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Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest

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Message(#) Sujet: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 4:10

Hazel-Jaime Jenna Dearing
J’aurais jamais cru qu’on pouvait se faire du mal en s’aimant trop...
Mais peut être que si.
Nom Dearing Hazel-Jaime Jenna Date et lieu de naissance 22 Septembre 1987 à Kingstown à New York. Âge 29 ans Nationalité Américaine Origines Américaine Statut matrimonial Veuve Orientation sexuelle Hétérosexuelle Job ou Activité Botaniste Date d'arrivée au Parking 22 mai 2015 Groupe nous sommes de ceux qui vivent Type de perso inventé Crédits  rhum antiqueAutorisez-vous, en cas de suppression, l'utilisation de vos scénarios et/ou familles par d'autres joueurs ? Oui.

Quand et comment avez vous emménagé au Parking ? Hazel-Jaime a déménagé le 22 Mai 2015 dans une précipitation non feinte. Elle ne supportait plus de vivre dans son ancien appartement, trop plein de souvenirs qui l'éloignaient de la réalité. Elle a fait en sorte de passer inaperçue pour éviter au maximum de faire semblant avec ses nouveaux voisins. Pas la tête à faire la conversation, encore moins à sourire et à se faire des connaissances. Voilà pourquoi peu de gens ont connaissance de sa présence dans l'immeuble, car elle est d'une discrétion à toute épreuve. Néanmoins, elle en a quand même croisé quelques voisins lors de son déménagement et elle n'a jamais été désagréable ni condescendante avec ses voisins. Elle veut juste de la tranquillité.
Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ? Au début, elle n'en pensait pas grand chose, mais appréciait simplement ce lieu neutre et dépourvu de souvenirs. Elle croyait que cet immeuble et ces nouvelles têtes allaient peut-être lui permettre de repartir d'un nouveau pied et sans doute de retrouver un peu de sa raison. Mais maintenant elle réalise que rien ne s'est passé comme prévu et que son passé la rattrapera où qu'elle aille. Elle essaye de rester "normale" vis-à-vis de ses voisins mais parfois il lui est difficile de garder son calme et de renier les hallucinations qu'elle peut avoir. Elle a peur d'attirer l'attention de ceux qui l'entoure et de passer pour une folle bonne à enfermer.
Quelle est votre réputation au sein du quartier ?
Hazel-Jaime n'a pas réellement de réputation sinon celle d'une jeune femme très mystérieuse et d'apparence fragile. Elle est un véritable fantôme et ne se montre que peu. Malgré tout elle reste polie et gentille lorsqu'elle croise les gens à partir du moment ou eux-mêmes le sont. Hazel-Jaime  ne cherche surtout pas à attirer l'attention. Elle est un mystère qui pourrait susciter la curiosité des gens, mais elle se tait. Inexorablement, elle se tait.  Après tout, elle n'est pas venue pour se faire des amis ou établir des relations avec les autres... Ou du moins, c'était en projet au début, mais les hallucinations l'ont poussée à se faire discrète. Personne ne sait vraiment ce qui se passe dans sa tête... y compris elle même.


feat Elizabeth Olsen
Têtue, droite, enjouée, déterminée, sociable, douce, passe facilement du coq à l’âne, est douée avec les mots, drôle, nostalgique. Hazel-Jaime est une bonne personne qui ne ferme pas la porte aux gens à moins que ce soit mérité. Elle a une grande faculté à discerner le vrai du faux et elle croit réellement en la bonté des gens. On peut donc mettre en avant son côté naïf et sa tendance à accorder un peu trop rapidement sa confiance. Mais elle est forte mentalement et elle ne se laisse pas faire. Ses convictions sont immenses et ses désirs très grands. Quand Hazel-Jaime commence quelque chose elle n’abandonne jamais et elle est très douée pour apprendre des choses aux gens. Elle a un rapport facile avec autrui, quelque soit l’âge des gens. En ce moment pourtant, Hazel-Jaime est plus taciturne, plus déprimée qu’à l’accoutumée. Elle a ses périodes de joie et de douleur mais elle tient pour l’instant le cap bien que cela soit parfois bien difficile.  La jeune femme a une grande force en elle qui n’apparait pas au premier regard, mais elle l’entretient tant qu’elle peut, essayant de ne pas délaisser son côté positif de côté. C’est une jeune femme honnête et douce à qui on peut se confier sans grande peine. Pourtant, Hazel-Jaime est parfois un peu égoïste et susceptible. Elle interprète tout et tout le temps, ce qui lui donne des maux de tête terribles. Quand elle vit des évènements marquants, elle écrit dans son journal pour exorciser ses pensées. Hazel-Jaime a de grandes valeurs. C’est une personne qui croit en la puissance de la famille et de l’amitié. Mais elle pense aussi que toutes les histoires ont une fin et que cela fait grandement souffrir. Elle en a eu la preuve récente et bien qu’elle désire se blinder et refroidir un peu ses ardeurs vis-à-vis des gens, elle ne peut pas s’empêcher de communiquer, partager et donner tout ce qu’elle a. Enfin, on aime souvent Hazel ou on la déteste dès les premières minutes car elle reste fidèle à elle-même. Naturellement têtue, on peut avoir avec elle de longs débats pleins de magie ou encore des conflits détestables.





C’EST ÇA LE PRÉSENT


11 Mars 2015 - 01h42
Neil,

J’ai perdu la bataille. Comme ça, on pourrait penser le contraire, mais pourtant les choses me semblent irrémédiablement perdues. Tu es le seul avec qui je suis capable d’écrire mon histoire pour essayer de l’exorciser. Je pensais être forte et pourtant l’accumulation de tout m’a complètement et définitivement achevée. Je n’accepte plus le regard que je porte sur moi-même et je sens la pitié et la tristesse au fond des pupilles de Luke à chaque fois que son regard se pose sur moi. Je l’ai entrainé sans vergogne dans ma propre chute et il porte aujourd’hui en lui les douleurs de mon passé et celles de mon futur... et tout ça en plus des siennes. Je suis une soeur indigne, une épouse terrible. Si quelqu’un tombe sur toi un jour Neil, je serai démasquée à coup sûr. Je me suis demandée plusieurs fois s’il me serait possible d’accepter le regard des autres sur moi, si on me mettrait les menottes aux poignets. Je me suis posé la question de savoir ce qu’ils diraient de cette femme apparemment simple et pure et pourtant si profondément rongée par le secret. En marchant dans la rue, je croise parfois des hommes en costard et je ne peux pas m’empêcher de ressentir mon coeur battre à s’en rendre malade. Je suffoque, je sue, je tremble et parfois même je me mets à pleurer nerveusement. Si seulement je pouvais l’effacer de ma vie, de mon esprit. Si seulement il était mort, vraiment. Il me hante tous les jours et s’insinue en moi comme un vent glacé. Et il sera toujours là, il me l’a promis. Je ne fais que vivre la vie que je mérite. Il est temps de se taire et de consentir à accepter de cohabiter avec cette horrible culpabilité qui me ronge de l’intérieur. Je ne sais pas si je vais continuer à t’écrire. Le coeur ou la raison ? Je crois que je suis incapable de faire un choix justifié.
Me débarrasser de toi serait encore le meilleur moyen pour conserver l’anonymat, mais je crois que j’ai déjà trop perdu pour abandonner mon confident.

Merci de ton aide.
HJ





ÇA C’EST L’ADOLESCENCE


7 Novembre 2004 - 15h38
Neil,

J’ai 15 ans et je t’écris ma première lettre, mais nous nous sommes déjà rencontrés. Hier soir, j’étais avec maman sur la terrasse. Nous buvions tranquillement le café comme chaque jour quand elle m’a parlé de toi. J’ai honte de t’avoir oublié et je chéris ma mère d’avoir partagé avec moi ses souvenirs. Ils sont aussi un peu les miens après tout... Je t’avoue que c’est avec une pointe d’émotion que je m’adresse à toi, ou du moins à ce que tu représentes. Je ne sais pas bien pourquoi je t’ai donné naissance car Luke ne m’a jamais mise de côté, mais une évidence est une évidence : tu étais là, avec moi, près de moi, pour moi. Neil, je tente de visualiser ton apparence à présent, mais cela fait bien longtemps que tu t’es arraché à moi. Alors, je me plais à t’imaginer : dans ma tête, tu es charismatique et simple, le sourire facile et le regard chaleureux. Tu es mon ami après tout. On dit souvent que nos sentiments rendent l’aimé plus beau. J’avais peut-être l’âge de la naïveté, mais ta présence, je l’ai ressentie et je l’ai sans aucun doute appréciée. Je ne sais pas bien pourquoi les enfants s’inventent des amis imaginaires, mais une chose demeure évidente : tu m’as fait du bien. Aujourd’hui encore, à cette seconde même je peux ressentir ta chaleur. Si je ferme les yeux et que je m’imprègne de mon environnement, je sens que tu es là. Certains diront que je ne fais que fabuler et ils n’auront certainement pas tord. Mais je crois sincèrement que tu n’es pas mort avec mon entrée dans l’adolescence. Tu t’es juste mis en retrait pour me laisser me dépatouiller avec mes propres armes. Parce qu’en grandissant avec toi dans ce monde je me serai sans doute reposée sur mes lauriers, je t’aurai laissé une place de choix et me serait par la même privée de découvrir le monde. Aujourd’hui, j’ai grandi et je commence à connaitre les gens, à comprendre mon environnement et à me cerner moi-même. Mais personne ne me connait mieux que toi. Je suis ta créatrice, tu es mon échappatoire. Et je veux te redonner cette place particulière que tu avais dans mon coeur.

À bientôt mon ami,
HJ





10 Janvier 2005 - 19h12
Très cher Neil,

Hier avec Louise, nous avons discuté de l’émancipation des femmes et du droit à l’avortement avec Mme Gauthier et j’ai ressenti un certain agacement quand Tristan est venu se joindre à notre discussion pour faire valoir ses opinions de bon vieux machiste intolérant et sexiste. Je dois bien admettre que certaines pratiques dans notre bon vieux Canada me mettent mal à l’aise. Si je tombais enceinte au Nouveau-Brunswick par exemple, je n’oserai même pas imaginer comment oser demander l’avortement en sachant bien qu’on me proposera une alternative matérielle pour que je garde mon bébé. Mme Gauthier m’a dit qu’elle me trouvait profondément engagée et que c’était une valeur rare chez les gens de mon âge. Moi, je ne comprends pas comment certains peuvent rester passifs face aux stupidités environnantes. Je ne prétends pas être quelqu’un qui soit plus investi que d’autres, mais je crois que mon cerveau et mes opinions sont là pour quelque chose et qu’il m’est nécessaire de les défendre du mieux. Luke se moque de moi souvent, mais je vois bien dans son regard qu’il est d’accord avec moi. Il se revêt d’un manteau de fierté mais derrière la fourrure se cache un homme bon et droit qui estime chacun et chacune autant qu’ils le méritent. Je suis fière de lui et de ce qu’il représente. Franchement Neil, je ne sais pas bien ce que je ferai sans lui.

HJ




12 Février 2005 - 00h02
Très cher Neil, 

Je suis allée avec Lou’ à la fête de Melinda (celle de mon cours de Philosophie). C’est une fille simple et enjouée, sa compagnie est toujours agréable alors je me suis décidée à honorer son invitation. Nous ne connaissions presque personne car les gens présents étaient là pour l’anniversaire de son grand frère que nous n’avions jamais rencontré : Je dois bien admettre ma gêne en passant le pas de la porte et en tombant sur tous ces inconnus. Melinda m’a confié qu’ils étaient d’un ennui mortel et que nous pouvions la rejoindre dans sa chambre pour passer le temps. Avec Louise, nous avons accepté puis nous avons passé notre temps à parler de tout et de rien avec Melinda. Ce petit moment passé avec elle n’a fait que me conforter dans l’idée qu’elle est incroyablement gentille et pétillante. Je songe réellement à lui faire une place de choix dans mon cercle d’amis proches. Vers le milieu de la soirée, je suis allée chercher quelques bières pour nous trois. J’admets que les étudiants de l’école de commerce sont impressionnants: ils semblent sûrs d’eux,passionnés et instruits. Et moi, à côté d’eux, je me sentai si petite, si insignifiante que je me suis dépêchée de passer entre eux pour retourner voir mes amies. Je serai bien  incapable d’argumenter autour de ce qu’il s’est passé ensuite. Je passais entre deux garçons aux épaules larges quand je me suis pris les pieds dans le tapis du salon. Je me suis lamentablement écroulée par terre. C’est incroyable comme ces moments-là peuvent être gênants. J’ai eu l’incroyable sensation d’avoir été suspendue dans l’air : comme une feuille qui vole au vent, je suis tombée au ralenti sur le parquet ciré de Mme et Mr Ray. Automatiquement, un silence a suivi ma chute et j’ai senti des quantités d’yeux inquisiteurs parcourir la surface de mon corps, comme pour déchiffrer l’identité de cette maladroite jeune fille. Mon genou me faisait mal mais pas plus que ma fierté qui venait de se prendre une giffle monumentale. J’ai hésité à lancer une blague ou quelque chose de ce goût-là, mais il m’a semblé que ces messieurs de l’école de commerce ne seraient sans doute pas très ouverts à l’humour maladroit d’une «gamine» de 16 ans. Pourtant, l’un d’eux m’a adressé la parole, ce qui m’a incitée à relever les yeux vers lui. Il était grand, la mâchoire carrée et le regard profondément bleu. Il souriait. Mais sincèrement, pas comme ses collégues qui affichaient un air moqueur et insultant. 

J’ai  pris sa main parce que je ne désirai plus qu’une chose : disparaitre. Et c’est en la lui saisissant que je me suis rendue compte qu’elle glissait. L’idée avait à peine eu le temps d’intégrer mon cerveau que je perdais à nouveau l’équilibre, emportée par mon propre poids. Dans ma chute, j’ai instinctivement tenté de me rattraper au bras du garçon qui avait tenté de m’aider. J’ai réussi. Un peu trop bien parce que je l’ai entrainé avec moi. 
Je crois que je n’ai jamais eu aussi honte de ma vie. La première fois est passée presque sans conséquences mais la seconde chute a été un véritable spectacle de foire. J’étais par terre, le regard braqué sur le plafond et lui était allongé face au sol, à moitié sur moi. Je ne m’explique pas comment tout ceci a pu arriver, mais une fois qu’il s’est relevé il avait le nez en sang et tout le monde était autour de lui, tentant désepéremment de savoir s’il allait bien ou non. Moi, je n’avais que moi-même sur qui compter et aux vues des deux désastres que je venais de créer je crois que ce n’était pas de très bon augure pour moi. Je me suis redressée tant bien que mal et ai pu constater qu’effectivement, il avait le nez couvert de ce même liquide rouille qui couvrait ma main. Je me suis sentie défaillir et malgré ma gêne grandissante, je me suis dirigée vers lui afin de me renseigner sur son état de santé. Mais une jolie blonde s’est posté face à moi avant que je ne puisse ouvrir la bouche en me disant qu’il fallait que cela cesse car j’en avais déjà bien assez fait. Elle m’a regardée comme une délinquante et j’ai senti une main sur mon épaule : celle de Drew, le frère de Melinda. Il me souriait gentiment et m’a indiqué la salle de bain pour que je puisse nettoyer ma main. C’était une façon délicate de m’éloigner, et même si j’étais devenue une paria pour deux petites chutes, je lui été reconnaissante de me laisser une porte de sortie. J’ai serré mon poing avant de me rendre compte qu’il me faisait souffrir puis j’ai hoché la tête. Je me suis retournée vers le garçon qui avait essayé de m’aider mais un attroupement s’était créé autour de lui. Qui qu’il soit, il était apprécié ou influent. Ou bien les deux. 
J’ai fais un pas vers lui et je me suis excusée trois fois sans qu’il m’entende. Drew m’a fait comprendre qu’il ferait passer le message à ma place et je suis partie la tête basse. Je ne suis jamais si maladroite d’habitude, mais là j’ai failli casser le nez d’un inconnu pour un peu d’alcool. La prochaine fois, je me limiterai au jus d’orange. 

J’y pense encore et je me sens tellement stupide. Quand je suis revenue dans la chambre de Melinda et que j’ai tout raconté aux filles elles ont eu beaucoup de peine à ne pas rire (elles ne se sont pas retenues deux heures d’ailleurs...). Je suis bien heureuse que ça ne se soit pas passé devant des personnes que je côtoie quotidiennement. Comme ça, ça parrait être seulement un incident mineur, quelque chose d’un peu humiliant... Mais ces gens.... Ils avaient une réelle présence, une classe naturelle et une aisance toute particulière à la vie en société. Je ne côtoie pas des gens comme ça tous les jours et même s’ils sont quasiment aussi jeunes que moi (ils doivent avoir entre 22 et 25 ans) je me sens si puérile et négligeable que je voudrais être transparente. 
Mais bon, j’imagine qu’ils ont déjà oublié cet incident. Ils doivent avoir autre chose à penser après tout.

Bien à toi,
HJ



18 Janvier 2005 - 16h12


Neil Neil Neil, 

En plus de m’être affichée à cette fameuse soirée, ma main ne parvient pas à guérir. Lors de ma première chute, la bouteille que j’avais dans la main gauche s’était cassée. En regardant ma main, j’ai vu l’entaille dans la chair et je n’ai pas pu m’empêcher de grimacer parce que la vision du sang et de la chair me fait tourner de l’oeil. Je me suis sentie encore plus mal à l’aise car j’avais recouvert ce garçon de mon propre sang en plus d’avoir fait couler le sien : en lui prenant la main dans un premier temps, en essayant de me rattraper à lui puis en me relevant (c’est le principe de l’accumulation des couches : sur une tartine de beurre, j’avais déjà ajouté de la confiture et de la pâte à tartiner...bref, un mélange somme toute écoeurant). Bref, à force d’écrire la plaie ne fait que je réouvrir et ça me fait mal. Ma mère m’a demandé d’arrêter d’écrire mais je dois bien prendre mes cours... Louise m’a dit qu’elle pouvait les prendre pour moi ou me les photocopier. Heureusement qu’elle est là.

