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A little death around the eyes (Cahal)

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les locatairesles potins


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Message(#) Sujet: A little death around the eyes (Cahal) Lun 15 Fév - 12:39

A little death around the eyes
Cahal & Sienna

En arrivant au centre culturel, à 9h00 pétante, Sienna cru bien que son plus gros souci serait le café. En effet, dans une tentative de responsabiliser les jeunes, elle leur avait demandé la veille d’aller faire les courses. Croyant bien faire, les malheureux avaient ramené du café de marque blanche pour la machine Senseo. Quand elle était arrivée, c’est même un Aiden tout fier qui lui avait présenté le paquet en poussant un triomphal : « Tadaaa ! Voici votre café de vieille, madame. J’ai pris le moins cher ! » La psychologue avait grincé des dents et s’était retrouvée dans une impasse. Elle ne pouvait décemment pas leur reprocher leurs efforts pour faire des économies. Ils ne pouvaient pas savoir, eux, que le café était devenu sacré pour elle, un froid matin du Bronx. « File, t’es en retard pour ton job étudiant. » fut tout ce qu’elle trouva à lui répondre. Vexé, il ronchonna qu’on ne le félicitait jamais et qu’on ne lui faisait jamais confiance parce que, bien sûr que s’il n’était encore parti c’était parce qu’il commençait plus tard ce samedi. Consciente d’avoir fait une erreur, Sienna se mordit inconsciemment l’intérieur de la joue et s’employa à faire du mauvais café en silence.

Le Samedi matin n’était jamais très intéressant et la suite aurait dû être aussi calme que routinière : administratif jusque 12h30, réunion ‘prévention drogue’ à 13h00 puis il serait enfin temps de profiter du week-end comme une personne normale. Parce que le silence lui filait le cafard, Sienna travaillait avec la radio allumée sur la chaîne locale. Les chansons qu’ils passaient n’étaient pas si mauvaises et il y avait un agréable sentiment de familiarité à se dire que les moyens de la chaîne étaient si faibles qu’ils étaient peut-être carrément basés dans un des appartements du Parking. Plus local que ça, tu meurs.

C’est à 10h que la musique s’arrêta pour laisser place à un ‘flash spécial’. Ce que Sienna était entrain de faire était insignifiant – rédiger un mail à la directrice de l’école de Maxime pour prendre rendez-vous – mais elle s’en rappellerait toute sa vie. Car, alors que les premiers mots angoissés du présentateur retentissaient dans la pièce, ses doigts sur le clavier ralentirent jusqu’à se figer complètement. « Nous interrompons ce programme pour vous informer d’une grave explosion à la Résidence des Lilas. » Le Parking, bordel, c’était le Parking, ça. Sienna se leva pour augmenter le volume de la radio dans ce reflexe qu’on a tous, croyant bêtement que ça nous permettra de mieux comprendre. « Les causes de l’explosion et le nombre de victimes nous sont encore inconnus. Il semble que le cinquième soit touché le plus gravement. Foyer de l’explosion ? » Son cœur s’arrêta. Le 5ème, n’était pas tout à fait un étage comme les autres : c’était celui de Cahal et ses frères. La jeune femme étouffa un cri et dégaina son téléphone pour lui envoyer un message. C’était un peu stupide, elle le savait, puisqu’il ne saurait pas répondre s’il était blessé, mais ça lui semblait être la première chose à faire. Alors qu’elle attrapait son manteau à la hâte, la voix dans la radio grésillait toujours : « Nous apprenons que le cinquième est bien le foyer de l’explosion. Les étages 4 et 6 sont condamnés également. » Merde ! Putain ! Bordel ! La voilà qui jurait tout en faisant claquer ses talons dans la rue. Car, au 408, il y avait les Alpha. Son cœur battait à présent vite et fort, à lui en donner la nausée, mais elle continua de courir.

