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MessageSujet: PARAIT QU'ON EST DES PIONS QU'ON SE FRACASSE CONTRE DES CROIX. (ART)   Sam 28 Avr - 12:02
Il avait pas trop mal commencé. N’pas toucher à la came qu’on vend, c’était l’deal et ce vieux branleur de Vesperi comptait bien respecter le marché — pour un temps du moins. Le temps de grappiller de quoi se remplumer, payer l’kebab et le loyer. Il compte pas son oseille dans la rue Loup ; il fait quand même un peu gaffe à son pactole. Mais il a la gueule du bienheureux, du mec qui enfin peut cesser de se payer du gel douche sur le dos des autres. Pouvoir s’vautrer dans son propre pieu, c’est l’pied pour l’expatrié italien. Loup n’a que son plumard en tête, quand il rentre de sa nuit trop lente, trop longue, sur le coup de cinq ou six heures, sa vieille graille réchauffée dans une boîte en plastique orange. Ça pue la frite en attente, et l’estomac de sa carcasse ravagée crie famine. Au loin y’a le Parking, cette pute qui se grandit et s’étire dans l’air pollué du matin. Elle a pas du beaucoup dormir encore cette nuit, elle laisse sa porte ouverte à tous les couche tôt, les couche tard et les couche jamais. Elle laisse n’importe qui entrer, à toute heure d’la nuit. Elle les laisse crier dans le hall d’entrée, pénétrer sa miteuse cage d’escalier. Le Parking est une pute qui fait son affaire chaque nuit et avale le fric de ses occupants le jour venu. Il éclate un molard sur le trottoir. Il a le goût du sang et d’la coke, se perdant dans une toux bruyante de fumeur condamné. Entre deux poteau il fait craquer sa Marlboro, poussant le vice jusqu’à choper une frite dans le paquet et continuer son chemin de somnambule. Et puis y’a le passage piéton, les strilles blanches de la prison des rues. Il s’arrête parce que c’est rouge, alors que l’mec d’en face fait de même. Puis comme la politesse n’est pas de mise, les deux crevards traversent sans le bruit d’une bagnole à l’horizon. Au milieu d’la chaussée, chacun relève la tête — parce qu’c’est de mise de jauger ses voisins, de voir qui traine dans le quartier aux aurores. Dealeur d’aujourd’hui, d’hier ou de demain, le passage piéton crisse sous les baskets de Loup qui change de direction. Il prend la tangente et s’casse sur le macadam, la route déserte où chauffe encore les crissements de pneus d’la nuit.
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MessageSujet: Re: PARAIT QU'ON EST DES PIONS QU'ON SE FRACASSE CONTRE DES CROIX. (ART)   Lun 7 Mai - 23:45
Encore une nuit où il erre sans savoir où aller, sans vraiment savoir s’il s’en préoccupe, un coin où il pourrait dealer quelques minutes avant de courir loin du regard des flics, un coin où il pourrait même se poser deux minutes, s’allonger sur le bois d’un banc, regarder comme un rêveur né les étoiles cachées et imaginer un monde parallèle, où il serait chanteur ou poète, où il n’aurait pas honte de ses écrits, où il serait plus qu’en vie, le corps vierge de toutes traces de violence. La nuit c’est poétique. Dangereuse et hostile, belle et silencieuse si on lève les yeux. Certainement pour cela, qu’Art erre comme un chat entre les trottoirs, les routes, à chercher des endroits secrets, un immeuble abandonné qu’il pourrait grimper, un chantier, un parc d’attraction désaffecté, une rivière devant une usine. Voir un peu ce qu’est la mort urbaine, dormeuse, si ça lui inspire quelques vers. Toujours quelques papiers déchirés dans ses poches, un crayon, un sachet de cocaïne qu’il frôle en un frisson. Le danger dans les poches, le sachet lâche, la poudre sur les doigts, un frottement de nez et il pourrait partir comme ça. Faudrait qu’il fasse comme Al. Qu’il l’a cache dans des endroits, qu’il la sorte comme un tour de magie, vendeur de sorcellerie. Il foule les trottoirs en regardant ses pieds, shootant dans quelques cannettes, l’impression d’avoir des odeurs de cigarettes à force d’aimer trop fort la présence d’Al à ses côtés. Il marche, tourne au coin d’une rue, les recoins du Bronx comme infinis, à croire qu’il part en exploration pour se