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vassily (fighting just to breathe)

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les locatairesles potins


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Message(#) Sujet: vassily (fighting just to breathe) Mar 8 Déc - 22:04

Vassily Ruslan Ivanov
She stands there shameless With the cherry glow of a cigarette
Nom Ivanov. Dés que tu l'entends, tu sais qu'il est russe, qu'il a le sang glacé, le sourire torve, les yeux bleus, les cheveux blonds, du parfait scandinave. Dés que tu l'entends, tu penses vodka, tu penses mafia, tu penses froid, tu penses connard. T'as probablement pas tort ; il t'en détrompera pas. Il est un cliché, le stéréotype, soumis à ses origines, définit par un nom de famille. Ça lui colle à la peau, comme une maladie, un manteau de fourrure qu'il est pas capable d'enlever, même si les défenseurs des animaux lui ont vidé trois litres de peintures sur la gueule. C'est son nom, son identité. Ce qui lui reste de son pays et d'un père meurtrier. Prénom Vassily. Sifflant, long, froid. Prononcé avec son accent décadent, ça donne un nom dévastateur, profond, comme un serpent qui a trop fumé, la voix rauque et la langue fourchue. Il aime son prénom ; il annonce la couleur. Il met les bases. Vassily Ivanov, le russe, le sauvage, le démon des plaines enneigées. Ruslan, c'est pour la décoration. Le prénom du grand-père décédé au combat - comme tout les grands-pères. Transmis de génération en génération, il devient parfois un R coincé entre le V et le I, mais il n'a même pas assez de force pour devenir un prénom à part entière. Il sert pas à grand chose, il fait juste son effet sur la carte d'identité. Date et lieu de naissance Il a vu le jour sur le sol russe, enfoncé dans la neige qui tombait sur Moscou le 23 novembre. Il est né bleu, il est né débordé, il est né en criant, en faisant crier sa mère et les nourrices. Il était mort à sa naissance, mais ils ont réussi à le sauver, pour un bien ou pour un mal. Damné, il ère sur la terre depuis. Âge Trente ans tout rond, il vient de passer le cap. Il écrit un trois un peu hésitant, dans cet alphabet qu'il a du mal à maîtriser, mais il en montre rien. Il se dit qu'il en a fait du chemin, depuis les bas quartiers, depuis la déchéance suprême. Maintenant, il se tient droit, trentenaire habitué, blasé, souriant pour le monde et abattant un couteau dans le dos des ombres. Nationalité Il a eut le VISA américain, après des années de clandestinité. Il y croyait plus vraiment, ça a jamais été son but principal. Mais aujourd'hui, il peut dire qu'il est américain, que ses papiers sont à peu près en ordre. Il se tient droit, il a plus peur, c'est du passé. Origines Au cas où le physique d'aryen condensé, l'accent à coupé au couteau et la violence contenue dans ses yeux azur ne suffisent pas à comprendre ; il est russe. C'est dans son sang, dans ses gestes, dans son regard, dans sa voix, inscrit sur sa face à coup de poings, à coups de reins. Le froid des plaines, des montagnes, de la ville, des communistes. C'est inscrit en lui. Statut matrimonial Marié, un bien grand mot pour relier deux personnes. Il s'est marié il y a quelques années, à elle, la fille du métro. Elle avait des longues jambes, qui entouraient sa taille de la meilleure des manières. Elle avait la cyprine addictive et le regard qui fait fondre. Elle l'a charmé ; il l'a épousée. Ils s'aiment toujours, c'est fort, c'est intense, c'est un sourire sur l'oreiller, une caresse sur le bras, une tape sur les fesses, une cavalière à son bras. Mais il danse avec d'autres, s'enferme avec d'autres, se laisse aller avec d'autres. Elle le sait ; elle lui a montré l'exemple. Ils le savent tout les deux. Une seule règle : quand ils se retrouvent, ils ne sont qu'à deux. En dehors, peu importe. Et il ne se prive pas, jamais. Orientation sexuelle A une époque, il n'avait pas le choix. Un homme, une femme, prendre ou se faire prendre. Il ne pouvait pas dire non. Alors il ne l'a pas dit. Il a aimé, ou pas. Il en est ressorti brisé, abandonné, le coeur en miette, le corps en vrac. Aujourd'hui, il domine, les femmes, les hommes, surtout les femmes, parfois un brun qui roule des hanches. Il s'en fiche, il s'attache pas, c'est pour une fois. Il est marié, il préfère la douceur d'une femme. La chaleur de ses reins. Mais un trou est un trou, non ? Job ou Activité Il a reçu un cadeau, un gros cadeau. Une chaîne, un empire. Il a bossé comme serveur, comme gérant, pour finalement se voir offrir les trois établissements de la chaîne. Une boîte de nuit, un bar et un strip-club, tout les trois sous sa direction. D'une main de maître, il régit les affaires, froid et distant, brûlant et efficace. Il est chez lui dans les trois, ils lui rapportent assez pour le loyer, et bien plus encore. Date d'arrivée au parking ? Onze ans plus tôt, le corps déglingué, sa soeur grelottante contre lui, leurs cheveux emmêlés et leurs pieds hésitants, ils ont passés les portes du Parking. Le 15 décembre 2004, ils ont signé leur premier bail en sous-location. Groupe De ceux qui survivent. Scenario ou inventé inventé, encore une fois. Crédits wildworld.  En cas de suppression, autorisez-vous l'utilisation de votre personnage et/ou scénarios par d'autres joueurs concernés ? Bien sur.

