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MessageSujet: Luke ⎮ Rebel without a cause   Dim 24 Avr - 16:47
(Quand et comment avez vous emménagé au Parking ?) J’ai débarqué au Parking à 21 ans. Mon but, à la base, c’était de squatter chez mes parents le plus longtemps possible parce que j’avais pas de job et ça fait de la bouffe gratuite. Puis pas de loyer, quoi. Sauf qu’ils m’on viré parce que je ramenais trop de problèmes. Ou parce qu’ils en avaient marre de me voir trainer à la maison, j’sais pas. C’était assez électrique sur la fin et je leur en veux toujours. Sérieux, j’aurais pu me retrouver à la rue. Les bâtards.

   (Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ?)  J’sais pas. Je sors presque jamais. C’est bruyant, souvent, mais ça me dérange pas. C’est glauque, c’est sale, mais ça me dérange pas. Le loyer est faible et y a tellement de dealeurs que j’ai l’impression d’habiter dans un supermarché. Les gens ne sont pas effrayants, ici, parce qu’ils sont pour la plupart dans le même état que moi. Pas intimidants, quoi. C’est mon élément, tout simplement.

   (Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Le toxico, le perdu, l’asocial. On s’demande ce que je fous de ma vie. On me voit passer, parfois, dans les couloirs, comme une ombre. Les gamins aiment ma chienne, Lula, et je les laisse jouer avec elle en surveillant de loin. Je pense que les parents n’aiment pas trop ça, qu’ils me prennent pour un pédophile ou j’sais pas quoi. On sait que je suis pas méchant et que je rechigne jamais trop à aider un voisin en galère. Y en a qui pensent que je suis simplement timide. Il se murmure qui faut pas trop me chercher quand même parce que je démarre au quart de tour. C’est à cause de mes phalanges déchirées et de mes prunelles éclatées.  

(NOM) Welsh (PRÉNOM)Luke (ÂGE) 28 ans (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) Bronx, 5 Decembre (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) Ecrivain (NATIONALITÉ) Américain (ORIGINES) 100% USA (STATUT CIVIL) Célibataire (ORIENTATION SEXUELLE) Bi' tendance homo (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) Quelques années (REPRISE DU PERSONNAGE) En cas de suppression, acceptez-vous que votre personnage soit scénarisé ? Oui (GROUPE) De ceux qui survivent (TYPE DE PERSO) inventé  (CRÉDITS) AMIANTE Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Phasellus quis lectus metus, at posuere neque. Sed pharetra nibh eget orci convallis at posuere leo convallis.

