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Peinture et gueule de bois (Sloane)

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les locatairesles potins


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Message(#) Sujet: Peinture et gueule de bois (Sloane) Mar 19 Avr - 13:32

Décidément, la concierge avait toujours de bons arguments pour faire participer les parkés à ses activités de rénovation. Pour la deuxième fois depuis qu’elle était arrivée au Parking, Guan s’était vu remettre un pinceau et un pot de peinture pour essayer de redonner une allure convenable aux murs défoncés par l’explosion du cinquième étage, contre une baisse de loyer qu’elle ne pouvait pas refuser. Le jour où elle était arrivée au Parking, elle n’avait pas eu le temps de poser ses cartons que la petite dame qui servait de concierge lui avait sauté dessus pour nettoyer les murs tagués de bites et insultes en tout genre de la cage d’escaliers, et, sept mois plus tard, toujours avec le même appart de la baisse de loyer, la concierge avait réussi à repêcher le poisson Guan pour une séance de décoration d’intérieur. Armée de vieilles fringues trouées et trop grandes pour elle, Guan finit par atteindre le cinquième étage, essoufflée à cause de l’énorme pot de peinture qu’on lui avait refilé, et tous les pictogrammes rouges sur le côté de la boîte ne la rassurait pas, elle venait à se demander s’il ne valait mieux pas se serrer la ceinture un mois de plus plutôt que de passer le reste de sa vie en soin intensif à cause d’une trachée brûlée à cause de vapeurs toxiques. Au moins, à l’hôpital, on ne coupait pas le chauffage au mois de mars, quand le printemps était là mais pas les températures chaudes. Plusieurs personnes étaient déjà là, en petit groupe ou éparpillé dans tout l’étage, mais Guan préféra se chercher un coin au calme, pas assez courageuse pour se planter au milieu et avoir une discussion avec un groupe aussi fourni – malgré le fait qu’elle se sente maintenant ici chez elle, elle avait toujours besoin d’un verre dans le nez pour parler devant plus de dix personnes à la fois. Et, au détour d’un ancien appartement aux murs défoncés, une silhouette familière. « … Sloane ? » Elle s’approcha doucement de la jeune femme, seule dans un coin isolé. « Tu te rappelles de moi, j’étais à ta soirée d’anniversaire ? Enfin je crois… Les souvenirs de cette soirée sont un peu flous… » Elle émit un petit rire, espérant juste qu’elle n’y avait pas causé un trop gros scandale comme elle pouvait le faire parfois, trop ivre pour réfléchir. « Tu vas bien ? » s’enquit-elle, tout en posant son pot de peinture par terre, prête à se mettre au travail.



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Message(#) Sujet: Re: Peinture et gueule de bois (Sloane) Mar 19 Avr - 17:32

Au début, j'ai bien cru que j'allais me faire engueuler à cause des mégots que je lance du toit. Enfin, en soit, je sais pas si c'est vraiment interdit, mais quand j'ai aperçu la concierge se diriger vers moi, je ne savais plus trop où me mettre. Mais il s'avère qu'elle a juste besoin de bras pour aider aux travaux de rénovation. Juste un étage entier qu'a explosé m'avait expliqué Keelan, depuis je me demande comme la vie au Parking peut être, parce que c'est pas tout les jours qu'un étage est dévasté. Enfin, bref, impossible de refuser et je me suis donc retrouvée à monter au 5ème un pot de peinture à la main ainsi qu'un rouleau. Mes seules consignes étant de me trouver un coin et le repeindre. Plusieurs personnes sont déjà là, attroupées, bougeant en cohésion, on aurait dit une fourmilière grandeur nature. Mais disons que je préfère la tranquillité pour peindre, je traverse donc les pièces inconnues jusqu'à trouver un coin de mur libre. Peindre ne me dérange pas vraiment, j'aime ça et quand on y met du sien on peut vraiment s'amuser. Bon, c'est vrai que seule c'est pas la joie, mais je ferai avec.

