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MessageSujet: (AMBROSE) ERASE ME   Sam 5 Mai - 3:21
piero + ambrose

3h30 du matin. Soit une demi heure que l'alarme de la salle aurait déjà dû être enclenchée et le volet baissé jusqu'au lendemain. S'il y a une chose dont Piero est certain, c'est que les derniers retardataires se jouent une fois de plus de son caractère un peu trop conciliant pour en profiter et prendre leur temps dans les vestiaires mais il se voit mal, le gamin, débarquer au milieu des corps nus perdus sous la douche pour les mettre dehors. La vérité, c'est qu'il est même pas assez pressé de rentrer chez lui pour trouver le courage de chasser tout le monde du gymnase. Qu'il rentre à n'importe quelle heure de la nuit, sa console l'attendra toujours et ne lui reprochera jamais d'avoir lambiné sur le chemin du retour. Il y avait bien Précieuse mais il ne se faisait pas trop de soucis pour sa princesse qui devait être en train de faire la sieste en attendant sagement qu'il rentre. Dans sa patience légendaire, il entreprend même de ranger le matériel que les combattants ont laissé dans leur sillage sans prendre la peine de le remettre à sa place, bien conscient qu'il y aurait toujours quelqu'un pour passer derrière eux dans ce capharnaüm.


Une grimace agacée tire les traits du môme lorsqu'il franchit enfin la porte de sortie et que celle-ci s'ouvre sur une pluie battante qui détrempe le béton du Bronx avec acharnement. Pas la petite averse dont on peut attendre qu'elle passe tranquillement à l'abri d'un toit, non, ce genre de déluge qui te glace jusqu'aux os. C'est bien sa veine à Piero, que la météo décide de la lui faire à l'envers pile le jour où il a décidé que c'était une bonne idée d'enfiler le sweatshirt le moins imperméable de sa garde-robe et ses vieilles chaussures de sport trouées. Exaspéré, le rasé enfonce ses écouteurs dans ses oreilles et rabat sa capuche sur son crâne en serrant les cordons au maximum pour affronter du mieux qu'il peut cette pluie diluvienne. Quelques étirements plus tard, le voilà en train de dévaler les rues du Bronx au petit trot. On pourrait presque le croire assez timbré pour se taper un footing nocturne dans cet environnement hostile mais la vérité, c'est qu'il court uniquement pour avaler plus vite la distance qui le sépare du Parking. Pour avoir grandi à deux rues de là, le môme sait qu'il se trouve dans un des quartiers les plus à risques du Bronx et l'idée de s'y promener les mains dans les poches à la merci du premier venu ne l'emballe pas trop.

Le regard rivé sur sa montre connecté, le gamin est plus occupé à surveiller sa fréquence cardiaque que les feux rouges qu'il pourrait croiser sur sa route lorsque sa course est arrêtée par un bruit de klaxon ininterrompu un peu trop proche pour être ignoré. Ebloui par les phares du véhicule qui était à deux doigts de le faucher, Piero relève la tête de son gadget, la main en visière devant ses yeux pour les protéger de cette agression lumineuse. Au volant de cette jeep qu'il reconnaît pour l'avoir aperçu rangée sur le parking du Coliseum il y a moins de dix minutes, celui que toute la salle surnomme "l'Irlandais" par soucis de facilité, faute de pouvoir prononcer son nom aux consonances un peu trop gaéliques pour le commun des mortels. D'un geste lent, le jeune enlève sa capuche pour permettre au combattant de l'identifier à son tour. C'est que la plupart des types du coin se promènent avec un flingue planqué dans leur boîte à gants et il a pas franchement envie d'être confondu avec l'un de ces délinquants qui erre la nuit, le visage couvert et dont les intentions ne sont pas toujours des plus reluisantes. D'un pas assuré, il s'avance vers la fenêtre passager pour s'excuser d'un signe de la main et se retrouve bien malin une fois que la vitre s'abaisse. Désolé, c'est de ma faute, j'étais ailleurs. Même si à en juger par l'odeur de gomme brûlée qui indique clairement que son interlocuteur ne devait pas respecter les cinquante kilomètres heure requis, l'infraction est plutôt partagée. Je suis pas responsable pour l'excès de vitesse par contre. Qu'il ajoute avec un sourire complice. Ce gars-là, il vient rarement au club pour discuter, il connaît rien de lui en dehors du shake protéiné qu'il boit ou du poids qu'il soulève en développé-couché. Il ignore s'il peut se permettre ce genre de réflexion familière mais il décide de tenter le coup quand même. Dans le pire des cas, il le rembarrera comme il faut avant de continuer sa route.




