avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13989-scar-a-nos-consciences
▹ DISPONIBILITE : Oui
▹ MESSAGES : 239
▹ INVESTISSEMENT : 59

▹ AGE : vingt hivers à compter les calvaires et les misères.
▹ APPART : #1504 (15)
▹ TAF : y'a les doigts qui pianotent sur le clavier, les cils qui papillonnent sous la luminosité de cet écran délabré et la poupée qui se fait marionnettiste pour manipuler les égoïstes et se nourrir des risques. menteuse, hackeuse, elle contredit les enjeux dans les lignes de codes pour foutre le désordre.
▹ AVATAR : holland roden.


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: toi t'es parti dans les bras d'un apocalypse (saul)   Mer 6 Juin - 6:41



dans les bras d'un apocalypse

So I heard you found somebody else and at first I thought it was a lie I took all my things that make sounds the rest I can do without. I don't want your body but I hate to think about you with somebody else.


26.06.2018

Regard accroché aux silhouettes désincarnées, prunelles dilatées et haleine enfumée. Le verre entre les griffes acérées, le sourire absent sur les lèvres pincées. Y’a comme un goût de médiocrité dans la caboche de la môme. Saveur de manque et d’absence dans le palpitant défoncé, besoin de liberté entre les pensées embrumées. Et les nuits qu’elle enchaine sans songer. Entre les bras d’étrangers et l’envie d’en terminer. Routine devenue dérisoire, pour défoncer l’espoir. Pour éviter de broyer du noir. Poupée qui a besoin d’avancer et qui peu à peu arrive à s’exiler. Elle est là, dans ce bar malfamé, le corps comme un festin face aux chiens. Les traits maquillés et la bouche dessinée. Allure de femme fatale si ironique face à la carcasse sadique. Mais c’est son échappatoire à la jolie, de venir ici, de créer un peu de folie depuis que lui il est parti. Mirage effacé et saveur s oubliées. Il ne reste plus que cette apnée, face aux regards indiscrets et les goulées avaler. L’alcool pour décompresser, les drogues pour s’affamer. Courage liquide et morphine divine. Mélange explosif pour la gamine corrosive. Alors elle reste là un peu l’orpheline, les doigts qui pianotent sur le bar, pour trouver une raison d’affronter les corps détendus et la proximité défendue. La gorge arrachée par l’alcool qu’elle boit en quantité, puis le verre qu’elle vide en une fraction de seconde pour se libérer. Et enfin l’hésitation et l’agitation. La carcasse qui crie à l’abandon et les pas qui l’empêchent de dire non… Tête sous l’apesanteur des effluves ambrées, le corps moulé sous le textile rouge incendiaire, rappel des mèches fauves, le corps vient se perdre entre les silhouettes accrochées. La jolie poupée se jette dans la cage aux lions pour un avant goût de sang, pour ressentir quelque chose de violent. Alors les hanches valsent, la carcasse se décroche sous la mélodie malgré la jambe boisée et l’handicap insatisfait.

Elle donne tout la gamine juste là, entre son bassin qui se balance et son esprit qui se déhanche. Impression de liberté lointaine, de folie hautaine. Retour en arrière, quand la vie semblait plus légère et qu’elle était entière. Jeunesse dorée à dévorer tout à portée. Entre les nuits agitées et les sourires guillerets, puis les bras d’étrangers et les gémissements délivrés. Nostalgie particulière, souvenirs fiers. Et le manque de confiance s’atténue un peu sous la cohue. Scar elle s’oublie, elle redevient Scarlett. La jeune fille pleine de vie, qui n’avait pas peur de vivre jusqu’à se détruire. Et il n’y plus personne pour la retenir, pour lui rappeler son statut de martyr. L’ecchymose presque oubliée, les plaies arrachées. Puis les paumes qui viennent s’accrocher aux hanches développées, le sourire qui se fige sur les lèvres retroussées. L’inconnu s’approche quand elle brille la jolie, et qu’elle se laisse guider entre les mains du malsain. Les bassins voguent sous le refrain, ondulations avant la condamnation. Préliminaires avant la libération. Elle glisse la poupée contre la carcasse, elle ondule sur la peau veloutée. Plus d’arrêts, plus de limites ni de barrières pour la stopper. Juste l’apnée avant l’agonie, le fantasme avant l’envie. Et les silhouettes s’ancrent lentement, plus de distance de sécurité, plus de présence pour les écarter. Ça se consomme et ça se consume. Dans l’effervescence et la démence. Et le visage de l’inconscient s’approche lentement dans le cou, vient y creuser la chair offerte en une morsure défaite. Gémissement au bord des lèvres sous les mèches fièvres et elle continue la belle dans son manège. Montagnes russes sans fin, carrousel d’adrénaline et de désirs livides. Et le perfide prend la liberté d’attraper le visage sous l’impulsivité, pour croquer dans la bouche carmin, se l’approprier avant de la dévorer. Et la fauve se laisse aller, doucement, plus docile qu’agile. Y’a juste ses phalanges qui s’accrochent au cou de l’étranger, quand elle inspire le souffle saccadé. Point d’ancrage avant le mirage. Puis les mains qui descendent des hanches sur le fessier. Et la nuit qui vient à peine de commencer…

Avant les éclats et les fracas… Avant que le rêve puisse se stopper… Et que le cauchemar revienne s’acharner…


You don't love me, big fucking deal I'll never tell, you how I feel. It almost feels like a joke to play out the part when you are not the starring role in someone else's heart, you know I'd rather walk alone.
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t14278-saul-morrison-dylan-o-
▹ DISPONIBILITE : Non
▹ MESSAGES : 481
▹ INVESTISSEMENT : 83

▹ AGE : vingt-six ans à déambuler sans trop d'ambition, sans réelle volonté et sans aucune vocation.
▹ APPART : au 14e étage, il a récupéré les clés du #1401 y'a six ans maintenant.
▹ TAF : homme à tout faire tant qu'on veut bien le payer, les mains sales surtout faites pour cogner. on le retrouve plusieurs fois par semaine dans les arènes de combat. s'il n'y est pas, il est sûrement en plein coma alcoolisé.
▹ AVATAR : dylan o'brien


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: toi t'es parti dans les bras d'un apocalypse (saul)   Mer 6 Juin - 14:58
dans les bras d'un apocalypse


I'm trying to hold it together
Head is lighter than a feather
Looks like I'm not getting better


Toutes les rues se ressemblent ce soir.
Building crasse poubelle building poubelle crasse.
Béton.
Béton, surtout.
Béton partout.

Toutes les rues se ressemblent ce soir parce qu’il a encore l’odeur salée des étendues bleutées dans le nez, la sensation du sable chaud sous ses pieds. Il vient de nulle part, Saul, et il était jamais censé aller nulle part. Bug dans la matrice, parti puis revenu et maintenant il a l’esprit en fuite. Cadeau empoisonné, le voyage qui lui a appris à rêver. Comment on fait pour s’arrêter ?
Il étouffe, comme un con, au sein de l’appartement qu’il aimait tant. Murs trop étroits posters usés lit défoncé, l’impression de rien avoir à foutre là. Plus tard il se rendra compte que c’est ailleurs qui ne lui convient pas, qu’il est fait pour rester là, éternellement coincé dans le temps. Et peut-être qu’il le sait déjà un peu (c’est là ta place, d’où rien ne s’échappe). Vague à l’âme un peu foireux, de la déprime qu’il ne supporte pas. Il est pas fait pour la tristesse, le môme, incapable de gérer les coups de blues les vagues à l’âme débiles. Le creux dans l’estomac, le putain de trou à combler. Bien tenté de réparer la veille de ses poings explosés mais ça a rien donné. Alors aujourd’hui il est passé au second remède maison : les bouteilles de bière planquées partout en espérant se rendre con. Épuisées rapidement et encore conscient, lion en cage qui hésite à aller frapper à la porte du 1504. Parce que son visage l’a accompagné de l’autre côté de l’océan, sans doute. Ou parce qu’il a besoin de quelque chose à foutre en l’air, quelqu’un à qui transférer sa misère. Scar toujours dans un coin de son crâne, prétexte futile pour voir la gosse qui déroute.
Il hésite mais finalement il décide, et c’est pas vers sa porte qu’il se dirige. Mauvaise idée, après tout, de rappeler son existence et sa présence. Plus facile de continuer à se planquer – c’est pas comme si elle lui avait manqué.
(C’était peut-être la seule chose qui valait la peine d’être rentré.)

Clope au bec il rejoint le bar duquel il avait encore jamais été viré, décidé à se retourner la tête. Fêter le retour de la seule manière dont il sait le faire : secouer son univers jusqu’à oublier le calvaire. Parfum délicat de désespoir quand il pénètre dans le bar, amas de corps et boucan d’enfer, entre rires et cris qui donnent envie de s’enfuir. La musique sur laquelle son cœur se calque immédiatement en rythme, les silhouettes qu’il pousse sans émoi pour atteindre le comptoir. Trop sobre encore, qu’il se dit, quand il commande et vide son verre d’un trait. Trop sobre pour la vie, c’est possible ?
Ses prunelles glissent sur les visages alors qu’il est accoudé au bar, sans s’arrêter, sans chercher à discerner quoique ce soit. Les minutes lui filent bientôt entre les doigts tandis qu’il enchaine les boissons alcoolisées et que les gens défilent à ses côtés. Commentaires qu’on lui glisse, discussions qui se lancent mais s’épuisent vite. Pas – jamais – d’humeur à parler banalités, le môme, pas là pour sociabiliser mais pour anesthésier les pensées mortifères. Il a l’air du gars qui vient de se faire larguer virer abandonner sur les bas-côtés, et il fait pas assez peur pour qu’on vienne pas le faire chier. ’Faut pas tirer la gueule face à l’intonation agressive qui prévient qui menace. Pas prêt à discuter mais toujours partant pour rentrer dedans, la furie qui monte en même temps que son taux d’alcoolémie, colère vibrante qui écrase la tristesse navrante. Alors il reste seul, puisqu’il l’a décidé, et ses iris regardent sans vraiment voir quoique ce soit, cherchent peut-être sans y songer sa proie de la soirée. Jusqu’à l’éclair roux, en plein milieu de la masse grouillante, traits qui accrochent parce que présents dans les songes tout au long de chaque foutue journée. Son regard s’immobilise aussitôt, ignore le chaos pour se concentrer sur l’expression dégagée, libre de toute contrariété. Il l’a jamais vue comme ça et ça lui tord un peu l’estomac, toute cette joie. Parce que c’est la sienne ou parce que lui il se noie, au choix. Quelques secondes, une éternité, à l’observer sourire et danser, puis elle disparaît, avalée par la cohue par les corps qui s’entrechoquent. Le flash est si bref qu’il croit un instant avoir rêvé (puisque maintenant il sait plus s’arrêter), Scar encore une fois matérialisée par ses pensées, pantin de l’esprit un peu dérangé.

Ses doigts se resserrent autour de son quatrième cinquième sixième ou septième – qui a le temps de compter – verre et il en descend une bonne partie, le corps vibrant d’énergie inassouvie, l’esprit un peu endormi. Et il tourne la tête, encore une fois, pour la voir à nouveau là. Bras glissés autour d’elle cette fois, corps collé au sien et visage plongé dans son cou.

Peut-être qu’il devrait s’en foutre.
Mais il est venu pour ça, après tout.
Il le savait pas, pas vraiment, pas consciemment, avant de le décider là, comme ça. Mais il était venu pour ça.

