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MessageSujet: PIERO + mourir mais pas trop.   Jeu 26 Avr - 18:34

Pouvez-vous affronter le monde avec vos poings levés, et avancer, sans peur ? Tout tourne autour de cela. Avance. Retrait. Faiblesse. Force. Si vous en êtes capable, alors vous en êtes digne. Sinon, non. A un certain stade, nous devons tous répondre à cela. A un certain stade, nous devons tous affronter cela. En suis-je capable ? En suis-je digne ?



Il y a des parasites dans son cerveau depuis le début de l'après-midi. Ils lui bouffent les pensées, la tête, le cœur, descendent dans ses poumons, dans ses muscles, font revenir de mauvais souvenirs qui lui grignotent la raison. Chad se débat depuis des heures contre cette violence interne. Des frissons le prennent aux tripes parfois, c'est douloureux et ça le rendrait presque violent. Il se sent à la dérive plus que jamais alors que la tombe d'Eros grésille son esprit. Le souffle coupé, il n'a pas trouvé la force de rentrer à l'appartement pour le trouver vide de la présence d'Isaak. Manger seul, se laver seul, regarder la télé seul. Seul, un mot qui lui retourne le bide alors que l'homme qui lui sert de compagnon traîne au milieu d'une débauche malsaine et du foutre provenant d'autres corps que le sien. Il n'a même pas essayé de l'appeler ou de lui envoyer un message ce soir parce qu'il rentre dans cette phase de paranoïa et de possessivité malsaine qui pourrait le mener à être mauvais. Et mauvais, il refuse de l'être avec lui.

Son calme n'est plus le même, il le trouve fébrile, aussi fragile que du cristal alors qu'il se dirige vers la salle de sport au cœur d'une soirée plongée dans la solitude. Sa carcasse se traîne mollement jusqu'aux vestiaires où il prend le temps de se changer, de troquer son jean contre un short de sport moulant qu'il n'avait plus enfilé depuis des mois à cause du chauffage qui ne fonctionnait pas et de la température ambiante de la salle. Torse et pieds nus, son regard caresse les dernières personnes encore présentent qui le saluent avant de quitter les lieux. D'habitude, l'animal aurait pris le temps de sourire, de se perdre dans une énième discussion mais ce soir, il s'est enfermé dans une bulle où plus rien ne fonctionne. L'envie de se fondre dans le monde n'est pas là alors que, guidé par les pulsations de son cœur, le colosse commence quelques entraînements. Plongé dans l'obscurité, sous les néons qui grillent chaque semaine sans que personne ne prenne le temps de les changer, son imposante ossature s'approche des machines.

Un voile de transpiration recouvre sa peau alors que Chad croise son reflet dans l'imposant miroir qui lui fait face. Ce doit être à ce moment exact, en se plongeant dans son propre regard que quelque chose s'est cassé la figure. Il ne saurait dire exactement quoi mais il y a cette chose, là, tu sais, qui se casse la figure. Une case qui provoque un court circuit dans tout le reste de son organisme. Les pupilles défoncés par un joint qu'il s'est fumé avant de venir dans l'espoir de se calmer, sa respiration saccadée brise le silence tandis qu'il sent une tension le submerger. Il ne  pourrait la définir,  identifier la colère ou bien le chagrin, à moins que ce ne soit les deux.
Tout se superpose.
Les traumatismes psychologiques des derniers mois le prennent à la gorge, l'empêchent de déglutir correctement.
Sans compter son reflet qui le fixe, qui le nargue, qui le pousse à cette haine de lui-même. Celle qu'il ressentait avant de rencontrer Isaak et qui revient au galop avec une portée encore plus puissante sur lui. Il a sensation de s'empoisonner.

Autour de lui, Chad ne perçoit plus rien. Il a la sensation d'être enfermé dans son propre corps, que celui-ci est soudainement si petit qu'il lui contracte l'âme au point de l'empêcher de respirer ou de penser. Ses cordes vocales s'étirent dans le silence alors qu'il lâche un cri de colère, un long râle pour exprimer toute la douleur qui le prend de part en part et que personne n'écoute jamais. Les poids qu'il tient entre les doigts lui paraissent soudainement une arme capable de l'aider à extérioriser ce surplus de lui-même. Il se déteste, ô diable qu'il ne se supporte pas.

Dans un élan de férocité, le géant se recule d'un pas avant de balancer ce qu'il a entre les mains dans le miroir et de le voir exploser sous le choc. Le bruit de la glace qui s'échoue au sol lui vrille les tympans mais ne suffit pas à le calmer. Face à un autre reflet de lui-même, Chad décide de l'achever d'un violent coup de poing qui lui perfore le bras alors que ses pieds subissent le même sort. Trop loin de lui-même, la bête ne prend pas conscience du mal physique qui le ronge. Il n'y a que la douleur psychologique pour prendre le dessus, le terrasser au point de lui faire perdre les pédales.
Qu'est-ce que tu vas foutre, Chad, quand tous ceux qui avaient confiance en toi se rendront compte que tu t'es contenté de ruiner leur salle parce que t'es plus fichu d'encaisser ?



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MessageSujet: Re: PIERO + mourir mais pas trop.   Sam 28 Avr - 4:03


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Ce n'est qu'après avoir salué les les derniers oiseaux de nuit venu suer une dernière fois avant d'aller se coucher que Piero s'autorise à disparaître brièvement dans l'arrière-pièce de la salle de sport où se trouve le coin cuisine laissé à la disposition des abonnés pour préparer leurs boissons protéinées et autres mixtures énergétiques en tout genre. L'idée initiale, c'était de prétexter se coller à la plonge pour pouvoir grappiller quelques minutes à traîner sur son portable sans passer pour un glandeur, sauf que la montagne de vaisselle sale qui s'amoncelle dans l'évier lui rappelle bien vite qu'il évolue dans un milieu essentiellement masculin et qu'il ne pourra pas se contenter de faire semblant cette fois. A croire qu'ils en étaient tous venus à la déduction que leur merde se nettoyait et se rangeait toute seule dans les placards comme par magie pendant la nuit. Cette magie, elle s'appelle Piero et elle est déjà en train d'attraper une éponge pour décoller vigoureusement toute la crasse incrustée dans les récipients en se promettant de remonter les bretelles aux coupables éventuels même s'il sait d'avance qu'il n'en fera rien. Il a beau s'être intégré plutôt facilement à cette mêlée de sauvages, s'être un peu désensibilisé à leurs manières de rustres au point de s'être familiarisé avec quelques uns des plus habitués, ça ne l'empêche pas de rester prudent avec les mots lorsqu'il doit s'adresser à eux dans le cadre de son travail, autrement que pour répondre à leur piques parfois un peu brutales. Jusqu'ici, il est toujours parvenu à obtenir ce qu'il voulait à la force de son pacifisme légendaire, jonglant avec les compromis sans jamais hausser la voix. Pourvu que ça dure.


