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Francis Morison

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Message(#) Sujet: Francis Morison Mer 14 Oct - 13:07

Francis Alfred MORISON
A la télé, ils disent tous les jours : "Y a trois millions de personnes qui veulent du travail." C'est pas vrai : de l'argent leur suffirait.
Nom Morison Prénom Francis, dit Franck, Francky, Papa, aussi, mais ça ça fait un bail que c'est plus arrivé. Date et lieu de naissance 12 Mars 1962 Âge 53 ans Nationalité Ricain Origines Père américain, mère américaine, et du reste il s'en balance, qu'est-ce que ça pourrait bien lui foutre de savoir s'il a 2% de sang apache ou si sa quinquisaïeule a baisé avec un tibétain ? Statut matrimonial Jamais marié, sans attaches, libre de butiner toutes les jolies petites nénettes qui par miracle parviennent à pousser entre les pavés déglingués de ce quartier cradingue. Même la mère de ses enfants, il ne lui a jamais passé la bague au doigt, et c'est tant mieux car elle l'aurait sans doute mise au clou après s'être tirée avec. Orientation sexuelle Hétéro, et pas près de virer sa cuti. Job ou Activité Francis ne supporte ni l'autorité, ni les efforts qu'il aurait fallu déployer pour devenir son propre patron. Ne tolérant en outre pas plus l'abrutissement intellectuel du travail de bureau que celui, physique, du travail manuel, Francis grossit officiellement les rangs des inactifs, des feignasses assumées qui ne produisent rien, n'apportent aucune contribution à la société et ont le culot de ne pas en retirer de culpabilité.

Ce qu'il prend garde de ne pas rendre public, c'est qu'il possède en réalité un joli petit pactole, héritage de feu son paternel, qui lui permet de vivre tout à fait convenablement sans avoir à trimer.

Pour donner le change, il exerce toutefois sous le manteau la noble activité de blanchisseur, lavant et repassant le linge qu'un nombre sciemment restreint de clients lui apporte régulièrement. Les vrais hommes ne sentent pas le besoin de prouver leur virilité. Date d'arrivée au Parking 06 Avril 2010 Groupe De ceux qui vivent Type de perso Inventé Crédits Il faut que je vérifie (image chopée sur google) Autorisez-vous, en cas de suppression, l'utilisation de vos scénarios et/ou familles par d'autres joueurs ? Non

Quand et comment avez vous emménagé au Parking ? En 2008, Francis, n'ayant plus ni femme ni enfants, vendit à un riche touriste allemand la maison de sa vieille tante dans laquelle il logeait et dont il n'était même pas propriétaire, et utilisa l'argent empoché pour partir au fin fond de l'Iowa rejoindre une bande d'allumés défoncés du soir au matin qui se prenaient pour des artistes et vivaient dans une maison immense au milieu de nulle part, en se mettant en tête d'écrire ses mémoires.

Détestant la campagne et réalisant bien vite qu'il n'avait aucun talent de romancier, il saisit la première opportunité pour retrouver la ville ; cette opportunité fût le décès de son vieux père, à l'âge canonique de 88 ans, qui partait en lui laissant une jolie petite somme en héritage. Francis hésita un instant à tout claquer pour vivre quelques mois absolument décadents, mais réalisa avec surprise que cette perspective le fatiguait.

Pour une fois dans sa vie, s'étonnant lui-même, il préféra opter pour une solution presque sage : il calcula que, pour peu qu'il accepte le plus bas des trains de vie, son pactole pourrait lui permettre de vivre plus de vingt ans d'une vie décente sans jamais avoir à aller pointer. N'ayant jamais attaché trop d'importance au luxe et au confort, il acheta donc un F2 au quatrième étage d'une résidence délabrée du Bronx et s'y installa avec satisfaction le 6 avril 2010.

