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ORESTE 彡 WE WERE BORN SICK.



 

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ORESTE 彡 WE WERE BORN SICK.

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les locatairesles potins


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« arnaqueur d’étoiles »
› Âge : twenty-eight yo – march, 21st.
› Appart : #603 / 6th floor – avec son âme-sœur. de retour au sixième, avec un sale goût d’abandon au fond de la gorge.
› Occupation : mon corps appartient à ceux qui en ont les moyens, mon âme est damnée, mon cœur ne cesse d’espérer – la catin du quartier.
› DC : la princesse aux arcs-en-ciel (flora) la chair mutilée (celso) la seal noyée (elinor) & l’étoile morte (solal).
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Message(#) Sujet: ORESTE 彡 WE WERE BORN SICK. Mer 13 Avr - 21:51

(Quand et comment avez-vous emménagé au Parking ?) Ça va faire maintenant presque un mois que ta jumelle et toi avez frappé à la porte de la vieille concierge qui vous a gentiment attribué un petit appartement. C’est votre nouveau foyer, désormais. Après que votre père a eu cet accident qui lui a coûté la vie, vous ne pouviez pas rester dans l’appartement, vous n’aviez pas les moyens et c’était aussi empli de mauvais souvenirs. Alors vous avez fui. Il vous a fallu quelques jours avant de trouver le Parking – quelques jours que vous avez passés dans la rue, comme des mendiants. Et parce que tu refusais que ta sœur passe une nuit de plus sous les ponts de la ville, tu as activement recherché un endroit où vous pourriez habiter. L’immeuble ne t’a pas forcément fait bonne impression au départ, mais tu ne pouvais pas te permettre de te montrer difficile. Alors vous avez posé vos bagages ici et ce n’est tout compte fait pas si mal. C’est même tranquille. Tu t’y sens en sécurité. Et ce n’est pas pour toujours, c’est juste le temps de mettre en place votre vie de rêve.
Pas vrai ?

(Que pensez-vous de l’immeuble et vos voisins ?) Tu t’es fait à cet endroit. C’est votre petit chez vous désormais. Ça manque encore un peu de décoration dans votre appartement mais vous avez le temps pour ça. L’immeuble fait un peu vieux, vu de l’extérieur mais, au moins, il n’y pas de rats ou de cafards et vous avez de l’eau chaude à volonté ici. Tu te dis que ça pourrait être largement pire. Tu aimes bien monter jusqu’au toit, d’ailleurs. Quand le vent y souffle fort, tu as presque l’impression de pouvoir t’envoler. Et alors, tu te demandes si tu t’écraserais vraiment en bas si tu venais à sauter de là-haut. C’est un peu comme dans ce film, Titanic, quand Leonardo hurle qu’il est le maître du monde. Il n’est pourtant le maître de rien du tout, mais tu arrives à comprendre ce qu’il ressent dans ces moments-là. Et c’est si paisible que ça te permet de mettre de l’ordre dans tes pensées parfois, quand tout est trop compliqué, quand tout s’enchaîne et s’accumule sans même te donner l’occasion de respirer.
Tu ne connais pas encore tellement tous tes voisins. Tu ne les croises que rapidement dans les escaliers ou sur le palier mais ils sont toujours très polis. Il y a même une petite vieille qui t’a apporté un panier de muffins pour ta jumelle et toi en vous souhaitant la bienvenue au Parking. Tu as trouvé ça très gentil de sa part, ça t’a touché. Tu n’as pas l’habitude de recevoir des cadeaux, surtout de gens que tu ne connais même pas.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Ils ne vous connaissent pas tellement non plus, ta sœur et toi. Tu supposes qu’ils doivent vous prendre pour des siamois car vous êtes toujours tous les deux. Collés l’un à l’autre. Ils vous trouvent certainement un peu bizarres, pas très bavards. Mais vous êtes discrets. Vous ne mettez jamais la musique trop fort, vous descendez vos poubelles le bon jour de la semaine – vous triez même vos déchets. Ils ne doivent pas avoir de reproches à vous faire. Peut-être même êtes-vous plus ou moins invisibles. Et ça te convient ainsi, parce que tu préfères te fondre dans la masse. Ne pas être reconnu, passer inaperçu. Sont-ils choqués de vous voir vous tenir la main ? Peut-être pensent-ils que vous êtes un couple, pas frère et sœur. Mais quelle importance ? Vous vivez votre vie sans embêter personne. Sans déranger qui que ce soit. Vous arriverez ce mois-ci à payer votre loyer à temps – en espèces, toujours – et vous vous acquittez des corvées collectives, comme nettoyer le palier une fois toutes les deux semaines. Vous êtes finalement des locataires idéaux en dehors du fait que vous travaillez pour un réseau de prostitution – mais jamais vous n’avez amené un client chez vous. C’est la règle.
Peut-être qu’avec le temps, vous arriverez à vous faire quelques amis ici. Ils ont l’air gentil, après tout.

