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MessageSujet: un seul moment d'inattention et tout bascule | libre   Dim 21 Juin - 13:28
un seul moment d’inattention et tout bascule.

Elle dansait la gamine. Elle bougeait son petit corps sur le son de la musique un peu house, un peu électro, un peu psychédélique et ça l'amusait. Parfois, elle me jetait un coup d’œil pour vérifier que j'étais bien là, puis elle reprenait sa drôle de chorégraphie. Certains s'arrêtaient pour l'applaudir. Et elle se mettait à rire. Toutes ces couleurs, ce bruit, ce monde, c'était plus de vie qu'elle n'en avait jamais vu encore. J'étais juste derrière elle, devant l'entrée du Parking, assise sur le perron à la surveiller, souriant à pleine dent en la regardant se trémousser.
« Rega'de Maman ! », me lança-t-elle les yeux remplis d'étoiles alors qu'un jet de bandes pailletées arrivait sur nous. Elle essayait de les attraper au vol, elle chancelait, tombait les fesses sur le sol et éclatait de rire avant de recommencer. Ça faisait du bien, de pas avoir de larmes, de pas avoir de cris. C'était relaxant. La musique était peut-être un peu trop forte, il y avait peut-être un peu trop de monde, mais j'étais bien, je me sentais bien. En plus, avec toute cette excitation accumulée, la gamine allait bien dormir ce soir. Elle tomberait comme une masse sans demander son reste. Cette journée était parfaite.
Puis, il y avait eut l'arrivée d'un nouveau char, plus coloré, plus bruyant, avec une forme amusante et des hommes déguisés en poulets multicolores dessus. Je voulais prendre ma fille dans mes bras pour lui montrer, certaine que cela la ferait rire, mais elle n'était plus là. J'avais regardé ailleurs, une seule seconde et elle avait disparu. Il n'y avait plus de Zoila. Putain, une seule seconde. Je me levais brusquement, le cœur en alerte, l'esprit divagant. Où était ma fille ? Tout d'un coup, j'avais l'impression que mon monde s'écroulait. Je détestais cette foule, je détestais ce bruit, je me détestais. Je poussais les gens en leur demandant si ils n'avaient pas vu une enfant, en vain. Ils m'écoutaient à peine ces débiles.
« Zoila ? Zoila ! ZOILA ! ». Je me mettais à crier comme une cinglée tout droit issue d'un hôpital psychiatrique. J'avais envie de m'arracher les cheveux pour mon erreur. Comment j'allais la retrouver avec cette foule ? Et si quelqu'un l'avait enlevée ? Oh mon dieu. Alors je me mettais à crier de plus belle, me foutant que des larmes coulaient abondamment sur mes joues, que mon mascara suintait, que j'avais de grands yeux, que ma voix se perdait dans les aiguës. Tout ce que je voulais, c'était retrouver ma gamine.
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MessageSujet: Re: un seul moment d'inattention et tout bascule | libre   Dim 21 Juin - 16:15
un seul moment d’inattention et tout bascule.

J'étais assise sur un trottoir. Non, je ne faisais pas la manche, je me reposais. Je venais d'arriver dans le Bronx il y a de cela quelques jours à peine et déjà il y avait un évènement qui me rendait joyeuse. Tellement joyeuse. C'était l'évènement de la diversité, de la différence. C'était une paix dans ce monde de brut bien méritée. J'adore faire la fête, et ça se voit. Je suis habillée de ma robe hippie préférée, de bottes un peu du même style et mes cheveux jaunes fluo retombent sur mes épaules d'algérienne. J'avais un bandana autour du front et je me sentais libre. Ce n'était pas la même sensation que lorsque j'étais en route à travers les états, c'était une sensation presque meilleure. Tout ces gens joyeux me rendaient joyeuse. Ils faisaient la fête, riaient, dansaient, criaient.
Je me sentais à ma place, moi qui est toujours aimée faire la fête et déconner. Or là, j'avais eu besoin de faire une pause, s'amuser avec des inconnus pouvait être très fatiguant, je l'avoue. J'étais en train de regarder la foule qui marchait devant moi, le rythme n'avait pas cessé, le fait de m'arrêter ne faisait pas arrêter les gens et les chars, je n'étais pas le centre du monde et c'est ça qui me plaisait.
Quelques minutes passèrent et une toute petite fille, un bout de chou, vint me voir, elle avait l'air perdu dans cette foule, seule, mais elle était une des plus heureuses ici, elle ressemblait à la petite Cassie que j'étais avant, en Algérie, là-bas, dans mon pays avec ma patrie. L'Amérique, c'était bien, c'était pas la même ambiance, mais je m'y plaisais. Intriguée, je demandais à le petite « Hey, bout de chou, tu t'amuses ? », elle me répondit en hochant la tête, elle n'avait pas l'air d'avoir peur des inconnus et elle semblait être subjuguée par ma couleur de cheveux. Ça me fit plaisir, mais je ne fis pas de commentaires. « T'es toute seule ? », oui, car ça avait l'air bizarre quand même qu'une gamine soit ici, sans personne. Je souris, j'aimais les enfants, j'aimais tout le monde. Elle me répondit, « Non je suis avec maman ». Je regarde autour, je vois personne, alors je redemande « Et alors elle est où, ma chérie ? » Elle regarde derrière elle, avec tout ce bruit c'est le bordel, elle commence à s'affoler et elle me regarde avec un air triste. « J'sais pas ». Alors je décide de me lever et d'aller vers elle, je me met à sa hauteur et je lui prends la main. « N'aie pas peur, viens on va la chercher. Elle ressemble à quoi ta maman ? Elle est jolie ? » Je demande en souriant, je veux pas qu'elle soit triste ni qu'elle est peur, je veux qu'elle sente que je suis son amie, même si je ne sais pas qui elle est et qu'elle ne sait pas qui je suis.



