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FLORA ⊱ ELLE PART, JOLIE PETITE HISTOIRE.

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les locatairesles potins


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« arc-en-ciel de douleur »
› Âge : twenty-six yo – june, 21st.
› Appart : #1312 / 13th floor – une petite bulle de paradis qui abrite tous ses amours : candy cane son chat roux, freyja la louve des neiges, àsgeir son musicien au grand cœur et hope son petit ange, sa petite merveille.
› Occupation : tenante d’une confiserie artisanale dans le quartier.
› DC : les prunelles céruléennes (oreste) la chair mutilée (celso) la seal noyée (elinor) & l’étoile morte (solal).
› Messages : 301
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Message(#) Sujet: FLORA ⊱ ELLE PART, JOLIE PETITE HISTOIRE. Ven 3 Juin - 20:20


(Quand et comment avez-vous emménagé au Parking ?) C’était il y a un peu plus de trois ans. J’étais perdue, j’étais dévastée. Je venais de quitter l’homme que j’aimais, je venais de refermer un chapitre de ma vie et voilà que j’ai échoué devant cet immeuble avec des larmes plein les yeux. Il pleuvait si fort que même mes sous-vêtements étaient trempés. Je devais reconstruire ma vie, me reconstruire moi et je ne savais pas comment faire. Je ne savais pas ce que j’allais devenir sans lui, sans sa force pour me soutenir. Est-ce que j’allais être capable de survivre dans cette jungle, sans lui ? Peut-être. Je n’étais sûre de rien. Parce qu’il avait été mon roc, mon fort. Mon rempart pendant tout ce temps. Il me manquait déjà tellement. Et quand j’ai fermé la porte de mon nouvel appartement, j’ai éclaté en sanglots. J’ai pleuré, longuement. J’ai pleuré sur mon cœur un peu plus mort chaque jour.

(Que pensez-vous de l’immeuble et vos voisins ?) Le Parking est devenu mon nouveau château fort. Je m’y cache, je m’y reconstruis. Lentement, j’apprends à faire de cet immeuble un peu trop grand mon nouveau foyer. Ash y est pour beaucoup, je dois avouer. Parce qu’il rend cette vie beaucoup plus douce, beaucoup plus tendre. Parce que, sans lui pour me redonner le sourire les soirs de pluie, je crois que je serais déjà repartie depuis très longtemps. Je m’accroche à lui désespérément. Et même si les autres locataires me regardent peut-être un peu bizarrement, je sais que lui sera toujours là pour me rattraper dans ma chute. Je me sens bien ici, dans cette nouvelle bulle. Dans ce nouveau cocon.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Je suis la princesse un peu fantasque, la jeune fille silencieuse et qui baisse toujours les yeux. Très discrète, on ne m’entend pas souvent. On connaît plus les airs de musique de mon colocataire dans le voisinage que ma propre personne. Il y a les enfants qui me connaissent un peu plus, ils me surnomment ‘Madame Bonbon’ et ça me plaît. Ça me fait rire. On ne connaît pas mon passé, on ne sait pas les bleus sur ma peau et tout ce que j’ai fui. Je suis juste la petite fille qui a débarqué un soir de pluie, le visage trop pâle et les yeux flous. Et c’est sans doute mieux comme ça.