Quand et comment avez vous emménagé au Parking ? Il a du prendre son indépendance, y a un moment où il a dit stop. Il a attrapé sa soeur par la main, et il a couru. Ils ont fuit dans la nuit, à peine habillés, courant pour s'échapper, courant pour la vie, courant pour trouver un asile, courant vers la lumière. Ils ont dormi dans la rue, ont sombré dans l'oubli. Au matin, ils se sont redressé, le banc gelé sous leurs corps emmêlés. Ils ont marché encore, jusqu'à trouvé l'immeuble, grand et fort, qui leur est apparu comme un havre de paix, protégé de tout, avec son air cassé, aussi brisé qu'eux. Ils ont suppliés, sans aucune honte, jusqu'à ce qu'un homme les accepte. Il partait, il voulait un loyer, ils ont sous-loué. Ils ont pu retomber sur leurs pieds. Quand la vie a repris son cours normal, quand ils ont commencé à vraiment vivre, ils ont déménagé dans un appartement plus grand, quelques étages au dessus. Ils ne pouvaient pas quitter l'immeuble, qui les avait protégés et sauvés. Alors ils ont juste changé de numéro. Onze ans qu'ils traînent dans ces couloirs, qui les ont vu se redresser, se mettre à sourire, devenir les personnes qu'ils sont aujourd'hui.
Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ? L'immeuble, il est leur maison, leur refuge, leur point de repère, leur point de départ. Le (0,0,0) de leur existence. Ils refusent de le quitter, il les a sauvés. Vassily, il ne se sent nul part mieux qu'entre les murs froids et durs de cet immeuble. Y rentrer chaque jour, c'est le meilleur moment de sa journée. Il ne s'imagine pas vivre ailleurs, quitter le Bronx, la violence, la fureur silencieuse, le danger constant, la vie qui bat sombrement. Ne plus voir ces têtes, ces regards, ces corps brisés, ces fuites, ces bagarres, ces amours, ces coups, ces gens qui parsèment sa vie, jour après jour. Qu'il les aime ou pas, peu importe. Ils font partie de son monde, de sa vie de tout les jours.
Quelle est votre réputation au sein du quartier ? Le russe, qui parle en grondant comme un ours sortant d'hibernation. Il marche vite, regarde devant lui. Il est souvent habillé en noir, il porte le deuil d'une vie passée. Il vit avec sa soeur, on dit qu'ils sont ensemble. Il vit avec sa femme aussi, ils font trembler les murs le soir. Il parle pas beaucoup, mais ses gestes en disent beaucoup. Il pue l'argent, le sexe, la décadence la plus profonde. Il revient souvent avec des ecchymoses, des griffures, la peau marquée, mais il n'a pas l'air d'être contre. Il est le mec facile, qui accepte d'ouvrir sa porte à n'importe qui, qui donne sans compter, et compte un peu trop sur ses propres capacités.