HJ




18 Janvier 2005 - 16h12


Très cher Neil,

Luke et moi on a passé une soirée ensemble et il m’a parlé d’une fille qu’il aimait bien. J’ai trouvé que cette annonce était à la fois touchante et drôle : voir mon frère si emballé par une demoiselle est non seulement rare, mais aussi troublant. J’ai conscience (même si pour moi ça semblait être une ineptie) que la gente féminine le trouve particulièrement plaisant. Elles parlent toutes de ça: il est drôle, inaccessible et sûr de lui. Si elles pouvaient le voir dans son vieux short délavé tous les samedis matin au réveil, les yeux tous collés avec son haleine de rat, elles chercheraient la porte de sortie sans attendre une minute. Mais non, elles ne peuvent pas voir ce spectacle et c’est bien mieux comme ça. C’est MON image À MOI. Il s’agit là de mon privilège de petite soeur et même s’il est plus ou moins attendrissant, je le garde pour moi. Elles tomberont de haut quand elles le verront ainsi (et moi je pourrais rire un bon coup).

Luke et moi vivons sous le même toit depuis toujours. Certains frères et soeurs passent leur temps à se haïr, à oublier qu’ils ne peuvent compter que l’un sur l’autre. Moi je crois que rien au monde ne sera plus fort que mon attachement pour lui. C’est un grand fou qui mérite le meilleur et il me fait rire. Il déplaira à certains et c’est bien normal. Mais moi, je le vois avec les yeux d’une petite soeur et Luke est un peu comme un oiseau. Il s’envole un peu plus chaque jour vers ce en quoi il croit profondément. Nous devrions tous vivre comme cela. Nous devrions tous donner notre corps et notre âme à nos rêves et nos espoirs. Pour les réaliser, pour être heureux. Pour afficher sans jamais s’en départir les joies du bonheur sur notre visage. Luke est comme ça, honnête, simple, sincère.

Et  ça me fait du mal de l’avouer, mais cette fille a de la chance.
HJ





27 Janvier 2005 - 18h05


Neil, 

Ce que j’ai à te dire sort complètement du réel. Aujourd’hui, en sortant des cours avec Melinda je suis tombée presque nez à nez avec ce garçon que j’ai malencontreusement blessé à la fête de Drew. Bien heureusement, j’ai pu trouver une planque avant qu’il ne me voit, mais Melinda n’a pas très bien compris ma réaction avant que je ne m’explique. Quand elle a enfin eu tous les éléments pour comprendre, elle m’a ri au nez si fort que ça a attiré l’attention de Drew et celle de ce garçon. Ils ont trouvé notre planque en moins de deux et j’ai eu l’impression de fondre comme neige au soleil tellement la honte m’a submergée. Je suis déjà très petite mais c’est comme si j’étais à la hauteur de leurs pieds, un insecte parmi les autres. Quand il m’a vu Drew n’a pas pu s’empêcher de sourire, mais son collègue m’a regardée d’une manière bien étrange, comme on inspecte quelque chose. Minutieusement. J’ai encore plus été prise de court et c’est à peine s’il a pu m’entendre quand j’ai prononcé mes excuses. Je l’ai entendu sourire (oui, ça semble bizarre comme ça pourtant un sourire est souvent accompagné par un tas de petits éléments auditifs futiles mais signifiants lorsqu’on ne voit pas l’intéressé). J’ai alors pensé qu’il fallait que j’arrête de rougir et je lui ai fait face avec une certaine angoisse. Comme ça, il avait l’air plutôt amical, mais je ne savais pas trop comment le prendre. Je crois que j’ai encore une fois perdu la boule car en le voyant sourire et ricaner comme ça j’ai eu la sensation de me faire agresser. Je lui ai dit que ce qui s’était passé était un regrettable accident et qu’il serait temps qu’il s’en remette, car il n’avait en rien été prémédité. Qu’après tout, je n’avais pas non plus attenté à sa vie et qu’il n’y avait qu’un crétin pour se moquer ainsi de quelqu’un qui était plus faible que lui. Il s’est automatiquement arrêté de rire et il m’a regardé sans afficher aucune expression et ça a eu le don de m’énerver encore plus. Je lui ai hurlé de réagir, mais il ne l’a pas fait. Alors, j’ai attrapé son nez entre mon index et mon majeur et j’ai incliné ma main de façon à lui faire mal. Drew a poussé un cri étrange puis m’a attrapé le bras pour que je lâche son ami mais, je me suis écartée, ce qui a eu pour cause de faire pousser à ce garçon un petit cri de douleur. Aussi sadique que ça puisse paraître, cela a suffit à me satisfaire. Melinda, pendant ce temps ne pouvait pas s’arrêter de rire. Elle était littéralement pliée en deux et cherchait son air pour respirer. Ça ne m’aurait pas tellement étonnée qu’elle s’effondre par terre raide morte à ce moment-là tant elle était incapable de mettre fin à son hilarité. L’expression aurait ainsi pris tout son sens.

À la place de ça elle a continué à rire. J’ai finalement lâché le nez de ce garçon et il s’est redressé avec un regard de tueur. Il s’est remis à saigner et quand il s’en est rendu compte il a poussé un soupir exaspéré. Son nez devait encore être sensible depuis la dernière fois et je n’avais fait qu’empirer les choses. Je me suis aussitôt sentie stupide et coupable (oui, je passe du coq à l’âne tu peux le dire...). Alors j’ai essayé de garder la face mais j’ai lâché un minable «Ça va ?» qui a fait voler les apparences en éclat. Il s’est redressé et il n’a fait que répéter ce que je venais de dire sur un ton ironique et sévère. Puis il s’est retourné vers moi et a prit ma tête dans ses mains. Je me suis demandé ce qu’il allait faire, persuadée de recevoir un coup dans la tête. Mais non. Il m’a juste regardée pendant ce qui a semblé une éternité puis m’a dit d’une voix calme et silencieuse : «Tu es loin d’être faible

Ce type est fou. Je manque de lui casser le nez, je recommence une seconde fois, je le traite de crétin et il tente de flatter mon égo ?
Mais cette pensée ne m’a pas traversée l’esprit bien longtemps quand il a ajouté d’un ton fort antipathique : «par contre, tu es une sale petite garce».

Bon, je ne pouvais pas prétendre le contraire aux vues de tout ce que je lui avais fait vivre. Mais c’était quand même vexant et j’ai pris grand soin de lui écraser le pied en partant.
Non mais !

HJ





23 Mars 2005 - 13h33


Neil, 

J’ai décidé de me lancer dans des études de botanique. Quand je suis à l’extérieur, que j’ai tout le loisir  de respirer un air frais et de me nourrir des merveilles que la nature nous a offert, je me sens libre et détendue. Quand je m’assied devant un fleur et que je sens son parfum, quand je m’imprègne de sa candeur et de son allure, j’ai envie de lui ressembler. Je n’avais jamais compris cela avant de me poser la question avant-hier. Ne doit-on pas nous diriger vers ce qui nous transcende et nous passionne ? Je crois avoir trouvé ma voie et je me donnerai les moyens de réussir. Tu me connais. Je ne lâche jamais prise.
Maman est ravie : c’est la première à mettre les mains dans la terre pour embellir notre environnement. Elle aime se ressourcer dehors, elle aime se détendre dans le jardin. Elle me comprend et ça ne fait que mettre mon coeur en joie.
Tout est devenu tellement évident lorsque je me sus réellement demandé ce qui me rendait heureuse, ce qui m’apaisait. J’ai l’impression de faire un pas de plus dans la  vie et c’est ce que j’espérais de tout mon coeur. Avancer, prendre le bon chemin. Et je crois ne pas me tromper cette fois-ci.

Bien à toi,
HJ





10 Mai 2005 - 13h17


Neil, 

Ça fait très longtemps que je ne t’ai pas écrit et je m’en excuse platement. Mais les choses se sont enchainées très rapidement et c’est vrai que je n’avais que peu de temps à consacrer à autre chose que mes cours. Les examens approchent, mais je n’ai aucune crainte : j’imagine mal comment je pourrai ne pas les avoir. Louise et moi nous nous retrouvons tous les soirs pour travailler et les choses avancent bien. Quand nous en avons assez, nous allons nous faire un peu de thé ou un chocolat chaud et nous parlons des ragots et des garçons qui nous plaisent. J’ai bien conscicence que ce ne sont que des conversations d’adolescentes mais après tout j’en suis une et avec Louise, nous sommes tellement en harmonie que les choses sont faciles et les conversations fluides. Elle me voit bien avec Daniel Wellington et j’admets avoir bien rigolé en m’imaginant avec lui. Ce garçon est trop mou pour moi, bien que gentil comme un coeur. Je ne veux pas me lancer pour ma première relation avec quelqu’un qui ne m’inspire pas uniquement dans le but de «passer le cap». Il s’agit de mon corps, de mon coeur et je préfère être attentive pour ne pas les malmener. Mais je dois avouer que les garçons que je côtoie au quotidien ne m’inspirent pas beaucoup et qu’ils sont un peu trop gamins pour moi.

Je ne cherche pas vraiment en réalité. J’espère juste que je tomberai sur quelqu’un de bien, de bon et de brave.

Mais les examens sont plus importants. Bien plus importants.

Bien à toi,
HJ





03 Juillet 2005 - 17h10


Mon ami,

J’ai eu mes examens et cela n’a pas étonné grand monde mais a ravi l’ensemble. Mon frère n’avait pas plus de doutes que moi et mes parents sont fiers comme des paons. Je suis d’autant plus heureuse que Louise et Melinda sont aussi diplômées. Mes deux petites loutres sont talentueuses et elles méritent cette réussite.
Maintenant, il va falloir se préparer à intégrer ma nouvelle formation et me lancer dans la vie d’étudiante. C’est un nouveau départ loin des filles mais proche de mes rêves. nous garderons contact, c’est certain. Il y a des amitiés pour lesquelles nous n’avons aucun doute et celles-là en font partie.

Si je pouvais t’embrasser très fort crois bien que je le ferai Neil,
Avec tout mon coeur,
HJ





21 Juillet 2005 - 14h08


Neil,

Nous sommes allées fêter nos examens chez Melinda. Elle avait organisé une grande fête où je connaissais enfin la plupart des invités. J’ai passé pas mal de temps à boire et je dois bien avouer que je n’étais pas totalement clean. Louise non plus et Melinda tentait vainement de maintenir les débordements avec son frère pour garder la maison dans un état à peu près acceptable. Je dansais comme une petite folle et je dois avouer que je me suis quand même bien amusée ! Mais en milieu de soirée, alors que je dansais collé-serré avec Martin Gallagher, je me suis sentie mal et je me suis précipitée dans le jardin pour vomir. Ce n’était pas très sexy ni très élégant, mais ça m’a soulagée. Je crois avoir eu la main trop lourde avec l’alcool, car j’avais vraiment la sensation d’être dans la troisième dimension. J’étais accroupie dans l’herbe, suante et faible. Mes bras tremblaient comme des feuilles et je me souviens avoir lâché les avants-bras et m’être effondrée dans par terre, les cheveux couverts de cette substance déplaisante que contenait quelques secondes avant mon estomac. J’avais du mal à respirer et ma vision était trouble. J’ai appelé à l’aide parce que je n’arrivais plus à me relever et que je risquais d’avoir du mal à rejoindre les autres par mes propres moyens. Beaucoup de choses ont traversées mon esprit : d’une, si mes parents me voyaient ils serraient dépités. De deux : si Luke me voyait, il serait tellement en colère qu’il me jetterait probablement d’une falaise. C’était la première fois que je buvais tant et je crois que ce sera la dernière. Je crois que je suis restée là des heures, la jupe relevée sur mon bassin et les vêtements couverts de ce que j’avais dégobillé peu de temps avant.

C’est alors que j’ai senti quelqu’un m’attraper les bras et me soulever délicatement du sol. J’ai senti des bras entourer ma taille et me relever sur mes pieds. Une voix, celle d’une garçon, m’a demandé si je pouvais marcher. Mes jambes se sont finalement dérobés sous le poids de mon corps et cela a suffit à donner une réponse à mon sauveur qui m’a rattrapée avant que je ne m’effondre complètement. J’ai senti qu’il était fort, les épaules carrées et j’ai compris qu’il s’agissait probablement de Martin. Tout le monde me rabâchait sans arrêt qu’il avait envie d’être avec moi. Mais à cet instant précis, je me rendais compte qu’il devait sacrément en avoir envie pour m’aider malgré l’état dans lequel je me trouvais.
Martin m’a attrapé les jambes et m’a portée comme une princesse (oui bon ok, une princesse transpirante, vomissante et bourrée, mais une princesse quand même). J’ai senti de la lumière à travers mes paupières clauses et du bruit. Cela m’a fait mal au crâne et j’ai prié Martin de me sortir de là. Il n’a rien dit mais j’ai senti qu’il se dépêchait et m’emmenait loin du monde. Il m’a emmenée dans la salle de bain et m’a déposée dans la baignoire. Je l’ai sentie en sentant la surface lisse et froide. Je me suis effondrée dans ce cocon et j’ai entendu des bruits ci et là, puis une porte qui s’ouvre et une voix familière: celle de Louise. Elle a appelé mon nom plusieurs fois, m’a caressé les cheveux et m’a dit que ça allait bien se passer. Puis j’ai senti qu’on me passait un gant sur le visage, les bras et qu’on me mouillait les cheveux. C’était froid mais agréable et ça m’a un peu soulagée. Puis la porte s’est ré-ouverte (ou fermée, j’en sais rien) et j’ai senti qu’on me déshabillait. J’ai eu la présence d’esprit de demander qui faisait cela et c’est la voix de Louise qui m’a demandé de ne pas m’inquiéter, qu’elle allait juste me mettre des vêtements propres. J’étais soulagée et j’ai essayé de l’aider autant que je le pouvais puis, je crois que je me suis endormie car je ne me souviens plus de rien jusqu’à ce fameux moment où j’ai ouvert les yeux dans la chambre d’ami.
Ça n’allait pas beaucoup mieux, mais je pouvais distinguer les choses avec plus de clarté. Louise était à côté de moi et elle me tenait la main. Un garçon la portait sur ses genoux et l’embrassait dans le cou. Elle riait en lui disant d’arrêter, puis quand elle m’a sentie bouger elle s’est redressée d’un coup d’un seul et s’est agenouillée sur le lit pour me demander comment j’allais. J’ai souri en voyant qu’elle était avec Liam (un garçon qui lui tourne autour depuis deux ans et qu’elle refoule sans arrrêt alors qu’il a littéralement craqué sur elle) et je lui ai dit que j’allais bien et qu’elle pouvait y aller. Elle a semblé rassurée et m’a confiée qu’elle repasserait régulièrement pour voir comment ça allait pour moi. J’ai souri et j’ai acquiescé la tête et juste avant qu’elle ne parte je lui ai demandé de remercier Martin pour moi. Elle s’est tournée vers moi en fronçant les sourcils. Cela m’a semblé étrange car elle semblait ne pas comprendre, mais je n’ai pas relevé. Ensuite, elle est partie et je me suis tournée sur le côté pour être mieux installée. Louise et Liam. Étrange mais très cool.
Ça n’allait pas beaucoup mieux, mais au moins j’avais plus ou moins conscience de ce qui se passait autour de moi. Martin était vraiment un ange. Je comprenais alors que j’avais peut-être eu tord de le faire attendre si longtemps et je me suis juré de lui laisser une chance.

Je me suis à nouveau endormie et je ne sais pas bien quand je me suis réveillée, mais il y avait beaucoup moins de bruit qu’auparavant. Il y avait un verre d’eau et une tasse de café tiède sur la table de chevet à côté de moi et j’ai tendu la main pour attraper le verre d’eau, mais je l’ai lâché sans le vouloir et il s’est brisé sur le sol, répandant de l’eau partout. J’ai lâché un juron et je me suis laissée tomber sur les draps en pleurant. J’avais mal à la tête, j’étais un boulet pour mes amies et en plus je foutais le bordel. J’avais juste envie de retourner quelques heures en arrière pour boire autre chose que de la vodka.

J’ai entendu quelqu’un s’approcher de moi et me demander si j’allais bien. C’était une voix masculine et j’ai relevé la tête pour faire face à Martin. Mais ce n’était pas lui.
Mon Dieu.

C’était ce type à qui j’avais failli casser le nez des mois auparavant. Que j’avais insulté et à qui j’avais écrasé le pied.

Je suis restée paralysée face à cette vision et j’ai essayé de faire le parallèle entre la voix que j’avais entendue quand on m’avait sortie du jardin et celle-là. Ce n’était donc pas Martin, c’était lui. Et ça expliquait aussi la tête intriguée de Louise quand je lui avais demandé de remercier Martin pour moi. J’espérais qu’elle ne l’avait pas fait.

