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Àsgeir Aylen » No warning signs, no alibi, we faded faster than the speed of light...



 

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Àsgeir Aylen » No warning signs, no alibi, we faded faster than the speed of light...

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les locatairesles potins


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› Âge : Trente-et-une notes égarées dans le silence meurtrier.
› Appart : #1312/13ème étage - avec une princesse égarée et son félin, Candy Cane, une louve aux yeux vairons déstabilisants -Freyja- et un petit coeur adorable -Hope.
› Occupation : Serveur/guitariste dans un restaurant/bar du Bronx, professeur de musique à temps partiel dans les quartiers plus chics de Manhattan. Bénévole jouant quelques notes pour raviver les sourires des enfants malades.
› DC : L'agent du FBI sous couverture (Lyam O'Neill), l'Irlandais aux poings écorchés (Aisling Ó Luain) et la catin aux couleurs mensongères (Aaliya Abelson).
› Messages : 209
› Nombre de RP : 1

Message(#) Sujet: Àsgeir Aylen » No warning signs, no alibi, we faded faster than the speed of light... Lun 18 Avr - 20:28


ÀSGEIR « ASH » AYLEN
L'écriture c'est le cœur qui éclate en silence.



(NOM) Aylen. Avec ses jolies consonances Anglaises et tout l'héritage qu'il y a derrière... (PRÉNOM) Àsgeir Númi. Définitivement Islandais. Néanmoins la plupart des gens ont pris l'habitude de l'appeler par son nom de scène : Ash. Il se présente spontanément sous ce prénom maintenant qu'il a élu domicile aux USA, parce que ça évite qu'on prononce mal le vrai et c'est bien plus facile à retenir pour les Américains. Au fond, tout le monde s'en fiche de son deuxième prénom. Il n'y avait vraiment qu'une personne au monde pour vraiment s'y intéresser, le murmurer au creux de son oreille... (ÂGE) La fatidique trentième année atteinte. Il se demande encore comment. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) Un 18 Janvier, à Reykjavik, capitale de l'Islande. (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) Anciennement musicien et parolier dans un groupe qui aurait pu connaître un joli succès en dehors des frontières Islandaises, il n'est aujourd'hui plus qu'une âme qui se répand sur les cordes de sa fidèle guitare sèche au sein d'un restaurant/bar « rock » dans le Bronx où il fait aussi le service, en soirée uniquement (et de plus en plus souvent). Ça lui rapporte pas grand chose, concrètement, juste assez pour vivre sainement, payer le loyer, la nourriture, les factures. Il est également professeur de musique à temps partiel dans une petite école localisée à Manhattan, ce qui lui fait une source de revenus supplémentaires bien agréable quand il veut se permettre quelques extras ou qu’il craque pour un nouvel instrument. Sa principale source de revenus reste encore la vente des disques de son groupe, étant donné qu’il a encore quelques droits, mais quasiment tout part directement dans une association d'aide aux enfants atteints de maladies orphelines. Il passe également une bonne partie de son temps libre à animer les murs blancs d’un hôpital du Bronx dans le cadre d’une autre association, pour le bonheur des enfants, de manière totalement bénévole. (NATIONALITÉ) Islandaise et Américaine. L'histoire de la famille est assez compliquée, mais pour faire court : son père est né au Royaume-Uni dans une famille purement Anglaise qui a décidé peu de temps après d'aller vivre aux USA. Il y a donc vécu les trente premières années de sa vie (avant de partir pour l'Islande et rencontrer la mère d'Àsgeir) et a ainsi pu obtenir la nationalité par naturalisation, la léguant donc à son fils par droit du sang. (ORIGINES) Anglaises et Islandaises, mélange assez original non ? Il n'en est pas peu fier. Il porte son pays natal dans son coeur, même s'il n'y réside plus désormais. (STATUT CIVIL) Son coeur, il l'a déjà donné. Et il n'est pas prêt de le récupérer... Cet organe fantôme qui reprend soudainement vie sous le toucher des prunelles céruléennes lui en rappelant tant d'autres, pour lesquelles il serait prêt à tout. Ce palpitant qui le trahit pour un regard de cet autre, des iris délavées qui en ont trop vu, qui ont trop vécu, qui résonnent d'un amour trop fort et perdu -une dépendance qu'Ash lui-même ne connaît que trop bien. (ORIENTATION SEXUELLE) Il n'a jamais vraiment su se définir réellement. Il a connu quelques femmes, à l'époque où il étudiait, même si c'est avec des hommes que ses relations ont le plus duré. Aujourd'hui, difficile de dire comment ses préférences ont évolué. Il ne fait qu'admirer les jolies courbes des femmes de loin, il pourrait succomber sans peine aux caresses de mains masculines... Si ça doit porter un nom, ce serait certainement bisexuel, il imagine. (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) Août 2014. (REPRISE DU PERSONNAGE) Nope, je ne compte pas décamper anyway. (GROUPE) De ceux qui survivent. (TYPE DE PERSO) Inventé. (CRÉDITS) AMIANTE, Placebo, Thirty Seconds to Mars, Christian Bobin.


« Take me to your chest and let me in... »

(Quand et comment avez vous emménagé au Parking ?) Août 2014. Il a débarqué à New-York sur un coup de tête. Envie de changer d'air. Il ne supportait plus l'atmosphère de sa ville natale, en Islande, les souvenirs à chaque coin de rue, à chaque fois qu'il allait s'égarer dans ces paysages verdoyants. Il a vécu un temps dans des hôtels, avant de rencontrer celle qui deviendrait son adorable colocataire quelques semaines plus tard : Flora.

(Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ?) L'immeuble... Il aurait peut-être besoin d'un petit coup de jeune. Les peintures écaillées sur les murs à certains endroits, ça fait pas franchement propre selon lui, parfois. Mais au fond, le bâtiment semble avoir une histoire à raconter, un air d'authenticité qui lui plait beaucoup. Les voisins par contre... Forcément, quand on rentre tard et qu'en plus, on joue jusqu'à pas d'heures, on ne se fait pas que des amis dans le voisinage. Lui, il n'en a rien à faire des désagréments que lui imposent les autres, tant qu'il peut s'enfermer tranquillement dans ce petit cocon qu'ils se sont construit à deux, avec Flora.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Pour certains, il est l'artiste raté ou le rêveur trop passionné qui squatte le toit en journée pour y jouer quelques notes, toujours accompagné de sa guitare sèche, la clope au bec. Pour ses voisins, le chieur qui joue jusqu'à pas d'heures, se rate un peu trop souvent sur les touches de son piano quand il lui arrive d'en jouer (mais c'est plutôt rare, avouons-le) et contre qui pourtant on a du mal à se fâcher, parce qu'il ouvre toujours la porte pour dépanner en farine ou en sucre, parce que ce qu'il joue, c'est plutôt pas mal et parce qu'il a l'air un peu paumé, un peu perdu dans son monde. Le son de sa voix ? Rarement entendu. Ce qu'on sait de lui ? Son prénom -qui ressemble plus à un pseudo-, des origines sûrement lointaines. Sa jolie colocataire au visage d'ange encore plus discrète que lui -à se demander comment elle fait pour supporter le raffut qu'il fait. Finalement, il a l'air du gars bien banal, qui partage le même quotidien que le plus commun des mortels.


Un sourire.  Àsgeir -Ash-, c'était tout d'abord un grand sourire. Un sourire doux, un sourire tendre, un sourire qui donne de la joie et de la bonne humeur à la pelle. Un sourire de passionné, un sourire pour admirer, un sourire pour en raviver d'autres, pour donner. Sans compter. Spontané. Naturel. Sincère. Un sourire qui prenait toujours des teintes différentes -touché, gêné, amusé, taquin, malicieux, rieur, timide, complice. Éclatant. Si facilement offert, si vite esquissé. Aujourd'hui, ils se font plus rares -beaucoup plus rares. Tristes. Désabusés. Amers. Désolés. De temps en temps doux, émus. Mais bien trop souvent douloureux. Faux, même, parfois, quand ça devient plus facile d'en mimer un plutôt que de répondre aux questions gênantes. Un sourire terni et qui pourtant explose quand ses doigts viennent à effleurer les cordes de sa guitare, quand il laisse sa voix se libérer, quand la musique l'emporte loin, loin de cette réalité, loin de ce quotidien sans lui.

Une passion. La musique. Comme une cicatrice gravée sur sa peau, une emprunte indélébile sur sa vie. Elle l’enivre, le transporte, le fait rêver, rire, pleurer. Elle l’emmène loin de tout, loin de ses pensées, loin de la réalité, décuple le plaisir, la saveur de l’instant présent. Son addiction avouée et assumée, sa dose de drogue quotidienne, qui jamais ne le quitte. Le baladeur toujours dans une poche, son casque à portée de main. La curiosité qui le pousse à s’ouvrir à tout à la fois, à écouter toutes sortes de choses, en préférer certaines à d’autres. Àsgeir fait quasiment tout en musique quand l’envie lui prend. Il cuisine en musique, danse et chante en passant du plan de travail au four, des plaques à induction à l’évier. Il prend son bain ou sa douche au son des violoncelles qui pleurent ou des guitares qui gémissent. Il passe l’aspirateur en écoutant du rock, anéantit la poussière sur le chant de chefs d’œuvre bien plus classiques. Il lui est même arrivé, quelques fois, de faire l’amour en musique… Il la vit. Littéralement.