NATURAL BLUES
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MessageSujet: Re: (AMBROSE) ERASE ME   Ven 11 Mai - 0:22


piero & ambrose


Il a pris cette fâcheuse manie de boire au volant lorsqu'il n'a pas à rentrer chez lui plus tôt que prévu pour retrouver son trésor de sept ans. Au cœur de la nuit et d'une ville qui s'endort maladroitement sans jamais vraiment fermer les yeux, Ambrose plonge son regard sur son téléphone où il répond à un dernier message avant de le balancer sur sa banquette arrière alors que celui-ci se met à vibrer. Alabama et sa nouvelle lubie de ne pas répondre à ses messages, de ne pas lui accorder un seul mot si ce n'est des informations sur leur fille lorsqu'elle remonte quelques étages pour la déposer dans son salon. Là, le chien loup fait toujours en sortes de l'accueillir alors que la gamine court dans les bras de son père. Il se surprend à se préférer chez lui avec sa fille que dans sa bagnole à picoler sa fiole comme un alcoolique qu'il n'est même pas. Ambrose roule un peu vite aussi, juste pour l'image, l'accord parfait : de la provocation dans toute sa splendeur. Même à soixante-dix ans il restera le même vieux con, c'est inscrit dans ses gênes ; il est né vieux con. Détaché, peu préoccupé par les feux rouges qu'il grille, sous une pluie épaisse comme le poing, l'irlandais fronce les sourcils et freine brutalement en apercevant une silhouette à quelques mètres de sa voiture. Une insulte quitte sa bouche, instinctive, trop violente pour être parfaitement retenue.

Il lui faut un moment avant de reconnaître le gamin. Le brun sait qu'il l'a vu, croisé quelques fois mais où ? Ce n'est qu'en ouvrant sa vitre qu'il fait le lien jusqu'à la salle. Ce doit être parce que c'est lui et qu'il est jeune qu'Ambrose reste calme. Son regard froid se pose sur l'insolent qui fait une remarque sur la vitesse à laquelle il roulait. L'haleine chargée par l'alcool, sa main se referme sur le volant, puissante. Ça t'arrive de regarder quand tu traverses ? Le genre de connerie qu'il aurait pu dire à ses propres gosses, le genre de phrases qui le catégorise comme le sale con de père qui sait tout. Bizarrement, ça ne le dérange pas parce que c'est justement grâce à cette attitude qu'il a su éviter quelques conneries de ses grands. Mais c'est aussi celle la qui l'a empêché de voir la détresse de son avant dernier. Toutes choses possèdent son revers de la médaille, c'est écrit en chaque élément qui compose l'univers. Tout ne peut pas être complètement noir ou bien complètement blanc. Si je t'avais tamponné, j'étais bon pour finir au garage. Sa jeep n'est pas bien neuve mais ça n'en reste pas moins un petit bijou pratique. Discrètement, il se penche vers la boite à gants pour plonger sa fiole à l'intérieur et donner un coup de menton en direction du gamin. Allez, monte, j'te ramène. Qu'importe où il désire se rendre, il a habitude, Ambrose connaît les rues du Bronx les yeux fermés. Son regard laisse entendre que l'autre n'a pas le choix. Son silence parle pour lui.

Une fois installé à ses côtés, l'irlandais remonte sa vitre, attrape son paquet de clope et le tend au gosse. Ce n'est pas le sien, lui donner des vices ne le gêne pas plus que ça alors qu'il ne supporterait pas qu'un type apprenne à fumer aux siens. Je te conduis où ? Il baisse la musique pour laisser place au son de sa voix, grave et calme tandis qu'il redémarre déjà, plus lentement cette fois. Tu bosses à la salle, c'est ça, hm ? A moins qu'il se trompe, que la gnôle lui fasse tourner la tête mais il en faut plus à Ambrose pour être saoul. C'est un cheval solide, sur lequel il vaut mieux miser.





a woman is more dangerous than a loaded pistol.