J’ai essuyé mes larmes et je me suis précipitée sur le sol pour nettoyer les morceaux de verre, mais je me suis entaillée la main au même endroit que la dernière fois. Ironie du sort, je n’étais même pas capable d’évaluer la distance. Je me suis remise à pleurer (maintenant avec le recul, je me rends compte que c’est la faute de l’alcool et de la fatigue, mais sur le moment j’étais réellement et définitivement triste à en mourir. Je crois que j’ai fait un bad trip) Le garçon s’est approché de moi rapidement et il il a attrapé ma main pour regarder la coupure. Il m’a demandé de me calmer, que ce n’était pas bien grave puis il est parti. J’avoue ne pas avoir compris comment il pouvait me demander de me calmer et ensuite m’abandonner là, mais il est finalement revenu quelques minutes plus tard avec du désinfectant, des compresses et du scotch médical. Je pleurais toujours et je ne m’étais même pas rendue compte que j’avais tâché les draps avec mon sang. Le garçon s’est approché de moi en vitesse et a commencé à soigner ma main.
Il a commencé à me raconter les choses qui s’étaient passées pendant la soirée pour me divertir et ça a finalement fonctionné. Je ne pleurais plus, mais je reniflais régulièrement. Il a terminé mon pansement et il a retiré la couverture tâchée puis il m’a demandé si j’avais besoin de quelque chose. La seule demande qui m’est venue à l’esprit c’était Luke. Il a haussé les sourcils puis il s’est mis à rire. Puis, Melinda est entrée dans la chambre et elle a accourue vers moi lorsqu’elle a vu mes yeux rouges. Elle m’a prise dans ses bras et elle a demandé ce qu’il s’était passé ici en voyant le verre par terre. Je lui ai dit que j’étais désolée, que j’étais un boulet et une amie qui craignait... Et puis le garçon s’est levé et s’est excusé en disant qu’il n’avait pas fait exprès de casser ce verre et que j’avais gentiment voulu ramasser les morceaux avant de me couper. Melinda m’a caressé la joue en disant que ce n’était rien du tout et j’ai senti au ton de sa voix qu’elle le pensait réellement. Elle m’a fait un bisou sur le crâne et elle s’est retournée vers le garçon en souriant. Puis elle a dit : «Merci d’avoir pris soin d’elle Daryl».

Puis elle s’est approchée de lui et elle lui a fait le bise en souriant.

J’ai regardé ce garçon et je ne comprenais pas bien pourquoi il avait pris soin de moi malgré ce qu’il s’était passé quelques mois plus tôt. il était soit fou, soit stupide.
Une minute plus tard, la blonde qui m’avait empêchée de lui parler lorsque nous étions tombés des mois auparavant est entrée dans la chambre. Elle m’a fait un sourire faux et s’est approchée de moi en toute hâte en me demandant avec toute l’hypocrisie qui était la sienne comment ça allait. Mon visage a dû exprimer tout mon dégoût parce qu’elle a ensuite dit que je n’avais effectivement pas l’air dans mon assiette. Puis, elle m’a tapoté la main (et elle m’a fait mal, bien entendu) et est allée s’asseoir sur les genoux du prénommé Daryl. Et ensuite, elle l’a embrassé et lui a caressé le visage. J’ignore bien pourquoi, mais cela m’a donné la nausée.

Plus tard dans la soirée Louise est arrivée et a appelé Luke qui est arrivé en moins de deux. Il a commencé à me réprimander, à me traiter de folle, mais Melinda lui a fait comprendre que ce n’était sans doute pas le moment alors il a arrêté et est resté à mes côtés tout le reste de la nuit.
Daryl, la blonde et Louise sont partis chez eux. Martin n’a pas montré son nez et Melinda était partie nettoyer le salon avec Drew.

Au petit matin, Luke m’a portée jusqu’à sa voiture et m’a emmenée à la maison en passant par la porte de derrière pour m’éviter d’avoir à faire aux parents. On a beau dire tout ce que l’on veut, mon frère est juste génial.

J’avais dit que j’arrêtais l’alcool et cette fois-ci je vais m’y tenir. Cette soirée m’a définitivement dégoûtée de la vodka et de tous ses copains.

HJ





29 Juillet 2005 - 12h14


Neil chéri, 

Les vacances se passent bien. Melinda part deux semaines début août donc je peux encore profiter un peu de sa présence (surtout que Louise passe pas mal de temps à bécoter Liam. Je suis un peu jalouse, non seulement parce que mon amie est occupée «ailleurs» mais également car moi-même, je n’ai pas grand chose à tripoter depuis que Martin m’a laissée croupir dans mon vomi à la soirée de Melinda). Aujourd’hui ça va mieux et cette mésaventure appatient au passé. Les filles ont eu la gentillesse de passer cet incident dans les sujets clos et Luke a gardé le secret sur ma beuverie. Mon esprit est focalisé sur ma rentrée et je profite aussi de ce vent de liberté pour continuer les manifestations pour l’égalité des sexes. Melinda m’a accompagnée l’autre jour et j’ai été étonnée de son dévouement. Elle s’est donnée comme jamais et cela m’a donné le sourire. C’est une véritable amie et j’ai plaisir à la fréquenter. Me dire que nous serons séparées l’an prochain me fait mal au coeur et me perturbe énormément. 
Mais il faut avancer et nous resterons liées quoi qu’il en coûte. 

Bien à toi, 
HJ




1er Aout 2005 - 19h02


Neil,

Je suis allée manger chez Melinda et passer la journée chez elle. Pour une fois qu’il fait beau, nous avions l’idée d’utiliser sa piscine intérieure (oui, je ne l’avais jamais précisé, mais la famille de Melinda est plutôt aisée). Louise étant partie quelques jours avec ses parents, nous devions donc être toutes les deux. Nous devions.
Je suis arrivée chez elle toute pimpante, le sourire jusqu’aux oreilles et réellement partante pour faire une petite baignade entre filles. Nous sommes allées nous mettre en maillots dans sa chambre puis nous sommes parties boire un cocktail fait par ses petites mains avant de nous diriger vers sa superbe piscine intérieure.
C’est là que je les ai vus. Drew, un grand brun maigre, un petit châtain trapu et, au bord de la piscine, les pieds dans l’eau en train de discuter avec Drew, Daryl. Melinda a poussé un petit cri en les voyant et m’a lancé un regard d’excuse. Puis je l’ai vue faire le tour de la piscine et aller voir son frère pour discuter avec lui. Il s’est éloigné de Daryl et est allé s’isoler avec sa soeur. J’ai bien vu sur le visage de Melinda que la discussion n’était pas pleine de paillettes et de licornes arc-en-ciel. J’ai soupiré et j’ai enroulé ma serviette autour de ma poitrine. Ce n’est pas nouveau, mais je ne suis pas forcément à l’aise avec mon corps et les regards des amis de Drew sur moi ne faisaient que me mettre encore plus mal à l’aise.
J’ai vu que Daryl me fixait et cela avait tendance à me gêner un peu. Mais les deux autres amis de Drew se sont approchés de moi puis ils sont venus se présenter avec un grand sourire. L’un s’appelait Jordan et l’autre Matt. Je reconnaissais Jordan (le petit trapu) pour l’avoir croisé du regard le jour où nous étions tombés avec Daryl, mais pas le moindre souvenir de Matt. Et bien que les deux semblaient agréables et avenants, il m’était difficile de leur faire la discussion dans la tenue dans laquelle je me trouvais. Et je dois bien avouer que les voir si déshabillés ne m’aidait pas non plus... Je devais avoir l’air un peu stupide comme ça, les joues rouges et le sourire crispé, mais ils m’ont mise à l’aise malgré tout. Puis Daryl est arrivé derrière eux et m’a accordé un sourire. Je lui ai rendu mais j’ai prié Dieu pour que quelque chose se passe parce que je ne savais plus quoi faire avec tous ces inconnus autour de moi. C’est là que j’ai entendu Melinda derrière Daryl et j’ai poussé un soupir de soulagement. Elle est apparue dans son petit bikini bleu marine et elle m’a entraînée un peu plus loin après avoir salué les garçons. Quand elle s’est tournée vers moi, elle respirait la gêne et le malaise. Je l’ai écoutée me dire qu’elle était désolée, qu’elle n’était pas au courant que son frère avait invité des amis et je me suis liquéfiée sur place quand elle m’a proposé de rester quand même. Malgré tout, j’ai hoché la tête en me demandant comment j’allais trouver le courage de retirer ma serviette avant d’entrer dans l’eau. J’ai acquiescé puis elle m’a assuré que ces gars étaient très sympa et que je n’avais pas à m’en faire.
J’avais bien entendu confiance en elle, mais en dehors du fait que nous étions à moitié nues et que je n’aimais pas trop mon corps je me retrouvais avec Daryl que je devrais sans doute remercier après tout ce qu’il avait fait pour moi.

Je suis restée debout à les regarder s’éclater pendant au moins un quart d’heure. Je voyais bien que Matt et Jordan me lançaient des regards en coin, sans doute étonnés que je ne bouge pas d’un pouce. Mais j’étais comme paralysée et c’est Melinda qui est venue à mon secours au bout d’un moment. Elle a lancé à voix haute quelque chose du genre : «Tous sur Drew !» et les garçons ne se sont pas fait attendre pour se précipiter sur lui. Pendant ce temps, Melinda m’a fait un petit signe de la main pour que j’entre dans l’eau sans me sentir mal à l’aise. C’est ce que j’ai fait après lui avoir accordé un sourire reconnaissant.

L’eau était froide, mais je n’avais pas vraiment le loisir de passer un moment à y entrer progressivement. Melinda est venue vers moi et m’a prise dans ses bras puis elle m’a lâchée et s’est mise à me chatouiller sous l’eau. Cela a eu le mérite de me détendre.

Nous avons passé pas mal de temps dans l’eau à barboter. Je ne quittais pas Melinda d’une semelle. Après quelques mots échangés avec Drew, Matt nous a rejoints et s’est mis à parler avec moi pour savoir ce que je faisais et quel âge j’avais. Je lui ai répondu honnêtement puis nous avons parlé de tout et de rien. Il était gentil et avenant et j’ai senti qu’un certain feeling se faisait entre nous. Plus loin, Jordan parlait à Daryl et ils semblaient nous lancer des regards inquisiteurs. J’ai perdu un peu de ma spontanéité sous ces regards insistants et Matt a suivi mon regard. Quand il a  vu que je regardais ses amis, il s’est retourné vers moi en me disant que j’étais devenue une petite star pour eux. une petite star ? J’ai répété ces mots, assez étonnée du terme. Puis il s’est éclairci la gorge et a recommencé :

«Oui bon, notre petite mademoiselle catastrophe quoi.»

C’est là que la colère est revenue pour empourprer mes joues. Je crois que Matt l’a perçu, car il s’est dépêché de m’expliquer que ce n’était pas du tout méchant, mais qu’ils me trouvaient attachante avec toutes les mésaventures qu’il m’arrivait. J’avais bien envie de lui coller ma main dans la figure en lui signifiant que deux petits incidents n’avaient pas à faire de moi une miss catastrophe, mais il me fit un sourire si honnête que ma répartie s’est envolée en une seconde. J’ai soupiré et je suis allée voir Daryl pour avoir quelques explications. Je suis arrivée en trombe (ou du moins, aussi vite que l’eau me le permettait) et je lui ai bien fait face (quand il m’a vue arriver et fixer Daryl, Jordan s’était écarté pour aller vers Matt).

Mais une fois face à lui (il était assis sur le rebord de la piscine) je me suis trouvée encore une fois petite et insignifiante. J’ai vu son expression et il s’est dépêché de me devancer en me disant ceci :

«Je ne sais pas ce que Matt a bien pu te dire, mais ce n’est pas ce que tu penses. Je vois bien à ton expression que tu es venue me faire des reproches, mais ce n’est pas le moment. Que je sache je ne t’ai jamais rien fait de mal.»

Cela a eu le don de me couper le sifflet et je l’ai regardé, complètement abasourdie par cet aspect de sa personnalité que je n’avais jamais vue auparavant. Je ne décrochais pas mon regard de lui et il en a profité pour s’en aller en me snobant totalement, me laissant ainsi seule et honteuse. Je venais de me faire refouler comme une enfant et me rendait surtout compte qu’il avait raison. Jamais il ne m’avait fait de mal, jamais il n’avait fait quelque chose contre moi (ou du moins, pas avant que je le fasse moi-même). J’ai alors compris que j’avais agis comme une adolescente stupide et que j’avais même été très impolie avec lui. Je me devais de me confondre en excuses. Je suis allée vers Melinda pour lui raconter tout cela et j’ai vu dans son regard rieur qu’elle avait quelque chose en tête. Je l’ai questionnée à ce propos, mais elle a refusé de me dire quoique ce soit tant que je ne prenais pas mes responsabilités en allant le remercier pour la dernière fois et en m’excusant pour mon comportement. Elle avait raison bien entendu et c’est ce que j’ai fait : je suis partie le voir, aussi timide que je pouvais l’être et une fois devant lui il m’a à peine accordé un regard. Il s’apprêtait à partir en sens inverse, mais je l’ai retenu par le bras et il a daigné se retourner vers moi, peut-être un peu étonné par ma réaction. Au début, je l’ai regardé sans trop savoir quoi dire puis je me suis excusée. Vraiment. Je lui ai dit que j’avais été une idiote et que j’étais la seule à avoir quelque chose à me reprocher. Que malgré mon comportement, il avait toujours été droit et calme et que je trouvais ça brave de sa part. J’ai baissé la tête, un peu honteuse et il m’a mis une main sous le menton pour le redresser et que je puisse croiser son regard. J’ignore pourquoi je me suis sentie si petite à ce moment-là, mais je dois avouer que Daryl est impressionnant : il est élégant et fort et j’admets que le voir comme cela, souriant avec la lumière qui formait un halo dans son dos tout en dessinant sa silhouette le rendait extrêmement attirant. J’ai essayé de garder mon calme et de lui rendre son sourire et il m’a finalement lâchée pour ensuite me dire que tout était pardonné depuis longtemps et que si j’étais d’accord, nous pouvions devenir des amis. Étrangement, je me suis sentie un peu mal à l’aise à cette évocation mais j’ai hoché la tête. Puis, nous avons parlé un moment tous les deux, libérés de toutes les mésententes passées. Il était drôle, intelligent et sortait régulièrement des phrases auxquelles personnes n’auraient jamais songé tant elles étaient le fruit d’une réflexion poussée. Je trouvais cela plutôt captivant et intriguant. Et ce n’était pas uniquement de l’intelligence, mais bel et bien de l’éveil, de la curiosité et de la présence d’esprit. Il m’a avoué avoir 22 ans et être passionné par l’équitation. Je lui ai demandé qui était cette blonde qui le suivait partout et il a eu un sourire suivi d’un soupir. Je n’ai pas vraiment su comment interpréter sa réaction, mais dans tous les cas il m’a répondu qu’elle s’appelait Jodie et qu’elle était sa petite amie depuis un an et demi. J’ai hoché la tête en souriant et suite à ça j’ai été incapable de dire quoique ce soit. Un silence gêné s’est installé entre nous et son regard insistant ne m’a pas beaucoup aidée à me sentir à l’aise. Alors je lui ai dit que j’allais voir Melinda et je suis partie en le laissant seul. Quand je suis revenue vers mon amie j’étais complètement perturbée et elle l’a bien compris. Elle m’a regardé en souriant et j’ai compris ce qu’elle avait en tête peu avant.

«Il te plait, pas vrai ?»

