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Lyam O'Neill » It's too cold outside for angels to fly...



 

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Lyam O'Neill » It's too cold outside for angels to fly...

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les locatairesles potins


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› Âge : Trente-sept douilles échouées, éparpillées à terre.
› Appart : #1513/15ème, seul dans un grand appartement bien vide à présent. Et trop silencieux.
› Occupation : Officiellement, professeur particulier de langues (Suédois, Russe et Gaélique Irlandais). Officieusement, infiltré dans un grand réseau de proxénétisme pour lequel il est un informateur. En réalité ? Agent du FBI sous couverture, anciennement policier dans les moeurs puis la criminelle de L.A. après avoir été sniper au sein de la US Army.
› DC : Le guitariste Islandais au coeur arraché (Àsgeir Aylen), l'Irlandais aux poings écorchés (Aisling Ó Luain) & la catin aux couleurs mensongères (Aaliya Abelson).
› Messages : 702
› Nombre de RP : 1

Message(#) Sujet: Lyam O'Neill » It's too cold outside for angels to fly... Jeu 14 Avr - 22:27


LYAM YMIR O'NEILL
Home of the brave.



(NOM) O'Neill, dont l'orthographe exacte en Gaélique est Ó Néill. Définitivement Irlandais. Il entendra toujours son arrière grand-mère se plaindre de la manière dont son nom avait été écorché quand elle était arrivée sur le territoire Américain... Mais ici, il porte le nom de Lynch, pour servir sa couverture. Et c'est celui qui est inscrit sur tous ses papiers, de ses factures d'électricité au passeport en passant par le permis de conduire. Welcome to the land of non-existence. (PRÉNOM) Lyam. C'est doux, ça glisse entre les lèvres et sur la langue. Et ça contraste fortement avec son caractère. Il a également un deuxième prénom, purement Suédois (et il remerciera sa mère pour le mélange des origines...) : Ymir. Peu le connaisse, mais ça fait généralement un peu sourire.  (ÂGE) Trente-Six années passées sur cette Terre, même s'il n'y prête finalement que très peu d'attention (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) Né un 22 Novembre, pur produit New-Yorkais. Bronx born and raised. (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) Officiellement, il est professeur particulier de langues. Suédois, Gaélique et Russe. Activité qui ne soulève pas trop de questions et le laisse très libre de ses mouvements, comme cela n'est qu'une façade, un écran de fumée, ça l’arrange bien. Officieusement, il travaille au sein d'une organisation très développée qui verse dans le proxénétisme, en tant qu’informateur Ah, la vérité ? Agent du FBI sous couverture, mais ça, vous ne risquez pas de le savoir. (NATIONALITÉ) Américaine seulement. (ORIGINES) Irlandaises par le père, Suédoises par la mère. Mais il n'a pas encore eu l'occasion d'y poser un pied... (STATUT CIVIL) Certains au Bureau pourraient le dire marié à son Glock 23 mais il les laisse rire. Célibataire au coeur suicidaire, ça lui conviendrait certainement mieux, et pas pour son plus grand bonheur. Comme s'il avait le temps pour ça… Et pourtant. Les prunelles céruléennes gravées dans le cœur. Comme une cicatrice à la fois douloureuse et délicieuse.  (ORIENTATION SEXUELLE) Pansexuel, pour peu qu'il parvienne à poser un mot dessus. Pas du genre à le crier sur tous les toits, ni à en être particulièrement fier. Il l'accepte tout simplement. À quoi bon lutter contre ses attirances ? Ce qui reste assez ironique, c'est qu'il a vraiment "l'air d'un hétéro", d'après d'anciennes conquêtes masculines. Mais bon, ça sert au job alors c'est pas plus mal comme ça. Et non, il n’est pas frigide. N’en déplaise à certains. (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) Janvier 2015. (REPRISE DU PERSONNAGE) Nope, sir. Je compte pas partir anyway. Vous allez en avoir marre de voir mes miches. (GROUPE) De ceux qui survivent. (TYPE DE PERSO) Un très vieux mini-scénario proposé par Aaron Dickens. <3 (CRÉDITS) AMIANTE, quotations by Thirty Seconds to Mars (From Yesterday), Ed Sheeran (The A team), Hymne Américain & Devise de l’US Army.

« HE IS STRANGER TO SOME AND A VISION TO NONE. »

(Quand et comment avez vous emménagé au Parking ?) Janvier 2015. Apparemment, cela faisait un moment que le Bureau prévoyait d'envoyer quelqu'un sous couverture parce que tout était allé extrêmement vite. Il travaillait déjà activement à infiltrer l'organisation avec l'aide d'un informateur particulièrement précieux quand on lui avait ordonné de passer à l'étape supérieure. Et cela passait par donner encore plus de crédit à sa nouvelle identité. Il était venu une première fois, soit-disant pour visiter quelques appartements en location, histoire de donner le change et le reste s'était réglé au téléphone. Il avait donc débarqué là en fin d'après-midi, accompagné de sa vieille moto nouvellement immatriculée et ses deux grosses valises. Il avait habilement détourné les questions de la concierge un peu trop curieuse à son goût, restant vague sur ses raisons de s'installer ici et ses activités, préfèrent témoigner d'un intérêt tout calculé pour le quartier. Elle s'était engouffrée dans la brèche tête baissée et avait fini par le laisser tranquille sur le pas de sa porte. Il avait plus ou moins laissé sous-entendre qu'il s'installait là par commodité dans le cadre de son travail et par soucis d'argent. Nul besoin de préciser qu'il avait abandonné son confortable chez-lui afin de pouvoir mieux s'investir dans une organisation criminelle.

(Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ?) Lyam est partagé. L'immeuble, il a déjà vu bien pire. Il a dû vivre dans des endroits insalubres et délabrés parfois, alors franchement, le Parking, ça ressemble à un truc correct à côté. Mais la promiscuité, il a toujours eu du mal, et ça ne risque pas d'évoluer de sitôt, même s'il apprend à faire avec. Pour le job. Pour donner le change. Il n'empêche, il remercie ses collègues d'avoir choisi un appartement au dernier étage parce que lorsqu'il se sent comme un lion en cage, il peut au moins accéder au toit pour prendre l'air. Mais ça ne calme pas ses légères envies de meurtres envers ceux qui se rendent là-haut à n'importe quelle heure de la nuit et en ayant visiblement l'ambition de faire le plus de bruit possible. Et apparemment, il y a aussi des artistes pas loin, parce que les concerts, il en profite tous les jours. Néanmoins, l'immeuble a au moins le mérite d'être vivant et d'accueillir une population hétéroclite, ce qui se révéler intéressant, distrayant. Amener un peu d'action à l'occasion.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Il doit passer pour le voisin pas franchement bavard, un peu invisible. Celui qu'on ne remarque pas vraiment, le mec discret qui vit seul avec son chien. Celui qu'on ne croise pas souvent, qui a toujours l'air plongé dans ses réflexions quand ça arrive. Poli mais pas du genre avenant, même s'il ne refuse pas la conversation. On en sait peu sur lui et ça lui va très bien comme ça. Il est aussi le gentleman qui aide les dames (ou les hommes qui le veulent bien) à monter leurs courses quand l'ascenseur tombe en rade, occasionnellement le gars qui file quelques dollars aux gosses qui courent dans les couloirs pour qu'ils aillent s'acheter un truc à manger et la mettent un peu en veilleuse, avec un petit sourire plus amusé qu'autre chose. Il ne sait pas trop ce que les autres pensent de lui et franchement, ça ne le préoccupe pas trop (même s’il y fait attention par soucis de rester discret). Mais il essaye de ne pas paraître trop fermé non plus, histoire de ne pas trop attiser la curiosité. Raison pour laquelle il passe sûrement pour un voisin de palier un peu trop laxiste... Mais le but est de s'intégrer et non de se créer des ennuis ou pire, d’attirer l’attention.


PSEUDO : Javelot. PRÉNOM : Alex. ÂGE : 20 cheveux blancs. PAYS : Francia. FRÉQUENCE DE CONNEXION : Everyday sir. COMMENT AVEZ VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : PRD si je me souviens bien. COMMENTAIRE OU SUGGESTION : J'avais prévu d'apporter des modifications aux différents points développés dans mon ancienne fiche, mais je crois que ça attendra un peu. Sorry si je demande à la remodifier plus tard. :') (genre dans trois mois :')) AVATAR : Diego Klattenhoff. (aka badass Agent Ressler (TBL for the win) and cutie Mike Faber (Homelaaaand)).




© Nous sommes de ceux



TIME IS RUNNING OUT

There are foundational elements  in our lives. People... that form the brick and the mortar of who we are. People that are so deeply embedded that we take their existence for granted until suddenly they're not there. And we... collapse into rubble.© signature by anaëlle.


Dernière édition par Lyam O'Neill le Dim 4 Juin - 18:02, édité 5 fois
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Message(#) Sujet: Re: Lyam O'Neill » It's too cold outside for angels to fly... Jeu 14 Avr - 22:29


THIS WE’LL DEFEND
And the star-spangled banner in triumph shall wave
O'er the land of the free and the home of the brave !