La cour du Parking était envahie par les ambulances et les voitures de flics. Le bruit des sirènes mêlé au brouhaha frénétique des habitants de l’immeuble réunis en bas était assourdissant. Sienna ne se laissa pas distraire et continua sa course vers l’intérieur du building. Rendue erratique par l’affolement, elle ne savait même pas si elle prenait la direction de l’appartement des Alpha ou de Cahal. Elle ne le saurait d’ailleurs jamais car un policier apparut devant elle et lui bloqua le passage. « Madame, vous ne pouvez pas entrer. C’est trop dangereux. Il y a des effluves et des risques d’effondrement. » Elle l’aurait griffé à sang s’il ne l’avait pas retenu si fortement. « Vous ne comprenez pas, » dit-elle, s’entendant parler comme toutes les autres personnes qui essayaient de se frayer un chemin à l’intérieur, « Cahal. Mes jeunes. Cahal et mes jeunes sont à l’intérieur. » Sa voix tremblait et son regard fou était perdu vers la porte d’entrée, si inaccessible. « Madame. Calmez-vous. Votre mari et vos enfants seront rapidement hors de danger, des ambulanciers, des pompiers et des policiers sont à l’intérieur en ce moment. Laissez-les faire leur travail. » Elle tenta encore de se débattre mais d’autres flics arrivaient en renfort et elle du se faire une raison. Elle ne pouvait qu’attendre.

Pendant qu’elle attendait, son téléphone sonna. C’était l’hôpital. Cahal et elle étaient le numéro d’urgence de la plupart des jeunes et ils n’avaient pas réussis à joindre le premier. Les Alpha étaient hors de danger, il n’y avait qu’Isabelle qui était blessée mais, d’après la personne qu’elle avait au bout du fil, elle s’en sortirait sans séquelles. Sienna raccrocha en promettant qu’elle arrivait mais elle ne pouvait détacher son regard de l’entrée du Parking. Toujours pas de trace des Donnelly. Une cigarette et un millier de pas plus tard, des brancards sortirent enfin. Sur l’un deux était entendu Cahal – elle le reconnu directement – et elle emboita le pas à l’ambulancier qui l’emmenait. D’autorité, et sans laisser le temps à qui que ce soit de l’en empêcher, elle entra dans l’ambulance avec eux. « Je suis sa femme », déclara-t-elle d’un ton qui ne souffrait aucune protestation, se raccrochant instinctivement à l’erreur que le policier avait faite plus tôt. Malgré l’évidence de son mensonge – Cahal portait son col romain – personne ne cilla, certainement trop occupés à s’inquiéter de la plaie béante qu’il avait au flanc. Sienna trouva sa place de l’autre côté, où on ne fit rapidement plus attention à elle. « Cahal », dit-elle en attrapant sa main, « T’avises pas de fermer les yeux, ça me fout la trouille. » Elle réussi à esquisser un sourire maladroit. Pourquoi t’étais encore chez toi ?!, voulu-t-elle ensuite le sermonner. Elle s’en empêcha, histoire qu’on ne puisse pas dire que toute sa formation en psychologie avait été inutile. « Les alphas sont en sécurité », l’informa-t-elle à la place, « il n’y a qu’Isabelle qui est l’hôpital mais le pronostic est très bon. » Dans l’état où il était, il y avait de fortes chances qu’il ne comprenne rien à ce qu’elle lui racontait mais elle ne pouvait pas s’empêcher de parler. Faute de quoi, elle deviendrait folle, elle le savait. « Ça va aller, je te le promet, on arrive bientôt. Ça va aller. » Elle espéra de tout cœur que ce n’était pas un nouveau mensonge.

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Message(#) Sujet: Re: A little death around the eyes (Cahal) Ven 18 Mar - 3:12

Son réveil.

La première chose que Cahal ressentit ce fut l'odeur étouffante de fumée, épaisse, meurtrière  et aveuglante qui le frappa de plein fouet. La seconde ce fut le froid qui ne cessait de mordre sa peau tandis qu’on le transportait dehors, sur une civière métallique donc les barreaux mordaient sa peau brûlante. Le troisième le brouaha incessant qui lui perçaient les tympans, les pleurs des uns, l’inquiétude des autres.