Je lui ai juré que non, mais  je n’en étais pas certaine moi-même. Et puis il était trop vieux, trop intelligent pour une fille comme moi. Et en plus de tout, il avait un goût terrible en matière de fille et je refusais l’idée même de ressembler à cette blonde. Je suis restée songeuse un bon moment, le regard perdu dans le vague, incapable de regarder Daryl dans les yeux même une seconde. Nous sommes encore restées une petite heure puis nous avons quitté le bassin toutes les deux. Melinda m’a montré la salle de bain et j’ai pu prendre une douche pour me départir de  cette odeur de chlore typique à celle d’une piscine. Pendant cette douche je n’ai pas arrêté de penser à Daryl, à ce qu’il pouvait bien penser de moi et surtout à ce qu’il faisait avec cette fille. J’ai ensuite enfilé ma petite robe bleue marine (si facile à enfiler quand on sort d’une bonne douche) et j’ai coiffé mes cheveux mouillés. Quand je suis sortie de la salle de bain pour retrouver Melinda, je suis tombée face à face avec Daryl. J’avais l’impression qu’il attendait là depuis un moment et je lui ai lancé un regard curieux, ne comprenant pas bien ce qu’il en était. J’ai alors réalisé qu’il était encore en maillot et qu’il désirait probablement se doucher lui aussi. Je me suis alors écartée pour le laisser passer tout en m’excusant si j’avais été longue et il a passé le pas de la porte si vite que je n’ai pas eu le temps de m’en rendre compte.
Ce qui s’est passé ensuite, je n’arrive toujours pas à le croire. Il est entré, m’a faite reculer doucement et a fermé la porte derrière lui. J’ai commencé à bégayer que je devais sortir, mais il s’est tourné vers moi et m’a attrapée par les bras pour me rapprocher de lui. Je me souviens que mon coeur s’est complètement emballé, secoué par tant de proximité après une mise à distance si évidente de nos corps et de nos esprits. Il a passé une main dans mes cheveux et je pouvais sentir sa respiration rapide et troublée. Il m’a attrapée par la taille, m’a soulevée comme si j’étais une plume et m’a assise sur le lavabo de la salle de bain. J’étais tellement perturbée que j’en suis restée tétanisée. Mes yeux étaient fixés sur lui quand mon coeur semblait courir un marathon. Il a posé ses mains sur mes joues et m’a regardée un instant. C’était un regard insistant comme il en avait l’habitude, mais je ne pouvais pas m’empêcher de le lui rendre tant j’étais choquée par son attitude.
Puis il s’est approché de moi et m’a embrassée comme jamais on ne l’avait fait avant. On sentait derrière ce baiser qu’il y avait de la chaleur, de l’expérience et de la passion. Moi, j’étais perdue et troublée, partagée entre le fait de le repousser et de tomber dans ses bras. Il a continué à m’embrasser puis m’a attirée contre lui. J’avais eu l’occasion de voir que son corps était dessiné et athlétique mais le sentir contre moi c’était autre chose. Troublant, excitant. L’humidité de sa peau mouillait ma robe là où nous étions enlacés et j’ai tout oublié à ce moment-là. Je sentais mes joues rouges et ma peau brûlante. Lancée dans l’action, je me suis laissée guider par Daryl jusqu’à ce qu’il glisse une main sur ma poitrine. Gênée, je l’ai repoussé d’un coup. Il a reculé et a glissé mais bien heureusement, il s’est rattrapé sur le rebord de la baignoire avant de s’exploser le crâne contre le carrelage. Je me suis précipitée sur lui en m’excusant. Il m’a lancé un regard étrange tout en se redressant et s’est mis à sourire et en m’assurant que ce n’était rien. Mais je voyais bien qu’il était gêné lui aussi. Je venais de le repousser comme s’il n’était qu’un pauvre pervers dégoûtant alors que je n’avais pas pensé ainsi même une minute. C’est juste que je n’avais aucune expérience avec quiconque ou tout du moins que tout s’était limité à des baisers. Neil, ce que j’ai ressenti à ce moment-là je crois que je ne pourrais pas l’oublier même si je ne le comprends toujours pas. Moi ? Une gamine de 17 ans ? Je l’intéressais ? Je continuai de le regarder et j’ai compris qu’il fallait que je me justifie. Je me suis approchée de lui, aussi rouge qu’une tomate et je lui ai dit que je n’étais juste pas prête à aller jusque là. Il m’a regardée dix secondes sans montrer aucune expression puis a hoché la tête avec un sourire compréhensif. Il a à nouveau passé une main sous mon menton et s’est arrêté un instant pour me regarder. J’étais paralysée à nouveau, incapable de faire autre chose que le regarder. Il a passé une main dans ses cheveux mouillés et il m’a dit que ce n’était pas grave, que je n’avais pas à me sentir gênée et qu’il s’excusait s’il avait été trop entreprenant. Je l’ai regardé pour cerner ses pensées, voir s’il était sincère ou non mais ça semblait être le cas. Malgré tout il avait l’air gêné et pensif. Il a commencé à esquisser un pas pour partir ,mais je l’ai retenu par le bras. Il s’est tourné vers moi, m’a regardée et attendait que je fasse quelque chose. Je suis restée encore tétanisée face à lui puis, je me suis reprise et je l’ai embrassé sur la joue avant de lui accorder un sourire et de partir précipitamment. Quand je me suis retournée pour lui jeter un dernier coup d’oeil il esquissait un sourire. Cela m’a réconfortée et j’ai fermé la porte délicatement avant de pousser un soupir. Je n’avais pas réellement compris ce qu’il venait d’arriver, mais une chose était certaine : il se passait quelque chose entre ce garçon et moi. Et je le crois toujours. Neil, quand je suis retournée dans la chambre de Melinda toute mouillée j’ai été incapable de lui expliquer pourquoi j’étais dans cet état. Elle n’a pas insisté mais je sais qu’elle me posera des questions plus tard. Juste le temps pour moi de remettre mes idées en place.

Je ne sais plus vraiment quoi dire ni quoi faire Neil...
Je vais prendre le temps de la réflexion.
HJ





04 Aout 2005 - 19h27


Neil,

Voilà, j’ai parlé avec Louise et Melinda et elles semblaient relativement... inquiètes. J’avoue que je m’attendais à autre chose de la part de deux esprits libres et enthousiastes comme elles... Mais elles sont la preuve vivante que rien ne peut revêtir l’habit de l’évidence. Elles m’ont écoutée, posément, calmement et ne m’ont même pas coupée au milieu pour pousser des petits cris enthousiastes. Quand j’ai demandé leur opinion sincère, elles m’ont regardée comme une petite fille et j’ai eu la sensation d’avoir deux mamans face à moi. Elles m’ont dit de me méfier, qu’il avait l’air d’être différent des autres garçons et que le fait qu’il s’intéresse à moi en particulier alors que nous n’avions rien en commun les intriguaient beaucoup. J’aurai pu le prendre mal (et d’ailleurs, c’est ce que j’ai ressenti les dix premières secondes), puis j’ai réalisé qu’elles étaient honnêtes, tout simplement. Pas de faux semblant, juste de la vérité. Elles s’inquiétaient qu’il se joue de moi et c’était une belle preuve d’amitié de leur part.

Pourtant, je n’étais pas tout à fait d’accord avec elles et j’ai réellement pris conscicence que je m’étais entichée de ce garçon. Il m’apaise et me rassure. Et notre petit moment dans la salle de bain était si particulier que je crois en son honnêteté. Je pense surtout que seuls les concernés peuvent comprendre ce qu’ils ressentent et c’est à moi de prendre ma décision finale.

Voyons voir.
HJ





Guiguidelphe
passe ta souris !
Alors je m'appelle Delphine, j'ai 23 ans et je suis sur des forums depuis un peu plus de 10 ans. en général, je fais en sorte de me connecter régulièrement et de répondre rapidement. En ce qui concerne mes posts, ils sont en général assez longs. J'aime les liens fouillés et j'adore ce forum et son concept. J'espère que je vais me plaire ici  I love you
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Dernière édition par Hazel-Jaime Dearing le Sam 26 Sep - 20:20, édité 32 fois
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 4:29






08 Aout 2005 - 11h08

Neil,

Je ne savais ni quand ni comment je pourrais revoir Daryl, mais avant même d’avoir trouvé la solution j’ai eu la surprise de recevoir une lettre de sa part que m’a transmise Melinda. Elle est venue chez moi avec un sourire à 10h du matin et elle m’a remis la lettre en mains propres. Elle savait aussi que je me posais des questions sur lui et que cela me taraudait grandement. Je te colle sa lettre à la suite :


Hazel-Jaime,

Je me suis demandé de nombreuses fois comment tourner les phrases, comment manier les mots pour te dire ce qui me taraude depuis la dernière fois. Malgré tout, je ne suis pas certain de comprendre ce qui s’est passé l’autre jour. Je ne te cache pas que j’éprouve quelques remords, notamment envers Jodie car j’ai brisé sa confiance au moment où je t’ai embrassée. Je ne me suis pas reconnu dans ma réaction, j’ai eu la sensation d’être possédé par un étranger. Jamais je n’ai osé rompre la confiance qu’une petite-amie avait posé en moi et ce qui s’est produit l’autre jour m’a déçu de moi-même.

Je ne sais pas comment tu prendras ces lignes mais j’espère que tu comprendras mon raisonnement car il ne te dénigre en aucun cas. Tu as été parfaite et m’a empêché de franchir purement et simplement la limite. Je t’en remercie car en faisant cela tu t’es non seulement respectée mais tu m’as permis de m’aider à me regarder dans une glace.
Pourtant, cet épisode avec toi m’a aussi aidé à confirmer plusieurs faits. Depuis quelques temps, ma relation avec Jodie bat de l’aile et je ressens le quotidien avec elle comme pesant et presque douloureux. Nos chemins se sont séparés depuis longtemps dans ma tête et j’ai décidé d’officialiser cela hier soir. Bien entendu, cela fut douloureux et pour l’un et pour l’autre car malgré tout elle m’a beaucoup apporté, mais le baiser que je t’ai donné en dépit de mes valeurs m’a mis la puce à l’oreille et m’a confirmé que tu étais assez spéciale pour que je mette à ce point mes convictions de côté. Jodie n’a jamais déclenché quelque chose de pareil en moi et voilà pourquoi j’ai mis un terme à ma relation avec elle.

Je te confie cela car malgré tes réactions vives envers moi, il s’est passé quelque chose que je serai bien incapable d’expliquer. Je n’ai jamais eu à m’aplatir devant une fille pour qu’elles viennent à moi, mais je sais que ce qui les attirent n’a rien à voir avec ma personne propre, mais plutôt avec mon environnement. Tu es une des premières personnes à être restée naturelle et sans artifices avec moi et je suppose que cela a joué dans cette attirance que j’ai pour toi. Mais je suis aussi convaincu qu’il y a bien d’autres choses inexplicables qui m’ont poussés à t’embrasser.

Je ne te mets pas le couteau sous la gorge : je n’ai pas quitté Jodie pour toi, mais pour moi. Par contre, je te confirme mon désir de te revoir. Si tu le partages, je te donne mon numéro de téléphone et attend avec impatience ta confirmation. Si tu ne  partages pas ce désir, je comprendrais et te promet de ne plus t’importuner à l’avenir.

Mais ce serait dommage quand même, non ?

En espérant te revoir,
Daryl


Oui, ce serait dommage Daryl.
HJ




11 Aout 2005 - 20h14

Neil,

Luke ne semble pas beaucoup apprécier l’idée que je sorte avec un garçon de 22 ans alors que je n’en ai que 17. Je lui ai souligné que je ne sortais pas encore avec lui et que 5 ans de différence ne signifie pas pour autant que les choses ne peuvent pas fonctionner. Je lui ai également mis sous le nez le fait que maman et papa ont 8 ans de différence et que cela ne les a jamais empêchés de s’aimer inconditionnellement. Il m’a souligné que cela n’avait rien à voir, qu’ils étaient plus âgés et plus posés que nous l’étions. Et puis il a commencé à insinuer que Daryl ne désirait qu’une chose : coucher avec moi car c’était tout ce que les garçons désirent et qu’il pouvait en témoigner car lui-même en était un. J’ai ri pour lui faire comprendre que je trouvais cela stupide mais pourtant  j’avoue avoir été profondément vexée qu’il puisse imaginer cela. Et j’ai eu un doute. Imperceptible, juste assez puissant pour me faire vaciller. Il continuait à me dire qu’il ne voudrait que mon «joli petit cul» et j’en ai eu à ce point assez que je suis partie chez Melinda pour ne plus le voir de la journée. Le jour suivant, quand je suis revenue pour me préparer à voir Daryl, j’ai bien vu le regard de Luke : plein de reproches et d’inquiétudes. Mais j’ai continué et j’ai aussi essuyé plusieurs critiques sur ma tenue et ma mise en beauté. «Tu t’apprêtes à aller faire le trottoir ?», «T’as pas peur de tomber malade ?», «Autant aller directement à l’hôtel». Bref, que des gentillesses dignes d’un Luke inquiet et par conséquent, méchant.

Je n’ai pas voulu en faire trop et Melinda m’a aidée à choisir ma tenue par sms. Au moins, les critiques m’ont empêchée de trop penser au stress qui rongeait mes entrailles.

Mais maintenant que je pars dans un quart d’heure, il se fait sentir peu à peu.
HJ




13 Aout 2005 - 14h32

Neil, 

Pendant mon rendez-vous avec Daryl, j’ai senti la proximité et la gêne qui pointaient le bout de leurs nez. Il est toujours difficile de briser la glace dans un premier temps mais une énième chute de ma part a permis de détendre l’atmosphère (et en plus, je ne lui ai ni cassé le nez, ni même recouvert de mon sang). Mais le premier cap passé, l’ambiance était légère, détendue et propice au rapprochement. Je lui ai demandé honnêtement si mon âge était un souci pour lui et il m’a avoué que c’était un sujet délicat auquel il avait beaucoup réfléchi mais qu’il en était parvenu à une évidence : s’empêcher d’apprécier quelqu’un pour une futilité pareille était bête et même désopilant. Il avait envie de tenter sa chance, mais il avait aussi compris qu’il ne fallait rien précipiter pour l’un comme pour l’autre.
Et il a raison. 
À la fin, il m’a posé une question qui m’a désorientée - droit dans les yeux : 
«Qui es-tu Hazel-Jaime Dearing ?»

Qui suis-je, Neil ? 
HJ


17 Aout 2005 - 15h48
Neil,

«Qui es-tu Hazel-Jaime Dearing ?»
Sa question est restée dans mon esprit et je me suis demandée comment lui donner une réponse un tant soit peu honnête et détaillée. J’en suis venue à la conclusion que nous ne sommes jamais objectif envers nous-même et qu’en cela je serai bien incapable de lui répondre. Je me suis alors demandée qui serait capable de dresser un portrait fidèle et honnête de moi. Il m’est venue à l’esprit l’idée de Luke, mais je me suis vite ravisée : il ne semblait pas très enthousiaste à l’idée que je puisse m’engager avec Daryl et de toute manière il n’était pas du tout objectif vis-à-vis de moi. Je suis sa petite soeur. Mes parents étaient donc par la même écartés. Et puis j’ai pensé à Louise et Melinda. à ce qu’elles m’avaient dit quand nous nous étions embrassés avec Daryl et j’ai donc décidé de choisir une des deux... Avant de me rendre compte qu’elles ne seraient pas totalement objectives non plus.

Je vais continuer à y réfléchir.
HJ




20 Aout 2005 - 11h07

Neil,

Il voulait savoir qui j’étais alors j’ai fais en sorte de lui dresser un portrait de moi qui soit le plus objectif possible. J’ai donc demandé à Louise (qui me connait et m’aime depuis mon enfance) et à ma voisine (qui me connait et me déteste depuis toujours) d’écrire une lettre en parlant de moi. Je crois que je ne peux pas être plus objective.
Je n’ai pas touché aux lettres. Mais celle de Louise m’a beaucoup touchée.
J’epsère qu’il prendra en compte tous les aspects évoqués par Louise et Mme Newton.

Lettre de Louise ;


Cher Daryl (ou autrement surnommé «apollon aux longues jambes»),

Hazel m’a demandé de me saisir de mon stylo pour faire autre chose que le machouiller. Écrire ce qui la caractérise, coucher sur le papier ce qui fait qu’elle a dans mon coeur une place si importante. Je ne te connais que depuis deux semaines (par rapports réguliers d’Hazel) et je sais déjà certaines choses sur toi : tu aimes l’équitation, tu es un penseur, un rêveur, tu adores sentir un livre avant de le lire (ça te fait un point commun avec Hazou), tu portes des chemises unies et des polos colorés, tes cheveux dorés «sicintillent au soleil comme des cristaux» (encore une fois, des propos made in Hazel), tu as deux rires et tu fronces du nez lorsque quelque chose te contrarie. Je ne veux pas te faire peur en mettant en évidence tous ces détails dont Hazel m’a bien évidemment parlé, mais plutôt à te faire part d’un point fondamental de sa personnalité : Hazel est curieuse, elle adore savoir et n’a de cesse de faire partager ses ressentis autant qu’elle désire entendre ceux des autres. C’est une fille solaire, douce et droite, et pourtant tellement dynamique. Parfois, son énergie me submerge un peu, mais quand mon coeur est blessé elle est la seule à trouver les mots pour me réconforter. Son aide m’a maintenue la tête en dehors de l’eau à de nombreuses reprises et ses conseils sont souvent justifiés et pleins de sens. Elle n’utilise pas de grands mots : elle est simple. Parfois, elle est difficiellement sortable mais elle est d’une honnêteté sans nom et elle se complait dans le bonheur des autres.
Un jour, alors que j’avais oublié mon goûter à l’école primaire, j’ai volé celui d’une petite camarade tant il me donnait  envie. Lorsque l’heure de la récré a sonné, la petite fille s’est plainte à la maîtresse et quand cette dernière a vu mes mains pleines de chocolat elle a commencé à me gronder. Mais Hazel s’est dénoncée à ma place. Elle ne me connaissait pas beaucoup, mais elle m’avait vue avec ma mère et elle avait comprit qu’une voleuse serait sévèrement punie à la maison. Je n’aurai jamais été capable de me dénoncer à la place de quiconque. Hazel si.
Ce n’est peut-être pas grand chose aujourd’hui, mais à l’époque ce geste m’a touchée et je crois que je m’en souviendrai jusqu’à ma mort. Elle m’a épargnée une soirée de cris et sans doute une vie d’insinuations cruelles. Quant à moi, je n’ai jamais recommencé. .
Hazel se donne des airs de filles fortes mais elle est fragile au fond. Je ne compte plus les fois où elle s’est mise à pleurer en regardant un couché de soleil, ou même en voyant un oiseau blessé voué à la mort. Elle est aussi cette fille incroyablement surprenante qui est capable d’achever ce même oiseau avec une pierre pour lui épargner toute souffrance. Cela parait cruel, inhumain presque, mais elle préfère le savoir en paix que souffrant. Et selon moi, il faut du courage pour faire la part des choses entre le coeur et la raison. Hazel sait très bien le faire, même si cela la fait parfois horriblement souffrir.
Je te mentirai en te disant qu’elle est la fille parfaite. Ce n’est pas le cas et ce ne le sera jamais. Mais qui l’est au fond ? Qui peut prétendre être au-dessus des autres, au-dessus de tout ? Hazel ne le prétend pas et elle a raison. Elle est caractérielle, parfois manipulatrice et très têtue. Mais c’est ma meilleure amie et je n’en trouverai jamais de meilleure parce que ses qualités effacent ses défauts. Non, mieux : elles les rendent beaux.
Hazel est dingue de toi mais tu le sais déjà. Quand elle aime, elle ne compte pas et elle s’exprime pleinement. Je sais qu’elle se contient beaucoup avec toi parce que la bienséance veut ça, mais je peux te dire que si elle s’écoutait elle te croquerait tout cru. (ça reste entre nous...)
Je pourrais écrire des pages et des pages sur Hazel mais la meilleure façon de la comprendre et de l’apprécier reste encore de lui donner une chance de montrer les multiples qualités que son petit être ne demande qu’à exprimer.
Elle est belle Hazel. Et ce n’est pas seulement extérieur. Si tu es intelligent (et c’est ce qu’il semble) tu devrais l’avoir déjà compris. Ne la fait pas souffrir s’il te plait. Elle ne le mérite pas, et on ne piétine pas une perle quand on en voit une. Ébranler sa naïveté c’est perdre un peu de son âme et par conséquent, de sa beauté.
Fais taire ta raison et écoute ton coeur. Voilà ce qu’elle te conseillerait.
En t’espèrant sincère et bienveillant,

Louise.



