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MessageSujet: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    Mer 30 Mar - 0:34
Bornée, la gamine. Y'a cette curieuse ambiance qui flotte dans l'appart, des relents de honte nauséabonds, une gêne étrangère. Ça te rend malade, ces conneries, et c'est avec le cœur au bord des lèvres que tu quittes les lieux, souvent, que tu fuis ce climat pénible, pollué par les non-dits. Tu préfères te perdre dans la cité, les poches remplies de poudre. Tu vagabondes dans les ruelles, prudente, l'engin salvateur flanqué contre la peau, prêt à émerger, cracher une balle en cas de danger. Même si tu lui réserves la première, lui qui t'a arraché ton innocence sans pudeur, qui t'a lié les poings pour bousiller ta douceur, tu te sens puissante avec ton pétard, invincible, même. Cet engin de mort, c'est aussi une sacré machine à jouir, t'en as vite pris conscience. Noyée dans cette assurance nouvelle, tu abordes la ville sous un nouveau masque, errant de bar en bar pour refiler tes pochons remplis de rêves, les troquer pour faire gonfler la liasse. Tu te perds dans une ruelle, avec un client gringalet, vous procédez au précieux échange, qui le fera planer jusque tard, mais surprise, le mec se barre. Il détale comme un lapin et toi tu restes penaude, dans cette crevasse silencieuse. Un type t'attrape le bras, et tu sursautes avant d'te tourner vivement, découvrant son museau d'un air ahuri. Tu le connais pas, ce mec, mais rien qu'à voir sa mine sérieuse, tu sais déjà que t'es dans la merde. Ce gars-là a pas un jogging qui menace de s'échapper de ses hanches, il a pas de nike toutes défoncées aux pieds. Méfiante, ta main veut déjà effleurer la crosse de ta fidèle amie, mais tu te contentes de le fixer d'ton air mécontent, le regard défiant. Gamine en colère, tu siffles entre tes dents, essayant de te défaire de l'emprise. Qu'est-ce que tu veux?


Dernière édition par Wyatt Hana le Ven 8 Avr - 0:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    Mer 30 Mar - 20:56
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Vide dans les pensées. Trou noir qui absorbe toute réflexion dans une aspiration à l’obscurité. Un blanc total, coma de l’esprit mais pas du corps. Automate qui avance, guidé par on-ne-sait-quoi. Quelques gouttes de frustration qu’il transpire. Les pores de sa peau ne sont pas aussi imperméables que son cerveau. Course effrénée contre la montre. Il fuit ses propres problèmes comme la peste. Il leur tourne leur dos, comme si ne pas les regarder dans les yeux allait les faire disparaître. Lâcheté qui n’a pas lieu d’être, mais qui sillonne ses vaisseaux sanguins. Évasion dont il a éperdument besoin. Les trottoirs qui défilent sous ses pas, âme en peine. À la recherche de quelque chose qu’il ne définit pas. Une échappatoire au tourbillon qui fait rage à l’intérieur. Il ne se reconnaît pas. Là en passant, il y a une vitre dans laquelle il peut regarder son reflet. Au lieu de l’admiration habituelle, il se fait peur. Au lieu du narcissisme déplacé, il y a une honte de ce que le miroir renvoie. Moments de conscience dans cette existence d’inconscience. Réalisation de tout ce qu’il est devenu. Crise de panique dont il ne comprend pas les origines. Le prénom italien qui bourdonne contre ses oreilles.

Bébé à la chevelure d’ébène, mal accompagnée. Gringalet minable dont on peut deviner toute la subtilité en un seul coup d’œil. Différences notables, et pourtant ils sont ensemble. Vente loin d’être privée, imprudence démesurée. C’est là la distraction dont il a besoin. L’usage des pouvoirs qu’il possède calmera peut-être les voix qui commencent à remplir sa tête. Le pas de trop qui fait fuir le gamin. Elle, en revanche, reste en position. À sa merci. Il agrippe son bras sans délicatesse. Prêt à l’ébrécher, la petite poupée de cire.  Elle se débat, avec cette lueur de colère dans les yeux. Résistance futile et inutile. Elle est loin de faire le poids. "Ce que tu caches dans ton poing fermé." Le flair du policier n’est pas une option chez lui. Il le traîne comme un sixième sens, dont il connaît les limites. Il l’a peu trompé au cours de sa vie. Alors, il n’hésite pas à lui faire confiance. "Et arrête de te débattre, je te lâche si tu fais pas la conne et que tu cherches pas à courir." L’emprise qu’il diminue un peu, pour montrer sa bonne foi. Elle est tombée mal. Tellement mal. Faire régner la loi à l’instant présent est son moyen d’oublier à quel point il l’a transgressée.  