(NOM) Eliot, et tu ne diras jamais que ton vrai patronyme est en fait Kostas – ce changement t’était nécessaire, comme pour mieux te fondre dans la masse américaine. (PRÉNOM) Oreste, comme celui qui vengea son père par le meurtre de sa mère et fut alors poursuivi par les Érinyes. (ÂGE) Vingt-sept (trop) longues années de rêves et d’espoirs brisés. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) Le 21 mars 1989 à Chicago – Illinois. (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) Tu te vends pour quelques centaines de dollars, tu aides le FBI à démanteler un réseau de prostitution, tu rêves d’une vie meilleure pour toi et ta jumelle. (NATIONALITÉ) Américaine. (ORIGINES) Américain du côté de ta mère et grec du côté de ton père – tous les deux décédés aujourd’hui. (STATUT CIVIL) Ton corps appartient à tous ces étrangers qui payent pour obtenir tes faveurs, ton cœur et ton âme palpitent pour ta jumelle mais appartiennent depuis un peu moins d’un an à des prunelles comme un océan. (ORIENTATION SEXUELLE) Tu aimes tout et rien, peu t’importe, du moment que ça paye bien. (DATE D’ARRIVÉE AU PARKING) Mars 2015. (REPRISE DU PERSONNAGE) Faudra s’adresser à Lyam O’Neill pour ça. (GROUPE) Tu es de ceux qui rêvent. (TYPE DE PERSO) Pré-lien de Lyam O’Neill (L’Informateur). (CRÉDITS) AMIANTE (code) Hozier, Take me to Church (citation) Bla (Images).

PSEUDO : uninvited. PRÉNOM : Jess’. ÂGE : 26 ans. PAYS : Le pays du saucisson. FRÉQUENCE DE CONNEXION : Tout le temps. COMMENT AVEZ-VOUS TROUVÉ LE FORUM ? Un pub ou un partenariat. COMMENTAIRE OU SUGGESTION : Je vous hais de nous faire tout reposter. AVATAR : Mathias Lauridsen.
ORESTE ELIOT
i’ll worship like a dog at the shrine of your lies
TU ES PLUS OU MOINS INCESTUEUX. Tu aimes véritablement ta sœur jumelle. Elle est ton premier et ton grand amour, elle est tout à la fois et tu donnerais ta vie pour elle. Tu as déjà entendu dire que c’est malsain, que ce n’est pas correct d’aimer sa sœur ainsi mais tu t’en fiches de ce que disent les autres. Tu l’aimes, elle t’aime, et c’est tout ce qui compte pour vous.


TU N’AIMES PAS TON CORPS. Tu te trouves trop grand et trop maigre. Pourtant, tes clients t’ont toujours fait de nombreux compliments sur ton physique et c’est finalement peut-être pour ça que tu ne t’aimes pas. Parce qu’ils t’aiment un peu trop, eux.