Je remonte mes lunettes sur mon nez et dévisse le couvercle du pot puis je plonge mon rouleau dans l'épais liquide coloré, en enlève le surplus et le fais ensuite rouler contre le mur. C'est plutôt facile de peindre, c'est surtout beaucoup de répétition en fait. Plonger, faire rouler, répéter. Ca fait les bras, en gros. Une large bande de peinture orne peu à peu le mur et elle est immédiatement suivie d'une forte odeur chimique. Mesdames et messieurs, voici les joies de la peinture, des tâches et des vapeurs chimiques ! Avec le temps, il paraît qu'on s'y habitue. Personnellement, l'odeur ne m'a jamais vraiment perturbée, c'est donc sans mal que je continue à promener mon rouleur sur la surface vierge. Concentrée, je n'entends pas mon prénom ni les pas qui se rapprochent de moi, et ce n'est que lorsque je me penche pour reprendre de la peinture que je la remarque. Délaissant l'outil sur le bord du pot, je me redresse et lui un souris, légèrement embarrassé par les quelques souvenirs d'une soirée beaucoup trop arrosée. « J'ai beaucoup de trous noirs aussi, ne t'en fais pas, mais... tu t'appelles Guan, c'est ça ? » Je n'ai jamais été douée pour me souvenir des prénoms, encore moins lorsque l'alcool est de la partie et intérieurement je prie de ne pas avoir commis d'erreur. Elle pose son pot au sol et je comprends avec joie qu'elle compte rester à côté de moi. Je reprends donc mon rouleau et le repose contre le mur, faisant une ligne verticale. « Ca va plutôt bien, et toi ? Bien remise de cette fameuse soirée ? » La ligne s'estompe et je replonge l'instrument dans la peinture avant de reprendre mon chemin sur le mur. « Alors comme ça tu aimes peindre ? Ou c'est juste la concierge qui t'as embauché ? » Je marque une pause dans mes mouvements et observe la jeune femme dans son travail, attendant sa réponse.


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Message(#) Sujet: Re: Peinture et gueule de bois (Sloane) Jeu 21 Avr - 1:21

Guan commençait à enlever le couvercle de son pot de peinture alors que Sloane peignait déjà le mur avec une main d’experte, elle était presque sûre qu’à côté de la peinture blanche uniforme de l’irlandaise, ses mouvements à elle allait laisser un beau paquet de peinture mal étalé avec des reliefs à la Van Gogh, sauf que personne n’allait trouver ça beau au final. « Ouep, Guan, à ton service. » Elle agrémenta la formule d’un clin d’œil, sans vraiment savoir pourquoi, d’habitude pas aussi farouche avec des gens qu’elle connaissait à peine mais, ne sachant plus vraiment si elle avait déjà sympathisé avec Sloane ou pas, elle préférait se dire que la jeune fille l’aimait bien, à défaut de s’être enfuie en courant une fois qu’elle était arrivée. Mais le fait que Sloane avait autant de trous noirs qu’elle quant à ce qu’il s’était passé au bar du coin la rassurait, c’est qu’elle n’avait pas été la seule à avoir le coude levé ce soir-là. « Remise ouais, mais il m’a fallu quelques jours quand même ! » Elle émit un petit rire alors qu’elle trempait son pinceau dans le liquide blanc, ses yeux déjà attaqués par les vapeurs chimiques. Pas sûre, elle finit par faire rouler l’éponge gorgée de peinture sur le mur, dans une ligne droite qui zigzaguait un peu. Bon, il fallait se dire qu’à la fin tout le mur serait peint, avec un peu de chance, ça ne se verrait pas. « C’est dans ces moments-là que je me rends compte que je vieillis, je suis plus cette gamine qui peut rentrer chez elle à six heures du mat’ et tranquillement renquiller à huit heure trente pour faire une journée… Maintenant je rentre à quatre et si je me lève avant quinze heures avec un mal de tête je suis contente ! » Elle émit encore un petit rire, la petite vieille qu’avait plus l’âge de sortir mais qui n’était pas prête à être raisonnable, tout en trempant à nouveau son pinceau dans la peinture pour continuer de recouvrir le mur de coups de poignet mal calibrés. « Oulah non la peinture et moi ça fait carrément deux, si j’étais douée à tenir des trucs dans mes mains, ça se saurait ! » Déjà, elle aurait réussi à poser des cathéters et serait sûrement une interne en chirurgie aujourd’hui, au lieu de ça on l’avait foutu là où elle et sa maladresse ne pouvaient plus tuer personne à cause d’une aiguille mal plantée. « Moi, j’aime bien avoir des réductions sur mon loyer, ça, ça me branche. Et toi, t’as l’air d’avoir un bon coup de pinceau par contre, t’étais peintre en bâtiment en Irlande ? » Elle ne savait pas vraiment si Sloane venait d’Irlande, mais comme c’était la cousine de Keelan et que Keelan était irlandaise, elle avait fait la liaison sans vraiment chercher plus loin. « D’ailleurs, pourquoi t’es venu aux États-Unis, ça te manque pas la vie européenne ? » Elle lui parlait de la vie européenne comme si elle savait ce que c’était alors que c’était à peine si elle avait déjà trainé ses pieds jusqu’à la limite de la ville, mais ça la rendait toujours curieuse de voir des européens venir ici, alors que là-bas, ils avaient plein de trucs gratuits à ce qu’on lui avait dit, les études, l’hôpital. En plus en Irlande il y avait plein d’alcool. Une vie de rêve.