La colère incendiaire qui comble le trou dans l’estomac, vision monochrome où tout lui semble rouge, de ses cheveux à la robe à la gueule de – il est déjà en marche avant même de l’avoir capté, verre à moitié plein abandonné. Ça se bouscule dans le crâne les pensées incohérentes la violence qu’est-ce qu’elle fout là entrée avec fracas dans l’univers en noir et blanc, toujours présente pour le retourner le foutre au tapis sans même l’avoir touché. Plus d’un mois qu’il ne l’a plus vue et l’envie de la briser comme au premier jour, possession censée ne pas exister autrement qu’à ses côtés.
Il se sent trahi, le con, probablement, quand il atteint sa destination et qu’il pousse violemment l’indésirable avant d’attraper le poignet de Scar pour la tirer à lui. Il entend pas l’exclamation indignée de l’autre il le voit pas tituber il capte pas son expression moitié déboussolée moitié prête à tuer parce qu’il est trop occupé à la regarder, prunelles meurtrières et air d’être prêt à tout foutre en l’air quand il crache « j’croyais tu faisais pas ça tous les soirs. » Et il pourrait la traîner dehors maintenant, comme une gosse à qui il aurait imposé un couvre-feu une façon de se conduire une manière de vivre. Hypocrite trop possessif, l’enfoiré, se garde le droit d’exister comme il l’a souhaité mais incapable de supporter l’idée de la voir filer.    


CODAGE PAR AMATIS
GIFS PAR YOUNGBLOOD


BETTER STAY DOWN
UNDER MY CHAINS
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13989-scar-a-nos-consciences
▹ DISPONIBILITE : Oui
▹ MESSAGES : 239
▹ INVESTISSEMENT : 59

▹ AGE : vingt hivers à compter les calvaires et les misères.
▹ APPART : #1504 (15)
▹ TAF : y'a les doigts qui pianotent sur le clavier, les cils qui papillonnent sous la luminosité de cet écran délabré et la poupée qui se fait marionnettiste pour manipuler les égoïstes et se nourrir des risques. menteuse, hackeuse, elle contredit les enjeux dans les lignes de codes pour foutre le désordre.
▹ AVATAR : holland roden.


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: toi t'es parti dans les bras d'un apocalypse (saul)   Mer 6 Juin - 22:11



dans les bras d'un apocalypse

So I heard you found somebody else and at first I thought it was a lie I took all my things that make sounds the rest I can do without. I don't want your body but I hate to think about you with somebody else.


26.06.2018

Voyage dans le temps sous la danse nostalgique, la jolie se redécouvre sous la mélodie anarchique. Souvenirs de la jeunesse abandonnée, de la vie enterrée… Lorsque les sourires n’étaient que banalités et que la gamine voguait sous l’innocence clémente. Années volées par la rencontre prématurée, par l’escroc qui a imposé ses crocs sur sa peau. Fin d’une vie et début d’une nouvelle. Frêle existence de travers, où la survie est nécéssaire. Chasse et traque, vengeance opaque et échappée intacte. La poupée devenue rescapée, elle doit compter les journées pour se rassurer. S’agrippant à sa liberté comme une droguée en manque de sensations fortes, empoignant les facilités pour ne jamais chuter. Mais sous la détresse, le vide démentiel, elle enlève les barrières pour exister, pour prouver qu’elle sait encore respirer. Pour remplacer l’absence par la violence des déchéances. Vices répétés, noyade délabrée, elle gobe la vie avant d’étouffer. Elle aspire ses pêchés pour oublier. Et à chaque soirée, la carcasse se repose entre les fracas et les éclats. Le corps à l’abandon contre les échos dérangeants, la bouche aimantée aux gémissements oppressants. Plaisir galvanisant et saveurs sucrées pour chaque soupir laché. Parce qu’elle aime danser avec la mort, l’astre brillant, égoïste et altruiste, fantasmes et prises de drogues pour détruire le cerveau émotif. Mais y’a ce visage persistant, les traits qui ne l’abandonnent pas un instant. Le mirage inquiétant de ce gars qui est parti et qui a trainé avec lui un peu de poussière d’elle. Cendres de vie quand la solitude l’a happé dans son ennui. Et qu’il n’était plus ici pour réparer les songes interdits, qu’il se contentait de profiter de la vie avec l’autre étoile ébahie. La gorge se compresse sous la réalité vengeresse, le coeur abandonne sous la détresse. Il est parti et il est mort ainsi. En la laissant derrière avec son corps de travers.
Alors la ballerine en pièces détachées, elle se reconstruit sous l’enfer offert, cadeau empoisonné sous les rejets calvaires. Héritage quand elle se recoud de ses galères. Car elle ne laissera pas ce gars la foutre comme ça. Elle mérite tellement mieux que ça...

Scar, elle danse du coup, elle danse à en brûler la raison et à enterrer la frustration. Tournoyée les miettes de lui, balancée les échos du nous. Plus d’accroche, plus d’intox… Juste la légèreté d’une histoire dont elle efface les chapitres contres les carcasses ivres. Car elle est jolie la poésie, elle est jolie quand elle sourit et quand elle croque la vie. Alors elle la dévore sans remords, elle la mord sans songer aux ecchymoses et aux névroses. Les paumes accrochées à la chair fraîche, et les reins contre le bassin d’un nouveau gamin. Schéma répétitif, quand elle s’enfonce contre l’ossature, qu’elle balance ses hanches à l’usure. Effet plaisant de se savoir encore désiré, de sentir la chaleur dans ses veines glacées. L’astre elle brille juste là, entre les souffles partagés et les lèvres accrochées. Paradis artificiel dans lequel elle se complaît. Dans lequel elle peut encore agoniser à chaque soleil couché. La tragédie abat le drame pour se créer une autre trame.

Et ça vibre au fond de la caboche abîmée, ça s’intensifie sous les sourires légers et les envies prématurées. Ça tambourine dans la cage thoracique quand c’est si facile. Adrénaline doucereuse dans les limbes aventureuses. Puis la douceur qui s’arrache, l’amant se fait éjecter et les paupières se rouvrent sous l’enfer qui se fissure sous ses pieds et le retour à cette réalité. Cette réalité qu’elle ne peut pas s’échapper. Quand elle reconnait les traits tordus et les prunelles cohues et qu’y a seulement cette haine qui se permet une percée, qui s’injecte dans le regard démonté. Il est là le mirage lointain, le poison malsain qui refuse son oubli et sa joie ahurie. Après trois semaines de silence radio, trois semaines d’exil loin de la gamine. A se réchauffer sous le soleil de l’Italie avec la jolie quand elle se crevait d’ennui. Et cette putain d’envie de le frapper, de le fracasser sans pitié car y’a son coeur qui est fissuré comme jamais. Mais seulement les doigts viennent la capturer, emprise agile quand il la ramène près de lui sous ses rétines meurtrières et son souffle colère. Et elle se débat l’éclat, en mode pas encore une fois. Elle le frappe sous toutes les émotions décuplées et peut être - peut être oui - le désir de lui avoir manqué. Douce contradiction dans cette condamnation. « j’croyais tu faisais pas ça tous les soirs. » Et l’ironie, le putain de sarcasme incroyable, le culot du môme qui tente encore de la foutre en ecchymoses. Mais ça marche plus ça, c’est fini tout ça. « Venant du mec qui trompe sa copine, je trouve ça assez ironique. Alors remballes tes réflexions, t’as aucune leçon à me donner. » Et les mots cinglants, ceux qui viennent du fond du palpitant. Puis la violence qui continue quand le dégoût l’érafle et qu’elle l’attaque. « Et me touches pas putain ! » Elle se dégage la poupée, comme brûlée par son toucher. Ses prunelles noires comme l’obscurité, elle ne veut plus le voir, plus jamais. Plus envie de lutter, plus le désir de continuer leur manège ensanglanté. Et y’a l’autre môme qui vient se mêler, l’amant de la nuit, le coup de folie qui éparpillent ses phalanges sur les joues rougies par la haine. L’inquiétude se transmet sous ses doigts légers, pression douce sur le visage décomposé. « Ça va ? » Elle acquiesce la poupée sous sa paume qui s’accroche à la sienne et qu’elle essaie de le tirer loin de l’enfoiré. Mais il résiste l’orphelin sous l’impulsivité, le besoin de s’expliquer quand elle veut juste s’échapper. « On peut juste partir, s’il te plaît. » Elle le supplie la gamine, car elle ne veut pas voir d’éclats ni de fracas. Et encore moins les flics à la porte du bar délabré. Alors elle tire le bras, encore une fois. Mais les mots s’écrasent sous la mélodie effroi. « C’est quoi ton problème à toi ? » Et c’est à ce moment là, qu’elle comprend Scar, qu’elle ne s’en sortira pas. Du moins pas comme ça…


You don't love me, big fucking deal I'll never tell, you how I feel. It almost feels like a joke to play out the part when you are not the starring role in someone else's heart, you know I'd rather walk alone.
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t14278-saul-morrison-dylan-o-
▹ DISPONIBILITE : Non
▹ MESSAGES : 481
▹ INVESTISSEMENT : 83

▹ AGE : vingt-six ans à déambuler sans trop d'ambition, sans réelle volonté et sans aucune vocation.
▹ APPART : au 14e étage, il a récupéré les clés du #1401 y'a six ans maintenant.
▹ TAF : homme à tout faire tant qu'on veut bien le payer, les mains sales surtout faites pour cogner. on le retrouve plusieurs fois par semaine dans les arènes de combat. s'il n'y est pas, il est sûrement en plein coma alcoolisé.
▹ AVATAR : dylan o'brien


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: toi t'es parti dans les bras d'un apocalypse (saul)   Ven 8 Juin - 8:45
dans les bras d'un apocalypse


I'm trying to hold it together
Head is lighter than a feather
Looks like I'm not getting better


Six mômes sur un jouet usé, douze mains prêtes à griffer pour pouvoir s’en emparer. Le premier qui le tiendrait sans qu’on ne parvienne à lui arracher en deviendrait propriétaire et les autres auraient juste le droit de la fermer, c’était les règles. Parfois, l’un d’entre eux y arrivait, sourire victorieux et parade joyeuse, serrant le cadeau tombé du ciel alors que c’était même pas Noël. Plus souvent toutefois, ils finissaient simplement par le péter en deux, en trois, en quatre, s’agrippant aux miettes comme des rapaces.
Et Saul il allait récupérer les bouts éparpillés chez ses aînés, la nuit, pour tous les planquer sous son lit.

