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MessageSujet: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Sam 13 Fév - 20:14

Who got the better

Some were left standing
And others fell
Who got the better
None can tell



Une explosion.
Une explosion retentit, secoue l’immeuble. Secoue ta carcasse. Secoue tes souvenirs.
D’un bond, tu t’accroupis derrière la jeep malgré la douleur qui te transperce la chair et tu cries un  nom dont l’écho claquant dans le ciel bleu te hante encore. Et malgré la peur panique et suffocante qui t’étreint, tu essaies d’évaluer la situation, tu cherches ton matériel. Ton arme. Ta radio. Ta radio. Tu trouves pas ta radio. Elle était là ta radio. Elle est où ta radio ? Faut que tu les appelles. Faut que tu les préviennes. Non. Non, non, tu sais ce qui va arriver. Tu sais, et tu ne veux pas que ça arrive. Tu ne veux pas que ça arrive. Et ton coeur bat à tout rompre, pompe sans relâche pour te donner la possibilité de fuir. La possibilité de faire quelque chose. Sauf que t’étouffes trop pour ça. Que tu t’asphyxies, que tu t’étrangles sur ta langue sèche. Que ta tête tourne, que tu n’arrives plus réfléchir, plus à trier tes pensées, plus à rien. Et quand une forme floutée par le malaise qui t’étreint et t’agresse se meut dans le coin de ton oeil droit, tu te protèges en un geste réflexe, précipité par l’horreur que te soufflent les scènes que tu revis malgré toi. Et tu frappes. De toutes tes maigres forces épuisées par les réminiscences qui te collent à la peau, qui s’ancrent encore et toujours dans chaque parcelle de ton être, tu frappes. Et le chien se heurte contre le pied de la table dans un jappement de douleur atroce qui résonne à tes oreilles comme le choeur des voix de tes camarades se mourant à tes côtés. Est-ce que c’est toi qui gémis en réponse ? Est-ce que c’est réel ? Est-ce que c’est dans ta tête ? Quoi que ce soit, ça te précipite encore un peu plus en avant. Sous le choc, tu tombes dans le puit tapissé des phobies de ton esprit perturbé, malade. Les odeurs de poudre font place à celles de viande pourrie, de déjections. Tu brûles des étapes. Et tu gères pas. Tu gères pas. Tu gères plus. Tu te dissocies. Tu te casses en petits morceaux. Et tu parles. Tout seul. Mais tu ne reconnais même pas ta propre voix. Tu ne comprends pas ce que tu dis toi-même. Des propos déformés, désorganisés. Tes yeux morts observent un instant tes pauvres doigts qui tremblent, qui s’agitent dans le vide. Tu gesticules, incohérent, grotesque. Tu sais plus ce que tu fais. Ce que tu voulais faire. Yann. Yann ! Est-ce que tu sais seulement où t’es, Yann ? Une petite partie de toi est encore là pourtant, je t’assure.
Cette partie qui se tord, qui suffoque. Qui parvient finalement à se traîner le long du mur en contrant les vertiges qui le saisissent à bras le corps. Cet homme que t’es devenu au plus profond de toi qui s’étale au grand jour. Ombre tremblante. Morceau de conscience fanée qui s’étiole. Qui cherche le vide pour mieux se protéger. Pour éviter ça, justement. Si le téléphone sonne, tu ne l’entends pas. T’entends plus rien. Rien que ta respiration qui lutte désespérément. Rien que l'acouphène dans tes oreilles. Rien que des sons qui ne sont pas là.
Il te semble qu’il te faut une éternité pour te traîner jusque dans la pièce à côté, mû par une volonté étrangère. Bientôt, tu erres dans un tunnel vide de sens, vide de toi. C’est mieux ainsi, sûrement. Tu râtes un pas, glisses, te heurtes contre quelque chose de dur. Tes bras remuent, s’agitent. Il pleut. Tu rampes. Il pleut, partout. Tes yeux s’égarent sur un carreau mural. Tu ne bouges plus.


Spoiler:
 





