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MessageSujet: L. Minwoo Jun   Jeu 23 Juil - 16:08
Luke Minwoo Jun
hold your mistakes up before they turn summer into dust.
Nom Jun, Prénom L. Minwoo, Date et lieu de naissance 10 mai 1992, Âge 23 ans, Nationalité américaine, Origines coréennes, Statut matrimonial célibataire, Orientation sexuelle jusqu'à maintenant n'a eu de relations qu'avec des femmes Job ou Activité étudiant, Date d'arrivée au Parking fin août 2010,  Groupe de ceux qui rêvent, Type de perso inventé, Crédits @moi,  Autorisez-vous, en cas de suppression, l'utilisation de vos scénarios et/ou familles par d'autres joueurs ? non.

Quand et comment avez vous emménagé au Parking ? Minwoo est arrivé à la résidence des Lilas le 23 août 2010, dans la voiture rouge de ses parents, la tôle un peu grinçante sous le poids des cartons. Jonathan et Zabeth ont un peu grincé des dents en voyant la haute tour taguée et le groupe de jeunes fumant en face de l'entrée, mais ils n'ont rien dit - les différents arguments des deux parties avaient déjà été échangés un nombre incalculable de fois au dessus de la table en bois de la salle à manger, et de toute façon, Minwoo ne faisait pas attention. Du haut de ses dix-huit ans et de son mètre quatre-vingt-dix, il a jaugé le bâtiment d'un regard absent et a ouvert sa portière un peu avant que la voiture ne soit arrêtée totalement. Il s'est courbé un peu pour éviter de se cogner la tête, et il s'est étiré longuement, puis il a attrapé deux cartons sans dire un mot et s'est avancé vers la porte d'entrée afin d'aller récupérer ses clefs.

Ses parents sont restés derrière pendant un moment. Jonathan a répondu à la question que Zabeth se posait silencieusement, « De toute façon, on a déjà essayé de le convaincre d'aller étudier plus près de la maison. S'il a autant insisté, c'est qu'il en avait besoin. Et puis, si ça se passe mal il pourra toujours trouver un autre appart ». Sa femme a haussé les épaules, et ils ont tous les deux pris les quatre cartons qui restaient dans la voiture avant de rejoindre leur fils dans le bâtiment.