feat andreas eriksen
Il est né en Russie, sa soeur à sa suite. Enfants désirés, ils n'en ont profité que cinq ans avant que leur mère ne doive fuir leur père, et le pays, les prenant avec elle dans une fuite désastreuse à travers les continents et les océans, finissant en Amérique comme réfugiés. Elle s'est battue pour leur offrir une vie décente et même si ça a finit dans un bordel, ils n'ont jamais cessé de l'aimer. Ils couraient sous les jupes trop courtes, les tables occupées, regardaient par les trous du parquet un vieux monsieur trousser une jeune rousse, mais c'était une vie passionnante, pleine de gens uniques, d'aventures, de coups, d'amour, de cachettes, de secrets. Jamais ils n'ont reproché à leur mère cette misère, car elle donnait tout pour eux, se sacrifiant pour leurs bêtises, s'offrant pour leur offrir un cadeau à chaque noël. Elle était leur héroïne, et ils l'aimeront toujours. Depuis sa mort, quand il avait quinze ans, il porte sa bague préférée sur une chaîne, autour de son cou. Il ne l'enlève jamais, elle est le joyau de sa collection. Et peu importe les bijoux qu'il reçoit, qu'il s'achète, qu'il offre, peu importe la vie qu'il mène, c'est cette petite bague son bien le plus précieux. Il a fait le tapin de ses quinze ans à ses dix neuf ans. Il n'a pas eu le choix à la mort de sa mère, et a refusé que sa soeur se vende. Il s'est sacrifié pour elle. Son corps fragile, ses yeux bleus, ses cheveux blonds, l'air un peu androgyne qu'il avait alors lui ont permis de les tenir en vie. Il n'aime pas parler de cette période, a tout fait pour oublier, pour devenir quelqu'un d'autre, plus fort, qui ne se laisse plus dominer, qui se bat. Il est fier de ce qu'il est devenu et a laissé derrière lui le petit gars qu'il était alors. Il a le corps tatoué, par-ci par-là, des mots, des symboles. Son pseudo dans la prostitution, le symbole d'un gang qu'il a rejoint brièvement, les cicatrices d'un passé révolu. Il avait besoin de se marquer le corps. De laisser une trace. Car, même dans la honte, ça fait partie de ce qu'il est. Il est stérile depuis quelques années. C'est un choix qu'il a fait, il a été se faire opérer. Il ne l'a dit à personne, sauf à sa soeur. Il a l'impression d'être malade, pourri dans la moelle et il refuse de transmettre les gênes de tueur de son père. Il y a réfléchi, la solution s'est imposé. Du coup, il ne se protège que pour les maladies, mais il ne peut plus avoir d'enfant. Pour l'instant, il ne le regrette pas, à voir d'ici dix ans. Si c'est le cas, il sait qu'il préférerait adopter un enfant, sauver un gamin des rues, plutôt que d'en concevoir un malgré tout. Il a été amoureux de sa femme, il l'a aimé comme un fou, l'aime encore aujourd'hui, même si c'est plus un amour cordial, un symbole, un lien qu'il refuse de couper. Il aime l'avoir près de lui, ça lui fait du bien. Ils sont complices, comparses, partenaires en amour et en crimes. Ils n'ont aucun secrets et savent très bien qu'ils vont voir ailleurs. La jalousie est un puissant aphrodisiaque et même si ils prennent leur pied avec d'autres, ils reviennent l'un à l'autre. Leur corps est à d'autres mais leurs coeurs sont liés. Une entente étrange, un contrat signé, mais ça leur convient. Ils n'ont que faire des commérages. Vassily, il fume comme un pompier. Il a toujours une clope entre les lèvres ou derrière son oreille. Tout le monde lui dit que ça le tuera, mais il s'en fout. C'est lui qui la fume, pas l'inverse. Il souffle la fumée avec plaisir, fait des ronds pour la galerie et change de marque toutes les semaines. Il arrive pas à se décider, et au final, il a déjà gratter des paquets à tout le parking. Il a le vertige, une peur dévastatrice et profonde. Il déteste la hauteur, évite de s'approcher des fenêtres. Son appart est au dernier étage, mais son coeur est tout en bas. Lui demandez pas si il a une belle vue, il en sait rien. Il s'en fout et veut pas le savoir, c'est pas plus compliqué que ça. La technologie et lui, ça fait cinquante. Il maîtrise à peu près son téléphone, a compris comment fonctionne un ordinateur, mais c'est un gars vieux jeu. Il écrit des lettres, de son écriture trop serrée, brouillonne, illisible. Il paie une fortune ses employés pour qu'ils continuent de tout faire à la main. Il fait pas confiance à l'informatique, attend que les robots prennent le pouvoir. En attendant, il passe des coups de fils, mais répond rarement aux messages. Même pour commander une pizza, il préfère se déplacer. L'exercice lui fait pas peur. C'est un russe, qui a jamais remis les pieds en Russie. Il en a pas beaucoup de souvenirs, et ne veut pas en faire. Son pays l'a rejeté, et il l'a mal pris dans un premier temps, avant de faire une croix dessus. Il refuse de se laisser avoir par ses yeux doux et ses murmures bien rodés. Il n'y retournera pas. Jamais.
“I left my childhood in summer”