S'il relève la tête de sa pénible tâche, c'est uniquement à cause du grabuge anormal qui provient du cœur du gymnase. Ca n'a rien avoir avec les crissements des chaines des sacs de frappe qui gémissent sous la force des coups qu'on leur assène qu'il n'entend même plus, non, c'est autre chose. A en juger par le vacarme, Piero aurait misé sur une échaffourée entre plusieurs membres du club, comme il en arrive bien souvent lorsque les egos de tous ces guerriers se frottent à en faire des étincelles et embrasent les esprits au point d'en finir en guerre ouverte. Lorsqu'il se précipite d'un pas précipité vers la source du bruit, il s'attendait à tout sauf à ce que ce remue-ménage soit l'oeuvre d'un seul homme.  Chad ? Bien sûr qu'il l'a reconnu de loin. Faut dire qu'il n'y en a pas deux comme lui au club, des géants aux cheveux éternellement en bataille, assez respecté pour se permettre de porter ce genre de short moulant qui mettait particulièrement bien son corps d'athlète en valeur sans s'attirer les brimades de ses congénères. S'il préfère s'annoncer à voix haute, c'est uniquement pour ne pas surprendre le colosse en le sortant trop brusquement de son emportement. Il est un peu déstabilisé, le môme, de le trouver dans un état pareil. Depuis qu'il le connaît, Chad n'a jamais laissé transparaitre une seule fois son énervement en sa présence. Il a eu droit à des réactions agacées, quelques fois, quand il poussait le bouchon un peu trop loin mais ça n'a jamais dépassé ce stade.  Avenant, ça n'empêche pas le gamin de s'approcher d'un pas pressé et de poser sa main sur l'épaule du gaillard avant de se pencher pour essayer de capter son regard. Ca fait longtemps qu'il a compris que se plonger dans les yeux du blond, c'est encore le meilleur moyen de comprendre ce qui lui passe par la tête parce que tout est un éternel jeu de devinettes avec Graham. Il a toujours été comme ça, à préférer se noyer dans ses problèmes plutôt qu'inonder les autres avec sa peine. Mais aujourd'hui, ses prunelles ne lui renvoient rien d'autre que de l'incompréhension. L'esprit de Piero décide alors de prendre le chemin le plus direct et choisit de mettre cet écart sur le compte de sa maladie. Ce n'est pas rare que les muscles du blond aient des ratés. Il suffit que ça soit arrivé alors qu'il tenait un poids entre ses mains pour obtenir la cause de ce déplorable accident. Combiné à une mauvaise journée, ça suffisait à venir à bout du calme de n'importe qui, ce qui expliquait sans doute qu'il ait ressenti le besoin d'achever le miroir à mains nues. Calme-toi, c'est pas grave, c'est qu'un miroir. Il s'en fiche pas mal, Piero, du verre brisé qui jonche le sol ou des problèmes que l'accès de colère de Chad pourrait lui causer, non, lui, tout ce qui l'inquiète, c'est de voir son ami dans un tel état de détresse émotionnelle et sanguinolent, par-dessus le marché. Avec lenteur, il tend son bras libre vers le professeur tandis que sa main lui masse l'épaule pour tenter de le détendre un brin. Fais voir ta main. Expert de la trousse de secours, un coup d'oeil, c'est tout ce qu'il lui faudra pour savoir si c'est une affaire à reléguer aux urgences ou s'ils allaient pouvoir s'en occuper eux même.




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MessageSujet: Re: PIERO + mourir mais pas trop.   Dim 29 Avr - 2:49

Pouvez-vous affronter le monde avec vos poings levés, et avancer, sans peur ? Tout tourne autour de cela. Avance. Retrait. Faiblesse. Force. Si vous en êtes capable, alors vous en êtes digne. Sinon, non. A un certain stade, nous devons tous répondre à cela. A un certain stade, nous devons tous affronter cela. En suis-je capable ? En suis-je digne ?


Chad ?
La voix de Piero résonne au milieu de toute sa haine, c'est étrange mais elle la tranche avec violence et lui se fige au milieu de sa connerie. Les pieds en sang mais surtout sa main qui se vide dans tous ses tremblements. L'anxiété lui brûle le cœur, les poumons et ne fait qu'augmenter l'insistance de Parkinson dans ses mouvements. Il va mal, il ne l'a plus été depuis une éternité. Fin non, mais pas à ce point, pas à celui où t'es obligé de casser le monde qui t'entoure pour toi te sentir mieux. Et mieux, c'est un grand mot parce que l'agonie, Chad la sent toujours. Ce qu'il regrette le plus à cet instant, c'est de savoir que le môme sera une victime de cette colère qu'il retient en lui depuis trop longtemps. Tu sais à la base, c'était même pas de la colère en fait non ça ressemblait plus à de la déception couplé à de la solitude mais à force de moisir, d'être enfermées comme ça, à elles deux, elles sont devenues cette rage.
Une rage qui étouffe. Qui prend toute la place.

Il saigne, oui bon et alors ? Pas la mer à boire mais il a pas le temps de le dire que Piero cherche déjà à l'aider mais il a pas besoin d'aide lui. Il a même besoin de rien, surtout pas d'une présence qui lui faire voir combien il fait pitié à cet instant. C'est ça non ? Chad fait pitié et le brun est en train de lui montrer. Qu'est-ce qu'il fait ? Pourquoi il l'aide ? C'est trop tard, il en a plus besoin maintenant. Fallait être là des mois plus tôt, pas maintenant que tout déborde. Elle est là l'erreur des proches du colosse, ils le laissent tout encaisser sans jamais se soucier de lui. Ils partent, reviennent en pensant que son cœur est un moulin et que c'est normal, que tout est acquis. Les courants d'air, Chad ne peut que les accepter parce qu'il ne dit jamais rien, qu'il finit toujours par tout pardonner.

Fais voir ta main.
Mais il n'en a rien à faire de sa main. Sa main est une main, elle peut bien saigner, trembler, elle finira par se régénérer mais les sentiments cassés de Chad, t'y as pensé ? Eux, putain, il doit apprendre à vivre avec au quotidien et forcément parfois, ça part dans tous les sens. Ce soir, il a du mal à respirer à cause d'eux. C'est pour ça que le colosse se recule brutalement de Piero. Me touche pas. Sa voix est menaçante alors qu'il serait certainement pas capable de lui faire le moindre mal mais la voix, ça devrait être suffisant pour le garder à distance, l'empêcher de franchir des barrières qu'il a lui même monté en partant, en l'abandonnant comme s'il ne valait rien.