(NOM) Coleridge, un patronyme qui sent bon l’Angleterre et la pluie sur les marguerites de Hyde Park quand les écureuils se mettent à courir dans les arbres. (PRÉNOM) Flora, un prénom doux comme une fleur de rose rougie sous la lueur des rayons du soleil – un prénom fragile et tendre, comme toi. (ÂGE) Vingt-quatre bourgeons qui ont éclos, vingt-quatre pétales qui ont été arrachés à leur souffle de vie. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) Le 21 juin 1991 dans un hôpital bondé de la capitale anglaise, dernière petite princesse d’une fratrie déjà entièrement féminine. (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) Tu travailles au milieu des arômes de fruits et de sucre, regardant avec tes yeux gourmands les perles colorées que tu emballes dans des sachets transparents – tu tiens une petite confiserie artisanale au coin de la rue, le Paradis des enfants perdus. (NATIONALITÉ) Britannique, tu n’as pas encore osé faire les démarches pour obtenir la nationalité américaine – tu n’es pas sûre de le vouloir en réalité. (ORIGINES) anglaises, pure souche – des racines que tu chéris comme tu les exècres parce qu’elles sont le reflet de souvenirs aussi beaux que douloureux. (STATUT CIVIL) Un cœur en miettes, un cœur esseulé – un cœur qui bat encore sans pour autant retrouver la félicité si douce sur ta peau, une vieille photo cornée et un peu jaunie que tu caches sous ton oreiller la nuit. (ORIENTATION SEXUELLE) Ton âme réclame la protection masculine, les bras dessinés à la serpe d’un héros qui galope sur son fier destrier. (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) Tu as posé tes valises dans ton tout petit appartement miteux il y a de cela un peu plus de trois ans maintenant – aujourd’hui, tu as fait de ces quatre murs ta forteresse, ton rempart contre le reste du monde. (REPRISE DU PERSONNAGE) Non, absolument pas. (GROUPE) Tu es de De Ceux qui vivent. (TYPE DE PERSO) Un scéna, il fût un temps. (CRÉDITS) AMIANTE & fuck les crédits.

PSEUDO : .uninvited. PRÉNOM : Jess’. ÂGE : Trop vieille pour toi. PAYS : Pays du fromage. FRÉQUENCE DE CONNEXION : Beaucoup trop. COMMENT AVEZ-VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : Par un top-site, il me semble. COMMENTAIRE OU SUGGESTION : Prout. AVATAR : Lily James, le jolie princesse.
FLORA COLERIDGE
pour offrir aux chiens le vide entre ses reins
UN – COCAÏNE • Son évasion, son péché mignon. Sa drogue. Sa façon à elle d’oublier le monde qui l’entoure et les restes de son amour. C’est pas tant une addiction qu’un vrai besoin, parce que sinon elle sent sa tête qui va éclater, son cœur qui va exploser. Alors elle se trace une ligne blanche, se brûle la narine avec la poudre et son cerveau a court-circuité.

DEUX – CANDY CANE • Son chat, son nouvel amour. Sa petite boule de poils et de douceur qu’elle aime plus que tout. Elle l’a trouvé au fond d’une poubelle un soir d’hiver, transi de froid. Avec précaution, elle l’a ramené chez elle, l’a nourri au lait et l’a couvert d’amour et de tendresse. Depuis, il a grandi et ils sont devenus inséparables. C’est dans ses grands yeux clairs qu’elle retrouve ses repères.

TROIS – AMOUREUSE • Elle est amoureuse, Flora. Amoureuse à la folie. Elle est amoureuse d’un mauvais garçon, d’un garçon qui lui laissait la peau en arc-en-ciel et des larmes au bord des yeux. Elle est amoureuse d’un garçon qui l’aime pourtant, si fort. Mis trop fort, peut-être, parce que son amour est violent. Son amour fait mal. Elle essaye d’enfouir loin ses sentiments, elle essaye de les oublier mais rien n’y fait – Flora est naïvement amoureuse.

QUATRE – ANGOISSES • Parfois, la nuit la terrifie. Elle voit ces ombres qui se dessinent sur les murs de sa chambre et ça l’angoisse. Parfois, elle fait des cauchemars dans lesquels elle revoit Iron, dans lesquels il la frappe. Encore et encore. Jusqu’à la mort. Alors elle se réveille en sursaut, un cri d’effroi au bord des lèvres. L’envie de vomir sur la langue.

CINQ – LA PEAU ENCRÉE • Elle n’a qu’un seul tatouage, très discret. Dans un coup de folie et de déprime, elle a passé la porte du salon et a demandé à faire graver le prénom Iron sur sa peau. Comme un souvenir, comme une scarification. Il est juste sur ses côtes, sous le sein gauche. Au plus près du cœur. Elle sent encore parfois la brûlure de l’aiguille qui la marque comme un fer rouge. Mais ça lui a fait du bien. Ça lui a rappelé pourquoi elle est ici.