La porte claque, les cris percent le silence. Il grimace, se recroqueville dans le placard. Il sert t-shirt entre ses petits doigts, essaie de ne pas bouger. Il ferme les yeux, compte jusqu'à dix. Il sait pas aller plus loin. Alors, une fois qu'il est arrivé au bout, il recommence à un. À l'infini, pendant des heures. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix. Encore une fois. Un. Le grincement du matelas. Deux. Le zip d'une fermeture éclair. Trois. Un bruit de succion. Quatre. Un gémissement masculin. Cinq. Un bruit de corps qu'on repousse sur la couverture. Six. Une supplique étouffée dans l'oreiller. Sept. Une insulte, « catin ». Huit. « Oh oui, plus fort, mets la moi bien au fond ! ». Neuf. Un souffle qui s'accélère, comme un porc après une course de trois kilomètres. Dix. Un long gémissement qui dure des heures. Dans le placard, il garde les yeux fermés. Quand il les ouvre, il fait tout aussi noir. Alors il préfère imaginer que ce n'est pas le cas. Qu'il fait jour. Que tout va bien. Il écarte les mèches devant son visage et compte. Encore. Et encore. Jusqu'à ne plus rien entendre.

♣ ♣ ♣

Assise sur un tabouret, sa maman se brosse les cheveux. Ils sont longs, presque blancs et tout doux. Il adore les toucher. Il sait que beaucoup d'autres l'ont fait. Mais quand il glisse ses doigts entre les mèches, elle se détend et lui fait le sourire qui n'est que pour lui. Celui qui tremble un peu, mais qui est plein d'amour, de courage, de soleil. Il aime ce sourire. Le sourire pour Vassily. Leurs regards se croisent dans le miroir et elle sourit. Il le lui rend. Elle se pousse, et il grimpe sur ses genoux. Elle l'embrasse sur le front et il se blottit contre elle. Dans la glace, il croise ses propres yeux bleus, fragiles, innocents. Ceux de sa mère sont toujours hantés, même si elle ne veut pas le montrer. Il se mord la lèvre et embrasse sa joue. Elle sourit. Il ne parle pas, mais elle sait. Elle sait toujours. Elle le sert contre elle. Elle sent bon. Il ferme les yeux. Tout va bien, quand maman sourit.