PSEUDO : Sly PRÉNOM : Florence ÂGE : 22 PAYS : Belgium FRÉQUENCE DE CONNEXION : 7/7 COMMENT AVEZ VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : jerépondspaswesh COMMENTAIRE OU SUGGESTION : non AVATAR : James Dean
Luke Welsh
Je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. (Romain Gary)
Luke, il est pas ancré dans la vie. Il est laissé derrière parce qu’il n’a pas la force de s’accrocher. Parce que tout bouge trop vite pour lui. Parce qu’il n’y comprends rien, à ce monde de fou. Trop d’injustices. Trop de misères. Trop de moche. C’est pas pour lui, tout ça. Il a pas envie de faire partie de ce monde-là. Alors, il vit à côté. Il regarde passer les trains en broutant son herbe.   Sa passion c’est l’écriture et, dans sa tête, il est le fils impossible de Jack Kerouac et Charles Bukowski. Il écrit parce qu’il est révolté. Il rédige des romans sans histoire, des romans qui parlent de la vie, de ce qui reste quand y a plus rien. Ils parlent aussi du moche, parfois, mais du moche qui peut devenir beau. A travers ses histoires, il recherche une raison d’y croire. C’est une lutte contre le vide. C’est pas un violent. C’est un impatient et un clostrophobe. Il demande d’abord gentiement et si on lui refuse, si on le menace, si on ne va pas dans son sens, il perd son sang froid. Il se sent étouffer, ça l’angoisse et, alors, il tape. Il tape pour chercher de l’air. Il tape parce qu’il agonise à l’intérieur. Il tape parce que la vie lui est déjà si difficile qu’il ne peut supporter le moindre obstacle supplémentaire. C’est qu’il tient à peine debout, Luke. A force de vivre à l’écart, enfermé dans son appartement à écrire frénétiquement, il a un peu oublié comment on faisait pour parler aux gens. Il est devenu asociable, un peu renfermé, mais il est resté généreux. Pour autant, il préfère la compagnie des animaux à celle des hommes. Surtout Lula, sa chienne Terre Neuve. L’amour de sa vie. Comme ses idoles, il cherche l’inspiration dans la drogue. Avant-gardiste dans l’âme, personne n’a pensé à lui dire que ce n’était plus aussi bien vu aujourd’hui. Surtout que, si c’était purement ‘professionnel’ au début, c’est aujourd’hui une addiction bête et simple. Il est presque tout le temps défoncé. Ça ne soigne ni tempérement impulsif ni sa personnalité anxieuse Ne vous servez jamais dans son frigo. Car ce n’est pas du lait que vous y voyez, c’est du Moloko. En bon fan d’Orange Mécanique, il a toutefois remplacé la vodka du Moloko par du PCP. Il a l’air d’un enfant quand il se balade dans les couloirs avec sa bouteille de lait vissée au lèvres mais ne vous y trompez pas : il est en plein trip.   Il a bon fond, il a bon cœur, il ne veut pas que d’autres vivent ses désillusions. Ça le rend protecteur. Peut-être un peu trop. Il serait capable d’enfermer les gens qu’il aime dans leurs appartements et les nourrir par dessous la porte pour qu’ils n’aient pas à affronter le monde. Quand il aime, Luke enferme.   C’est un collectionneur de Vinyles. Tout un mur de son appartement est recouvert d’étagères de vieux vinyles. Il les joue sur son tourne-disque et se couche par terre pour fumer. Ça le relaxe. Il n’y a que dans ses moments là qu’il est en paix avec lui-même. Il se nourrit presque exclusivement de nouilles déshydratées. Faut dire que c’est pas cher, puis c’est pas dégueu, puis de toute façon, les drogues lui coupent la faim. Il conduit une vieille Chevrolet Impala en ruine. Ça vaut de la thune une caisse comme ça, quand elle est en bon état. Mais il veut pas la remettre en état parce qu’il ne veut pas la vendre. Elle lui plait comme ça parce qu’elle est comme lui : détruite mais toujours en vie.
   

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MessageSujet: Re: Luke ⎮ Rebel without a cause   Dim 24 Avr - 16:50
Extrait de vie
Il était déjà très vieux quand je l'ai connu et depuis il n'a fait que vieillir.
Je suis dans un petit bureau. Le genre qui vous donne l’impression que vous êtes trop grand, que vous prenez trop de place. Les murs, si proches, sont menaçants. On dirait qu’ils me toisent de leurs yeux cruels et qu’ils sont prêts à se rapprocher les uns des autres pour m’écraser sans pitié. Je garde la tête haute ; ils ne me font pas peur. Ma gorge est toute fois nouée et l’air n’accepte de passer dans mes poumons que par fins filets. Ça sent la naphtaline, si fort que ça vous en donnerait la nausée, si fort que j’évite de respirer par le nez, me privant encore un peu plus de cet air pourtant si précieux à mon corps. L’homme en face de moi n’a pas l’air d’être dérangé par tout ça. Il n’est pas à l’étroit dans ses vêtements, lui. Il n’est pas à l’étroit dans sa tête. Son nez est surmonté d’une paire de lunettes rondes et ses petits yeux sont penchés sur les dernières lignes de mon manuscrit. J’avale difficilement. Les cheveux du type sont gris mais touffus. Il a des airs bonhommes qui me réconfortent et quelques kilos en trop.