SIX – FUIR, TOUJOURS • Flora, c’est une fugueuse. Elle est comme un coup de vent. Flora, elle fuit. Elle a fui sa famille et sa solitude ; elle a fui son amoureux et la violence ; elle fuit encore ses sentiments et le bonheur qui lui fait peur. Elle fuit, sans cesse. Tout le temps. Parce qu’elle a peur de s’arrêter, peur de retourner en arrière. Peur de faire demi-tour et de reprendre cette vie de misère.

SEPT – FAMILLE • Flora aime sa famille, plus que tout. Elle aime cette famille qui lui a donné son nom. Mais elle ne pouvait plus vivre auprès d’eux, elle ne pouvait plus se sentir complètement étouffée par eux. Alors elle est partie. Mais il ne se passe pas un jour sans qu’elle ne pense à eux. Sans qu’elle n’ait envie de décrocher le téléphone pour leur donner de ses nouvelles. Mais Flora n’a pas le courage de le faire, elle a trop peur de se heurter à un mur de pierres.

HUIT • – LITTÉRATURE Les livres, c’est plus qu’une passion. Sans les livres, Flora ne vit pas. Elle les dévore comme d’autres engloutissent des pâtisseries. Depuis toute petite, les livres ont été ses premiers amis. Ils l’ont portée, emportée, évadée. Ils étaient son quotidien – ils le sont toujours. Elle ne sait pas ce qu’elle ferait sans ses livres. Sans ces amis si chers à son cœur de princesse esseulée.

NEUF – PÂTISSERIE & CONFISERIES • Cuisiner, c’est son hobby. Mais plutôt le sucré. Elle aime faire des pâtisseries en pagaille, elle aime son travail à la confiserie. Travailler le sucre, ça lui plaît. Et elle aime encore plus voir les yeux brillants des petits enfants qui viennent acheter des petits paquets à la sortie de l’école, lui tendant leurs petites pièces dans un sourire édenté.

DIX – ÀSGEIR • Il est son nounours en guimauve, sa crème de caramel, son gâteau à la crème. Ash, c’est sa petite douceur dans la dureté de sa vie. Il est sa lumière dans son quotidien trop gris. Son accent lui rappelle étrangement ses racines anglaises. Son colocataire, son phare dans la tempête. Ce qui devait être au départ un plan de secours pour ce pauvre être un peu perdu s’est vite transformé en quelque chose de plus concret, de plus profond – une amitié sincère et véritable. Parce que, Ash et elle, ils s’entendent si bien que tout est simple quand ils sont ensemble.







envolées, les miettes de nous.


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Message(#) Sujet: Re: FLORA ⊱ ELLE PART, JOLIE PETITE HISTOIRE. Ven 3 Juin - 20:21


LES MEURTRIÈRES
les avenirs perdent futur, et les présents jamais ne durent.
La lune trop pâle caresse l’opale de tes yeux blasés, princesse de la rue sois la bienvenue dans mon cœur blessé. Petite mendigote, je sens ta menotte qui cherche ma main ; je sens ta poitrine et ta taille fine, j’oublie mon chagrin. Je sens sur tes lèvres une odeur de fièvre, de gosse mal nourri ; et sous ta caresse, je sens une ivresse qui m’anéantit ▬ rufus wainwright, la complainte de la butte.