Dernière édition par Yann Nielsen le Dim 14 Fév - 3:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Dim 14 Fév - 2:44
Tout est une histoire de dosage. Un bon thé n’est pas une affaire d’approximation. Tout est dans la perfection. Il faut le bon calibrage de thé, d’eau, de lait et de sucre. Sinon, le breuvage exquis n’est plus qu’un jus de chaussettes de militaires perdu dans une forêt vietnamienne. Rien de très réjouissant pour les papilles, en somme. Fier de ta préparation, impeccablement réussite comme toujours, tu vas te reposer devant tes ordinateurs. Un hack particulièrement coriace t’a tenu éveillé toute la nuit, et tu compte bien terminer ton travail avant de te mettre au fond de tout lit.
Une explosion retentit, soudain. Le monde tremble autour de toi, et ta tasse s’écrase au sol, déversant le précieux liquide brûlant à tes pieds. Le monde s’arrête, tu oublies la douleur pour écouter le silence inquiétant. Peut-être que ton coeur aussi, c’est arrêter de battre. Tu peux voir une méchante fissure sur l’une de tes vitres. Tu t'autorise enfin à bouger, à respirer. Que se passe-t-il putain ? Les islamistes se sont trompés de tour ? Ton coeur se remet à batte, brusque. Tu fouilles ta poche, tu sors ton téléphone. Il y a une peur froide, dans ton dos. Tu envoie un SMS à June, à Cahal et à Yann. Ce sont les seuls qui te viennent à l’esprit pour l’instant. Cahal. Merde, et si c’est son étage qui est parti en couilles ? Et si… Non, il ne faut pas penser au pire. Le pire, il n’arrive qu’aux autres. Merde ! Yann ne répond pas non plus. Putain. Tu te rappelles brusquement des antécédents de Yann, de ton pauvre Yannou tout plein de craquelures. Merde. Tu enfiles vaguement tes baskets, et tu sors de ton appartement en claquant la porte.
Tu n’as même pas remarqué que ton écran était noir. Heures de codage sûrement perdues dans la tempête.

Tu tambourine à la porte, fort. Tu l’appelle, ne voyant pas les gens qui commencent à sortir de leur appartement, tous plus débraillés les uns que les autres. Tu l’appelle, une fois, deux fois. Il ne répond pas. Tu imagines alors le pire, et tu t’acharnes sur la poignée. Elle est ouverte. Ni d’un ni deux, sans vraiment prendre la peine de fermer cette putain de porte, tu t’engouffre dans l’appartement. Tu le vois nul part, mais tu entends. Une douche qui pleure, mes murmures sans sens qui suintent. Tu pénètre dans la salle de bain, et ton coeur se meurt. Il est là.
Mi trempé mi sec.
Mi fou mi serein.
Tu fermes le mitigeur avant de s’accroupir devant lui. Ses yeux te regardent, mais ils ne te voient pas. Ça fait peur, tu as peur. Tu as peur qu’il ne revienne jamais, qu’il se perde là où il est. Tu en as vu, des crises de paniques. Tu en as vu. Mais elles ne venaient pas d’un des êtres les plus chers de ta vie. Ton meilleur ami, merde !

« - Yann ? Yann, écoute moi. Tout va bien. Tu es ici. Tu es au Bronx, dans le vieux Parking pourri. Yann ! C’est Bob, Bob, tu te souviens ? Bob. Boobs, Boobies. L’Idiot qui vient vérifier tous les deux jours que tu t’es nourri alors qu’il oublie lui même de le faire. Ta voix est calme, posée. Tout va bien. Il faut que tout aille bien pour le faire revenir. Tes mains se posent sur ses joues. Yann, la guerre est finie. Il faut que tu reviennes maintenant. Essaye de penser à un odeur. Du chocolat chaud, des crêpes. Où les trucs immondes que je t’ai fait la semaine dernière, tu te souviens ? Même ton cleps en voulait pas. Yann, c’est Bob, tu es au Parking... »

Et tu continues, tu continues à lui parler d’une voix douce. Tes pouces font des petits ro’ds sur ses joues mal rasées. Tu sembles calme, aussi calme que ta voix. Mais non, c’est Bagdad dans ton crâne. Tu as peur.
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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Dim 14 Fév - 3:51
Mais c'est qu'elle n'est pas sérieuse, c'te bande de connasses.
Grognant, tu laisses glisser ton dos appuyé contre le mur dans tes oreillers, levant les yeux au ciel. Levant les yeux du site internet de cette bande de bâtardes qui une fois de plus vient de te prouver que personne n'est à l'abri ici. Il ne manquerait plus qu'elles s'accrochent aux vitres en mode ventouses et chacun ici aurait quelque chose à se reprocher, même les plus sages.

Un instant plus tard, tu rebaisses les yeux. L'écran devient noir. Une secousse se manifeste, ébranle les murs, fait trembler ta tasse de café habilement coincée dans les plis des draps. Ton reflet dans le liquide noir se trouble et une spectaculaire explosion retentit au dessus de ta tête. Ton cœur rate un battement. Pendant de longues secondes, tu n'entends plus que les crépitements, les chocs qui se succèdent, les vitres qui se brisent, les câbles électriques qui se rompent. Il y a quelques instants de silence, et les murs vibrent, le plafond vibre, le sol vibre. Tout l'immeuble entre en effervescence, et Ju' entre sans frapper dans ta chambre, première informée. Le cinquième étage a sauté, qu'elle te dit. Le cinquième ? T'as l'impression que c'est l'immeuble entier qui est en train de s'écrouler. Premier réflexe : appeler. Des nouvelles de Earl, d'Ariane, de Femke, de Camille fusent. Mais celles de Yann se font désirer.


« On a pas le droit de monter ! » fait remarquer une nana que tu croises dans les escaliers.

« J'ai l'air de te demander la permission ? » réponds-tu froidement avant de t'engager dans la cage.