Lyam parle réellement les langues qu'il est censé enseigner, notamment grâce à ses parents et son frère. Néanmoins, il trouve discutable le choix que ses supérieurs aient fait quant à son activité officielle... Peut-être parce qu'il ne se trouve pas particulièrement crédible en tant que professeur. Il a la patience pour, mais pas franchement un don pour mettre les autres à l'aise au premier abord… Professeur de boxe, ça aurait certainement mieux collé. Mais il n’a pas eu son mot à dire. Néanmoins, sa passion pour les langues n’est pas feinte. Il a quelques notions de Français, héritées du lycée, d'Espagnol également. Il s’intéresse de près au Lituanien, c’est une langue et une culture qui l’intriguent beaucoup. Il considère l’Irlandais comme sa langue maternelle au même titre que l'Anglais. Il la parle avec le même naturel, elle lui vient même spontanément aux lèvres dans certaines situations. Il a l'air particulièrement fermé au premier abord et il n'est pas franchement du genre à faire le premier pas vers les autres. Néanmoins, il faut juste savoir un peu gratter la surface, éventuellement légèrement insister, et une fois le premier sourire arraché, vous pouvez être sûr que vous avez déjà franchi une grande étape. Généralement, il fait le reste du chemin et se révèle plutôt sympathique, même si au fond il est plus du genre à poser des questions et s'intéresser à ceux qui l'entourent plutôt que s'étendre sur sa vie ou ses sentiments. Mais étrangement, il a le contact extrêmement facile avec les enfants de moins de 15 ans. Leur innocence et leur joie de vivre lui arrachent toujours des sourires sincères. C'est un menteur de profession. Particulièrement pratique quand il est sous couverture -il pourrait faire avaler à peu près n'importe quoi sur son compte à à peu près n'importe qui- mais c'est également un énorme défaut, tant il en a l'habitude. Ça n'aide pas franchement à construire des relations durables et basées sur la confiance mutuelle. Le contrôle,  le calme à toute épreuve. La neutralité incarnée, impossible à foutre en rogne. Il encaisse bien, se sert de sa tête avant des poings -enfin, disons plutôt l’attaque verbale. Ça le fait passer pour un insensible, une machine. Soit, vous dira-t-il. Il a un chien qui appartenait à un ancien compagnon d'arme récemment décédé. Étant un chien militaire ne répondant qu'aux commandes en Néerlandais, il ne pouvait être adopté par n'importe qui et l'ancienne compagne de son ami a préféré lui demander de le prendre avec lui car elle en avait toujours eu un peu peur. L'animal est un peu devenu le gardien de son appartement quand ses obligations l'appellent ailleurs et ils s'entendent étonnamment bien alors que Lyam a toujours préféré les chats. C’est un Malinois nommé Silver Star. Mettez lui une arme à feu dans les mains et il saura la faire chanter de la plus belle et meurtrière des façons. Ce n'est pas un grand sportif, il n'aime pas particulièrement cela. Néanmoins, il prend plaisir à faire son jogging matinal, c'est sa petite routine. C'est toujours pratique d'être endurant quand on donne la chasse aux criminels. Et il ne prend jamais l'ascenseur. Son père étant professeur de boxe, il l’a pratiquée étant plus jeune, en plus du rugby, sports pour lesquels il a toujours un petit faible. Et il a fait du cross, à moto. Ça lui manque parfois. Il a déjà eu un petit problème avec l’alcool, raison pour laquelle il est toujours prudent lorsqu’il en consomme. Mais il n’a pas touché une bouteille depuis qu’il est sous couverture. Les bouteilles de vin attendent sagement d’être dégustées dans son frigo, mais il n’y touche pas. Son arme de poing ne le quitte presque jamais. Du coup, ça peut paraitre étrange parce qu'une fois chez lui, il est du genre à ne pas s'embarrasser de beaucoup de vêtements (l'habitude de vivre seul...) et il fait donc la cuisine en sous-vêtements, l'arme à feu bien calée contre son mollet... Il porte quelques cicatrices. Impacts de balle notamment, brûlures. Pas visibles quand il est habillé. Il se trimballe aussi toujours avec une photo de sa famille, il la coince dans son casque de moto la plupart du temps, ou dans la poche intérieure de sa veste de motard. Et il a également des tatouages plutôt discrets. Un tribal à la cheville, des dates inscrites en chiffres romains sur l’intérieur de son bras gauche, un prénom calligraphié délicatement sur sa hanche droite (celle qui porte son arme), et quelques mots en gaélique à l’intérieur de la cuisse dont personne sauf lui ne connait la signification. Lyam et les relations amoureuses c'est... Compliqué. Déjà parce que son boulot, c'est en grande partie sa vie et qu'il n'a ni le temps, ni vraiment l'envie de se trouver quelqu'un. Enfin ça, ce sont les excuses derrière lesquelles il se cache plus ou moins bien. La vérité, c'est qu'il a tout simplement peur de souffrir une nouvelle fois, de se dévoiler également. De s’ouvrir. Alors il laisse les choses venir. Les rencontres et les étreintes éphémères, ça vient, ça part, il s'en contente plus ou moins. Il essaye de panser une blessure trop récente et une solitude devenue trop pesante dans les bras d'inconnus. Personne ne le retient, il ne retient jamais personne. Lyam est du genre à se contenter de très peu pour se faire plaisir, terminer sa journée sur une note positive. Un bon bain chaud armé d'un bouquin, le verre de rouge pas loin... Ou bien un petit tour en moto ou avec son chien à Central Park, juste pour se vider un peu la tête. Mais au fond, le boulot ne le quitte jamais vraiment, toujours tapi dans un coin de son esprit...

Lyam naquit au sein du Bronx, fils aîné d’un professeur de boxe et d’une assistante sociale. Il pointa le bout de son nez et fut reçu comme un cadeau, un don du Ciel, après tout le mal que s’étaient donnés ses parents pour l’avoir. Petit miracle de la génétique et du hasard, car son père se révéla par la suite stérile, ce qui expliquait certainement ce long combat qu’ils avaient dû mener contre la nature pour pouvoir enfin voir leurs rêves se concrétiser.
Il vécut les six premières années de sa vie dans un appartement avant de déménager. Même quartier de New-York, mais plus prospère et surtout, une maison cette fois-ci. Ses parents n’avaient pas abandonné l’idée d’avoir un autre enfant et au terme de procédures interminables, ils purent enfin adopter. Pour son huitième anniversaire, Lyam eut donc un frère. Un gosse de trois ans son cadet, qui ne parlait pas un mot d’Anglais et qui avait perdu sa seule famille –des expatriés Russes- dans un accident de voiture. Il répondait au doux prénom d’Aleksei et même si les premières approches furent timides, ils devinrent vite inséparables. Lyam était ravi d’avoir enfin un frère et ce fut à son contact qu’il apprit le Russe pour pouvoir communiquer plus facilement, avec cette facilité déconcertante qu’ont les jeunes enfants. Ils grandirent ensemble, Lyam prenant très à cœur son rôle de grand frère –voire un peu trop parfois si d’autres venaient à embêter son frangin ou se moquer de son accent. Mais leurs parents ne s’arrêtèrent pas en si bon chemin et Lyam se doutait que c’était en partie grâce à sa mère, qui ne cessait de voir des familles se briser et qui ressentait ce besoin indescriptible de procurer un foyer et de l’amour à d’autres enfants qu’eux deux. Peu après le quinzième anniversaire de Lyam, ils accueillirent donc une petite fille au teint chocolat au sein de leur famille. Sinah. Aleksei eut un peu de mal à l’accepter au début –l’adolescence pointait le bout de son nez et avec elle tous les questionnements existentiels et les difficultés d’acceptation de soi-même-, mais il finit par lui donner sa chance. Quant à Lyam, ce fut le coup de foudre fraternel. Il s’en occupait dès qu’il le pouvait, se substituant quelque peu au rôle de ses parents. Ça étonnait toujours un peu, cette famille si hétéroclite, vivant dans cette petite baraque toujours pleine d’animation.
Mais c’était sa famille. Et Lyam ne l’aurait échangée pour rien au monde.