Lettre de Mme Newton ;

Cher Mr Warren,

Ma jeune voisine, Melle Dearing est contre toute attente venue à moi hier matin afin de «me demander un service». Elle est restée évasive sur la raison de cette demande, mais une chose en est ressortie : elle voulait uniquement mon avis franc et sincère sur sa propre personne, le tout sous forme d’une lettre adressée à Mr Daryl Warren pour - selon ses propres mots - : «lever le voile sur tous les aspects de sa personnalité». Inutile de signifier la grande surprise que cette demande a provoquée en moi, d’autant plus que nous ne pouvons pas clairement affirmer que nos rapports soient cordiaux. Depuis sa plus tendre enfance, Melle Dearing et son frère Mr Dearing se plaisent à mettre constamment ma patience à rude épreuve. Ces enfants sont (sans exagérer) de vrais petits garnements pleins de mauvaises intentions. Le respect a deserté leurs valeurs et j’ai peine à leurs imaginer un avenir radieux. Je suis intimement convaincue que mon chat Croquette a été enlevé par ces deux petits monstres. D’ailleurs, si certaines informations vous sont transmises à propos de cette affaire je vous serai grès de bien vouloir m’en informer (mon adresse est au dos).   Croquette est une isabelle au poil soyeux avec une tâche entre les yeux et un collier rose à grelot. Mais revenons à notre sujet principal : Melle Dearing.
Cette jeune enfant s’est laissée influencer par son garneman de frère et elle en a aujourd’hui absorbé toutes les tares : puérile et dénuée de maturité, cette jeune demoiselle aurait peut-être pu faire quelque chose de sa vie si elle avait été enfant unique, mais le sort en a décidé autrement. Melle Dearing veut toute l’attention de «son» public : elle se fait remarquer par de mauvaises choses et son impertinence ne fait aucun doute. Elle n’a aucune honte à avouer ses méfaits et refuse d’entendre l’avis que portent les gens sur elle. Melle Dearing semble penser que nos conseils sont futiles et selon ses propres mots, je serai une «triste dame qui tait ses envies et n’exprime publiquement que ce que le bon sens et les conventions lui imposent.». Comme vous pouvez le constater, la jeune ignorante qu’elle est semble tout savoir sur tous types de sujets, même ceux qui ne la concernent pas.
Il serait tout de même déplacé de ma part de nier ses rares qualités : Bien qu’elle n’ait aucun respect pour les étrangers, Melle Dearing semble vouer à sa famille un amour sans faille. Je ne l’ai jamais entendue élever la voix sur ses parents (étrangement charmants) et ses rapports avec son frère semblent plus que bons.
Apparemment, vous désirez en savoir plus sur cette jeune femme alors voilà mon conseil : cette petite n’est pas profondément méchante mais plutôt extrêmement perturbée. La cotôyer n’est sans doute pas un bien pour quiconque cherche à vivre une vie saine. Si vous désirez faire quelque chose de votre vie, ne croisez pas son chemin plus longtemps. Sa mauvaise influence ne fait aucun doute et son joli monois risque de vous faire balancer du mauvais côté. Ne vous fiez pas à son regard de chat... il cache une âme bien sombre pour une si jeune fille.

En vous souhaitant le meilleur loin du démon,
Mme Cordellia Newton

PS : N’oubliez pas les informations sur Croquette !


HJ



27 Aout 2005 - 18h33

Neil,

Quand j’ai revu Daryl il y a deux jours il m’a prise dans ses bras et m’a soulevée de terre en riant. Je n’ai pas vraiment compris sa réaction car nous nous étions quittés prudes et innocents. Mais il était chaleureux, lumineux et j’ai vu dans son regard que certaines choses avaient changées. Il a continué à rire et je l’ai questionné sur la raison de son hilarité. Il m’a répondu que les lettres l’avait beaucoup éclairé et qu’il était tombé sous le charme de mon originalité. Et honnêtement, je le croyais. Il m’a avoué que lui-même n’aurait jamais osé aller trouver quelqu’un qui ne l’appréciait pas pour permettre à X ou Y de mieux le connaitre.
J’ai senti qu’il était sincère et cela s’est confirmé tout le long des quelques heures que nous avons passés ensemble. Il est sincère, il est dénué de toute honte et il s’exprime librement mais sans jamais franchir la limite. Il est intelligent et vif mais posé à la fois. Et puis il a de petits gestes simples mais touchants.
Je déteste me sentir défaillir pour un garçon. Je me trouve définitivement stupide mais je ne peux pas m’empêcher de l’être. À tord ou à raison, je sais à présent qu’il n’y a que lui qui serait capable de me tempérer et de me prouver chaque jour par des gestes quotidiens qu’il m’apprécie sincèrement.
Je me mettrai des claques parfois.
HJ



14 Septembre 2005 - 13h30

Neil,

Nous avons pris notre envol et à présent nous sommes officiellement scolarisées dans des lieux séparés avec Melinda et Louise. J’ai commencé les cours avec une sincère inquiétude : la peur de ne pas être à la hauteur, la solitude. Mais pourtant, les choses se sont bien passées et à présent je suis en cours depuis plus d’un mois. Je me concentre énormément mes études car je sais que la réussite ou l’échec se joue souvent dès les débuts. Rattraper des lacunes n’est jamais simple et de ce fait, il me semble nécessaire de me donner à fond.

Mon temps est donc plus précieux, plus difficile à partager. Je dois le répartir équitablement entre mes amies et Daryl, mais c’est difficile vu que lui-même doit suivre ses propres cours. Ce pourrait être le commencement de quelque chose de nouveau... Qui j’espère ne me portera pas défaut.

Il me manque un peu, je suis bien forcée de l’admettre.
HJ




22 Septembre 2005 - 18h02

Neil,

J’ai profité du week end pour réunir les gens que j’apprécie le plus pour mon anniversaire. Ce n’était qu’un prétexte voilé pour ressentir leur chaleur. Ils m’ont manqué et la séparation me permet aussi de me rendre compte de la difficulté de vivre loin de ceux qui nous donnent de l’amour et de l’énergie. Parmi eux Melinda, Louise, Luke, Daryl, Thomas et Lisa (deux nouveaux amis que j’ai rencontré en cours).

Quand je les ai vus tous autour de la table,riant, souriant, dessinant peu à peu leur propre parcours loin de moi, je me suis sentie trop pleine d’émotions et je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer.  Je les ai vus tous étonnés et scotchés sur place, ne sachant pas bien que faire ni que dire et c’est bien entendu ma Louisou qui s’est levée la première en souriant pour me prendre dans ses bras. Elle est douée de compassion et belle par son coeur et son âme. C’est ma meilleure amie et elle me manque à chaque instant. Son humour, son rire de phoque, ses grimaces constantes et son petit caractère bien affirmé. C’est une fille incroyable qui sait lire en moi comme dans un livre ouvert. Qui ne m’a jamais laissée tomber.

Pfiouuu, Neil. Maintenant que je suis loin d’eux je me rends compte que je suis entourée de gens incroyablement bons. Ils me donnent l’envie de foncer et de devenir ce pour quoi je me bats tous les jours.

J’écris moins, mais je ressens bien davantage.
Bien à toi Neil,
HJ




22 Septembre 2005 - 19h21

Mon ami,

Daryl est resté après notre réunion «d’anciens» et nous sommes allés dans ma chambre pour être un peu tranquilles. J’ai vu que Luke a lancé un regard plein de menaces à Daryl mais cela a plutôt semblé le faire rire, ce qui m’a rassurée. Luke n’a pas à se mêler de ma vie privée et encore moins à s’imaginer des choses me concernant. Bref.
Nous sommes restés face à face un bon moment, nous contemplant l’un et l’autre comme deux enfants. Nous ne sortons pas officiellement ensemble et notre dernier geste de proximité réelle est vieux du 1er Aout,  lors de notre baiser dans la salle de bain de Melinda. Je me souvenais de cette sensation et elle me manquait souvent, alors, naturellement je suis allée l’embrasser de moi-même. J’ai vu dans ses yeux l’étonnement et je lui ai dit ceci, mot pour mot :


»Quand je suis avec toi je perd la tête, je ne contrôle plus grand chose des mouvements de mon coeur alors que quand je suis loin de toi je garde la tête froide et le contrôle sur ma vie.»

Il m’a regardée avec un sourire imperceptible et il m’a embrassée à son tour. J’ai senti qu’il se demandait si mes paroles étaient ou non positives à son égard, si j’allais me détâcher de ce qui provoquait en moi cette perte de contrôle. Parce qu’il a pleinement conscience que j’aime avoir du pouvoir sur les choses. Il s’est approché de moi et m’a demandé s’il devait me dire aurevoir et j’ai fais «non» de la tête. Puis j’ai souris et je lui ai dit que perdre le contrôle c’était excitant.
Nous sommes restés dans les bras l’un de l’autre un bon moment, sans parler. Il n’y a pas vraiment besoin de cela entre nous. Nous communiquons aisément par un simple contact visuel.
Je passe sur l’intrusion brutale de Luke dans ma chambre pour vérifier que «tout allait bien». Pauvre garçon...
HJ




17 Octobre 2005 - 16h26

Neil,

Je n’ai pas trop le temps d’écrire mais les cours se passent bien, le rythme est rapide et la profusion d’informations difficile à absorber. Mais j’y crois.
HJ




16 Novembre 2005 - 11h27

Neil,

Cela fait un bon mois que je suis officiellement avec Daryl. Nous avons pris notre temps et c’est bien comme ça parce que quand est venue le «fameux» moment, j’étais bien et confiante. Malgré tout je n’ai jamais été très à l’aise avec mon corps et il m’a été difficile de me dévoiler comme ça. Pourtant, je suis sincèrement convaincue qu’une première fois avec Daryl est une chance. Je voyais bien que depuis quelques temps il était plus tactile, plus proche de moi. Il avait déjà eu plusieurs expériences par le passé tandis que moi je ne m’étais limitée qu’à quelques baisers. J’ai eu peur de ne pas être à la hauteur et je mentirai en disant que ma première fois a fait pleuvoir des paillettes et fait exploser les feux d’artifices mais je suis contente que Daryl ait été à ce point à l’écoute de mon corps et de mes exigences. Il en ressentait le besoin et l’envie et moi j’admets que l’idée de «m’unir» à lui de cette façon me plaisait.
Un cap est franchi et je ne me suis jamais sentie si proche de quelqu’un (mis à part ma famille, bien sûr)
Je crois que je peux dire que je l’aime à présent parce que c’est clairement le cas.
HJ




15 Décembre 2005 - 14h14
Cher Neil,

Aujourd’hui, j’ai vu une fille que je croise régulièrement dans les couloirs avec des bleus sur les bras. Je sais avec qui elle sort et je me demande bien si ce garçon ne s’amuse pas à lui taper dessus. Ce sont des choses impardonnables qui me donnent envie de retourner au front et de jouer des coudes dans une manifestation féministe. Je me suis souvenue de mon «moi» adolescente et il me semble bien loin à présent. Avec Daryl, nous avons pris un rythme qui nous convient et nous permet de nous épanouir l’un et l’autre. Mais parfois je repense à mon ancien moi et il m’apparait que j’ai un peu délaissé ce grain de folie qui m’animait autre fois. J’ai envie de le retrouver et de faire partager cela à Daryl.
Il est sage et je m’encroûte peu à peu. Ça ne va pas du tout.
Bien à toi,
HJ




11 Juillet 2006 - 22h35
Neil,

Cela fait une éternité que je ne t’ai pas écris et je me rend compte que mon emploi du temps est devenu difficilement gérable. Plus de 7 mois sans t’écrire, je crois que c’est une première. Je suis toujours avec Daryl et j’ai revu de nombreuses fois mes petites loutres Melinda et Louise. À chaque fois, c’est un plaisir et un moment agréable et amusant. Il y a deux mois Thomas m’a embrassée et je n’ai pas très bien su quoi faire si ce n’était de le repousser, ce que j’ai fais sans attendre. Je n’avais aucunement l’intention de lui rendre ce baiser et j’en ai parlé à Daryl pour ne rien avoir à lui cacher. Une fois de plus, il s’est illustré par son calme et sa confiance en moi. Je crois que ‘ai de la chance, beaucoup de chance. Nous vivons passionnément et pleinement ensemble. Faire l’amour avec lui est aussi devenu beaucoup plus naturel et exaltant que ça ne l’était les premières fois. Il y a quelques semaines, Melinda m’a confiée qu’elle avait compris que Daryl et moi, c’était bien plus qu’une simple amourette. Nous nous comprenons, nous nous soultenons mutuellement malgré les difficultés que Daryl doit subir au quotidien.
Car je ne te l’ai pas dit, mais j’ai appris (même si je m’en doutais fortement) que Daryl était issue d’une des familles les plus riches du pays et qu’il était l’héritier de l’entreprise familliale. Ses proches sont bien moins spontanés que les miens mais quand j’ai du les rencontrer, j’ai essayé de me pondérer et de ne pas faire honte à celui que j’aime. J’entre dans une famille particulièrement travailleuse et je me reconnais aussi dans ces valeurs, même si je dois admettre que leur style de vie est totalement différent du mien. Je n’ai même pas osé prendre la main de Daryl, je suis restée juste sagement à côté de lui, un sourire de façade sur les lèvres. Par contre, je m’entend parfaitement avec sa grand-mère et je crois que sa mère se reconnait un peu en moi. Daryl m’a confié que j’avais su marquer quelques points auprès des femmes de la famille et que c’était une bonne chose. Par contre, son père est très particulier et froid et il me met mal à l’aise. On sent que de nombreux enjeux pèsent sur ses épaules et que c’est un homme de conviction qui est ferme et exigeant. Et je me sens relativement étrangère à une froideur pareille.
Je ne veux pas marquer des points, je veux juste qu’ils comprennent que je suis sincère avec lui.
Quand il m’a raccompagnée chez moi à la suite de cette rencontre, je crois que je lui ai offert le plus long et le plus passionné des baisers de toute ma vie. Je crois que j’avais besoin de sentir sa présence comme à l’accoutumée et pas comme deux étrangers.
Je suis prête à me coltiner une belle-famille particulière si c’est pour être avec lui. Et puis le fait qu’il me présente à ses parents est une façon délicate de me montrer qu’il m’aime (il n’avait jamais présentée Jodie a sa famille).

HJ




16 Juillet 2006 - 10h23
Neil,

Hier soir vers minuit et quelques, j’ai entendu à la porte vitrée de ma chambre quelqu’un ou quelque chose frapper. J’étais en train de dormir et il est notoriété publique que me réveiller est un acte dangereux et que quiconque s’y frotte s’y pique. J’ai pourtant décidé d’aller ouvrir la porte et de vérifier l’origine de ce bruit. - Daryl.
Ce n’était pas dans son habitude de débarquer à l’improviste et encore moins sous une pluie battante. La colère qui était montée en moi s’est évanouie en une seconde et j’ai décidé de laisser de côté mes rancoeurs en voyant son visage profondément atteint. La tristesse, la détresse. Voilà ce que ses traits affichaient: J’ai senti qu’il avait besoin de moi et j’ai ouvert la porte en grand pour le laisser entrer.

Il a passé le pas de la porte et s’est retourné vers moi, tremblant. Je lui ai enlevé son tee-shirt trempé pour qu’il n’attrape pas froid et je lui ai fait signe de s’asseoir. Puis, je suis sortie de ma chambre et je suis allée dans la salle de repassage où j’ai pris des vêtements fraîchement lavés et repassés de Luke. Une fois fait, je suis passée à la salle de bain où j’ai pris deux serviettes et j’ai rejoint Daryl dans la chambre. Il avait la tête dans les mains, la mâchoire serrée. Je me suis approchée de lui et  j’ai attrapé ses poignets pour les écarter et voir s’il pleurait ou non.
Non. Bien sûr que non. Daryl ne pleure jamais.
Mais il n’était pas bien. Cela transpirait par tous ses pores. Je lui ai mis une serviette sur les épaules et j’ai posé les vêtements sur mon lit. Il les a regardés puis a relevé les yeux vers moi et m’a fait un sourire imperceptible pour me remercier. Puis il s’est levé, a commencé à se sécher et s’est changé.  Ensuite, il m’a regardée et s’est arrêté sur moi une seconde avant de fermer les yeux et de serrer les dents et les poings. Je me suis levée pour poser mes mains sur ses bras et le forcer à parler. Je l’ai questionné, mais il restait silencieux. Puis, il s’est mis à parler.

Une dispute avec son père, un départ imminent pour New York où se trouvait l’entreprise familiale. Un départ pour son père et pour lui.

Ce que j’ai ressenti est indescriptible. Je n’ai pas réussi à détacher mon regard du sien et je suis restée silencieuse un long moment, complètement décontenancée par l’annonce qu’il venait de me faire. Il m’a fixée un long moment comme il a l’habitude de le faire, sauf que cette fois, je pouvais clairement percevoir la détresse qui s’était installée dans son regard. Je me suis assise, tremblante, dépitée. Il s’est assis à mes côtés et a commencé à me dire qu’il avait fait tout son possible pour faire changer son père d’avis, mais qu’il n’avait pas pu lutter contre lui. Daryl avait beau être fort, tout le monde savait qu’il craignait son père. Au moins autant que tous ceux qui avaient l’occasion de le côtoyer, sinon plus. C’était comme si un chaton se battait contre un lion. Aucune chance.
Pour qu’il soit dans cet état, il avait vraiment du lutter pour rester au Canada. Je sentais les larmes sur mes joues, incontrôlables. Quand Daryl m’a vue dans cet état il a passé un bras autour de mes épaules et m’a attirée vers lui. J’avais conscience que mes larmes ne l’aideraient pas à accepter cette décision, mais j’avais surtout le bon sens d’assimiler qu’il allait m’être arraché.