Que pensez-vous de l'immeuble et de vos voisins ? L'immeuble lui a tout de suite plu ; miteux, gris, posé sans aucune grâce avec son nom ridiculement fleuri au milieu d'un paysage urbain au possible, il s'y est senti aussitôt à son aise. Mais bien sûr, l'intérêt principal d'un lieu pareil réside dans ses occupants. Sur ce plan, Francis n'a pas été déçu ; le Parking, comme il s'est vite mis lui aussi à l'appeler, grouille d'une populace aussi déglinguée que lui, source inépuisable de distractions et à laquelle il aime se mêler.

Sans compter qu'il y a dans ce lot de dingues et de paumés de bien belles plantes, des jeunettes pimpantes qu'il se plaît à reluquer et auprès desquelles il ne manque jamais de faire jouer son incontestable charme d'homme mûr.

Quelle est votre réputation au sein du quartier ? Le vieux dégueulasse qui drague des petites jeunes qui auraient l'âge d'être ses filles, le bon vivant toujours prêt à picoler et avec qui on peut parler de n'importe quel sujet pendant des heures. Certains disent qu'il serait un poète maudit, d'autres une ancienne rockstar, d'autres encore un révolutionnaire chilien en exil politique, à moins qu'il ne soit qu'un chômeur quinquagénaire déglingué et sans ambition, mais ce serait décevant, rêvons un peu.

feat Tim Burton

1. LES FEMMES

Adolescent, il commettait deux erreurs en ce qui concernait les femmes.

La première était qu'il avait des goûts de luxe et ne jetait son dévolu que sur les plus belles, celles dont les jambes immenses happaient le regard et le conduisait, de cheville en mollet, de genou en cuisse jusqu'à des culs statuaires, celles dont le galbe des seins se dessinait sous le tissus léger des chemises à peine entrouvertes et dont la conscience de leur beauté fait brûler les regards d'assurance et de mépris.

La seconde était que, dans sa naïveté et sa maladresse de jeune homme, pour se frayer un chemin au-delà de la barrière de leurs petites culottes il tentait de les séduire. Relents de son éducation bourgeoise peut-être, il jouait les parfaits galants, tentait de les charmer, de se montrer drôle, fin, de s'intéresser à elles, à leurs passions et à leurs petites vies insipides, de faire étale de sa culture, de son romantisme et de son intelligence pour faire chavirer leurs petits coeurs sensibles. Peine perdue. S'il n'était pas laid, il n'était pas non plus beau ; trapu, mal dégrossi, le visage long et le nez épaté, la bouche tombante et les cheveux gras, ses efforts de séduction provoquaient plus souvent le rire que le trouble chez les pépées qu'il convoitait. Son adolescence avait donc été désespérément chaste et il n'avait pu se libérer de son pucelage et de sa frustration qu'à l'âge embarrassant de vingt-deux ans, auprès de la grosse frangine de son pote Mick.

Il n'était pas con, toutefois, et il avait fini par comprendre ses erreurs et par y remédier. Pour l'hygiène, pour la baise du quotidien, il ne devait pas viser les Marilyn. Non, mieux valait jeter son dévolu sur les pas tout-à-fait belles, les à-peine-mignonnes, celles qui avaient un défaut, un nez trop grand, des cheveux trop crépus, des seins trop petits ou trop gros. Ces filles-là étaient toujours reconnaissantes de se voir accorder l'attention d'un mâle, et il n'était pas bien difficile ensuite de les amener à faire acte de cette reconnaissance. Quant aux belles, elles n'étaient pas inaccessibles ; la subtilité résidait dans la façon de les aborder, il ne fallait pas les charmer comme il avait tenté de le faire maintes et maintes fois, mais les traiter comme des merdes. Se montrer moqueur, sarcastique, corrosif, les faire douter d'elles-mêmes, se reconsidérer, les déstabiliser jusqu'à les faire tomber de leurs piédestaux, elles si habituées à ne voir les hommes leur montrer que déférence et empressement. Le tout sans oublier de leur faire sentir, par un regard, par une posture, par une parole même, que derrière la condescendance qu'elles inspiraient se terrait un désir qu'il ne tenait qu'à elles de faire sortir de sa tanière. Cette méthode n'était pas infaillible, mais elle lui avait plutôt réussi. Ah ça, il les avait bien rattrapées, ses deux décennies d'abstinence.