Sa guitare.  Âme-sœur, compagne de sa vie. Sa première, une guitare sèche, offerte pour son dixième anniversaire par ses parents, ne l’a jamais quitté, et elle est spontanément celle qui se retrouve entre ses bras lorsqu’il compose ou qu’il a besoin de se retrouver un peu. Depuis, il en a acquis bien d’autres –surtout des électriques- plus performantes, aux sons bien plus complexes, plus beaux aussi, mais il aime son parfum d’authenticité, à cette première amante, fidèle et infaillible. Elle est celle qui a une place toute particulière dans son cœur, même s’il aime les autres avec presque autant de passion. Chacune a sa petite histoire, des souvenirs différents accrochés aux cordes, des chansons bien particulières résonnant à leur chant. Malheureusement, il n’a pu qu’en amener deux jusqu’aux USA, ce qui le laisse comme amputé. Comme s’il lui manquait quelque chose. Les autres reposent tranquillement dans sa chambre, au sein de la maison familiale, patientant pour son retour…

Ses doigts sur un piano.  Maladroits. Incertains. Si prompts aux mauvaises notes, aux dérapages incontrôlés, aux hésitations. Et pourtant autrefois si aisément guidés par leurs amants, si doués, si légers sur les touches trop sensibles, si harmonieux, en phase avec cet instrument qui l’avait toujours intensément fasciné. La danse de ces mains qu’il aimait tant étreindre, inoubliable, sensuelle, saisissante de beauté. Cet instrument que Flora a ramené dans sa vie, qui occupe maintenant le petit salon de l'appartement et semble y prend toute la place parfois à ses yeux. Si lumineux quand la lumière du Soleil tueur vient effleurer sa silhouette imposante. Vision à la fois marquante et douloureuse, car évocatrice de trop de souvenirs perdus. Trop de temps passé à écouter ces cordes vibrer sous les doigts magiques de l’être aimé, trop de moments partagés au son des touches caressées, trop d’instants à se chercher sans se trouver, trop de baisers et d’étreintes avec pour seul témoin cet instrument, compagnon d’une âme qu’Àsgeir avait aimée avec trop de passion, trop de dévotion peut-être. Et maintenant, ses propres doigts forgés pour les cordes d’une guitare, qui s’égaraient de temps en temps sur les touches, maladroitement, timidement, brûlants de douleur et d’envie à la fois, rendus trop tremblants par l’impression que le vide et la solitude s’effaçaient doucement au chant produit par cet instrument.

L’inspiration.  Saisissante. Brûlante. Tortionnaire sans pitié, amante exigeante et capricieuse, qui s’abîme dans le chant d’un piano, la beauté d’une photo ou d’un paysage, la sincérité du sourire d’un ou d’une inconnu. Elle le prend aux tripes, possède de ses doigts qui s’égarent sur les courbes d’une guitare ou bien sur une feuille vierge, jusqu’à la noircir complètement. Ecrire, écrire, souiller cette pureté de ses mots jetés sur le papier trop blanc. Raturer, relire, corriger, évaluer, se frustrer, réécrire. L’éternelle insatisfaction. Mettre son âme sur cette surface trop lisse et trop parfaite. Ecrire jusqu’à en avoir mal aux doigts, à briser sa mine contre la feuille, à en rire, à en pleurer. A en souffrir. Vraiment. Se mettre à nu à travers ces métaphores, ces mots qui revêtent tant de sens parfois, si sujets à l’interprétation de chacun. Y cacher son cœur.  Et lorsque les mots ne viennent pas malgré l’envie terrible, le besoin vital, viscéral... L’impuissance, la frustration, la douleur. Et lorsque l’inspiration lui manque, lui fait défaut, hors de portée, loin, si loin… Le sentiment d’abandon. La solitude. Comme dans ces moments terribles parfois, où il n’y a rien de plus que ce manque de lui, et que coucher ses pensées sur le papier ne suffit plus, qu’effleurer les cordes d’une guitare ne suffit plus, de toucher ce piano ne suffit plus.

Sa voix.  Grave, qui s’élève pour quelques notes, s’éteint, reprend, s’emporte, vibre de toutes ces émotions contenues en lui. Pas forcément appréciée de toutes les oreilles, un peu trop particulière peut-être, pas promptes aux folies trop aigues. Cette voix qui n’égalera jamais celle pour laquelle il a tant fait chanter sa guitare, cette voix imparfaite, mais en fin de compte, sienne. Sans artifice, naturelle, puissante. Libre. Cette voix qui ne résonne plus autant qu’avant, comme si elle avait perdu de sa force, quelque part en lui…

Le deuil. Agrippé à son cœur, étouffant, suffocant. Marqué au fer rouge dans sa chaire, trace ineffaçable. Et la douleur, gravée en lui, qui se perd parfois sur ses traits quand il lui arrive de craquer, mais qui finalement se déverse bien mieux à travers la danse passionnée de ses doigts sur sa guitare, la rage et la tristesse de ses mots pulvérisés sur le papier, sa voix qui s’élève de temps à autre.

Ash est un grand gourmand et considère que manger est un plaisir simple de la vie dont il serait vraiment dommage de se priver. La vision d’inconnus aux corps trop maigres qu’il croise dans les rues du Bronx lui retourne littéralement l’estomac. Et en tant que gourmand, il s’est vite mis à la cuisine. Même si ce n’est pas un succès garanti, l’idée et l’envie sont là. Il aime tout particulièrement partager les saveurs culinaires qu’il a découvertes dans d’autres pays, faire voyager à travers les papilles.   Des activités qu’il a aujourd’hui, c’est définitivement aller jouer quelques morceaux aux enfants qui séjournent à l’hôpital qui lui plait le plus. Il est toujours fasciné par ce pouvoir que peut avoir la musique sur les gens –alors qu’il en est lui-même victime- et particulièrement les enfants. Il ne raterait ces petits rendez-vous hebdomadaires pour rien au monde. Ash est du genre ordonné, sauf quand il est soumis à la folie de l’inspiration. Les feuilles raturées traînent un peu partout, se mélangent avec les partitions à moitié gribouillées, mais il s’y retrouve toujours, étonnamment. Seuls ses instruments restent intacts et bien rangés à leur place –parce qu’il ne pourrait supporter l’idée d’éclater l’une de ses guitares en tombant dessus s’il venait à trébucher sur ses papiers égarés au sol. Le groupe qu’il a quitté en partant aux USA tourne toujours, sous un autre nom, mais personne n’est venu le remplacer. Il prend en notoriété et Àsgeir a déjà eu l’immense plaisir d’écouter la voix de son meilleur ami une fois à la radio, de manière totalement inopinée. Il suit leur actualité à travers le contact ténu qu’il entretient toujours avec ce dernier, le fossé qui s’est creusé entre lui et les autres membres de la formation s’étant indéniablement creusé avec le temps, jusqu’à devenir infranchissable. Parfois, il ressent de la culpabilité, qui est cependant vite effacée par le fait que malgré son départ, les autres ont pu poursuivre leur rêve et que cela marche de mieux en mieux pour eux. Il tient mal l’alcool. Heureusement, cela le rend toujours joyeux et désinhibé. Fut une époque où ses amis en profitaient allègrement pour lui faire oublier cet autre qu’il avait laissé derrière lui. Il vit littéralement la musique. Impossible de rester en place, qu’il joue ou non. Elle le prend aux tripes et il la laisse le guider docilement. Il danse. Pas forcément bien, ou quoique ce soit d’esthétique, mais c’est sincère, vrai. Il se laisse emporter au gré des sons. Il ne sait que faire l’amour. Le sexe pour le sexe, il a testé une ou deux fois, et ça ne lui a pas plu du tout. Il faut qu’il y ait quelque chose de plus, pas forcément des sentiments forts, mais aussi moins une petite étincelle, de la sympathie ou une sincère attirance. De toute façon, il n’était déjà pas très adepte des conquêtes d’un soir –trop romantique peut-être ?- et c’est loin de s’être arrangé avec le temps. Et maintenant ? Maintenant… Il ne sait plus. Il est un peu dans son monde parfois. Le gamin rêveur qu’il n’a jamais vraiment cessé d’être, sûrement. Il est du genre à s’habiller avec des vêtements confortables, qu’il aime porter. Grand adepte des petites vestes en cuir, avec un style peut-être un peu old school et critiquable, mais il se sent bien dans ses baskets, et c’est tout ce qui compte à ses yeux. Il renvoie souvent l’image d’une personne assurée, sûre d’elle. Mais c’est un grand timide qui se cache maladroitement derrière cette façade en réalité et ça lui a causé pas mal de problèmes au début, pour monter sur scène. Il se laisse beaucoup plus facilement aller avec les gens qu’il connait bien –et qui le connaissent bien-et n'a alors jamais de véritables hésitations à être lui-même, au naturel. En fait, il suffit souvent juste de réussir à le mettre à l’aise et il marche tout seul. Ou bien d'aller à sa rencontre lorsqu'il a sa guitare en mains. Il porte toujours une chaine où se côtoient un médiator bien spécial à ses yeux et un anneau en argent. Il fume. De temps en temps. Pour le plaisir. Mais il déteste sentir la cigarette froide chez lui ou sur lui, donc il le fait toujours à l’extérieur et loin des gens –parce qu’il sait à quel point la fumée peut être incommodante. Il a peut-être l'air d'un charmeur comme ça, mais pas du tout, au contraire. Il est plutôt du genre à entrer dans le jeu des autres. Mais le rentre-dedans le met clairement mal-à-l'aise et a plus tendance à le faire fuir qu'autre chose... Pourtant, il se laisse approcher, peut-être trop aisément... Certains voisins lui ont déjà demandé de jouer moins fort le soir. Il a essayé. Sans grand succès jusqu’à présent… Heureusement qu’il n’est pas entouré par des gens ayant des enfants en bas âge. Ash peut être, par moment, particulièrement égoïste. Comme lorsqu’il a décidé de partir, de quitter ce pays qu’il aime tant, et toutes ces personnes qui tiennent à lui et auxquelles il tient également. Il s’attache vite, trop vite sûrement. Ouvre son cœur trop rapidement, trop facilement. Mais ça reste dur de véritablement l’atteindre, parce qu’il y a une forteresse érigée là, des remparts derrière lesquels il se cache comme un enfant apeuré, effrayé à l’idée d’aimer à nouveau trop fort. De trop donner. L’inspiration lui fait cruellement défaut depuis un an. Elle n’anime ses doigts que trop peu souvent, pour trop peu de temps. Et le besoin d’écrire est pourtant là, terrible, lancinant. Mais il ne peut pas. Il n’y parvient plus. Et ce n’est qu’une chose de plus à ajouter à tout ce poids qui courbe son dos. Il n’est pas très musclé, ni du genre très pudique non plus. Juste à l’aise. Quelques tatouages encrent sa peau ça et là, dont la citation « DUM SPIRO SPERO » qui suit l’intérieur de son poignet. Tant que je respire, j’espère. Philosophie dont le sens semble lui échapper aujourd’hui, dans cette existence parfois si terne qu’il mène…