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MessageSujet: Re: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    Ven 8 Avr - 2:07
Il veut le sachet, le précieux sachet garni de rêves, de la poudre qui rend démiurge. Tu le sers plus fort entre tes doigts égoïstes, sans comprendre. Pourquoi le voudrait-il? Le client doit payer avant de consommer, c'est le principe même de ce foutu commerce. La pression se relâche alors doucement autour de ton bras endolori, le type feignant s'adoucir, mais ses griffes sont toujours là, prête à sortir, tu les sens, ses cinq doigts embrassant toujours le tissu, sa poigne se faisant faussement faiblarde. Toi aussi, tu joues la douceur, poupée. Tu expires doucement, tes épaules retombent, et ton corps qui s'ébranlait tantôt se fait languissant et aveuli. T'as cet air de gamine docile, et puis ton corps absorbe le calme ambiant, éponge truquée. Tu le regardes dans les yeux un court instant, désireuse de savoir si tu peux trouver quelque chose dans ce regard dur, dans ses ovales brunes, mais tu ne sais rien y lire, et tu ne sais pas non plus l'hypnotiser. Le calme a duré trois putains de petites secondes avant que tu te rebelles, brutale, tentant soudainement de te dégager à nouveau pour fuir, mais le piège s'est déjà refermé sur toi, petite furie. Évidemment que t'es conne, évidemment, que tu veux courir. Putain mais lâche-moi, qu'tu siffles entre tes dents, t'es qui hein? Tu payes comme tout le monde et tu me fais pas chier ! Il est trop tôt pour dégainer, trop tard pour crier, tu sais que tu vas finir ta route contre le mur de briques rouges et tes yeux menacent déjà de dégouliner, parce que t'es pas prête à te refaire tabasser comme avec l'espagnol, parce que tes côtes sont toujours douloureuses, parce que ce putain de monde est pas fait pour toi, qu'il te fait suffoquer.
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MessageSujet: Re: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    Ven 8 Avr - 19:46
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Il veut le sachet, l’immonde sachet qui rend fou. Addiction traitresse qui se diffuse dans la peau, jusqu’à dans les os. Traînant dans le sang comme une bouffée d’air pur. Souillant tout sur son passage et vous faisant croire au contraire. La drogue a toujours eu le don de provoquer sa colère. Substances qu’il abhorre autant qu’il les craint. Échappatoire à ceux qui connaissent le désespoir. Et ça le rend malade de voir tant de victimes trompées. Tant d’enfants à qui l’on a inculqué les bienfaits du mal. Sans leur parler de ce qui peut se passer s’ils s’embarquent dans cette pente raide. Vectrice de cauchemars elle-même prise dans le vortex. La misère et le chaos qui l’entourent en ont fait une marchande du sale et du maudit. Lorsqu’il relâche un tant soit peu l’influence et qu’elle a l’air de se calmer, il se dit que le tour est joué. Qu’elle n’opposera plus aucune résistance. À défaut de pouvoir le battre à poings nus, elle essaie de l’amadouer. Charme qu’elle dégage dans l’atmosphère. Comme une poussière de fée qu’elle libère à l’aide de ses ailes. Et Fausto y est immunisé. Elle a beau planter ses billes dans les siennes, il ne se laisse pas avoir. Il ne se laisse pas prendre au jeu de la gamine.

Et cela la plonge dans une rage noire. Juron qu’elle profère. Ordre qu’elle énonce comme s’il avait une quelconque importance pour lui. Comme si soudain, il allait se ressaisir et se rendre compte qu’elle est princesse et qu’il est serf. Lui qui s’est affublé du costume du serviteur de la loi. Si elle se croit impératrice des rues, c’est que clairement elle est dans la désillusion. Elle a du mal à comprendre. Elle a du mal à voir. Elle le prend pour un client potentiel. Un client violent. Un client qui la malmène pour le plaisir et qui compte lui dérober son gagne-pain. "Je suis la police, surtout. Ravi que tu aies demandé." Ses sourcils se haussent et dansent. Leur courbe se fait curieuse. Petite peste qui mérite d’être domptée. Il faut lui refaire son éducation, mais ce n’est pas son travail. Elle devrait finir au commissariat comme la dizaine de dealers qu’ils chopent par jour. Bactéries qui se multiplient dans le quartier. Boîte de Pétri au milieu riche qu’est le Bronx pour eux. "Ne complique pas les choses, je t’emmène pas au poste si t’arrêtes de te démener comme ça. Tu peux rien faire contre moi, gamine." Soupir qu’il lâche avec résignation. Il ne peut même pas être méchant avec elle. La vie a déjà été cruelle avec la belle rebelle. "Par contre, faudra que tu répondes à quelques questions et que tu me donnes tout ce que t’as sur toi."