« J’ai toujours rêvé d’un conte de fées. Un conte de fées rien qu’à moi, un conte de fées qui m’appartiendrait. On peut trouver ça naïf, on peut trouver ça stupide – qu’importe. Moi, j’en rêvais. Je ne rêvais pas forcément de la vie de château, de richesse et d’opulence. Je rêvais seulement d’un monde plus beau, avec un prince charmant sur son beau cheval blanc. Je voulais ressentir, je voulais vivre. Je voulais ce feu dans mes veines et ce sourire sur mes lèvres. Je voulais une vie comme dans les livres.
Comme dans tous les contes de fées qui se respectent, il y avait ma famille. Une famille une peu bancale, une famille qui m’isolait. Quatre filles, c’était trop. Trop pour un père qui avait désiré un garçon, trop pour une mère qui n’avait plus le temps de rien. Alors moi, la petite dernière, j’ai grandi toute seule. Je me suis élevée toute seule. En marge de ceux qui m’ont pourtant donné ce nom – Coleridge. C’est comme ça, dans les conte de fées – une héroïne ne peut pas vraiment vivre bien dans sa propre famille. Elle doit se sentir seule, rejetée. Elle doit être différente. Et peut-être que j’étais différente, peut-être que l’on m’aimait. Mais ça n’avait pas d’importance, j’avais toujours tous ces rêves pleins la tête qui m’émerveillaient. Ils me portaient à bout de bras à travers la vie, à travers un quotidien sans couleur ni relief. Je voulais autre chose, désirais autre chose que cette vie. Mais je n’avais que ça, que cette monotonie qui me figeait la poitrine dans la glace. Alors je me suis évadée. Je me suis évadée dans l’imaginaire et les livres aux pages cornées. Je me suis évadée jusqu’à en vomir, jusqu’à n’en plus dormir. C’était doux, c’était bon. C’était tout ce dont j’avais toujours rêvé. Je vivais à travers les lignes noircies de ces aventures qui m’étaient encore refusées. Et à l’école, on me trouvait bizarre ; à l’école, les professeurs disaient toujours que j’étais distraite, inattentive. Mais ce n’était pas de ma faute, ce n’était pas intentionnel – il me fallait juste autre chose. Autre chose que cette existence au goût placide de papier mâché. Tout ce qu’ils racontaient ne m’intéressait pas, jamais. Je n’avais que faire de la grammaire, des sciences physiques ou encore de la géographie. Je n’avais que faire de rester des heures assise à un bureau à écouter tous ces adultes nous parler de choses qui nous seraient inutiles plus tard. Je n’étais pas idiote pourtant, non. J’apprenais mes leçons et obtenais d’honorables notes. Mais ça ne signifiait rien pour moi, rien que des marques rouges sur mes copies d’élève maladroite. On se moquait parfois de moi parce que je préférais lire dans un coin de la cour de récréation plutôt que de me faire des amis ; on se moquait parfois de moi parce que j’avais toujours ce petit air ingénu et absent sur le visage. Un monde me séparait d’eux. Un monde entier me tenait captive, loin de ceux qui, physiquement, me ressemblaient. Mais ça non plus, ça n’était pas important. J’étais bien, là où j’étais. J’étais bien, dans ce monde que d’autres que moi créaient.
Quand j’ai eu à peine dix-neuf ans et contre l’avis de mes parents, je suis partie de la maison. J’ai fait ma valise, dit au revoir à mes sœurs, regardé une dernière fois ma chambre d’enfant et j’ai fermé la porte sur mon enfance. Mon adolescence. J’ai fermé la porte sur toute une partie de ma vie. C’était ma chance. C’était l’occasion d’écrire ma propre histoire – mon propre conte de fées. Pour la première fois, j’ai vu la tristesse dans le regard de mes parents, j’ai vu l’incompréhension dans les larmes de mes sœurs. J’aurais pu en être touchée si je n’étais pas déjà partie très loin, en pensée. J’aime ma famille, je les aimerai toujours. Mais j’ai besoin d’autre chose que de vivre dans leur ombre. J’ai besoin de soleil, de lumière – comme une de ces roses qui peine encore à fleurir après l’hiver. Alors je suis partie, pour de bon. J’ai quitté mon pays natal, mes racines – j’ai quitté l’Angleterre comme on quitte le navire. J’ai voyagé, vu d’autres paysages. D’autres cultures. J’ai vu une toute autre vie avant de m’installer à Denver. J’y ai posé mes bagages, avec le sentiment d’y avoir trouvé ma place. Mon nouveau foyer. Je ne savais pas encore ce que j’allais pouvoir y faire, ce que j’allais pouvoir y vivre mais je sentais que c’était la ville. Oui, LA ville. Celle de tous mes rêves évanouis.