Quand je lui ai demandé quand, il n’a pas répondu. Cela était bien plus parlant que n’importe quelle réponse. Nous sommes restés là, choqués, déstabilisés et tremblants. Daryl m’enlaçait pour calmer les sursauts de mon corps et m’apporter toute sa chaleur quand j’étais trop préoccupée à essayer de garder sous contrôle mon malheur d’égoïste.

Neil, quand il m’a avoué les raisons de son état, la première chose qui m’est passé par la tête était la suivante : Je ne pourrai plus le voir.

N’est-ce pas profondément égoïste de ma part ? Il était malheureux comme les pierres et c’est ma propre douleur qui est passée au premier plan.
Nous n’avons rien dit de plus. La situation était comme cela et en parler n’aurait rien changé. Je me suis allongée sur le lit et il a prit place à mes côtés. Il m’a enlacée et a fini par s’endormir. Je pense que la fatigue et l’accumulation d’émotions l’a profondément fatigué, car moi je n’étais pas capable de fermer un oeil. Je sentais dans mon cou le souffle régulier de Daryl et cela n’a fait qu’intensifier la fréquence de mes larmes. Être arrachée à mon véritable premier amour ? Mes yeux me brûlaient et ma gorge n’en était pas moins douloureuse. Mes larmes n’étaient pas encore assez représentatrive de la profonde affliction qui était la mienne.

Je me souviens d’avoir vu une bonne partie de la nuit défiler, les yeux grands ouverts, cherchant à respirer son odeur pour ne jamais l’oublier. À un moment donné, lorsque j’ai tourné la tête vers lui, il a ré-ouvert les yeux et m’a regardée sans ciller pendant quelques minutes avant de me serrer un peu plus fort dans ses bras et de poser ses lèvres sur ma nuque pour m’accorder un baiser. J’ai fermé les yeux à ce moment-là et me suis retournée vers lui afin de lui faire face. Il a passé une main sous mes yeux pour effacer mes larmes et m’a fait la promesse que personne ne nous séparerait.
Et nous nous y tiendrons Neil, je ne vois pas d’autre façon de faire.

HJ



3 Aout 2006 - 11h16
Neil,

Je pars avec lui. J’ai réfléchis depuis l’autre soir et je me suis rendue compte que je ne pouvais pas vivre une relation à distance sans en pâtir. Je suis sans doute bien folle et Luke n’a de cesse d’essayer de me le faire comprendre depuis quelques jours, mais ma raison semble être plongée dans un profond sommeil et laisse à mon coeur tout le loisir de s’exprimer. Je l’aime d’un amour incroyable, et je me sens aussi parfaitement idiote parce qu’il y a peu, j’étais la première à rire de celles qui s’amourachent pour un garçon, et me voilà en première ligne, prête à me jeter à corps perdu dans l’aventure avec lui. Maman est ravie bien qu’inquiète et papa m’a donné son aval à partir du moment où je reste jusqu’à la fin de mon année scolaire. Ensuite seulement, ils conscentiront à me laisser prendre mon envol. Daryl lui n’attendra pas malheureusement : l’entreprise de son père se doit d’avoir un leader et il a besoin de se former avant de commencer à sérieusement songer à diriger les équipes. Il est emplit d’une complète anxiété et je dois avouer qu’il en est de même pour moi. Mais je l’aime, et mes mots auront beau être d’un romantisme gnangnan à deux francs, je n’ai jamais été aussi convaicue de ma vie en affirmant quelque chose. Hier, en sortant des cours je me suis sentie si pleine de tout que j’avais envie de hurler mon bonheur à la face du monde. Je sais que c’est idiot et dangereux de ma part de mettre ma vie entre les mains d’un garçon avec qui je sors depuis seulement un an, mais tu me connais : on ne vit pas une vie de plénitude en se laissant vivre. On ne vit aucune expérience gratifiante sans prise de risque. Rien n’a de valeur si nous ne nous donnons pas à fond pour l’avoir. Et je refuse de me séparer de Daryl. J’imagine mal ma vie sans lui maintenant que nous sommes à ce point liés. Il n’y a aucun doute à mon amour et il le sait. Il n’y a aucun doute à son amour et je le sais. Bien entendu, rien n’est évident : parfois les désaccords apparaissent et les éclats de voix suivent. Mais en un an, quel couple n’a jamais élevé la voix ? Je ne crois pas à une relation parfaite : ce serait trop plat, trop sage, trop dans la réserve. Daryl passe son temps à me sermoner quand il me voit rentrer des manifestations féministes, pleine de maquillage, la pancarte au bout du bras et parfois quelques bleus. Il trouve ça dangereux et il a peur que je me perde dans le groupe ou bien que les CRS s’attaquent à moi. Il estime que ces mouvements de foule sont dangereux et que les passions des uns et des autres peuvent conduirent à des réactions «d’une parfaite incompatibilité avec la raison» (selon ses propres mots). Il me fait rire avec ses phrases toutes faites et ses grands mots : s’il savait la moitié de ce que je fais en manifestation, je crois qu’il préférerait encore m’enchainer les pieds et les mains à son lit plutôt que de me laisser partir. Parfois j’imagine sa tête en me voyant en manif et alors je ne peux pas m’empêcher de mourir de rire tant cette vision est surnaturelle ! Mais je crois par contre que si cela se produisait réellement l’amusement ne serait peut-être pas au rendez-vous...
Il me fait rire et pleurer. Il suscite en moi des quantités incroyables d’émotions. C’est ce que j’ai dis à Luke pour le faire taire hier, afin qu’il cesse de me demander de rester. Mais on ne fait pas taire Luke comme on éteint une bougie. On ne fait pas taire le bavard comme on touche l’émotif en se confiant sincèrement. Luke est indécrottable. Il m’a regardée droit dans les yeux et j’ai senti que je lui faisais du mal. Il sait comment me déchirer le coeur. Il suffit de peu.
Et de toute évidence, je lui ai fait du mal.
Il va me manquer, terriblement. Mais je ne pars pas tout de suite, et quand bien même je dois faire ma vie.
HJ





C’EST ÇA GRANDIR

17 Novembre 2006 - 13h22
Neil,

J’ai quitté ma famille il y a quelques mois déjà et je me fais peu à peu à New York. Quand je repense aux au revoirs je me sens vacillante et mal à l’aise, mais Daryl est avec moi et il me soutient quotidiennement. Il sait le sacrifice qui a été le mien et il se plait à me le faire comprendre. Quand il a annoncé à son père que je venais avec lui à New York, il a apparemment fallu beaucoup de persuasion pour lui faire accepter cette idée. Mr Warren étant absolument convaincu que je serai un poids qui allait détourner son fils de ses obligations. J’admets avoir été pincée par ces propos, mais sa mère et sa grand-mère m’ont défendues et ont souligné que ma présence auprès de Daryl serait utile pour le garder dans un état émotionnel stable. Que la distance n’était jamais évidente dans un couple et qu’être ensemble n’était que plus salvateur. Résultat, je suis là, avec Daryl et nous vivions dans un grand appartement qui appartient à sa famille. Je tiens à participer et je travaille régulièrement pour faire des gardes d’enfants et rester auprès des personnes âgées. Mais c’est difficile. Je dois aussi m’adapter à une nouvelle école,  un autre environnement. Mais nous sommes ensemble. Quand je suis partie, ma mère n’a cessé de pleurer et je voyais bien sur le visage de mon père que mon départ à seulement 19 ans était un choc. Luke m’a regardée avec des yeux pleins de haine, d’amour, de tristesse. Trop de sentiments mélangés pour une seule personne. Je m’en suis voulue, vraiment. J’ai même songé à rester avec lui parce que je l’aime d’un amour aussi profond que celui qui m’anime pour Daryl, mais j’ai compris que ce n’était pas Luke qui me donnerait une famille, ni lui qui me permettrait de m’épanouir en tant que femme. Il m’en veut toujours et ne m’appelle pas.
Il ne répond pas non plus à mes coups de fil.
Il me manque.
HJ



22 Octobre 2007 - 14h07
Cher Neil,

J’écris de moins en moins, mais entre mes cours, le travail et mon temps passé avec Daryl je suis tout bonnement épuisée. Encore une fois, j’ai passé un très très long moment sans t’écrire, mais j’ai beaucoup pensé à toi. Je suis à New York depuis plus d’un an et les choses avancent. Je ne m’attendais pas à ce que tout soit parfait, mais j’avoue que je n’apprécie pas du tout mon beau-père. Lorsqu’il rentre le soir, Daryl est exténué et vidé de toute énergie et il est difficile de l’inciter à se confier sur ses  déboires. Il porte sur ses épaules une pression terrible qu’il a du mal à supporter. Je sais qu’il veut garder sa nature d’homme bon et pour réussir dans son milieu, il devrait s’endurcir comme son père. Et il le sait, je ne suis pas amoureuse de son père. De toute manière, Daryl ne s’abaissera jamais à faire ne serait-ce que la moitié de ce son père fait. Il est brave et courageux et je le vois chaque soir lorsqu’il rentre. Je suis fière d’être à ses côtés.

Luke est venu me voir au bout de huit mois et j’ai senti mon coeur exploser tant la joie était intense. Il a été plus froid avec Daryl car selon lui, c’est lui qui m’a arrachée à mes racines, mais il est tout de même resté courtois et poli. Le revoir m’a donné un coup de fouet et le quitter à nouveau fut un déchirement terrible.

Il y a trois hommes dans ma vie : Mon père qui a toujours été de mon côté, mon frère qui est un obstacle à mes rêves mais que j’aime plus que tout, et Daryl qui est l’homme de ma vie.

Mais j’ai de la chance.

HJ



22 Septembre 2008 - 17h43
Neil,

En allant déjeuner ce matin, j’ai trouvé un post-it sur le frigo. C’était l’écriture de Daryl et j’ai pris le temps de me faire un café avant d’y jeter un oeil. Mais lorsque je l’ai lu, j’ai senti mon coeur faire un bond dans ma poitrine et ma surprise fut telle que j’ai malencontreusement laissé ma tasse tomber par terre.

Je me doutais bien qu’il aurait de petites attentions pour moi le jour de mon anniversaire, mais pas celle-là. C’était sans doute une suite logique, mais avec toute la naïveté du monde je n’y avais même pas songé.
Sur ce post-it que je garderai pour le restant de mes jours, il y avait d’écrit :



Ce n’est pas à moi qu’il faut faire un cadeau, mais tu serais la plus belle des personnes en m’accordant le droit de t’appeler «ma femme».

Je t’aime Jaimie,
Daryl



Je ne sais plus quoi te dire tant je suis secouée et émue. J’ai pleuré de joie et j’ai même donné sa journée à la femme de ménage après l’avoir incitée à prendre une coupe de champagne avec moi à seulement 9h30 du matin.
Il ne pouvait pas me faire plus beau cadeau. Quand il est rentré le soir, il avait un bouquet à la main et un sourire jusqu’aux oreilles. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu l’air aussi enthousiaste pour quelque chose et mon bonheur n’en était que plus parfait.
Ce jour marque le début d’une nouvelle vie en tant que Mme Warren.

HJ




9 Juin 2009 - 11h12
Cher Neil,

Cher Neil, Ma Louise et ma Melinda sont venues avec Drew trois jours (sauf Melinda qui a pu rester deux jours de plus). Cela a été revigorant pour nous deux et nous nous sommes rappelé nos années d’étudiants au Canada. Je ne m’étais pas sentie aussi légère et comblée depuis la visite de Luke et j’ai senti que Daryl s’est également apaisé. Melinda et Louise m’ont parlé du mariage et j’ai fait d’elles mes demoiselles d’honneur. Elles m’ont promis un enterrement de vie de jeune fille de toute beauté et je me doute que cela signifie alcool, string à paillette et gogo danseur affriolant. Je ne sais pas si j’ai hâte, mais je suis certaine que ce sera un moment unique et inoubliable !

HJ



10 Juillet 2009 - 18h18
Cher Neil,

Le mariage s’est passé sans aucun souci, c’était un moment beau et tendre, plein d’émotions. Mon frère, mes parents, mes grands-parents, Louise et Melinda étaient là ainsi que ma tante Susan et  mes deux cousins et mon oncle Sam, sa femme et sa fille Meredith. Avec Daryl, nous voulions une petite cérémonie intime et simple avec les personnes que nous aimions vraiment. Le père de Daryl a insisté pour faire une cérémonie immense et très coûteuse mais nous ne nous sommes pas démontés et avec le soutien de mes parents et de ma belle-mère nous avons réussi à avoir NOTRE mariage et pas celui de mon beau-père.
Pour lui, le mariage était l’occasion de montrer la richesse et la puissance de la famille Warren, mais pour moi il était hors de question de faire de ce jour une démonstration de force. Je n’épouse pas Daryl pour son argent mais pour lui. Son nom, son argent, son influence, tout cela me déplait plus qu’autre chose. Parce que c’est aussi ces choses qui font de lui quelqu’un de stressé et de mal dans sa peau, alors qu’il est le plus beau à mes yeux.
Le beau-père a finalement tout bonnement bizuté notre mariage sous prétexte d’un rendez-vous professionnel à l’étranger. Cet homme est une blague et je nourris contre lui une rancoeur grandissante. Malgré tout, j’ai bien vu que son absence a permis à Daryl de vivre son mariage réellement. C’est sans doute au final le plus beau cadeau que pouvait nous faire Mr Warren.
Merci beau-papa.

HJ



2 Septembre 2009 - 21h20
Neil,

J’ai réussi mes examens avec mention et pour fêter cela, Daryl m’a offert un local pour travailler accolé à un joli jardin. Mon homme est un grand fou et il me surprendra tous les jours. Mais me lancer dans la vie active sera un bonheur car j’ai la chance d’avoir de nombreux contacts avec qui je vais pouvoir collaborer pour déceler tous les secrets de notre amie mère nature.
C’est encore un nouveau début, une nouvelle vie. Ma mère pleurait au téléphone et mon père m’hurlait de déboucher le champagne.
Ils me font rire.

HJ



11 Janvier 2010 - 01h03
Neil,

Cette soirée a ramené sous son manteau de nuit une profonde tristesse. Depuis quelques temps, Daryl se métamorphose en une créature dépourvue de cette candeur naturelle qu’il abordait alors au prémice de notre relation. Il s’endurcit, délaisse la bonté qui le caractérisait autrefois et me donne la sensation terrifiante d’avoir pour mari un inconnu. Mes souvenirs reviennent alors, presque barbares, pleins de bonheur. Et ce bonheur, il vient me frapper en plein visage et me rappelle ce qui file peu à peu entre mes doigts. Quand je le vois, baignant dans ce stress permanent, j’ai envie de le tirer de là, de lui sortir la tête de l’eau stagnante dans laquelle il évolue malgré lui. L’autre jour alors que je préparais le dinner, il est rentré et ne m’a même pas accordé un regard. Je sais bien que rien n’a changé entre nous. Je sais bien qu’il m’aime. Il sait encore me le montrer quand ses obligations lui laissent un peu de tranquillité. Mais je rêve inlassablement de le tirer de sa prison : à 17 ans, nous ne réfléchissions pas lorsque nous étions ensemble. Nous vivions d’un seul trait, sans jamais marquer de pause. Aujourd’hui, ces moments sont rares et même si rien au monde ne me pousserait à le quitter, la nostalgie vient s’insinuer dans mon crâne comme une tumeur. Et ça fait mal.
Quand j’ai ouvert les yeux ce matin, je l’ai entendu pleurer. Cela n’était jamais arrivé auparavant. Je n’ai pas pu m’empêcher de verser moi aussi quelques larmes silencieuses parce que j’ai enfin compris que le chemin devenait sinueux et qu’il lui serait difficile de le parcourir sans se blesser. Si de telles émotions peuvent naître chez Daryl, alors c’était grave. Ses larges épaules s’affaissent et supportent le poids du travail et de la culpabilité. C’est trop pour un seul homme, même si c’est Daryl.
Il va falloir trouver une issue à cette impasse. Vite et qu’importe la difficulté.

HJ



16 Février 2010 - 01h04
Neil,

Aujourd’hui, je suis allée voir mon beau-père au siège de son entreprise et ce monstre m’a fait attendre plus d’une heure avant de m’accorder une entrevue. J’ai pleinement conscience qu’il éprouve pour moi une certaine anthipatie car il m’assimile à une distraction pour son fils. Mais je suis sa femme, la future mère de ses enfants. Quand je l’ai vu, je me suis jurée de ne pas me démonter et je lui ai dit ce que j’avais sur le coeur. Qu’il malmenait son fils en lui imposant des responsabilités qu’il n’avait pas à avoir, qu’il ne se rendait pas compte qu’il allait le détruire à petit feu à force de le malmener et que personne ne supporterait de telles contraintes à moins de devenir un être sans coeur. Il était fortement sous-entendu que lui-même en était un, mais la dépression de mon mari me désarme au point que je perds tout sang froid. Ce n’est pas son père qui le voit tous les soirs dépité en rentrant du travail, ce n’est pas lui non plus qui vit avec un homme qui peu à peu se déleste de sa joie, ce n’est pas lui qui aime un homme malheureux. Daryl fait tout ce que son père lui demande comme un esclave, mais cela le détruit totalement. Je ne veux pas que son propre père fasse disparaitre l’homme que j’aime. C’est trop cruel : pour lui, pour moi, pour sa famille. Son père m’a regardée d’une façon si proprement désobligeante que j’ai senti la colère empourprer mes joues et ma mâchoire se serrer. Il a soupiré puis m’a dit d’un ton détaché et négligeant :

«C’est tout ? Vous pouvez disposer.»