♣ ♣ ♣

C'est Yolanda qui le surveille aujourd'hui. Elle a la peau couleur chocolat, les yeux noirs et des cheveux tout bouclés, une énorme masse qui tangue dés qu'elle bouge. Elle rit beaucoup, et on voit ses grandes dents blanches quand elle le fait. Elle est pas beaucoup habillée, il peut voir la naissance de sa poitrine et son nombril. Ses longues jambes aussi. Elle lui a donné une feuille et un crayon, mais il ne sait pas quoi dessiner. Elle rit et s'allonge, prenant une pose ridicule. « Dessines moi ! » Il sourit et hoche la tête, la dessinant. Il n'a qu'un crayon gris, il peut pas faire sa peau brune, ses yeux rieurs, son sourire éclatant. Mais il essaie de faire ça bien. Un dessin d'enfant. Quand c'est fini, il lui montre. Elle rigole et lui demande de le signer avant de le plier et de le mettre dans la poche de son petit short. La porte s'ouvre, le Monsieur passe sa grosse tête. Il aboie quelque chose que Vassily ne comprend pas. Il ne comprend pas toujours l'anglais. Yolanda le regarde puis se lève. « Restes ici, d'accord, p'tit bout ? Ta maman viendra te chercher dans pas longtemps ! Continues de dessiner. » Elle s'éclipse. Il a plus de papier. Seul avec son crayon, il ne sait pas quoi faire. Elle est sûrement aller voir un monsieur – elles le font toutes. En souriant, tout le temps. Comme si elles les connaissaient depuis toujours. Alors que lui, il savait qu'elles les connaissaient pas. Jamais. Mais elles étaient gentilles. « C'est dans le métier ! » disait maman.

♣ ♣ ♣

Elle est belle, la plus belle de toutes. Son visage fin, le petit trou là où la petite souris a piqué une dent, ses cheveux blonds, longs, très longs, qu'elle doit attacher pour ne pas les coincer partout. Elle le regarde, soulève la couverture. Il se glisse contre elle et ils se blottissent l'un contre l'autre. Deux parts d'un tout, une âme coupée à la naissance. Elle est brisée, il est cassé, ils sont complets. Il met le visage dans ses cheveux et souffle un peu. Les cauchemars partent toujours quand il dort avec Petra. Elle est son ange, son rêve. Il fait pas de cauchemars avec elle. Il baille, s'endort. Elle reste longtemps, écoute sa respiration, pour être sûre qu'il dort bien. Il la protège toujours, il se met toujours devant elle pour prendre les punitions. Mais il a mal, après, elle le sait. Elle fait un bisou sur son front et bouge une mèche de ses cheveux, comme elle a vu maman le faire. Dans son sommeil, il sourit. Elle sourit aussi. Vassily. L'autre face d'une même pièce. De leur pièce.

“How long is forever ?”


Enfermés dans le placard, il sourit. Ses jambes sont écartés et entre elles, sa sœur se blottit, le dos contre son torse, ses cheveux lui tombant sur les épaules. Elle remonte les genoux contre sa poitrine. Il passe les bras autour d'elle, niche le visage sous son oreilles. Ils bougent pas, n'osent même pas respirer. Il y a du bruit à l'extérieur, beaucoup de bruits. Il ferme les yeux, écoute le son régulier du cœur de sa jumelle et se détend. Il entend leurs noms qui sont murmurés, criés, pleurés. Ils les cherchent. Mais ils ne sortiront pas, pas tout de suite. Ils ont besoin d'une pause. Il en peut plus, Vassily. Ses yeux sont fatigués, ses mains tremblent, son corps supplie. Son âme a déjà baissé les bras. Il sent le mouvement et regarde sa sœur. Yeux bleus si semblables aux siens. Ils le regardent, puis elle sourit. Elle essaie de lui redonner du courage. Il hoche la tête simplement, mime qu'il a encore besoin de cinq minutes. Elle l'embrasse sur la joue, le laisse faire. Elle ne peut pas le lui refuser, alors qu'il se sacrifie toujours pour elle. Alors qu'il est détruit, pour elle. Il la sert plus fort, devinant ses pensées. Elle se force à sourire encore, à ne pas y penser. Elle sert ses bras, lui rend son étreinte et oublie tout. L'apaise. Son ange, son rêve. Qui éloigne les cauchemars.