Et que serait un conte de fées sans un prince charmant ? Rien, bien évidemment. Je l’ai espéré, pendant longtemps. Je l’ai rêvé, imaginé tant et tant que j’avais fini par désespérer. J’avais fini par me laisser glisser sur la pente vertigineuse de la déception. Puis, il est arrivé. Il n’avait pas de château, il n’avait pas de cheval blanc. Il avait juste ce sourire de vilain garçon et sa gueule fracassée pour me plaire – et il m’a plu. Il m’a plu directement. C’était comme une évidence, comme un de ces coups de foudre qu’on lit dans les histoires à l’eau de rose. Il disait que ça faisait plusieurs fois qu’il me voyait, que ça faisait longtemps qu’il m’observait de loin. Mais, moi, c’était la première fois que je posais mes yeux sur lui, là, dans ce bar miteux où j’espérais trouver la vie. Sa voix a laissé un frisson le long de ma colonne ; ses yeux ont marqué ma peau de petites cicatrices brûlantes. C’était presque douloureux mais c’était bon. Je me sentais vivante. Je me sentais belle dans son regard, je me sentais princesse dans ses bras. Ma vie devenait magique quand il était là. Je suis tombée amoureuse de lui comme on se prend un coup de poing dans le ventre – avec violence, comme une chute. Ça n’a pas fait mal, pas au début. Non, au début tout était magnifique. Au début tout était parfait. Il était l’homme de ma vie, j’en étais persuadée. Mon âme avait trouvé cette pièce manquante qui la rendait enfin complète. Je me suis alors laissée entraîner dans la danse langoureuse de l’amour et des sentiments, complètement abandonnée à mon cœur qui lui était tout entier dédié. Je n’étais plus rien sans lui, sans sa présence dans ma vie. Et je me raccrochais à la lumière de son regard de glace chaque fois que j’avais l’impression de sombrer. Iron. Mon Iron. Ma forteresse, mon rempart. Mon château fort. Je n’étais pas prisonnière de ces murs de pierre, j’y étais en sécurité. J’avais trouvé en lui mon havre de paix. C’était lui mon histoire – ma fabuleuse histoire.
Jusqu’à ce que tout vienne à déraper. Jusqu’à ce que le conte de fées se transforme en cauchemar et me laisse l’âme déchirée. Ça m’est tombé dessus sans prévenir, sans crier gare. Ça m’est tombé dessus aussi douloureusement qu’un poignard. Quand il m’a frappée pour la première fois, j’ai simplement cru à un trop plein de colère, à un trop plein de frustration. Ce n’était pas de sa faute, il ne voulait pas me blesser et je le savais. Je lui pardonnais. Qu’importe le bleu sur ma joue, qu’importe le bleu sur mon cœur. Je l’aimais et je pouvais bien oublier ce petit écart de rien du tout. Ça n’avait pas d’importance. Non, aucune importance. Ça n’a pas non plus eu d’importance quand il a recommencé. Une fois, deux fois. Trois fois. Dix fois. Plus souvent encore. Ça n’avait pas d’importance qu’il me montre son amour dans ses mains qui me frappaient. Je l’aimais, je pardonnais. Et j’ai inventé des mensonges, de drôles d’histoires. J’ai inventé tous ces boniments pour le couvrir. Pour fuir la réalité de ma condition. Pour ne pas écouter ce que tout le monde me disait : quitte-le, il ne te mérite pas, il te fait du mal. Mais je ne voulais pas les entendre, je ne voulais pas les croire. Iron m’aimait, j’en étais persuadée. Je le voyais dans ses yeux parfois fous, parfois flous. Je voyais ses prunelles qui dégueulaient d’amour quand sa bouche vomissait des insultes, quand ses mains me laissaient des marques sur la chair plutôt que des frissons et des caresses sur le cœur. Il m’aimait. Il m’aimait et je me raccrochais à cette pensée pour ne pas pleurer, pour ne pas laisser le gouffre dans ma poitrine m’engloutir. Je me raccrochais à cette pensée pour ne pas mourir. Ma chair est devenue un arc-en-ciel, dégradé de couleurs douloureuses. Mon cœur n’était que lambeaux, mon âme hurlait au désespoir. Mon conte de fées s’était brisé, en mille morceaux. Et il ne restait plus rien du bonheur des premiers jours. Il ne restait plus rien de notre belle histoire d’amour – plus rien que des souvenirs qui s’effaçaient sous la souffrance, plus rien que des bleus. Plus rien que mon amour qui continuait de brûler dans ma poitrine, me détruisant à petit feu.
« Adieu. » Je n’ai laissé que ce mot derrière moi. Un simple mot, cinq lettres sur un bout de papier froissé. Je n’avais pas la force de l’affronter, de le regarder dans les yeux et de le quitter. Je savais qu’il aurait réussi à me garder, à me faire changer d’avis. Il aurait réussi à me faire culpabiliser. Alors j’ai tracé ces courbes d’une main tremblante, la vue brouillée de larmes brûlantes. Je l’ai laissé bien en évidence et je suis partie, un sac plein d’affaires à la main. Pendant très longtemps, j’ai voulu faire demi-tour, retourner à l’appartement où l’on vivait autrefois notre amour, déchirer ce mot ridicule et l’attendre bien sagement. Pendant très longtemps, je me suis vue revenir en arrière et reprendre ma vie avec lui. Mais j’étais déjà dans le bus, partie très loin de Denver. Très loin de mon prince et de ce conte de fées détruit par la vie.