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MessageSujet: Re: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    Jeu 14 Avr - 2:58
Je suis la police. Un flic. Tes yeux l'attaquent, le critiquent, lui crient des mots doux. Mort aux vaches. Les dealeurs et les policiers, ça fait jamais bon ménage. Y'a cette haine naturelle entre les deux, ce conflit légitime. La loi contre les rats, les profiteurs, trafiquant de délires s'enrichissant sur les addictions des uns, responsable des overdoses des autres. Toi, t'essayes juste de survivre, de payer ton loyer, d'pas décevoir ton frère. Nan, ça justifie pas que tu vendes de telles merdes -t'es faible, t'as choisi le chemin le plus facile-, ça justifie rien. Mais t'as pas demandé à être là, dans les ruelles nauséabondes des bas-fonds de New-York, t'étais bien à Brooklyn. Tout était beau en apparence là-bas, malgré les secrets et la violence, parce que même si vous étiez pas libres, vous aviez le confort, le décor de votre enfance à portée de vos doigts curieux. Tu te sens soudainement toute petite face au reflet du démon, tu redeviens cette gamine abusée et naïve. C'était un flic lui aussi, le meilleur pote de Joseph qui t'avait coincé dans sa galerie d'art fictive, dans son piège brillant. Le fait d'y repenser démonte la scène et plonge ton esprit aliéné dans une ambiance familière, le visage de l'inconnu s'mélangeant à celui d'son collègue véreux. Tu perds pied, tes battements de cils se font nombreux - pourquoi tout est si flou ? C'est pas lui, tu sais que c'est pas lui. Faut que tu réfléchisses, qu'tu te tires de là au plus vite, la prospérité de votre petit commerce se trouve menacée. Il t'emmènera pas au poste, il a dit, mais il veut tout. C'est pas possible. Tu t'es déjà fait dépouillée de ton stock la dernière fois, vous pourrez pas à nouveau palier à de telles pertes. Je voudrais négocier, il y a sûrement moyen de s'arranger. Tes doigts libèrent le précieux sachet, déjà payé par le maigrichon qui avait pris ses jambes à son cou, et viennent le suspendre à hauteur de son regard. Je vous donne celui-là. Le vouvoiement timide, après les t'es qui, tu me fais pas chier, tu dégages, marque le changement d'attitude, petit fille sage. Tu risques trop gros sur ce coup, tu veux pas qu'ils te mettent les menottes, qu'il trouve le flingue qui dort dans ta poche, mais ça suffira pas, ce petit pochon ridicule. Il va falloir que tu cours ou qu'tu te mettes à genoux, douce soumise, mais t'es qu'une idiote Wyatt, t'as toujours envie de courir.
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MessageSujet: Re: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    Jeu 14 Avr - 21:51
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Ils en consomment à en perdre la raison. Ce poison les rend brindezingues et les fait s’étaler sur le plancher de la déchéance. Il a assisté aux ravages que peuvent causer ces trucs aussi facilement distribués. Devenus besoin nécessaire pour tellement de quidams que leurs fournisseurs sont devenus toute une communauté. Rien ni personne ne peut les arrêter. Cartels organisés, clans montés savamment. Forteresses invisibles que l’on ne peut attaquer ni détruire. Les pions cachent très bien les souverains. Dommages collatéraux qui finissent derrière les barreaux alors que les vrais criminels perdurent. Toujours à déformer la notion du bien et du mal chez des victimes naïves. Exécrer n’est pas un mot suffisamment puissant pour décrire ce qu’il éprouve vis-à-vis de cette abomination. Néanmoins, il ne peut se résoudre à détester l’actuelle messagère qui lui fait face. Asphalteuse qui n’a sûrement pas le choix. Trimardeuse contre son gré. S’accrochant aux barbelés d’une existence dont elle est prisonnière. Le choix ne lui est pas donné. Elle est sacrifiée sur l’autel des âmes en peine. Une énième victime de la société léonine et assassine. Il la sent perdre confiance. Elle le voit, mais elle ne le regarde pas. Elle est loin, très loin. Elle a déjà touché la lune de ses orteils, et il est impossible de la rattraper. Il attend qu’elle sorte de sa transe, qu’elle submerge de l’océan où elle s’est plongée. Il attend qu’elle ait besoin d’air, qu’elle revienne pour respirer.