TU ES DE PLUS EN PLUS FATIGUÉ D’ÊTRE UN PROSTITUÉ ET DE JOUER LES INFILTRÉS. C’est de plus en plus difficile pour toi de tenir la distance et tu as peur. Tu as peur d’être découvert, tu as peur de ne pas réussir. Tu as peur qu’il se mette en danger par ta faute. Tu as peur de ne pas obtenir ce futur que tu désires tant pour ta sœur et toi. Tu aimerais tant changer de vie, pour une fois. Mais ce rêve semble s’éloigner, t’échapper à chaque fois que tu penses t’en rapprocher un peu. Et c’est frustrant.


TU NE SAIS PAS CE QUE TU RESSENS POUR L’ANGET O’NEILL – ENFIN, SI, TU SAIS. Ton sentiment est mitigé à son propos. Au départ, tu ne l’aimais pas beaucoup. Il te faisait peur et tu le pensais seulement intéressé par le gain ou la gloire. Mais quelques temps sur le terrain avec lui ont modifié cette vision qui s’avérait erronée. Le souci est qu’il te fait toujours aussi peur même s’il semble plus avenant qu’aux premiers temps. En vérité, tu aurais préféré travailler avec sa partenaire.


TU AS UN TATOUAGE AU NIVEAU DU CŒUR. Il s’agit d’un papillon aux ailes colorées de violet et de bleu. Un ancien client, un des plus anciens, a sûrement pris pitié de toi alors que tu tremblais encore comme une feuille chaque fois que l’on te touchait. Il a voulu discuter avec toi, il a été le premier à entamer une conversation. Et il t’a offert le tatouage quand tu lui as parlé du dessin que tu avais toi-même fait, rêvant de te le graver dans la chair pour l’éternité. « Pourquoi un papillon ? » « Parce que j’ai toujours rêvé de pouvoir sauter par la fenêtre sans m’écraser en bas. »


TU DESSINES, ET PLUTÔT BIEN. Tu as toujours aimé dessiner. Sans jamais avoir la prétention de faire une école d’arts ou quoique ce soit – de toute façon, tu n’aurais pas les moyens. Mais c’était pour toi un moyen de t’évader. De créer un monde plus joli, plus coloré. Plus doux aussi. Tu ne comptes plus tous les portraits que tu as faits de ta sœur, même sans qu’elle le sache. C’était une façon pour toi de te créer tes souvenirs, de graver ton histoire sur le papier.


TU ES UN MANIAQUE DE LA PROPRETÉ. Tout doit être rangé à sa place et propre comme un sou neuf. Tu détestes la saleté, que ce soit chez les autres ou chez toi. Tu prends minimum deux douches par jour – selon tes clients – et tu te laves les mains tellement de fois que tu ne saurais dire si elles arrivent à véritablement sécher. C’est instinctif chez toi. C’est comme des pulsions. Et tu sais que tu es nerveux à l’idée qu’un objet ne soit pas placé correctement. Il n’y a plus que ça qui tourne dans ta tête, à te rendre fou.


TU ADORES LE CHOCOLAT. Le chocolat, c’est ton péché mignon. Il en faut toujours minimum trois tablettes dans les placards – plus une de secours dans la table de nuit. C’est indispensable à ta survie. Tu pourrais ne manger que du chocolat – sous toutes ses formes : noir, lait, blanc, aux noisettes. Tu as un petit creux ? Chocolat noir. Tu as un coup de blues ? Chocolat aux noisettes. Tu as besoin d’énergie ? Chocolat blanc. Tu es angoissé, énervé ? Chocolat au lait. À chaque parfum sa spécialité.


TU ES INSOMNIAQUE. Tu dors très peu et parfois même pas du tout. Ça n’a pas toujours été le cas. Quand tu étais petit, tu dormais à poings fermés et tu n’avais jamais eu aucun souci à t’endormir le soir. Tu n’avais jamais eu peur des monstres dans le placard ou sous ton lit. Tu dormais. Ça s’est déclenché peu après le décès de ta mère, étrangement. Depuis, tu passes la plupart de tes nuits devant la télévision ou bien à regarder ta sœur dormir. Ça t’apaise, en général.