faire sa propre carte au trésor. Sur une île sans or. Le feu est rouge devant lui, aucune voiture n’est à l’horizon mais comme un miroir pour la silhouette de l’autre côté du rivage, un simple reflet, il attend, droit comme les lampadaires environnants, les mains dans les poches. Puis sans attendre le feu vert, ils traversent ensemble dans une entente nocturne, une synchronisation silencieuse. L’homme ne lève pas le regard, Art si, l’observe une seconde dans le noir. Assez pour se souvenir de lui. Il continue sa marche réfléchit à cette mâchoire, ces cheveux noirs, cette clope et cette attitude familière, pas assez souvent revue pour que ça lui frappe aussitôt. Alors quand il se retourne pour le voir encore, l’homme tourne déjà dans une rue, et le route se fait encore piétiné par deux pieds qui trottinent, Art qui part à la recherche de l’inconnu reconnu dans cette pénombre éclairée de lampadaires symétriques. Le voilà son trésor du soir. Il le reconnait de dos avec ce sachet en plastique dans la main droite, la même cigarette dans la gauche, la fumée qu’il voit partir dans l’air et il le rattrape peut-être trop bruyamment, l’autre se retourne et d’un geste innocent, Art lève les mains démunies d’armes, vient sans déclaration de guerre, pas l’envie de saigner cette nuit. « Eh ! », qu’il l’interpelle avant d’arriver à sa hauteur, l’inconnu qui reprend sa course et Art le bloque comme un poteau devant lui, « tu me reconnais ? » qu’il demande gentiment, le regard éclairé par la lune, les airs d’un gamin naïf. Il a presque le sourire bienveillant. « Parce que tu me dois de l’argent », la voix comme changée, le regard aussi, ce n’est plus le même gosse, le flingue qu’il pointe contre le ventre du voleur d’un geste silencieux et caché par la nuit. Bonhomme à double facette qui ne se laisse plus faire par les ombres nocturnes.


embrasse-moi comme tes cigarettes
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MessageSujet: Re: PARAIT QU'ON EST DES PIONS QU'ON SE FRACASSE CONTRE DES CROIX. (ART)   Dim 3 Juin - 15:57
Il n’a pas eu l’temps de s’faire la belle que déjà le gamin de l’été dernier lui tombe dessus. Il l’aurait prédit mais il n’voulait pas parier. Haut les mains, battent les coeurs. Ça sent l’embrouille en plus de la graille. Loup se prend son vieux dealeur en pleine face comme on prend le poteau d’un sens interdit. La route est barrée. Les flics sont absents — heureusement. Mais ce faiseur de justice, cet avaleur de pognon vient réclamer son dû. Créancier en soif d’argent, il traque la dette de l’italien. Ça lui revient. Entre les brumes de sa clope qu’il lâche quand le canon du flingue lui vrille le ventre. C’était pas prévu putain. Il avait juste à rentrer bouffer, s’avaler un rail dans le nez et se vautrer pour le reste de la journée. Comater comme un alpha blessé. Loup a le coeur mal accroché. Ses doigts se perdent dans sa poche en quête d’une putain de pièce à donner à ce clochard de la drogue. Y’a rien de plus dans ses poches que des filtres usagés, poussiéreux et son éternel paquet de cigarette encore inconsummées. « T’es qui ? » demande l’italien. Parce qu’il n’a que ça comme carte à jouer. Celle du vaurien qui perd la mémoire quand le temps trépasse. T’es qui petit merdeux, pourquoi tu m’as pas oublié comme le reste de ta communauté ? Le ton n’a rien d’agressif, Loup revient sur le mode passif. Il fait celui qui n’a jamais été là, qui ne sait pas. « Désolé j’remets pas. » Il mime un signe étonné, ses sourcils se haussent, parce qu’il ne préfère pas bouger, pas esquisser le moindre geste un peu trop brusque qui pourrait faire péter la détente qui pointe contre son ventre de vieux débris affamé. Crache ta condition, crache ton mécontentement. Il attend que la sentence résonne, celle des condamnées qui ne peuvent même pas filer une pièce à Charon pour traverser l’fleuve des enfers.
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MessageSujet: Re: PARAIT QU'ON EST DES PIONS QU'ON SE FRACASSE CONTRE DES CROIX. (ART)   
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