2. LA MUSIQUE Tandis qu'à Paris l'on découvrait dans une baignoire le cadavre déglingué du déglingué poète Jim Morrison, Francis Morison, âgé de neuf ans, répondit à son père qui lui demandait ce qu'il voulait faire lorsqu'il serait grand qu'il désirait être musicien. Il venait justement d'entendre à la radio un morceau étrange et lancinant du groupe californien et c'est avec ces sonorités en tête qu'il fit part de sa nouvelle vocation à son paternel.

Celui-ci, fils d'ouvriers, avait gravi par la force de son travail et de son esprit d'entreprise les barreaux de l'échelle économique et avait peiné une fois atteints les sommets à calquer ses goûts et ses intérêts sur ceux de la bourgeoisie qu'il côtoyait désormais.  Pour faire honneur à son nouveau statut de riche PDG, il avait tant bien que mal tâché de combler ses lacunes culturelles, et n'y était parvenu qu'au prix de nombreuses souffrances. Lorsque le petit Francis lui annonça vouloir devenir musicien, il l'inscrivit donc avec émotion à un cours de solfège et pour son neuvième anniversaire l'enfant, dépité, se vit offrir un hautbois.

Paresseux de nature, peu disposé à l'effort et supportant mal l'autorité, ni le solfège ni le hautbois ne réussirent à Francis, qui développa une haine farouche de la musique jusqu'à son adolescence qui le vit renouer avec sa vocation de rockstar. Il monta à seize ans avec ses potes un groupes de hard-rock qui ne sortit jamais du garage où ils répétaient parfois et picolaient souvent, et où il se révélait être le moins mauvais de tous avec un instrument entre les pattes. Il se garda bien de révéler son passé de hautboïste et les laissa penser qu'il possédait un don naturel.

3. LE TRAVAIL À l'âge de vingt-quatre ans, les Morison, las de financer la vie de débauche que menait leur cadet depuis qu'il avait quitté leur maison et abandonné ses études sept ans auparavant, décidèrent de lui couper les vivres, espérant ainsi le responsabiliser et voir cette invétérée feignasse chercher un travail. La veille de son éviction, il organisa dans l'appartement qu'il avait occupé jusqu'alors une fête si mémorable que personne n'en garda le moindre souvenir et qui laissa les lieux dans un état de délabrement tel que jamais les Morison ne revirent leurs 500 dollars de caution.

Les divers passages que Francis fit au cours de sa vie par le monde du travail, car il fallût bien qu'il en fasse, ne lui laissèrent pas un souvenir fantastique, pas suffisamment en tout cas pour lui donner envie d'y faire plus que des séjours éclairs. Il travailla à la chaîne, il mit les mains dans le cambouis, il passa de l'autre côté du zinc - on n'aurait pas pu trouver pire employé de bar, sifflant en douce des bouteilles entières et servant à l'oeil ses amis - conduisit des bus de touristes à qui il prenait plaisir à servir des insultes fleuries que leur faible connaissance de l'anglais ne leur permettait pas de saisir. Lorsqu'il ne se faisait pas mettre à la porte au bout de quelques semaines, c'est lui qui partait, parfois avec fracas, parfois en douceur, en omettant simplement de se pointer un beau matin.

