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MessageSujet: Pity - Seth/Nero   Dim 13 Mai - 22:54
Chaque soir, tu passes là. Et chaque soir depuis une semaine, tu le vois là, affalé comme un déchet à attendre que le temps passe.
Il a de la chance encore, il ne fait pas si froid que cela : avec la fin du printemps, les grosses chaleurs vont bientôt débarquer. L’air reste doux même si à vrai dire, tu ne sais pas trop ce qu’il en est en plein milieu de la nuit. Mais tu restes confiant parce qu’il a l’air de survivre : tu t’assures juste qu’il bouge à chaque fois que tu passes. Au cas où…
Par contre, les pluies violentes arrivent avec l’été et il doit s’en prendre plein la tronche. T’es pas sûr que ce soit mieux que le froid.
T’en a rien à foutre aussi, mais c’est autre chose ça. T’as déjà trop à faire de gérer ta propre carcasse que de t’apitoyer sur le sort de ce pauvre diable.

Mais c’est devenu un rituel : chaque soir, tu t’assures qu’il est en vie. Chaque soir, il l’est.
Tu te demandes parfois comment il mange, si ce n’est pas trop dur…. Bordel t’aurais pu finir comme lui si Kovacs ne t’avait pas filé ce job ! Même Coalman n’aurait pas levé le petit doigt pour toi, bien trop heureux de se réjouir de ta déchéance… Comment t’aurais fait ? T’aurais été aussi résistant ou t’aurais fini par te foutre une balle dans la tête un de ces soirs ? T’en n’as pas la moindre idée. T’as pas envie d’y songer en fait : t’arrives à peine à relever la tête de l’eau, t’as pas besoin de replonger.

Ce soir, il pleut plus fort que d’habitude. Le déluge qui broie l’âme et ravage le corps : tu marches la tête rentrée dans les épaules, pressé d’être chez toi. Au chaud. C’est à peine si tu penses à tourner la tête pour le voir : il est toujours là. Recroquevillé sur lui-même, en quête désespérée d’un peu de répit.
Il n’a pas l’air vieux. Pas jeune non plus. Tu te demandes ce qui a pu l’amener dans une telle merde.
C’est instinctif, tu t’arrêtes. Il pleut vraiment trop ce soir et sans être trop regardant, il fait peur à voir. Plus les jours passent et moins il ressemble à un homme.
T’as pas le cœur sur la main, mais tu l’as pas au fin fond de tes godasses non plus. A force, ce type, sans même lui parler, c’est devenu un lieu commun de ton quotidien, tu t’y es habitué. Ce serait con qu’il mort de faim et de froid dans cette ruelle sans que tu aies bougé le moindre petit doigt.
T’es pas Mère Teresa mais t’es pas non plus le salaud que tout le monde voudrait voir.

Quelques pas, tu t’arrêtes devant lui et grommelle :

- J’ai un canap. Pas très frais, mais tu pourras dormir tranquille ce soir.


....
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MessageSujet: Re: Pity - Seth/Nero   Lun 14 Mai - 17:17
La rue t’a adopté, parce que ce n’est clairement pas toi qui l’a fait. Tu as atterri là par total dépit, à défaut d’autre chose. Le refuge du coin est souvent bien trop rempli pour que tu puisses prétendre à une place. Pour certains, tu es encore trop frais, trop jeune dans la galère, pour d’autres, trop robuste, pas assez désespéré. Pourtant, chaque soir, lorsque la nuit tombe et que tu te retrouves en tête à tête avec toi même, tu réalises à quel point tu l’es, en proie au désespoir. Complètement happé par les regrets. Ce que tu peux en vouloir à la terre entière pour avoir fini là, alors qu’en soit, tu ne devrais t’en prendre qu’à toi même. Infoutu de respecter un engagement, bien trop fier pour accepter le gout de la défaite dans ta bouche. Pourtant, le flingue qu’un type a braquer sur toi, le soir même, alors que tu rentrais un peu alcoolisé chez toi, t’a fait comprendre à quel point c’était une mauvaise idée.

Les mois sont passés, le temps, d’ordinaire rapide à tes yeux, semble être d’une lenteur infinie. Par moment, tu n’as qu’une seule envie, mettre fin à ton calvaire, que ces types, cherchant à avoir ta peau, mettent la main sur toi et te descendent pour de bon. Sauf que lorsque cela arrive, lorsqu’ils te retrouvent, te menacent, prêts à en finir, tu fais ce que tu peux pour leur échapper, pour survivre. Encore. Encore un peu. Tu te rends compte que tu n’es pas encore prêt à expier ton dernier souffle. Comme la sensation que tu as encore des choses à vivre, sans trop savoir lesquelles.