La concierge les a regardés un peu fixement quand ils se sont présentés comme les parents de Minwoo, mais elle avait du en voir d'autres, parce que les gens avaient des réactions bien plus notables en général. Deux Noirs et leur enfant asiatique, ça ne passe jamais vraiment inaperçu. Ils ont escaladé les 14 étages tous les trois, et Minwoo a ouvert la porte. Ça sentait le brûlé dans le couloir, et on pouvait entendre très clairement la conversation des voisins d'à côté sur la quantité de pâtes qu'il aurait fallu cuire, et pourquoi ce n'était « pas ma faute si la casserole est trop petite et que la moitié a brûlé ».
Zabeth a rapidement scanné la pièce du regard « On aurait du te prendre un F1. Je suis même pas sûre que tu puisse t'allonger par terre sans toucher les quatre murs ». Minwoo a rigolé et il a entouré le cou de sa mère avec son bras, l'a attirée à lui et lui a embrassé le front, « T'inquiètes, si je veux m'allonger par terre confortablement j'ouvrirai la porte et je laisserai mes pieds dépasser dans le couloir ».
Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ? Minwoo aime le bruit. Il aime le bruit et il aime la foule, parce que la foule a cet effet incroyablement paradoxal de créer la solitude dans la multitude. Minwoo, quand il se tient au milieu de centaines de gens, des gens qu'il pourrait connaître, qu'il voit tous les jours peut-être, qu'il lui suffirait d'attraper par le bras ou d'interpeler pour qu'ils ne lui soient plus réellement étrangers, il se sent vivant. Il sent son cœur battre, il se sent brûler de l'intérieur, et ça le prend à la gorge au point qu'il pourrait en pleurer. Il trouve ça beau, il trouve ça merveilleux, il se sent libre, il a presque l'impression d'avoir des ailes, de sentir ses pieds se soulever légèrement du sol, à tel point qu'un simple mouvement de bras pourrait l'envoyer dans les airs. Au Parking, ça lui fait un peu le même effet. Entendre la vie des gens autour de lui, ça lui donne cette impression d'avoir le monde qui s'ouvre devant lui, d'avoir sa vie entre ses mains. Il est seul, terriblement seul, mais il a le pouvoir de faire changer ça en se levant de son lit et en allant frapper à la porte d'en face. Il aime entendre les gens crier, pleurer, rire – Minwoo aime le bruit, le bruit apaise Minwoo.
Les gens, en soi, il s'en fout un peu. Il ne ressent pas le besoin d'être entouré pour se sentir bien, il a assez de choses dans  la tête, dans les yeux, dans les oreilles. On pourrait presque croire qu'il n'aime pas les gens – non, c'est juste qu'il s'en fout. Il est totalement neutre quant à ses voisins – ce qu'ils font, ce n'est pas son problème. C'est leur vie après tout, pas la sienne, qu'est-ce qu'il a à dire là-dessus ? Ce n'est pas lui qui la vit, alors pourquoi est-ce qu'il irait essayer de dire aux gens ce qu'il faut faire ? Bien sûr, si on lui demande son avis, c'est autre chose – vraiment, Minwoo s'adapte à ses voisins.
Quelle est votre réputation au sein du quartier ? « Bonjour madame ! Allez-y, je vous tiens la porte. Vous avez besoin d'aide pour monter vos courses ? Pas de soucis ne vous inquiétez pas, je ne suis pas pressé. Ça s'est bien passé la collecte ce week-end ? » - « Salut vieux, comment ça va ? Du sucre ? Oui pas de soucis, je t'apporte ça tout de suite. » - « Vous avez pas de ballon ? Attends cinq minutes, je remonte et je vous en ramène un. Non, non t'inquiètes, j'ai un peu d'avance et au pire je courrai pour arriver à l'heure ».
Minwoo est serviable, Minwoo est poli, Minwoo est souriant. Il a été élevé comme ça, et ça fait partie de lui – jamais personne ne verra un Minwoo de mauvaise humeur, ou qui envoie quelqu'un balader. Du coup, les gens l'aiment bien : il dit toujours bonjour, s'il vous plaît, merci et au revoir ; il se rappelle des conversations qu'il a eut avec vous ; il est toujours prêt à aider. Ca serait malhonnête de lui demander plus.
Pourtant, il y a une certaine distance chez lui envers les gens qu'il ne connaît pas, comme un mur qui étouffe les pensées qu'il ne veut pas que tout le monde entende. Si la plupart des personnes ne s'en rendent pas compte – après tout c'est difficile de le faire quand on ne croise quelqu'un que tous les lundi soirs au supermarché –, ça n'a pas échappé à d'autres, qui le voient plus régulièrement. Quand on le connaît un peu, on se rend compte que de toute façon, pour un garçon intelligent comme lui, c'est facile de ne montrer que ce qu'on veut montrer. Et même s'il est sincèrement et profondément gentil, il n'en reste pas moins que Minwoo est une personne très secrète, qui parle peu de lui. Il adore débattre et échanger sur des sujets plus complexes les uns que les autres, mais parler de sa personne, de ses sentiments, très peu pour lui. Il a toujours eu l'habitude de gérer ses problèmes tout seul et ne compte pas changer de méthode. Après tout, ça a très bien marché jusqu'ici... non ?