Chad pourrait se taire, faire comme si de rien n'était, simplement partir mais la colère est mauvaise conseillère et le pousse aux reproches là où il pourrait simplement lui parler calmement. Quoi ? Toi aussi tu trouves que je fais pitié c'est ça ? Un rire dément traverse ses lèvres alors qu'il lui lance un regard noir, un regard tellement sombre et déconnecté qu'il peine à savoir s'il lui appartient vraiment ou non. Sans compter que le colosse commence à mettre du sang partout autour de lui. Et son cœur, je te raconte pas le bordel … il bat tellement à s'esquinter, à se détruire contre sa propre cage thoracique. Ce qu'il souffre de ne plus savoir comment réagir. Puis pourquoi t'es revenu au juste ? Ça, il aurait pu le demander plus tôt mais il n'avait pas voulu paraître hostile ou désagréable. Et commence pas à me sortir tes grands discours sur l'amitié et sur nous deux parce que putain … ça prendra pas. Sa voix est aussi grave et impressionnante que le reste de son corps. Un homme énervé en temps normal, ça te décroche un frisson mais un Chad, c'est encore pire. Lui, toujours si calme et posé, lorsqu'il explose, c'est comme s'il prenait un mètre de haut en plus et cent kilos de muscles aussi. Il devient une bête menaçante sans en faire plus que les autres ; c'est juste le contraste qui donne cet effet d'optique. C'est pas maintenant que j'ai besoin de toi Piero. Sa mâchoire se crispe mais il sent bien que c'est le moment de cracher ce qu'il a sur le cœur parce qu'il le fera jamais sinon et que la souffrance, arrivée à un stade, on ne la supporte plus. T'étais où quand je passais le plus clair de mon temps à l'hôpital sans savoir ce qu'il allait advenir d'Eros ? T'étais où quand on m'a appelé au milieu de la nuit pour me dire qu'il était mort ? T'étais où quand, malgré que je sois plus présent pour lui que sa putain de famille, j'ai eu aucun mot à dire sur son enterrement ? Il marque une pause, plante ses yeux dans ceux du gamin, plus durs que jamais. T'ETAIS OU PUTAIN ?! Chad serre brusquement les poings mais sa main abîmée lui décroche une grimace.
Il se sent tellement mal, il en a la tête qui tourne, le cœur qui part en vrille.
Et puis il est où Isaak ? Il en aurait besoin plus que jamais, là, tout de suite, d'entendre sa voix, de sentir son odeur, reconnaître la sensation de ses bras autour de lui.
Chad se retourne un instant pour voir, au cas où mais rien, le vide.
Il voudrait qu'on l'efface.



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MessageSujet: Re: PIERO + mourir mais pas trop.   Mer 2 Mai - 3:00


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Finalement, peut-être que le gamin aurait préféré tomber sur une rixe entre mâles alpha aux hormones en ébullition plutôt que se retrouver nez-à-nez avec un Chad au bord de la rupture nerveuse. Là, il lui aurait suffi de menacer d'appeler la police pour dissiper l'embrouille mais par contre, il n'y avait aucune forme d'autorité publique qui allait l'aider à gérer le colosse à sa place. Piero comprend rapidement qu'il n'échappera pas au fléau de sa colère lorsque le blond se dérobe brutalement à sa poigne, comme si le moindre contact avec lui allait lui refiler la lèpre. Arrête tes conneries, Chad, tu sais très bien que j'ai jamais pensé ça de toi. S'il ressent beaucoup d'émotions à l'égard du professeur, la pitié n'en a jamais fait partie. A ses yeux, le professeur s'est toujours rangé du côté des battants, de ceux que même un handicap n'arrête pas, de ceux qu'on respecte et qu'on admire mais certainement pas de ceux qu'on plaint. D'ailleurs, s'il n'avait pas un jour surpris la bête en pleine galère pour lacer ses chaussures à la sortie d'un entraînement, très certainement qu'il ne saurait toujours pas de quel mal le bœuf était atteint à l'heure d'aujourd'hui.

La colère latente de Chad remplit toute la pièce, exalte par tous les pores de sa peau, semblable à une mine posée au sol depuis si longtemps qu'on oublie qu'elle existe jusqu'à ce qu'elle finisse par vous exploser à la figure. Mine dont Piero vient allégrement de piétiner le détonateur en le surprenant dans cet état d'effervescence intense. Les déflagrations viennent lui lécher le visage sous forme de mots qui le laissent un instant pantois. Pour avoir assisté à quelques uns de ses combats amicaux, Piero peut aisément affirmer que son ami se trouve dans le même état d'esprit qu'il adopte avant d'envahir le ring pour jouer des poings et le gamin sait d'avance qu'il ne passera pas le premier round. Le rejet a toujours été son démon le plus coriace et entendre le blond parler de lui comme s'il regrettait presque de le voir de retour ébranle sa fragilité un peu plus qu'il ne l'aurait voulu. Sensible, ses sentiments ne tardent pas à se condenser pour faire monter la rosée à ses yeux qu'il détourne de ceux de Chad pour ne pas leur offrir ce pitoyable spectacle. Si je suis rentré, c'est parce que j'aurais jamais dû partir. C'est ici chez moi, pas à Los Angeles ni nulle part ailleurs. Il avait pourtant bien essayé de s'intégrer mais on lui avait toujours donné cette sensation d'être cette pièce de puzzle qui ne s'insère nulle part, même après l'avoir tournée dans tous les sens. Tu te souviens quand tu me disais que j'allais regretter si j'y allais pas ? Bah figure-toi que la seule chose que j'ai regretté, au final, c'est de pas l'avoir raté, ce putain d'avion. Les retrouvailles avec son roméo avaient beau s'être passées dans l'euphorie la plus totale, bordées par les souvenirs des bons moments qu'ils avaient partagé ensemble, la réalité n'avait pas mis longtemps à les rattraper. Trois jours, exactement, puis il avait retrouvé le Stan qui l'avait quitté, cette boule de démolition toujours parée à raser le peu d'estime de lui-même qu'il avait réussi à reconstruire loin de son emprise parfois néfaste. Trois jours avant qu'il ne soit à nouveau l'homme le plus cocu de la cité des anges, passant ses soirées seul à se sentir comme la dernière des merdes pendant que son amant se tapait les plus grosses pointures de la haute sphère, toujours fidèle à lui-même.