Mes yeux tombent sur la moquette. Elle est duveteuse et verte. Je n’arrive pas à en arracher mon regard. Souriant bêtement je me dis que les fils du tapis, qui pointent fièrement vers le haut, ressemblent à des arbres. Des arbres doux. Je plisse les yeux et me concentre pour essayer de voir entre les arbres verts. Il y a peut-être toute une jungle, là dessous. Consciencieux, je soulève mes souliers du tapis pour ne pas tuer des bestioles par mégarde. « Monsieur Welsh. », tonne une voix sévère. Je relève tout de suite les yeux vers le vieux type. Je souris, certes un peu maladroitement, parce qu’il me fait penser au vieux dans le journal d’un vieux dégueulasse. ‘Est-ce que tu baises des putes ?’, j’ai envie de lui demander. Le sourcil du type s’arque interrogativement et ses yeux me scrutent. On dirait qu’il se demande quel drôle d’oiseau il a en face de lui. Je souris un peu plus grand. Ça a l’air de le rassurer et ses traits se détendent. « Monsieur Welsh », reprend-t-il, « j’ai beaucoup aimé votre manuscrit. » Mon cœur bondit, accélère, me coupe la respiration. Je me fige, je le regarde, je n’ose rien dire. « Seulement… » Je fronce les sourcils, je n’aime pas ça. « Il faudrait apporter quelques changements. » Je fronce les sourcils plus fort, ça fait presque mal. Je serre les mâchoires, je serre les poings. Je serre tout mon corps parce que j’essaye de me contenir. Est-ce un vieux réac’ qui se cache derrière ces airs bonhommes ? Un libéral, un vendu, un enfant du diable en habits de moine ? « Pas de changements. » j’articule difficilement, avec des faux airs d’homme des cavernes. Pas de changements, pas de changements, pas de changements. Je ne travestirai pas mon œuvre.

Mal à l’aise, le vieux s’éclaircit la voix. « Voyons, Luke… Je peux vous appeler Luke ? Vous ne pouvez pas laisser la scène du loup qui viole la gamine. Si vous tenez à votre scène de viol, pour Dieu sait quelle raison, remplacez l’animal par un homme. Augmentez l’âge de votre héroïne aussi. Huit ans, c’est trop jeune. » Et il continue de parler. Il parle, parle, parle, modifie l’ensemble que mon œuvre. Mon sang bouille dans mes veines. Il ne comprend rien. Ma gorge, serrée, me donne envie de pleurer. Je ne peux pas remplacer le loup par un homme. Ce n’est pas à l’homme que j’en veux. C’est au loup qui symbolise la corruption des hommes. Mon héroïne est obligée d’être jeune parce qu’elle ne doit rien connaître de la noirceur du décors dans lequel elle évolue. C’est ça qui est beau, c’est ça qui est triste. « Ta gueule », je dis pour l’avertir. L’avertir que j’atteins ma limite. Mais j’ai parlé trop bas et il ne m’a pas entendu. Il continue de disséquer mon manuscrit, maintenant armé d’un stylo, il le défigure.

C’en est trop. Tout me revient en la figure en un coup. L’odeur de naphtaline, les murs qui menacent, l’air qui manque, l’écosystème dans la moquette sous mes pieds. C’est trop, j’étouffe. Je me lève d’un bond. « Enfoiré », j’hurle. « Vous n’y comprenez rien ! Vous n’y comprenez rien ! » Il incarne subitement tout ce que je hais. Toute la corruption, toute la misère, toute l’incompréhension qui m’entoure depuis toujours. Je ne comprends rien, on dirait, et le monde me le rend bien. Je me jette sur lui et, en même temps que des noms d’oiseaux, je lui assène des coups. J’ai envie de le tuer. Si je le tue, je tuerai la corruption, je tuerai la misère, je tuerai l’injustice. J’en suis certain.

Sauf que non. C’est la drogue qui parle. Des mains, sorties de nul part, m’éloignent de ma victime et me plongent dans un tourbillon d’égarement. Ne me reste qu’une seule certitude : c’est pas demain la veille que je publierai un roman.



Lien vers l'ancienne fiche : http://www.nous-sommes-de-ceux.com/t2574-rebel-without-a-cause-luke
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