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MessageSujet: Re: un seul moment d'inattention et tout bascule | libre   Lun 22 Juin - 23:58
un seul moment d’inattention et tout bascule.

J'étais paniquée, complètement paniquée. Je ne retrouvais pas ma gamine. Putain, je la retrouvais pas. Avec cette foule, ce bruit, elle était invisible à mes yeux et à mes oreilles. Pourtant, j'avais beau pousser tout le monde, hurler dans tous les sens, je la cherchais du regard, j'espérais entendre ces pleurs. Pour une fois que je voulais entendre ces pleurs, bordel. Mais rien n'y faisait. Je devenais hystérique. Déjà que j'étais sujette à des crises d'angoisse dès que le stress était trop important. Là, c'était l'apocalypse. Ça me paralysait, mon cœur battait à la chamade, si fort que cela me faisait mal, je me mordais l'intérieur de mes joues, jusqu'au sang, le goût métallique dans la bouche n'y faisait rien. Je n'arrivais pas à me calmer. J'avais perdu ma fille, putain. À la gay-pride. Il y avait du monde partout, un bruit de fou et j'avais l'impression de devenir folle.
« ZOILA ! ZOILAAAAA ! ». Je hurlais, littéralement, à en casser les oreilles de tous ceux que je croisais. D'ailleurs, la plupart me lançait des regards noirs mais je m'en foutais. Royalement, j'en avais complètement rien à foutre. Je pouvais même leur briser les tympans sans regret si seulement cela pouvait me ramener ma fille. J'étais prête à en tuer quelques-uns voir toute la foule devant moi, si c'était pour la retrouver. Et dire que j'avais répété plusieurs fois que si je pouvais revenir en arrière et ne pas avoir Zoila, j'aurais effacé le passé avec plaisir. Maintenant, je me sentais complètement conne d'avoir pensé ça. Je voulais pas que Zoila disparaisse de ma vie. Je voulais pas, putain. Seigneur, s'il vous plaît, guidez-moi vers ma fille.
Je n'avais pas vraiment le temps de prier mais mentalement, je m'adressais à Dieu, pour qu'il m'aide. Il me la devait bien celle-là. J'avais pas eu une vie facile, alors m'enlever ma seule source de bonheur, c'était pas miséricordieux de sa part. La foule était de plus en plus compacte à mesure que je m'avançais et je décidais de revenir devant le Parking. Si Zoila n'avait pas été enlevée – et je me refusais de penser à un tel scénario même si une part de mon esprit était en alerte – elle serait forcément à côté du Parking. Elle ne se serait pas éloignée si loin. Elle avait du voir un truc qui l'avait fascinée et prise dans ma terreur, je l'avais pas vu. Alors je revenais vers l'immeuble, mais je la voyais pas, et j'avais l'impression de m'effondrer. J'avais envie de m'effondrer. Mais je pouvais pas. Alors comme si c'était ma dernière chance, je commençais à escalader l'immeuble tant bien que mal pour avoir une meilleure vue, tout en hurlant son nom, au désespoir.
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MessageSujet: Re: un seul moment d'inattention et tout bascule | libre   Mar 23 Juin - 12:37
un seul moment d’inattention et tout bascule.