feat Park Chanyeol
Minwoo a été adopté en septembre 1992, quelques mois après sa naissance, par Jonathan et Zabeth Walker, qui avaient alors respectivement 23 et 24 ans - la stérilité de Jonathan et les revenus de Zabeth leur ont permis d'obtenir l'adoption relativement rapidement. Ils l'ont renommé Luke Walker, mais ne lui ont jamais caché ses origines - ils n'auraient de toute façon pas pu le faire, puisque Jon est Noir américain, Zabeth métisse Noir américain et Allemande, et Minwoo Coréen.  Il a décidé de reprendre son nom coréen quelques mois plus tard Il a une sœur jumelle, Zoé, avec qui il a repris contact en 2009. Il se sont rencontrés en 2011 à l'occasion d'un voyage de classe de la jeune fille, mais la rencontre a été tellement perturbante, du fait de leur ressemblance physique, mais aussi de l'opposition de leurs caractères, qu'ils ont arrêté peu à peu de se parler, et ne s'envoient plus que des cartes d'anniversaire Il a décidé de reprendre son nom coréen quelques mois plus tard, après avoir noué des liens particulièrement forts avec sa culture d'origine - certains de ses amis du lycée continuent de l'appeler Luke Minwoo entame sa première année de doctorat  en droit international des affaires, sur l'extension de la pratique arbitrale en droit international des affaires  Il travaille le soir à une radio locale de plus en plus écoutée. Il a une émission de deux heures tous les jours, sauf le lundi et le jeudi, de 20h à 22h, où il fait écouter - et venir - des artistes tentant de se faire une place dans l'industrie. Il a décroché le job notamment grâce à sa voix, qui est très grave et feutrée. Il espère qu'il pourra vivre de la radio, mais le salaire n'est pas très élevé pour le moment Il a un tatouage d'avion en papier sur l'extérieur du pied gauche, sous l'os de la cheville Il est allergique au colorant rouge, que ce soit dans la nourriture, les vêtements, les feutres, la peinture, etc Il a les poumons fragiles et attrape souvent des bronchites - pourtant, il fume un joint tous les soirs avant d'aller se coucher, et parfois toute la journée quand il n'a rien à faire (ce qui n'arrive, en soi, pas si souvent que ça) C'est une personne extrêmement intelligente et perspicace - il a réussi ses études sans trop se fouler, et il a une capacité assez incroyable à savoir ce que les gens avec qui il parle veulent entendre Il ramasse toutes les plantes qu'il trouve jolies, les fourre dans ses poches, et se persuade qu'il va commencer un herbier aujourd'hui, bientôt, quand il aura acheté un livre pour classer ses trouvailles - les plantes meurent toutes sans exception, et ils retrouvent toujours des pétales ou des feuilles en piteux état dans son linge propre
Hyperactif. C'est le mot qui sortait en permanence de la bouche de sa mère quand elle discutait avec ses amies pendant que Luke jouait avec les siens. Sauter à gauche, courir à droite, escalader un rocher, puis un arbre, puis Oscar qui était resté agenouillé trop longtemps – Luke ne s'arrêtait jamais. Tout était prétexte à jouer et à rire, et sa mère, l'air fatigué, mais les yeux tendres, racontait les dernières aventures du petit garçon.

Minwoo, de son côté, et profitant du fait que sa mère était rentrée pour aller chercher la cafetière, avait enfourché un vélo, et se préparait à foncer le long du petit muret qui faisait le tour du jardin, ignorant le vide grandissant entre le-dit muret et le terrain en pente. « T'es sûr que c'est une bonne idée ? » avait demandé Judith, hésitante. Luke avait hoché vivement la tête, décoché un grand sourire à la petite fille, puis, après s'être frotté le nez avec son avant-bras, avait appuyé sur la pédale.

Il est important de savoir qu'à l'époque, Luke apprenait encore à faire du vélo, et qu'on venait de lui retirer les petites roues – ses coups de guidons étaient par conséquent encore un peu erratique, et sa trajectoire approximative.
Si l'idée lui avait paru bonne avant de se lancer – ben oui, plus petit espace, donc plus facile de viser ! -, il changea d'avis à l'instant où il sentit le sol se dérober sous la roue avant du vélo. Il vit la terre tourner autour de lui, puis il sentit la terre lui tomber dessus, puis tout se remis à l'endroit, et il eut le temps de regarder le ciel, surpris et les yeux grand ouverts, un léger bourdonnement dans les oreilles, avant que la douleur à son genoux gauche ne le frappe et que ses pleurs ne se mêlent à la voix inquiète de sa mère.