Un rire nerveux quitte les lèvres du môme lorsque Chad lui demande où il était passé pendant tout ce temps. Tu sais très bien où j'étais mais si tu insistes pour l'entendre de vive voix : j'étais pas là où j'aurais dû être. Ca te va comme réponse ou tu vas continuer de me reprocher une décision certes égoïste mais que tu as appuyée encore longtemps  ? Surtout qu'il n'est pas certain, lui, que l'ours ne l'aurait pas abandonné tout pareil si c'était Eros qui lui avait demandé de le rejoindre ailleurs qu'au ciel. La joie d'être deux idiots prêts à tout par amour. Il se rend bien compte, le môme, de la virulence de ses propos face à un Chad désemparé qui finit enfin par ouvrir sa boîte de Pandore, celle où on lui reproche bien trop souvent de garder son désarroi sous clef. Bien sûr qu'il s'en veut de réagir de la sorte mais il a jamais su gérer ses propres émotions, alors qu'est ce que tu veux qu'il s'en sorte avec celles des autres. Il a toujours l'impression d'être en train de manipuler un carton d'objets fragiles que sa maladresse va irrémédiablement finir par lui faire lâcher et ça l'angoisse un peu. Confus, il enserre brièvement sa tête entre ses mains pour se masser les tempes et essayer de faire descendre toute cette tension d'un cran. Le pire, c'est qu'il sait que contrairement aux reproches de Stan, ceux de Chad n'ont rien d'une agression gratuite et traduisent un mal être plus profond que ça. Il a pas envie que le plus âgé en vienne à regretter de l'avoir exprimé, que ça soit ce soir ou demain, c'est pourquoi il finit par reprendre la parole, minuscule dans ses bottes. Je suis désolé, j'aurais pas dû m'emporter comme ça. Il a toujours eu cette fâcheuse manie de réagir aux engueulades comme une proie qui se retrouve acculée sans autres choix que celui de se défendre avec les pauvres moyens dont l'a doté la nature : faire le gros dos et essayer de crier plus fort que l'adversaire. J'aurais dû être là, d'accord ? Personne ne devrait avoir à traverser ça tout seul. Il voudrait, le gamin, appuyer ses paroles de ce genre d'étreinte qui apaise tous les maux mais il a pas vraiment envie de pénétrer l'espace vital du blond sans son consentement, alors, son attention se focalise sur l'hémoglobine qui est en train de rougir le sol partout autour de lui, ce qu'il ne tarde pas à lui rappeler stupidement. Tu pisses le sang, Chad. Il attrape alors une serviette qui traîne sur un banc derrière eux pour la tendre au colosse, acte de lâcheté déguisé en bienveillance pour détourner subtilement le sujet de conversation. C'est qu'il se sent déjà bien assez horrible comme ça de l'avoir laissé tomber pour en plus devoir épiloguer cent ans sur la question.




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MessageSujet: Re: PIERO + mourir mais pas trop.   Jeu 3 Mai - 2:40

Pouvez-vous affronter le monde avec vos poings levés, et avancer, sans peur ? Tout tourne autour de cela. Avance. Retrait. Faiblesse. Force. Si vous en êtes capable, alors vous en êtes digne. Sinon, non. A un certain stade, nous devons tous répondre à cela. A un certain stade, nous devons tous affronter cela. En suis-je capable ? En suis-je digne ?


La colère je te jure qu'est-ce que ça peut rendre con. Mais alors quand tu l'associes au chagrin c'est pire que con, ça te rendrait n'importe quel nounours complètement hystérique et mauvais. La preuve, y a qu'à voir Chad, perdre son calme olympien et tout ce qui fait de lui un homme si respectable et admirable en temps normal. Les boucliers se cassent la figure, les masques se fissurent comme s'ils n'étaient que du papier et lui les voit tomber sans pouvoir rien faire, sans réussir à se ressaisir parce que ça doit être nécessaire au fond. Un peu comme le serpent qui perd l'intégralité de sa peau pour retrouver de sa beauté, continuer une nouvelle année. Là, c'est la même histoire, il tombe sa peau pour s'en régénérer une autre, plus solide, plus enclin à supporter les balles parce que celle là est trop usée. Il est magnifique comme ça, là, à le regarder mais si tu t'approches, tu n'auras qu'à froncer un petit peu les sourcils pour comprendre l'usure. La présence d'Isaak l'a aidé à ne pas se fracasser tout de suite mais il fallait que ça arrive. Loin de lui, surtout très loin de lui parce qu'il n'aurait pas accepté de craquer de la sorte devant l'homme qu'il aime. Lui montrer une telle faiblesse, une telle rage c'est se suicider tout seul comme un grand, détruire l'image qu'il a de lui et ça, Chad ne le supporterait pas.

C'est à peine si le combattant parvient à écouter les mots de Piero parce qu'il y a un voile qui se pose sur lui, un filtre étrange qui transforme tout en agression et en abandon. Ses épaules, aussi larges soient-elle commencent à le lâcher, il le sent. Des mois d'accumulation pour ça au final. Çà, se laisser aller face à un môme qu'il avait aimé au point de le laisser repartir. Il se souvient du déchirement le jour de son départ, de ces longs mois d'absence à se faire à l'idée qu'ils ne se reverraient plus jusqu'à son appel. Et le colosse toujours là, jamais bien loin, à le faire entrer chez lui, à lui dégotter un job dans la salle qu'il fréquente tous les jours. Il n'aurait pas pu le laisser tomber, non, définitivement pas. C'est inscrit dans son code génétique qu'il est là pour aider son prochain, non pas l'écraser. Aujourd'hui, il ne lui en veut pas de s'être barré pour rejoindre Stan. Ce pour quoi il lui en veut, c'est ce silence qui n'était pas obligatoire. Ce détachement si brutal et définitif qu'il n'avait laissé place à rien d'autre que du chagrin, un chagrin transformé en colère aujourd'hui alors que le fantôme d'Eros traîne dans sa tête.