PSEUDO : Javelot. PRÉNOM : Alex. ÂGE : 20 hivers. PAYS : Celui de la baguette. FRÉQUENCE DE CONNEXION :  Tous les jours, mais rp seulement le week-end. COMMENT AVEZ VOUS TROUVÉ LE FORUM ? :... PRD je crois. COMMENTAIRE OU SUGGESTION : De l'amour ? (Les nouveaux codes sont super beaux. Genre vraiment. Mais c'était vraiment nécessaire de tout nous faire reposter, DEUX FOIS ? :')) AVATAR : Alex Turner.
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WAS IT A DREAM ?

Death doesn’t let you say goodbye. It just carves holes in your life... and your future... and your heart.
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Dernière édition par Àsgeir Aylen le Sam 25 Fév - 12:05, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Àsgeir Aylen » No warning signs, no alibi, we faded faster than the speed of light... Lun 18 Avr - 20:31


A MODERN MYTH
DOES IT SEEM LIKE IT'S ONLY JUST BEGUN ?

Si Àsgeir devait conter son histoire, ça ne commencerait certainement pas avec le jour de sa naissance. Il ne décrirait pas combien ses parents étaient aimants, son quotidien tranquille et paisible dans ce petit village Islandais. Il ne s’attarderait pas non plus sur les origines complexes de sa famille, toute l’histoire de circonstances et d’heureux hasards qui avaient mené ses parents à se connaître puis s’aimer.
Non, il dirait plutôt que son histoire, elle avait commencé avec une guitare. Une guitare, mais surtout, une rencontre.

Dix ans. Il avait dix ans quand ses parents cédèrent enfin à son envie d’apprendre à jouer de la guitare ; et ils le firent dans les règles de l’art. Les cours, le solfège, l’instrument. Le début d’une grande passion jusque là endormie dans son cœur d’enfant, qui implosa, l’envahit, le submergea totalement. Et cela le mena à des rencontres, des rencontres qui le marquèrent, une amitié qui alimentait un rêve commun, partagé, celui de faire de la musique leur vie et de suivre les traces d’artistes qu’ils admiraient depuis leur plus jeune âge… Mais surtout une rencontre. Celle d’un grand gamin blond de son âge, fin comme une brindille et dont la voix faisait littéralement vibrer les corps, envoutait les sens, soumettait les esprits. Ymir.

« J’te parie que t’es pas cap d’entrer pour voir.
-C’est quoi l’intérêt, franchement ? ça s’voit qu’il y a personne. C’est tout le temps tout fermé.
-Me dis pas que t’as jamais été curieux ? En plus, il y a toujours cette voiture garée devant…
-Allez, mec, ose faire des trucs un peu !
-Vas-y toi !
-Nan. Ma mère m’a déjà choppé en train de roder autour de la maison, si elle me voit ici, j’suis mort, alors imagine là-bas… »
Que pouvait-il faire à quatre contre un, franchement ?
Àsgeir jeta un regard noir de reproches à sa bande d’amis –et aussi les autres membres du petit groupe de musique qu’ils avaient formé tous les cinq- maudissant leurs envies d’aventure. Ça finissait toujours comme ça, après les cours puis les répétitions. Par faire une petite connerie, histoire de rire un peu. Ils n’avaient que dix-sept ans après tout. Jamais un truc bien méchant ou grave, sinon ils pouvaient dire adieu à la petite pièce que leur prêtaient les parents d’Àsgeir pour qu’ils puissent répéter ensemble. Et accessoirement au droit de se voir en dehors du lycée aussi.
Mais bien sûr, transgresser un peu les règles de temps en temps, ça avait quelque chose de tentant. L’adrénaline. La curiosité aussi. La peur. Parce que leur cible à l’instant même, cette maison toujours fermée, un peu à l’écart de la route, ça avait toujours intrigué tout le monde. Les histoires qui courraient étaient nombreuses, abracadabrantes aussi, allant de la maison abandonnée à la maison hantée, en passant par tout un tas de récit morbides en tous genres. Pourtant, des adolescents affirmaient avoir déjà entendu du bruit et vu une silhouette quitter l’habitation. Et le refus des adultes de les voir s’approcher ne faisait qu’alimenter la curiosité.
Et apparemment, Àsgeir allait être celui qui allait devoir franchir le pas.
Il ajusta sa veste sur ses épaules, resserra son écharpe autour de son cou et sortit enfin de la cachette de fortune qu’ils s’étaient trouvés –soit derrière le mur qui bordait la propriété. Il entendit vaguement ses amis qui l’encourageaient à se jeter à l’eau et il s’avança vers le portail. Pas fermé à clé. Bizarre.
Pas franchement rassuré, il se glissa dans l’ouverture, sa curiosité néanmoins piquée, il devait l’avouer. Il jeta un rapide regard à ses compagnons d’aventure, encore un peu incertain, vit leurs gestes peu discrets qui l’incitaient à continuer. Le gravier blanc crissait désagréablement sous ses pas –l’entièreté de l’extérieur de la demeure en était recouvert, ce qui détonait un peu avec les alentours recouverts d’herbe- et il humait l’air par réflexe, comme pour essayer de capter une flagrance de nourriture ou quelque chose du même acabit –n’importe quoi qui aurait pu confirmer la présence d’un être humain dans la demeure. Mais il n’y avait rien. Cependant, de près, l’endroit semblait tout de même un peu trop propre et entretenu pour être à l’abandon. Il marqua un temps d’hésitation sur le pas de la porte, songeant à frapper contre le battant plutôt qu’entrer directement. Puis dans un sursaut de témérité –sûrement motivé par l’envie de dépasser un peu les limites et impressionner ses amis-, il abaissa la poignée et pénétra dans la mystérieuse habitation.
Sa respiration se heurta, un mélange d’angoisse et d’adrénaline électrisant son sang. Il faisait sombre, beaucoup trop pour que ses yeux s’habituent rapidement à l’obscurité ambiante, et il chercha par réflexe un interrupteur sur le mur, à côté de la porte qu’il venait de refermer.
« Maman ? » émit une voix dans les ténèbres.
Il sursauta violement, ébranlé par la peur et la lumière agressa soudainement ses pupilles, le faisant gémir de douleur. Son regard se porta sur les alentours –une entrée des plus banales, qui s’ouvrait sur un salon bien équipé, les murs couleur crème, un plaid vaguement posé sur le dossier d’un fauteuil- avant de tomber sur une silhouette timidement esquissée dans l’encadrement d’une porte, un visage très pâle constellé d’un nombre incalculable de taches de rousseur et de grands lac bleus qui le fixaient avec un mélange de curiosité, de surprise et d’appréhension.
L’embarras et la honte embrasèrent les joues d’Àsgeir, qui se confondit en excuses inintelligibles, terriblement mal-à-l’aise. Il se retourna spontanément vers la porte pour s’en aller, mais la voix de l’inconnu l’arrêta net.
« Hey hum… Si tu veux, tu peux rester encore un peu… »
Un sourire aux teintes douces et hésitantes effleura les lèvres de son interlocuteur.
Àsgeir était perdu.

Il était revenu.
Il avait dit à ses amis de deux personnes habitaient bien dans la maison, qu’elle n’avait rien de hanté et une fois le mystère envolé, ils s’en étaient totalement désintéressé. Mais Àsgeir non. Sans le dire à personne, il s’était éclipsé un soir après les répétitions, prétextant rentrer chez lui, et ses pas l’avaient à nouveau guidé vers la fameuse habitation. Il avait longuement hésité devant la porte, incertain dans la noirceur de la nuit déjà installée en ce mois de Janvier, puis il avait finalement osé.
Son hôte, qui répondait au prénom d’Elís, lui tendit un verra de soda avec un sourire, s’asseyant finalement sur le fauteuil d’en face avec son propre verre en mains.
« Les gens pensent vraiment que ma maison est hantée ?
-C’est ce qui revient le plus souvent parmi les ados et les gens de notre âge, confirma Àsgeir d’un ton partagé entre amusement et curiosité. Faut dire que les volets fermés…
-Ah, mais ça, ça n’a rien à voir ! rit l’autre avec légèreté. Maman est obligée de les fermer parce que les fenêtres ne sont pas équipées contre le passage des UV, c’est tout. »
Àsgeir fronça les sourcils, saisit par l’incompréhension et le visage de son interlocuteur se teinta d’une douce tristesse, sans que son sourire ne disparaisse.
« Je suis atteint du Xeroderma pigmentosum. »
Les mots latins ne trouvaient pas encore leur signification aux oreilles du guitariste.
« C’est la maladie des enfants de la Lune. »

"Ta mère est super gentille, laissa échapper Àsgeir en saisissant un pancake au sommet de la pile. C'est un ange. On va jamais pouvoir tout manger..." observa-t-il avec pragmatisme, une moue triste aux lèvres.
Elís éclata de rire et la guitariste ne tarda pas à le rejoindre.
"Elle est juste contente que tu sois là. Allez, viens, on reste pas ici." lui offrit son hôte avec un sourire étrangement timide.
Intrigué, le brun le suivit sans difficulté, curieux de découvrir d'autres pièces de cette maison dont il n'avait jusque là exploré que l'entrée, le salon et la cuisine. Ils repassèrent par la salle-à-manger, la mère d'Elís leur offrit un sourire et ils s'engouffrèrent dans un couloir. Puis l'enfant de la Lune s'arrêta devant une porte avant de l'ouvrir, pour laisser l'autre pénétrer dans la pièce.
Une chambre.
Celle d'Elís.
Àsgeir porta un regard curieux sur les murs et les meubles, y reconnaissant les touches de personnalité de son hôte qu'il découvrait tout juste, avant que ses yeux n'effleurent l'énorme ouvrage en bois qui trônait au milieu de la salle.
Un piano.