Aujourd’hui, je suis installée dans le Bronx, j’ai refait ma vie. J’ai reconstruit tant bien que mal les morceaux épars de mon âme meurtrie et j’ai continué mon chemin en laissant dans un coin mes rêves de princesse en train de pourrir. Mon appartement n’est pas très grand ; au départ, il n’était pas très joli. Maintenant, j’ai refait les papier-peints, remplacé quelques vieux meubles par d’autres tout aussi vieux mais plus jolis. J’ai un chat pour me tenir compagnie, un chat pour me réchauffer lors des longues soirées froides d’hiver. J’ai la cocaïne pour oublier le passé et mon amour encore brûlant sous les cendres. Mon quotidien ne ressemble plus à rien, je suis perdue dans un monde qui n’est pas le mien. Je cherche en vain quelle direction prendre mais chaque chemin semble me ramener inlassablement vers celui que mon cœur réclame en vain. Il est toujours là, dans mes pensées ; il est toujours là, dans ma tête et dans mon corps. Il est toujours là, possédant mon âme esseulée. Parfois, souvent, j’ai juste l’envie de reprendre la route pour Denver et retrouver notre appartement. Parfois, je dois enfoncer mes ongles dans la paume de mes mains pour ne pas tout quitter à nouveau. Et parfois je me traite de sombre idiote parce qu’il m’a sûrement oubliée dans les bras d’une autre, parce qu’il doit certainement me détester comme je le mérite. Je me sens triste, je suis triste. Je me sens vide sans lui. Et malgré toutes les cicatrices qu’il a pu laisser sur ma peau, sur mon cœur, je continue de l’aimer. Passionnément, désespérément. Inévitablement.
Je suis bien stupide, pas vrai ? »



Dix ans de cette vie ont suffi à la changer en junkie. Et dans un sommeil infini, Cendrillon veut voit finir sa vie. Les lumières dansent dans l’ambulance mais elle tue sa dernière chance, tout ça n’a plus d’importance – elle part, fin de l’histoire ▬ téléphone, cendrillon.







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