C’est sans doute pour ça qu’il a jamais su partager, habitué à prendre de force ou voler, à s’y accrocher jusqu’à être sûr que personne vienne plus jamais le faire chier, montrant les crocs pour décourager les plus téméraires. Encore aujourd’hui c’est resté, possessions joliment cataloguées précieusement conservées, tonnes de merdes à son nom juste pour se rappeler que, de temps en temps, il a su gagner le perdant. Y’a toujours un appui sur le possessif, quand il parle, y’a toujours le regard qui hurle c’est à moi touche pas. Resté gosse, dans sa manière de défendre son territoire, espace de vie restreint mais bien à lui. (Six mains qui se croisent s’attrapent et le vainqueur c’est lui.) Et peut-être que c’est pour ça, quand il la voit, quand il croit l’inventer, car il pourrait dessiner les traits du visage et les courbes les yeux fermés ; c’est peut-être pour ça qu’il se lève sans même y penser. (Six mains qui se débattent se relâchent et il tient fermement son prix.)
Parti mais toujours ici, dans son crâne, morceaux de l’âme fracturée laissés derrière lui pour qui voudrait bien s’en occuper. Parti mais pas effacé, il aimerait lui hurler, mioche capricieux refusant de voir les autres heureux – pas quand lui il a envie de crever, pas quand le cœur s’est fissuré et qu’il a rien pu faire pour l’empêcher. Alors en quelques secondes il est à ses côtés, mains pour ne pas faire poings repoussant le voleur insignifiant, doigts agrippant le poignet quitte à le briser. (C’est pas grave, il rassemblera puis planquera les bouts plus tard.) En quelques secondes il est prêt à faire une hécatombe, l’imbécile, prêt à agrafer son nom sur le corps blessé sans se soucier de ses souhaits. Sans en avoir grand-chose à foutre, finalement, de ses sentiments de la rancœur de la colère qu’elle lui renvoie qui attise la sienne. Envolés les souvenirs partagés la douceur menteuse le réveil à ses côtés. Envolés le goût de sa bouche le parfum de sa nuque la chatouille de son souffle. Ne reste plus que le besoin impérieux de récupérer ce qu’on lui a arraché, quitte à tout détruire pour y parvenir. Et c’est sans doute ce qu’il va se passer, quand elle se débat refuse de céder qu’il enserre les doigts pour éviter de la laisser filer qu’il crache pour marquer. « Venant du mec qui trompe sa copine, je trouve ça assez ironique. Alors remballes tes réflexions, t’as aucune leçon à me donner. » Qu’elle rétorque sans y songer, lui jetant ses propres péchés à la gueule pour le voir vaciller. Probable qu’il vacille un peu, d’ailleurs, esprit fracturé en deux et comment elle sait ? Gamin pas bien malin qui met un instant à penser au réseau social auquel elle s’est abonnée, aux photos partagées – à la mer éphémère qu’il avait tant aimée.

Une seconde où la haine disparaît, avalée par la confusion puis le rire con, pris la main dans le sac mais pas coupable. Et elle en profite, s’agite, me touche pas putain !, s’échappe de la poigne desserrée par la surprise qu’il n’a pas su planquer, par l’amusement crâne, l’attitude de connard. « La dernière fois ça avait pas l’air d’t’emmerder. » La voix est trainante, phrase faite pour être blessante, souffle plus doux modulé pour rappeler les gémissements partagés avant qu’elle ne décide de s’éclipser. Peut-être qu’il attaque pour qu’elle le regarde.
Ou peut-être que c’est juste le plaisir de briser de broyer ce qu’il – les mots sont presque tendres dans sa bouche prête à mordre et la colère est remplacée par l’amusement malsain dans le regard qui refuse de se poser ailleurs que sur elle. « Si c'ça qui t'emmerde j’te rassure j’t’aurais pas regardée, encore moins touchée, si elle était pas d’accord. » Semi-vérité ou mensonge bien enrobé, Gala qui tolère Gala qui accepte mais Gala qui connait pas la vérité. Pas son nom pas l’obsession pas l’accident qui a tout fait basculer. Gala qui s’infiltre maintenant dans ses pensées alors qu’il allait jusqu’à l’oublier quand il s’approchait d’un peu trop près de la rousse survoltée. Pas partageur mais franchement pas contre l’idée d’être partagé, Saul, vogue au gré du moment sans se poser les questions qu’il aimerait pourtant dégainer à l’encontre de la jolie poupée. Qu’est-ce tu fais pourquoi t’es là pourquoi tu m’as – enterrées sous la possessivité à laquelle il pense même pas, celui qui se croit dans son droit. Gala danse dans sa tête, se confronte pour la première fois au passé planqué piétiné pour être oublié revenu lui exploser à la gueule quand il pensait pouvoir l’éviter. Parce que ça aurait dû être réglé dès le premier jour, leur valse macabre, ça aurait dû s’arrêter au moment même où il l’avait poussée. Et il a foiré, échec nostalgique devenu défaite perpétuelle à chaque fois qu’il la croise. Sa faute sa faute sa faute qu’il pense, qui tourne en boucle, aurait dû reculer et écraser une nouvelle fois, aurait dû tout faire pour ne pas se retrouver là.
Parce que maintenant c’est trop tard et il la voit, Scar, sur tous les visages.

Incapable, lui, de détourner le regard, de regarder autre part. Alors c’est pas l’enfoiré qu’il voit se faufiler, c’est les phalanges (avec un peu de chance bientôt atrophiées) qui se glissent sur les joues rosées, c’est la voix qui lui parvient, le « ça va ? » qui l’oblige à tourner la tête. Électricité jusqu’au bout des doigts et mâchoires serrées, ses yeux passent avec reluctance des traits si bien mémorisés à la gueule d’imbécile de celui qui s’est pris pour un chevalier. « À ta place j’m’inquiéterais pour moi-même pas pour elle », qu’il grogne entre ses dents tandis qu’elle acquiesce. Et c’est sans doute ça plus qu’autre chose qui le décide à agir, bras s’élevant pour éloigner la paume indésirable, pas en avant pour s’approcher encore davantage. Dans les prunelles ambrées il y a l’étincelle, celle des combats d’arène, celle qui attend qu’une flamme pour exploser. Juste un autre mot, juste un autre maux pour le chaos. Évidemment ça lui plait, au môme, fierté déplacée et excitation pour la destruction, probable qu’il attende qu’une excuse pour dire c’est pas moi il a provoqué, pour s’user les poings sur sa gueule d’empâté. Pas là au bon moment mais il y peut rien, au fond, le crétin, pas là au bon moment parce qu’il est venu pour s’exploser parce qu’il vient de rentrer et qu’il a oublié c’était quoi sa raison d’exister parce qu’il a touché à ce qu’il pensait pouvoir accrocher au musée de ses biens. Et peut-être qu’elle le voit, Scar, peut-être qu’elle le sent juste à ses côtés lorsqu’elle dit « on peut juste partir, s’il te plait. » Mais l’autre ne la regarde pas, c’est sur lui qu’il braque les yeux froids. Une deux trois secondes durant lesquelles ils se confrontent goût métallique dans la bouche ventre retourné par l’anticipation de l’inévitable explosion.

Il pourrait encore se retourner et partir, lui aussi, il pourrait abandonner le combat pour cette fois.
Mais Saul il sait pas il veut pas s’arrêter une fois qu’il a commencé alors il garde le regard bien droit et quand l’autre lui demande « c’est quoi ton problème à toi ? » il prend juste le temps d’esquisser un sourire avant que son poing ne s’abatte et frappe. Pas de problème que des solutions qui scande au fond de l’estomac alors qu’il s’enchaîne à sa propre malédiction. Autour d’eux les gens s’écartent un cri de surprise résonne pour peu il pourrait presque entendre son nom rues sales bitume est-ce que tu les entends chanter ? La danse reste la même mais c’est pas la sienne, à l’adversaire suicidaire et très vite il perd – c’est le moment de parier. Y’a l’éclair roux dans le coin de la vision concentrée, le corps étranger qui essaie de s’en mêler mais Saul il repousse d’une simple poussée, encaisse un coup pour en rendre le double, sent les os craquer et ses lèvres s’étirer.
Ça lui a manqué.
Il pourrait danser toute la nuit, finirait à genoux la gueule arrachée juste pour que l’autre le supplie, si des mains ne l’empoignaient pas pour l’éloigner, videurs qui ont plus la tête de casseurs et gérant appelé. Un autre bar dont il se fera virer. « Dehors » dans ses oreilles les mains levées pour mimer l’armistice le calme retrouvé alors qu’il attend seulement qu’on le lâche pour recommencer. Mais quand il voit la silhouette familière s’éloigner à toute vitesse il parvient à se dégager de la poigne desserrée et détale pour la rattraper. Pas la laisser filer, le mec à la gueule ensanglantée déjà oublié enterré sous l’idée des bouts à rassembler et tout à recommencer. « Scar ! » Le prénom qu’il préfère lâché pour essayer de la stopper tandis qu’il court derrière elle sans savoir ce qu’il va faire quand il l’aura rattrapée, adrénaline courant encore dans les veines folles et doigts peints en carmin ; le gosse a des airs du truand qu’il est peut-être devenu sans s’en rendre compte y’a un moment quand finalement il s'en empare, les phalanges se refermant sur le bras qu'il tire sans réfléchir.
Tous les morceaux à ses pieds, mais pas encore planqués.


CODAGE PAR AMATIS
GIFS PAR YOUNGBLOOD


BETTER STAY DOWN
UNDER MY CHAINS
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13989-scar-a-nos-consciences
▹ DISPONIBILITE : Oui
▹ MESSAGES : 239
▹ INVESTISSEMENT : 59

▹ AGE : vingt hivers à compter les calvaires et les misères.
▹ APPART : #1504 (15)
▹ TAF : y'a les doigts qui pianotent sur le clavier, les cils qui papillonnent sous la luminosité de cet écran délabré et la poupée qui se fait marionnettiste pour manipuler les égoïstes et se nourrir des risques. menteuse, hackeuse, elle contredit les enjeux dans les lignes de codes pour foutre le désordre.
▹ AVATAR : holland roden.


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: toi t'es parti dans les bras d'un apocalypse (saul)   Ven 8 Juin - 20:27



dans les bras d'un apocalypse

So I heard you found somebody else and at first I thought it was a lie I took all my things that make sounds the rest I can do without. I don't want your body but I hate to think about you with somebody else.


26.06.2018


Le paradis se fissure sous les meurtrissures. Enfer au travers des blessures. Plaies pas refermées, saveurs encore ancrées au palais. Ça arrache la rationalité, ça injecte l’horreur dans les muscles ankylosés. Quand c’est le retour à la réalité, réalité percutante et violente aux effluves de déchéance. Jugement dernier prématuré, il faut préparer l’âme à la pesée. Car l’ange déchu a beaucoup de pêchés à se faire pardonner. Mais y’a le démon à proximité, le môme affamé de vices et de sacrifices. Bourreau bouffé par l’orgueil et la vanité, de voir son jouet entre les doigts d’un étranger. Astres en désastres qui entrent en collision sans avoir quémander l’impact. Brûlures immédiates. Sur les poignets menottés par les phalanges inquisitrices, lubriques. Prison de verre prête à éclater. Et les esprits se consument sous les regards brasiers, tension explosive entre les prunelles figées et les traits fermés. Duel en apesanteur sous les regards interrogateurs. Et les syllabes qui crèvent le coeur, l’amertume entre les lippes droguées. Ça part de gauche à droite, la vérité pour se fracasser, quand les étiquettes s’enchainent sur les visages fermés. Petite pute. Connard d’infidèle. Qui sera le premier à craquer ? Sous la violence des mots, sous l’agressivité des maux. Plus de douceur, de caresses pour rythmer le coeur. Juste l’hardcore des torts vendus pour infliger et affliger. Pour pénétrer dans la chair et faire saigner le calvaire. La môme innocente, elle a fini de jouer la victime effarouchée. Elle veut retrouver sa place sur le banc des accusés. Prouver que l’atrocité n’est pas crevée dans les entrailles entremêlées. Mais il lui faut encore ce déclic pour se dégoupiller. Et déjà elle se détache de l’humanité, elle lui crache à la gueule tous les ressentiments délabrés. Le dégoût dans les rétines, l’agitation dans les veines fines.