Le pli de sa bouche est désapprobateur. Parler de possibilité avec un ton aussi éperdu lui fait prendre connaissance des avanies qu’elle pourrait recevoir. Des anicroches que son intervention pourrait lui valoir. Mais il n’est pas supposé se poser de questions. Il doit agir au nom de la rectitude qui lui a été inculquée. Il n’est pas juré. Il est uniquement juge. Et ça l’a toujours horripilé. "Tu n’es pas en position de négocier. Je suis déjà assez gentil comme ça." Ton beaucoup plus lustré qu’elle adopte. Supplications turpides qu’elle éructe avec inquiétude. Ses doigts remontent et se referment sur le réceptacle. Déjà confisqué et entreposé soigneusement dans sa poche. Mais il n’est pas la seule chose dont il veut la déposséder. "C’est déjà pas mal. Mais tu sais que je veux plus. Ne rends pas ceci compliqué, gamine." Il déplore la situation mais y remédier n’est malheureusement pas acceptable. La laisser carapater serait fastoche si seulement il ne s’était pas mis en tête d’être un bon policier aujourd’hui. "Donne-moi tout, ou je viens le prendre." Imprudente, sa paluche séquestre son épaule. Se voulant encourageante, inconsciente des souvenirs qu’elle fait ressurgir.
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MessageSujet: Re: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    Dim 22 Mai - 1:05
Plus, ils veulent toujours plus. Plus d'argent, plus de rêve en poudre (jusqu'à l'overdose), plus de pouvoir, de contrôle. Toi, tu voudrais plus de bonheur, des rires bruts et non plus déguisés, des éclats à l'état pur, tu voudrais plus d'amour, plus que ses tristes lèvres qui viennent se joindre sur ton front quand tu imploses, plus que quelques caresses volées dans la nuit noire quand tu replonges dans tes délires aliénés et que les mêmes mots ressortent en boucle de ta bouche cassée. (il va revenir) C'est sa main enserrant ton épaule qui te tire de la torpeur dans un sursaut révélateur, qui t'extrait encore de ce monde de songes un peu flou où tu te perds souvent. Ce geste qui t'arrache à tes délires, tu ne l'assimiles étrangement plus à ceux d'un autre. Quand bien même la poigne du flic est ferme, c'est toujours mille fois plus doux que la main du collègue libidineux qui enserrait salement ton cou le soir du crime. Faut que tu payes tes dettes, Wyatt. Tu peux pas laisser encore une fois autant de dollars disparaître dans les poches de n'importe qui, flic ou pas flic, parce qu'ils vont vous crever, sinon. Toi et ton frère avec. Si j'vous donne tout, vos collègues ramasseront mon cadavre demain dans le fossé. Les plombs ont sauté dans ta cage thoracique, les locataires s'agitent - ton cœur, qui bat à tout rompre, tes poumons, qui réclament les bouffées cancérigènes, et le reste, qui fait son job, tant bien que mal- et alors l'idée malsaine surgit, d'un échappatoire de fortune, si la panique ne prend pas le dessus sur un essai timide, une technique maladroite, séductrice en carton. Tu peux pas te résoudre à lui coller ton flingue sous le nez. Tu tireras jamais de toute façon, t'as pas de couilles, t'as rien, pas une once de courage. Tu te réduis à donner la seule chose qu'on te réclamera jamais, délogeant sa main de ton épaule pour la saisir entre tes deux pinces glacées, glisser tes doigts fins au creux de sa paume. On s'arrange comme ça.. Tu t'approches, là, tes lèvres tremblantes près de son visage, tes cils qui papillonnent nerveusement. Je suis à vous. La promesse est presque inaudible, s'évanouissant au creux de son oreille. Pente glissante que tu foules là, gamine inexpérimentée. La peur te ronge, et tu ravales les trémolos qui veulent déformer ta voix, dans un dernier effort, chuchotement contre ses lèvres. S'il vous plaît.