"Regarde, tu places tes mains comme ça -voilà, c'est bien- le pouce sur le do et tous les autres qui suivent -comme ça, ouais.
-Seulement une main ?
-C'est mieux pour commencer. Allez, vas-y, essaye de suivre de la partition."
Àsgeir jeta un coup d'œil aux notes, remercia des années et des années de solfège, puis se reconcentra sur ses doigts. À ses côtés, il sentit plus qu'il ne vit Elís sourire. Les premières notes retentirent, hachées, maladroites. Il s'arrêta au son disgracieux, grimaçant.
"Réessaye, lui proposa l'autre adolescent avec gentillesse. Ça vient avec la pratique. On peut essayer de jouer les premières notes ensemble si tu veux.
-Ouais, ça couvrira ce massacre auditif, émit Àsgeir avec un brin d'humour, un peu déçu que ses doigts qui savaient si bien caresser les cordes d'une guitare soient si inaptes sur les touches d'un piano.
-N'exagère pas! rit sincèrement son ami, posant une main sur son épaule. Allez, on retente."

Bien sûr, ses visites "secrètes" à Elís ne restèrent pas bien longtemps un secret seulement partagé entre lui, l'enfant de la Lune et la mère de ce dernier. Trois mois après leur première rencontre, le guitariste en parla à ses parents, et il dût aussi céder aux demandes pressantes de ses amis qui se demandaient pourquoi il n'était plus joignable après les répétitions -parce que c'était toujours en en sortant qu'il prenait le chemin de la demeure d'Elís et que dés qu'il la pénétrait, il semblait oublier tout le reste. C'était un peu spécial ; ils se retrouvaient dans leur bulle, se découvraient, et Àsgeir nourrissait l'étrange crainte qu'en dévoilant son existence, il risquait de mettre à mal ce qu'ils construisaient tous les deux, dans l'intimité de cette chambre où résonnaient les rires insouciants, les notes de musique et leurs deux voix qui s'unissaient pour célébrer leurs artistes préférés. Mais il se rendit vite compte que sa mère s'était douté de quelque chose -selon elle, il avait un peu plus la tête dans les nuages que d'habitude- et que les membres du groupe pressentaient depuis longtemps qu'il voyait quelqu'un -et apparemment, leur idée sur la question était bien arrêtée, parce qu'ils semblaient persuadés qu'Elís et lui partageaient un peu plus qu'une simple amitié. Quelle idée. Ils étaient amis. Et Àsgeir ne savaient même pas si les hommes lui plaisaient vraiment alors...

Une baguette ricocha sur sa tête, le faisant sursauter de surprise et de douleur.
"Hey!" s'indigna Àsgeir.
Il retourna vivement vers le batteur du groupe -Loki- avec un regard noir, auquel l'autre répondit par un sourire innocent.
"Merci de nous faire l’honneur de ta présence." émit le chanteur -Ymir-, une moue sévère déformant ses jolis traits.
Le guitariste grommela dans sa barbe inexistante, réajusta son instrument pour soulager un peu ses épaules. Cela faisait bien trois heures qu'ils répétaient sans véritables interruptions, il pouvait bien s'accorder trois secondes pour penser, non ?
Apparemment, non.
"Arrête un peu de penser à Elís et concentre-toi. On se produit dans trois jours, au cas où tu l'aurais oublié, lui reprocha l'adolescent au micro.
-Je sais. Et je ne pensais pas à lui." contra Àsgeir avec une mauvaise foi plus qu'évidente.
Cela eut le don d'alléger l'atmosphère, parce que ces quatre compagnons partirent dans un fou rire monumental en avisant son air partagé entre colère et culpabilité. Valentin, bassiste et Français d'origine, lui tapota l'épaule comme pour lui dire : "Mais oui, c'est ça, on te croit..."
Àsgeir sentit l'embarras d'être ainsi découvert brûler ses joues et en représailles, il fit rugir sa guitare.
"Quand vous voulez on s'y remet hein..."
L'autre guitariste -Abel- lui décocha un sourire clairement amusé qui voulait tout dire et le brun lui fit les gros yeux pour toute réponse. Si même son binôme s'y mettait...

"Oh mon- Elís, rentre pas là-dedans !"
Il repoussa l'autre adolescent vers l'arrière, complètement effrayé par la vue du rayon de soleil qui éclairait la chambre de son ami. Il voulut refermer la porte mais le châtain intercala son pied dans l'ouverture et bloqua son bras avec une force que le guitariste n'aurait pas soupçonné.
"Idiot, c'est une fenêtre anti-UV, le rassura-t-il avec un grand sourire. Maman a enfin réussi à s'en procurer une et comme c'est la seule qu'on a pour l'instant, on l'a installée dans ma chambre. Comme ça, je peux profiter de la luminosité du Soleil sans avoir à en souffrir. Cool non ?
-Et t'es sûr et certain que tu crains rien, rien du tout ? s'inquiéta le brun en pénétrant à sa suite dans sa chambre, regardant la fenêtre laissant passer la lumière du Soleil déclinant comme s'il s'agissait d'un monstre particulièrement dangereux.
-Je connais les risques. Et oui, c'est sûr. Ne t'inquiète pas." émit l'autre avec légèreté en l'entrainant vers le piano.
Et son sourire semblait rayonner, éclairer la pièce au moins autant que l'astre solaire, aux yeux du guitariste, qui sentit ses entrailles se contracter délicieusement, diffusant une agréable chaleur dans ses veines.

En côtoyant Elís, Àsgeir avait petit à petit appris à connaître la maladie génétique dont souffrait l'autre adolescent, et surtout les répercussions et les conséquences qu'elle avait sur sa vie quotidienne, les risques terribles qu'il courrait à chaque exposition. L'enfant de la Lune ne sortait que très rarement -et seulement la nuit-, constamment enfermé entre les murs de sa maison, qui était complètement équipée pour ne pas laisser passer un seul rayon de Soleil. Les fenêtres anti-UV, malgré leur prix onéreux, étaient une véritable bénédiction, autant pour le jeune homme que sa mère qui, par extension, s'était habituée à vivre dans la luminosité artificielle des lampes omniprésentes dans l'habitation. Puis il y avait les contraintes médicales bien sûr -les rendez-vous très réguliers avec le dermatologue, entre autres-, toutes les précautions qu'il devait prendre vis-à-vis de sa peau fragile, de ses yeux aussi. Comme il ne pouvait aller à l'école, il suivait des cours par correspondance, et il était même finalement un peu en avance par rapport à Àsgeir à ce niveau-là. Et c'était une chance d'après l'enfant de la Lune, car sa mère avait les moyens de lui offrir tout ça, et que ce n'était pas le cas de tous. Néanmoins, il était clair pour le guitariste que ce dont devait surtout souffrir son ami, c'était de la solitude, terrible à son sens. Difficile de faire des rencontres et de se lier lorsque l'on vivait en décalé et quand on n'allait pas à l'école, même si Elís lui avait appris qu'à travers une association, il avait pu faire quelques séjours en France avec des gens qui souffraient de la même maladie que lui -et vu son sourire, il en gardait un souvenir impérissable.
Mais en débarquant dans sa vie, Àsgeir amena avec lui ses amis les plus proches -qui furent bientôt impatients de découvrir Elís- mais aussi ses parents, qui se nouèrent d'amitié avec la mère du jeune homme. Et cela faisait du bien à cette dernière, cela se voyait sur son visage, tout comme dans le regard reconnaissant qu'elle portait souvent sur le guitariste -ce qui le gênait toujours un peu, parce qu'au fond, il ne faisait rien de plus qu'être un ami pour son fils. Mais apparemment, c'était déjà beaucoup.