4. LA POLITIQUE Toute discussion trop poussée, trop intellectuelle au sujet de la politique l'emmerde terriblement, aussi Francis s'en tient-il à des opinions simples et bien tranchées : il ne fait pas confiance aux politiciens, le gouvernement est là pour servir les intérêts des bourgeois et maintenir la tête de tous les autres sous l'eau, les démocrates sont des arrivistes, les républicains des trous du cul, les communistes trop autoritaires, les anars trop utopistes. Il préfère rester en retrait et regarder tout ce beau monde se taper sur la gueule en sirotant un pastis. Il se qualifia un temps de nihiliste, mais comme le lui fit remarquer Boris, son pote ukrainien, "Si les nihilistes veulent tout raser c'est pour mieux reconstruire derrière, toi tu mettrais jamais la main au mortier s'il fallait rebâtir quelque chose sur les ruines du monde. Tu es plutôt un hédoniste." Hédoniste, alors, soit ; il avait adopté les qualificatifs.

Pauvre Boris, il s'était fait massacrer à la sortie d'un bar quelques années plus tard, quatre balles dans le corps et une dans le crâne, par une bande de types avec qui il s'était engueulé au sujet de Ronald Reagan. Encore un qui aurait mieux fait de rester accoudé au comptoir avec Francis et son pastis.

5. LA FEMME Nana était belle, ça fait con de dire ça mais putain qu'est-ce qu'elle était belle. Ce n'était pas tant son corps, ses seins étaient atteints de strabisme et ses épaules un peu trop carrées. Ce n'était pas non plus son visage osseux, ni sa masse inextricable de cheveux noirs dans lesquels il ne pouvait pas passer les doigts sans se retrouver coincé, ni son nez long et bosselé, ni ses yeux d'un brun banal, non, c'était un peu tout ça en même temps, un peu son rire sonore, un peu son regard aux mille nuances de tristesses, de joies et de colères, sa force tonitruante et son émouvante fragilité. Il l'avait rencontrée pendant un concert miteux, il avait vingt-neuf ans et elle trente-trois. Ils s'étaient percutés comme deux corps célestes, crados et mal sapés mais célestes néanmoins, et ils avaient formé un nouveau système solaire, à eux deux, ils s'étaient mis en orbite l'un de l'autre, et ça, une fois qu'on est en orbite y a plus rien d'autre à faire que de se laisser porter.

Ils s'étaient bien marrés, tous les deux. Ils avaient bien picolé, aussi, bien déconné, ils s'étaient bien engueulés, ils s'étaient fait du mal, ils s'étaient fait du bien, beaucoup, et puis ils avaient fait la Petite. Elle était pas prévue, la Petite. Le Petit non plus, deux ans plus tard, il ne l'avaient pas prévu, mais ils les ont bien accueillis, ils leur ont fait une petite place dans leur petite galaxie.

Quand elle s'est barrée il n'a pas été surpris, ça faisait un moment qu'ils déconnaient plus que d'habitude, tous les deux.

Tout seul comme un con à dériver dans l'espace.

6. LA CUISINE Francis se nourrit si mal au quotidien qu'il est difficile de croire qu'il aime faire la cuisine. Et pourtant ! Il prend un singulier plaisir à se mettre aux fourneaux, à hacher, assaisonner, malaxer, badigeonner, poêler, préparer de délicieux petits plats, de préférence inventifs, singuliers et délicats à réussir. Il ne s'adonne toutefois que rarement à ce hobby, il lui faut une bonne occasion et surtout des invités qui en vaillent la peine.

7. LA DOPE Il ne peut pas dire qu'il n'a pas essayé un peu tout ce qui passait à sa portée, mais par quelque hasard il n'a jamais ressenti le besoin de réitérer ces expériences qui sont demeurées anecdotiques, à l'exception notable de l'alcool à qui il a juré fidélité. Une certaine quantité de merde lui est passée entre les pattes, par contre, il a plus d'une fois  joué les livreurs quand tel ou tel pote avait besoin de main d'oeuvre, on laisse pas un copain dans le besoin. Quand la Petite était toute petite, il l'emmenait avec lui pour faire des commissions ; un tout petit bout de métisse au sourire à faire fondre une mine de diamants, ça vous innocente un homme et ça vous lui fout la paix pour mener ses combines.