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Message(#) Sujet: Re: Peinture et gueule de bois (Sloane) Dim 24 Avr - 0:59


Vague de soulagement, il n'y avait pas d'erreur dans son prénom. Guan, ça sonne comme un bonbon que tu laisses fondre sur ta langue, en savourant la saveur aussi longtemps que possible. Ses premiers mouvements contre le mur sont mal assurés, mais franchement, j'ai vu pire. Sa voix chante , emplissant le coin qu'on s'est choisi tandis que mes yeux fixés sur le mouvement de son bras sont comme hypnotisés. A partir de quel âge est-ce qu'on peut ne plus se voir comme une gamine ? Surtout, à partir de quand savons-nous que la fête et les nuits blanches qui s'finissent la tête dans la cuvette c'est terminé ? Vieillir. Tant de personnes qui veulent se défaire de ce trait de l'humanité et pas assez qui préfèrent profiter de leur vie au lieu de se préoccuper de la dernière ride étant apparue sur leur visage. Pas que Guan avait l'air de ce genre de personne hein, non. Elle ne semble pas courir après le temps pour en récupérer les grains de sables tombés du mauvais côté du sablier. Peut-être juste qu'elle a un job et que ça lui demande beaucoup de concentration, c'qui explique pourquoi conjuguer gueule de bois et nuit blanche ensemble ne lui va plus. Pourtant j'avais l'impression que la demoiselle était plutôt du style fêtarde, surtout lorsque je la revois au bar avec sa vodka. « Roh, tu ressembles pas à une mamie pourtant ! T'es si rouillée que ça ? » Un petit rire s'échappe de ma gorge tandis que je reporte mon attention sur la peinture et mes lignes verticales.

Des réductions de loyer, uh ? Je devrait en toucher deux mots à la petite dame alors, peut-être qu'une réduction de loyer pourrait aider Kee et son frère. Ca s'trouve ils seraient content, ça foutrait un sourire sur le doux visage de ma cousine et voir son sourire est une chose que j'aime. Parce qu'elle mérite de sourire tous les jours, toutes les heures même si possible ! Je me souviens lorsqu'elle était venue chez moi, pour ses études aussi, nous passions des heures à parler de ses cours et à en rire. C'était une époque différente mais cette relation que nous avions, je sais qu'elle est toujours là quelque part. C'était juste un sentiment agréable de découvrir cette sorte de sœur inattendue, et dans une adolescence aussi troublée que la mienne, croyez moi,  ça faisait du bien. Et puis, elle était repartie dans son pays, moi restant cloîtrée avec les parents, un sentiment d'injustice ancré dans le cœur. J'aurai voulu partir avec elle. Pas que j'aime pas mon pays mais c'était juste un besoin d'exister hors du cocon familiale, une envie de liberté, de déployer des ailes pour m'échapper d'un foyer étouffant et devenu triste avec le temps. « Ah, non, je suis encore étudiante moi » je lui souris, me penchant pour ravitailler l'éponge, « Étudiante en arts, tout ce milieu là quoi. Donc disons que dessiner, peindre, j'y suis habituée, pis j'aime bien ça. » un haussement d'épaule accompagne mes mots, un simple réflexe. Dessiner m'avait aider à extérioriser lorsque j'en avais besoin. Certains se fourrent une aiguille dans l'avant-bras ou d'autres font mumuse avec les bouteilles, personnellement j'avais choisi l'art. Écrire n'a jamais été mon truc, mais dessiner, ça me détends. Cette possibilité de représenter tout et n'importe quoi d'un seul trait de crayon, j'ai toujours trouvé ça fascinant. Et puis, lorsque le besoin me prend, poser à plat mes sentiments, ma colère ou ma peine, la placarder contre une toile emplie de coups de pinceau et autres marques de fusain, c'est toujours bénéfique.