La peau et l’incompréhension.

Son corps, amorphe, ne dépendait plus de sa volonté, il reposait inerte au détriment de son bon vouloir. Les ombres transperçaient à travers ses paupières mis clos, et Cahal ne reconnaissait plus rien. Ni l’endroit, ni le lieu. Tout lui paraissait si lointain. Tout lui paraissait si étranger. A mille lieux de sa terre natale, celle qu’il chérissait désespérément.

Et il ne suffit que d’une voix.

D’un chuchotement rassurant au creux de son oreille, et de la caresse légère d’une peau contre la sienne. Familière, réconfortante. Cahal s’y agrippa comme un naufragé perdu en pleine tempête, manquant de se noyer sous les vagues toujours plus violentes de la douleur... De cette douleur qui le narguait ouvertement, profitant de ses faiblesses présentes, le dardant de ses pointes acérées, lacérant et piétinant ses convictions les plus profondes.  L’espace d’un instant, d’une seconde, Cahal entrouvrit les paupières apercevant Sienna à ses côtés.  Et jamais il ne la trouva plus belle qu’en ce moment. Un trou ensanglanté dans le flanc, l’esprit embrumé, et Sienna lui paraissait tellement irréelle et éthérée.

« Elle est magnifique ma femme, hein ? »

Sa voix n’était un souffle amorti par les antidouleurs ; morphine et douces substances narcotiques qui lui arrachèrent un sourire conquis. Ses doigts se refermèrent lentement, doucement autour de ceux de Sienna, portant sa main à ses lèvres qu’il embrassa tendrement.

« Je crois qu’on devrait avoir des enfants, continua t-il, un rire lui échappant, un rire lui arrachant une quinte de toux rauque, manquant de le plié en deux.
- Doucement, ne faites pas de mouvement trop brusque, nous sommes en train de vous mettre sous perfusion, d’accord ? »

Mais Cahal n’avait d’yeux que pour Sienna, le médecin continuait de lui expliquer ce qui allait se passer, les infirmiers le sécurisèrent dans l’ambulance mais son regard ne quittait pas celui de la jeune femme. Un phare dans les ténèbres trop noirs : elle était belle, et son parfum délicat l’envoutait...

« On est vraiment marié ? »

A vrai dire, il n’arrivait pas réellement à y croire. A ses côtés, le médecin esquissa un léger sourire amusé, prenant ses constantes tout en lançant une rapide oeillade à la psychologue.

« Il est assommé par les médicaments, expliqua t-il, en se penchant pour frapper contre la fenêtre qui reliait l’arrière et l’avant du véhicule pour lui donner l’autorisation de démarrer. De plus il a reçu un sacré coup à la tête, nous pensons à un traumatisme crânien, il faudra faire un scanner pour être sûr. Ne vous inquiétez pas, votre... mari s’en sortira madame. »

Le médecin insista légèrement sur le mot mais n’en ajouta pas davantage. Et Cahal serrait la main de Sienna dans la sienne, ne voulant la lâcher sous aucun prétexte. Elle était rassurante,  son phare dans les ténèbres.

« Aucune chance que je ferme les yeux, marmonna t-il, d’une voix néanmoins ensommeillé. Je ne veux plus jamais fermer les yeux, je veux juste continuer à t’admirer. Approche... Plus près.»

Il pencha la tête légèrement sur le côté, ballotté légèrement de droite à gauche, tandis que l’ambulance roulait à vive allure en direction de l’hôpital le plus proche. Un sourire meurtrie s’esquissa sur ses lèvres et alors que Sienna se penchant vers lui, il l’agrippa par la nuque et l’embrassa soudainement.

Juste sous le coup d’une pulsion. Un baiser fugace. Juste une rencontre chaste de lèvres. Cela lui arracha un second rire idiot. Léger. Mais ses sourcils se froncèrent tout aussi soudainement : tiens, où était ses frères ?