Pourquoi diable est-il allé au cimetière ? Quelle idée ? Quel but ? Ça ne lui apporte rien au final si ce n'est un stock de plaies en plus et rien d'autre. Rentrer chez lui n'était pas la solution non plus parce qu'elle se trouve en réalité dans les bras de l'homme qu'il épousera dans quelques mois. Ce même homme, happé par la nuit et ses vices. Ses yeux se ferment pour tenter de trouver la paix intérieure mais la tornade ne passe pas, ses sentiments partent en vrille et ses poings se serrent brusquement dans le vide. Le sang peut bien couler, ce n'est pas grave, ça ne le fera que se débarrasser des parcelles de son corps empoisonnées par le deuil et la rancœur. S'il pouvait se vider pour repartir à zéro … si seulement c'était possible d'effacer certains moments de sa vie comme on le fait avec les téléphones ou toute cette technologie beaucoup trop facile. L'âme est un vieux livre qui garde tout imprimé, qui relit sans cesse les premières pages, qui les tournent, encore et encore jusqu'à arriver à la fin mais cette fin, jamais elle n'arrive. C'est un livre sans fin, oui, voilà, c'est ça, à te donner le tournis.

Piero lui balance des vérités acides, passe ensuite par les excuses pour finalement revenir sur sa main. Cette main qui semble soudainement plus importante que son cœur brisé, que sa douleur psychique, que la mort d'Eros en elle-même. Il faut que les blessures se voient, qu'elles saignent, qu'elles en mettent partout, qu'elles soient flagrantes pour qu'on s'en soucie sinon les autres paraissent secondaires. C'est comme ça que des personnes finissent parfois par prendre la décision de partir d'elles-mêmes. Elles savent qu'on ne s'inquiétera jamais pour elles, qu'il faudrait qu'elles se coupent un bras ou une jambe pour avoir l'empathie de leur entourage.

La serviette il ne l'attrape pas, emporté par sa fierté démesurée, par toute cette couche de connerie qui le recouvre. Il est menaçant, bien sûr qu'il l'est et ce doit être pour ça que Piero ne s'approche pas de lui. Pour la première fois, il peut voir dans le regard du gamin qu'il le craint. Pourquoi tu me regardes comme ça ? Tu crois que je vais te frapper ? Et là, merde, il est en train de dépasser une limite complètement conne en s'approchant brutalement du môme pour l'attraper par le col, le soulever presque de terre s'il était pas si solide. Alors, c'est ça ? Tu crois que je suis ce genre de connards qui pourrait te foutre sur la gueule ? Des postillons s'échappent de ses lèvres, incontrôlés par la colère alors que son poing recouvert de sang se redresse dans le vide dans l'unique but d'être impressionnant et que ses doigts resserrent leur prise sur le bout de tissu. Là, il continue d'augmenter le pression pour le plaquer brutalement contre le mur fade derrière eux.



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MessageSujet: Re: PIERO + mourir mais pas trop.   Ven 18 Mai - 0:03


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Ce qui déstabilise le plus Piero dans l'attitude de Chad, ce n'est pas la soudaine frénésie qui l'anime,  c'est surtout son absence de réaction inhabituelle. Si le colosse n'a jamais eu un débit de paroles illimité, d'ordinaire, il aurait au moins essayé de trouver les mots justes pour calmer la tension et apaiser leurs maux à tous les deux. Là, il s'est juste replié sur lui-même. Piero a beau y aller à coups de bélier pour défoncer les murailles qu'il a érigé, c'est à peine s'il arrive à les ébranler. Le gamin n'a jamais été un grand adepte de l'exhibitionnisme sentimental et maintenant qu'il s'y essaie, qu'il décide de mette son âme à nu pour débarrasser sa conscience tous ces poids qu'elle se traînait depuis son départ et soulager le professeur qui devait sans aucun doute s'incriminer pour tous les abandons qu'il a collectionné, voilà que le blond reste de marbre face à ses efforts. A tout dire, il ne sait pas trop comment interpréter le silence s'en suit. Est-ce que ça signifie que Chad lui pardonne et qu'ils peuvent passer à autre chose ou alors est-ce que ça veut dire qu'il remet en doute toute l'affection que Piero peut bien lui porter ? Il le vivrait très mal, le môme, de savoir que son amitié inconditionnelle puisse être mésestimée, que Chad puisse penser que s'il a décampé une fois, rien ne l'empêchera de récidiver dès que l'occasion s'en présentera. Il pourrait lui avouer qu'il est la seule raison à l'avoir ramené dans le Bronx, que s'il a trouvé le courage d'envoyer Stan sur les roses, c'est uniquement grâce à lui mais il aurait trop peur que ça passe pour de fausses excuses, de la manipulation psychologique balancée uniquement ans le seul espoir de hâter leur réconciliation.

Lorsque Chad l'empoigne pour le plaquer au mur, Piero n'essaie même pas de résister, conscient que ça ne servirait pas à grand chose. Il voudrait dire au grand de respirer et de le lâcher mais il ne se sent pas vraiment en position de lui dicter la façon dont il devrait réagir alors qu'il a absolument tous les droits d'être en colère. N'importe qui à sa place l'aurait été. Chad a beau être la personne la plus généreuse personne qu'il connaisse, s'il y a bien une chose qu'il n'a jamais partagé, c'est son ressenti, c'est bien la seule chose qu'il n'a jamais partagé. Il préfère intérioriser jusqu'à ce que ses propres pensées l'intoxiquent et l'empêchent de vivre correctement. Si Piero le fixe avec ses grands yeux effarés, c'est uniquement parce qu'il sait pas comment le regarder autrement. Chad, c'est un de ces rocs que même le plus violent des vents ne parvient pas à éroder, il a pas été habitué à le voir flancher et ça le fait perdre ses moyens. Probablement qu'il aurait viré à la crise d'angoisse si son esprit n'était pas aussi préoccupé par le moral actuel de Chad. La question du blond lui fait froncer les sourcils. S'il pense que le blond pourrait faire preuve de violence à son égard ? Bien sûr que non. Mais il ne pensait pas non plus que Stan le réduirait à l'état d'insecte rampant en lui faisant des cornes à rayer le plafond, ni que son père le tabasserait en apprenant qu'il n'était pas exactement le fils hétéro qu'il attendait qu'il soit et encore moins que son meilleur ami le forcerait à lui tailler une pipe sur le parking d'un motel miteux mais c'est arrivé, alors depuis il se méfie un peu de ses intuitions loin d'être indéfectibles. D'ailleurs, ses certitudes à ce propos ne tardent pas à se renverser comme des dominos à le voir brandir son poing dans les airs. La bouche desséchée par le stress,  le rasé déglutit avant de prendre la parole. Non, même si je pense que tu as de bonnes raisons de le faire. Il veut être certain que Chad comprend bien qu'il n'est pas contre lui, qu'il sait que c'est tout ce qu'il mérite après avoir déserté sans se retourner. Il pourrait même le rouer de coups pour purger sa colère que le gamin n'essayerait même pas de se défendre. Piero a toujours été de ceux qui préfèrent se coucher sur le dos pour mettre fin au conflit plutôt montrer les crocs par simple fierté. Il lui doit au moins ça pour dédommager les séquelles d'abandon qu'il avait égoïstement rajoutées à celles dont l'âme de Chad était déjà bien empreinte. Ca doit être pour ça, d'ailleurs, qu'il est déjà en train de chercher les justifications qu'il servira à Mikey le lendemain pour expliquer le miroir cassé sans qu'il n'ait à visualiser les vidéos de surveillance.