Elle me regarde en souriant doucement, elle a l'air d'avoir confiance en moi. C'est pas très intelligent de sa part, je pourrais être une tarée de passage, mais elle a de la chance, je suis aussi inoffensive qu'un moucheron. « Oui, elle est très jolie ma maman, elle est...elle est comme moi » Bon, ça m'avance pas, mais je lui souris, on va bien la retrouver, sinon je devrais l'amener...à la police peut-être ? Ou devant chez elle ? Mais elle habite où d'ailleurs ? Je marche pendant quelques minutes en lui tenant la main pour pas la perdre, déjà qu'elle est perdue, faudrait pas que je me perde moi aussi et que je la perde, ça serait la meilleure. Je suis pas d'ici, je connais rien à part le Parking, alors j'imagine qu'elle habite ici aussi, enfin j'espère.  « Tu habites où ma belle ? » Elle me montre l'immeuble et je soupire de soulagement. Merci, heureusement. « Oh moi aussi ! On est peut-être voisines, qui sait ? » Une nouvelle fois, elle me sourit, mais je vois bien qu'elle est à la limite d'avoir envie de pleurer. C'est qu'une gamine et elle a perdu sa mère, la pauvre. J'étais pareille vingt-ans en arrière, dans mon pays. J'étais une petite peureuse, mais au fond j'étais forte. Je passe ma main libre dans mes cheveux jaunes et je fronce les sourcils, je suis bête, je me suis pas présentée d'ailleurs. « Je m'appelle Cassie et toi ? » « Zoila ». J'avais jamais entendu ce prénom de ma vie, et pourtant j'en ai rencontré des gens, mais ça m'étonne, elle a l'air d'être une petite fille originale et pleine de vie. Comme moi. J'essaye de m'extirper de la foule avec la petite, je commence à étouffer avec tout ce monde alors j'ose même pas imaginer comment elle doit se sentir. J'arrive sous un arbre en face du Parking et je reste debout, à regarder les gens, pour voir si je ne trouve pas une jeune femme déboussolée qui cherche son enfant. Il doit pas y en avoir des millions après tout, sauf que je ne sais même pas à quoi elle ressemble, si elle a mon âge, si elle est plus vieille ou plus jeune. Je met ma main libre sur mon front pour me faire un pare-soleil, mon maquillage coule légèrement, mais je m'en fiche. Quelle idée de s'être autant déguisée pour cet évènement aussi. Or, c'était une fête très attendue, j'allais pas y aller au naturel. Cependant, là, j'étais plus du tout dans l'ambiance, j'avais une gosse avec moi et j'avais pas envie de la garder toute la vie, je suis pas assez mature pour ça, je suis trop libre pour me faire emprisonner par une gamine, alors faut que je retrouve absolument ses parents. Je lui demande « Tu la vois pas, Zoila ? » Elle hoche négativement la tête et puis je me dis que si on reste là, sous cet arbre à l'ombre, pendant quelques minutes si c'est pas une heure, on nous retrouvera. Finalement, au bout de quelques minutes, j'en ai marre alors je décide de rentrer à l'intérieur, dans le hall de l'immeuble. J'ai une soif atroce, mais j'ai pas d'eau. Je lâche enfin la petite mais je lui dis de rester là avec moi. « Ta maman va revenir » et je croyais pas si bien dire.


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MessageSujet: Re: un seul moment d'inattention et tout bascule | libre   Mar 7 Juil - 12:16
un seul moment d’inattention et tout bascule.