« Hum, hum. Excusez de déranger votre moment, mais il nous faudrait quelques informations supplémentaires, Madame... ? S’enquit le médecin en vérifiant les constantes de Cahal, tout en lui tendant une feuille. »

Cahal grogna... de frustration ou de douleur, il ne sut vraiment.
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Message(#) Sujet: Re: A little death around the eyes (Cahal) Jeu 24 Mar - 14:31

A little death around the eyes
Cahal & Sienna

Cahal referma sa main sur la sienne avec juste ce qu’il fallait de forcer pour empêcher Sienna de paniquer complétement. Malgré son teint pâle et le rouge vif – contraste presque douloureux pour les yeux – du sang qui s’échappait de sa plaie, il était . Sa conscience paraissait fragile, toute prête à s’éteindre, et serrant sa main, Sienna priait. Peut-être pas tout à fait le même Dieu que lui, cet étranger, mais une instance supérieure capable de les sauver, de veiller sur eux. De façon à peine rationnelle, elle tenta de se rappeler les mots du ‘notre père’ et du ‘je vous salue marie’. Ça pourrait faire une différence, se disait-elle, comme une formule magique. C’était une vision bien païenne de la Religion mais qu’y pouvait-elle ? La peur de le perdre lui aurait fait admettre n’importe quoi pour peu qu’il s’en sorte. Pourquoi ? Pourquoi s’en faisait-elle tellement pour cet homme avec lequel elle n’avait partagé que des heures de travail et des repas amicaux ? Elle n’aurait pas su l’expliquer. C’était quelque chose qui se jouait certainement à des niveaux inconscients : un changement d’air quand il entrait dans la pièce, des souries plus vrais quand il la regardait, une douceur indicible, caressante, qui filtrait malgré eux à travers les mots qu’ils s’adressaient. « Elle est magnifique ma femme, hein ? » dit-il alors, faiblement. Sienna écarquilla un peu les yeux, surprise. Elle ne savait que penser de ce compliment soudain qui, pourtant, la touchait droit au cœur. Cahal baisa sa main et, désarçonnée, elle rougit un peu. Il était totalement délirant, elle le voyait bien, mais se pouvait-il qu’il y ai une part de vrai ? « Je crois qu’on devrait avoir des enfants », ajouta-t-il, riant. Un peu malgré elle, elle sourit tendrement. L’infirmier intervient pour leur signifier qu’ils ne devaient pas bouger et Sienna lui accorda un regard, juste pour lui faire comprendre qu’elle l’avait bien entendu. « En voilà une drôle d’idée » répondit-elle à Cahal tout en glissant une caresse sur son front, façon à la fois de le toucher et de l’inciter à rester allongé. « D’une certaine façon, nous en avons déjà. » Elle sourit.

Le monde s’affairait autour d’eux mais le prêtre et la psychologue n’avaient plus d’yeux que l’un pour l’autre. « On est vraiment marié ? », demanda le premier, laissant la seconde sans voix. Si elle avait eu besoin d’une confirmation qu’il n’était pas dans son état normal, la voilà. Heureusement, un médecin intervint : « Il est assommé par les médicaments. De plus il a reçu un sacré coup à la tête, nous pensons à un traumatisme crânien, il faudra faire un scanner pour être sûr. Ne vous inquiétez pas, votre... mari s’en sortira madame. » A contre cœur, elle reporta son attention sur le médecin. Après tout, il fallait bien que quelqu’un s’occupe de ce genre d’informations. « D’accord, merci. » lui dit-elle en priant pour que le scanner ne révèle rien de permanent. Quoi qu’il en soit, il était au moins un peu rassurant de savoir que les confusions de Cahal étaient plus ou moins normales. Ça passerait et, en attendant, mieux valait-il sûrement ne pas le perturber. Tu peux divaguer autant que tu veux, Cahal, pensa-t-elle, mais ne t’avise pas de fermer les yeux, mon cœur pourrait ne pas le supporter. « Aucune chance que je ferme les yeux. Je ne veux plus jamais fermer les yeux, je veux juste continuer à t’admirer. Approche... Plus près. » Histoire de faire ce qu’il lui demandait, elle se pencha. Alors prit d’un sursaut qu’elle n’aurait pas soupçonné, il l’agrippa et l’embrassa. Son cœur bondit dans sa poitrine. Ce simple contact de leurs lèvres suffit à chambouler l’ordre de ses pensées. Que faire ? Que dire ? Pouvait-elle seulement considérer que c’était intentionnel ? Dans sa confusion, ne l’avait-il pas prise pour une autre ? Elle en aurait des choses à lui demander quand il reviendrait à lui.