♣ ♣ ♣

Il est grand, il a les yeux marrons, une barbe de trois jours. Il n'a pas l'air méchant. Mais ses gestes sont forts, rapides, brusques. Il ne dit pas bonjour, sourit à peine. Il est peut-être nerveux. Vassily soupire, s'avance, sourit. Lui prend la main et l'emmène. Sourire, toujours sourire. C'est dans le métier. Il le pousse sur le lit, le chevauche. Se laisse dominer. Sourire, toujours sourire. Son cœur se brise, ses muscles faiblissent. Il sent son âme pleurer. Sourire, toujours sourire. Quand c'est finit, l'homme se lève, laisse l'argent et sort. Vassily sourit. Quand la porte se referme, il se replie en position fœtale, genoux serrés contre son torse. Il sanglote comme un gamin de quatre ans. Ça le rend dingue. Il se sent faible, impuissant, incapable. Stupide. Débile. Moins que rien. Il pleure pour de bon, essaie de pas faire trop de bruits. Il doit rien montrer. Si ils savent, ils ne voudront plus qu'il le fasse. Il voudront que ce soit Petra. Cette image le fait se relever. Il sèche ses larmes, remet ses vêtements. Redescend. Sourire, toujours sourire. Il se lèche la lèvre, ébouriffe ses cheveux. Et repart. Sourire, toujours sourire.

♣ ♣ ♣
 
Le cœur en morceaux, le regard perdu, il fixe un point sans rien voir. Sa main serre celle de sa sœur. Habillés en noir, ils sont aussi fatigués, tristes, abandonnés l'un que l'autre. Ils n'ont plus personne. Devant eux, le cercueil descend en terre, lentement. Trop lentement. C'est une torture. Il a envie de pleurer. Il se retient. Passe un bras autour de sa sœur, la serre contre lui. Elle pleure elle, il sent ses larmes contre sa gorge. Son cœur se brise encore plus. Petra. Il la sert fort, l'empêche de tomber. Alors que lui n'est pas mieux. Y a personne autour d'eux. Les filles devaient travailler, elles ont pas pu venir. Il se demande même si certaines seraient venues. Deux ou trois. Mais elles n'étaient pas toucher. Une en moins, c'est une adversaire en moins. Elles mourraient assez vite dans le métier. Rien de surprenant. On apprend à faire son deuil rapidement. Pour eux c'est différent. Maman. Il a envie de crier, de l'appeler, de la faire revenir. De remonter dans le temps, jusqu'à ce qu'elle sourit à nouveau, de son sourire secret, privé. Le sourire de Vassily. Maman.

♣ ♣ ♣

Des pas précipités, une voix qui résonne. « Vassily ! Hey, le blondinet ! » Il continue de l'appeler comme ça, depuis toujours. Le blondinet. C'est tout ce qu'il est, en plus d'un gagne pain. Il se retourne vers le Monsieur, le mac, le proprio. Il hausse un sourcil, insolent. « T'es pas sensé travailler, putain ? Y a l'autre là, le gros, qui vient de m'appeler pour me dire que t'étais pas venu au rendez-vous ! Tu te fous de la gueule de qui ? » Vassily répond rien. En deux secondes, il se retrouve contre le mur, un poids contre lui, un regard noir le défiant de bouger et une haleine aux relents de whisky dans la gueule. « Réponds moi, petit con, je suis pas d'humeur ! » Il répond pas. Il aime pas parler. Il se contente de détourner la tête avec dédain. Il pue. Un gros porc, c'est tout ce qu'il est. Et il peut rien lui faire, parce qu'il a trop besoin de sa gueule d'ange et de son cul pour faire tourner son truc. Il a ses réguliers, Vassily. Le Monsieur grogne, pose une main sur sa queue et sert. Ça fait mal. Mais il a vu pire. Le russe baisse les yeux vers lui. « T'as intérêt à revenir à ta place. À la prochaine plainte, c'est ta frangine que j'enverrai. » Le coup fait mouche, plus que la douleur physique. Une lueur passe dans les yeux bleus et il baisse la tête. Le patron a gagné, il le sait. Ça le fait sourire. « Fais toi pardonner maintenant. » Un silence. « Tu veux que j'aille lui demander ? » Un blanc. Puis Vassily tombe à genoux. Il a fait son choix, il y a longtemps. Il ne peut qu'encaisser maintenant.

“We're all mad here.”