« Et toi ? Tu fais quoi dans la vie ? » J'observe le côté de la jeune femme et un sourire amusé se fraye un chemin contre mes lèvres car ses lignes sont plutôt verticales juste décalées ou zigzagantes. « J'suis ici parce que mon université à un programme d'échange avec celle de New York, puis comme ça je pouvais voir Kee. En plus New York, ça fait rêver ! » Elle me parle de ma vie d'avant, voulant savoir si elle me manque, et je ne sais quoi lui répondre. Je suppose que tout être normalement constitué se mettrai à chialer, répétant à quel point sa chère famille lui manque ainsi que sa vie et ses amies et son chien, mais si elle pouvait regarder dans ma tête en ce moment, elle ne verrai pas de manque. Juste un calme dû à cette nouvelle vie à laquelle je m'habituais doucement. J'étais loin des problèmes causés par mes parents et loin de toutes ces biatchs qui peuplaient les classes de la fac. J'me sentais juste bien. « Oh, tu sais, ça fait du bien de changer d'air parfois.» Je lâche un demi-sourire, histoire de ne pas lui paraître trop sèche ou impolie puis je laisse tomber mon rouleau dans la peinture, retire le vieux sweat de mon père pour le poser dans un coin, laissant apparaître un vieux t-shirt d'un gris délavé. Peindre c'est bien mais peindre avec des habits que la peinture peut tâcher sans que ça soit la fin du monde, c'est mieux. Je tends les bras au-dessus de ma tête pour m'étirer tout en continuant de regarder le chemin du rouleau de Guan sur le mur.« Tu devrais te lancer dans la peinture tu sais, tu te débrouilles bien ! » Je lui fais un clin d'oeil et reprends mon propre outil d'un mouvement un peu brusque, ce qui projette plusieurs gouttes blanche sur le sol plastifié de la pièce, juste à quelques centimètres des pieds de la jeune femme. Je la regarde, ne sachant pas vraiment où me mettre et murmure un « Oops, désolée. », suivi d'un petit sourire. Puis, je me remet au travail, décidant finalement de prendre un pinceau afin de pouvoir commencer à peindre l'angle du mur.


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Message(#) Sujet: Re: Peinture et gueule de bois (Sloane) Ven 29 Avr - 15:48