TU ES UN RÊVEUR. Malgré toutes les déceptions de la vie et la laideur de ce monde, tu ne peux t’empêcher de rêver. Parce que c’est tout ce qui te fait tenir, c’est tout ce qui fait briller l’espoir. Si tu n’avais pas tes rêves, tu n’aurais absolument rien. Et ce serait terrible. Alors, tu rêves. Parce que la seule liberté que tu possèdes véritablement – tes rêves. Et personne ne pourra te les enlever, te les prendre. Personne ne peut te déposséder de tes rêves. On a peut-être pris ton corps, entaché ton âme mais on ne détruira pas tes rêves. Jamais.  



« in the eye abides the heart »


kiss kiss bang bang :l: :
 



Dernière édition par Oreste Eliot le Ven 15 Avr - 9:48, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: ORESTE 彡 WE WERE BORN SICK. Mer 13 Avr - 21:51


TAKE ME TO CHURCH
a dream is a wish your heart makes
Dans ta vie, il n’y a jamais eu qu’elle. Elle seule. Elle a toujours été là, au-dessus de tout le monde. Plus importante que tout le reste. Si la Terre venait à imploser, tu voudrais mourir avec elle. Tu pourrais mourir pour elle. Elle est une partie de ton âme et de ton être. Depuis toujours. Au commencement, vous n’étiez que deux enfants. De simples enfants. La vie ne devrait pas être dure, froide pour des enfants – pourtant, la vôtre l’a été. Au-delà des mots et des pensées. Les seules images de tes parents que tu possèdes encore sont comme des photographies en noir et blanc, troubles. Il y a cet homme aviné, il y a cette femme au regard empli de folie, perdu. Tu n’avais qu’elle, elle n’avait que toi. Et tu n’avais besoin de rien d’autre si elle était là, près de toi. Tu pouvais tout affronter, même les cris et la douleur. Même la peur. Tu pouvais tout affronter tant qu’elle restait avec toi. Tu n’as jamais dormi une seule nuit sans elle, dans un autre lit que le vôtre. Cachés sous la couverture trop fine, c’était sa chaleur qui te réchauffait, qui te berçait. C’était sa respiration qui t’apaisait. Et alors tu oubliais. Tu oubliais la laideur du monde autour de vous, la froideur de l’existence qui vous enchaînait. Tu oubliais tout ce qui n’était pas cet être merveilleux qu’était ta jumelle. Ta moitié. Ton tout.
Avec l’âge sont venues les questions et les doutes adolescents. La puberté transformait ton corps, le sien également. Tu voyais tous ces gens qui s’embrassaient, se touchaient et ça te faisait envie. Tu voulais goûter à ces nœuds dans le ventre, à ce feu dans tes veines. Mais toi, tu ne pensais qu’à elle. Et on n’est pas censé désirer sa sœur jumelle de cette façon – il paraît. Mais toi, tu t’en fichais. C’était ce que tu voulais. C’était ce que tu ressentais, partout, dans chacune des fibres de ton corps. Quand tu as posé ta bouche sur la sienne pour la première, il y a eu comme une explosion à l’intérieur de ton corps. C’était comme un feu d’artifice. C’était aussi bon que c’était douloureux. C’était aveuglant. Sa chair sous ta paume était si douce, si brûlante aussi. Tu avais l’impression que ton corps tout entier s’embrasait. Est-ce que c’était ça, l’amour ? Est-ce que c’était ça, le désir ? L’envie de possession, le besoin de contact. Cette vague qui s’échoue contre ton être tremblant. C’était si fort que tu pouvais à peine tolérer tous ces sentiments qui arrivaient comme une coulée de lave. Et tu la voulais. Tu la voulais tellement fort. Tu l’aimais. Et tu te fichais du bien et du mal, du bon et du mauvais. Tu l’aimais. Parce qu’il n’y avait jamais eu qu’elle à tes yeux. Depuis le tout début. C’était sa main que tu serrais dans la tienne chaque nuit, c’était son regard que tu croisais au petit matin. C’était son corps serré contre le tien. Ton âme était sienne, pour l’éternité.