Puis ça se dégage, ça l’éjecte de son mirage quand l’orage se prépare. La guerre n’est pas finie. Elle vient juste de commencer. Et le môme en veut encore pour ses billets, sans doute encore la baiser pour décompresser de sa culpabilité. Qui était la petite pute finalement ? Celle qui volait ou celui qui se voilait la vérité. Et il rit Saul, il rit car il est pris dans ses propres conneries. Puis il l’accule la jolie, accumule la folie dans les prunelles assombries. « La dernière fois ça avait pas l’air d’t’emmerder. »  Voix douce, lenteur délibérée, mirage de sensualité, des gémissements partagés et du plaisir martyr. Et le frisson qui remonte le long de l’échine, la grimace qui apparait sur les courbes fines du visage dégoûté, l’envie de lui envoyer son poing à la gueule pour écraser la malice. « Si c'ça qui t'emmerde j’te rassure j’t’aurais pas regardée, encore moins touchée, si elle était pas d’accord. »  Et l’uppercut, le KO artificiel, le chaos dans les pensées superficielles. Le regard qui tire encore plus vers le noir. Ne le regardes pas, ne lui réponds pas. Le poing se serre sous l’amertume, phalanges tremblantes sous la violence et l’impulsivité du palpitant défoncé. Sous les réminiscences des baisers volés et des soupirs alertés. Souvenirs de l’attachement, de l’obsession et de la déception. Quand sur l’écran bleu de son portable, elle a vu l’ecchymose s’accrochait à une autre osmose. Jalousie pas cachée, possessivité déterminée. Scar. Blessée mais pas enterrée. Elle ne jouera pas le second rôle dans cette tragédie, elle butera les sentiments révoltants dans les bras d’ignorants jusqu’au jour où le connard se rendra compte de ce qu’il a perdu tout simplement. Poupée qui reprend les fils de sa propre destinée. C’est fini cette supercherie.

Alors elle tire le coup d’une nuit, même sous le regard éclair du révolté, elle essaie de s’effacer , de retrouver son sourire dans la luxure et le plaisir sans demi mesure. Mais il y a la fierté, les deux hommes qui se cherchent pour gagner le trophée. Et la môme qui soupire sous les gestes défaits, sous leur besoin de s’imposer. « À ta place j’m’inquiéterais pour moi-même pas pour elle »  L’avertissement lancinant, la menace béante. Lion en cage qui se prépare à faire un carnage. La violence comme libération, vipère aux poings et venin dans les mots malsains. Alors elle pousse la gamine, encore et toujours, quand Saul enlève les doigts sur le visage cristallin. L’air de dire elle est à moi, casse toi. Mais Scar  elle ne le regarde toujours pas, concentrée sur l’autre gars. La supplique dans le regard et l’espoir dans les traits séraphiques. Mais il la lache l’inconnu, de ses prunelles bleutées, il l’abandonne sur le côté quand l’égo vient se manifester. Et la poupée, elle sait déjà comment ça va se terminer. Les phalanges peintes en carmin et la victoire du gamin. Puis les mots, l’écho, les yeux qui s’accrochent au sourire en coin, le ventre qui se peint de tremblements sous la chaleur soudaine, désir inopportun, et le premier coup de poing qui s’abat dans un ultime refrain. Et ça se bouscule tout autour, ça s’écarte sous les échos de la violence, sous la démence des phalanges écrasées, des mâchoires cassées. Ça hurle un peu sous la surprise et la poupée tente de calmer les esprits vifs. Elle se rattache, elle entre dans la danse et le rejet quand on essaie de la décaler, le bras de Saul pour la dégager quand elle vient s’étaler. Et cette putain de rage qui ne cesse de monter, le visage tuméfié de l’étranger et cette culpabilité dans les paupières tremblantes sous les nerfs qui craquent. Fatigue accumulée, prunelles inondées. C’est trop pour la môme qui se sentait enfin libre d’exister. Et il y a les videurs qui viennent s’en mêler et elle en profite la gosse pour s’échapper. Car elle ne peut plus rester là, pas attendre les menottes sur ses poignets attachés. Drogue de liberté, peur de l’enfermement. Le corps se détache loin des silhouettes défaites, loin des regards affamés sur les corps éclatés. Souffle saccadé, envie de gerber. Bile qu’elle retient dans sa gorge serrée sous la mélodie des larmes salées. Marre de lutter. Elle vient d’effacer le nom de Morrison de son existence délabrée, croix rouge sur l’identité. Oubli du monstre, rejet entier du môme qui a mordu dans le coeur éteint. Nouveau chapitre. Sous les pas rapides et les murmures livides. La lune bien haute pour juger l’étoile défoncée. L’air inonde les mèches fauves, sous les échos du prénom quand elle file, accélère la cadence. « Scar ! »  Plus de retour en arrière, plus de chance pour revenir à leurs travers. Elle est à bout la gamine, fatiguée de se battre pour quelque chose qui n’en vaut pas la peine. Et quand les doigts rattrapent son bras, c’est la rage qui déborde, c’est le mouvement impulsif qui prend le dessus sur les nerfs à vif. C’est le coup de poing qui s’écrase sur la joue rougie par les frictions passées, toute l’agressivité retenue depuis un mois entier. A pleurer pour lui, à crever à cause de lui, à être en manque de lui. C’est toute l’ampleur de la blessure, la morsure dans la chair, la marque du calvaire. Et elle ne grimace pas Scar sous la douleur de ses doigts, elle arrache à son tour pour le foutre à bout, le déchirer comme il l’a fait avec sa putain de carcasse en pièces détachées. « LACHE MOI ! »  Et ça hurle. Elle entend des cris, dehors. Elle entend des cris, dedans. La folie dans le crâne, la démence dans les muscles. Elle le repousse cette fois, les mains sur le torse pour l’éjecter, l’éloigner. Jolie qui devient furie. Plus de restrictions ni d’interdit. Ils s’étaient vendus sans compromis, maintenant place aux non dits. «  Tu t’es cassé un mois, t’as cru quoi ?!  Que tu pouvais revenir comme ça et me faire une scène comme ça? Je suis pas ton putain de jouet ! »  Elle a du mal à respirer entre la haine et les mots gangrènes. « Ça t’a pas suffit de m’arracher la jambe ? »  Et la réalité qui retombe, la vérité qu’ils n’ont jamais annoncée, le sujet tabou qui s’échoue des lèvres venimeuses. Ça claque dans le silence environnant, c’est la guerre à retardement. «  Retournes en Italie, t’étais bien là bas avec ta salope de copine et ne reviens pas putain ! »  Elle crache, elle dégueule les flots de la rage délabrée et elle finit de s’amuser. «  Je veux plus entendre parler de toi, t’as compris? »  Et le regard alerte, les prunelles qui sont pleines de larmes, pas de tristesse ni de détresse, juste l’essence même de l’ivresse. De la colère viscérale et bestiale. Scar à bout, Scar à terre. Scar qui le dégage comme il l’avait fait la première nuit partagée. Scar qui n’encaisse plus, et qui frappe pour s’arracher le coeur. Et le corps se détourne encore une fois, ce n’est pas une fuite mais un adieux. Fini le jeu et les enjeux.

@Saul Morrison


You don't love me, big fucking deal I'll never tell, you how I feel. It almost feels like a joke to play out the part when you are not the starring role in someone else's heart, you know I'd rather walk alone.
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t14278-saul-morrison-dylan-o-
▹ DISPONIBILITE : Non
▹ MESSAGES : 481
▹ INVESTISSEMENT : 83

▹ AGE : vingt-six ans à déambuler sans trop d'ambition, sans réelle volonté et sans aucune vocation.
▹ APPART : au 14e étage, il a récupéré les clés du #1401 y'a six ans maintenant.
▹ TAF : homme à tout faire tant qu'on veut bien le payer, les mains sales surtout faites pour cogner. on le retrouve plusieurs fois par semaine dans les arènes de combat. s'il n'y est pas, il est sûrement en plein coma alcoolisé.
▹ AVATAR : dylan o'brien


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: toi t'es parti dans les bras d'un apocalypse (saul)   Mar 12 Juin - 4:58
dans les bras d'un apocalypse


I'm trying to hold it together
Head is lighter than a feather
Looks like I'm not getting better


Il avait souvent été collé, Saul.
Gamin aux résultats pas brillants, sans ambition, se contentant de faire le con à l’arrière de la salle, ricanant entre ses dents, devenant méchant dès qu’on l’approchait d’un peu trop près. Sanctions accumulées, les heures passées à souhaiter s’en tirer sans avoir été attrapé. Doué pour la destruction, moins pour la fuite et l’air innocent, le passé qui s’est toujours acharné à le rattraper.
Peut-être qu’on pensait qu’il finirait par se calmer, que ça lui apprendrait à arrêter. (Il y a d’autres solutions, tu sais.) C’est jamais rentré, néanmoins, et aujourd’hui il est plutôt certain qu’ils le savaient très bien. Qu’ils s’y seraient pris autrement s’ils avaient vraiment voulu le sauver.

À chaque problème sa solution, ça il avait intégré, l’air sérieux d’un des professeurs du collège juste devant son nez – à chaque problème sa solution mais pour lui chaque problème avait toujours eu la même putain de solution. Et ça terminait toujours toujours toujours par une punition.

Au premier coup l’abruti fini encaisse sans que ses jambes ne cèdent, et lui-même a l’air surpris de ne pas avoir fini à terre. Au premier coup les os craquent s’entrechoquent, poing contre le nez déjà éclaté, et Saul sourit comme si c’était le premier bon moment de la soirée. De la journée en entier. (Tu pourrais essayer de discuter.) Carmin sur les mains, rapidement, quand il reprend les réflexes aiguisés pour balancer une deuxième salve maîtrisée, que l’autre recule est presque déjà sonné.
Rentre dans la danse, crétin, dans les yeux malsains, c’est ta putain de dernière chance dans le rictus qui se fait carnassier. Et l’autre doit le percevoir doit sentir l’odeur de sa propre défaite parce que ça y est il se jette en avant bras levé presque désespéré ; il peut le voir, le môme, voir sa propre victoire comme il a tant de fois prédit sa propre perte senti son triste désespoir. Donné gagnant parce qu’expérimenté mus par une rage partagée mais lui y’a le manque de la déchéance qui le rend presque meurtrier. Et peut-être qu’il le laisse attaquer le laisse récupérer rien que pouvoir faire durer le plaisir. Mais l’adversaire a plus de force que lui, comme souvent, et s’il a appris à encaisser il préfère toujours éviter tout ce qu’il peut contrer alors il échappe contrattaque tandis leur duo chaos continue la chorégraphie qu’il connait par cœur.
Probable qu’il l’oublie un peu, trop pris par leur jeu, qu’il oublie la raison qui l’a amené ici, prêt pour la confrontation. (La violence est un dernier recours, Saul.) Vision concentrée pupilles éclatées cœur battant au rythme des effusions de sang il pourrait être en train de défendre la veuve et l’orphelin qu’il serait capable de les oublier dans un coin. (Tu dois apprendre à t’exprimer autrement.) Il grogne sous le fracas d’un poing explosant contre son estomac, use des pieds pour être sûr de pas le louper. (Un jour tu risqueras de pas te relever.) Alors il réfléchit même pas quand il écarte le visage, pulsion con dégage, pense pas à la foule ne l’entend même plus quand ils finissent par rouler dans la poussière carcasses s’écrasant à terre sa poigne enserrant le col de l’adversaire.