Les étages se succèdent difficilement, à l'aide de l'attelle souple que tu as fini par mettre après presque un mois d'immobilisation. Évidemment l'ascenseur est bloqué, et les habitants aussi curieux qu'apeurés se ruent dans les étages inférieurs avec pour indication de ne pénétrer ni le quatrième, ni le cinquième, ni le sixième. Tu ne comprends pas ce qu'il s'est réellement produit tant les versions divergent, par bribes criées qui se répercutent sur les murs, te filant la migraine. Les doigts fermement enroulés autour de la rampe, ton seul appui, tu entreprends de te hisser jusqu'au neuvième, simplement dans l'optique de frapper à la porte de l'estropié et de le voir ouvrir la porte pour t'assurer que tout va bien. A partir du quatrième, tu te faufiles dans le bordel complet pour atteindre le sacro saint escalier de secours. Le froid frappe violemment ton visage et te suit jusqu'à ta destination.

La porte est bien ouverte quand tu atteins le palier correspondant, vidé de ses habitants, laissé dans un silence de mort. Le cœur battant, frissonnant du froid extérieur, tu claudiques jusqu'à la porte, accueilli par un Jukebox gémissant. Te baissant difficilement, tu fourrages dans les poils de l'animal qui frotte son museau contre tes cuisses, avant de relever la tête. Tes yeux ricochent sur la vision surprenante du corps de Yann étendu sur le sol, surplombé par un Bob accroupi au dessus de lui, lui murmurant des paroles rassurantes. Un pincement se manifeste au creux de tes entrailles l'espace d'un instant, et tu masques tout éventuel affect devant Bob qui n'est au courant de rien par le mouvement de tes jambes qui t'amènent jusqu'à eux. Ta main se pose sur l'épaule de ton voisin.

« Décidément, je te croise toujours dans des circonstances pas possibles. » fais-tu remarquer. « Que s'est-il passé ? »

De la même manière que ton ami, tu dissimules le trouble qui t'agite derrière la froideur de ton calme de médecin. Tes doigts desserrent leur pression sur l'épaule de ton voisin et tu t'accroupis à ton tour, ton esprit mélangeant les paroles de Yann et celles de Bob en un tourbillon incohérent. Tu ne prends pas le temps de réfléchir, ou de t'apitoyer sur l'image douloureuse que le corps de Yann entre deux mondes te renvoie. Tu agis dans l'urgence, et l'urgence te recommande de bouger ton cul.

« Faut pas qu'il reste par terre, sinon son corps va refroidir et il va sombrer. »

Tes doigts glissent autour de ceux de Yann, les serrent un bref instant, avant que tu te passes ta main sous son épaule et que tu relèves son buste jusqu'à passer son bras autour de ta nuque.

« Aller Crevette, relève-toi. » puis levant les yeux vers Bob. « Tu m'aides ? »

Ton regard s'est verrouillé sur une froideur glaciale. Tes gestes sont calmes, ta voix ne tremble pas, et pourtant, toi aussi, ton cœur s'agite ; toi aussi, tu es pété de trouille à l'idée qu'il vous clapse dans les bras maintenant, pour une raison que tu n'aurais pas encore comprise.
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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Dim 14 Fév - 17:18
Il ne pleut plus. Tu n’es plus seul. Ton regard se détache du mur pour regarder la personne qui vient d’arriver, mais tu le vois sans le voir ; tu l’entends sans l’entendre. Tu fixes son visage, ses lèvres, mais tu ne comprends pas ce qu’il te dit, pas vraiment. Pourtant, tu lui réponds. Grelottant de froid, blanc comme un linge, tu lui parles du soleil et de la chaleur assommante. Puis tu penses à autre chose, change de sujet, change de langue. On te touche. Tu clignes des yeux. La pression sur ta joue te gêne. Tu te dégages, précipitamment. Ses mains ont réveillé quelque chose. Un morceau de toi qui hésite, qui ne sait pas ce qui est réel et ce qui ne l’est pas (plus). Qui ne sait pas comment réagir, comment se protéger. Et tu t’étouffes à nouveau, tu peines à trouver de l’air, tu peines à ne pas laisser les nausées te gagner ; tu luttes pour ne pas sombrer. Alors, tu te mets à évoquer les gratins de ta mère, dans des mots qu’il ne peut évidemment pas comprendre. Tu t’égares, ici et là. Et parfois tu t’arrêtes, simplement, le regard fixe. Tu te laisses traverser par tes souvenirs. Ils t’emportent, te submergent, sans que tu n’y puisses rien. Tu ne t’es pas rendu compte que d’un, il était devenu deux. Toi, tu regardes le toilette sur le côté, pour lui demander dans un anglais enroué s’ils ont contacté ton frère. T’es pas avec eux, qui qu’ils soient. Mais lorsque le contact se fait à nouveau, tu tournes la tête vers celui qui presse tes doigts. Pour in instant, tu te suspens, jusqu’à sentir quelque chose te toucher sous ton aisselle, tu te romps, net. Ton corps retrouve ses automatismes et sans même y réfléchir, il pivote, et ton bras s’allonge. Tu vises la tempe, un coup bon à mettre l’adversaire en k.o. cérébral dans l’instant. Tu n’as peut-être jamais fait de boxe, comme Bob, mais ton entraînement militaire est toujours là, gravé dans tes réflexes et dans tes muscles ; machine de guerre prônant la paix, belle ironie à toi tout seul. Ton poing heurte l’adversaire et tu te redresses d’un seul mouvement, mais la douleur fantomatique qui te transperce t’arrache un geignement de souffrance et tu te fracasses sur le sol, patauge dans la marée glacée en te demandant enfin ce qu’elle fait là.