Tu n’as pas pleuré. Tu n’as pas pleuré quand on a retrouvé votre mère à moitié échouée sur votre vieux canapé, le nez ensanglanté et le corps rigide. Tu n’as pas pleuré quand tu as vu le cercueil en bois de piètre qualité être descendu en terre. Tu n’as pas pleuré quand ton père s’est effondré, s’est laissé dériver un peu plus dans les démons de l’alcool. Non, tu n’as pas pleuré. Tu étais soulagé. Comme un mauvais garçon, comme un fils ingrat, tu étais soulagé. Elle n’avait jamais été une mère pour toi. Elle t’a mis au monde et c’était à peu près tout ce qu’elle avait fait pour toi. Rien d’autre. Alors, tu n’as pas pleuré. Tu n’en as pas ressenti le besoin. Il n’y avait pas de vide en toi, pas de douleur non plus. Juste du soulagement. Juste cette paix inédite et euphorisante qui t’agrippait l’estomac et le cœur. C’était seulement une page qui se tournait, un chapitre qui se terminait. Tu n’as pas pleuré. Tu n’as pas pleuré parce que ce n’était pas ta mère, là, sous la terre meuble. C’était une étrangère, une inconnue. C’était une femme que tu n’avais jamais vraiment vue. Ce n’était pas ta mère. Une mère n’abandonne pas ses enfants pour une lignée de poudre blanche ou des pilules colorées. Une mère ne délaisse pas sa famille pour un monde imaginaire. Ce n’était pas ta mère. Ça n’a jamais été ta mère.

Cette vie est minable. Ta vie est minable. La pauvreté ronge le quotidien de ces êtres humains fatigués, harassés. Il n’y a rien. Pas de soleil, pas d’étoiles. Juste du gris, partout du gris. Et tu détestes ça. Tu détestes le gris, ces nuances trop fades pour avoir une quelconque saveur. Ta jumelle mérite mieux, tellement mieux que ça. Qu’un petit appartement minable, qu’un père absent, qu’une vie minable. Et te sentir impuissant était pire encore. Pire encore que de plonger ton regard dans le sien et d’y voir le désert. L’aridité. Plus de lumière, plus d’étincelle. Tout était parti.
C’est sûrement pour toutes ces raisons que tu as vendu ton corps pour la première en échange de quelques malheureux billets. Tu tremblais, tu étais complètement effrayé. C’était ta première fois. Tu as bradé ta première fois pour revoir à nouveau ce sourire sur les lèvres pleines de ta sœur. Ça a été douloureux. Ça a fait mal. Tu n’as pas éprouvé de véritable plaisir, juste du dégoût et une envie fulgurante de vomir. Parce qu’il te touchait. Il touchait cette peau qui n’appartenait pourtant qu’à ta sœur, il embrassait ces lèvres qui avaient fait vœu de dévotion à ta jumelle. Tu te souviens encore de la sensation à l’intérieur de ton corps. Cette chaleur moite, cette odeur musquée. Ce goût salé et amer sur ta langue. Tu te souviens de la respiration dans ton oreille, du parfum viril à tes narines. Tu te souviens de tout. Ce sont des images gravées dans ton esprit comme une marque au fer rouge. Elles sont là, à repasser sur ta rétine comme un vieux film des années 40. Quand tout a été terminé, tu as pris l’argent qu’il te tendait et tu t’es enfui de la chambre d’hôtel miteuse à l’odeur trop forte de jasmin. Tu sentais encore son corps à l’intérieur du tien, tu sentais encore ses mains sur ta peau. Tu sentais son regard sur ta nudité comme offerte en sacrifice. Tu avais honte. Tellement honte. Tu as pleuré. Tu as pleuré jusqu’à ce que tes yeux soient secs, tu as pleuré jusqu’à ce que ta tête soit sur le point d’exploser. Tu as vomi. Tu as vomi tes tripes sur le vieux tapis du salon. Mais tu avais fait ça pour elle. Pour son sourire, pour ses yeux éteints. Tu avais fait ça pour ta jumelle. Tu avais fait ça pour pouvoir lui promettre qu’un jour tout serait différent. Qu’un jour votre vie serait meilleure. Qu’un jour vous serez heureux, vous aussi.