Et puis y’a les mains étrangères qui le soulèvent qu’est-ce que tu vas faire ? dans le réflexe de l’adolescent turbulent pas en avant lâche moi lâche moi j’arrête.
Plus personne ne le croyait finalement, mais ça l’empêchait pas de réessayer les mêmes techniques fatiguées. Il lève les mains en signe de reddition quand on relève l’imbécile qui aurait dû se casser avant d’être lui-même cassé en deux, traits déformés par les phalanges meurtrières et il a le même sourire aux lèvres qu’à chaque fois. Prêt à se faire choper dix vingt cent cinquante fois prêt à cramer en enfer rien que pour cet instant-là. Les bras autour de lui se desserrent, rien qu’une seconde, assez pour que d’un coup d’épaule il se dégage tout à fait et – la rattrape la rattrape pas, la môme qui essaie de lui filer entre les doigts. Y’a la victoire passagère et y’a le jouet cassé, y’a sa gueule amochée et y’a les larmes qu’elle a laissé couler sans qu’il n’ait remarqué. L’hésitation n’est qu’illusoire toutefois parce que déjà il s’élance à sa poursuite (il prend la fuite, pas pris pas puni).
Du prénom qu’il gueule à la course effrénée qui a des airs désespérés, l’adrénaline pas encore partie des veines enflammées attends attends attends moi dans chacun de ses pas pars pas et peut-être sans doute sûrement qu’il comprend pas que sa punition ce soir-là, c’est ça, c’est son poing à elle qui se lève et s’écrase sur la joue déjà endolorie.
Temps d’arrêt.

Et presque – presque il réplique, blessure à vif, presque il contrattaque (lâche moi lâche moi j’me calme), différent problème même solution.
À deux doigts. De tout foutre en l’air de régler le problème.
Quelque chose qui vacille dans son regard, corps tendu à l’affut qu’est-ce que t’as fait dans les lèvres pincées dans le regard prêt à tuer.
Et presque il les entraîne sur le bitume, et presque il dérape mais « LACHE MOI » qui le remet à l’endroit. Lueur mortifère qui titube dans les prunelles ambrées les mots qui éraflent plus qu’il ne l’aurait souhaité il a encore le t’en vas pas sur le bout des doigts son prénom presque effacé sur le bout de sa langue et il comprend pas, le con, il comprend pas la violence des mots les yeux noyés de larmes. Presque sincère, dans sa manière de chercher le visage à la recherche d’une réponse à la question qu’il ne posera pas, le môme, paumé dans la situation qu’il ne contrôle pas. Puis les mains se posent sur son torse et poussent une fois deux fois trois fois. Il recule d’un pas il prévient « arrête » grognement menaçant plus que promesse. Une fois deux fois trois fois son bras qui surgit qui repousse violemment les poignets touche pas inscrit en grand dans l’expression fauve. À deux doigts de vriller de devenir cinglé. Pas puni qu’on avait dit mais Scar elle semble pas avoir été notifiée quand elle poursuit « tu t’es cassé un mois, t’as cru quoi ?!  Que tu pouvais revenir comme ça et me faire une scène comme ça? Je suis pas ton putain de jouet ! » La sentence qui tombe, le prend à revers, pourtant habitué Saul, aux punitions qu’il considère exagérées. (Je pense qu’il vaudrait mieux changer d’établissement.) Ses yeux s’écarquillent un peu et de lui-même il fait un autre pas en arrière, jouet c’est pas ça c’est – ça l’est tout entier et il le sait, colère familière qui vient contrer la culpabilité naissante qu’il sait pas gérer.
Ta gueule ta gueule ta gueule qu’il voudrait hurler, rien fait de mal du môme coupable préférant filer ou abattre plutôt que de plaider la peine à perpétuité. « Ça t’a pas suffit de m’arracher la jambe ? » Tabou mis de côté ce qui les a liés oubliés lors de leur dernière soirée. Accident partout entre eux piétiné pourtant vivant entre leurs souffles accrochés contre leurs peaux ecchymosées. Et il avait presque oublié. Y’a son rire pour contrer pour repousser le rire incrédule léger qu’il peut pas contrer, rit ou attaque Saul, que rien ne l’atteigne que rien ne l’étreigne. Alors il rit, doucement puis carrément, air de connard qui reprend le dessus qui enterre pour le moment le besoin de la faire taire la honte qui s’infiltre partout dans son crâne. « Retournes en Italie, t’étais bien là bas avec ta salope de copine et ne reviens pas putain ! Je veux plus entendre parler de toi, t’as compris? »

(Alors t’arrêtes maintenant t’as compris ?)
Mais il comprend jamais rien.

La silhouette se détourne, le laisse en arrière.
C’est ça la punition pas les mots pas les maux c’est l’abandon, la décision unilatérale sans lui laisser le droit de veto.
Et y’a une deux trois quatre cinq – une éternité durant laquelle les mots tournent dans le crâne affolé, l’adrénaline vrillant la réflexion écrasant l’avertissement l’alcool le rendant encore plus con. Une éternité où il pense vraiment vraiment la laisser filer. Rien à foutre jouet cassé rien à foutre sentence révoquée jusque dans ses mains qui se referment en poing serré, enfant qui a jamais appris à faire semblant.
Rien à foutre et peut-être que ça résonne encore dans sa tête quand il s’élance parce que c’est sa danse il l’a décidé ce sont ses morceaux brisés c’est son putain d’honneur à laver (j’ai rien fait de mal craché). C’est sans réfléchir qu’il se saisit de sa main qu’il la fait pivoter pour la ramener à lui. « Tu t’casses quand j’le décide » grondé par l’animal réveillé frustration accumulée et regard noir planté dans les prunelles claires. Et sans un mot de plus il se détourne, la tirant derrière lui sans ménagement, pas rapide sans se soucier du handicap créé par ses soins. Changement de cap pour la poupée, il se fait marionnettiste plutôt que pantin ce soir, il la traine il se traine les traine dans une rue parallèle phalanges ancrées jusqu’à ce qu’il la lâche pour mieux la pousser contre les briques grises tout est gris ici. Y’a la rage qui pétille dans le regard l’injustice coupable y’a les années passées à être traqué mélange explosif prêt à être déclenché et quand ses doigts se resserrent contre les épaules fragiles il est vraiment pas certain de ce qu’il va faire.

(Aurait dû la laisser filer, mais incapable de laisser tomber.)

Y’a son torse qui monte descend au rythme des battements effrénés du palpitant et qu’est-ce que tu vas faire qu’est-ce que tu vas faire jusqu’au dernier moment « tu crois que j’voulais pas t’foutre la paix ? Tu crois que j’voulais d’ça ? De toi ? » Les mots sont crachés tandis qu’il est toujours penché au-dessus d’elle, folie insoumise pas vu pas pris censé être pas vu pas pris pourquoi elle l’a poursuivi – sa faute à elle pas la sienne. « C’tait un putain d’accident et j’voulais pas plonger pour ça, mais putain si j’avais su... » Rire éraillé qui peine à forcer l’entrée des lèvres pincées quand il la regarde de haut en bas détaille les contours qui provoquent l’émoi et l’effroi. « Si j’avais su qu’t’étais une putain de tarée, j’aurais tracé au commissariat le plus proche. Mais c’toi qui as décidé tout ça non ? » Non ? dans les mains qui se resserrent brusquement, qui cognent le corps abimé contre le mur, une fois deux fois. La voix est basse, de ses colères froides crie pas au poing si soudain y’a jamais qu’un pas, la voix est basse pendant que ses entrailles se tordent hurlent le calvaire des dernières années passées à plier l’échine pour pas finir enfermé. « C'toi qui joues d'puis deux ans et là t'as perdu. Ca fait quoi ? »  Et ses mains s’éloignent, s’écartent, le corps aussi, repli provocateur et air de prédateur. Y’a le défi dans la pupille qui crie vas-y, y’a le môme puni qui attaque pour ne pas être soumis, y’a peut-être sa propre fatigue face aux tourments incompris, mais y’a plus trop de rage de vivre - vas-y, détruis.  


CODAGE PAR AMATIS
GIFS PAR YOUNGBLOOD


BETTER STAY DOWN
UNDER MY CHAINS
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13989-scar-a-nos-consciences
▹ DISPONIBILITE : Oui
▹ MESSAGES : 239
▹ INVESTISSEMENT : 59

▹ AGE : vingt hivers à compter les calvaires et les misères.
▹ APPART : #1504 (15)
▹ TAF : y'a les doigts qui pianotent sur le clavier, les cils qui papillonnent sous la luminosité de cet écran délabré et la poupée qui se fait marionnettiste pour manipuler les égoïstes et se nourrir des risques. menteuse, hackeuse, elle contredit les enjeux dans les lignes de codes pour foutre le désordre.
▹ AVATAR : holland roden.


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: toi t'es parti dans les bras d'un apocalypse (saul)   Mar 12 Juin - 21:02



dans les bras d'un apocalypse

So I heard you found somebody else and at first I thought it was a lie I took all my things that make sounds the rest I can do without. I don't want your body but I hate to think about you with somebody else.


26.06.2018


Ca vole en éclats le jeu d’apparence, le manège des démences. Il suffisait d’un fracas, d’un coup de trop, un autre accroc pour finir la ritournelle des maux. Et c’est l’impact, la balle qui vole dans la poitrine figée sous les hurlements environnants, quand les poings se fracassent sur la carcasse. Fauve en embuscade il s’arrache devant les yeux béants, la violence en solution car il n’y a plus de conclusions, plus de passion, ni de sensations. Faut juste marquer la bête, creuser la chair d’un fer chaud pour que le bétail se casse pas, reste là, bien docile, bien futile. Emprisonner les poignets pour que les phalanges n’osent toucher une autre peau, menotter l’esprit désabusé, drogué à la liberté. Tout défaire pour refaire. Supprimer pour recommencer. Mais y’a comme un goût d’impossible, un point de non retour. Quand la ligne est droite et qu’il n’y a de la place pour qu’une seule âme sur le bitume noir. Alors la silhouette se détache, prête à voguer sur les lignes blanches, funambule qui trace sa route avant de perdre le nord. Boussole du palpitant qui ne ressent plus la moindre secousse dans l’univers déchirant. Sous les sillons des sanglots éreintants. Astre perdue dans l’étendue, pas assez de lumière pour briller, broyé dans son ciel d’obscurité.
C’est fini.
Fini de faire semblant.
Fini de prendre les devants.
Fini de se tuer pour un connard insolent.