Trente minutes plus tard, après que ses larmes aient séché, et alors que sa mère collait un gros pansement sur la blessure, Luke fini de compter sur ses doigts : « Ca fait quinze ! Quinze cicatrices sur les genoux ! Maman, ça fait bieeeeen plus que les tiennes ! T'imagines si j'en ai cinquante un jour ? Wooooooooah, j'en aurais plus que toi et papa réuni ! Et bien plus que Oscar, ça c'est sûr ! ». Zabeth rit – un peu jaune, soit – et lui tapota la cuisse droite : « Si tu atteints les cinquante, je pense que tu auras du soucis à te faire pour tes genoux ! ». Luke haussa les épaules et ses lèvres se firent boudeuses. « Tu dis ça juste parce que t'es jalouse ! », s'exclama-t-il avant de sauter de la chaise sur laquelle il était assis et de rejoindre ses amis, toujours dans le jardin.

Dix-sept ans plus tard, et le regard de Minwoo tombait parfois sur ses genoux déformés par les cicatrices, le faisant grogner d'exaspération envers le petit garçon qu'il avait été.

-

Chez Jonathan et Zabeth, la salle à manger est ouverte sur la bibliothèque. Comme la maison est grande, ça surprend parfois les visiteurs. Cependant, ça paraît plutôt logique quand on sait que Jon travaille dans la bibliothèque et n'en sort que pour manger et dormir – à tel point que quand ils ont investit dans la maison après la première promotion de Zabeth en 1991, ça leur a semblé naturel de choisir celle dont le mur entre les deux pièces n'était pas portant, pour pouvoir le démolir aussi vite que possible.

Quand Jonathan n'est pas en train de travailler sur ses thèses de philo – il est enseignant-chercheur à la fac –, il fait un peu le tour du monde : après des premières années difficiles dans le milieu, il a fini par se faire un nom, et il est maintenant invité à faire des conférences à l'étranger presque tous les mois. Il a commencé à partir de temps en temps quand Luke avait 5 ans – quand il avait 10 ans, il se retrouvait régulièrement seul le soir, en attendant que sa mère rentre du bureau. Il a vite appris à se débrouiller – goûter, devoirs, réchauffer le repas, laisser une assiette sur la table pour sa mère, aller se coucher. Son père disait en rigolant que c'était ses racines asiatiques qui ressortaient – quand Luke a grandit, il a peu à peu arrêté de rigoler avec lui. Jon râlait en disant que c'était juste de l'humour, mais Luke a vite appris à lui répondre en se documentant un peu sur internet – le trentenaire rétorquait en disant que, « de toute façon, tu es dans ta période justicier, ça ne sert à rien de discuter avec toi », et il quittait la pièce en ruminant des phrases dans les lignes de « je vois pas en quoi je suis raciste, c'est pas comme si j'étais blanc ».

Sa mère, qui regardait la scène de derrière son bouquin, retroussait son nez, « dis moi, comment on va faire si tu deviens plus intelligent que nous ? Si j'avais su que te laisser tout seul le soir te rendrait aussi débrouillard... », puis elle lui faisait un clin d'oeil et retournait à sa lecture. Quelques semaines après la première altercation, son père arrêta ce genre de remarques.

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Aussi loin qu'il s'en souvienne, Minwoo n'a jamais eu besoin de mettre un réveil avant de  partir de chez ses parents.
Tous les matins, avant de partir travailler, sa mère venait lui caresser le dos doucement. Pas un mot, pas même une pression de la main, juste une caresse sur la peau suffisait à le tirer de sa torpeur. Il prenait alors la main de Zabeth et la posait sur sa joue pour qu'elle la caresse aussi. Puis il se levait, embrassait sa joue, et descendait petit-déjeuner. Ce rituel s'effectuait du lundi au vendredi, sans jamais un manquement. Le premier matin où Minwoo a du se lever avec un réveil, son cœur s'est mis à battre à toute vitesse, et il s'est mis à manquer d'air. Aujourd'hui encore, il a des maux de tête jusqu'à dix heures dès qu'il oublie de mettre son portable sur vibreur – il regrette la douceur de cette main fraîche et la tendresse sur laquelle il ouvrait les yeux tous les matins, peinte en couleur sur le visage de sa mère. Depuis qu'il est au Parking, la seule couleur qu'il voit le matin, c'est celle du plafond.