Je me suis levée et je lui ai dit d’un ton froid et autoritaire qu’il était un assassin car il ne se rendait pas compte à quel point il détruisait son propre fils. Qu’il paierait pour cela. Puis je suis partie, les larmes aux yeux, emplie d’une rage pure et simple. Quel crétin prétentieux !!!!! Je déteste cet homme plus que la guerre, plus que le mensonge et la cruauté.

HJ






LE DÉBUT DE LA FIN
6 Janvier 2011 - 01h04
Neil,

Je suis désolée si mon écriture tremble mais je n’arrive plus à contrôler les sursauts de mon corps et les tremblements de mes mains. Ce que j’ai vu ce soir m’a laissée un goût amer et mes larmes coulent continuellement. Quand j’essai de parler, mes mots se noient dans mes sanglots et j’abandonne les apparences et accepte de laisser mes faiblesses s’afficher. Tout le monde a compris que j’étais en détresse et ils sont présents pour moi, mais je dois bien avouer que rien ne pourrait me consoler. Je suis à l’hôpital. Daryl a tenté de mettre fin à ses jours et je n’arrive toujours pas à y croire. Je pensai être une main secourable pour lui, être la bonne âme qui le soutiendrai toujours et en qui il avait confiance. Mais je m’écroule. Quand on m’a annoncé qu’il était hospitalisé, j’ai cru défaillir mais savoir la raison n’a été que plus difficile. Comment l’homme que j’aime peut-il à ce point désirer mettre fin à ses jours ? Je lisais parfaitement l’étendue de la détresse en lui et j’avais consicence de sa peine. Tous les jours j’ai essayé de l’aider à relever la tête et de trouver un nouveau sens à son existence. Mais il a fait ce geste incensé. Il a non seulement attenté à ses propres jours mais il a tailladé mon coeur en même temps que son poignet. Je n’en reviens pas qu’il ait pu faire une chose pareille. Pas lui.
J’essai de reprendre du courage et de trouver la force d’arrêter de pleurer. Les médecins disent qu’il va s’en sortir mais le mal est fait. J’ai peur de ma réaction à son réveil.
Je l’aime je l’aime je l’aime. Je me souviens de ce premier baiser dans la salle de bain de Melinda et je ne peux plus empêcher les larmes de vagabonder sur mes joues. La peur me submerge et je ne sais pas comment aborder le futur.

J’ai besoin d’aide. J’ai besoin d’un signe, quelque chose qui m’aide à me raccrocher à l’espoir.
HJ



7 Janvier 2011 - 9h43
Neil,

J’ai passé la nuit aux côtés de Daryl. J’attendais son réveil mais je le redoutais aussi. Nous avons eu notre lot de moments difficiles, nos peines à partager et à guérir. Nous y sommes toujours parvenus, main dans la main. Je pensais qu’à deux nous parviendrons à former une famille formidable et sans faille parce que je n’ai aucun doute sur mon amour pour lui. Je le vois allongé et j’ai juste envie de l’embrasser, de l’enlacer et en même temps une furieuse envie de le secouer et de le frapper de toutes mes forces. Je crois que jamais je ne serai capable de comprendre un tel geste, surtout venant de lui et sachant toute la douleur que cela a provoqué en moi.

Je vais attendre son réveil. Encore.
HJ




7 Janvier 2011 - 13h24
Neil,

J’ai appelé Louise en fin de journée et elle a décidé de venir ici en apprenant la nouvelle. Luke avait déjà prévu de venir, alors elle viendra avec lui. J’attends avec impatience leur arrivée parce que j’ai besoin de soutien plus que du reste. Je sais très bien que je vais tout faire pour rester forte mais dès que je croiserai leur regard je pense me liquéfier totalement et fondre en larmes. Daryl s’est réveillé en fin de matinée et je suis restée silencieuse, bien qu’il cherchait à me faire parler. Ce n’est pas que les mots me manquaient, mais ils n’arrivaient plus à franchir mes lèvres. Il m’a questionnée une quinzaine de fois sans réponses avant que je ne me mette à pleurer. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans sa tête, mais je trouvais sa réaction fort étrange : on avait presque la sensation que c’était moi qui avait décidé de me suicider. Mon absence de mots l’a énervé car il s’est mis à hurler que je n’avais pas le droit de pleurer, que c’était sa vie et qu’il faisait ses propres choix. Je l’ai regardé et j’ai senti que mes yeux pleins de larmes l’on fait défaillir. Il s’est mis à trembler et il m’a demandé d’arrêter de lui lancer ce regard, qu’il avait le contrôle sur sa vie et qu’il avait vraiment eu envie de mourir. J’avais espéré qu’il se serait rendu compte qu’il avait fait une bêtise. Mais non. C’était presque comme s’il m’en voulait d’être malheureuse, de l’aimer. Parce qu’ainsi, il serait plus difficile pour lui de récidiver.

J’ai mal au ventre, au coeur, à la tête. Partout.
HJ



22 Janvier 2011 - 14h38
Neil,

Nous sommes rentrés à la maison hier soir mais Daryl est tenu d’avoir un accompagnement psychologique plusieurs fois par semaine et c’est tant mieux. Nous ne parlons presque plus et l’atmosphère est tendue entre nous. Luke et Louise sont là aussi et heureusement, sinon ce serait la maison des pleurnicheries et du malheur. Louise se démarque par sa nature joviale quand  Luke tente de recentrer les conversations quand elles commençent à se tourner vers un sujet délicat. Bien entendu, Daryl a reçu un arrêt de travail de plusieurs semaines et moi je compte poser des congès pour rester près de lui. Neil, je vais sans doute te négliger quelques temps mais ne m’en veux pas, je dois rester près de Daryl et lui montrer qu’il n’est pas seul. Il est évident qu’il a besoin de moi et moi de lui, alors fini les bêtises. 
J’ai décidé d’arrêter de pleurer et de me confronter pleinement à sa peine pour l’aider à la surmonter. En espérant que cela fonctionne...

HJ



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Son coeur battait fort dans sa poitrine et elle sentait la claustrophobie monter en elle et l’imprégner de la tête aux pieds. Essayant de reprendre le dessus, Hazel-Jaime se mit à inspirer et expirer calmement, comme un asthmatique le ferait pour apaiser sa respiration et retrouver un rythme normal. N’importe quoi serait bon pour l’occuper. Pour oublier ce qu’elle venait de voir, ce qu’elle venait de vivre. Pour oublier Daryl. Il fallait qu’elle l’oublie. Lui et l’horrible soirée qui avait précédé l’affreuse nuit qu’elle s’apprêtait à vivre.

Les roues du bus tournent et roulent, tournent et roulent, tournent et roulent
Les roues du bus tournent et roulent, toute la journée

Les essuie-glaces du bus font ptch ptch ptch, ptch ptch ptch, ptch ptch ptch
Les essuie-glaces du bus font ptch ptch ptch, toute la journée

Le conducteur du bus fait pouette pouette pouette, pouette pouette pouette, pouette pouette pouette
Le conducteur du bus fait pouette pouette pouette, toute la journée


Elle ignorait d’où elle tirait cette comptine, mais les paroles sortaient avec une fluidité telle que seul Neil serait capable de lui apporter des réponses. Mais pourtant, elle s’en fichait. Pour une fois, elle n’avait que faire de savoir. Elle ne désirait plus que faire le vide. Recommencer à zéro, ailleurs. Plus que jamais, elle voulait qu’on lui efface la mémoire. Quitte à tout perdre. Quitte à le perdre. Oublier la douleur sur sa joue, oublier sa peau tendue sur sa chair ecchymosée. Oublier la peur et la tristesse qui lui enserrait le coeur. Elle qui avait eu foi en l’humanité. Elle qui croyait en la bonté des gens… Elle se rendait compte de sa naïveté. Daryl avait changé. Pourtant, elle n’avait jamais pensé, ne serait-ce qu’une seconde, que la violence pourrait s’emparer de lui. Hazel-Jaime voyait en ses amis et ses amours des pierres précieuses, des diamants bruts qui se dessinaient un peu plus chaque jour. Mais Daryl ne semblait être qu’un caillou de verre. Et il venait de se briser devant ses yeux.

Le moteur du bus fait broom broom broom, broom broom broom, broom broom broom
Le moteur du bus fait broom broom broom, toute la journée

Les bébés dans le bus font ouain ouain ouain, ouain ouain ouain, ouain ouain ouain
Les bébés dans le bus font ouain ouain ouain, toute la journée


Il fallait arrêter. Arrêter de se sentir trahie, arrêter de pleurer et de trembler. Il fallait se redresser et faire face à ses propres erreurs. Le visage de Daryl déformé par la rage avait marqué ses paupières à vie, à tel point qu’elle aurait préféré échanger ses yeux contre ceux d’un aveugle.

Les mamans dans le bus font chut, chut, chut, chut, chut, chut, chut, chut, chut
Les mamans dans le bus font chut, chut, chut, toute la journée

Les papas dans le bus disent non non non ! non non non ! non non non !
Les papas dans le bus disent non non non ! toute la journée


Elle se balançait d’avant en arrière, la voix imbibée de sanglots incontrôlables. Comme une déséquilibrée elle chantait de plus en plus fort, comme pour brouiller les pensées qui déferlaient en continue dans son esprit troublé. Cela marchait presque, quand elle entendit un bruit sourd qui la sortie de sa torpeur en une fraction de seconde. Comme un corps qui se laisse tomber lourdement près d’elle. Elle posa une main sur son coeur et se redressa, secouée par la panique.

« Jaimie, je suis tellement désolé... »

Le visage pourpre, elle le regarda droit dans les yeux, catastrophée par cette vision. Il pleurait comme un bébé, ne ressemblait plus qu’à un enfant. La notion de savoir «conserver les apparences» venait de s’effondrer comme un château de carte. Aussitôt, Hazel chercha à le calmer, à lui porter secours alors qu’une minute avant elle n’aspirait plus qu’à l’oublier. Elle ouvrit la bouche pour lui dire qu’elle le pardonnait, qu’elle l’aimait aussi. Mais là, c’était indicible. Elle avait beau chercher les mots, elle ne parvenait plus à associer les lettres, oubliait de conjuguer les verbes, confondait les voyelles et les consonnes. Alors elle se contenta de lui prendre la main et de l’attirer à elle afin de coller son crâne contre sa poitrine. Sa main gauche s’engouffra dans l’épaisse chevelure de son mari et caressa son crâne baigné de sueur. Jamais elle ne pourrait résister à cet homme et elle le savait. Il venait peut-être de la pousser contre la cuisinière, il venait peut-être de lui donner une claque en plein visage, mais elle lui pardonnait tout. Hazel-Jaime passait toujours du coq à l’âne, mais elle était convaincue qu’il n’avait pas été lui-même. Son amour était là quelque part, profondément ensommeillé et il reviendrait tôt ou tard.

Elle n’était rien de plus qu’une tocarde fragile et stupide qui aurait grande utilité à faire ce qu’il fallait pour se faire remettre les idées en place. Elle n’était rien de plus et peut-être encore bien moins. Faible. Insignifiante. Adieu les pancartes pour la libération des femmes. Elles étaient bien loin ces convictions et avec elles la force avait pris la poudre d’escampette.

«Je ne sais pas ce qui m’a pris... Jamais je ne recommencerai je te le jure !»

Et elle le croyait. Elle savait qu’il disait vrai.
Il ne mentait jamais.


_________________________________________


8 Juin 2014 - 16h12
Neil,

Trois ans sans un mot. Trois ans avec des hauts et des bas, surtout des bas à vrai dire. Daryl remonte la pente puis la redescend et il est rare qu’il soit dans un état stable bien longtemps. La dépression est terrible et en ce moment, il ne travaille plus. Il a refait une tentative de suicide en Février 2013 et c’est moi qui l’ai retrouvé dans la cuisine, en train de se vider de son sang. Neil, je n’ai même plus la force de pleurer. Luke vient me voir tous les deux jours pour me redonner le sourire, mais plus le temps passe et plus je m’enfonce avec l’amour de ma vie. Mon passé me semble paradisiaque quand mon futur me donne la nausée. Daryl allait bien mieux pendant quelques mois, mais depuis mai il a rechuté. Il m’a avoué qu’il ne pourrait pas s’en sortir sans moi et je lui ai dit que de toute manière je ne comptais pas baisser les bras. Plus j’y réfléchis et plus je me rends compte qu’aussi loin que je regarde, mon existence est centrée sur lui. Une vie sans Daryl serait probablement sans grande saveur et je préfère souffrir avec lui plutôt que le savoir seul et malheureux. Hier, il s’est mis à rire sans raison et j’ai adoré ça. Je m’y suis mise aussi et nous nous sommes embrassés comme à nos débuts : passionnément, pleinement. aussi loin que je me souvienne et malgré le mariage et toutes ces années, nous n’avons jamais cessé de nous attirer l’un l’autre. C’est déjà ça.

Je te donne des nouvelles dès que possible,
HJ





Dernière édition par Hazel-Jaime Dearing le Dim 27 Sep - 1:36, édité 26 fois
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 4:29







LA FIN

17 Juillet 2014 - 12h37

Neil,

Hier matin, j’avais oublié mon téléphone à la maison alors que je partais au travail. J’étais en avance et non loin de la maison alors j’ai rebroussé chemin, épuisée mais ravie par la journée que je venais de passer auprès de Daryl.
Cela faisait bien longtemps que nous ne nous étions pas liés à ce point. Physiquement, psychologiquement. Nous avons passé ce jour de congés l’un contre l’autre, comme des amants passionnés et nous ne nous sommes pas quittés une minute. J’avais l’impression d’avoir 18 ans, quand nous nous aimions d’un amour simple et très physique, que nous passions notre temps à rire et à partager des moments simples et exaltants, à l’écoute de nos désirs. Cela faisait une éternité et ça m’a fait du bien. J’ai retrouvé mon Daryl des débuts, plus viril encore, plus vif et entreprenant, plus expérimenté. Mais lorsque j’ai passé le pas de ma porte pour récupérer mon téléphone et que je l’ai vu prêt à se planter un couteau dans le ventre ma joie s’est envolée si vite, si complètement que je me suis sentie vide et incapable de faire autre chose que de courir vers lui en hurlant un simple «non».
«Non». «Non» après toutes ces années de mariage, «Non» après tout cet amour qui a germé en moi, «Non» à l’homme de ma vie.
C’était simple mais c’était complètement le reflet de ce que je pensais. Il a levé les yeux vers moi et il m’a regardée dans les yeux, tremblant et désorienté par la surprise de ma venue. j’ai attrapé le couteau que j’ai jeté par terre et je me suis jetée dans ses bras. Il a enroulé les siens autour de ma taille puis s’est mis à verser des larmes à l’unisson des miennes. Je sentais ma poitrine effleurer son torse à mesure que mes sanglots naissaient et mourraient. Il m’incitait au silence, caressait mon dos pour calmer mes pleurs et m’embrassait dans le cou. Puis il m’a séparée de lui et m’a regardée comme il le faisait toujours : fixement.
Cela a eu le don de me stopper net dans mes pleurnicheries et j’ai tout de suite compris à son regard que c’était fini. Fini pour lui, fini d’espérer. Il a tenté de me sourire et m’a passé une main sous le menton puis m’a embrassée sur le front avant de faire «non» de la tête.
Là, après deux tentatives de suicide, je savais que rien, plus jamais, ne serait capable de le faire reculer.


«Je n’en peux plus Jaimie. Je t’en prie, je t’en supplie à genoux...»

Il s’est alors laissé tomber par terre et m’a attrapée par les hanches puis a relevé la tête vers moi en pleurant :

«Laisse-moi partir. Si tu m’aimes, si tu as vraiment de l’amour pour moi. Si je compte vraiment... Je n’en peux plus. Cette fois, c’est fini. Aide-moi à me libérer.»

Mon Daryl est mort le jour où il a commencé à travailler pour son père. Mon amour s’est perdu ce jour-là et n’a jamais retrouvé son chemin. Et aujourd’hui, il était trop épuisé, trop malheureux pour avancer. Trop faible.
Je me suis laissée tomber à ses pieds, secouée par ces mots d’une sincérité accablante et je lui ai demandé d’une voix si tremblante que personne d’autre n’aurait pu me comprendre :


«Alors, c’était un au revoir ? Hier, cette journée, cette nuit... C’était un au revoir ?»

Il a prit une minute pour répondre, pesant chacun de ses mots. Ses mains serraient les miennes avec force mais j’étais parfaitement capable de discerner les tremblements qui les secouaient.

«C’était un adieu, Jaimie.»