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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Dim 14 Fév - 18:44
Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour ceux qu'on aime.
C'est la pensée amère qui te traverse l'esprit à l'instant où tes doigts gorgés d'adrénaline s'enroulent autour du poignet de Yann pour faire dévier sa frappe qui se fracasse sourdement contre ton épaule. Un séisme de désagréables frissons se propage le long de ta clavicule et de ton bras, mais la douleur n'intervient pas tout de suite, ton cerveau se focalisant bien trop sur le corps qui, agité d'un spasme, s'écroule de nouveau sur le sol. Réprimant un grognement de douleur, tu relâches sa main et regardes son corps s'écraser dans la flotte froide. Tu mériterais que je te laisse là, triple buse. Ca ne serait pas arrivé si t'avais déménagé avec moi. Trop tard pour les regrets. Tu t'accroupis sur le sol et le saisis par le col.

« Si tu refais ça je t'attache, et tu sais très bien que j'en suis capable. Lève-toi si tu veux pas crever comme un con dans ta salle d'eau, imbécile. »

Le Yann que tu connais semble propulsé à des années lumières du lieu, remplacé par une figure que tu n'aurais jamais du voir. Ton regard interrogatif coule sur Bob. Quel est le Yann que Bob connaît ? Est-ce qu'il comprend ce qui est en train de se passer ? Est-ce qu'il lui a déjà vu faire une crise d'angoisse pareille ? Après des années dans les hôpitaux, t'en a vu passer, des crises de panique reliées à de lointains souvenirs. Le problème...c'est que les lointains souvenirs de Yann, tu ne les connais pas. Comme énormément de choses qui le concernent.
Tu te retiens de justesse de faire filtrer une marque d'affection laissant sous-entendre quoique ce soit auprès de Bob ; ce dernier ne sait rien, et il vaut mieux que les choses demeurent. Surtout que quelques six mois plus tôt, tu l'appuyais sur le fait qu'il devait rester campé sur ses positions d'hétéro, que tu suivais alors toi-même. Quelle connerie sans déconner.

« Aide-moi s'te'plait Bob, il va faire sa diva si je lui touche la jambe. »

Ton genou peine, serré par ta maigre attelle. Mais quelle bande de bras cassés ! Tu le saisis de la même manière que tout à l'heure soulevant des filets d'eau glaciale qui te transpercent le tee-shirt et qui réveillent le froid du vent que t'as traversé pour venir jusqu'ici.

« Mets-y du tien, Yann, j'ai pas gravi huit étages avec ma jambe niquée pour te voir mourir. »
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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Lun 15 Fév - 2:08
Putain, mais qu’est-ce qu’il fout là, lui ? Lhaar. Lhaar et son corps si souple. Lhaar et ses jurons allemands. Lhaar, et toutes les marbrures sur son corps. Tu te souviens. Il se souvient aussi probablement. Qu’est-ce qu’il fout là ? Il est un proche de Yann ? Tu comprends pas tout, tu te figes un peu dans tes paroles.

« - Je sais pas, l’explosion lui a rappelé des trucs. Tu rajoutes : Il était militaire avant. »


Tu sais pas trop qui est Lhaar pour lui, tu ne sais pas ce qu’il sait de ton ami. Tu hoches la tête, tu obéis au ordre, tu regardes, impuissant, Yann se battre avec ses démons. Il ne faut pas que tu partes, toi aussi. Tu dois rester là, aider. C’est tout ce que tu sais faire, après tout. Quand l’allemand te demande, tu l’aides à bouger Yann hors de là. Putain, c’est que malgré son physique de faible, il pèse son poids le maigrelet ! Le canapé semble énorme, semblant avaler sa carcasse recroquevillée. Ton regard croise celui de Lhaar.