Alors l’étoile se trace comme une éclipse. Éphémère dans les constellations en agitation, dessinée un quart de seconde avant de s’effacer. Elle ne laisse pas de poussières stellaires derrière elle, pas de cendres solaires. Juste la solitude et le néant pour un enfant qui a joué pendant trop longtemps. Mais il crie le marmot, il impose son mot dans cet abandon. Prénom au bout des lippes, identité soufflée pour se rattraper, pour remémorer les nuits partagées et les bouches entremêlées. L’innocence même d’un môme qui n’a pas l’impression d’avoir merdé, qui croit pouvoir espérer en un pardon. Mais combien d’excuses pour combien de mal ? Combien de fissures avant de se faire la malle ? Combien de coups de poings dans les entrailles pour qu’il comprenne que la sentence est irrévocable ? Il avance quand elle recule. Il l’attrape quand elle le bouscule. Ça cogne à l’intérieur, ça explose à l’extérieur. La bombe à retardement qui implose violemment, qui brûle le convalescent. C’est la main otage qui impose les obus sur la joue tendue. C’est les phalanges immaculées qui s’écrasent sur les traits autrefois désirés. C’est juste la rage insensée, le besoin de respirer mais de ne plus savoir comment faire, le désir de l’arracher comme il l’a fait pendant des semaines délabrées. Facteurs accumulés, détails plus demandés, plus de raison, plus de compassion. Et le regard de l’avorton, aussi noir que le meurtre avorté, aussi macabre que les jointures carmins. L’atrocité renait sous les effluves alcoolisées, sous la violence pillée et la fauve elle n’a plus peur de se faire attaquer. Car c’est habituel les éclats de dentelle. Les injures et les déchirures d’élocution, les crocs sur la mâchoire et le bleu à ses espoirs. Y’a juste le cri qui résonne, le gouffre profond des j’en peux plus des laisse moi car ça fait trop mal de rester comme ça. Ça sort de nul part, mais ça vibre dans la nuit contre les limites et les remparts. Et lui il reste ainsi, mordu par le rejet, le regard interloqué et la hantise dans le bide endolori. Quand elle n’attend plus, qu’elle ne concède plus, qu’elle sort les mains sur la tête pour son dernier jugement.

Puis les paumes repoussent, les corps s’électrocutent, une fois, puis deux puis trois. Dégage de là, casse toi. Y’a tout de murmurer dans les mouvements défaits, dans les gestes précipités sous la colère calvaire. Et le prédateur il recule d’un pas, les babines fulminantes de fumée. « arrête » Mais elle continue Scar, elle continue cette douce folie pour exorciser son mépris. Une fois, deux fois, trois fois… Encore une fois pour brûler tout ce qu’il reste de l’émoi. Et ça lui plait pas au fracas, ça le fait grincer des dents, ça lui donne des envies d’antan quand il balance son bras violemment pour dégager la furie qui est loin d’avoir fini. Car elle crache tout son dédain, car elle l’écrase de son poids malsain. Elle balance son palpitant entre les mots tranchants, elle déchire le reste des sentiments. Ça cogne dans le coeur et ça se fracasse dans la tête. Mais elle prend pas le temps de comprendre ce qu’elle fait vraiment. Car toutes les vapes sont ouvertes, toute la lutte compromise à cause des saveurs amers et murmures enfer. Détraquée par l’impatience, sa santé mentale lui fait des doigts quand elle continue qu’elle s’arrête pas. Et que lui il reste là, à encaisser, à subir les attaques répétées, à avaler toute l’horreur dégueulée. Elle lui vend sa vérité, elle fissure sa réalité. Lui démontrant par a + b qu’il n’est qu’un putain d’enfoiré et qu’elle n’est pas son putain de jouet. Et le sujet, l’origine même de leur lien particulier, de leur cauchemar collectif et de leurs ecchymoses corrosifs. Car c’est toi qui m’a foutue comme ça. La jambe arrachée, le souffle défoncé, les traits écorchés. La poupée elle gerbe encore et encore toutes les nuisances de cette altération, toutes les démences de leur relation. Et y’a juste le rire léger qui résonne, la colère qui sonne, le requiem malsain qui s’intensifie et la haine qui brise les instincts. Ça va encore se griffer, se mordre jusqu’aux filets de sang. Mais ça ne l’atteint plus à la gamine car y’a toutes les émotions emmêlées et qu’elle ne cherche plus à comprendre l’hilarité.

Il n’arrive même plus à la toucher.
De ses doigts ou de ses mots.
De ses lèvres à ses échos.
Tout sonne si faux.


Alors elle le finit, elle arrête la supercherie. Casse toi d’ici. Elle l’éjecte de sa vie sans lui demander son avis. Car il a déjà tout fait pour qu’elle s’enfuit. (et qu’au fond elle est déjà loin de lui)
Et les pieds se détournent sous la respiration acide, sous la résolution tacite. C’est fini tout ça. C’est comme ça. Abandon pesant dans la cage thoracique, désir de réapprendre à vivre sans avoir à lutter, à persister contre le sacrifice, le délice aux goûts d’artifice. Et pendant un instant elle y croit qu’il va la laisser exister hors de sa dimension niquée, mais c’est trop d’espoir demandé. Trop d’efforts pour la bête affamée. Qui à peine l’alerte remontée dans ses nerfs brûlants, rattrape l’enfant pour lui rappeler le constat béant. Tu m’appartiens, reviens, je te maintiens. Mais c’est plus violent que les murmures dans l’esprit condamné. C’est les griffes qui enserrent les phalanges pour lui rappeler qu’il n’y a pas de deuxième chance. « Tu t’casses quand j’le décide » Et l’homme dominant qui apparait purulent sous les yeux brûlants. L’enfant qui n’est plus innocent, qu’un prédateur prêt à la foutre en sang plutôt que de la laisser partir simplement. Et elle crache encore Scar, elle refuse cette supériorité qu’il s’est donné le droit de prendre sans prendre en considération ses bouts tranchants. « C’est fini, lache moi. » La voix est presque trop posée sous la fatalité. La voix est presque douce sous les morsures infectées. Y’a que le regard qui est encore brillant sous les effluves de rage et de carnage. Le contact fragile des rétines noires de fantasmes macabres. Puis la traction, l’emprise de l’avorton qui tire la môme en ébullition. Il ne lui laisse pas le choix, pas le droit de l’abandonner comme ça. Et elle se débat l’éclat. Elle se débat quand elle manque plusieurs fois de se vautrer au sol sous l’handicap constant. Sous la jambe qui traine et l’autre qui perd l’équilibre. Mais Scar ne cède pas, par dignité ou par besoin de rester debout pour continuer à lutter. Alors elle tient dans l’équilibre bancal, comme eux. Elle se tient sous sa fierté mal placée et la rigueur du môme excédé. Puis l’orée de la ruelle paumée, les lampadaires bipolaires qui éclairent à moitié quand les silhouettes sont prête à se faire la misère. Et la liberté, les doigts lâchent la paume sous le soupir succinct vite remplacé par le grincement soudain de son corps qui s’écrase contre les briques grises et  l’ossature se brise. Sous les volutes d’agressivité et d’impulsivité, sous l’élan du malsain qui prépare son refrain avant de la casser encore, pour la rattraper encore.

Mais ce coup ci elle ne reviendra pas.
Alors il l’écrase sous ses mains sur ses épaules, la maintenant avant le carnage, avant leur naufrage. Il la tient juste là dans l’espace de ses doigts et elle, elle ne bouge pas, le regard bien ancré aux teintes ambrées, le sourire mauvais sur ses lèvres retroussées. Vas y bébé, essaies de m’achever. (c’est déjà fait) « tu crois que j’voulais pas t’foutre la paix ? Tu crois que j’voulais d’ça ? De toi ? » Et les mots en échos, les gifles de syllabes, les morsures bestiales, ça ne vient que de commencer, ça sert à décompresser, à s’échapper encore des doutes trop frais. Et le regard toujours en hauteur, prêt à la dévorer, à la juger pour ses vices. « C’tait un putain d’accident et j’voulais pas plonger pour ça, mais putain si j’avais su... » Un accident qui lui a coûté sa vie, sa folie, sa carcasse abrutie et ses sourires extasies. Un accident avorté, pas vu pas pris, pas envie de finir en taule. Pas suffisant, pas assez pour l’enfant au regard argenté et au manque de confiance atrophié. Et le rire pour se cacher encore, le taré reprend les pions pour jouer quand elle a déjà hurler échec et mat. La reine à bouffer le roi. Avec son sourire toujours froid sur ses babines aiguisées. Et le roi il la regarde, il contemple les courbes entre dégoût et envie, entre effroi et émoi. Perdu dans les souvenirs lointains d’une douceur qui n’a existé que pour se faire rattraper par l’horreur. Car ils ne sont pas faits pour s’avoir dans le coeur. « Si j’avais su qu’t’étais une putain de tarée, j’aurais tracé au commissariat le plus proche. Mais c’toi qui as décidé tout ça non ? » Puis le mensonge, l’ironie de son hérésie à elle, la tentative de fuite en parallèle. Et Scar elle n’a plus peur, même quand il la repousse une fois deux fois contre les parois du mur éclat, elle reste là, les prunelles toujours écarquillées, asséchées sous la destruction spontanée, à le mater lui dans la grandeur dans laquelle il aime se poser. Car il est parfait lui, tout beau, tout propre. Pas pris la main dans le délit alors couvert par la jolie. Il n’est ni coupable ni accusé, il est la veuve qui n’a rien demandé. Mais ça c’est un putain de conte qu’il continue de se miroiter pour pas avaler sa culpabilité. Alors elle ne gémit pas elle, elle ne fait rien, elle laisse les tremblements dans son corps se répandre lentement, sous la douleur innocente et ignorante, sous les muscles qui crient un peu, sous l’esprit qui s’époumone sous les enjeux. « C'toi qui joues d'puis deux ans et là t'as perdu. Ca fait quoi ? » Puis le dernier affront, celui qu’il croit avoir pour acquis alors que rien n’est fini. Et il s’éloigne enfin de la poupée en pièces détachées, avec son air de vas y c’est à ton tour de jouer. Mais la gamine elle n’a toujours rien lâché, rien laissé transparaitre sur son visage fermé, pas d’émotions, pas de sentiments, rien de trahissant. Alors qu’au fond, ça brûle d’un feu lent, flammes qui bouffent les entrailles doucement, torture dégueulasse qui dévore la crasse. Et elle sait ce qu’il veut Scar, il veut qu’elle l’attaque, pour reprendre la traque. Car quand la môme est animale, c’est comme ça qu’il arrive à la toucher, l’ébranler, la contusionner de ses poings ensanglantés. Alors elle dérive la jolie, toujours appuyée sur son mur, la provocation sur la langue et la rage dans le ventre. « Qu’est ce que tu crois Saul ? Que j’ai peur de toi ? T’as toujours pas compris que depuis cet accident je suis plus en vie. » Et la vérité, la môme qui s’est oubliée, le jour où il l'a écrasé. Perdue, paumée sur les pavés, pas de but ni de destinée. Seule l’errance et l’accoutumance d’une vie écrasante. Elle est morte Scar, elle est morte le jour où elle l’a rencontré. « Chaque jour je regarde mon reflet et j’ai envie de gerber. Chaque jour, quand l’ascenseur est en panne, j’ai peur de trébucher dans les escaliers et de ne plus pouvoir marcher. Chaque jour je me demande ce que j’ai fait pour mériter de me faire écraser. » Et elle continue la poésie son conte comme si de rien n’était, comme si elle était vide à l’intérieur et que rien ne pouvait la réchauffer. Car à ce moment là, c’est ce qu’elle est. Le néant le plus complet, la lassitude et l’amertume. « Est ce que je l’ai décidé ? Ça ? » Et la voix jusqu’à présent calme vient craquer un peu, les mots crachés, le regard toujours accroché aux rétines chocolatées. Au fond, c’est le naufrage soudain, c’est la colère qui défonce les portes de la tristesse, qui l’encercle et la noie. C’est les souvenirs lointains, les baisers, les peut être, les promesses dans les doigts, les gémissements sous l’émoi. C’est le rejet après la première fois, c’est le coup de poing sous l’effroi, c’est les hématomes qu’elle garde au coeur. C’est la fierté écrasée trop de fois. C’est ce trop plein et ce pas assez. C’est ce combat qui s’essouffle avant d’être terminé. Et c’est ses phalanges à elle qui viennent entraver la pudeur et l’horreur. Ses doigts qui s’accrochent à la jambe de bois quand elle la détache et la laisse tomber au sol sans ressentir le besoin de se cacher. Car il doit contempler ce qu’il a fait, voir ce qu’il lui a infligé. Ressentir ce que ça fait, de se sentir écrasé, mutilé, souillé… Juste se prendre cette réalité en pleine gueule. « EST CE QUE JE L’AI MÉRITÉ ÇA? » Et le hurlement qui cache les blessures, qui nourrit l’usure, quand elle s’ouvre plus qu’elle ne devrait, mais qu’elle n’en a plus rien à secouer. Le corps à nu et le palpitant à découvert. « Ca te fait rire encore là ? » Provocation délibérée, pour voir s’il oserait encore la toucher, essayer de la profaner. « Et après c’est moi la tarée. » Murmure d’usure, d’une femme blessée qui n’encaisse plus mais qui donne encore des coups par refus de KO. Et le chaos des mots, la conclusion, le rabaissement qu’il adore lui chanter à chaque fois que les esprits viennent se chauffer. « C’est pas un forfait, je vais continuer de te voler ton fric car vu ce que tu m’as arrachée ce n’est rien en comparaison. Alors tu peux encore essayer de m’intimider, de me pousser, de me frapper, de me prouver encore ta lâcheté. Car c’est tout ce qu’il te reste et que tu sais faire que ça alors vas y montres moi ! » Et c’est là que tout se joue. La dernière ligne droite, quand elle se pousse un peu du mur mais qu’elle reste accrochée quand même sinon elle risque de s’effondrer sous l’équilibre défait. C’est là qu’elle finit de plaisanter, qu’elle cherche à enterrer les sentiments entremêlés, la douleur dans le coeur défoncé, car elle l’aime Scar, elle l’aime à en crever. Mais c’est pas assez. Pas assez pour lui. Lui qui préfère encore se coudre des oeillères à ses paupières pour ne pas voir la vérité amère. Pas assez pour elle. Elle qui se retrouve toujours en dentelle. C’est terminé de danser jusqu’à l’aube. Terminé de se défoncer pour mieux s’enlacer. Car il ne la mérite pas ce gars. Il ne mérite rien de l’éclat. « Frappe moi ! »
Il ne mérite même pas ça.
Mais s’il lève un seul de ses doigts, il finira les dégâts.
Il signera le pacte qu’il ne la reverra pas.
Car elle ne reviendra pas.
Et que c’est lui qui est parti la première fois. 