« Viens, on s'enfuit. » Aussi simple que ça. Trois mots. Ils font leurs bagages, courent dans la nuit. Piquent des bijoux à celles qu'ils aimaient pas. Et s'enfuient. Loin, très loin, de tout ça. Ils dorment sur un banc, sous un pont. Se mêlent à un groupe de SDF, finissent dans un autre coin de la ville. On appelle ça le Bronx, ça pue, c'est sale, ça change. Ils aiment déjà. Ils dorment sur un banc. Au matin, un immeuble. Ils ont clairement pas les moyens. Mais ils veulent y aller. Un rêve, une idée. Ils en parlent, ils s'imaginent dans un appartement à eux. Rien qu'à eux. Finalement, un homme les voit. Pas méchant, un peu brutal, il les accepte. Il doit déménager, veut pas se débarrasser de cet appart. Ils promettent de trouver un job. Il leur sous loue le deux pièces. Et tout commence. Une nouvelle vie, de nouvelles aventures. De nouvelles personnes. Renouveau. Vassily et Petra 2.0.

♣ ♣ ♣


Il crie en se réveillant. Il tremble. Ses poings cognent une forme invisible, son souffle se bloque, il suffoque. Il en peut plus. Il ne peut plus. Il gémit, se brise, pleure. Appelle sa mère, appelle au secours. Sa sœur court. Elle était dans la salle de bain. Elle sait pas comment gérer ces crises, elle sait pas, elle sait plus. Elle est désespéré. Elle gémit, bondit, le plaque sur le lit, le gifle. Il bloque. Elle le regarde. Il a l'air perdu. Si perdu. Elle aimerait l'aider, mais elle ne sait pas comment. « Arrête ! » Comme par magie, il ne bouge plus. Il s'allonge, la regarde. Il attend. Elle se redresse, surprise, perturbée. Il attend un ordre, quelque chose. Il se raccroche à ce fil, ce mince fil, pour ne pas tomber. Elle n'aime pas. Mais elle se lèche la lèvre. Et lui donne ce qu'il a besoin. Elle ordonne. Il s'abandonne. Soumis, effacé, il n'est plus lui-même. Un autre lui, qui peut encaisser, pendant que le vrai Vassily est prostré, en larmes, détruits de l'intérieur. Elle le regarde. Elle ne peut pas dire non. Pas après tout ça.

♣ ♣ ♣  

Pendant 4 ans, il a été son soumis. Y a eu des ordres, y a eu des coups, y a eu des pleurs, y a eu des rires. Y a eu de la souffrance, y a eu de l'amour. Jusqu'au jour où il s'est redressé. Et a dit stop. Il n'avait plus besoin de ça. Il s'est inscrit dans une salle de sport, a couru, a soulevé, s'est mis à vivre. Son corps à changé, son regard. Il a changé. Elle souriait. Elle sentait que c'était fini. Il n'était plus le petit garçon fragile et détruit. Il avait 21 ans et devenait un homme, pour de bon. Elle le laissa faire. Il enchaîna les conneries, se fit tatouer, se fit déglingué, frappé. Mais il était lui. Plus fort que jamais. Et à l'époque, c'était suffisant.

♣ ♣ ♣  

« Je m'appelle Alicia. » Elle est canon. Des cheveux bruns, des yeux couleurs d'océan. Elle a des jambes interminables et un sourire électrique. Elle grimpe sur ses genoux, alors qu'ils se connaissent même pas. « J'ai envie de toi. Alors t'as le choix entre me repousser, ou te laisser faire. Mais je te le dis tout de suite : avec moi, on a qu'une chance. Sois sûr de pas regretter. » Elle le regarde. Il peut pas s'empêcher de rigoler. La meuf, elle arrive dans un train, dans un compartiment vide, s'assied à côté de lui et lui saute dessus. Ça lui plaît. Il lève une main sur sa joue, l'embrasse pour dire bonjour, pour résumer une vie. Ce n'est qu'une fois qu'ils ont fini, qu'elle se rhabille, qu'il sourit. « Je m'appelle Vassily. » Elle le regarde et lui tend la main. « Je crois que je t'aime bien, Vassily. » Il rigole. « T'es toujours aussi sincère ? » Elle a un sourire fière, comme une petite fille. « Putain, ouais ! Les hypocrites, c'est de la merde. » Il l'attire contre lui, l'embrasse. « Épouse moi. » « Va te faire foutre ! » C'est sorti tout seul. Un blanc, ils rigolent. Un an après, ils prononçaient leurs vœux. Pour le meilleur et pour le pire. 