« - Assis toi et ménage au possible ta jambe. Cause lui. Je reviens. »

Paternellement, tu glisse sur les épaules fragiles de ton ami, ton meilleur ami un plaid. Je reviens, Yann. Je reviens. Et tu disparais dans la salle de bain. Inondation, l’eau est partout. Elle s’infiltre dans tes baskets de toile. La pièce tourne, tourne, tourne. Elle change. Elle disparaît. À la place, tu y vois un lavabo. Il y a du sang, et à côté de toi, un gamin qui vomi. Ivan, il s’appelait Ivan. Il n’a pas passé la semaine, tu t’en souviens. Un brave petit, il voulait être pompier, comme son papa. Tu te souviens de son visage, quand tu lui as injecté la dernière dose. Tu étais là quand il a versé sa dernière larme. Il y avait aussi cette fille, comment elle s’appelait déjà ? Emma, Emma. Oui, Emma. Comme celle de Flaubert. Elle devait de chose grande, mais du haut de ses vingt ans, elle n’était qu’une pute. Elle suçait pour un gramme. C’est un des gars qui tu l’as emmené, en pleine crise. Il s’était attaché, le con. Alors toi, tu l’as piqué. Et tu lui as dit, au gars. Barrez-vous, cassez-vous. Y'a pas de place pour l’amour ici. Cassez vous, allez en Europe je sais pas. Tu sais pas ce qu’ils sont devenus. Heureux, peut-être. Il y a tous ces gosses que tu as ramassé, que tu as piqué à la morphine pour les faire revenir. Ces gosses que tu ramenais chez eux. Chez leur parents, chez leurs épouses. Et la semaine suivante, ils revenaient. Ils reviennent toujours, ils finissent toujours dans ta petite chambre, les veines saillantes pendant que tu piques. Ils reviennent toujours, finissant par avoir le coeur qui lâche. Ils reviennent toujours, hantant tes cauchemars, hantant tes souvenirs.
Yann.
Il ne faut pas que tu te perdre toi aussi.
Yann.
Et ta respiration reprend. La tête tourne, le coeur bat fort. Tout va bien. Hé, tout va bien. Les murmures de Lhaar, de Yann reviennent contre tes oreilles. Mais tes mains tremblent, tes mains tremblent putain. Calmez vous, les filles. Hé. On est au parking. Putain. Tout va bien, tout va bien. T’as pas le droit d’être comme ça, t’as pas le droit. T’as pas vécu de guerre, t’as pas fait ça. T’as pas le droit de paniquer. Tes mains renversent les produits, le gel douche à la vanille ressemblant étrangement au tien se déverse durant sa chute. Ça va glisser, au nettoyage. Tu vides les tiroirs, tu ouvres les placards. Tu ne cherches pas, tu trouves.
Non pas une, ni deux, mais cinq seringues de morphine. Quel coquin, ce Yann. Tes mains encore tremblantes par le séisme de ton crâne s’en empare de toute, en glissant quatre dans l’intérieur de ta veste.
C’est pour ton bien, Yann, c’est pour mon mal.
Une unique seringue dans la main, tu reviens dans le salon, à la réalité réelle.

« - Tiens le. »

Tu t’empare de la laisse de Jukebox, et tu serres le bras du Yann avec. Gestes mécaniques. Yeux froids, yeux durs, yeux morts. Tu répète ces gestes que tu hais tant. Tu trouves la veine d’un geste expert, et tu piques, et tu injectes, et son corps de poupée désarticulée se détend. Yann n’est plus réellement Yann et tu n’es plus réellement Bob. Tu te souviens de ton véritable nom, et une voix mesquine te le murmure tout contre ton oreille. La seringue s’éclate par terre, tu recule.

« - Il faut le mettre sur le côté, vérifier ses fonctions vitales toutes les cinq minutes jusqu'à ce qu’il se réveille. Tu peux faire ça, Lhaar ? »