Assis sur le trottoir, à peine protégé de la pluie par un bâtiment ressortant un peu sur la rue, partiellement trempé, tu réalises à quel point ta vie est devenue merdique. À quel point tu es tombé bas. Bien trop bas. Tu ne vivais certes pas dans le grand luxe, mais tu pouvais prétendre à un certain confort, des sorties, des conquêtes, de quoi profiter de chaque soirée entre deux combats. Sauf que toute cette vie là, tu lui as dit adieu lorsque tu as fui ton appartement, ce soir là. Lorsque tu as tout laissé derrière toi. Ton appartement, ta carte de crédit, tes possessions diverses, jusqu’à ta bagnole. Rien, plus rien que les fringues que tu as sur toi, que tu as pu troquer. Tu as une sale gueule, une apparence négligée, bien loin des simples traces de coups post-combat. Ta barbe est plus fournie, tes cheveux plus longs, ton air fatigué et ton corps plus maigre. À tes yeux, même, décharné. Ta carrure est encore visible, mais tu n’es plus le tas de muscles, la brute épaisse que tu as pu être, quelques mois auparavant, au sommet de ta réussite.

Tu soupires, tu te recroquevilles un peu plus sur toi même pour tenter d’échapper à la pluie. Tu rêves d’une cigarette, mais si tu sors l’unique trônant dans la poche de ton blouson de fortune, tu sais qu’elle sera foutue en l’air en deux deux, lorsque la pluie viendra s’en occuper, alors tu prends sur toi. Tu as le regard vide, perdu sur les passants que tu ne vois même plus. Qui ne te voit pas non plus. Sauf lui.
Celui qui s’arrête, en face de toi. Haute stature, barbe fournie, le genre de type qu’on a pas envie d’emmerder mais que toi, tu aurais provoqué sur le ring. Le genre de type que tu pouvais être. Chaque soir, il vérifie que tu es vivant, apparemment. Il t’alpague parfois d’une parole, te jette une pièce, t’accorde un regard inquisiteur. À croire que tu es devenu un phénomène de foire. Relevant tes prunelles azur vers lui, tu le fixes, l’air fermé, blasé. Tu peux sentir ton ventre gronder de faim. Deux jours que tu n’as rien avalé. Tu l’écoutes, lâchant un léger rire nerveux. « J’ai pas besoin de ta pitié, c’est bon, j'suis pas une oeuvre caritative à la con » Lâches-tu, bougon. « J’m’en sors très bien tout seul » Renchéris-tu, toujours aussi fermé, toujours aussi agressif. C’est plus simple de rejeter les autres, même prêts à t’aider, plutôt que de mettre de côté ta putain de fierté.


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MessageSujet: Re: Pity - Seth/Nero   Lun 14 Mai - 21:20
Tu proposes juste un vieux canapé défraîchi et un coin sécurisé pour la nuit.
Ouais, même avec toi dans les parages, ce sera sécurisé. Bordel, il pleut, la nuit a été longue, t’en as plein les baskets et t’es claqué ! Là, tout ce que tu veux, c’est t’allonger et dormir jusqu’à oublier le monde extérieur. Point barre, ça n’ira pas plus loin. Donc c’est pas toi qui iras emmerder ce pauvre bougre cette nuit.
Mais apparemment, c’est déjà trop pour Môsieur qui s’insurge, remballe ta pitié et t’envoie bouler avec une morgue que tu connais par cœur parce que c’était celle que tu avais adopté à l’armée, quand un pauvre idiot nouvellement arrivé te tendait la main. Tu mordais. Il regrettait vite son geste et toi, tu gardais ta réputation de monstre intacte.
Le bonhomme fait pareil, te rit même au visage comme si tu n’étais qu’un énième charlatan vendeur de rêves futiles. T’offres qu’un vieux canapé, c’est pas non plus le loto du siècle, mais ça lui semble déjà trop. Et tu devrais abandonner parce que t’as pas que ça à foutre bon sang ! T’as déjà assez de tes merdes à gérer sans te coltiner celles de ce pauvre con.

Sauf que plus tu vieillis, plus t’es têtu. Et con aussi. Tu t’améliores pas. C’est pas ce soir que tu vas faire un effort en ce sens non plus.
Tu bouges pas. Poteau de marbre bien décidé à l’emmerder jusqu’au bout, parce que –mais bordel enfin – c’est vraiment qu’un vieux canapé pourri !! Tu l’observes fixement. Toujours aussi taré sur les bords. Mais tu comptes pas repartir aussi facilement : tant pis pour lui.