Un samedi matin, en octobre 2008, sa mère est entrée dans sa chambre. Luke s'est réveillé avant même qu'elle ne pose la main sur son dos, parce que la porte n'était pas sensée s'ouvrir, les samedi matins. Il a gardé les yeux fermés et a attendu qu'elle entame leur petit rituel avant de les ouvrir. Le visage qu'il a vu n'était pas un visage de semaine ; c'était un visage fermé, presque fuyant. Zabeth a probablement lu dans son regard qu'il n'avait pas été amadoué par l'habitude, et elle lui a tendu une lettre. Même s'il n'avait jamais cherché à l'apprendre, il a vite associé les caractères sur l'enveloppe à du Coréen. Ses épaules se sont tendues, et il a sentit la main posée sur ses épaules se tendre aussi.
Il a attrapé la lettre, l'a ouverte, et a lu rapidement les mots difficilement formés. Puis il a posé le bout de papier un peu froissé, a pris la main de sa mère, et l'a posée sur sa joue.

Quelques mois plus tard, son père a été invité à faire une conférence à Séoul. Luke, est parti avec lui. Il a attendu sa mère pendant trente minutes sur un parking dans le centre de Séoul, les mains dans les poches, les yeux fermés, les écouteurs dans les oreilles. Pendant trente minutes, il s'est forcé à respirer en rythme avec la musique, pour ne plus entendre son cœur battre. Ses efforts ont été réduits en miette quand la sonnerie a remplacé la musique.

Jinah était là, un peu plus loin. Elle étudiait les passants du regard en essayant de le reconnaître, et elle lui a fait un signe de la main quand elle l'a vu décrocher. Elle s'est dirigée vers lui et a eu comme un moment de vide pendant quelques secondes ; puis elle a fait un geste dans une direction et lui a dit d'un Anglais maladroit qu'elle voulait lui offrir un café.
Une fois dans l'établissement, elle a commencé à parler presque tout de suite, sans le laisser se présenter, sans se présenter elle-même ; elle lui a expliqué qu'elle avait 16 ans quand il était né ; que son père était un peu plus âgé, mais qu'ils étaient tous les deux trop jeunes et avaient décidé de les faire adopter ; qu'ils avaient perdu contact quand il était parti étudier à la fac. Elle était agent immobilier aujourd'hui, et s'était mariée avec un de ses collègues. Ils avaient un fils de 8 ans ensembles. Luke a dégluti, et elle a bu une gorgée de café, les yeux fuyant. La seule chose dont il était certain, c'est que cette femme était incroyablement directe, et qu'elle prenait toute la responsabilité de ses actes, sans en regretter aucun. D'ailleurs, comment Luke aurait-il pu lui reprocher quoi que ce soit ? « Tu veux savoir quel prénom on avait choisi pour toi ? », puis, sans attendre de réponse de la part de Luke, « Min Woo. Tu t'appelles Jun Min Woo ici, officiellement ». Luke s'est sentit submergé par une vague de rancœur et de nostalgie, et un frisson a parcouru son dos face à ces émotions qu'il ne connaissait pas. Chez lui, on évitait de parler de ce qui risquait de fâcher, et quand on le faisait, on se comportait ensuite comme s'il ne s'était rien passé. Les conflits étaient évités, ou bien réglés à demi mots, sans confrontation – Jinah, elle, disait les choses directement. Pour Luke, ce fut comme un choc, et il prit soudainement conscience de toute la frustration qu'il avait accumulé au fil des années à force de ne jamais extérioriser sa colère. Pour la première fois, il prit conscience du bouillonnement de son sang, du feu qui lui montait à la tête, des éclairs qui menaçaient d'éclater dans sa gorge.

Puis Jinah lui a dit sans broncher « Tu sais, c'est mon mari qui m'a poussé à vous contacter. Moi je ne voulais pas, je trouvais ça inutile. Mais au final je me sens mieux maintenant que je vois que vous allez bien ». Minwoo a cligné des yeux, « Nous ? » « Ah, je ne t'ai pas encore parlé de Zoé, c'est vrai ».

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Luke jette la tête en arrière et éclate de rire, comme une mélodie qui s'évapore dans le ciel noir. Il a les joues un peu roses, les doigts engourdis, et son sang bât fort dans ses veines. Il a sûrement bu un peu trop. Oscar le regarde, narquois : « Alors mon grand, la deuxième bière est mal passée ? » - Luke répète avec la voix la plus ridicule qu'il a la capacité d'imaginer, et il rigole encore – sauf que cette fois ça sort plus comme un gloussement, et il recouvre sa bouche de sa main brusquement, les yeux grand ouverts, et toutes les personnes présentes, qui ont bu au moins autant que lui, éclatent dans un fou rire général.