Tes yeux reprennent difficilement de leurs vitalité. Yeux dures, yeux morts. Tes fissures, tes craquelures se font plus visibles. Mais il faut être fort, pour tout ces Yann, ces Ivan, ces Emma. Tes yeux se posent sur les mains de Lhaar sur ton ami. Et tu comprends.
Oui, il peut faire ça.
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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Lun 15 Fév - 17:14
Tu t’embourbes dans l’eau gelée sans comprendre d’où elle vient, sans faire le lien avec cet autre toi qui s’est pourtant traîné jusque là pour tenter de te donner cette porte de sortie. Tu regardes tes doigts clapoter sur le sol et frisonnes de plus belle, mais cette fois tu ressens véritablement la morsure du froid contre ta peau, qui n’est pas cohérente avec les images que te renvoient ton esprit. Une nouvelle fois, tu ne sais pas ce que tu fais là ; tu n’es même pas certain de savoir où “là” est. Désorienté, tu te laisses finalement approcher et toucher, porter jusqu’au canapé qui te sert de lit où tu te ramasses à demi sur toi-même, prostré. Tu écoutes sans écouter ce qu’on te dit, sans vraiment répondre non plus. Tu sembles te murer dans ton mutisme mais dans ton esprit défilent encore et encore les scènes de ton passé. Et après un moment dont tu ne saurais déterminer la durée, tu relèves soudain le regard sur ton camarade à côté de toi et, dans un sourire taquin inexorablement affaibli par les évènements, tu lui proposes ton chocolat.
Bientôt, tu vois venir la seringue et ton souffle s’emballe. Tu ne reconnais pas le médecin mais tes doigts s’agrippent désespérément à celui qui vient te tenir. Tes phalanges blanchissent sous la pression douloureuse que tu exerces toi-même et tu fermes les yeux, sans pour autant pouvoir arrêter les réminiscences d’atteindre ta vision. Tu t’entends supplier. Supplier de la couper. Cut it. Cut it. Puis tu t’arrêtes, net. Tes pupilles se rétrécissent sous l’effet de la drogue qui pénètre ton système, tes mains relâchent ce qu’elles tenaient. Tu te laisses aller, poupée de chiffon, sans force ni volonté. Pourtant quelques secondes plus tard, ta respiration s’accélère, ton coeur tente de compenser. Tente de te réchauffer, tente de te faire respirer. Il n’y arrive pas. Et tu penses successivement à vingt milliards de choses. A tout ce qui ne va pas. A tout ce qui va. A David. Aux petites. A Bob. A… Tes lèvres racontent encore n’importe quoi, mais ta litanie n’est plus audible cette fois. Et ton coeur ralentit enfin, se calme. Tu clignes des yeux, commences à somnoler.
Tu te calmes, oui. Pour les mauvaises raisons...
Tu ne devais pas voir Lhaar aujourd’hui ; tu n’avais pas de raison de décroître tes doses. Alors, tu as pris tes cachetons, ce matin ; tu t’es même carrément blindé, toi qui stresses toujours sur les symptômes de manque... Ironique hein ? Ca fait même pas encore un mois que tu es passé à la méthadone et c’est maintenant que tu vas te taper une overdose… Et t’auras même pas droit au high, en plus…
Tes pupilles se dilatent à nouveau. Ta respiration n’est plus qu’un filet qui s’étiole.
Dans un ultime effort, tu réclames un tee-shirt du bout de tes lèvres qui bleuissent… et tu perds conscience.
Tu ne devais pas voir Lhaar, aujourd’hui.


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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Lun 15 Fév - 18:31
Heureusement que Bob est là ; ses forces sans conteste plus opérationnelles que les tiennes font que vous avez moins de mal que prévu à transporter le poids presque mort jusqu'au canapé. Tu tentes de ne pas prêter attention au trouble qui agite chacun de vous trois, à la lourdeur de son corps pourtant si fragile qui semble se raidir comme en train de mourir, à l'eau glaciale qui roule dans ton dos, dégoulinant de son bras passé autour de ta nuque. Sa petite carcasse se recroqueville – pour le coup il n'a jamais autant ressemblé à une petite crevette qu'à cet instant – sur le canapé et tu te laisses tomber lourdement à côté de lui pour le soutenir. Tu acquiesces d'un simple signe de tête lorsque Bob te demande de rester là tandis qu'il va chercher quelque chose. Tes doigts plongent dans la surface duveteuse du plaid abandonné sur ses épaules pour le resserrer autour de son corps, et il gagnent sa main, la serrent, fort, comme si sa vie en dépendait – et il semble, au fil des secondes, que ça en deviennent le cas.

Bob met un temps infini à revenir, tu ne saurais dire combien de murmures étranglés ont doucement passé la barrière de tes lèvres pour tenir Yann dans un semblant d'éveil. Tu sens que si les choses ne reviennent pas rapidement à la normale, tes nerfs vont lâcher. Pourtant, quand Bob regagne votre proximité, tu t'exécutes froidement, t'accrochant à ses ordres, comme s'il allait pouvoir tout changer. Même lorsque tes entrailles se crispent face à ce qu'il te demande, tu te sers de ton autre main pour tendre son bras, le retourner pour que Bob le torture davantage. Te mords la lèvre lorsque tu vois la laisse serrer son bras dans un crissement, l'aiguille pénétrer son bras comme si c'était à toi qu'on faisait du mal. Tu comprends alors, dans la froideur machinale des gestes de Bob, qu'il connaît Yann davantage que toi. Et surtout, tu comprends qu'il a peur. Depuis dix minutes vous vous renvoyez la balle de l'angoisse à tour de rôle, et lorsque le piston rencontre le bout de la seringue, laissant cette dernière s'éclater sur le sol, elle est enfoncée profondément dans ton ventre. Tu l'as saisie, tu l'as gardée. Et quand tu acquiesces d'un signe de tête face aux indications de Bob, tu vois la lueur dans ses yeux. Tu vois bien qu'il a saisi que la façon dont tu tenais le corps de Yann contre toi, la manière dont tu serrais tes doigts contre les siens, avait une signification particulière.

« Me juge pas. » murmures-tu d'une voix éraillée.