Tu as recommencé. Plusieurs fois. Avec elle, parfois ; sans elle, la plupart du temps. Il le fallait. Parce qu’il vous fallait survivre, il vous fallait tenir coûte que coûte. Le rêve était à portée de mains, tu en étais certain. Alors tu as recommencé. Pas les mêmes clients, pas les mêmes tarifs. Pas les mêmes chambres d’hôtel. Mais toujours ce même dégoût. Ce n’était pas comme la première fois. Il y avait un peu plus de plaisir, un peu plus d’envie. Mais tu étais si sale ensuite. Il y avait encore les traces de toutes ces personnes qui s’étaient approprié ton corps le temps d’une nuit. Et chaque fois que tu te regardais dans la glace, tu les voyais. Ils étaient là, comme de vieux démons qui te hantaient. Ils étaient là, tous. Et c’était pareil à t’enfoncer la tête sous l’eau. À sentir tes poumons manquer d’air, brûler de l’intérieur. Jusqu’à ce que le cœur ralentisse, jusqu’à ce que le cœur s’arrête. Et puis le silence. Mais tu devais continuer, toujours continuer. Pour ta sœur. Pour elle. Pour ce futur que tu lui as un jour promis.
Et puis, il y a eu ce jour. Un jour qui a commencé comme tous les autres. Un jour où tu te vendais, une nouvelle fois. C’était devenu ton quotidien et tu t’étais lentement résigné à ne vivre qu’ainsi le reste de ta vie durant. Mais tout a été bousculé, les cartes ont été mélangées, redistribuées. Et il est arrivé. Au début, tu n’as pas très bien compris ce qu’il t’arrivait. Il y avait juste cette boule d’angoisse coincée dans ta gorge qui t’étouffait. Il y avait son regard trop perçant, ses mots trop durs. Tu avais froid, tu avais faim. Tu avais peur. Et la lumière était trop vive, elle brûlait ta rétine. Les questions fusaient, tu n’étais même pas certain d’en comprendre le sens. Il parlait trop fort, trop vite. Il était énervé, excédé. Tu étais muet. Tu aurais voulu te boucher les oreilles et hurler jusqu’à ce que tu ne puisses plus l’entendre mais tu avais trop peur de faire le moindre mouvement. Est-ce que tu allais mourir ? Et ta sœur, qu’allait-elle devenir si tu mourrais ? Tout a semblé se calmer quand elle est arrivée. Elle était plus gentille que lui, plus douce que lui. Son regard était plus conciliant. Tu avais moins peur avec elle. Elle a pris le temps de t’expliquer la situation, elle posait les questions lentement. Elle te laissait le temps de répondre, de chercher tes mots. Et tout est sorti. Comme une vague venant s’écraser sur la berge, tu as tout dit. Tout ce que tu savais. Tu t’es effondré, suppliant pour ta vie, ta liberté. Tu as fondu en larmes, épuisé. Parce que tu ne voulais pas de cette vie, pas de ce quotidien en monochrome. Tu rêvais de plus, tellement plus. Et ils te l’ont proposé. Ils te l’ont offert, ce futur dont tu rêvais. Ils te le présentaient, là, comme sur un plateau d’argent et le rêve n’avait jamais été aussi proche de ta réalité. C’était si beau. C’était inespéré. À travers les méandres de ton quotidien, tu voyais enfin une lueur d’espoir. Tu voyais la lumière au bout du tunnel. Et rien n’était plus merveilleux. Alors tu as tout accepté. Absolument tout. Tu as accepté de retourner là-bas, de te vendre à nouveau ; tu as accepté de travailler pour eux, tu as accepté de travailler avec lui même s’il te faisait peur. Tu as tout accepté. Absolument tout. Parce qu’ils étaient ta seule chance de t’en sortir. Ils étaient ta seule chance d’offrir à ta jumelle tout ce qu’elle méritait – une vie.