Luke inspire profondément l'air tiède et regarde les personnes autour de lui, assises en cercle et discutant tranquillement. L'année scolaire vient de se terminer, et ils profitent des premières soirées d'été pour se retrouver tous ensembles. Si la plupart d'entre eux sont tous dans le même lycée, quelques uns sont partis dans des villes voisines en espérant intégrer de meilleures équipes de sport, ou pour suivre des cours qui n'étaient pas proposés ici.
Le jeune homme se sent en sécurité ici, entouré par ces personnes qu'il connaît depuis toujours, ou presque – il glisse sa main dans le dos de Billy, qui est assise à côté de lui, et il la sent se rapprocher, puis poser sa tête sur son épaule. Ça ne fait pas très longtemps qu'ils sont ensembles – un mois et demi peut-être –, mais Luke se sent pousser des ailes quand elle est là. Il a l'impression d'être un gosse de cinq ans, de se lancer avec son vélo sur le petit muret à nouveau et de tomber dans le vide. Pour l'instant, il n'a pas encore touché le sol.

Il la regarde et il voit une flamme dans ses yeux, la même qu'il y voit tout le temps quand elle le regarde, celle qu'il a parfois vu chez d'autres – comme si elle voulait le disséquer pour voir ce qu'il a dans le ventre, dans le cerveau, une sorte de fascination mêlée à un désir pas seulement physique. Cette flamme allume un brasier qui ne dort jamais vraiment au fond de lui, et son cœur se met à battre à toute vitesse, et il resserre sa prise sur ses hanches, et il serre les dents pour ne pas crier. Il a comme un loup au fond de lui, il a faim, faim, faim, il la veut, il veut son amour, il veut le monde, là, tout de suite, maintenant. Il ne veut pas attendre. Elle sourit – il sait qu'elle peut le lire dans ses yeux, qui sont devenus encore plus noirs qu'ils ne l'étaient déjà –, et il sent une décharge électrique le long de son dos quand elle caresse la peau en bas de son dos.
Il l'aime – il brûle. Ça lui arrive parfois de s'enflammer et de tout entraîner sur son passage, comme une tempête, comme un feu de forêt – il se consume jusqu'à ce qu'il ne trouve plus rien à consumer et qu'il se calme, un peu étourdit, l'esprit vide, le corps détendu, et un sentiment de profond contentement au creux du ventre.

Oscar lui a déjà reproché cette tendance à s'investir corps et âme dans une personne, une cause, une conversation, et à oublier tout le reste, et à briller tellement que tout le monde autour se retrouve comme des insectes collés sur du papier tue-mouche, comme pris dans un cyclone et incapable de détourner le regard, de se rendre compte qu'autour d'eux, il y a toujours le reste du monde, que tout n'a pas disparu sous la chaleur du soleil Luke. Ils n'ont rien dit tout les deux, puis Oscar l'a regardé et a dit : « Philip m'a dit que la première fois qu'il t'avait vu faire ça, il avait halluciné – que quand on te rencontrait on avait l'impression que tu étais un mec un peu terne, bien rangé, sans ambition propre, et qu'un jour, d'un coup, c'était comme si un mur était tombé, et qu'il s'était rendu compte que le Luke qu'il voyait jusque là c'était qu'une peinture sur un bout de carton, que tu avais dessiné pour être sûr que les gens te laisseraient tranquilles ». Il s'est tu à nouveau. Luke n'a rien dit et a gardé ses yeux fixés en face de lui. « Tu sais, a repris Oscar, je suis pas sûr de comprendre pourquoi tu fais ça, mais – c'est peut-être un peu bizarre – je me sens privilégié d'être une des seules personnes qui a le droit de le voir. Je suis pas sûr de comprendre pourquoi non plus. T'es une putain de sorcière mec ! ». Luke avait rigolé, puis ils avaient changé de sujet.