8. LES PETITS Francis n'avait jamais vraiment prévu d'être père. Avant d'être mis devant le fait accompli avec l'arrivée de la Petite un soir de juin, il n'avait tout simplement jamais envisagé la paternité. Ses représentations d'une famille avait bien sûr été façonnées par celle dans laquelle il avait grandi, et dans son inconscient un père était un être responsable, parfaitement intégré à la société et qui, en accédant au rôle de père, perdait son statut d'homme. Un père faisait passer son propre bonheur, sa propre jouissance au second plan. Un père travaillait, pour offrir confort et stabilité à sa progéniture, et retirait de ces sacrifices une immense frustration, un ressentiment inconscient qui le poussait à répugner à l'idée que ses enfants puissent vivre plus libres que lui.

Francis n'avait donc aucune envie d'être père. Et même au-delà de son envie, il ne pensait pas qu'on puisse trouver quelqu'un de moins qualifié que lui pour le job ; il ne comprenait pas comment la paternité avait pu échoir à un être aussi peu apte à élever un enfant que lui. Il n'avait pas de travail stable, mangeait mal, buvait bien et vivait dans un appartement minable qui n'était même pas le sien mais celui d'un pote à Nana, parti trois ans auparavant en stop à Managua prêter main forte aux révolutionnaires nicaraguayen, qui leur avait laissé ses clés pour ce qui était censé n'être que quelques mois d'absence.

Il mit un certain temps à se faire à la Petite. Ce ne fût pas le coup de foudre entre eux, il ne se découvrit pas soudainement l'instinct paternel, mais il s'attacha à ce petit bout de gamine. Ils l'élevèrent comme ils purent, Nana et lui, et s'il leur arrivèrent de l'oublier dans les parcs et les supermarchés, de la laisser toute seule à la maison bien avant l'heure, ils firent en sorte qu'elle mange à sa faim, n'ait pas froid et dorme aussi souvent que possible dans un vrai lit. Les parents de Francis, lorsqu'ils avaient appris la naissance de la Petite, avaient insisté pour verser aux jeunes parents qu'ils savaient mener une existence instable une allocation régulière pour nourrir, vêtir et gâter leur petite-fille, allocation que Francis n'avait pas refusée et dont plus de la moitié fut effectivement utilisée comme ses parents l'avaient entendu.

Lorsque Nana s'était barrée, la Petite avait douze ans, le Petit dix, et Francis se retrouva à assurer seul son boulot de parent jusqu'à ce qu'elle vienne les récupérer cinq ans plus tard.

Il n'avait pas été un père conventionnel, mais ses gosses ne s'en étaient pas si mal sortis. À vingt-trois ans, la Petite était débrouillarde comme pas deux, butée, orgueilleuse et toujours prête à sortir les crocs. Elle ne lui parlait plus, la petite conne, mais il savait de source sûre qu'elle se destinait à devenir assistante sociale et vivait avec un petit mec dans un grand appartement. Le Petit avait moins bien tourné ; afin de succéder à son défunt grand-père à la tête de l'entreprise qui portait son nom, il étudiait l'économie, frayait à ce qui se disait dans la haute société. Il aspirait à la réussite sociale, méprisait ouvertement son vieux, le petit con, et vivait à ce qui se disait dans un petit appartement avec un grand mec. Francis ne voyait vraiment pas ce que son rejeton pouvait trouver d'attirant dans une paire de couilles, mais il trouvait au fond compréhensible et presque flatteur le choix de son pédé de fils : celui-ci avait été à ce point imprégné de l'aura et du charisme de son paternel qu'il avait attrapé un Oedipe inversé et décidé de se pendre aux cous de mâles qui le lui rappelaient sans doute.