Guan émit un petit rire devant le compliment de Sloane – enfin, elle le prenait comme un compliment, on ne lui disait pas assez de mots doux en ce moment pour qu’elle laisse passer des mots gentils au-dessous de sa tête sans les attraper au vol. « C’est parce que je suis asiatique ça, on vieillit différemment que les blancs. Vous c’est un peu plus de rides tous les ans, nous on bouge pas et à soixante piges paf on s’empâte d’un coup, sans prévenir. » Bien sûr, ce n’était pas vrai, on lui avait assez rabâché en cours les processus de vieillissement du corps humain et l’altération des épidermes, mais elle aimait bien penser qu’elle allait rester plus fraîche que les autres jusqu’à un certain âge, qu’elle récolterait plus de petites culottes et elle avait bien l’intention d’en profiter jusqu’à ne plus pouvoir se vendre sur le marché. « Étudiante en arts ? » Elle était un peu surprise, bien que la chose soit commune, elle avait toujours pensé, naïvement, que l’art ne s’apprenait pas, mais c’était sans doute parce qu’elle n’avait jamais fait l’effort de s’intéresser aux théories qui touchaient ce domaine. Bien sûr, elle avait lu une tonne de bouquins sur la littérature et comment la faire, dévorer les auteurs à l’écriture médicamenteuse et d’autre destructrice, mais loin de lui apparaitre comme des guides d’écriture, elle avait pris cela pour des autobiographies cachées. En leur montrant comment ils écrivaient, ils lui avaient montré bien plus qu’une façon de poser des mots. « Tu passes ton temps à dessiner du coup ? Excuse-moi je sais pas trop comment ça se passe dans ces milieux-là. » Ces milieux-là, parce que dans son quartier les gamins vont pas étudier en arts, les parents veulent du concret pour leur avenir, des mathématiques et de la physique pour leur assurer un emploi et une belle vie qu’ils ont pas eu. L’art, c’est le musée qu’on va voir en week-end quand on se fait surprendre par la pluie alors qu’on va faire ses courses. « Moi je suis thanato, je suis à la morgue et je m’occupe des macchabés une fois que les légistes les ont découpés. » Dis avec autant de poésie, le métier de Guan n’allait sûrement pas faire rêver l’irlandaise, mais elle ne s’en plaignait jamais, c’était ce qui lui permettait de manger le soir et de dormir au chaud la nuit. « Changer d’air je sais pas trop, j’ai jamais vraiment quitté New-York moi, j’ai juste changé de quartier, mais ça suffit pour se requinquer un peu. » Pour ne plus voir des parents qui voudraient juste l’égorger si elle remettait les pieds dans l’appartement familiale, pour éviter les regards des vieux chinois qui pensaient tout savoir et se permettaient de la juger juste parce qu’elle préférait les culs rebondis aux muscles de bruts. Le deuxième compliment – décidément – et le clin d’œil de Sloane lui arrachèrent un sourire discret mais niais, Guan n’étant définitivement pas prête à se recevoir des petites attentions dans sa tenue mal fagoté avec les lignes de peinture pas droites qu’elle collait au mur depuis tout à l’heure. « Mais non arrête c’est toi qui a un bon coup de poignet, pas moi ! » Elle a le regard un peu fuyant, Guan, elle savait jamais vraiment où se mettre dès qu’on mettait une lumière sur elle, encore moins quand on la prenait au dépourvu avec de la bienveillance et des sourires en coin. Les petites gouttes qui s’échouaient près de ses chaussures ne la firent pas sursauter pour autant, au contraire, ça lui rappelait les mauvais films où les filles finissaient en sous-vêtements à se recouvrir de peinture en rigolant comme des cruches. De ses doigts, elle plongea dans le pot de peinture avant de venir décorer les joues pâles de Sloane de deux traits sur chaque côté, lui laissant des aires de fières guerrières indiennes. « T’as raison, j’ai du potentiel niveau peinture en fait ! »




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Dernière édition par Guan-Yin Ge le Mar 10 Mai - 18:01, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Peinture et gueule de bois (Sloane) Dim 1 Mai - 18:20