"Àsgeir ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ? T'as vu l'heure qu'il est ?
-Aide-moi, ça caille dehors !" chuchota Àsgeir avec empressement, les doigts congelés.
Elís le tira vers l'intérieur, alors que le brun peinait à escalader la fenêtre -mais quelle idée de la faire si haute aussi ? Ils finirent par perdre totalement l'équilibre et s'écrouler l'un sur l'autre dans un vacarme de tous les diables. L'enfant de la Lune lui plaqua une main sur la bouche pour l'empêcher d'émettre le moindre son et il lui intima de rester silencieux.
Ils tendirent l'oreille, leurs respirations sifflant dans le silence, mais aucun pas ne retentit dans le couloir.
"Tu m'écrases, murmura doucement Elís, essoufflé.
-Oups désolé."
Àsgeir se dégagea rapidement et aida l'autre à se relever à sa suite avant de fermer le plus silencieusement possible la fenêtre. Puis il se retourna vers son ami, qui avait allumé sa lampe de chevet, et qui lui apparut dans un pijama bleu des plus classiques -s'il faisait fi du fait que dans leur chute, plusieurs boutons de la chemise de l'autre avaient sauté et que son torse s'en trouvait à moitié découvert.
Détail qui n'échappa pas au guitariste.
"Excuse-moi, je ne t'écoutais pas, s'excusa-t-il.
-Je te demandais ce que tu faisais à ma fenêtre, à trois heures du matin, la veille d'un examen, soupira l'autre, ne pouvant néanmoins pas se départir de son sourire.
-J'arrivais pas à dormir, et tout à coup, j'ai eu une idée. Ça te dirait d'aller faire un tour dehors ? On n'est jamais sortis ensemble, mais ça craint rien là hein ?"
La surprise éclaira les traits de l'autre, puis l'incrédulité.
"Mais... Tu vas être mort demain, émit-il, mortifié. On peut faire ça un autre jour..."
Mais c'était trop tard. Àsgeir avait déjà saisi l'étincelle de joie et d'envie mêlées qui avait illuminé vivement les yeux trop clairs de son vis-à-vis lorsqu'il avait proposé son idée.
"Mais non, tu veux quand même pas que j'aie fait tout ce chemin pour rien ? Je t'explique même pas la galère pour récupérer mon vélo dans le garage sans réveiller mes parents." chuchota-t-il en balayant les arguments de l'autre de la main.
Il se dirigea vers la penderie du jeune homme, l'ouvrit sans réfléchir.
"Allez, enfile ce gros manteau là, et des gants aussi -j'te jure, comment on se les pèle trop dehors...- dit-il en lui tendant au fur et à mesure les vêtements. Attends, mets ce gilet avant, faudrait pas que tu tombes malade."
Il se retourna vers Elís pour voir que ce dernier avait abandonné son pantalon pour un autre, et qu'il enfilait le reste avec empressement. Àsgeir s'approcha un peu plus pour nouer l'écharpe autour du cou du châtain. La proximité soudaine de leurs visages lui fit un effet étrange qu'il occulta très vite en se concentrant sur ses gestes plutôt que sur les yeux de son interlocuteur.
"Et voilà. Prêt pour l'aventure ?"
Un sourire éclatant lui répondit, une main saisit la sienne. Doux frisson.

"Wow, c'était gé-nial! s'écria Ymir en sortant du bar.
-J'ai vu le gérant, les informa Loki en jouant avec ses baguettes. Il parle de nous reprendre de manière régulière, apparemment ce qu'on fait a du succès auprès des habitués."
La nouvelle fut accueillie par un cri de joie des quatre autres.
"Il faudra qu'on se voie demain pour parler des festivals d'été, j'ai déjà eu quelques réponses...
-Comme les exam' sont finis, on a tout notre temps, alors disons 14h, endroit habituel ?" leur proposa Àsgeir.
Tous acquiescèrent avec enthousiasme, transportés par l'euphorie générale. Puis ils se séparèrent, laissant le guitariste rentrer seul comme il habitait tout près, alors que les autres durent s'entasser avec leurs instruments dans la toute petite voiture des parents du bassiste.
Mais Àsgeir avait à peine fait quelques pas dans la nuit, se dirigeant hors du petit centre ville, qu'une silhouette qui courait vers lui attira son regard. Il eut une seconde d’hésitation, surpris, avant de reconnaître ce visage trop pâle sous la capuche de l'inconnu.
"Alors ?" l'encouragea Elís dés qu'il fut à sa hauteur, visiblement impatient d'entendre le récit de la soirée.
Incapable de contenir sa joie, le brun lui répondit par un grand sourire et il s'empressa de tout lui raconter -jusqu'aux détails les plus insignifiants. Mais avoir le jeune homme à ses côtés alors qu'ils remontaient tous deux vers sa maison, partager ce moment inoubliable avec lui, c'était certainement ce qu'il y avait de mieux, ce dont il avait tant besoin.

Jamais il ne se lasserait de la danse des doigts d’Elís sur les touches d’un piano.
C’était un mouvement qui avait quelque chose de profondément captivant, presque sensuel, alors que l’instrument semblait répondre à son maître, véritable reflet des émotions que ce dernier voulait faire passer à travers l’enchevêtrement de notes. Il ferma lentement les yeux, abandonnant sa feuille griffonnée, laissa la musique l’envahir, le transporter dans un autre monde, le faire rêver.
Puis le silence, dans lequel le fantôme des sons envolés résonnait encore.
« Àsgeir ? » murmura doucement l’autre homme.
Il rouvrit les yeux pour se tourner sur le côté, confortablement allongé sur le canapé qui siégeait non loin du piano. Son regard trouva celui de l’enfant de la Lune et il se releva soudainement pour le rejoindre et s’asseoir à ses côtés, posant son texte au trois quarts gribouillés sur le haut du volumineux instrument.
« Est-ce que tu peux la jouer encore ?
-Tu n’es pas sensé écrire ? s’enquit l’autre.
-Si, on se rejoint demain avec Ymir pour voir un peu ce qu’on a écrit pour le groupe. J’ai d’autres essais à lui montrer, mais ce texte me résiste et… Je sais pas, ce que tu joues, c’est… ça m’inspire. C’est nouveau non ? Je ne l’avais jamais entendue avant.
-Ouais, elle est pas encore tout à fait finie à vrai dire… Tu sais quoi ? Viens à ma place. »
Le châtain se leva, se décala légèrement. Intrigué, le guitariste s’exécuta. Et l’enfant de la Lune prit tout simplement place sur ses genoux. Àsgeir se raidit légèrement, chamboulé par cette proximité soudaine, le cœur s’affolant dans sa poitrine mais l’autre ne sembla pas en faire grand cas, calant confortablement son dos contre le torse du brun, puis saisissant les mains de ce dernier. Il glissa les siennes en dessous avant de poser ses doigts sur les touches du piano.
« Ferme les yeux, et écoute. » souffla le pianiste, comme sur le ton de la confidence.
Et le guitariste se laissa aller à cette voix, son front allant reposer contre l’épaule du châtain. Sous l’action de pressions légères, les touches lisses glissèrent sous la pulpe de ses doigts.
Et l’instrument chanta.

« Wow, celle-ci est… saisissante. » émit Ymir.
Ils étaient tous les deux allongés sur le lit d’Àsgeir, le Soleil venant doucement les réchauffer à travers la fenêtre grande ouverte en cette fin d’après-midi du mois de Juillet. Le brun se tourna vers le chanteur, délaissant sa guitare sèche à son côté et les feuilles qu’il tenait. Et il reconnut sans peine le papier mille et une fois froissé qu’il avait tant torturé hier, chez Elís.
« C’est une composition d’Elís qui me l’a en grande partie inspirée. »
Les lèvres de son meilleur ami se courbèrent, il prit un air entendu, avant de se redresser sur les coudes et s’approcher de lui.
« Dis-moi, à tout hasard, Àsgeir… Tu ne serais pas un peu amoureux ? Non, parce que, ce joli poème, ça ressemble beaucoup à une chanson d’amour derrière toutes ces jolies métaphores… »
Les joues du guitariste flambèrent sous l’assaut de la gène et sa timidité revint au grand galop. Le blond sourit un peu plus.
« Tu rougiiiiiiiis.
-Je ne-
-Oooooh, c’est pas bien de mentir, surtout à son meilleur ami.
-Mais-
-Non, mais tu es grillé, c’est pas la peine que nier. Allez, prends ta guitare, je suis certain que tu as déjà réfléchi à quelques choses et je suis vraiment impatient qu’on puisse voir ce que ça donne ! »

« Tu devrais la chanter avec moi. »
Àsgeir renvoya un regard surpris à Ymir, ses doigts se figeant net sur son instrument. Ses yeux glissèrent ensuite vers Elís, assis devant son piano, qui affichait un sourire encourageant, les yeux brillant de curiosité. Ils venaient de passer des heures et des heures tous les trois, à s’accorder entre piano et guitare, à travailler sur les arrangements. Le chanteur avait totalement approuvé l’idée du brun d’inviter le piano du châtain pour cette chanson et cela avait fini en petit comité dans la chambre du pianiste.
« Allez Ash, on l’a déjà pas mal travaillé ensemble à la guitare hier et avant-hier et ce ne sera pas la première fois qu’on chante ensemble, le rassura le blond.
-D’accord… »
Ils avaient en effet l’habitude de travailler leurs textes ensemble à la voix, et Àsgeir ne faisait pas les chœurs pour rien dans leur groupe. Ils s’échauffèrent ensemble, petit rituel qu’ils avaient depuis pas mal de temps à présent –lui semblait-il, depuis qu’ils s’étaient rencontrés et avaient trouvé en l’autre l’âme sœur musicale-, et Àsgeir vint se placer dans le dos d’Elís, calant ses partitions un peu chiffonnées à côté des siennes. Etrangement intimidé, il se concentra tout d’abord sur le chant de sa guitare, qui vint rejoindre celui du piano. Puis son regard trouva celui d’Ymir, confiant, rassurant, qui balaya tout le reste.
Leurs deux voix se joignirent, s’entremêlèrent. Ils n’interprétaient plus. Ils vivaient la musique.