9. LES CHIENS Francis ne supporte pas les chats, ces sales bêtes hautaines et méprisantes. Par honnêteté intellectuelle, il salue toutefois leur esprit d'indépendance et leur débrouillardise ; mais puisque justement les chats sont des créatures intelligentes, il considère qu'il n'a pas à les ménager et qu'il peut se permettre de leur témoigner une franche hostilité. Les chiens, par contre, lui inspirent une grande sympathie. Ces pauvres pommes portent aux hommes un amour inconditionnel qu'ils ne méritent pas, et Francis ressent toujours le besoin de leur apporter un peu d'affection pour les consoler d'avoir si mal choisi leur allégeance.

10. DENTIFRICE Signal à la menthe, rayé blanc et bleu, enrichi en fluor. Pas question de laisser se ternir la blancheur de son sourire ravageur.



1977 – 16 ans
Un aveugle ne s'y tromperait pas : aucun d'entre eux n'a l'air d'avoir vingt-et-un an, et surtout pas Francis, petit, trapu, avec son visage boutonneux, ses trois poils au menton et ses cheveux gras. Pourtant, lorsque les cinq lycéens s'installent à une table dans le fond du bistrot, Tom le patron leur apporte sans discuter une pinte de brune à chacun et leur fait un brin de causette. Ils sont marrants, avec leurs blousons de cuir, leurs jeans troués et leurs cheveux longs, graines de loubards qui parlent de filles ou de politique comme s'ils y connaissaient quelque chose. Tom les connaît bien, à force de les voir s'échouer dans son rade à chaque fois qu'ils ont un cours à sécher ou une heure de perm ; de toute façon, avec le lycée à deux rues de là, 80 % de sa clientèle est tout juste pubère. Alors il les sert sans poser de question, sans même jeter un œil à leurs fausses cartes d'identité de réalisation grossière, et c'est sans scrupules qu'il encaisse leur argent de poche.

Francis ne se distingue des autres que par la fréquence de ses prises de paroles ; sa voix fraîchement muée est grave, bien timbrée, puissante, et il l'utilise avec délectation, pour raconter des trucs pas franchement intelligents mais avec un plaisir d'orateur. Personne ne pourrait deviner qu'avec le prix qu'a coûté son blouson élimé, il pourrait offrir une cuite mémorable à tous les clients qui peuplent le boui-boui de Tom en cette fraîche après-midi d'Avril.

1978 - 17 ans
Accoudé au comptoir, Francis arbore un beau cocard derrière ses lunettes teintées. Il raconte à ses anciens camarades de classe les deux mois qu'il vient de passer à trimer dans l'usine de son père pendant qu'eux entamaient sagement leur senior year ; deux mois à la chaîne à se lever à six heures du matin, son paternel n'ayant accepté qu'il interrompe ses études que s'il venait travailler pour lui. Lorsqu'il retire ses lunettes d'un geste théâtral pour leur montrer l'oeil gonflé et bleui que lui a filé son vétéran de géniteur après qu'il a débarqué dans son bureau pour lui donner sa démission, tous hochent la tête, impressionnés, et Tom le patron pose devant lui une chope couronnée de mousse, cadeau de la maison.

1989 – 28 ans
Le pub est bondé, des musiciens pas mauvais jouent aussi fort que leurs amplis bricolés le permettent et peinent à se faire entendre dans le bordel ambiant et dans l'indifférence alcoolisée de la plupart des jeunes qui s'entassent dans la pièce mal éclairée aux murs de briques. Dans le fond, vautrés sur une banquette en faux cuir, Francis, 28 ans, les cheveux noués en une queue de cheval ridicule, une barbe anarchique couvrant ses joues creusées, est occupé à embrasser goulûment une superbe femme noire de peau et de cheveux, au décolleté avenant. Deux mois qu'il l'a rencontrée, et il se surprend à trouver aussi appétissants qu'au premier jour son corps aux formes généreuses, son cul, ses seins, ses lèvres humides ; non, il ne se lasse pas de la baiser et voilà deux mois qu'il n'a pas été fourrer sa queue ailleurs. C'est peut-être ça l'amour.