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MessageSujet: Re: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    Mer 25 Mai - 3:12
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Coincée dans un autre monde. Une dimension parallèle. Plongée dans les réflexions baroques de la petite fille soucieuse. Elle ne doit pas avoir l’existence facile. Mais c’est là un destin que le commun des mortels partage. Avoir pitié d’elle est chose aisée. Il n’y a qu’à voir son air terrifié. Son soubresaut diffamateur de mille et un supplices. Et l’aveu soufflé dans l’appréhension ultime. La vérité qui se dégage des lèvres roses de la magouilleuse. Revendeuse employée par plus grand, par plus imposant. Réclamant son dû quotidien, et ne manquant pas de faire payer les traîtres. Les abêtis qui se font choper, les sinoques qui reviennent les poches désertes. Macchabées dans les ruelles sombres, on ne sait pas comment ils ont atterri là, la plupart du temps. Et il se remet en question. Ce ne sera qu’une infraction de plus. Il préfère se sentir mal un peu, plutôt que de découvrir sa dépouille le lendemain. Mais elle ne le lui laisse pas le temps de concrétiser ses doutes. Le flot de pensées est interrompu par le toucher délicat. Main froide qui se dépose sur la sienne, qui la dégage de son réceptacle. Et ses sourcils se froncent, mais le spectacle est trop tentant à observer. Doigts de fée curative sur la paume. Incompréhension qui vient prendre possession de ses traits. Il la toise ouvertement, les questions qui ricochent contre les parois de la caboche. Qu’est-ce qu’elle cherche à faire, au juste ? Et il a envie de lui dire, sur un ton désagréable qui ne supporte pas l’insolence. Puis elle écrase la distance.

Et il la voit enfin. La tentative évidente de séduction. Gaucherie sans nom dont elle fait preuve. Cils qui bougent à une vitesse inouïe. Cœur qui doit battre au même rythme. Bouche tentatrice, aux gradations rosées et alléchantes. L’embarras s’insinue. L’ombre de l’hésitation qui flotte. La honte qui le couvre de la tête aux pieds. Remugles dégueulasses du flic corrompu. De l’homme déchu. De l’animal libéré et mis à nu. Et il s’humecte ses propres chairs, y faisant passer sa langue d’une lenteur déconcertante. La peau a l’air douce. La poupée a l’air fragile. Il pourrait la briser. L’étrangler facilement. Jusqu’à en omettre l’empathie dont il faisait preuve il y a moins d’une poignée de minutes. Les souffles se mêlent et s’entremêlent. Promiscuité fatale. Haleine qui s’engouffre dans ses narines, et l’hypnotisme qui a presque lieu. Le pouce se dresse en conquérant, il s’écrase sur les jumelles de la princesse maligne. Et il pousse. Il la repousse. De toute ses forces. La faisant presque trébucher en arrière. "Tu compliques beaucoup trop les choses, gamine. Tu veux que j’ajoute racolage à la liste de tes méfaits ?" Ses rétines s’assombrissent. Ils ne sont plus que deux puits d’obscurité qui vous happe et vous dévore. La bonne leçon qu’elle mérite qu’il lui administre. "Envers un membre des forces de l’ordre en plus ? Possession. Vente. Insubordination. T’as pas une cinquième connerie à ajouter à tout ça ?" Le ton est dur. Les inflexions sont cruelles. Elle est jeune, elle est belle. Elle a quel âge, au juste ? Non, ne pas penser à ça. Scènes intruses dans son esprit. Il ne peut pas. Il n’a pas le droit de céder à la bête. Pas aujourd’hui. Pas maintenant. "La police, elle te protégera si tu donnes des noms. Là t’as plus trop le choix, tu vas me suivre au commissariat."