Mais le rêve restait encore loin pour les cinq musiciens, qui durent faire face à la réalité. Ils choisirent de poursuivre des cours à l’université, n’abandonnant toutefois pas leurs ambitions. Cependant, il y avait un temps pour la passion, et un autre pour la vie. Ils gagnèrent donc la capitale à cinq. Moins de temps pour vivre au son de ce qui les faisait tant vibrer. Mais ils savaient que ce ne serait pas un investissement perdu, car l’avenir pouvait se montrer aussi imprévisible qu’incertain, et que leur talent seul ne pouvait leur suffire à vivre.
Àsgeir s’orienta naturellement vers l’édition, passionné qu’il était par la lecture et surtout l’écriture. Mais il n’en oublia pas Elís, mettant un point d’honneur à passer le plus de temps possible en sa compagnie lorsqu’il rentrait au village le week-end. L’enfant de la Lune lui manquait encore plus qu’il ne l’aurait pensé et au bout de quelques mois passés loin de lui, il dût se rendre à l’évidence, accepter ce que tous les autres avaient su voir avant lui.
Il était amoureux.
Ces cinq années passées loin de la famille les virent tous mûrir, évoluer, changements qui ne furent pas sans conséquences sur leur musique. Mais la passion brûlait toujours en leurs cœurs, s’embrasait dès qu’ils se retrouvaient ensemble, derrière leurs instruments. Ce fut aussi l’occasion de rencontrer des gens du milieu, se produire dans quelques bars, à des festivals amateurs organisés dans la plus grand ville d’Islande. Des opportunités qu’ils purent saisir, d’autres qu’ils virent leur échapper.
Et finalement, le diplôme, l’entrée dans la vie active, le retour aux sources.
A la musique.

Envahi par une douce appréhension, aussi délicieuse et déstabilisante, Àsgeir frappa à cette porte qu’il avait tant de fois franchie.
S’il avait cru que cela lui ferait encore cet effet… Il fallait l’accepter. Il avait peut-être connu un semblant d’amour dans les bras d’autres hommes et femmes durant son temps à la capitale, des relations qui l’avaient marqué, il en revenait toujours là. Toujours à Elís. Quoiqu’il advienne. Et tout ce qu’il avait pu vivre dans ces étreintes, tous les sentiments qu’il avait pu ressentir, qu’était-ce par rapport à la violence, l’intensité de ce qu’il érpouvait en cet instant ? Rien.
La porte s’ouvrit sur le visage constellé de taches de rousseur. Le guitariste sentit son cœur flancher, exploser pour ce sourire rayonnant, ces grands yeux étincellant de joie.

Àsgeir posa sa guitare soigneusement rangée dans son étui avec un soupire soulagement.
« Qu’est-ce qu’il fait bon ici… »
C’était la canicule dehors. Vraiment. Il n’avait passé que quelques minutes à peine dans sa voiture –malheureusement sans climatisation, mais avec son salaire, il ne pouvait pas non se permettre des folies même si ses parents l’aidaient- et il se sentait déjà tout collant, le front suintant de sueur, alors qu’il avait justement pris une douche en rentrant du boulot pour être un peu plus présentable une fois chez Elís. Ce dernier lui offrit un sourire sans relever et vint directement le serrer dans ses bras –c’était comme devenu une habitude depuis que le brun était revenu de la capitale. Comme si l’autre avait peur qu’il ne s’enfuie, lui échappe.
Le guitariste ne résista pas à l’envie d’enrouler ses bras autour de la taille de l’autre homme, profitant égoïstement de ce contact un peu trop franc entre leurs deux corps.
« Tu sens le Soleil… » souffla le châtain en toute innocence, le nez niché dans le creux de son cou.
Une étrange tristesse crispa les doigts du guitariste sur les vêtements du pianiste. Parce que malgré lui, il rappelait à l’être qu’il aimait, pour lequel il aurait tout donné, tout offert, ce qu’il n’aurait jamais. La chaleur des rayons de l’astre solaire ricochant sur sa peau trop pâle, la joie de s’étendre paresseusement sous leur caresse brûlante…
Et cela devenait de plus en plus compliqué, de plus en plus dur à vivre.

« Tu l’as déjà présentée aux autres ? lui demanda Elís en relevant finalement à la tête, auparavant plongé dans sa lecture.
-Non, je pensais en parler à Ymir sur le chemin pour la capitale. »
Ils se produiraient dans l’un des festivals les plus réputés du pays, le surlendemain. Et dans cette atmosphère de stress, d’angoisse, d’heures interminables passées à répéter jusqu’à s’en briser les doigts, s’en casser la voix, il avait enfin réussi à coucher sur papier les dernières paroles qui le tourmentaient depuis un mois à présent. Il ne se souvenait pas avoir un jour autant peiné à trouver les mots justes pour exprimer ses pensées et ses sentiments, et il l’avait tant retravaillée –dès qu’il avait un moment entre le groupe et le travail-, raturée, déchirée, malmenée, jusqu’à parfois en hurler ou pleurer de frustration et de souffrance. C’était bien la première fois que l’écriture devenait à la fois si douloureuse et si libératrice, le forçant à puiser au plus profond de lui-même, aller chercher jusqu’aux sentiments déchirants, ceux qui le tiraillaient avec tant de violence quand il venait voir l’enfant de la Lune.
L’aimer silencieusement était devenu trop éprouvant. Et cette chanson, sa guitare, c’était son exutoire, sa bouée, son barrage contre les flots tumultueux du désir, ce qui lui permettait de ne pas craquer et tout lui avouer –et tout gâcher.
« Cette personne… Elle doit vraiment beaucoup compter pour toi. » sourit l’autre avec douceur, en portant une main à ses yeux.
Àsgeir sentit son cœur se broyer.
« Elís, ne pleure pas, pas pour ça…
-C’est juste que… Il y a beaucoup trop de douleur dans tes mots… »
Les larmes troublèrent les prunelles océan de l’enfant de la Lune, et le guitariste ne réfléchit même plus. Sa volonté vacilla, ses résistances s’effondrèrent. Sa main s’anima, s’égara avec tendresse sur la joue de son vis-à-vis et dans un souffle, ses lèvres s’écrasèrent contre celles du châtain. Il sentit les doigts de l’autre s’accrocher à sa chemise alors qu’il l’enfermait dans son étreinte, s’oubliant contre sa bouche, alors qu’un tonnerre d’émotions faisait rage en lui, électrisant ses sens, embrasant tout son être.
Lorsque l’oxygène lui manqua, que le besoin de reprendre sa respiration lui incendia la gorge, qu’il consentit enfin à se reculer un peu et affronter les conséquences de son geste, ce furent les lèvres de l’autre homme qui vinrent retrouver timidement les siennes avec une touchante maladresse. Son sourire se perdit contre la bouche de l’enfant de la Lune. Et la joie, la chaleur remplaça la douleur et le froid.

« Putain, mais qu’est-ce qu’il fait bon sang ? » soupira Ymir.
Àsgeir avisa sa mine fatiguée et il savait que tous étaient dans le même état. La scène, c’était crevant, et ce n’était un secret pour personne. Maintenant, ils avaient tous envie de rejoindre leurs lits et dormir, épuisés par le stress intense des derniers jours.
Loki entra enfin dans la voiture, un sourire rayonnant éclairant son visage aux traits tirés, et s’installa. Il s’attira le regard noir du chanteur –qui était le seul ayant encore assez de force pour râler- et ceux, beaucoup moins alertes, du reste du groupe. La voiture démarra –le père de Valentin avait gentiment accepté de leur faire office de chauffeur, comme les cinq compères savaient qu’ils n’auraient jamais le courage de faire le trajet à cette heure.
« Bon, les gars, ouvrez grand vos oreilles, parce que là-
-Crache le morceau, on est rétamés, bailla le bassiste.
-On a un contrat. »
Silence de mort.
Tous fixaient le batteur, incrédules, n’osant véritablement y croire.
« Avec…
-Avec une maison de disques, ouais. Enfin, faut signer, voir les détails tout ça, mais l’homme avec lequel je discutais tout à l’heure m’a certifié qu’ils étaient plus qu’intéressés. On doit revenir dans une semaine. »
La liesse remplaça l’épuisement sur les visages, les exclamations de joie retentirent dans tout l’habitacle.
Le rêve était à portée de mains.

Partager cette nouvelle avec Elís, c’était tout ce qu’il désirait à présent.
Son sourire, c’était la plus belle des félicitations. Son étreinte, le meilleur moyen qu’il eut jamais eu pour se rassurer, se retrouver, considérer ce futur brillant mais incertain d’un œil plus serein. Ses baisers, la plus jolie façon de rêver.

Tout s’était enchainé si vite. Les procédures légales, sa décision de quitter la maison d’édition où il travaillait, la signature du contrat, les rencontres, les déplacements multiples…
Et Àsgeir, qui depuis l’obtention de son diplôme, avait l’habitude de voir Elís tous les soirs en rentrant du travail, dût faire face aux affres du manque. Cinq années, c’était le temps qu’il avait passé loin de lui, même s’il l’avait vu quasiment tous les week-ends et pendant les vacances. Cinq mois, c’était ce qui lui avait fallu pour s’accoutumer à nouveau, détruire les barrières si difficilement érigées au fil du temps passé loin de lui. Et cinq baisers égarés contre ses lèvres, si chastes, si innocents, c’était ce qui l’avait achevé en réveillant cette dépendance si profondément ancrée en lui, qu’il avait si bien su cacher à son cœur durant toutes ces années.



© Nous sommes de ceux



WAS IT A DREAM ?

Death doesn’t let you say goodbye. It just carves holes in your life... and your future... and your heart.
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Dernière édition par Àsgeir Aylen le Sam 25 Fév - 12:10, édité 3 fois
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› Âge : Trente-et-une notes égarées dans le silence meurtrier.
› Appart : #1312/13ème étage - avec une princesse égarée et son félin, Candy Cane, une louve aux yeux vairons déstabilisants -Freyja- et un petit coeur adorable -Hope.
› Occupation : Serveur/guitariste dans un restaurant/bar du Bronx, professeur de musique à temps partiel dans les quartiers plus chics de Manhattan. Bénévole jouant quelques notes pour raviver les sourires des enfants malades.
› DC : L'agent du FBI sous couverture (Lyam O'Neill), l'Irlandais aux poings écorchés (Aisling Ó Luain) et la catin aux couleurs mensongères (Aaliya Abelson).
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Message(#) Sujet: Re: Àsgeir Aylen » No warning signs, no alibi, we faded faster than the speed of light... Lun 18 Avr - 20:33


WAS IT A DREAM ?
AGAIN AND AGAIN AND AGAIN AND AGAIN, I SEE YOUR FACE IN EVERYTHING...