« Hum, hum. Excusez de déranger votre moment, mais il nous faudrait quelques informations supplémentaires, Madame... ? » La question d’apparence pourtant simple la fit bafouiller, elle qui ne savait finalement plus où elle en était avec tout ça. « Gin… Hol… Donnelly. » Putain, pensa-t-elle, un brin énervée contre elle-même. Si elle avait failli non seulement donner son nom mais aussi ‘Holmes’ c’était parce que ça ne faisait finalement pas si longtemps que ça qu’elle en avait fini avec cette histoire de mariage à Las Vegas. D’ailleurs il se pouvait que certains documents officiels portent encore ce nom là. Elle ne se rappelait pas si elle avait déjà parlé à Cahal, sûrement pas, et ça lui paraissait tout d’un coup important. Pourtant, elle chassa ces pensées et s’appliqua à remplir le formulaire du médecin du mieux qu’elle pouvait. Nom, âge et adresse, furent facile. Profession aussi, bien qu’elle vendait la mèche de son mensonge. Groupe sanguin, assurance médicale, antécédents et allergies, par contre, c’était une autre histoire. « Désolée, je n’ai pas toutes les infos. Il faudra contacter ses frères. » Putain, ses frères. Comment allaient-ils ? Elle ne les avait pas vus parce qu’elle avait été trop focalisée sur Cahal.

Peu de temps après, ils arrivèrent à l’hôpital. Là, les brancardiers firent mine d’entrainer Cahal à travers le dédale de couloirs. Toujours agrippée à lui, Sienna suivit. « Madame vous devez attendre ici », lui signala-t-on en séparant leurs mains. NON, fut son premier mouvement mais des mains autoritaires la maintinrent un instant en place, le temps qu’elle se fasse une raison. Ainsi commençait l’attente. Quelques heures, lui avait-on dit, le temps de recoudre la plaie, transférer du sang, faire les scanner, s’assurer que tout le reste allait bien, que rien n’était cassé, qu’aucun dommage n’était permanent.  Alors, sagement, elle attendit. En faisant les cent pas dans la salle. En réfléchissant à tout ça. En écoutant simplement les battements bruyants de son cœur, quelques fois, pour essayer de faire le vide. Pour essayer de ne pas devenir folle.

Jusqu’à ce qu’enfin, on vienne la chercher. « Il dort », lui dit-t-on, « mais à condition de ne pas le réveiller vous pouvez y aller. Tout s’est bien passé. » Alors, elle entra dans la chambre d’hôpital dont les rideaux étaient tirés. Ils étaient en plein après-midi, il faisait grand soleil dehors, mais là, dans cette chambre, on se serait cru au crépuscule. Sur la pointe des pieds, Sienna s’approcha. Cahal avait en effet l’air endormi. Ses traits étaient à présent plus paisibles et plus lisses, moins déformés par la douleur. Elle s’assit à côté de lui et n’osa rien dire, de peur de le réveiller, de peur qu’en désobéissant aux médecins, elle cause sa perte. Le seul risque qu’elle se permit fut de glisser à nouveau la main dans la sienne, comme s’ils n’avaient pas été séparés, pour sentir sa chaleur, sentir son cœur, sentir sa vie. En même temps, la taraudait au fond de son ventre la peur qu’on lui ai menti, qu’il ne se réveille jamais.

