups. Parce que c’est amusant, parce que ça les divertit. Parce qu’il n’a pas été assez bien, parce qu’il n’est pas convenable. Alors il se retrouve à moitié conscient, le corps abandonné au milieu des ordures, un goût de sang dans la bouche. Parfois, il espère y mourir. Il espère rendre son dernier soupir et qu’un chien errant vienne se nourrir sur sa carcasse sans vie. Qu’il ne reste rien de ce qu’il est, de cet être outragé qui n’a plus rien d’un homme mais tout d’une pauvre marionnette. « Lynch ? » Sa voix est si rauque et basse qu’il ne la reconnaît même pas. Il croise un regard comme un océan à travers la brume qui l’entoure. « Qu’est-ce que tu fous là ? » Il n’entend même pas la réponse, il ne fait pas l’effort de l’écouter. Il veut simplement plonger dans un coma et ne jamais se réveiller. S’il avait la force, il l’enverrait au Diable. S’il avait la force, il lui ordonnerait de dégager. Il peut juste sentir les bras qui le soutiennent et la chaleur contre la sienne. Une odeur de désinfectant et de draps propres sous sa peau blême.

« J’ai une surprise pour toi : tu déménages. Tu seras dans l’appartement juste à côté du mien. » Le sourire immense lui fait froid dans le dos et il déglutit bruyamment. Il n’est pas certain de le vouloir. « Enfin juste à côté du nôtre. Fausto vit avec moi. » Son cœur s’arrête. Cogne. « Il a divorcé, tu sais. » Son cœur explose. Ça fait comme un tremblement de terre dans sa poitrine. Badaboum. Comme l’éclair.




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