Puis vint le temps de les quitter. Le jeune homme avait toujours été d’un niveau plutôt moyen en cours –au contraire de son frère- il se débrouillait avec ce qu’il avait, mais au moins, il s’intéressait. Quelques troubles de comportement quant on venait à se montrer un peu trop vindicatif avec un de ses amis, mais rien de bien grave somme toute. Et finalement, l’évidence fit lentement son chemin dans sa tête et après son diplôme de fin de lycée, il décida donc de rejoindre les rangs de l’armée de Terre. Un peu contre l’avis de ses parents, qui n’étaient pas franchement ravis de son choix de carrière mais qui à défaut de l’aimer, choisirent de le soutenir et de l’aider. Ce fut beaucoup moins facile pour son frère, qui rejeta sa décision en bloc et ils se quittèrent donc en froid. Sinah était encore un peu trop jeune pour véritablement comprendre ce que tout cela impliquait, mais Lyam s’engagea à prendre contact le plus régulièrement possible. Les au revoirs furent plus durs que ce qu’il avait imaginé –après tout, il n’avait jamais quitté sa famille plus de quelques jours- mais il était décidé, porté par ses convictions, son désir de protéger, de servir cette belle nation. D’aider à son tour, comme ses parents l’avaient fait.

Et l’armée le changea, le fit mûrir, grandir. Il s’y révéla, comme s’il avait enfin trouvé sa voie, l’endroit où il avait encore l’espoir de faire une différence. Même minime. Il fit de nouvelles rencontres, avec des gens venus des quatre coins du pays, s’ouvrit à ces nouvelles cultures qui se tutoyaient en permanence. Il y trouva sa place, aussi simple que cela puisse paraître et sans avoir même conscience qu’il l’eût un jour cherchée, même si ce n’était pas facile. C’était une évidence, une vérité qui s’imposait à lui. Mais pour autant, il n’en oublia pas ses responsabilités en dehors, sa famille, qu’il revit à chaque permission accordée, tout comme les quelques amis qu’il avait laissé derrière, et qui s’étaient engagés dans une autre voie...

Janvier 2001.
A peine avait-il franchi le portail qu’une tornade fonçait dans sa direction. Il abandonna son sac pour réceptionner Sinah dans ses bras et la faire tourner, lui arrachant un grand rire. Et il réalisa à quel point ça lui avait manqué. Juste entendre ce son si sincère et innocent, qui portait toute la joie du monde…
Elle resta accrochée à son cou, refusant manifestement de descendre avant qu’Aleksei ne les interpelle tous les deux.
« Tu pourrais partager un peu Sinah quand même… râla-t-il pour la forme, un grand sourire aux lèvres.
-C’est vrai que t’es un peu lourde là, plaisanta le militaire.
-Hey ! protesta-t-elle ouvertement. De toutes façons t’es censé être le plus musclé alors ça devrait pas te déranger… »
Le blond offrit une accolade à son frère, la jeune fille toujours dans ses bras avant d’aviser son père qui venait à leur rencontre et le saluer, heureux de le revoir. Manifestement, sa mère n’était pas encore rentrée, mais il était peu surpris. Toujours à se donner à fond dans son travail, parfois jusqu’à des heures indécentes… Mais il comprenait mieux maintenant. Il la comprenait mieux.
Puis son regard se posa une silhouette masculine, un peu en retrait, visiblement timide. Un inconnu, le teint pâle et le corps filiforme de ceux qui ont passé des années à ne pas manger à leur faim. Et de son âge, manifestement, ce qui le fit un peu hésiter quant aux raisons de sa présence dans la demeure familiale…
« Approche. » l’invita son père avec gentillesse.
L’inconnu s’exécuta, manifestement un peu mal à l’aise et spontanément, Lyam lui tendit sa main, pour chasser l’étrange embarras qui régnait, tenant Sinah contre lui à l’aide son autre main.
« Solal, se présenta son interlocuteur avec un accent qui lui rappela celui d’Aleksei.
-Lyam. »

« Ta mère l’a ramené à la maison il y a un mois. Elle l’a rencontré en se rendant au commissariat pour prendre en charge un gamin. Il n’avait nulle part où aller, plus de famille manifestement et ça posait de gros problèmes aux policiers parce qu’il doit témoigner sur une affaire importante apparemment. Alors ta mère s’est proposée pour l’héberger, comme ça il restait dans le coin, ce qui rassurait les autorités et lui offrait un toit le temps que tout rentre dans l’ordre. »
Lyam hocha pensivement la tête, reconnaissant bien là le caractère trop altruiste de sa mère parfois. Mais après tout, c’était comme inscrit au plus profond de son être. Et il l’aimait comme ça. Il laissa son regard trainer jusqu’à l’inconnu qui échangeait quelques paroles en Russe avec Aleksei, assis sur le canapé avec Sinah bien calée entre eux qui regardait la télévision.
« Tu sais quelle genre d’affaire ? interrogea-t-il son père d’un ton où perçait l’inquiétude.
-Ta mère n’a pas voulu me le dire, c’est confidentiel, soupira son interlocuteur, portant sa tasse de café à ses lèvres. Mais comme personne ne sait qu’il est ici, on est autant protégés que lui. On peut facilement imaginer par quoi il a dû passer pour en arriver là… » termina-t-il d’un ton plein de compassion.