Il échangea un regard avec Ymir, qui prenait son micro en main. Il vit le reflet de son propre stress dans les yeux du chanteur, dont les lèvres se tendirent en un petit sourire encourageant. C’était toujours comme ça. L’anxiété avant de se retrouver sur scène, et qui ne serait plus qu’un souvenir lointain une fois les premières notes jouées.
Une guitare gémit, des cris lui répondirent par centaines, une masse mouvante de corps s’anima, possédée par la musique.
Le sentiment si puissant, si enivrant d’allégresse, terrassa l’angoisse, explosant en lui au son de la voix envoûtante qui résonna, les emporta. Ses doigts trouvèrent les cordes apprivoisées, les firent vibrer. Et c’était comme basculer. Basculer dans un autre monde, une autre réalité, et la partager avec tous ces gens qui se laissaient embarquer dans ce nouveau voyage. Promesse d’une rencontre, d’une communion hors du commun.

Il s’arracha aux lèvres d’Elís en sentant la main de ce dernier trembler en s’agrippant aux boutons de sa chemise. Il la saisit avec douceur, l’autre bras toujours enroulé autour des épaules de son amant, avant d’entrelacer leurs doigts, son regard trouvant celui de l’autre homme. Il esquissa un sourire rassurant, patient, malgré le désir qui rugissait si puissamment dans ses veines.
« On peut encore attendre tu- »
La bouche de l’enfant de la Lune s’écrasa sur la sienne, le coupant net, désireuse, exigeante. Les mains du châtain agrippèrent d’autorité sa nuque comme pour le pousser à s’approcher un peu plus, mais dans leur élan, ils basculèrent complètement sur le lit. Àsgeir s’écarta difficilement en appuyant ses mains sur le matelas, rechignant à s’éloigner du corps si agréablement pressé contre le sien, la respiration heurtée. Il contempla Elís un instant, ses joues rougies par le manque d’oxygène et certainement une petite dose d’embarras également, ses jolies lèvres entrouvertes qui cherchaient désespérément son souffle, ses yeux brillant dans la semi-obscurité, bleus, si bleus…
« Je suis juste un peu nerveux… » se justifia l’autre homme, avec un petit sourire timide.
Et le guitariste aussi, par extension. Ce n’était pas seulement la première fois du pianiste, mais leur première fois. Et à défaut d’être parfaite, le brun voulait qu’elle soit belle. Un souvenir impérissable, inoubliable. Alors il redirigea avec douceur les doigts de son amant jusqu’au col de sa propre chemise, lui offrit un baiser plus tendre.
Le temps. Ils avaient le temps.

« Allez les gars, on bouge. »
Le guitariste rangea à contre cœur son portable, le cœur en vrac. Elís lui manquait. Lui manquait trop. A tel point que cela en devenait douloureux, parfois. Pourtant, il était heureux d’être là, de pouvoir monter sur scène, de travailler sur l’enregistrement de leur prochain album, de vivre sa passion, celle qui le prenait aux tripes et l’emportait loin de tout le reste –même de la douleur que causait la distance. Mais il aurait tellement voulu pouvoir partager tout ça avec l’enfant de la Lune, l’avoir à ses côtés, lui faire profiter de chaque instant, de chaque petite joie, de ce rêve extraordinaire qu’ils vivaient à cinq.
Une main se posa sur son épaule, rassurante, le sortant presque violement de ses pensées. Il se tourna vers Ymir, qui lui lança un sourire compatissant. Le chanteur le connaissait trop bien pour ne pas saisir ce qui se cachait derrière ses silences.
« Allez Ash. On va dans ce petit bar que tu aimes bien, tu sais, celui dans lequel on s’est produit quelques fois quand on était à l’université. Le gérant passe toujours des titres intéressants et je suis certain qu’on ne nous dira pas non pour un petit passage sur les planches… »
Le sourire du blond s’agrandit, devint communicatif, apaisa le manque. Comme toujours.

« Àsgeir, tu vas être complètement épuisé demain, c’est de la folie… » chuchota Elís.
Le guitariste lui offrit un grand sourire, balayant son inquiétude d’un signe négatif de la tête, aidant l’autre homme à le suivre en lui tenant la main. Le terrain un peu accidenté et glissant n’était pas des plus praticables, surtout de nuit, et il aurait certainement dû amener une lampe de poche de plus, mais tant pis. Il était bien trop impatient de montrer à son amant ce petit coin de paradis, après plus de deux heures de voiture sur les routes Islandaises. L’odeur de la nature était enivrante et malgré l’air glacé qui lui fouettait les joues, il ne ressentait pas vraiment le froid. L’habitude sûrement. Ou bien ces doigts accrochés aux siens, ce torse qui venait se coller contre son dos, ces bras qui entouraient sa taille, ce souffle brûlant qui chatouillait sa nuque. Il frissonna violement, intoxiqué par cette présence. Il se retourna dans l’étreinte, vint cueillir les lèvres de son amant avant de le tirer vers lui pour l’encourager à avancer.
« On est bientôt arrivés, le rassura-t-il. Tu pourras me faire toutes les remontrances que tu voudras quand on sera sur le chemin du retour. »
Il savait que l’enfant de la Lune pensait avant tout à lui, qu’il s’inquiétait. Qu’il pensait –à juste titre certainement- que la journée du lendemain allait être particulièrement dure avec seulement deux pauvres heures de sommeil cumulées en début de soirée. Mais Ash n’avait pas envie d’y penser, pas envie de se rappeler qu’il repartait pour la capitale demain, pas envie de se souvenir qu’il quittait l’autre homme pour un long mois de tournée dans leur si beau pays.
« Wow… » laissa échapper Elís en s’arrêtant net à ses côtés.
La Jökulsárlón s’étendait devant eux, devenue une surface de glace brillante et sauvage sous les rayons de la pleine Lune. Saisissante de beauté. Et le sourire émerveillé qui courba les lèvres du pianiste valait bien tout l’or du monde aux yeux d’Àsgeir.

Le succès qu’ils connurent dans leur pays d’origine les poussa peu à peu hors de ses frontières, d’abord en Europe, puis aux Etats-Unis. Ils étaient bien loin d’y avoir la notoriété dont ils jouissaient en Islande, où la presse se les arrachait, où leurs chansons passaient sur bon nombre de radios, où leurs concerts réunissaient des milliers de fans et de curieux, mais c’était un premier pas vers ce public étranger qu’ils apprenaient à connaître, au sein des petites salles intimistes qui leur rappelaient leurs débuts.

Il reçut un shoot de vodka dans les mains.
« Ash, c’est ça ? Et Ymir ? » s’assura l’Américain qui venait soudainement à leur rencontre.
Le chanteur refusa un verre avec un sourire poli et un anglais un peu maladroit qui fit rire de bon cœur leur interlocuteur.
« Où est le reste de votre groupe ?
-Au bar, lui indiqua spontanément le guitariste avec un signe du menton.
-C’est votre première fois dans ce genre d’endroits ? Pas trop impressionnés ? Aaaah Kenneth, viens donc par-là ! »
Et voilà leur interlocuteur qui se désintéressait déjà d’eux pour s’éloigner un peu et saluer l’homme –Kenneth- qui avait invité leur petite bande dans ce bar branché de Manhattan, entièrement réservé par la branche américaine de leur maison de disques. Ymir et Àsgeir échangèrent un regard avant de converser rapidement dans leur langue natale, le chanteur encourageant son meilleur ami à vider cul-sec son verre pour qu’ensuite ils aillent un peu danser –ils ne savaient pas qui avait organisé la playlist, mais définitivement, ils n’allaient pas résister bien longtemps à se joindre à la foule de corps mouvants qui s’animait un peu plus loin si on continuait de passer du Muse. Le guitariste eut un petit rire avant de porter le verre minuscule à ses lèvres. L’alcool brûla horriblement sa gorge et il fit une grimace.
« Tu vois, ça me conforte dans l’idée de ne pas boire. » souligna le blond avec un air clairement amusé.
Le brun leva les yeux au plafond pour la forme, faussement exaspéré. Puis les notes familières de Map of the Problematique retentirent et ils échangèrent cette fois-ci un regard complice. Ça, c’était bon, putain. Quand ils avaient mis les pieds ici avec les trois autres, curieux mais clairement impressionnés par la masse de gens et peu habitués aux aspects typiquement américain de l’endroit et de ses coutumes, Àsgeir n’avait pas réellement pensé qu’il parviendrait à s’y sentir complètement à l’aise, mais la musique et la présence d’Ymir à ses côtés aidant (et peut-être un peu l’alcool également…), il commençait à vraiment se détendre et apprécier l’endroit. Oublier l’amant qu’il avait laissé derrière lui pour deux longs mois de tournée, juste le temps de quelques heures.
« Bon alors les gars, vous vous amusez ? les aborda Kenneth, avec un air bienveillant. J’vois que le reste s’est tranquillement installé au bar et semble bien profiter…
-On va leur préférer la piste de danse, plaisanta le guitariste.
-Impossible de résister plus longtemps à Muse. » conclut le chanteur avec un faux air de résignation, alors que la voix de Matthew Bellamy s’invitait sur les instruments.
Le blond ferma un instant les yeux pour se mettre à susurrer les paroles en commençant naturellement à danser, faisant sourire son meilleur ami.
« Profitez bien alors… » ajouta Kenneth avec un clin d’œil.
Ce dernier posa sa main sur la taille d’un inconnu que jusque-là Àsgeir n’avait pas remarqué, étant donné que l’homme était resté timidement en retrait par rapport à Kenneth. Son cœur eut un étrange sursaut quand il croisa les prunelles céruléennes de l’inconnu qui s’éloignait, lui tournant à présent le dos. Ce dernier dégageait une impression de fragilité, de vulnérabilité qui le percuta soudainement, sauvagement, lui évoquant Elís avec une netteté désarmante. Ses entrailles se contractèrent douloureusement, broyées, alors que son souffle mourait dans sa gorge. Touché en plein cœur.