Tu n’as pas pleuré. Tu n’as pas pleuré quand on a retrouvé la voiture de votre père écrasée contre arbre et le corps échoué sur le capot. Tu n’as pas pleuré quand les autorités sont venues vous présenter leurs condoléances. Tu n’as pleuré quand ils ont enfoncé le cercueil dans les flammes. Non, tu n’as pas pleuré. Tu étais calme. Comme un être insensible et froid, comme un automate, tu étais calme. Il n’avait jamais été un père pour toi. Il a été là lors de ta venue au monde et c’était à peu près tout ce qu’il avait fait pour toi. Rien d’autre. Alors, tu n’as pas pleuré. Tu n’en as pas ressenti le besoin. Il n’y avait pas de vide en toi, pas de douleur non plus. Juste du calme. Juste cet apaisement incroyable qui te libérait la cage thoracique. C’était seulement une page qui se tournait, un chapitre qui se terminait. Tu n’as pas pleuré. Tu n’as pas pleuré parce que ce n’était pas ton père, là, éparpillé sur l’herbe mouillée de la rosée du matin. C’était un étranger, un inconnu. C’était un homme que tu n’avais jamais vraiment vu. Ce n’était pas ton père. Un père n’abandonne pas ses enfants pour une bouteille de whisky bon marché. Un père ne délaisse pas sa famille pour un monde imaginaire. Ce n’était pas ton père. Ça n’a jamais été ton père.

Le Parking. C’est moche, c’est vieux. Ça ne paye pas de mine mais c’est tout ce que vous pouvez vous permettre de payer pour l’instant. Ce n’est pas la vie rêvée que tu imaginais. Ce n’est pas le futur que tu désirais pour elle. Mais, bientôt. Bientôt, tu pourras lui sourire et lui dire que tout est fini. Que vous allez pouvoir avoir la vie dont vous parliez tout le temps. Bientôt, tu pourras la prendre dans tes bras et lui dire que votre futur vient de commencer. Pour de vrai. Tu gardes cet infime espoir que tout ira mieux un jour. Même si aujourd’hui, tu es fatigué. Même si aujourd’hui, tu voudrais juste fermer les yeux pour l’éternité. Même si aujourd’hui, tu n’as plus la force de continuer. Ce corps n’est même plus le tien, ton âme est tâchée de toutes ces mains qui t’ont remodelé comme un artiste façonne une statue. Tu es fatigué. Si fatigué. Tu voudrais seulement pouvoir vivre cette vie dont tu rêvais – autrefois. Mais les rêves s’effacent, ils ont un goût de papier mâché. Ils sont des photographies jaunies aux coins cornés. Ils s’éloignent et l’espoir se fane. Les sourires s’estompent. Ce n’est plus qu’une ombre, là, qui se noie dans la lumière d’un monde trop violent. Un monde qui n’est pas le tien. Pas le vôtre.



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Message(#) Sujet: Re: ORESTE 彡 WE WERE BORN SICK. Lun 18 Avr - 20:41

Love. I love you
Il n'y a pas de mots suffisamment significatifs pour décrire comme je t'aime. COOKIE Et Lyam n'a pas assez des quatre langues qu'il maitrise pour mettre des mots sur l'intensité de ce qu'il ressent pour ton Oreste. CANDICHOU
(Les papillons, quelle jolie référence. BRILLE )



TIME IS RUNNING OUT

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Message(#) Sujet: Re: ORESTE 彡 WE WERE BORN SICK. Lun 18 Avr - 20:45

Je suis sous ce visage mais j'ai encore une fois adorée te lire OMG
et je trouve ça vraiment beaucoup trop jolie ce que tu as mis comme mise en page pour les points OMG


sucker for pain
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Message(#) Sujet: Re: ORESTE 彡 WE WERE BORN SICK. Mar 14 Juin - 21:22

Je t'aime :l:
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Message(#) Sujet: Re: ORESTE 彡 WE WERE BORN SICK.

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