J'écoute l'explication de Guan avec attention. Remuant légèrement la tête tandis que mon bras se démène sur le mur. « Oh donc, en fait, tu pourrais bien avoir la cinquantaine passée sous ton apparence de demoiselle ? » je fais mine de prendre un air choqué qui est rapidement décrédibilisé par le sourire taquin qui rempli mon visage. Finalement, ces petits travaux de peintures sont plutôt sympathiques, je ne sais pas vraiment si on doit avancer rapidement ou non, mais je m'amuse plutôt bien. Et puis, la compagnie n'est pas désagréable non plus. La jeune femme semble surprise en apprenant qu'étudier l'art est possible et pendant un instant je m'attends à devoir briser cette bulle de joie afin de défendre la voie que j'avais décidé de prendre. Mais il s'avère que ce n'était pas un début de mépris que contenaient les mots de Guan, non, seulement de la maladresse accompagnée d'un épais point d'interrogation sur le sujet. Elle s'excuse et je secoue la tête, voulant lui faire comprendre que ce n'était pas grave. « Je dessine beaucoup oui. Après, t'as plein de dérivés, au niveau de la technique utilisée, le type de support, le sujet ou même le modèle. Mais j'ai aussi des cours plus théoriques. » Les cours les plus chiants du cursus d'ailleurs. Bon, j'avoue que c'est plutôt intéressant et je sais que certains boivent les paroles des profs comme si elles pouvaient les rendre immortels, mais personnellement, je n'écoute pas durant ces heures, préférant plutôt griffonner sur mes feuilles différentes manières de terminer un dessin. « Thanato..C'est de la médecine donc ? Enfin une sorte de médecine, c'est ça.. ? Mais, 'fin...C'est pas un peu lugubre de côtoyer la mort tous les jours ? » Ça fait plus distingué de demander ça plutôt que de jeter un « c'est passé quoi dans ta vie pour que tu choisisses ce métier étrange ? » avant de partir en courant. Je dis pas que j'vais lui balancer mon rouleau à la gueule avant de fuir en remuant les bras en l'air. Non. Mais faut avouer que c'est pas courant comme métier, et que la mort c'est pas trop un sujet qui me mets à l'aise. Mais hey, qui est vraiment à l'aise avec ce sujet ? Remarque, peut-être que Guan l'est du coup. Je lui demanderai un jour.

« Tu vivais dans quel quartier avant ? » question lancée d'un air désinvolte, sans faire gaffe, comme si Guan n'était pas une nouvelle connaissance dans ma vie. Je me mords l'intérieur de la joue, réalisant la question – peut-être – trop indiscrète et essaie de rattraper le coup d'un « enfin, t'es pas obligée de me répondre » prononcé à la vitesse éclair tandis que je sens mes joues prendre cette teinte de rose que je hais tellement. Je me retourne vers le mur, faisant en sorte que la montée d'adrénaline redescende, peignant lentement à coup de rouleau, histoire d'avoir une excuse de ne pas relancer la conversation immédiatement. Mais tout s’enchaîne un peu vite pour que mon cerveau puisse assimiler les évènements. Son espèce de compliment, les gouttes sur le sol qui n'ont pas l'air de la déranger puis le bout de ses doigts contre ma peau. Un sourire stupide s'affiche sur mon visage lorsqu'elle se recule pour admirer son œuvre en déclarant que finalement elle a du potentiel. Je prie pour que les traits blancs masquent la confusion et le rose qui débarque de nouveau pour s'installer sur mes joues. Je la regarde, rouleau à la main, ligne inachevée et je ne sais pas vraiment quoi faire, ni où me mettre. Remarque, j'peux toujours attraper le sceau de peinture et lui foutre sur la figure, mais j'pense pas que la petite concierge sera contente si on se met à dégueulasser tout l'étage à coup de peinture blanche. Alors, suivant son exemple, je laisse mes doigts se perdre dans la peinture blanche avant de les poser sur sa joue gauche. Sans vraiment me poser de question, je trace un S du bout des doigts, me recule une main sur la hanche en lui tendant l'autre, toujours pleine de peinture. « Maintenant que j't'ai marqué, on devrait faire une sorte de pacte de peinture ! Geeeenre, je sais pas, on s'engage à se revoir ici pour continuer notre mur, jusqu'à ce que la rénovation soit terminée ? Sauf si tu veux peindre ailleurs, bien sûr. » et j'reste plantée là, de la peinture dégoulinant sur ma main, et j'essaie d'ignorer  mon cerveau qui gueule que je vais me prendre un vent préférant écouter l'enfant qui s'est réveillé en moi.