You don't love me, big fucking deal I'll never tell, you how I feel. It almost feels like a joke to play out the part when you are not the starring role in someone else's heart, you know I'd rather walk alone.
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t14278-saul-morrison-dylan-o-
▹ DISPONIBILITE : Non
▹ MESSAGES : 481
▹ INVESTISSEMENT : 83

▹ AGE : vingt-six ans à déambuler sans trop d'ambition, sans réelle volonté et sans aucune vocation.
▹ APPART : au 14e étage, il a récupéré les clés du #1401 y'a six ans maintenant.
▹ TAF : homme à tout faire tant qu'on veut bien le payer, les mains sales surtout faites pour cogner. on le retrouve plusieurs fois par semaine dans les arènes de combat. s'il n'y est pas, il est sûrement en plein coma alcoolisé.
▹ AVATAR : dylan o'brien


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: toi t'es parti dans les bras d'un apocalypse (saul)   Mer 13 Juin - 6:44
dans les bras d'un apocalypse


I'm trying to hold it together
Head is lighter than a feather
Looks like I'm not getting better


Jouet cassé entre les mains d’un joueur détraqué, la poupée qui tente de s’échapper des griffes d’un prédateur prêt à tout pour gagner. Il y a les miettes de leur lien dispersées sur le chemin quand il la rejoint, qui racontent l’histoire de leurs déboires de leurs espoirs déchus de leur son innocence perdue.
Il y a dans les pas qui cognent contre le sol le refus de la défaite, le saut dans le vide pour rattraper les morceaux d’elle qui lui font défaut.
Il y a dans le regard la même fièvre que les autres soirs la même étincelle qui attrape qui accapare chaque trait chaque souhait chaque soupçon de haine distillée dans les prunelles claires qui continuent de le fusiller.
Casse-toi partout sur son visage, à Scar, mais il refuse de voir il refuse d’écouter. Parce qu’il est allé trop loin pour s’arrêter, parce qu’il a jamais su obéir aux ordres sans faire désordre jamais su plier l’échine accepter les sentences fatalistes. (Parce qu’il est terrifié à l’idée qu’elle puisse s’en aller pour ne plus jamais se retourner.) Parce que, tout simplement, il l’a pas décidé maintenant. Il impose sa volonté sans culpabilité sans pensée pour les sentiments qu’il n’a pas su n’a pas voulu n’a pas essayé de déchiffrer. Il impose sa volonté sans capter à quel point il se met en danger, besoins brûlants à peine planqués dans les mots crachés à la gueule indignée dans les doigts qui enserrent la main traîtresse. Et elle proteste. Bien sûr qu’elle proteste. Serait pas là s’il n’avait pas foiré déjà, serait à mille lieues de leurs univers malsain si elle n’avait pas été en travers de son chemin une éternité plus tôt. Son chaos à lui c’est pas le sien il l’a vu il l’a lu dans les yeux inquiets dans les doigts soignant les plaies. Son chaos à lui est devenu leur fiasco mais cette vérité-là est sans doute de trop : pas de place pour les remords dans le scénario. Alors quand elle répète quand elle tonne « c’est fini, lache moi » il écoute pas pourrait plaquer les paumes sur ses oreilles et chantonner lalalalalala jusqu’à noyer le poisson fuir l’idée de l’abandon. Pars pas c’est devenu le refrain entêtant de son hymne dissonant, se voudrait plus grand plus menaçant mais n’est qu’un putain d’enfant quand il traîne sans savoir quoi faire, rassembler les miettes des cœurs brisés ou les piétiner pour s’en débarrasser lui-même. C’est elle qui trébuche tente de suivre la cadence imposée par sa propre danse mais c’est sûrement lui qui est fragile prêt à se fissurer.

Un pas de travers et tout est terminé, c’est peut-être ce qu’il se dit. Un pas de travers il s’éclate sur les pavés un pas de côté il s’assure qu’elle aussi elle est tombée.
Pas certain que ça ait jamais commencé, ceci dit.

Deux ans de néant entre ses doigts, sept cent matins de rien, rien du tout à encaisser les coups et maintenant que c’est son tour il trébuche s’écrase s’étale, l’incapable. S’entête pourtant môme insolent pas à terre pas battu pas vaincu avant qu’on annonce le zéro tonitruant et même là il est encore capable de se relever rentrer-dedans.
Deux ans de néant mais toute une vie soumis aux règles incomprises et il lui en veut pour ça aussi. Un visage par le parebrise une voix dans son crâne une silhouette une idée où il glisse tous les maux sans les remèdes toutes les poisses et les peines. Scar c’est son pire sans jamais avoir eu la possibilité d’être son meilleur, c’est la noirceur à l’intérieur c’est la haine du monde des autres de lui surtout avant tout. Scar c’est le mirage de ce qu’il aurait pu être des chances qu’il n’a pas su saisir des erreurs qui menacent chaque jour de l’engloutir. C’est son tableau son chef-d’œuvre sa plus belle défaite Scar elle existe que dans ses rêves ses regrets ses souhaits. Et quand elle essaie de récupérer son existence à elle il vrille quand elle essaie de quitter le monde qu’elle a retourné quand elle essaie de punir l’impuni il vacille s’ébroue cabre attaque.
Deux ans de néant entre ses doigts plaqués contre le mur comme pour les incruster là faire sien ce qui ne l’est pas. Prendre le rien et le transformer en quelque chose qui le maintient, rester debout rendre les coups. Dans ses prunelles l’injustice supplice la rage des mois perdus à ramper aux pieds de celle qu’il a bousillée ; aurait pu devenir quelqu’un lui aussi. Aurait pu réécrire ses lendemains. Aurait pu devenir quelqu’un de bien.

Il crache son fiel et il est presque surpris par la colère intacte. La même que lorsqu’il a reçu la première menace quand il a vu son compte se vider cinq cent trois cent deux cent zéro t’as joué t’as perdu qu’est-ce que tu fais maintenant ? La même que lorsqu’il a retourné l’appartement qu’il a hésité à aller se dénoncer rendre les armes pour pas risquer de (se) perdre dans un combat qu’il n’avait encore jamais mené. La même que quand il l’a touchée pour la première fois qu’il a vu que rousse et pas brune la même que lorsqu’il l’a vue sourire que lorsqu’il a ressenti sans savoir – rien qui a bougé seulement enterré dans les non-dits bien maîtrisés, rien qui a disparu dans les tripes qui hurlent la misère trop bien intégrée.
Regarde ce que t’as fait regarde ce que je suis quand t’es là. (Regarde ce que tu fais d’moi quand tu t’en vas.)
Tout est sale et teinté dans l’esprit délabré dans le ventre prêt à hurler. Rouge sur les doigts métal dans la bouche aura vermeille et pensées carmins, arabesque monochrome autour du nom qui a tout renversé ; c’est lui le coupable mais ça l’empêche pas de se sentir lésé. Lui aussi resté coincé sur le bas-côté. Tout est sale et teinté entre ses mains, incapable de toucher sans briser, souille jusqu’à l’usure souille jusqu’à la morsure Saul, voudrait vouloir bien faire mais fait les choses à l’envers. Dans un autre univers il aurait peut-être les deux genoux à terre pour demander le pardon réparer la destruction mais on lui a pas donné le mode d’emploi on lui a jamais appris à réparer quoique ce soit.
Alors méthodiquement il arrache crache la rage seule compagnie fidèle. Méthodiquement il glisse les reproches bute l’entente artificielle.
Si elle part, que ce soit lui qui ai dit au revoir casse-toi dégage. (Mais elle partira pas.) Il sait pas ce qu’il veut l’imbécile, n’a jamais su et ne saura jamais, les sentiments trop rares pour avoir pris le temps d’être décortiqués compris analysés, fonctionne à l’impulsion pour éviter la réflexion. Et il se connait pas, n’a jamais voulu apprendre à se connaître – pour quoi faire ? Il se voit chez les autres dans leurs sourires leurs soupirs leur vie il compare sépare ça c’est moi ça ça l’est pas. Surtout il se voit en elle et déteste ce qu’elle lui renvoie.

Déteste sa manière de le défier sans jamais se détourner déteste le fait qu’elle soit debout quand il peine à continuer à lutter déteste de ne pas l’entendre geindre quand il fait tout pour la blesser, tous les boutons appuyés à la fois et y’a rien qui marche chez le jouet cassé, gosse mécontent inconscient réagis réagis maintenant pourquoi tu fonctionnes pas ? Tous les boutons à la fois il est prêt à essayer un instant et le suivant il lâche abandonne c’est pas lui qui a perdu c’est elle qui est brisée il lâche pour pas s’acharner il lâche parce que même pour lui c’est trop foiré. Et puisque leur valse maladroite n’a jamais été rien d’autre qu’un jeu de dupes il lui demande ce qu’elle en pense.
Peut-être parce qu’il a besoin de s’entendre dire que c’est bon il a gagné. C’est bon il peut abandonner. C’est bon il peut rêver d’autre chose maintenant c’est terminé. Plus d’enfer sous ses pieds.