Il pourrait s'en tenir à ça et attendre simplement que Chad décide de ce qui va advenir ensuite mais ce dénouement ne le satisfait pas. C'est donc d'un geste prudent que sa main attrape celle du colosse pour lui faire lâcher prise. Il ne lui laisse pas le temps de riposter que ses bras encerclent déjà son torse sans même arriver à en faire le tour. S'il cède à cette étreinte réconfortante alors qu'il s'était volontairement fait plus distant depuis son retour, par peur de laisser déborder ses sentiments pour Chad qu'il n'avait pas encore vraiment réussi à estomper, c'est uniquement parce que c'est la seule réponse valable que son corps trouve au désarroi du blond. La joue collée contre sa poitrine, il n'ose pas rompre le silence trop vite, attend un peu que les battements effrénés de son cœur ralentissent avant de relever la tête vers le visage du colosse. C'est le regard de trop, celui qui anéantit toutes ses bonnes résolutions, lui fait oublier qu'il a été rétrogradé et le mène au dérapage qu'il avait inévitablement prédit. Sa langue trouve timidement la bouche de Chad, suivie par ses lèvres qui prennent rapidement la relève, comme pour lui offrir un rempart contre le désespoir. C'est bref, ça ne dure que quelques secondes mais ça lui suffit à se détester atrocement. Ecoeuré par son propre comportement, il se recule en se mordant la lèvre, le regard fuyant. Il se sent d'autant plus horrible qu'il ne regrette que partiellement l'acte qui vient de se produire et qui était loin d'être dénué d'envie. Il pourrait se morfondre dans la honte pour ensuite s'excuser ou essayer de se justifier en bredouillant mais il n'en trouve pas la force, c'est pourquoi il se contente de balayer cet accident déplacé sous le tapis pour enchaîner sur autre chose.  Tu veux vraiment pas me dire ce qui te ronge ?  C'est pas bien difficile de deviner que quelque chose le taraude. Personne ne risquerait de prendre sept ans de malheur alors qu'il patauge dans le bonheur. Personne.




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MessageSujet: Re: PIERO + mourir mais pas trop.   Ven 18 Mai - 2:17

Pouvez-vous affronter le monde avec vos poings levés, et avancer, sans peur ? Tout tourne autour de cela. Avance. Retrait. Faiblesse. Force. Si vous en êtes capable, alors vous en êtes digne. Sinon, non. A un certain stade, nous devons tous répondre à cela. A un certain stade, nous devons tous affronter cela. En suis-je capable ? En suis-je digne ?



Peut-être qu'il regrettera, qu'il se sentira mal au point de le hanter dans ses rêves, de le réveiller en sueur la nuit, de se rappeler à lui dans un éclat de rire. Peut-être qu'il ressentira les effets de cette soirée pour les mois à venir, la culpabilité d'avoir saccagé une salle déjà en ruine, engendré des frais supplémentaires pour un type qui se saigne déjà pour joindre les deux bouts.
Ou alors, peut-être qu'il s'en fichera, que ça lui glissera dessus parce que sans ça, il aurait terminé par se tirer une balle dans la tête ou se tailler les veines. Chad a toujours hésité même si ces derniers temps, les armes sont devenues de vieux ennemies que l'on ne regarde même plus droit dans les yeux.

Il accuse le coup, laisse les mains de Piero le repousser, le relâche sans trop de lutte. Il n'a jamais eu dans l'optique de le frapper ou de le violenter. Suffisait que le gamin lui montre sa peur pour que le colosse lâche prise. Monter d'un cran dans sa folie, il en est capable mais pas au point d'atteindre celle qu'il fait subir à Isaak. Il y a des filtres, des univers bien différents, des carrés dans sa tête dans lesquels il traîne à heure régulière. Il déserte certain par moment lorsqu'il sait que cela pourrait rendre les choses dangereuses. Ce n'est qu'en présence de sa moité que les cloisons tombent pour laisser place au chaos. Ce doit être pour ça d'ailleurs qu'il l'aime à ce point, que cette douleur silencieuse qu'il ressent au fond de lui le fait vivre et le nourrit. Chad inspire, laisse les bras de Piero l'entourer parce que ce doit être ce dont il a besoin au fond. Un peu de douceur, désintéressée, sans arrières pensées. Juste de la douceur, à l'état pur, un peu de soutien et de la tendresse. Mais non. Quelque chose change dans le regard du rasé. De vieux sentiments reviennent à la surface et le colosse peut les capter sans trop de difficulté. Ses yeux sont commes des bassins plein de gros poissons où tu pourrais les attraper à la main ; il est incapable de mentir ou de dissimuler ce gamin. C'est ce qu'il a de plus rassurant en lui d'ailleurs, une corde à laquelle se raccrocher même si elle est rêche.

Sa langue, il la ressent en premier comme une brûlure jusqu'à ce que ses lèvres se mêlent à la danse, prennent sa bouche en otage. Haut perché dans son aigreur, Chad peine à redescendre tout de suite et même s'il ne réagit pas, il sent bien que ce baiser n'est pas là seulement pour le réconforter, qu'il porte des souvenirs, des histoires que l'on a passé sous silence pour être certain de ne pas trop s'en encombrer. Ses sourcils se froncent, con. Il se retrouve con, bien sûr, comment l'être autrement. Un môme dans toute sa splendeur, son innocence et sa dévotion qui vous refile un tel baiser, ça ne peut que vous foutre sans dessus dessous. Pourtant, le colosse parvient à se maîtriser, à ne pas lui en mettre une ou alors lui rendre sans rien ressentir derrière, juste pour voir s'il est capable d'oublier en martelant de coups de reins un gamin qu'il avait aimé dans tout son désespoir. Ce qui le fait ciller est assurément sa question. Le calme après la tempête. Non, le déni après la tempête, comme si ça n'avait jamais existe, comme si tout cela n'en valait pas la peine.