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Message(#) Sujet: Re: Peinture et gueule de bois (Sloane) Mar 10 Mai - 20:32

Elle aimait bien la façon qu’avait Sloane de parler des crayons et des pinceaux, de ses cours à l’université, sans doute parce qu’on pouvait sentir au son de sa voix à quel point elle avait l’air d’aimer ça. Guan avait perdu cet engouement pour la médecine, sans doute parce que ce qu’elle faisait depuis plusieurs années n’en était qu’un erztaz. « Euh ouais, c’est de la médecine si on veut, mais je compte pas faire ça toute ma vie non plus, je vais essayer de passer légiste, c’est plus intéressant, ça paye plus. » Elle haussait les épaules tout en disant ça, comme si ça n’était rien d’autre qu’une idée folle qui venait de lui traverser l’esprit alors que ça faisait des mois qu’elle hésitait, qu’elle relisait ses bouquins de médecine en long en large et en travers sans réussir à mettre un seul centime de côté de côté pour passer les tests d’admission. C’était toujours plus simple de faire passer les angoisses nocturnes pour des petits tracas quotidiens, de tout cacher derrière les gueules de bois qu’elle prétendait occasionnel quand c’était la plupart de ses matinées empoisonnées par l’alcool depuis que les vieux l’avaient foutou dehors. Une pente glissante sur laquelle elle dévalait sans fin, s’accrochant ci et là à des voix chaudes pour mieux continuer à tomber ensuite. « Non t’inquiètes, c’est pas une information top secrète… » Un petit rire qui s’échappait de sa gorge pour faire tomber la surprise qu’on avait déjà comprise. « J’ai grandi dans le quartier chinois, entre un restau de nouilles et un de soupe, rien d’exceptionnel. » Un pur produit de la diaspora, fruit tombé de l’arbre mais qu’on reconnait quand même malgré les éraflures. Mais elle oubliait les blessures du passé avec les remarques innocentes de Sloane, les odeurs de peinture qui lui montaient à la tête et leur œuvre d’art qu’elles abandonnaient pour se colorier les joues. L’air gêné de l’irlandaise et sa main maladroite qui venaient peindre sa peau et elle sentait déjà ses joues s’empourprer des milles étoiles qui venait lui réchauffer le creux des incisives, pas encore remise de Blue et déjà prête à retomber dans le piège d’un nouveau sourire innocent qui commençait à lui faire tourner la tête. Son petit rire s’évaporait déjà alors que la trace sur sa joue n’avait pas eu le temps de commençait à couler, ses yeux timides se demandaient déjà si c’était une bonne idée de rester là où s’il ne fallait pas mieux partir en courant avant de se retrouver encore à se faire éclater des promesses sur le carrelage de sa cuisine. Elle savait très bien qu’il fallait qu’elle arrête de prendre chaque regard comme une promesse, chaque attention comme une déclaration, mais ça lui travaillait déjà l’intérieur de la poitrine et ça lui donnait envie de s’enfuir en courant de peur d’avoir mal compris. Mais au lieu de ça, une main tendue, pleine de peinture blanche qui venait s’écraser au compte-goutte contre le sol à nue de l’appartement, une proposition qui lui décrochait un petit sourire, qui lui donnait l’impression de plus savoir où se mettre, encore une fois, une main qu’on lui tendait mais elle avait du mal à se rendre compte qu’elle était pour elle. « Ok ! » Elle glissa sa main dans celle de Sloane, ne sentant la peau douce de sa paume qu’à travers l’écran de peinture qui s’imprimaient dans les sinuosités de son épiderme. « On peut peindre où tu veux, du moment qu’on peint ensemble, deal ! Je vais avoir besoin de tes conseils pour arriver à faire des traits droits ! » Elle secoua vigoureusement la main de Sloane, peut-être un peu trop pour ne pas traduire sa petite gêne qu’on voyait tout de même à travers ses joues rosies. « Qui sait, peut-être que je vais me trouver une vocation, tu me retrouveras les dimanches après-midi à peindre les canards du Central Park comme les petits vieux ! » Même si c’était ironique, ça lui semblait tout de même plus attirant que de passer ses journées à recoudre convenablement des gamins renversés par des bus et à leurs enfiler des costumes sans rien leur casser de plus.



It’s like when you hear a serial killer say they feel no regret, no remorse for all the people they killed. I was like that. Loved it. I didn’t care how long it took either because I was in no hurry. I’d wait until they were totally in love with me. Till the big saucer eyes were looking at me. I loved the shock on their faces. Then the glaze as they tried to hide how much I was hurting them.  And it was legal. I think I killed a few of them. Their souls I mean.
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Peinture et gueule de bois (Sloane)

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