Son sac volumineux sur l’épaule, Lyam ouvrit la porte de sa chambre, soupirant de bonheur en retrouvant son ambiance familière. Il allait passer la meilleure des nuits dans son lit… où se trouvait actuellement assis Solal avec ce qui ressemblait à l’un des pyjamas du blond. Ils se figèrent tous les deux, se dévisagèrent, avant que l’intrus ne lève avec empressement.
« Je vais-
-Ce n’est pas grave, le coupa immédiatement Lyam. Je prendrai le canapé, il n’y a pas de problème. »
Effectivement, il fallait bien que le nouvel arrivant dorme quelque part et il apparaissait logique qu’il hérite de la chambre de Lyam, sachant que ce dernier n’y passait qu’un court laps de temps. Bon, il n’allait pas dire que ça ne le contrariait pas –le matelas confortable qui l’attendait l’appelait littéralement et il aurait tout donné pour passer une bonne nuit de sommeil dedans- mais l’autre allait se briser en deux s’il dormait sur le canapé. Il aurait juste fallut que ses parents lui en glissent deux mots, histoire qu’il ne le découvre pas comme ça…
Un silence gêné s’installa. Et Lyam ne put s’empêcher de remarquer que rien n’avait bougé, il y avait juste un petit sac-à-dos dans un coin, d’un gris sale, qui ne lui appartenait pas. Toute la vie de Solal tenait-elle là-dedans ? Cette réflexion apaisa sa rancœur et il finit par soupirer, posant juste son sac dans un coin de la chambre.
« Bonne nuit. » souffla-t-il à l’inconnu qui occupait désormais sa place.

« Dis, t’aurais pas vu Solal par hasard ? l’apostropha Aleksei, ses cours en main.
-Non pourquoi ?
-Il est parti faire une course il y a une heure et il commence à faire nuit… » fit remarquer son frère en se dirigeant vers sa chambre.
Pour Lyam, il était étrange de voir avec quel naturel cet inconnu s’était installé au sein de sa famille. Mais au fond, n’était-ce pas ce qu’avaient fait Sinah et Aleksei avant lui ?
« Je vais le chercher, lança-t-il en saisissant le casque de sa moto. Sinah, décolle de la télé et va faire tes maths, je veux les voir quand je reviens, d’accord ?
-Ouaaaaaaaaaaais ! »
Il la vit filer jusqu'au repère d’Aleksei en trottinant joyeusement, laissant le téléviseur allumé. Et il ne put s’empêcher de sourire en passant la porte. Ça ne faisait que trois jours qu’il était de retour et pourtant, il avait l’impression de ne jamais être parti…
Le froid de l’hiver lui mordit les joues et il peina à remettre sa vieille bécane en marche. Le soulagement fut intense quand le moteur émit enfin un son satisfaisant. Il l’enfourcha et s’engagea dans les rues du quartier, se dirigeant vers la supérette du coin. Mais il n’y trouva personne et les deux personnes qui travaillaient dans l’épicerie lui confièrent ne pas avoir vu Solal. Et l’inquiétude étreignit le cœur de Lyam. Il ratissa méthodiquement les environs et finit par s’éloigner un peu, alors que la nuit s’installait dans les rues.
Puis il entendit une conversation animée. Fait assez commun dans les rues New-Yorkaises mais il crut reconnaître une silhouette. Celle de Solal.
« Hey ! interpella-t-il les deux gars qui entouraient l’autre homme. Ça va, je ne vous dérange pas trop ? »
Le visage fermé, il ôta son casque en descendant de sa monture, s’aventurant sur le trottoir sans peur.
« T’es qui toi ? l’apostropha l’inconnu avec un air mauvais. Un autre de ses clients peut-être ? »
Lyam perçut clairement le choc puis la terreur passer sur le visage blafard de Solal, toujours agrippé par l’un de ses agresseurs.
« Qu’est-ce que ça peut bien te faire ? répliqua Lyam d’un ton dur. Ton pote le lâche, vous vous barrez et on n’en parle plus.
-Ouais, bah ça risque pas de se passer comme ça. » souffla celui qui tenait toujours Solal.
La lame d’un canif brilla dans la lumière des réverbères.
« Tu veux toujours jouer au héros ? lui lança l’inconnu avec un sourire confiant.
-Tu n’aurais pas du faire ça. » conclut le militaire, la voix faussement pleine de regrets.
Quelques coups de poing et deux ou trois frappes bien placées plus tard, Lyam récupérait l’arme et brisait quelques doigts aux deux petits malins qui gémissaient par terre. Sa joue le lançait désagréablement –il n’avait pu éviter le coup de coude de l’un d’entre eux- mais ça allait passer. Il tendit plutôt son casque à Solal avec un sourire qui se voulait rassurant, parce qu’il percevait encore bien la méfiance et la peur dans son regard, même vis-à-vis de lui.
« Viens, on rentre à la maison. »

Le repas dominical, en famille, dernier petit plaisir avant qu’il ne reparte rejoindre son régiment.
« Bon, Lyam, c’est bien beau tout ça, commença Aleksei en posant son menton sur ses mains jointes, plantant son regard dans celui du militaire, mais j’ai comme l’impression que tu oublies quelque chose dans le récit de tes aventures…
-Quand je t’écoute, j’ai l’impression de raconter une histoire de fiction. » plaisanta à moitié Lyam.
Il ne racontait jamais grand-chose à vrai dire, se contentait de parler des nouveaux endroits où il était allé. Conter quelques bons moments de camaraderies aussi. Mais il préférait écouter les autres parler de leur vie, du travail, de l’école. Se rendre compte de ce qu’il avait manqué.
« Change pas le sujet, l’avertit son frère. Parce que je sais que maman rêve de te poser la question, mais elle osera pas donc je me lance pour elle : t’as rencontré quelqu’un ? »
Il y eut comme un silence soudain. Lyam haussa un sourcil en direction de ses parents qui esquissèrent un sourire un peu gêné puis il croisa le regard curieux de Sinah. Et finalement, le visage de Solal, qui essayait manifestement de rester aussi neutre que possible.
« On est franchement obligés d’avoir cette conversation à table ? soupira le militaire d’un air ennuyé, peu enclin à s’étendre sur sa vie sentimentale.
-Ouais. » confirmèrent son frère et sa sœur au même moment.
Une attaque en coopération. D’accord, ça devenait sérieux tout ça. Et sa mère qui lui souriait, attendant visiblement une réponse qu’il peinait à leur donner…
« Hum… Non, je n’ai-
-Allleeeeeeeez, sois pas aussi secret, tu nous la présentes quand ? le coupa Aleksei. A moins que ce ne soit un mec… » tenta-t-il avec un sourire taquin.
La surprise et le choc rendirent Lyam muet.
« Voyons, mon chéri, tu sais bien que tu peux tout nous dire, on serait très heureux de rencontrer la personne qui partage ta vie, fille ou garçon. » glissa sa mère avec un sourire brillant d’espoir.
Visiblement, il n’était pas sorti de l’auberge…