J'avais l'impression d'avoir une force surhumaine qui me guidait, peu à peu, je prenais de la hauteur, je grimpais sur le mur de l'immeuble, calant mes pieds à chaque interstice, tenant fermement les morceaux de briques rouges entre mes mains pour éviter de tomber. Il y avait quelques bons mètres maintenant qui me séparaient du sol, bien assez pour me faire assez mal si je risquais de tomber. Mais je m'en foutais. Je ne voyais pas le danger. Je n'avais pas peur du danger. L'espoir de retrouver Zoila était bien plus grand. Alors quand j'eus l'impression d'avoir pris assez de hauteur, je me tenais fermement contre le mur, tout en essayant d'apercevoir ma fille. J'avais une meilleure vue, ça c'était certain. On pouvait voir toute la parade sans être gêné le moins du monde, mais ce n'était pas ça qui m'intéressait. Je cherchais du regard une petite bouille, des petits cheveux bouclés, une petite robe fleurie, ma Zoila chérie.
Mais putain, je la voyais pas. Je la voyais pas. Bien joué, Angie. T'as perdu ta gamine. J'avais pas besoin de mon subconscient pour en être pleinement consciente. J'avais été naïve sur le coup, plus que naïve, conne. Je comprenais pas les gens qui mettaient une laisse à leur enfant comme si il s'agissait de leur chien, mais au bout du compte, ils n'avaient pas complètement torts. Si j'avais fait ça aussi, Zoila serait toujours ici, avec moi. J'étais abattue, complètement abattue. J'avais envie de me laisser écrouler sur le sol et peu importe la chute et les dégâts. Sans ma fille, j'étais incapable de continuer à vivre. J'étais prête à me lâcher dans le vide quand je la vis. Zoila, ma magnifique Zoila. Elle tenait la main d'une inconnue aux cheveux jaunes fluo. On ne pouvait pas la rater.
« Zoila, ZOILA », criais-je dans leur direction tout en descendant prudemment le mur que j'avais escaladé, tout en essayant de ne pas quitter ma fille et l'inconnue des yeux. Elles rentraient à l'intérieur du Parking. J'étais soulagée d'un côté, mais j'avais peur de l'autre que cette femme lui fasse du mal. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser au pire. Et si c'était un coup d'Avery ?! Et si Avery avait demandé à cette femme d'enlever mon enfant pour me faire du mal ?! Un tas de scénarios se bousculaient dans ma tête tandis que je courais en direction de l'entrée du bâtiment. Essoufflée, j'arrivais à l'intérieur, les joues rosées, le maquillage dégoulinant, avec de grands yeux affolés alors que je cherchais Zoila du regard.
« Mamaaaan !! » La plus belle voix du monde me venait de la droite, je voyais la gamine courir dans ma direction, alors que je m'avançais vers elle, penchée en tendant les bras pour l'accueillir contre moi. Je venais de retrouver mon autre moitié, mon cœur tout entier alors qu'elle se blottissait contre mon corps, et que je caressais ses cheveux tout en la couvrant de baisers, incapable de retenir de nouvelles larmes, de bonheur cette fois, de l'avoir retrouvée.
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MessageSujet: Re: un seul moment d'inattention et tout bascule | libre   Jeu 9 Juil - 22:35
un seul moment d’inattention et tout bascule.

A peine eu-je dis ces mots qu'une jeune femme - plus jeune que moi ça se voyait sur son visage- , déboula des escaliers. C'était comme si elle venait de faire un réel marathon, comme si elle venait de monter les étages entiers de l'immeuble jusqu'au dernier pour les redescendre en courant. Quand la petite Zoila alla tomber dans les bras de cette inconnue, je compris enfin que c'était sa mère. Son cris d'ailleurs remplis d'amour me le confirma. Mais la seule chose dont j'arrivais à penser était que cette femme était jeune pour avoir une enfant, et celle-ci était déjà grande, elle devait avoir cinq ou six ans du moins. Je ne savais pas vraiment, je disais ça au pif, mais ça me semblait vraiment très louche, de plus en plus intéressant à vrai dire. Après tout, j'écrivais un blog sur ma vie, depuis ma tournée des Etats-Unis, alors pourquoi ne pourrais-je pas écrire un article sur une petite famille rencontrée lors de la gay pride de New York ? Ça serait sublime, mais avec leur consentement évidemment. Sinon, je ne citerai pas leur nom, ce qui était tout à fait normal en cas de refus. C'était leur vie après tout, pas la mienne. Or, rencontrer des personnes toutes aussi différentes les unes des autres m'apprenaient que chaque vie était vécue d'un point de vue et d'expérience complètement hors du commun. La mienne par exemple, j'étais née en Algérie et j'étais arrivée dans le Bronx, au Parking, après de longues années de voyage en bus. C'était ma découverte, ma vie. Et cette relation mère-fille qui se montrait devant moi me consolidait sur le fait que j'aimais le monde, j'aimais la façon dont chaque personnes étaient différentes et en même temps semblables à leur manière. Ça me fascinait. J'en oubliais presque de dire quelque chose, pour m'expliquer. Il ne manquerait plus que cette jeune femme pense que je sois une pauvre folle kidnappeuse de gentille jeune fille. « J'ai trouvé votre fille dans la foule, enfin, c'est elle qui m'a trouvé, elle s'était perdue, je l'ai ramené ici quand j'ai appris que vous habitiez au Parking, comme moi, j'espère que tout ça ne vous a pas causé trop de soucis, je peux comprendre la peur de perdre un enfant. Bref, je m'appelle Cassie. Vous vous ressemblez » Dis-je sans m'arrêter, j'étais une vraie pipelette, surtout quand ma curiosité l'emportait sur le rationnel. J'étais une rêveuse dans l'âme et je ne souhaitais pas perdre une miette de la vie, comme cet instant partagé avec Zoila, une magnifique enfant, que j'espère revoir et mieux connaitre, comme sa mère. « Zoila est un ange, je l'adore, vous devez être une super maman » Je souris sincèrement, ne pensant pas dire de bêtises ou de choses qui blessent, qu'est ce que je peux en savoir de toute façon ? On a chacun nos problèmes et mieux vaut les garder pour nous. Le mien, par exemple, peut refaire surface à n'importe quel moment. Je ne sais simplement pas quand.
Je croise les bras contre ma poitrine et j'observe toujours ces deux jeunes femmes, en souriant gentiment. Je suis une grande blonde, mais je ne suis pas idiote, même si un peu chiante et trop curieuse. J'aimerais tellement avoir eu le réflexe de filmer ce moment, mais c'est trop tard. L'instant est déjà passé. On ne vit qu'une fois.
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MessageSujet: Re: un seul moment d'inattention et tout bascule | libre   Ven 10 Juil - 12:20
un seul moment d’inattention et tout bascule.