- C’est juste un canapé, mec. Rien d’autre.


Tu sens qu’il va la ramener, il semble prêt à te mordre même s’il n’a que la peau sur les os mais t’en as rien à carrer : un canapé, deux coussins et le silence d’un appartement uniquement ponctué de tes grognements. Faut pas exagérer, c’est pas la fin du monde. Alors tu lèves la main comme pour l’empêcher de sortir une énième connerie qui finirait par t’agacer.
C’est jamais bon quand t’es agacé. Et mieux vaut que tu ne le sois pas ce soir.

- Joue pas à ta victime et remballe ton orgueil à deux balles. J’suis au 302 du Parking. Y a pas de piège, j’suis claqué, j’veux juste dormir et j’imagine que c’est pareil pour toi. Donc t’as le choix.


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MessageSujet: Re: Pity - Seth/Nero   Lun 14 Mai - 23:41
Bien sur que tu allais réagir comme un con, bien trop fier pour accepter la main tendue en ta direction. Ça a toujours été plus facile de te donner de grands airs, de jouer les caïds, surtout lorsque tu étais adolescent, déjà plus grand et plus bâti que bon nombre de jeunes de ton âge. Le type en face de toi n’a pas spécialement l’air agressif, malgré son apparence qui peut laisser présumer qu’il en a martyrisé plus d’un. À vrai dire, il te donne plutôt l’impression d’être épuisé, fatigué et surtout las de sa journée. Mais c’est plus fort que toi, tu le rejettes. Tu veux avoir le mérite de t’être relevé seul de tes cendres, sans l’aide de personne. « Oué oué c’est ça rentre chez toi et fous moi la paix » Lâches-tu, un peu cinglant, te retenant toutefois de l’envoyer se faire foutre, même si l’insulte te brule les lèvres. Tu as toujours eu un parler vulgaire et provoquant, comme une façon de fonctionner, de te protéger des agressions externes. Pas sur que la technique ait réellement marché, mais tu es resté le même, une bête sauvage, rustre et violente.

Tu le regardes s’éloigner alors que tu relèves machinalement le col de ton blouson de fortune, un vieux bombers kaki retrouvé par hasard à la sortie d’une boîte de nuit, un petit con qui avait dû l’oublier là. Pourtant, ce blouson, il ne te protège pas spécialement de la pluie. Non, il est bien loin d’être imperméable et tu commences à être sévèrement trempé. Tu te relèves, tu t’assures que le mec s’est barré. Tu récupères la poche plastique t’accompagnant partout, contenant juste quelques affaires de rechanges, trois fois rien, avant de remonter un peu la rue, en passant devant le Parking, accordant un bref regard à l’immeuble de briques. Tu sais que tu dois trouver un endroit où t’abriter. « Bordel de merde » Persifles-tu alors que tu tentes de te faire tout petit dans ton blouson, prenant une nouvelle bourrasque de vente, gorgée de pluie, dans la tronche. Tu fermes les yeux pour les rouvrir ensuite, immobile, complètement trempé. Un long soupir t’échappe, c’est définitivement la merde, ce soir, bien plus que d’ordinaire. Tu fais un pas supplémentaire, puis un deuxième, jusqu’à passé l’entrée d’une petite ruelle où, à l’autre bout, tu avises une silhouette qui se dirige vers toi. Plissant les yeux pour tenter d’y voir quelque chose au milieu de toute cette pluie, tu te figes. Ta paranoïa te pousse à croire que les types qui veulent ta peau t’ont retrouvé. Tu fais demi-tour et instinctivement, et rapidement, d’un pas pressé, tu te diriges vers le Parking, pénétrant dans le hall dont la porte n’est pas verrouillée.

Tu reprends ton souffle, calme les battements de ton cœur alors que tu passes machinalement une main dans tes cheveux. Tu observes autour de toi, le hall aux quelques tag, tentative de peinture refaite déjà gâchée par des inscriptions diverses. Ce n’est pas spécialement sale, sans être engageant non plus. Pendant un instant, tu te demandes si tu ne pourras pas crécher ici, juste pour la nuit, dans un coin. Mais ta paranoïa te rappelle à l’ordre, tu ne sais pas qui vit ici, qui est susceptible de te balancer pour quelques billets et la perspective de finir égorger pendant ton sommeil ne t’enchante guère…
Tu secoues la tête, résigné. Tu n’as pas envie de céder à la proposition de ce type. Pourtant, ça te ferait presque bander de songer à un canapé au chaud, une couverture et un coussin. La tranquillité, au sec et à la chaleur, juste pour une nuit. Tu t’agites, luttant contre toi même, contre ton ego, avant de finalement prendre les escaliers pour gagner le troisième étage. Tu constates, agréablement, que malgré ta faiblesse physique, tu n’as pas trop perdu de ton endurance, lorsque parvenu au troisième étage, tu n’es pratiquement pas essoufflé. Tu fais quelques pas dans le couloir, un peu sur la réserve, cherchant le numéro 302.