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me a killer


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MessageSujet: Re: (AMBROSE) ERASE ME   Mer 23 Mai - 1:10
piero + ambrose

S'il n'était pas en train de lui pleuvoir des trombes d'eau sur la tête, certainement que la vigilance anormalement poussée de Piero lui aurait intimé de refuser l'invitation de l'Irlandais et de continuer sa route à pied sans se retourner. Mais c'est qu'à force de le voir se défouler sur les sacs de frappe presque chaque soir de la semaine, le visage du brun lui est bien trop familier pour qu'il l'associe à celui d'un inconnu dont il faut absolument se méfier des intentions. Il ne lui en faut pas plus pour monter à bord du monstre d'acier et s'installer aux côtés de son conducteur. D'un signe négatif de la tête, le môme décline poliment la cigarette que lui propose le plus âgé, guidé par cet instinct de survie extrême qui le pousse à fuir toute forme d'addiction aussi normalisée soit-elle, et tant pis s'il doit encourir le risque de passer une fois de plus pour le gamin qui se pense trop parfait pour la crasse et le vice du Bronx. Il se rassure en se disant que de toute façon, il doit certainement en falloir plus qu'un ado qui crapote pour jouer les gros durs pour en mettre plein la vue d'un homme de sa trempe. Au même endroit que vous je pense. Vous vivez au Parking, non ?  Piero ne fait pas spécialement attention aux visages qui défilent à longueur de journée devant la fenêtre de son appartement donnant sur la rue. Par contre, il ne loupe pas un seul quadrupède, surtout que Précieuse est toujours là pour jouer les radars et se précipiter sur la vitre pour y laisser ses traces de pattes au moindre passage d'un poilu. C'est alors tout naturellement que le regard du rasé se relève généralement sur l'humain qui se trouve en bout de laisse. Je suis au rez-de-chaussée, je vous ai vu passer quelques fois avec votre chien. Un Saarloos, hein ? J'en avais jamais vu en vrai, il est magnifique. Si sa loquacité subite est le symptôme le plus flagrant de sa nervosité, orienter la conversation sur un sujet avec lequel il est à l'aise lui permet de se sentir un peu plus en confiance. Ca passera sans doute pour une simple tentative d'amorcer la discussion pour ne pas jeter de blanc mais il le pense vraiment, le gamin, que son chien arrive juste après Précieuse dans son palmarès très objectif des plus beaux clébards de l'immeuble.  

La question de l'Irlandais lui décroche un sourire. C'est que ça lui fait plaisir, mine de rien, qu'on remarque assez sa présence pour se souvenir de sa trombine. On peut dire ça. Je dois avouer que j'ai surtout l'impression d'être un punching ball de plus dans la salle, la plupart du temps. Le rire qui accompagne ses mots indique clairement qu'il ne s'agit pas là d'une lamentation. S'il est évident qu'Ambrose a su se démarquer du lot et acquérir un certain respect de la part de ses congénères, Piero est certain qu'il sait comment les choses se déroulent pour chaque nouveau venu se retrouvant jeté dans la fosse aux lions sans qu'il n'ait à lui faire un dessin. C'est un peu comme une sorte de baptême du feu, un rituel obligatoire afin de décider si les élus de Mike ont les nerfs assez solides pour intégrer cette grande famille qu'est le Colyseum ou non. Bien sûr que ça l'a angoissé un peu à son arrivée de finir catégorisé comme le bouc émissaire officiel du club mais il a vite compris que même si certains se montraient vraiment persuasifs dans leur intimidation, ça en resterait là s'il ne cherchait pas à déséquilibrer l'idée que les anciens se faisaient de la hiérarchie. Brièvement, les yeux du gamin s'attardent sur le visage du plus âgé et y distingue quelques belles balafres en voie de cicatrisation. Pas vraiment de celles qu'on écope en séance d'entraînement, selon lui. Vous combattez toujours ? Il étrangle de justesse un à votre âge déplacé. A force de côtoyer ses aînés plus que les gens de sa propre génération, il sait comme ils peuvent se montrer vite offensés quand ça en vient aux années au compteur. Puis autant, il est même pas si vieux que ça. C'est que Piero a toujours été une brêle pour estimer la maturité physique.




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