Il était l’heure de repartir.
Il embrassa une dernière fois ses parents, souhaita bon courage à son frère dans son projet de postuler pour Harvard, fit un dernier câlin à Sinah, essuyant ses larmes en lui promettant de l’appeler le plus souvent possible. Puis il sortit son sac du coffre et le cala sur son épaule pendant que tous reprenaient place dans la voiture. Il se retourna pour faire face à la gare et se retrouva face à Solal, qui arborait toujours cet air timide en sa présence.
« Merci pour l’autre jour… » lâcha-t-il finalement avec un sourire.
Les lèvres du militaire s’étirèrent.
« Tu devrais sourire un peu plus souvent, tu sais, lui confia-t-il en captant son regard. Et puis, va voir Katherina un des ces jours, elle habite un peu plus bas dans la rue. Dis-lui que tu viens de ma part. Elle donne des cours de danse, ça devrait te plaire. »
L’incrédulité gagna les traits de son interlocuteur, mais Lyam ne lui répondit que par un clin d’œil complice. Un soir, en passant devant sa chambre pour rejoindre son lit de fortune sur le canapé, il avait vu l’autre homme sortir des chaussons de danse classique de son sac délabré. Intrigué, il l’avait observé les enfiler avec délicatesse, comme s’il s’agissait de son bien le plus précieux et faire quelques pas. Puis il s’était souvenu de la voisine un peu plus bas qu’il avait plusieurs aidé à entretenir les extérieurs de sa maison quand il était bien plus jeune.
Et en cet instant, ça lui semblait juste être la chose la plus juste à faire.

8 Septembre 2001.

Lyam attrapa la télécommande pour éteindre le téléviseur en essayant de bouger le moins possible. Sinah s’était endormie contre lui et semblait dormir du sommeil du juste. Et puis contre son épaule, il pouvait sentir le poids de la tête de Solal, qui avait lui aussi succombé à Morphée. Et cet abandon, cette preuve d’une confiance aveugle, le bouleversait bien plus qu’il n’aurait voulu l’avouer. Mais il allait falloir qu’il en réveille un des deux…
« Solal, murmura-t-il. Réveille-toi. »
Apparemment, l’autre avait un sommeil léger, parce qu’il finit par remuer et se redresser, avant de rougir légèrement. Son air ensommeillé fit sourire Lyam, qui lui laissa le temps d’émerger. Puis finalement, il se leva et gagna la chambre de Sinah, la petite dans ses bras. Il peina à la faire lâcher prise, elle protesta un peu dans son sommeil, mais il fut finalement en mesure de la border et quitter sa chambre sans un bruit, pour finalement retrouver Solal sur le canapé, les genoux ramenés sous son menton. Il paraissait en bien meilleure forme que la première fois qu’il l’avait vu et ça rassurait le militaire qui au fil de ses permissions avait observé le changement progressivement s’opérer. Il s’assit finalement à ses côtés dans le silence, s’attendant à ce que l’autre regagne son lit, mais il n’en fit rien.
« Ça te dérange si on parle un peu ? »
C’était un peu devenu leur rituel à tous les deux. Dans l’obscurité, les langues se déliaient et Lyam pouvait enfin entrapercevoir cette fenêtre que l’autre ouvrait sur son passé trouble, son histoire…

11 Septembre 2001. 9h.

Ce n’était pas raisonnable. Ce n’était pas bien. Et pourtant, c’était tellement bon.
Les lèvres de Lyam cherchèrent à nouveau celles de Solal avant de les ravir avec passion, contrastant avec la tendresse de l’étreinte. Le gémissement qu’il lui arracha le fit frissonner de plaisir, alors qu’il saisissait les mains un peu trop aventureuses de son partenaire pour les nouer autour de son cou. Puis il le souleva d’un coup, un hoquet surpris se perdit entre leurs bouches et ils basculèrent sur le lit.
« PAPA ! » résonna la voix de Sinah dans toute la maisonnée.
Lyam mordilla la lèvre inférieure de Solal, bien trop perdu dans l’instant pour y prêter une quelconque attention.
« Viens voir à la télé, y’a un truc qui se passe au World Trade Center… ON DIRAIT QUE Y’A DES AVIONS QUI SONT RENTRES DANS DES TOURS ! »
Solal et Lyam se figèrent net. Leurs regards se croisèrent, alors qu’ils entendaient Aleksei râler en sortant de sa chambre et enfin les pas rapides du paternel. D’un accord tacite, ils se redressèrent, arrangeant rapidement leurs vêtements froissés avant de rejoindre le salon, où toute famille se trouvait silencieuse et regardait attentivement le téléviseur.
Le choc tétanisa entièrement Lyam.
Sueurs froides. Il avait peur de comprendre. Peur de saisir les mots répétés par les journalistes. Et finalement, l’horreur. Les avions qui percutent les deux tours, vestige des minutes passées, puis le retour au direct, l’effondrement.

Avril 2003.
« Ecoute Lyam, tout le monde a été bouleversé par ce qui s’est passé le 11 Septembre. Et ça t’a sûrement atteint d’une manière encore différente, mais s’il-te-plait-
-J’irai Maman. »
Pas une once d’hésitation dans la voix. Juste de la volonté, des convictions, l’amour d’un pays. Le souvenir de l’horreur du 11 Septembre, gravé dans son esprit. Et il ne s’attendait pas à ce que ses parents saisissent vraiment ses motivations, ce qui le poussait à accepter.
Accepter d’aller combattre en Irak.