Lorsque l’on construit un château de cartes et que l’on retient son souffle pour ne pas faire vaciller les fondations, tout notre corps est tendu et chaque geste devient réfléchi. C’était le cas pour moi. Daryl n’avait jamais été aussi sincère, jamais aussi plein de vérité qu’à cette seconde. Il n’y avait plus rien à faire. Je me suis collée contre lui, aucunement capable d’arrêter mes pleurs et je l’ai enlacé comme jamais je ne l’avais fait. Puis je me suis reculée pour l’embrasser avec tout l’amour que j’éprouvais. Ce baiser était humide de nos larmes mais plein de nos sentiments. Quand je me suis reculée, mes jambes tremblaient tellement que je n’étais pas capable de tenir debout alors je me suis laissée tomber sur les fesses et j’ai attrapé le couteau que je lui avais arraché quelques minutes plus tôt. Quand je l’ai regardé, il ne me quittait pas des yeux. Son sourire était celui d’un homme amoureux qui quitte celle qui l’aime. J’ai marqué un instant d’hésitation, puis je lui ai tendu le couteau en tremblant. Il m’a remerciée et s’en ai saisi sans même une hésitation. Il a retourné l’arme contre son abdomen et a relevé les yeux vers moi. Prise de panique, j’ai posé les mains sur l’arme et j’ai tiré aussi fort que je le pouvais pour l’empêcher de faire cela. Mais il m’a attrapé le poignet et m’a dit calmement :

«Je ne te quitte pas Jaimie. Je serai toujours là quand tu en auras besoin. Toujours amoureux, toujours à tes côtés. Tu es forte et tu es belle, et je crois profondément en toi.»

Un dernier sourire, un dernier baiser et il a enfoncé l’arme dans son ventre sans même une hésitation. J’ai hurlé comme jamais je ne l’avais fait mais j’ai eu la présence d’esprit de l’attraper par les épaules pour adoucir sa chute sur le carrelage froid de la cuisine. Puis je me suis couchée à ses côtés, mon regard planté dans le sien, la main sur son coeur. Je pleurais et j’avais du mal à distinguer ses yeux mais lui était d’un calme terrifiant, comme libéré.

«Merci»

J’ai senti sa main humide de son sang se poser sur ma joue et j’ai compris que c’était le moment de lui dire ce que j’avais sur le coeur. C’était ma dernière chance de le faire.

«Je t’aime».

Aucun besoin d’en dire plus, ces simples mots suffisaient. Il a esquissé un sourire douloureux et a hoché la tête, déjà bien plus pâle qu’une seconde plus tôt :

«Tu viens de me le prouver Jaimie.»

Je ne savais plus que dire, plus que faire, fatiguée de tout. Je ne me souviens plus de tout, sinon du silence, du carrelage froid et de son corps de moins en moins chaud, de moins en moins en mouvement. Puis il m’a dit «je t’aime» et il n’a plus jamais ouvert les yeux.

Je suis restée près de lui pendant ce qui m’a semblé des heures. Je ne pensais pas qu’il était possible de supporter une tristesse si grande, de respirer en essuyant tant de larmes. Quand j’ai décidé de rouvrir les yeux, Daryl semblait dormir, pâle et froid, mort.
Je me suis relevée comme je pouvais et j’ai cherché mon téléphone dans mon sac à main. J’ai du essuyer mes mains sur le torchon de la cuisine pour pouvoir utiliser le téléphone car même mes vêtements étaient couverts de sang. Luke.
Luke.
Il est venu si vite que je n’ai pas eu le temps de comprendre. Il n’a pas cherché à frapper, ne s’est même pas arrêté sur le cadavre de Daryl plus de dix secondes quand il m’a vue couverte de sang et complètement effondrée. Il s’est précipité sur moi, m’a prise dans ses bras et m’a emmenée dans le salon où il m’a déposée sur le canapé. Je n’ai pas eu besoin de lui expliquer quoique ce soit, il avait déjà compris.

Il a raconté à la police que nous étions ensemble pour boire un café avant d’aller travailler et que de fil en aiguille, je m’étais rendu compte que j’avais oublié mon téléphone. Nous étions donc revenus chez moi et nous avions trouvé le cadavre de Daryl, presque mort. Personne n’a posé de question. Après tout, ce n’était que sa troisième tentative de suicide. Mais la dernière n’était pas une tentative. Neil, il est mort.
Je ressens un vide considérable autour de moi.
HJ
[/i]

22 Aout 2014 - 18h23
Neil,

Nous avons enterré Daryl aujourd’hui. C’était une belle messe, et jamais je n’avais vu autant de monde venir rendre hommage à un mort. Mais dans le lot, seule une petite dizaine devaient éprouver un chagrin réel. J’ai eu du mal à parler de lui au passé car il est toujours près de moi. Pour mon «discours», je n’avais pas prononcé deux mots qu’une bonne partie des personnes présentes étaient en larmes. J’imagine que le désespoir d’une veuve met à vif la sensibilité des gens. Moi, je n’avais plus de larmes. Mais je crois que mon coeur était sans doute le plus éprouvé par la tristesse.
Quand je l’ai vu mort, si impeccablement vêtu dans son costard noir, immobile et reposé je me suis sentie complètement vide et libérée. Luke était derrière moi, j’ai senti sa présence. C’est à ce moment-là que j’ai enfin pu verser des larmes. Daryl était reposé, il était bien. Son visage n’était plus entravé par ces rides d’inquiétudes que j’avais pu voir ces dernières années. Ses yeux étaient clos et n’évoquaient plus le stress qui l’envahissait chaque jour. Luke s’est penché à mon oreille et m’a chuchoté que c’était comme s’il dormait. J’ai hoché la tête mais je n’étais pas d’accord. Après toutes ces années de mariage et surtout après son entrée dans l’entreprise familiale, Daryl n’avait plus un sommeil réparateur. il faisait des cauchemars, s’agitait constamment. il hurlait pendant la nuit. Donc il était mort, bien mort. Cela n’avait en rien à voir avec le fait de dormir. Il était calme, délivré de ses peines. Et c’est aussi à ce moment-là que j’ai compris que j’avais fait le bon geste en l’aidant à mourir. Il était enfin paisible et moi soulagée. Je l’ai embrassé sur les lèvres parce que sa mort est une bénédiction. C’était froid mais tendre. J’ai fait en sorte de le faire durer un peu car j’avais conscience que plus jamais je ne toucherai ses lèvres. Jamais plus je ne pourrai le toucher, lui glisser ma main dans les cheveux. Il me manque chaque instant, il est loin de moi, mais il ne souffre plus. C’est là l’essentiel.

Luke m’a attrapée par les épaules et m’a embrassée dans la nuque. Je sais qu’il ne me comprend pas. Malgré tout ce qui nous a toujours uni, malgré le fait que jamais il n’ait réellement cherché à contester une de mes décisions, il n’accepte pas que j’ai pu laisser Daryl mourir. Je me souviens de son regard quand il m’a vue en larmes, la tête de Daryl sur les genoux et le corps secoué de tremblements. J’ai vu qu’il n’acceptait pas mon geste, qu’il était horrifié par mon choix. Car il a tout de suite compris. Nous nous sommes toujours tout de suite compris. Et puis il est venu, a laissé ses a priori de côté et m’a portée jusqu’au canapé. Mes larmes lui font plus de mal que tout le reste et il en est de même pour moi. Il a tout pris en main, m’a dit quoi faire et comment. Il m’a trouvé un alibi, a fait passer ça pour un véritable suicide et pas une aide à la mort. Je ne l’ai pas tué de mes propres mains mais je ne l’ai pas empêché non plus de mettre fin à ses jours. Alors Luke a ravalé ses valeurs et m’a aidée à m’en sortir. Parce que je n’étais plus capable de le faire. Trop faible, trop horrifiée par mon propre geste. Trop immergée dans ma peine. Et aujourd’hui, rien ne pouvait me faire plus de bien que de le voir mort. J’aurai préféré retrouver mon Daryl bien vivant et heureux comme nous l’étions adolescents, mais ce Daryl avait disparu comme un coup de vent. Ses responsabilités l’avait étouffé et il n’était resté plus que la détresse et la peur. Daryl est mort et c’est un soulagement. Mais il me manque aussi terriblement. J’ai peine à imaginer ma vie sans lui. J’ai peur de vivre sans son amour. Mon avenir semble être une notion vague et floue. Je suppose que je devrais apprendre à vivre autrement, essayer d’oublier.
Je l’aime et je le garde avec moi.

HJ


10 Septembre 2014 - 23h13

Cher Daryl,

Je t’aime, tu me manques. Je sais bien que tu va mieux, libéré de toutes les pressions qui étaient les tiennes. Mais les miennes pèsent sur mes épaules comme des poids et me font suffoquer. Peut-on mourir par amour ? Je le crois. En tous cas, il est possible d’aider à donner la mort par amour. Nous en sommes la preuve vivante. Depuis que tu n’es plus là, je ne vois plus les choses avec les mêmes yeux, je ne perçois plus le monde de la même façon et ma vie a pris un tournant si différent que seul un saint pourrait s’adapter aisément. Le matin, quand je me lève, je continue de me retourner vers toi pour te voir dormir, mais tu n’es plus là. Tu n’es présent que dans mes rêves et mon coeur. Dans ma tête. Dans mes souvenirs. J’étais tellement pleine de ton amour et aujourd’hui je me sens complètement vide. Je dois aller voir mes parents à la fin du mois et je me sens pourtant bien incapable de revenir à la source des choses. Dans cette maison où tu venais partager avec les miens le fruit des heures passées par ma mère en cuisine, où nous avions l’habitude de nous raconter des histoires le soir venu sur la terrasse, où nous pensions au prénom de nos futurs enfants, où tu m’attendais après les manifestations et où nous avons appris les choses de l’amour. Je devrais m’estimer reconnaissante de t’avoir aimé, touché, embrassé. Je devrais avoir le coeur en joie à la simple idée d’avoir croisé ta route mais pourtant, le mal de ton absence ne fait que ternir jour après jour ma spontanéité et ma joie. À cela, certains répliqueraient sans doute que c’est de ma faute, que je t’ai enlevé la vie en te laissant la prendre et que je suis la propre actrice de ma souffrance. Mais tu étais mort depuis longtemps. Le Daryl que j’ai aimé m’a quittée il y a plusieurs années et il s’est égaré en route. Tu t’es perdu mais tu n’as pas perdu mon coeur.
Lorsque nous t’avons enterré, j’ai vu le regard brillant de larmes de ma mère. Elle t’aimait elle aussi, profondément. Elle ne s’est jamais départie de sa fierté de t’avoir intégré dans notre cercle familial. Tu méritais tellement son respect qu’aujourd’hui elle se sent perdue et dépassée. Je sais bien que la présence de mes parents à mes côtés en plus de ton absence sera une épreuve de plus à affronter et tout ceci me semble tout bonnement impossible à réaliser. Il y a des gens sur la terre qui n’auront jamais l’occasion de sentir leurs coeurs vibrer comme le mien le fait en pensant à toi. J’ai mal pour eux, parce qu’ils n’auront sans doute rien compris à l’amour.  
Je vais tenter d’avancer sans toi, voir ce que cela donne.
L’avenir nous le dira.
HJ



24 Avril 2015 - 14h51

Neil,

Il est encore apparu. À chaque fois, je me sens fondre comme glace au soleil et en même temps une infinie tristesse m'imprègne des pieds à la tête. Et puis j'ai peur. Vraiment, intensément. Je me sens vide et triste et -encore une fois- j'ai peur d'être folle ! Je crois que je ne vais pas parvenir à passer le cap, et je suis horrifiée à l'idée que l'amour de ma vie soit la cause de ma folie. J'étais juste en train de faire la vaisselle et il était derrière moi, debout et silencieux. Je me suis retournée et mes jambes ont cédées sous l'effet de la surprise. L'assiette que je tenais s'est brisée quand ma main a touché le sol et une coupure s'est dessinée sur ma paume, au même endroit qu'il y a quelques années. J'ai fondu en larmes.
Il était là, juste là ! Et cette fois-ci, il m'a parlé. Quand je suis tombée il s'est approché de moi et il a voulu me toucher l'épaule. Je me suis décalée pour me maintenir loin de lui et ses yeux étaient si tristes que je me suis sentie défaillir.
Il m'a dit qu'il comprenait et ensuite il est resté là, accroupi près de moi à me regarder.
Mais il est mort. Il est mort et je le vois ! Neil je suis en train de perdre la boule, complètement et définitivement !
Je ne peux pas l'oublier si ma tête m'invente ces visions. Je ne peux pas et je ne veux pas, mais je n'ai pas le choix.
J'ai décidé de déménager. Rester ici est trop difficile, vivre près de mes souvenirs est une torture. Je préfère partir pour essayer de survivre. Parce que je ne pourrais pas continuer comme ça.
Je l'aime à en mourir mais ça ne peut plus continuer. J'ai 28 ans. Je dois refaire ma vie. Essayer d'aller de l'avant, loin de cette vie luxueuse et de mes souvenirs.

HJ




Dernière édition par Hazel-Jaime Dearing le Sam 26 Sep - 19:27, édité 7 fois
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 7:40

Voilà pour moi, je m'excuse d'avance pour la longueur de la présentation I love you
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 10:16

bienvenue à toi =) woa, quelle fiche coeur quelle plume, j'adore coeur
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 10:45

Bienvenue :l:
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 11:05

Wah GNOE j'ai pas eu le temps de tout lire mais j'aime ce que j'ai vu FAN bienvenue :l: :l:
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« Infected Mushroom »
« Infected Mushroom »
› Âge : 46 ans
› Appart : #1309, avec Samuel et leurs animaux, Cash et Manoel.
› Occupation : Architecte Urbaniste| Photographe Spiderman | Danseur à La Folle du Désert | Le nez dans des petits, tout petits, tout gentils trafics d'oeuvres d'art.
› DC : Niilo, Ness, Nathan, Dei.
› Messages : 2094
› Nombre de RP : 15

Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 11:12

Bienvenue à toi, au plaisir de te croiser en rp =)

N'hésite pas à passer nous voir en CB ;)


L'intensité de l'instant
est le seul remède. Il faut travailler la terreur de la mort par la fureur de vivre, imperturbable.
Pascal Quignard

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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 11:43

t'as de beaux yeux. HEHE
et une très, très, très longue fiche. OMG
bienvenue LOVE
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 12:40

Ca, ca, c'est de la fiche de présentation... Quelle plume... coeur coeur

Bienvenue parmi nous DE CEUX
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› Âge : vingt-sept ans
› Appart : #1401 - 14e étage
› Occupation : je me suicide à petit feu.
› Messages : 3626
› Nombre de RP : 0

Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 15:32

Quelle fiche BRILLE
Bienvenue parmi nous :l:



.
Je marche dans des villes où des âmes sans nom me fredonnent le tien. Des concerts en sourdine où je chante ton nom pour oublier le mien. Pour oublier un peu que toi tu n'es pas là quand l'hiver se fait rude. Que je n'ai plus que moi avec qui partager ma propre solitude.
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 15:53

Une sacrée plume, un beau personnage, une fiche qui promet, un pseudo attirant... OMG Tu nous amène une nouvelle perle sur DC ! Merci. Je me ruerai avec plaisir sur ta fiche pour un lien à la hauteur GNOE

BIENVENUE :l: FAN
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 15:58

Oh. Mon. Dieu. Ne me refais plus jamais ça ! J'étais pas préparer à lire un truc pareil, moi TT
Bienvenu !
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 16:37

Moi je dis juste... quel nom ! OMG *sors*

Ravie de voir une telle inspiration, bienvenue parmi nouuus ! coeur

(j'ai l'impression que tu vas faire un scéna HEHE ... ou je me trompe >>")
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest Sam 26 Sep - 20:01

Dante, merciiiiiii JAIME je suis teeeelllement FANATIQUE de ton avatar 3lfbqnsb6263jkn2NL * Arrêt cardiaque *

Aaron, merci beaucoup, trop beau pseudo JAIME

Earl, rien que le fait d'avoir le courage d'essayer de lire mon pavé me pousse à te vouer un respect éternel ! Laughing Merci beaucoup, ça me va droit au coeur et ça mérite bien un bisou :l: DANCE

Nathan, avec grand plaisir en général j'aime bien passer du temps sur la CB BANANE Merci coeur > (Tom Kaulitz, je suis une ancienne fan - mes années collèges. Bref j'aime ton ava JAIME HEHE DANCE Ça me rappelle de vieux souvenirs SUPER)

Dasha, oui effectivement, Elizabeth a un regard incroyable Cool PERV Et oui, ma fiche est un véritable pavé et je commence à m'en vouloir de m'être laissée aller comme ça. Mes excuuuuuses I love you Mais merci de ton bel accueil SUPER

Jules (sans doute le prénom de mon futur fils BAVE2 Laughing) oh merci tu es un coeur coeur J'espère avoir le plaisir de te croiser en rp :l:

Silver - alors déjà le prénom déchire tout mais en plus (bah comme pour Nathan hein) ça me donne un coup de vieux en pleine tête Laughing Souvenirs souvenirs ce bel avatar coeur Il y a longtemps j'avais joué Alexz Johnson et elle sortait avec Bill Kaulitz. Je me rappelle que ma partenaire était géniale et on s'éclatait. Donc petite nostalgie coeur Merci de ton accueil HIC

Frédéric, ça me fait drôle parce que pour ma perso j'ai fortement hésité avec Jenna-Louise Coleman, alors quand j'ai vu ton avatar ça m'a fait rire Laughing Du coup je serai juste teeeeellement ravie d'établir un beau lien avec toi et je ne peux que te couvrir de bisous pour toutes ces gentillesses que tu me débites à la minute !!!! Je suis ton esclave haha HAN Merci encore c'est adorable de ta part DE CEUX

Bob, pardon pardon pardon. Je suis tellement désolée mais quand je commence parfois j'ai du mal à m'arrêter. CRY ME A RIVER PITIE Mes plus sincères excuses coeur

Arellys, merci beaucoup JAIME Pour le nom, j'avais du mal à me décider alors j'ai penché pour le nom composé qui lui va assez bien au final ! JAIME
>> Effectivement je vais peut-être m'y laisser tenter, tu es perspicace HEHE I love you MDR

Vous êtes des amours et je vous remercie encore de ce bel accueil I love you PITIE Ça donne envie de s'investir corps et âme SUPER
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Message(#) Sujet: Re: Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest

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Hazel-Jaime Dearing // The law of the strongest

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