Chad se recule, chancelant, comme s'il était saoul, passe sa main sur ses lèvres. Il est ivre, bien sûr qu'il l'est. Ivre de colère, de chagrin, de deuil, de solitude, de vérités que l'on garde pour soi parce que les dire rendrait les choses encore pire. Ses pieds s'emmêlent dans un tapis alors que son corps s'échoue lamentablement par terre. La bête jure dans sa barbe, tente de se redresser tant bien que mal avant de le pointer du doigt, toujours menaçant. A quoi tu joues ? Il marque une pause, la voix coupée par son cœur qui bat trop vite, par la tourmente de cette nuit détestable. Chad ne sait même pas comment il saura rentrer à l'hôtel dans cet état, si Mike ne le retrouvera pas le lendemain matin à roupiller au milieu des sacs de sport avec sa main grossièrement bandée par son slip. C'était quoi ça ? Il demande une première fois mais rien ne vient, il n'y a que le regard de Piero, à moitié honteux. Chad n'est pas fou à moins que ce soit fait ? Une case ayant explosée dans son cerveau après tout ce temps. Tout ce fil qui rendait les choses logiques, qui faisait l'équilibre de son âme. C’ÉTAIT QUOI CA PUTAIN ?! Il s'égosille pour avoir des réponses alors que lui n'en donne pas, jamais. Mystère qui n'en supporte pas d'autres, qui pourrait les assassiner de son regard sérieux, même pas menaçant. Le colosse n'a pas besoin de l'être pour se faire respecter généralement. Il impose ce truc, dégage ce respect même lorsqu'il est dans des états pitoyables.



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MessageSujet: Re: PIERO + mourir mais pas trop.   Dim 20 Mai - 2:57


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A quoi tu joues ?
La question de Chad lui fait le même effet que s'il venait de le mitrailler avec de la caillasse. C'est vrai ça, Piero, à quoi tu joues ?  Il se répète la question mentalement attendant bêtement qu'une réponse lui tombe du ciel par magie. Il aimerait pourtant, le gamin, que ses sentiments ne soient rien d'autre que des pions qu'on range dans une boîte une fois la partie terminée, boîte qu'on pousse au fond d'une armoire pour ensuite ne plus la ressortir jusqu'à la prochaine utilisation. Si on lui avait laissé le choix, il aurait encore préféré voir le colosse abattre son poing sur son visage, en espérant que croiser l'oeil au beurre noir qu'il aurait laissé derrière lui dans le miroir tous les matins lui donnerait de quoi développer un certain ressentiment envers lui le blond. Ou alors qu'il se montre blessant, qu'il lui crache des saloperies aussi fausses soient-elles à la figure, qu'il n'était là que pour qu'il puisse tirer sa crampe, qu'il se fasse assez caustique pour lui permettre de mettre ses sentiments à jour une bonne fois pour toute. S'il n'arrive pas à faire un croix sur le bout de chemin qu'ils avaient partagé ensemble, c'est en grande partie parce qu'il n'y avait jamais eu aucun sujet de discorde, aucune lassitude et pas plus de sentiment d'incompatibilité, absolument rien qui ne justifie une telle régression relationnelle. Et Chad qui se contente d'être Chad, qui ne le repousse pas avec assez de véhémence pour que ça l'aide à se sevrer lentement. Piero a juste l'impression de s'enfoncer un peu plus en eau trouble, de brasser énergiquement en essayant de trouver le juste équilibre entre amant et ami pour au final boire complètement la tasse. Il voudrait savoir, le môme, comment font les autres pour se lever un matin et décider qu'ils n'aiment plus avec la même intensité qu'avant. Peut-être qu'il devrait contacter Stan pour lui demander, un jour. Mais en attendant de trouver la solution miracle, il continuera de se démerder avec son cœur défectueux, faute de pouvoir l'abandonner chez le premier concessionnaire ou l'échanger contre une pièce plus performante.

S'il ne se voyait pas imposé de respecter son emploi du temps, très certainement que Piero aurait déjà fui le champ de bataille pour s'octroyer une armistice de quelques jours avant de revenir vers le colosse avec les réponses qu'il attendait. Au lieu de ça, le voilà coincé face à un Chad à fleur de peau et forcé d'assumer les conséquences de ses actes. Il a la sensation d'être un martyr sur le point d'être exécuté mais qui s'apprête quand même à demander grâce. D'accord, il ne s'attendait pas à un tonnerre d'applaudissements pour avoir agi aussi stupidement mais voir Chad vociférer le paralyse tellement qu'il n'aurait pas su l'aider à se remettre sur pied après sa chute même s'il l'avait voulu. Une erreur ? Si ça aurait pu passer pour une tentative de rachat auprès du blond, Chad le connaît assez bien pour deviner qu'il essaie surtout de s'en convaincre lui-même en prononçant ces mots. Pour être fait du même bois, Piero sait très bien qu'espérer s'en tirer avec une réponse aussi sommaire reviendrait à le prendre pour un con. Il n'existe pas de personne plus compréhensive que Chad sur terre mais ça l'empêche pas d'appréhender la réaction du colosse avec la crainte peut-être irrationnelle de se prendre le carton rouge qui le radiera définitivement de sa vie.  C'est vrai, comment t'es supposé annoncer à ton pote que t'es resté coincé en arrière, que t'es toujours en deuil d'une relation que tu as toi-même écourtée et que tu regrettes d'être parti parce qu'à part deux relations ruinées pour le prix d'une, ça ne t'aura rien apporté ? Il n'y a définitivement aucune bonne façon d'avouer ça, il en est certain.