nicotine
passe ta souris !
Cadeau d'anniversaire ; le dc qui germe.  SLIP


Dernière édition par Vassily Ivanov le Ven 11 Déc - 23:31, édité 6 fois
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Mar 8 Déc - 22:10

"We're all mad here" c'est ce qu'il est écrit sur la coque de mon portable What a Face

Rebienvenue ! CUTE :l:
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Mar 8 Déc - 22:40

ReBienvenue OMG Bon courage pour cette nouvelle fiche BRILLE



.
Je marche dans des villes où des âmes sans nom me fredonnent le tien. Des concerts en sourdine où je chante ton nom pour oublier le mien. Pour oublier un peu que toi tu n'es pas là quand l'hiver se fait rude. Que je n'ai plus que moi avec qui partager ma propre solitude.
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Mar 8 Déc - 22:44

Rebienvenue parmi nous, il a l'air chouette ce nouveau personnage JAIME
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Mar 8 Déc - 22:45

FAN HAN BAVE

T'es boooo BRILLE
Et puis cette plume, hein voilà quoi c'est arlbkgz Surprised
Bref.
Re-bienvenue NIARK


❝ wild beasts wearing human skins❞ you were not born of stardust, darling, stardust was born from you, it’s why the stars feel your sorrow and aching heart, they are the fragments of your lost soul, scattered across an endless galaxy, but don’t be afraid, darling, maybe life has broken you, but it can never destroy you.
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« Chaton sauvage »
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Mar 8 Déc - 23:41

Rebienvenue ici avec ce beau gosse ! JAIME


Drama never ends

by Wiise


Parce qu'on le vaut bien:
 
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Mar 8 Déc - 23:51

mangemoi. BAVE
t'es bien mignon toi, reeeee :l: :l:
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Mer 9 Déc - 18:06

(sienna) Lewis Carroll !  What a Face Merci.

(silver) Merci beaucoup !

(lily-rose) Merci pour lui.  HEH

(aliah) Toi, tu sais que je te  HOT !
Merci beaucoup.  :hihi:

(charles) Merci !

(skylar) Quand tu veux !  BLBLBLBL
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Mer 9 Déc - 18:25

faut arrêter avec les bgs goshhh GNOE
Rewelcome et fight pour ta fiche BLBLBLBL
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Mer 9 Déc - 20:14

t'es beau BAVE2
re-bienvenue LOVE
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Jeu 10 Déc - 19:49

Re-bienvenue dans le coin avec ton année de plus PERV



It’s like when you hear a serial killer say they feel no regret, no remorse for all the people they killed. I was like that. Loved it. I didn’t care how long it took either because I was in no hurry. I’d wait until they were totally in love with me. Till the big saucer eyes were looking at me. I loved the shock on their faces. Then the glaze as they tried to hide how much I was hurting them.  And it was legal. I think I killed a few of them. Their souls I mean.
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Ven 11 Déc - 11:53

Il a l'air intéressant comme personnage Cool

Rebienvenue et bon courage pour ta fichette coeur
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Ven 11 Déc - 14:09

(billie) :hihi: Merci !

(dasha) t'es bonne HOT re-merci

(guan) Merci. HEH

(arellys) Merci beaucoup !

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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Ven 11 Déc - 21:29

je suis carrément amoureuse d'Andreas CUTE BRILLE (ouiouij'avouejelesuissurinstaétouétou)
re-bienvenue parmi nous :hihi: j'te quémanderai des liens :YEAH:



monsters are in your head
williamson ⊹ mais j’passerais pas ma vie à m’demander quand elle commence. (by anaëlle)

PERSONNAGE EN PRISON. ho
(mais possibilité de rp)
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe) Sam 12 Déc - 10:01

re-bienvenue =)
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Message(#) Sujet: Re: vassily (fighting just to breathe)

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vassily (fighting just to breathe)

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