Lyam fut mobilisé durant deux ans sur le terrain, entrecoupés de courtes permissions marquées par le deuil et les pleurs. Ses compétences en tant que sniper furent grandement appréciées. Mais c’était une grande responsabilité à porter. Terrible surtout. Douloureuse. Psychologiquement éreintante. La guerre le changea, les actes qu’il y commit et ceux dont il fut témoin également. Il devint plus sombre, se renferma sur lui-même. Mais il sut quand il atteignit ses limites. Les limites de ce qu’il pouvait supporter avant de se briser ou de devenir une personne totalement autre. Il rentra au pays avec le goût amer de l’échec sur la langue, l’impression de trahir tout ce en quoi il croyait. De faillir à son engagement. Mais il était déjà trop abîmé, tutoyant le gouffre de trop prêt. Assez pour qu’après des tests psychologiques, ses supérieurs décident de le renvoyer chez lui, sans promesse de retourner sur le terrain. Et il savait ce que cela signifiait. Qu’il n’était plus assez fort pour porter cet uniforme dont il était si fier.
Alors il quitta l’armée. Et il rejoignit la police.

Profitant du déménagement de ses parents à Los Angeles –ils désiraient changer d’air- il entra dans l’académie de police, se donna à fond et en ressortit diplômé, avec l’espoir de pouvoir agir. Aider. Que l’armée n’eût pas été une fin, mais bien un début…

« Lyam, c’est ça ? Vas-y monte, on commence notre patrouille dans deux minutes. »
L’ancien militaire salua son partenaire en s’exécutant. Revêtir un nouvel uniforme lui procurait une sensation étrange. Tout comme le poids étrangement léger de son arme de poing pendant à sa hanche. Il observa son partenaire –un homme légèrement moins âgé que lui- monter dans la voiture et lui offrir un grand sourire.
Ça allait définitivement le changer des blagues et de la présence silencieuse de son compagnon d’armes et observateur…

Il le sentait vraiment mal.
Ash lui avait explicitement dit de rester dans la voiture –ordonné plutôt- et il savait qu’il ne devait pas braver l’autorité. Même si ce n’était pas la première fois qu’il allait contre les ordres quand il jugeait que les circonstances ne s’y prêtaient pas.
Et puis merde.
Il vérifia son arme d’un geste guidé par l’habitude et quitta l’habitacle. Les sens en éveil, il s’avança prudemment, l’arme à la main, pour finalement pénétrer le domicile où son partenaire avait disparu quelques minutes plus tôt. Faisant du silence son arme la plus efficace, il se fondit dans l’obscurité, l’adrénaline courant dans ses veines. Son cœur l’assourdissait et au fur à mesure qu’il avançait, il sentait l’angoisse prendre petit à petit possession de lui. Mais c’était une bonne chose, un sentiment vivifiant qui ne le rendait que plus alerte. Puis il perçut enfin des voix, avant qu’il n’aperçoive son partenaire à terre, le canon d’une arme pointé sur lui.
Les instincts de Lyam rugirent. Il tira sur l’agresseur, qui lâcha son arme dans un râle de douleur. Avec empressement, l’ancien militaire releva son coéquipier qui arborait un air partagé entre le soulagement d’être en vie et la surprise.
« Appelle le 911, je lui ai tiré dans le genou. »

"Ce badge te sied très bien au teint, tu sais."
Lyam ne pût retenir le sourire amusé qui gagna ses lèvres alors qu'il levait les yeux au ciel. Puis il monta dans la voiture, Ash prenant par habitude la place conducteur.
"T'es pas mal avec non plus." lui lança l'ancien militaire en allumant leur radio.
Ils échangèrent un regard complice. La criminelle venait de leur ouvrir les bras. Et ce succès, obtenu à deux après des années de travail, c'était leur chance.

Ash porta son regard sur Lyam, visiblement pensif.
"Oui ?" l'encouragea l'ancien militaire en posant le dernier carton sur le sol.
Il venait tout juste d'emménager. À vingt-neuf ans, il était peut-être temps. Au fond, cet appartement, ce n'était pas grand chose, mais c'est son nouveau chez lui. Son refuge.
Il croisa les yeux de son partenaire et attendit que ce dernier s'exprime.
"J'arrive pas à croire que ce soit ta soeur. Vous êtes le jour et la nuit, lâcha finalement Ash en s'asseyant sur le canapé dans un soupire.
-Je ne sais pas franchement comment je dois le prendre...
-Ça, c'est toi qui voit. Elle veut aller à Harvard comme ton frère Aleksei ?
-Avant oui, quand elle voulait devenir Présidente, mais ça lui est passé. Maintenant, elle veut faire comme ma mère.
-Et tu ne m'as jamais dit ce que Solal faisait de sa vie au fait..."
Ce regard brillant de curiosité, cette question qui passait pour anodine...
"Non mais sérieusement Ash ? Souffla Lyam avec un brin d'exaspération.
-Quoi ?
-Mon Dieu, je n'aurais jamais dû t'encourager à me parler de tes doutes vis-à-vis de tes préférences, ajouta-t-il en ouvrant un carton pour en déballer quelques affaires.
-Tu m'as beaucoup aidé, au contraire. Ça m'a fait du bien d'en parler, d'exprimer mes doutes à voix haute."
Lyam se planta devant lui, l'atmosphère devenant soudainement bien plus sérieuse.
"Il est danseur professionnel. De classique, consentit à répondre l'ancien militaire. Et c'est un intouchable." termina-t-il d'un ton ferme.
L'autre fronça les sourcils.
"Écoute, je ne vais pas te raconter sa vie parce que ce n'est clairement pas à moi de le faire, mais il a tendance à s'attacher aux mauvaises personnes..."
Dont lui. Qui lui avait brisé le coeur en partant en Irak. Même si finalement, ils avaient gardé cette étrange et intime complicité...
"... Et à en souffrir beaucoup après. Donc je veux bien concevoir que tu sois attiré mais s'il-te-plait, réfléchis bien à ce que tu veux avant. Parce que si tu comptes te conduire avec lui comme tu te conduis habituellement avec tes conquêtes féminines, ce n'est même pas la peine de tenter quelque chose. Clair ?
-Aie un peu confiance en moi, partenaire.
-Je te confierai ma vie sans la moindre hésitation. Mais Solal non."