Y’a que ses mains sur les miettes et pourtant il continue à les éparpiller. (T’étais pas censé les planquer ?)

Ses phalanges délivrent le corps prisonnier et son regard cherche à deviner le rôle qu’elle va décider d’endosser, de la gosse qui chiale qui tremble à celle qui attaque par désespoir qui lui ressemble à celle qui tourne les talons le laisse con. Laquelle maintenant ? Il voit rien sur ses traits et ça le rend taré, nouvelle facette qu’il n’avait pas su anticiper. Parce qu’il est pas foutu de prévoir de se préparer. Maintenant il est paumé mais elle a pas fini de le mener par le bout du nez l’obsession la cause désignée de tous ses maux. « Qu’est ce que tu crois Saul ? Que j’ai peur de toi ? T’as toujours pas compris que depuis cet accident je suis plus en vie. » Plus en vie depuis qu’elle lâche et sans doute que ça l’érafle plus qu’il ne voudrait qu’elle le sache. Son existence ruinée sous le pied qui n’a pas su freiner ce passé dont il n’arrive pas à imaginer la réalité, peut-être parce que pour lui rien n’a jamais changé. Pas de tournant décisif pas de trauma excessif. Son quotidien le même depuis qu’il est né le même chemin il a suivi, le même chemin que ses aînés. Mort avant même d’avoir tenté d’exister. Alors il saisit mal l’implication de son explosion comprend pas l’émoi l’effroi parce que pas au courant que la vie c’est plus que ça. Qu’avant ça elle dansait sans combat. Et ça le chamboule l’idée d’un univers loin de leur misère, ça lui donne envie de se casser pour s’enfermer dans sa propre réalité. Plus simple plus aisée pas d’éclats pas de c’est à cause de toi. Il bouge pas cependant, bien droit dans les bottes de la proie qu’il n’est pas, bien droit auréolé du vice de l’injustice. « Chaque jour je regarde mon reflet et j’ai envie de gerber. » Sourire fantôme ombre reflet sur les traits. « Chaque jour, quand l’ascenseur est en panne, j’ai peur de trébucher dans les escaliers et de ne plus pouvoir marcher. Chaque jour je me demande ce que j’ai fait pour mériter de me faire écraser. » Rien rien rien probablement dans les pupilles à présent rétrécies rien du tout mais personne ou presque mérite jamais les emmerdes. Naïveté presque insoutenable de la môme ravagée par un accident qu’il a lui-même causé, et le cœur se serre en même temps que la bile remonte, il a envie de lui cracher de regarder autour d’elle de lui rire au nez de célébrer, un peu, puérilement, le fait qu’ils soient du même côté. Regarde comment tout est amoché. Y’a ceux qui trouvent la beauté dans la merde mais Saul il a jamais essayé, s’en est contenté sans trop rechigner sans même imaginer qu’il puisse y avoir autre chose à côté ; et l’égoïste invétéré est content qu’ils soient tous les deux coincés. Un bout d’elle à garder.

Qu’importe, au fond, comment il a fait pour s’en emparer.
Tant qu’il est plus seul dans le merdier.

L’empathie mise de côté ou jamais ressentie il frémit même pas quand elle lui demande « est-ce que je l’ai décidé ça ? » se contente de la fixer de son regard buté pas vraiment là. Et sans doute qu’il aurait pas bougé pas vacillé rien à foutre rien à branler on est tous défoncés si elle avait pas enchainé, si ses mains s’étaient pas dirigées vers l’objet du délit le crime jamais réparé. Il aurait dû savoir pas suivre du regard mais il peut pas s’en empêcher, yeux qui glissent sur les courbes exposées par la robe trop échancrée qui se trainent jusqu’à la misère révélée. Y’a un bruit sourd et pendant un instant il est persuadé que c’est son corps qui a heurté le bitume glacé que ça y est ses jambes à lui l’ont lâché le corps traitre qui le fout à terre. Mais il est toujours debout c’est elle qui se disloque sous les phalanges empressées.
Y’a un bruit sourd quand il se fige que ses yeux s’écarquillent qu’il l’entend répéter hurler est-ce que je l’ai mérité y’a un bruit sourd et son cœur en suspens. Alors c’est ça alors c’est ça dans son crâne chef-d’œuvre à ses pieds vague de dégoût envers lui-même de honte qu’il s’attendait pas à sentir le submerger. Il garde la tête baissée les prunelles fixées qu’est-ce que t’as fait Saul c’est toi qui as fait ça arrête arrête ça. Déglutit douloureusement quand elle l’interpelle encore, « ça te fait rire encore là ? » Et parce qu’il est débile parce qu’il fait toutes les mauvaises choses au mauvais moment parce qu’il a jamais appris à gérer mais qui pourrait gérer ça il rit en réponse. Ses iris chocolatées s’arrachant au spectacle témoin de son acte ça a jamais existé il rit légèrement, de ce rire qui tressaute comme s’il avait du mal à respirer qui retient l’envie de gerber la culpabilité, de ce rire qui remue les entrailles sans rien préserver.
Il rit comme quand il a appris que personne savait comment Zev avait crevé il rit comme quand Kate a voulu faire preuve de bonté il rit comme le jour où il a raccroché au nez de Kelian pour pas se faire avoir encore une fois il rit pour pas se fracasser pour pas devoir encaisser il rit comme à chaque fois à la gueule du destin ça glisse ça touche pas ça touche rien il est fait de rien. Il rit encore Saul pour pas se casser à son tour à ses pieds. Il vient pas en parties détachées lui mais il lui manque quand même des pièces essentielles, construction échouée la mère Morrison a d’ailleurs demandé à être remboursée. Il rit toujours doucement quand elle murmure « et après c’est moi la tarée », manque presque de s’étrangler et c’est certain lui aussi il est cinglé.

Sang sur les mains hier aujourd’hui et demain.
C’est pas grave c’est rien.
Regard paniqué dans le rétroviseur silhouette affalée est-ce qu’elle est morte est-ce que je vais crever pas maintenant c’est pas la bonne soirée encore besoin de temps pour s’essayer à exister.
Elle comprendrait pas et lui non plus n’est plus sûr de comprendre ce qui le maintient là.
Derrière le rire à présent étouffé y’a l’âme oubliée qui s’agite la conscience éveillée depuis qu’il l’a sauvée qui réclame l’humanité qu’il avait pourtant si soigneusement enterrée et il se perd il est taré.
Autant voire plus que la môme qui a perdu le goût d’exister à l’instant où il a réalisé qu’il devait essayer. (Mais il n’en a rien fait, de ce temps au rabais, rien du tout.)

Il a les yeux hantés par tous les fantômes qu’elle s’entête à éveiller il a les yeux hantés par la honte sans nom piétinée par le rire con, il se gerberait à ses pieds s’il était capable de s’excuser.
Hé désolé de t’avoir bousillée.

Incapable gosse lamentable voulait fuir pour vivre n’a été foutu que de compter les jours de sursis n’est foutu que de se barricader derrière les murs si bien érigés qu’il a oublié à quoi ça ressemblait dehors. Il compatit s’en veut s’en fout lui en veut, tornade d’émotions douloureuses manège infernal c’est quand qu’on descend ? Maintenant maintenant maintenant cri du cœur affolé se casser pour pas s’écrouler tu vivras tu verras demain tout ira bien mais elle le lâche pas elle continue les coups qu’il a pas appris à encaisser comme il faut. « C’est pas un forfait, je vais continuer de te voler ton fric car vu ce que tu m’as arrachée ce n’est rien en comparaison. Alors tu peux encore essayer de m’intimider, de me pousser, de me frapper, de me prouver encore ta lâcheté. Car c’est tout ce qu’il te reste et que tu sais faire que ça alors vas y montres moi ! » Elle s’écarte un peu du mur tandis que le corps imbécile se crispe à l’idée qu’elle chute – qu’est-ce qu’il fait dans ces cas-là, la relève la relève pas ? –, a les yeux plantés dans les siens effort énergie qu’il doit mobiliser pour ne pas vaciller. Pour ne pas se jeter sur elle et la faire tomber lui-même parce qu’elle peut s’écraser sur le sol s’ils sont deux à se rétamer, c’est comme ça qu’ils ont joué.
Les règles qu’elle impose encore une fois qui lui donnent envie de grogner d’attaquer comme elle l’a si bien deviné comme elle lui rappelle d’un ordre d’une ultime provocation « frappe moi ! » Il se fige s’immobilise, une fraction de secondes durant laquelle ses traits se déforment de la même manière qu’ils l’avaient fait dans le bar. Provoque pas essaie même pas dans le coin qui remonte dans les prunelles haineuses dans le cœur qui rate un battement le souffle qui se coince. Mais il a beau le vouloir, il a beau espérer pouvoir lui donner ce qu’elle a tellement l’air d’attendre, il s’en sait incapable. Il s’est foiré et elle le sait, elle devrait le savoir, elle était là quand il l’a sauvée, elle était là quand elle l’a soigné, elle a dormi à ses côtés et il n’a rien tenté rien trop bousillé. Incapable et coincé, de la honte étouffée à la rage de se savoir jugé coupable, incapable et buté quand il l’observe de haut en bas, ses yeux s’attardant sur les détails qu’il avait ignorés sans même y songer depuis qu’il s’était jeté contre le concurrent complaisant. L’étincelle déterminée dans les grands yeux meurtriers, la tenue affriolante qui l’avait d’abord attiré, tissu rouge collant à la peau qu’il sait être douce, s’arrêtant rapidement à la naissance de sa cuisse dénudée. Et, à côté, le vide béant qu’il a causé. Et, à leurs pieds, la preuve de sa cruauté. Alors il se penche, Saul, ramasse la jambe synthétique, s’y agrippe presque de ses deux mains. Pourrait l’exploser contre un mur pourrait l’observer pourrait pourrait pourrait – il lui tend simplement, visage dénué d’expression tandis qu’il répond « j’frappe plus quand l'décompte arrive à zéro. » Y’a un frémissement dans le coin de la bouche, l’intonation pourtant quasiment inexistante, constat aux frontières de la légèreté quand il ne précise pas qui est à terre et qui a remporté l’arène. « Comme t’as dit, c’terminé. Plus de fric si j’coupe la source. T’peux toujours me dénoncer si tu veux, j’en ai plus rien à foutre. » Et il se détourne, s’éloigne à son tour.
Se casse, abandonne, lâche tout.

Fuit, sans doute, sa propre honte la réalité de l’autre leurs mondes qui s’entrechoquent fuit pour ne pas basculer parce qu’il est incapable de réagir autrement. Peut plus la détruire mais n’a jamais pu la sauver, le môme malsain, incapable de faire le bien.


CODAGE PAR AMATIS
GIFS PAR YOUNGBLOOD


BETTER STAY DOWN
UNDER MY CHAINS
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: toi t'es parti dans les bras d'un apocalypse (saul)   
Sauter vers:  
Partagez | 
© NOUS SOMMES DE CEUX | Optimisé sous Google Chrome et Firefox.
Merci de respecter notre travail, nos idées ainsi que celles de nos membres.