Billy et lui sont restés un peu plus longtemps dans le jardin avec les autres – Zabeth et Jon étaient partis en week-end pour leur anniversaire de mariage – et quand Luke a compris que tout le monde s'était rendu compte qu'il était parti, il s'est levé, a dit au revoir à tout le monde, et est monté, Billy juste derrière lui. Quand il a refermé la porte derrière lui, il l'a regardée un instant, et il a eut l'impression qu'elle pliait un peu sous l'intensité de son regard. Puis il a vu une sorte d'abandon dans ses yeux, et par ses baisers s'est déversée toute la lave qu'il avait réussi à retenir à l'intérieur jusque là, et il s'est abandonné lui aussi, et il a oublié qui il était pour se rappeler de son nom à elle.

« Luke... C'est vrai que tu veux reprendre ton nom coréen ? » – C'est la question qu'elle lui a posé, une heure après qu'ils soient montés dans sa chambre.
Ils sont restés en silence pendant quelques minutes, les doigts de Luke continuant de caresser les cheveux de Billy. « Ca te gênerait si je le faisais ? » - « Non ». Alors il a hoché la tête. Les yeux de Billy étaient presque éteints, comme s'il avait aspiré toute leur couleur en l'aimant si fort. « Depuis que je suis retourné là-bas et que j'ai commencé à parler à Zoé je... Je sais pas, j'ai l'impression que toute une partie de moi qui était cachée a décidé de pointer le bout de son nez. Et je veux pouvoir décider de qui je suis moi-même, ça me gêne que quelqu'un ait décidé entièrement de mon identité en changeant mon nom et en dissimulant mes origines, tu vois. Je sais que c'est con et que ce n'est pas ce qu'ils voulaient faire mais... Luke Walker, ça sonne creux à mes oreilles maintenant ». Billy a hoché la tête à son tour. « Comment tu t'appelles alors ? » - « Minwoo Jun »

-

Minwoo se gratte le front pendant quelques secondes, exaspéré, puis se laisse tomber sur son bureau, les bras étalés devant lui et la tête contre la surface de bois. Quelle idée il a eu de se lancer dans une thèse ? Est-ce qu'il en avait vraiment besoin ? Il aurait pu passer le barreau et devenir avocat d'entreprise – c'est pas si difficile que ça, et puis ça rapporte. Mais non, il a fallu qu'il décide de rester trois ans – au moins – de plus à la fac pour rédiger sa foutue thèse, tout ça parce qu'il n'a pas voulu arrêter la radio, dans l'espoir qu'à un moment ou un autre, pendant ces trois années, quelqu'un le repère et lui propose un meilleur poste.

Il se rend compte maintenant que c'était un peu se donner de faux espoirs – mais c'est pas comme si travailler le gênait vraiment. A vrai dire, il doit même reconnaître qu'il aime ça, se creuser le crâne, se prendre la tête, passer des heures sur un paragraphe et lire cinq bouquins par mois pour finir par n'utiliser que le troisième paragraphe de la 326ème page du quatrième. Il se redresse lentement, s'étire d'un bras en passant la main de l'autre sur ses yeux fatigués. Il est deux heures trente-quatre, et il doit donner un cours à neuf heures demain.

En se servant un café – le troisième de la soirée, il commence à se sentir un peu fébrile, et il sait qu'après celui là, il aura soit des éclairs de génie, soit une crise de nerfs. Dans tous les cas, il ne pourra pas dormir – il aperçoit la lettre qu'il a récupérée le matin même.
Il repart à son bureau avec son café et la lettre dans une main, une cigarette qu'il a trouvée sous son lit deux jours auparavant dans l'autre. Comme la cuisine et le bureau sont dans la même pièce, ça ne lui prend pas beaucoup de temps, et dix secondes pus tard il est assis sur son fauteuil, la lettre devant les yeux, et la cigarette allumée. Il lit les premiers mots, et en même temps il sent la fumée âpre virevolter dans sa bouche, sa gorge, ses poumons. Il finit la première phrase, et il sent la fumée s'échapper de sa bouche et traîner un peu sur ses lèvres – il récolte les restes de fumée en passant un coup de langue sur sa lèvre inférieure.