Son estomac se retourna, la bile brûla sa gorge, ses lèvres. Dans un dernier sursaut instinctif, les joues ravagées par les larmes de honte et de dégoût envers lui-même, ce qu’il avait fait, il se pencha encore une fois au-dessus de la cuvette des toilettes.
« Àsgeir ? » chuchota une voix accompagnée de quelques coups contre la porte de sa chambre d’hôtel.
Un nouveau haut-le-cœur le secoua alors qu’il s’accrochait presque désespérément à la céramique, dans un dernier espoir de réussir à tenir. Mais il finit par s’affaisser contre la surface froide, recroquevillé sur lui-même, le cœur démoli, écrabouillé, au bord des lèvres. Il ne parvenait même plus à contenir les sanglots qui agitaient son corps tout entier, juste les gémissements qui s’échouaient contre sa langue.
« Putain, mec, j’entre. » râla le blond, la voix étouffée.
Un déclic perça le silence, le bruit de pas se dirigeant vers le guitariste. Ce dernier rouvrit difficilement les yeux, observant à travers la porte grande ouverte de la salle de bain son meilleur ami s’arrêter un instant devant le lit vide aux draps froissés, avant qu’il ne se tourne vers lui. La surprise puis l’inquiétude tordirent les traits du chanteur, qui se précipita pour l’aider à se redresser et l’asseoir correctement, le dos calé contre le mur. Ses mains fraîches tentèrent d’essuyer les joues trempées du brun avant de renoncer comme les larmes ne se tarissaient pas puis elles se concentrèrent plutôt sur ses cheveux en bataille, les rabattant vers l’arrière afin de dégager son visage.
« Qu’est-ce qu’il t’arrive ? » lui demanda le blond avec douceur avant de le prendre dans ses bras, visiblement terrifié par l’idée de ne pas parvenir à le consoler.
Mais la culpabilité étranglait bien trop Àsgeir pour qu’il réussisse à émettre le moindre son. Et même s’il ne méritait pas cette sollicitude, même s’il n’y avait pas le droit à ses propres yeux, il s’accrocha au chandail de son meilleur ami et nicha sa tête sur son épaule, respirant difficilement sous l’assaut des sanglots, sous le poids du dégoût qu’il ressentait envers lui-même. Les doigts d’Ymir s’égarèrent dans son dos, rassurants, invitant, et les mots finirent par passer la barrière de ses lèvres. Il avoua tout. Comment, après un ou deux verres en trop, il avait quitté Abel et Loki, le cœur en vrac, après tout ce temps passé loin d’Elís. Comment, en rentrant à l’hôtel où ils logeaient tous, il avait croisé l’inconnu qui avait capturé son attention, l’inconnu dont tous savaient à présent qu’il vendait ses services pour quelques centaines de billets. Comment, en se laissant abuser par les prunelles céruléennes qui lui en rappelaient tant d’autres, cette fragilité qui avait si bien su le bouleverser chez son amant, il avait fini par craquer, céder. Comment, en invitant cet inconnu aux allures familières dans cette chambre, dans ses draps, en lui tendant les billets honnis, il avait commis l’irréparable. Comment, au contact de ces mains et ces lèvres étrangères, il avait senti le poids écrasant de la solitude s’alléger sur ses épaules, les fissures dans son cœur trop éprouvé par l’absence, par la distance, par le manque de l’autre, disparaître l’espace d’une heure ou deux, et la souffrance terrible avec elle.
Et à quel point il se dégoutait à présent.

« Hm… Je ne pense pas que ce soit une spécialité Américaine ça, si ? » plaisanta Elís en prenant place sur le plan de travail.
Àsgeir lui décocha un sourire sincère en remuant la sauce qu’il faisait doucement mijoter, avant de réduire encore le feu. C’était l’un de ses plaisirs ; faire la cuisine pour son amant. Chaque nouveau pays qu’il découvrait en tournée était l’occasion d’en apprendre un peu sur les spécialités locales et ramener ce savoir à la maison, partager un bout de ces cultures étrangères qu’il effleurait à peine, c’était comme emmener Elís avec lui, le faire voyager, découvrir de nouveaux horizons.
Il se désintéressa un instant du contenu de sa casserole pour contempler son amant, ses opales bleutées, son visage constellé, ses lèvres étirées par un sourire un peu joueur. Un peu taquin, le guitariste posa ses mains sur les genoux de l’autre homme, qui le surpassait d’une bonne tête à présent du haut de son perchoir, avant de s’insinuer entre ses cuisses, les doigts glissant lentement jusqu’à sa taille.
« Ce n’est pas vraiment du jeu, tu sais, souffla l’enfant de la Lune en saisissant sa nuque, se penchant vers lui, l’enfermant dans l’étau de ses jambes.
-Ah ? laissa échapper le brun tout bas, enroulant ses bras autour du bassin du châtain pour le rapprocher un peu plus de lui.
-Toi, juste habillé d’un boxer, en train de me préparer mon plat préféré… Pas fair-play du tout.
-Hm hm… » acquiesça le guitariste sans se sentir le moins du monde coupable.
Il releva un peu plus la tête, pour trouver les lèvres de son amant. Et oublier tout le reste. Oublier qu’il repartirait le lendemain aux USA pour l’enregistrement de leur prochain album, oublier qu’il serait loin de lui pour trois mois de plus alors qu’ils venaient juste de se retrouver, oublier qu’il l’avait trahi dans un moment terrible de faiblesse et qu’il n’avait eu le courage de lui dire, oublier ces marques étranges et dangereuses qu’il avait découvert sur ce corps pressé contre le sien.
Oublier qu’il était tombé pour un être éphémère.

« Revenez ! Vous n’avez pas le droit d’entrer ici ! »
Il n’écouta pas la voix féminine qui s’insurgeait, ni celle de ses amis qui l’enjoignait à attendre. Il ignora la douleur qui lui cinglait les jambes à force d’avoir couru, monté les marches des escaliers qui s’enchainaient. Il n’y avait plus que cette odeur aseptisée dans l’air, ces murs trop blancs qui défilaient, ses pas qui résonnaient, sa respiration heurtée, ces silhouettes blanches qui s’écartaient. Et la peur. La peur terrible, agrippée à son cœur, étouffante, suffocante.
Une énième porte. Son regard chercha des visages connus dans ce qui ressemblait à une salle d’attente. Des inconnus assis-là, respirant l’anxiété, un homme en blouse blanche, le visage grave, qui invitait la mère d’Elís, les joues ravagées par les larmes, à s’asseoir.
Son cœur d’Àsgeir manqua un battement. Il croisa le regard rougi de cette femme qu’il avait toujours tant admiré, aimé presque comme sa propre mère. Il lut le désespoir, la souffrance terrible sur ses traits. C’était comme si le sol se désagrégeait sous ses pieds.
Non.
Et il s’effondra.

Son bagage en main, il posa une dernière fois son regard sur le visage d’Ymir, qui reflétait toute l’impuissance et la douleur du chanteur. Ce dernier se mordit la lèvre, visiblement hésitant, avant d’agripper les épaules du guitariste et l’enfermer dans son étreinte. Et ces bras qui le serraient fort, si fort, avaient le goût amer et terrible d’un au revoir, d’un abandon. Le cœur en miettes, Àsgeir répondit à l’étreinte avec la même force, retenant les larmes qui lui brûlaient les yeux en sentant l’autre homme convulser contre le lui, renifler dans son épaule. Mais il ne fallait pas qu’il cède, pas qu’il recule. Parce que la souffrance n’en deviendrait que plus intense, insupportable. Parce qu’il devait partir, il en avait bien trop besoin. Quitter ces lieux qui ne faisaient que lui rappeler celui qu’il avait perdu bien trop tôt, bien trop vite.
« Appelle-moi. N’importe quand, exigea le blond à voix basse, le ton étranglé. M’oublie pas.
-Jamais. » émit-il dans un souffle.
Puis il se détacha d’Ymir, l’observant une dernière fois tenter d’essuyer ses larmes avec ses manches. Puis il reprit son sac échoué au sol, et se détourna. Direction la zone d’embarquement.

New-York.
Le Parking.
Àsgeir coinça une cigarette entre ses lèvres avant de l’allumer et se caler un peu plus confortablement contre son dossier de fortune. Il ramena sa guitare sèche contre lui, avisant un instant le sol qui s’étalait quinze étages plus bas. Une silhouette élancée s’immisçant entre les gamins qui jouaient à l’abord du perron captura un instant son regard. Douleur. Culpabilité. Il détourna aussitôt les yeux vers le ciel bleu, les immeubles qui peuplaient le paysage urbain.
Ses doigts glissèrent sur les cordes, les sons résonnèrent, couvrant la rumeur qui s’élevait d’en bas, soulageant un instant le poids qui compressait son cœur. Deux notes de plus. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire triste. Puis encore, et encore, jusqu’à s’enivrer, s’oublier dans le chant qui trouvait un écho si fort en lui, l’emportait.





© Nous sommes de ceux



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Àsgeir Aylen » No warning signs, no alibi, we faded faster than the speed of light...

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