Sur la table de bois collante de sucre et d'alcool, sa pinte de blonde s'aère, délaissée pour une brune.

2004 - 42 ans
Avachi sur le comptoir dégueulasse, Francis, déjà bien déglingué, descend sans flancher son troisième whisky. Sur une table dans le fond, la Petite et le Petit sirotent leurs cocas en faisant une partie du Monopoly que Mario, le tenancier, leur a descendus depuis son appartement situé au-dessus du bouge. "Elle s'est tirée, la salope, elle m'a fauché neuf cent balles, et elle s'est tirée. Sale pute, connasse, je vais vous dire, camarades, je vais vous dire, les gonzesses faut pas leur faire confiance, faut pas leur faire confiance. Z'entendez les mioches ? Faut pas leur faire confiance, salopes, neuf cent balles, plus une fringue qui traîne elle a tout vidé elle qu'a jamais été foutue de faire le ménage."

Mario a beau ne pas apprécier, il ne dit rien - on ne contredit pas un homme qui souffre -, mais il apporte aux gamins une énorme panière de frites, acceptant avec un pincement au coeur le billet de papier imprimé que lui tend le plus jeune avec un adorable sourire roublard.

2010 - 48 ans
"De toute façon, j'ai pas besoin d'un appartement plus grand, mes mômes me font la gueule et si je reçois de la visite, une chambre suffit si tu vois ce que je veux dire."

La serveuse acquiesce, visiblement sa conversation l'emmerde, mais elle est coincée derrière ce comptoir et Francis n'a aucune envie de quitter sa compagnie qu'il trouve fort agréable. Il pose un regard appréciateur sur ses petits seins pointant sous un débardeur blanc, sans se cacher. Le bistrot n'est pas très propre, mal éclairé, une télé diffuse à un volume inconfortable un match de baseball que personne ne regarde, les chiottes sont dégueulasses mais la salle est bien remplie pour un mercredi soir et la serveuse arbore un air teigneux qui ne lui déplaît pas.

"Donc me voilà non seulement riche héritier mais aussi propriétaire d'un superbe studio dans un immeuble de grand standing où l'odeur de pétard camoufle presque celle de la pisse, et qui, tiens-toi bien, ne se trouve qu'à quelques rues d'ici. En d'autres termes tu vas me voir souvent ma jolie. Si tu veux que je te fasse visiter dis le mot et je t'emmène. Non ? Bon, je vais te laisser y réfléchir. Si tu changes d'avis tu sais où me trouver."

Sur ce, il termina sa bière, pissa un coup et sortit un peu titubant, sifflotant dans la nuit du Bronx, direction sa nouvelle place de Parking.

Mille
passe ta souris !
Salut les potos et les potesses, moi c'est Mille, 22 ans. Voilà un moment que je n'ai pas cédé à la tentation du RP, mais le concept de ce forum m'a séduite et j'ai bien été obligée de m'inscrire immédiatement yaaa J'espère très vite mieux vous connaître et découvrir tous vos ptits persos !   MOUSTACHE  


Dernière édition par Francis Morison le Lun 19 Oct - 20:26, édité 25 fois
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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 13:47

Wow. Ça promet comme perso FAN Bienvenue :l:
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« révolé sa mère. »
« révolé sa mère. »
› Âge : Tantôt gamin, tantôt blasé comme un homme âgé, il vient d'atteindre le 19 ans et on s'en fout.
› Appart : #1411 (F2) avec le fantôme de sa mère la junkie, Badz Hijodealgo le fagg et Lincoln le renardeau perdu.
› Occupation : Saboteur, Al passe sa vie à se griller lui-même. Devenir dealer n'était sans doute pas sa plus riche idée...quoique, ça lui a rapporté pas mal, t'as pas vu ses Nike neuves ? Bah voila. Puis sinon, on le trouve au garage de Deirdre aussi.
› DC : Ekaterina et Misha
› Messages : 4007
› Nombre de RP : 19

Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 13:59

Bienvenue parmi nous HAWW

Le choix de perso promet d'envoyer du lourd ! HAN


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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 14:10

Bienvenue parmi nous, bon courage pour ta fiche.
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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 14:16

FAN Francis c'est un de mes prénoms préférés ehe, j'adore!
BIENVENUE GNOE :l: j'ai trop hâte d'en savoir plus sur le perso héhéhé
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› Âge : vingt-sept ans
› Appart : #1401 - 14e étage
› Occupation : je me suicide à petit feu.
› Messages : 3626
› Nombre de RP : 0

Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 14:50

Bienvenue au Parking :l: Il promet ce personnage BRILLE bon courage pour ta fiche !



.
Je marche dans des villes où des âmes sans nom me fredonnent le tien. Des concerts en sourdine où je chante ton nom pour oublier le mien. Pour oublier un peu que toi tu n'es pas là quand l'hiver se fait rude. Que je n'ai plus que moi avec qui partager ma propre solitude.
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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 16:53

Bienvenue au parking! :l: Ce personnage promet! BRILLE
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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 19:36

tim. fucking. burton. j'ai vraiment trop hâte de découvrir ce que tu vas en faire OMG
bienvenue ici! LOVE
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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 20:01

Huhuhu, quel bel accueil ! Merci tout le monde pour vos encouragements, je m'en vais attaquer ma fiche avec encore plus d'entrain ! GEEK
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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 21:21

Tim Burton GNOE
Bienvenue :l:
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› Âge : 45 ans
› Appart : 1210
› Occupation : Médecin légiste dans le commissariat du coin
› DC : Geert Grote Lul, Ô dada lie
› Messages : 2295
› Nombre de RP : 0

Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 21:40

Ca c'est de l'avatar FAN ! Hâte de voir ce que ça va donner BANANE !



It’s like when you hear a serial killer say they feel no regret, no remorse for all the people they killed. I was like that. Loved it. I didn’t care how long it took either because I was in no hurry. I’d wait until they were totally in love with me. Till the big saucer eyes were looking at me. I loved the shock on their faces. Then the glaze as they tried to hide how much I was hurting them.  And it was legal. I think I killed a few of them. Their souls I mean.
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Voir le profil de l'utilisateur http://www.nous-sommes-de-ceux.com/t7580-makayla-hunt-all-you-wa


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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 22:40

Haha ton perso à l'air de déboiter à mort !!
Bienvenue à toi Smile
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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Mer 14 Oct - 22:44

TIM BURTON + la citation, c'est tellement vrai :hihi:
Bienvenue, j'ai hâte de voir ce que tu vas faire de cette merveille. :l:
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› Âge : vingt et un ans, toujours pas adulte.
› Appart : #1014, le F4 de papa. L'appart trop grand, trop vide.
› Occupation : Elle a trouvé ce petit job à la supérette du quartier, derrière le bip abrutissant de la caisse enregistreuse. Elle vole encore, de temps en temps, des relent d'argent facile.
› DC : Marshall le branleur, Carl le taulard
› Messages : 1786
› Nombre de RP : 4

Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Jeu 15 Oct - 10:17

Oh un vieux :hihi: Earl vas enfin avoir un ami :hihi:

Bienvenue, bon courage pour ta fiche :l:



Rien. Rien d'important. J'te disais juste que j'allais pas bien et que je partais en couille ces derniers temps, que j'avais un peu envie de crever et beaucoup envie de chialer mais tu sais c'est pas important tout ça, ça vas passer, ça finit toujours par passer.
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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison Jeu 15 Oct - 13:49

tiiiiiiiiim FAN PITIE OMG JAIME voilà j'ai rien d'autre à dire Smile
sinon bienvenue parmi nous miss, on a tous hâte de voir ce que ça va donner ton personnage HAN
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Message(#) Sujet: Re: Francis Morison

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Francis Morison

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