Arrivé devant la porte, tu t’immobilises, levant le poing prêt à cogner contre le bois abîmé de la porte. Tu pinces les lèvres, tu luttes, là encore, contre ton envie de faire demi-tour, pestant entre tes lèvres « Et merde » Lâches-tu dans ta barbe, contre ta propre fierté alors que déjà, machinalement, tu cognes trois fois. Le grand barbu vient ouvrir la porte, apparemment un peu surpris de te voir là, rangeant pour la soirée ton ego au placard. « Fait’ vraiment un temps de merde » Lâches-tu, sans trop te dévoiler, bien qu’affichant clairement que tu acceptes sa proposition. Ton regard fuit le sien, te sentant bougrement vulnérable. « J’suis trempé par contre, j’voudrais pas tout saloper » Parce que tu es forcé d’admettre que sa proposition inespérée, elle tombe à pic. Tu as beau être généralement un salopard, ce soir, tu es prêts à faire profil bas, juste pour la perspective d’une accalmie confortable au milieu de ta vie de merde.


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MessageSujet: Re: Pity - Seth/Nero   Mar 15 Mai - 20:11
Pour lui foutre la paix, tu vas la lui foutre !
Tu savais pas que ton canap puait au point que tout le quartier le sache et que ce connard préfère la rue poisseuse à un coussin de chez toi ! Mais tant pis, ça t’apprendra à jouer au con, à croire que tu pouvais tendre la main sans qu’on te la renvoie dans la gueule. T’as aidé Coalman, il t’a craché au visage. T’aides ce type – sans contrepartie en plus ! – et il t’envoie bouler comme si tu puais les emmerdes. T'as une sale gueule, autant l’avouer, mais t’es pas le genre à cogner du SDF ou te défouler sur un inconnu. Pas comme ça. T’as tes limites. Ca, ce serait…. Nul. Pathétique.
T’as eu ta dose de pathétique dernièrement, alors tu finis par hausser les épaules, l’air tranquille et serein de celui qui aura un lit pour dormir ce soir, et tu tournes les talons. Tu vas pas non plus lui filer du fric pour qu’il te suive ! Déjà que t’as pas grand-chose…

C’est en solitaire que tu rentres, comme d’habitude. En solitaire que tu vas ouvrir ton frigo pour en sortir une bière. En solitaire que tu la bois, sans même en savourer le goût : toute cette flotte dehors t’a délavé, t’es vidé. T’es claqué aussi d’être revenu ici alors que demain, tu en repartiras et que rien, absolument rien, n’aura changé entre temps. T’auras dormi. Point barre. Ta vie est une ligne qui ne s’arrête que lorsque tu es au Pussybox. A ce moment-là, elle sursaute légèrement, affiche un semblant d’intérêt et commence lentement à prendre forme, avant d’en revenir au plat intersidéral dès que tu fous les pieds en-dehors de l’établissement.
C’est pas fatiguant comme vie. Même pas déprimant.
C’est pas une vie, tout court.

La bière dans ta main, tu retournes zoner sur le canapé. Sur ce foutu canapé dont personne ne veut mais qui, mine de rien, est assez confortable ! Toi en tout cas, tu l’apprécies, tu craches pas sur ce luxe dont tu as dû te passer pendant huit années. La bière descend lentement. Tu te vides des énergies négatives de cette soirée, de ton malaise et de cette envie de rien…. Là, ça part dans le sol, t’évacues en attendant d’avoir suffisamment sommeil pour t’endormir comme une masse. Robot en attente de l’extinction des feux.

On frappe. Tu ronchonnes. Putain de merde, c’est pas une heure pour venir t’emmerder. Il va t’entendre, l’ignoble petit fils de pute qui a cru un jour pouvoir te déranger, et…
Ah. C’est lui. Sa sale tronche est facile à reconnaître. Tu hausses un sourcil, l’air de demander pourquoi il est là, mais sa voix te calme aussitôt. Il ronge son frein, il rumine sa haine du monde et toi, tu connais ça par cœur alors tu te retires, lui laissant le passage vers ton appartement pendant que tu retournes chercher une autre bière.
- Tu salopes rien, c’est déjà salopé.
Et si Monsieur Propre vient ronchonner, tu lui apprendras comment nettoyer les tâches de sol sur la moquette.
- Tu t’assois là.
Tu désignes le canapé comme s’il était trop con pour avoir compris, et te rends à la cuisine – l’espace cuisine, pardon – pour ouvrir le frigo.
- J’ai que des bières blondes alors tu fais pas chier.
S’il te réclame autre chose, tu lui feras vite comprendre que c’est pas la pitié qui t’anime.
C’est la connerie.