Ca vous renvoie à des souvenirs vieux d'un mois, lorsque vous avez déconné au nouvel an, complètement torchés. Que vous vous êtes réveillés le lendemain. Que t'avais demandé à Bob de ne pas te juger. Qu'il t'avait répondu qu'il n'était pas gay. Oui bien sûr que tu peux le faire, parce que même si tu n'avais pas eu la formation nécessaire, même si tu n'avais pas eu à gérer des dizaines de crise d'angoisse quand tu bossais à l'hôpital, tu n'aurais jamais laissé Yann.
Les mains de celui-ci se cramponnent vivement à toi et tu as juste le temps de tourner la tête pour voir son regard se révulser, son souffle s'amoindrir, et sa tête se renverser sur ton épaule.

Ton cœur manque un battement.
Pendant une seconde interminable, il n'y a plus que les cris au dehors, le ronflement des flammes, le hurlement des gyrophares.

« Putain mais tu lui as donné quoi ? »

Ta voix se brise. Tu n'as même pas le cœur de lui gueuler dessus. Le corps encore chaud de Yann s’affaisse entre tes bras.

« Aucune importance. Faut descendre. Prends-le. Prends-le, j'en aurai pas la force. Descends par l'escalier de secours. »

Tu t'accroches à l'urgence, tes nerfs atteignant leurs limites. Tu hisses douloureusement le corps de ton amant vers celui de Bob jusqu'à ce qu'il s'en saisisse et te relèves. Ta jambe émet un craquement sonore. T'aurais pas du changer d'attelle Lhaar, ça va te retomber sur le coin du nez. Tu te focalises sur la douleur laissée sur ton épaule par le coup de poing de Yann et t'assures que le chien est à l'intérieur. Saisissant un tee-shirt estampillé d'une clémentine échoué sur le dossier du canapé, tu profites de sa taille extrême pour le lui passer pendant que Bob le soutien.

« Crève pas, abruti. » siffles-tu à Yann entre tes dents.

Tu sors le premier dans le couloir et refermes la porte derrière vous.
Une chose est certaine : si celui-là se réveille, tu vas avoir deux mots à lui dire.
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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Mar 16 Fév - 2:42
Non, tu ne juges pas. Comme la dernière fois. Tu te contente de hocher la tête, assimilant doucement mais sûrement. Tu ne juges pas, Lhaar et Yann font ce qu’ils veulent de leur cul respectif. Et tu n’as pas le temps de juger, tu n’es pas la pour ça. Tu allais rajouter quelques mots, partir, mais Yann, il merde. Non, tu as merdé. Putain ! Mais bien sûr ! Tu t’es trop laissé submergé par la panique. Tes joues pâlissent, tes mains recommencent à tressauter. Putain, mais quel con tu fais ! Les souvenirs reviennent en plein fouet. Marc, qu’est-ce qu’on fait quand un gars a une overdose ? Si il est intéressant, il l’emmène à l’hôpital, sinon, on lui prend son porte monnaie et on le laisse crever. Si c’est un battant, il se relèvera. La pièce recommence à tourner, mais ton ton d’urgence employé par Lhaar te ramène. Tu hoches le crâne, tes yeux redeviennent durs.

« - Lhaar. Écoute moi bien. Ils vont poser des questions. C’est un overdose. Yann a fait une crise de panique, et il a voulu se piquer seul. On a rien à voir là dedans, pigé ? Tu diras aux types que les ordonnance de la morphine sont restés à l’appartement. Demain, je t’en ferais des faux. Tu as compris ? Tu élèves la voix : Réponds ! T’as compris ?! Tu charges Yann dans tes bras, te radoucissant en t’adressant de nouveau à son amant : On se donne rendez-vous aux camions. Force pas trop sur ta jambe. »

C’est l’angoisse, qui te fait devenir violent. La peur. C’est l’attachement que tu as auprès de Lhaar qui te fait devenir inquiet. Sans plus attendre, tu files dans les escaliers de secours, Yann précieusement en sécurité dans le creux de très bras. L’adrénaline décuple tes forces. Tu es devenu un Titan. C’est essoufflé que tu dépasse les cordons de sécurité fraîchement posé. Tu déposes Yann dans un brancard libre, alpaguant un pompier :

« - Vous ! Yann Nielsen, ancien militaire. Stress post-traumatique, il a la jambe droite amputé et il se pique à la morphine pour la douleur. occupez vous de lui ou il va calmser ! Tu aperçois la silhouette clopinente du psychologue. C’est son époux, voyez le reste avec. »

Tu gueules à Lhaar de t’appeler au moindre pépin. Et, sans plus attendre, tu disparais dans la foule.
Cahal.
(c) AMIANTE
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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Ven 19 Fév - 1:26
Les portes du camion n'avaient pas fini de s'ouvrir que les bottes de Vargas atterrissaient déjà sur le bitume du trottoir jonché de gravas. Face à lui, les contours incertains de l'immeuble se dessinaient au travers des particules de poussière en suspension. Le chef d'équipe distribuait les ordres. Oui chef. Du renfort, voilà ce qu'ils étaient. A 9h40 ce matin là, l'appel de la caserne du Bronx les avait tous tiré du lit. La nuit - trop courte - avait été lourdement chargée pour la caserne de Manhattan. Deux accidents de voiture et un malaise cardiaque avaient creusé des cernes kilométriques sous les yeux des soldats du feu. Pour autant, leur efficacité ne semblait en être affectée. L'habitude, probablement ... Dans un balai de gestes techniques parfaitement maîtrisés, chacun d'entre eux s’affairait au pied du Parking pour sécuriser le périmètre et porter secours aux locataires en déroute. Ordre de mission prioritaire, s'assurer que les premiers sortis soient en sécurité. Ordre de mission numéro deux : repêcher ceux restés coincés dans le filet. Oui chef.