Renaissance, c'était une renaissance, je revivais à nouveau. Je ne pouvais m'empêcher de respirer l'odeur de famille, ses cheveux senteurs d'abricot, le parfum de son shampoing favori. Elle sentait bon la vie. C'était elle ma vie d'ailleurs. Si j'en avais douté un instant, ce n'était plus le cas désormais. Je n'étais pas capable de vivre sans elle. Plus capable.
« J'ai eu tellement peur, Zoila chérie. », murmurais-je à son oreille, en la couvrant de nouveau de petits baisers partout, sur ses joues, sur son front, sur son oreille, dans son cou, sur ses bras, ses petites mains. Elle riait aux éclats en me disant d'arrêter et je continuais, malgré tout, parce que son rire était merveilleux, celui d'un Ange. Parce que la peur de l'avoir perdu à tout jamais était encore trop présente en moi. Elle ne me quitterait jamais plus sans doute. D'autant que j'étais dorénavant pleinement consciente que venir ici, au Parking, avait été une erreur des plus stupides. Je n'aurais jamais du chercher Avery, jamais du lui présenter sa fille, ma fille, car elle ne serait jamais la sienne.
Alors que Zoila posait sa tête sur mon épaule, soudainement lasse, la jeune femme qui l'avait accompagné se présenta. J'avais presque oublié son existence, et j'en était confuse. Cette femme venait de me sauver la vie. Elle me fit rire légèrement, avec le monologue qu'elle exprima en concluant que Zoila et moi, nous nous ressemblions. C'était ma plus grande fierté. Qu'elle tienne de moi. Je ne pouvais m'empêcher de sourire, en m'avançant vers elle doucement, lui tendant la main pour qu'elle la serre.
« Merci Cassie. Merci beaucoup. Vous pouvez me demander quoi que ce soit, j'ai une dette envers vous. », dis-je avec une extrême reconnaissance, les yeux toujours pétillants de l'eau qui avait coulé le long de mes joues. Heureusement qu'il existait encore de bons samaritains sur Terre, cela me rassurait sur l'avenir de la planète. Je ne pouvais qu'acquiescer à la suite de ses propos, Zoila était un ange, pour sûr qu'elle l'était. J'étais moins certaine pour la suite. Je doutais d'être une super maman. Une super maman n'aurait jamais perdue son enfant de deux ans en plein milieu d'un événement aussi imposant que la Gaypride. Une super maman n'aurait jamais emmené son enfant à cet événement. Une super maman serait resté au neuvième étage et aurait regardé le défilé à travers la fenêtre. Mais je ne pouvais pas lui dire tout ça. Je ne pouvais pas dire à une inconnue que je n'assurais pas, que j'étais la moitié du temps à la ramasse et l'autre moitié du temps complètement perdue.
« Oui, c'est un ange. Mon petit ange. Je suis Angie. J'habite au neuvième étage, appartement #900. Passez quand vous voulez, au goûter par exemple, que je vous remercie comme il se doit. Là, je pense que je vais aller coucher la petite, elle a eu assez d'émotions pour la journée. » Et moi aussi
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