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MessageSujet: Re: Pity - Seth/Nero   Dim 20 Mai - 11:51
C’est particulièrement éprouvant pour toi de mettre ta légendaire fierté de côté. D’accepter de baisser les yeux, de te sentir à la merci d’un autre. D’ordinaire, tu es le lion dominant, celui qui rugit, trop fort, qui s’impose, qu’on ne peut pas louper, où qu’il soit. Pas seulement parce que tu jouis d’un certain charisme naturel, non, c’est plutôt ta grande gueule qui te fait repérer. Celle là même qui a participé à ta perte, trop fier pour perdre. Trop fier pour laisser l’argent, après lequel tu cours depuis toujours, te dicter ta conduite. À croire qu’il te reste un peu de dignité, encore, pour ne pas accepter d’être payé pour un truc que tu juges dégradant pour ta réputation. Mais ce même truc a causé ta perte. Le roi des combats de rue, tombé de son trône, descendu de son piédestal au point d’en être réduit à n’être plus qu’un vagabond. Un parasite de plus dans la grande ville de New York.

Les yeux baissés un instant vers les pieds du type bourru qui t’ouvre la porte, tu serres les dents, prêt à accuser le revers de la médaille, alors que tu l’as envoyé chier. Alors que tu te jugeais au dessus de lui pour accepter son aide et sa proposition. Toi qui vient finalement frapper à sa porte avec une tronche de chien battu. Mais tandis que tu avoues que oui, tu es trempé et plus largement en sale état, implicitement, ton interlocuteur n’en fait rien. À vrai dire, il ne relève même pas, détendant immédiatement l’atmosphère alors qu’il t’ouvre un passage pour que tu pénètres chez lui. Chose que tu fais, presque intimidé.
Tu refermes derrière toi et fais quelques pas dans l’appartement. Petit, modeste, mais bien plus luxueux que la rue que tu côtoies depuis quelques mois. Ta vie te manque, mais en acceptant l’idée de dormir ici, au moins pour cette nuit, tu sembles communier un peu avec ton passé bien plus reluisant.

T’approchant du canapé, tu déposes juste à côté ton sac plastique rempli de deux trois affaires, avant de retirer ton blouson. Tu es assez mal à l’aise parce que toi, l’adepte des deux à trois douches par jour te retrouves à n’en prendre plus qu’une tous les… Disons que la dernière remonte à la semaine précédente, chose qui te met relativement mal à l’aise. Tu détestes te sentir sale, comme ça, même si ton hygiène n’a pas été ta préoccupation principale, disons que ça t’emmerde. Tu as toujours pris plus ou moins soin de toi, malgré ta sale gueule cassée de boxeurs et ton style de caïd du coin. Enfin, cette version de toi te semble un peu lointaine, désormais.

Tu te fais petit, alors que sans rien dire, acquiesçant d’un signe de tête, tu prends place sur le canapé lorsqu’il te l’indique. Tu ne pensais pas apprécier un jour autant d’être dans un appartement de cet immeuble trou à rat, mais le fait est que putain, rien que songer à une nuit au chaud, ça te fait limite bander. Ridicule. Pour dire à quel point tu es tombé bas. « J’suis pas difficile » Lâches –tu en guise de réponse lorsqu’il évoque les bières. Tu n’as jamais été difficile en ce qui concerne la nourriture et l’alcool. Surtout l’alcool. D’autant plus depuis que tes repas sont douloureusement espacés et que la perspective d’une bière bon marché te semble aussi attrayante qu’un vieux scotch bien trop cher. Le type revient s’asseoir à côté de toi et te tend ta bière que tu décapsules de tes dents. Un de tes talents à la con, d’ailleurs, tandis que tu poses la capsule sur la table basse, devant toi. Un léger silence s’installe. « Merci mec, au fait, de toute façon je serai parti demain matin t’en fais pas, j’suis pas un squatteur » Ne pas gêner, ne pas faire chier. Et plus largement, ne pas profiter d’un confort qui sera trop vite avorté. Le rassurer aussi, que tu n’es pas là pour foutre le bordel dans sa vie, tu en as déjà assez dans la tienne. « Sinon moi c’est Seth, si ça peut t’interesser » Sarcasmes habituels.


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