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MessageSujet: Re: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    Mer 25 Mai - 22:06
T'as merdé, Wyatt. T'as encore merdé. Il te repousse au loin, poupée de chiffon. Tu manques de t'écraser sur l'asphalte - t'as fait une bêtise, gamine, et tu vas t'en mordre les doigts. Tu retrouves l'équilibre et cette fois tu restes à distance, perdue dans son regard sombre. Tu vois pas les contrastes, tu saisis pas une once d'hésitation, non. T'es aveugle, forcément, les novices voient pas ces choses-là. T’as pas une cinquième connerie à ajouter à tout ça ? Si, évidemment. La cinquième erreur est dans ta poche, elle dort, la main métallique de la grande faucheuse. T'es foutue. Direction le commissariat, il dit. T'acquiesces, t'acceptes ton sort, cette fois. T'en as assez fait. Jeunesse chair à canon, tu te laisses bouffer, tu plonges un peu plus profond. Donner des noms. Tu ris nerveusement. Tu sais que c'est pas possible, qu'il y a pas de noms dans ce milieu, que des pseudonymes, qu'la moindre information s'échappant de ta bouche sur ce trafic peut mettre en danger tes proches - ton proche. Ton compagnon de route, ton seul pilier, la main autour de ton col qui garde ta tête hors de l'eau. Balancer rien que le nom d'une rue c'est mettre à prix la tête de Tino. Tu préfères aller en prison, purger ta peine, crever entre les fauves, s'il le faut. Tu t'fais pas d'illusion. Tu résisteras pas deux jours, là-bas. T'as pas la carrure, t'as rien, lui aussi il le sait. Tu détournes ton regard désolé vers le mur de briques, enfermant tes lèvres entre l'ivoire de tes dents. T'es désolée - désolée d'avoir tenté, de ne avoir pas réussi à corrompre son âme. C'est là que tu le vois se dissocier réellement de Brownson, tu tombes pleinement dedans, dans cette façade de flic sérieux. Tu restes mutine, maintenant, et ton silence en dit long. T'es prête à le suivre tête baissée mais tu lui tends pas non plus tes poignets, (les menottes, très peu pour toi) - tu tends pas la joue, non plus. T'aimerais que l'arme se dissolve dans ta poche, qu'elle n'aggrave pas ton cas, mais elle est toujours-là, dure et froide, appuyant contre tes flancs. Elle va t'enfoncer alors qu'elle pourrait être une porte de sortie, mais il mérite pas de s'prendre une balle, ce gars, il fait juste son boulot. Personne mérite ça.
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MessageSujet: Re: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    Ven 17 Juin - 20:13
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Deux mécréants figés dans un pathos tragique. Ils sont dans le bourbier, acculés dans une voie sans issue. Fausto jongle avec le devoir, l’empathie et la tyrannie de la bête qui vit en lui. Beaucoup trop de quilles à garder en l’air. Elles s’écrouleront probablement toutes à un moment donné. Le petit bout de femme, soudainement moins fière, prête à mettre le genou à terre. Elle joue avec ce qu’il a entre les jambes, cette virilité qui peut faire faiblir n’importe quel homme. Ce bout de viande capable d’influencer la plus intelligente des entités, pour autant qu’elle soit pourvue d’une libido approximative. Et de ça, Fausto ne manque pas. Il a même considéré la chose, sans savoir si la jeune fille est majeure ou pas. Elle empeste l’innocuité, pourtant en ce moment, la commination transperce ses rétines. Elle pourrait fuir, la petite gazelle. Tenter de le semer lorsque que quelques centimètres les séparent. Lorsque ses pattes ne sont plus refermées sur ses bras fluets. Mais pourtant, elle a l’air de réaliser qu’elle n’a pas l’ombre d’une chance. La dérobade est une mission impossible, et ne ferait qu’exciter le courroux de son tortionnaire. Pourtant, il aurait fallu juste qu’elle essaie. Peut-être que la silhouette anémiée qui accélère l’aurait rendu enclin à faire preuve de pitié.

Une pause s’installe. Un intervalle où le sablier ne laisse plus s’égrener les particules. Mutisme dans lesquels leurs respirations se confondent et deviennent synchrones. C’est agaçant. Le jeu n’en vaut pas la peine. L’abdication est ennuyante. Et Fausto gronde. Sa droiture n’a plus aucune valeur désormais. L’espoir auquel il s’accrochait de se sentir moins mauvais a disparu avec cette finalité affligeante. Ce n’était que dans l’entre-deux, lorsqu’il était persuadé de faire le bon geste, que ça allait. Maintenant, il se sent pire qu’avant. Encore plus monstrueux lorsqu’il a brisé les dernières parcelles d’espoir de la petite brune. L’enfermant déjà dans une prison éternelle qu’elle ne quitterait jamais. Où elle finira en pâture par d’autres vraies créatures cauchemardesques. "File" qu’il abandonne dans un souffle, avant de se masser les tempes. Il ne voulait pas de ça, il ne voulait pas que ça finisse comme ça. Se plonger dans cet apitoiement de soi, lorsqu’il a mérité tout ce qui lui arrive jusqu’ici. Toutes les crasses endurées, toutes les insultes supportées, tous les regards mauvais. Ah, le Fausto Scorza d’autrefois a disparu, laissant la place à beaucoup moins bon. À beaucoup plus con aussi. Qu’elle disparaisse, elle ne veut pas avoir affaire à ce géant de débilité.
(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: (fausto) wasted years, wasted youth, pretty lies, ugly truth.    
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