Lyam ferma les yeux, rejetant sa tête en arrière. Il crispa puis décrispa ses poings pour tenter de refouler les images qui empoisonnaient ses pensées. Contrôler la colère. Songer qu'ils allaient finir par lui mettre la main dessus, à cet espèce d'allumé qui se prenait pour la réincarnation de Jack l'éventreur. Il entendit Ash ouvrir la portière de la voiture et s'installer au volant.
"Ça va ?"
Lyam ne lui répondit que par un regard, n'ayant ni l'envie, ni la force de mentir.
"Elle aurait pu être ma soeur..." souffla-t-il.
Contact entre leurs deux mains. Ash décrispa son poing et serra juste ses doigts. Le geste lui fit un bien fou. Ce soutien silencieux, c'était tout ce dont il avait besoin.
"On va l'avoir."

Ses mains pressèrent désespérément la plaie béante, se teintant de liquide carmin. L'angoisse et la peur nouait sa gorge.
"Lyam...
-Arrête de parler, économise tes forces plutôt." ordonna-t-il automatiquement à son partenaire.
L'autre lui offrit un sourire tâché de sang, son apparent calme contrastant avec la panique et la terreur qui avaient pris possession de l'ancien militaire. Mais quand les secours allaient-ils débarquer, bon sang ?
"Tu sais... Ce jour-là, quand je t'ai demandé pour Solal... Commença l'autre d'une voix faible.
-Putain, tais-toi Ash." lui chuchota-t-il.
Plus une supplique désespérée qu'un ordre.
"J'voulais juste... Te rendre jaloux."
Son partenaire fut soudainement victime qu'une quinte de toux et il s'accrocha aux épaules de Lyam, comme pour se redresser. Et ce dernier ne pût que l'aider, ses mains retournant se presser sur sa blessure. Il allait mourir dans ses bras, si ça continuait comme ça.
"Arrête de raconter de conneries, lui souffla l'ancien militaire.
-C'est pas... des conneries... La connerie, c'était... de ne pas te dire que celui qui m'avait fait douter, c'était toi."
Une main étrangement exigeante s'accrocha à ses cheveux et avant même qu'il n'ait pu faire un geste pour échapper à l'étreinte et ordonner à l'autre de s'économiser, leurs lèvres se heurtèrent. Comme un dernier souffle de vie échangé, dévastateur, désespéré, de deux êtres qui dans leur destruction avaient trouvé en l'autre un refuge, une chance de survie.


C'était l'enterrement de trop. La perte de trop. Le deuil de trop pour croire encore que quelque chose pouvait être fait, qu'il y avait toujours une justice, qu'il pouvait encore apporter une pierre à l'édifice. Mais il ne pouvait pas abandonner. Pas à nouveau trahir ses convictions, abandonner totalement ses espoirs. Pas quand il voyait toutes ces familles détruites, ces victimes brisées, ces jeunes qui ne croyaient plus en rien et préféraient leur propre justice plutôt que faire confiance à la police. Et c'était sûrement ce qu'il y avait de plus douloureux. Revenir faire un tour dans le Bronx et constater que si peu de choses avaient évolué, qu'il y avait encore un tas de gosses de la rue comme Solal qui se vendaient pour s'en sortir, et s'en remettaient aux pires organisations criminelles qui soient, et encore d'autres qui passaient leur vie à d'auto détruire en se foutant de tout.
Alors trois mois après le décès de son partenaire, il remit son badge, vendit son appartement et pris la direction de la Virginie. Il s'installa à Quantico. Et à l'âge de trente-et-un ans à peine, il commença sa formation pour entrer au FBI.


"Votre arme."
Il la réceptionna avec satisfaction, la crosse glissant dans sa paume comme si elle ne l'avait jamais quittée. Puis il la rangea soigneusement dans son holster.
"Et votre badge."
Alors c'était bon. Il était à présent l'Agent spécial Lyam O'Neill, FBI.

Il fit machinalement tourner les clés de l'appartement entre ses doigts, observant avec calme la rue qui s'étendait en contre bas. La vue était impressionnante, encore plus de nuit. Avec un soupire, il passa une main sur son visage, pour tenter de se défaire de la fatigue. C'était l'endroit parfait pour réfléchir en dehors de quatre murs, juste assez isolé pour pouvoir profiter du silence de la nuit. L'endroit parfait pour se retrouver avec soi-même sans regarder constamment par-dessus son épaule et prétendre être une toute autre personne. Respirer.
Fermer les yeux.
Songer que finalement, se retrouver là sous couverture, c'était peut-être pas si mal que ça. Qu'il allait enfin de consacrer totalement à son affaire et attaquer le mal là où il prenait racine.
Peut-être qu'en fin de compte, il allait pouvoir la faire, la différence...


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Dernière édition par Lyam O'Neill le Mer 22 Fév - 22:41, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Lyam O'Neill » It's too cold outside for angels to fly... Ven 15 Avr - 1:45


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Message(#) Sujet: Re: Lyam O'Neill » It's too cold outside for angels to fly... Ven 15 Avr - 1:56

Juste pour dire que la photo de l'histoire est magnifique.

Bisous.


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Message(#) Sujet: Re: Lyam O'Neill » It's too cold outside for angels to fly...

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