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Message(#) Sujet: Re: A little death around the eyes (Cahal) Ven 1 Avr - 2:12

Son réveil.

La première chose que Cahal ressentit ce fut l'odeur étouffante de javel et de produit antibactérien qui le frappa de plein fouet. La seconde ce fut le froid qui ne cessait de mordre sa peau, le troisième le brouhaha incessant qui lui perçaient les tympans.

La quatrième.

Ce fut la lumière. Les rayons du soleil qui traversaient la vitre de sa chambre d'hôpital.

La cinquième ?

La chaleur de la main, réconfortante et rassurante de Sienna glissée fermement dans la sienne. Lentement, Cahal referma ses doigts autour de ceux de la jeune femme, se raccrochant inconsciemment à cette présence palpable, vraie... vivante à travers le brouillard de son inconscience. La bulle de béatitude et d’insouciance procurés par une intraveineuse pleine de morphine éclata brusquement, l’abandonnant lâchement avec sa nouvelle perception erronée de sa réalité.  

« Hey... »

Un chuchotement. A peine rauque. Un souffle qui s’échappa de ses lèvres, tandis que son regard se posait sur ce visage aux traits graciles mais fatigués. Ses lèvres étaient désagréablement sèches, et sa gorge enflammée hurlait au supplice. Il cligna plusieurs fois des paupières, s’habituant peu à peu à la lumière du jour ; pourquoi devait-elle être si désagréable ? Il referma bien rapidement les yeux, détournant la tête sur le côté dans un futile geste d’échapper à la morsure trop mordante du soleil sur ses pupilles encore ensommeillées.

« Oh... putain, j’ai mal partout, maugréa Cahal en passant son autre main sur son visage au teint trop blanc. Pas de doute, je suis vivant. »

Sa tentative d’humour lui arracha une grimace ironique alors qu’il reportait un regard désormais habitué à la clarté de la pièce sur Sienna. Le prêtre dans sa contemplation toute pensive s’accorda quelques secondes afin d’admirer la jeune femme : elle ressemblait à une sainte, elle faisait dos à la fenêtre et les rayons du soleil auréolait son visage d’une atmosphère mystique. Divine.

Sa propre rédemption personnelle.

Sienna était divine, et si le prêtre croyait en Dieu, il aurait certainement trouvé la situation absolument miraculeuse. Mais Cahal, quant à lui, pensait simplement que l’infirmière y était allée trop forte avec sa dose de morphine. Des anges ? Sincèrement ? Il savait pertinemment que ce n’était pas des anges qui l’attendraient de l’autre côté.

« Tu as une sale tête, tu sais, chuchota t-il en penchant un peu la tête sur le côté. Tu aurais dû rentrer te reposer... »

Un sourire, sincère celui là, s’esquissa lentement sur son visage alors qu’il portait la main de Sienne à ses lèvres pour l’embrasser... avec affection. Avec tendresse.

« Merci d’être restée... t'étais pas obligée. Vraiment. »

Son sourire s’agrandit sensiblement, tandis qu’il calait la main de la jeune femme tout contre sa joue trop froide, appréciant sa proximité, sa chaleur... Il ignora combien de secondes, minutes, heures, ils restèrent dans cette position, à se regarder, à s’admirer, à se contempler, à se rassurer l’un l’autre d’être en vie.

De respirer. L’envie de l’embrasser lui vrilla soudainement les sens.

Sans même qu’il ne s’y attende. Brusquement. Sans prévenir. Comme en réponse à cette pulsion interdite, Cahal lâcha sa main, lui rendit une liberté qu’il souhaitait pourtant entraver.

« Tu as des nouvelles de mes frères ? Siobaigh, Bowen... Iwan ? Coma ? »

Tout lui paraissait flou, les sensations et les souvenirs se bousculaient dans son esprit sans qu’il puisse s’y arrêter.

« Et qu’est ce qu’il s’est passé au juste, nom de dieu ? »

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