C'est une lettre de Zoé. Ça faisait un moment qu'il n'en avait pas reçue et qu'il n'en avait pas envoyée. Elle est remplie de banalités, histoire que la feuille soit remplie et qu'il n'y ait pas une demi-page de gêne à la fin. Il replie la feuille en souriant, écrase le mégot de la cigarette sur le coin du bureau et le jette par la fenêtre ouverte. Puis il se frotte à nouveau les yeux et boit une gorgée de café.

Quinze minutes plus tard, le café est fini, et il est en train de danser n'importe comment au milieu de son studio, son casque sur les oreilles. Il cri-chuchotte les quelques paroles qu'il connaît pendant trois ou quatre chansons, puis il s'étale, essoufflé, sur son lit et explose de rire, les yeux fermés et des étoiles sur les paupières. Il reste comme ça quelques instants, sa thèse oubliée, et sa respirations se stabilise lentement. Avant de s'endormir – apparemment il avait encore de la marge sur le café –, il se dit qu'il faudra qu'il aille la voir, un jour, qu'il rencontre sa famille, ses frères et sœurs. Peut-être qu'eux aussi, s'ils réessayent, ils pourront en devenir une, de famille. Une espèce de voile de chaleur enveloppe son cœur en même temps que son esprit s'échappe de sa chambre pour rejoindre la Lune.

Margot
passe ta souris !
Moi je m'appelle Margot et je vais bientôt avoir 20 ans (le 10 août  SIFFLE), et j'entre en troisième année de droit en septembre (je viens de prendre conscience de ça et je me sens ultra vieille  DINO), et je veux travailler dans les droits de l'homme et plus en particulier de la femme plus tard du coup je fais plein de bénévolat, et aussi j'aime les avocats et la glace à la pistache, et les tortues, et les coquelicots.

Et comme ma connexion est ultra nulle bah là tout de suite je peux pas faire plus que poster ça mais je vais écrire une super fiche et je compléterai ici quand ça ira mieux  FESSE
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Dernière édition par L. Minwoo Jun le Ven 24 Juil - 12:25, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Jeu 23 Juil - 16:09
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MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Jeu 23 Juil - 16:10
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PERSONNAGE EN PRISON. ho
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MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Jeu 23 Juil - 16:21
Bienvenue :l:



.
Je marche dans des villes où des âmes sans nom me fredonnent le tien. Des concerts en sourdine où je chante ton nom pour oublier le mien. Pour oublier un peu que toi tu n'es pas là quand l'hiver se fait rude. Que je n'ai plus que moi avec qui partager ma propre solitude.
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Jeu 23 Juil - 16:27
Bienvenue :l: :l:
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Jeu 23 Juil - 16:52
HAN
bienvenue CUTE coeur HEHE
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Jeu 23 Juil - 17:34
Merci vous êtes des cœurs :l:

Ira PERV
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Jeu 23 Juil - 19:01
Bienvenue ! CUTE DE CEUX
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Jeu 23 Juil - 22:50
Bienvenue par ici ! Smile
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Ven 24 Juil - 12:09
Merci beaucoup CUTE
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Ven 24 Juil - 12:31
Bienvenue à toi !
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Ven 24 Juil - 12:35
Bienvenue coeur Je t'aime coeur
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Ven 24 Juil - 12:51
Bienvenue CUTE
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   Ven 24 Juil - 18:35
VALIDE !


Je trouve ton perso super attachant ! POTTE

Félicitations ! Tu emménages officiellement au sein du Parking! Tout d’abord, laisse-nous te remercier de t’être inscrit et surtout, d’avoir mené ta fiche jusqu’au bout ! A présent, nous espérons de tout cœur que tu te sentes ici comme chez toi alors si quelque chose ne va pas, si quelque chose te passe par la tête, n’hésite pas à poster dans les Suggestions ou encore nous envoyer un petit MP (évite cependant d’écrire un MP à la concierge, elle n’est qu’un PNJ). Quoiqu’il en soit, tu connais la musique : pour bien démarrer ton jeu, poste ta fiche de liens ainsi que ton portable et n'oublie pas d'aller recenser ton appartement et ton métier puis roule ma poule !

PS: Pense à bien remplir tous les champs de ton profil, c'est mieux !
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MessageSujet: Re: L. Minwoo Jun   
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