« Vous ! »  Un corps inerte tomba lourdement sur le brancard que Jed venait de déplier. Ce dernier fit volte face, trousse de secours à la main. Instantanément, son regard se mit en quête d'indices et marqua l'arrêt sur certains détails. Des mots raisonnaient à ses oreilles tandis qu'il associait le son à l'image : couleur des lèvres, moiteur du front, traces de garrot sur le bras, amputation … Ses sourcils se froncèrent avant même qu'il ne soit fait mention de morphine. Overdose. Jed croisa le regard du porteur, puis détailla la silhouette boitillante qui approchait en arrière plan. Il ne fit aucun geste pour retenir son premier interlocuteur et posa plutôt deux doigts sur la gorge de Yann.

« M. Nielsen, je m'appelle Jed Vargas, je suis pompier. Est-ce que vous m'entendez ? » Articula-t-il distinctement tout en attrapant le bras du l'époux pour éviter que ce dernier ce s'écroule. « M. Nielsen, vous allez serrer ma main. Serrez ma main, Yann. » Précis et méthodique, il attira à lui l'époux de sa victime et posa la main du boiteux dans celle de l'amputé. D'un regard appuyé, il incita le premier à lui tenir lieu d'assistant – en l’occurrence de troisième main -  tandis qu'il utilisait ses propres membres pour déplier une couverture de survie, placer la victime en position latérale de sécurité et sortir une perfusion de son sac d'intervention. « Yann, j'ai besoin que vous fassiez cet effort, restez avec moi. Serrez ma main. » Reprit-il fortement, avant de murmurer à destination de l'époux : « Gardez-le avec nous. Empêchez-le de sombrer, l'ambulance arrive. » Puis il bombarda le talki-walki épinglé à son épaule d'une pluie d'informations médico-techniques à l'intention des urgentistes en route pour les rejoindre
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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   Sam 20 Fév - 21:34
Tu jettes un regard noir à Bob ; tu es secoué, pas complètement sourd.

« J'ai compris. A tout de suite. »

Bob s'enfuit avant que tu n'aies fini de refermer la porte. Derrière le panneau de celle-ci, Jukebox te regarde. Tu ne sais pas s'il comprend ce qu'il se passe, tu ne sais pas s'il ressent quelque chose par rapport à ce qu'il se passe. Tu t'arrêtes dans ton geste pendant quelques secondes qui s'étirent à l'infini, tant et si bien que l'animal, saisissant ton regard, se rapproche de toi pour passer son museau dans l’entrebâillement. Ta main blême caresse sa tête.

« T'en fais pas vieux, je vais revenir te chercher. » assures-tu.

L'animal recule et la porte se referme. Pour la seconde fois tu braves le froid en passant par l'escalier de secours, t'empressant – c'est beaucoup dire vu l'état de ta jambe – de redescendre les huit étages qui te séparent de la terre ferme. Lorsque tu parviens devant l'immeuble, c'est la catastrophe. Une masse de gens, d'habitants ou de passants, parmi lesquels évoluent des pompiers, s'agglutine devant le Parking. Apparemment on empêche d'entrer ceux qui venaient de dehors. Leur image se brouille dans le coin de ta vision car celle-ci se stabilise sur le corps de Yann qui s'écrase sur une civière. Tu entends Bob échanger quelques mots avec le professionnel, parmi lesquels un qui te fait vriller.
Putain Bob tu chies.

Tu n'as pas le temps de t'en formaliser. Un instant plus tard, tu tombes à genoux sur le sol. La douleur de ta jambe s'efface derrière l'angoisse qui te noue les entrailles lorsque la main désespérément blanche, désespérément froide et désespérément immobile de Yann se retrouve dans la sienne. Te mordant la lèvre, tu laisses dégringoler tes yeux sur le corps de ton amant. Tes craintes bousculent tes espoirs. Il ne peut pas t'abandonner, pas maintenant. Les bruits se mélangent, les silhouettes dansent autour de toi. Incapable de parler, tu acquiesces aux ordres du pompier, la gorge nouée.
Et Yann qui ne se réveille pas.


La tristesse de mon humeur habituelle s'accrut jusqu'à la haine de toutes choses et de toute humanité ; cependant ma femme, qui ne se plaignait jamais, hélas ! était mon souffre-douleur ordinaire.
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MessageSujet: Re: Who got the better • Bob, Lhaar & Yann   
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