Complètement vidé, le gamin laisse sa carcasse s'échouer à côté de celle de Chad sur le tapis d'échauffement et ramène ses genoux contre sa poitrine pour y poser son menton. Il s'accorde encore un bref temps de battement avant de se livrer complètement. Tu comprends vraiment pas ? Il a du mal à croire, Piero, que Chad n'ait pas encore saisi ce qu'il se passait, lui qui avait toujours tendance à réfléchir beaucoup trop. Il est même persuadé que son cerveau a déjà retourné l'information dans tous les sens pour en arriver à la seule conclusion possible et anticiper la suite.  M'oblige pas à te le dire, je me sens déjà bien assez minable comme ça. Minable de pas être foutu de passer à autre chose, minable de l'avoir embrassé alors qu'il ne lui a jamais caché être en couple avec Isaak. Evidemment qu'il n'était pas revenu en s'attendant à trouver le cœur de Chad vacant. En réalité, il aurait même pas voulu qu'il en soit autrement. Il a vu de ses propres yeux tout le bien que Coalman a semé dans l'existence du professeur. Bien sûr que ça risque leur donner quelques fruits pourris parfois mais malgré ça, le gamin reste persuadé qu'ils ont encore quelques belles récoltes devant eux. Puis, Piero a jamais vraiment été du genre à souhaiter le malheur de quiconque, encore moins de ses proches. Alors bien sûr qu'il a envié Isaak, qu'il s'est longuement comparé à lui, à se demander ce qu'il avait de plus que lui en dehors de l'argent et l'excentricité, mais ça, c'était avant de se rappeler que Chad n'a jamais trouvé aucun intérêt là-dedans. Non, le plus gros avantage du PDG, c'est surtout d'avoir été présent pour lui apporter un réel soutien alors que son univers entier s'était effondré autour de lui, pour l'aider à se relever quand la vie pensait l'avoir mis à genoux pour de bon. Ca serait inconcevable d'être jaloux de ça alors qu'Isaak mérite amplement ses lauriers, alors, il se contente juste d'être admiratif, de poser son genou à terre et de s'incliner devant leur union. Et si bien souvent ça l'attriste d'y penser, d'un autre côté, ça le rend aussi heureux de voir qu'un membre de leur triste duo a enfin pu se sortir de la mélasse. Paradoxe ambulant. Je suis désolé. C'est tout ce qu'il parvient à articuler de plus. Il a tellement de raisons de s'excuser qu'il ne précise même pas pour laquelle il l'est exactement. C'est pas vraiment ce qu'on attend de la part d'un ami hein ? Un rire nerveux vient ponctuer sa phrase pour bien faire savoir à Chad que c'est absolument pas dit dans l'optique de chercher à le faire culpabiliser mais plutôt de lui faire comprendre que les choses sont très claires, qu'il connaît la place qu'il occupe et qu'il va y rester à l'avenir. Il glisse un dernier sourire au combattant avant de se relever. Allez, je vais chercher de quoi nettoyer tout ça, ça va pas se faire tout seul. Il suffit de voir ses yeux reluisants pour comprendre que ce n'est pas le vrai motif qui se cache derrière sa tentative d'escapade. Ca fait depuis le début de leur altercation qu'il essaie tant bien que mal de ravaler ses larmes mais il a la désagréable sensation d'être en train d'essayer de stopper une crue avec un seau troué. Autant dire que c'est pas très efficace.




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MessageSujet: Re: PIERO + mourir mais pas trop.   Dim 20 Mai - 16:17

Pouvez-vous affronter le monde avec vos poings levés, et avancer, sans peur ? Tout tourne autour de cela. Avance. Retrait. Faiblesse. Force. Si vous en êtes capable, alors vous en êtes digne. Sinon, non. A un certain stade, nous devons tous répondre à cela. A un certain stade, nous devons tous affronter cela. En suis-je capable ? En suis-je digne ?



Il le sait. C'est inscrit au fond de lui comme une évidence. Depuis la première seconde Chad est au courant de ce qu'il se passe, de tous les sentiments présents derrière les attentions de Piero. Et peut-être que le colosse en profite sans se l'avouer. Lui passer son appartement, lui trouver un travail à l'endroit où il passe le plus clair de son temps, l'embarquer dans les aventures de Pawesome. C'est rassurant de savoir que l'on a à ses côtés quelqu'un qui vous aime quoi qu'il arrive. Bien sûr qu'il entretient chez ce môme l'espoir que tout puisse recommencer mais une part du colosse est catégorique là-dessus : jamais. Il l'avait aimé. D'ailleurs, bien sûr qu'il l'aime toujours mais pas avec l'intensité que le gamin voudrait. C'était plus de l'amitié déjà à l'époque,  un amour réconfortant, un amour doudou qu'on serre contre soi pour oublier que votre cœur va mal, toutes les parties dysfonctionnelles de son organisme. Chad inspire, se redresse légèrement du sol mais ne tente même pas de se relever. Le joint était peut-être trop corsé ou la brèche de son âme trop ouverte, il sait pas, à moins que ce ne soit les deux. Ses mains lacérées traînent par terre, salissent le sol et surtout lui. Il s'en est mis partout, même dans les cheveux et ne sait même pas quelle excuse il racontera ce soir, en rentrant à l'hôtel. Fin, avec un peu de chance, Isaak ne sera pas là et lui pourra faire semblant de dormir lorsque son amant se glissera dans leur lit.

M'oblige pas à te le dire, je me sens déjà bien assez minable comme ça.
Et tout ce que grand con là trouve à faire, c'est se taire. Il ne veut pas entendre la vérité, la voir se dessiner avec des mots qui feraient qu'il ne pourrait plus jamais la nier, faire comme si elle n'avait jamais existé. Chad ne veut pas, non, qu'on lui mette son nez dans sa merde parce qu'il ne se sent pas capable d'y faire face. Celui qu'il aimait plus que tout lui avait été arraché et là, à cet instant, il y a une pensée égoïste qui le traverse. Il ose se dire qu'il a bien le droit, de nier l'évidence si cela peut lui faire du bien. L'amour lui doit bien ça, non ? La mort aussi. Et puis la vie aussi, un peu, quand même. Quand tu penses à tout ce qu'elle lui a fait. Non pas des violences physiques mais psychologiques. Piero aussi en a bavé mais là, ce soir, tout coule, c'est comme un volcan. Ses pensées le brûlent et il ne parvient plus à remettre les choses à leur place. Son empathie s'est fait la malle pour le protéger parce qu'un gramme de plus de ressentis et c'en est terminé de lui, pour de bon.

Chad baisse les yeux, fixe ses mains pour ne pas avoir à faire face à la douleur de Piero. Il continue, dans toute sa déchéance, prêt à accepter d'être une déception pour tout le monde, même pour ce gamin qui l'idéalise depuis des années sans se rendre compte qu'il est complètement foutu au fond. C'est comme un avocat qu'on achète parce qu'on le trouve beau et qu'il nous fait plein de promesse et qu'on l'ouvre pour se rendre compte que finalement, il est noir à l'intérieur. Le problème c'est que le gamin Zapata est quand même capable de le manger tel quel. Il y a tout un aveuglement à son égard qui lui fait peur autant qu'il le fascine. Personne en dehors de Piero n'a jamais vu Chad avec autant d'amour et de perfection. Dans ses yeux, il a la sensation d'être une autre personne et non pas celle qu'il rejette d'un bloc depuis des années. Un profond soupir quitte ses lèvres alors qu'il laisse le môme s'éloigner pour aller chercher de quoi ranger ses conneries. Cette fois, il ne sera pas là pour lui donner des paroles réconfortantes ou même le prendre dans ses bras parce qu'il n'en est pas capable.

Le coupable reste étalé un long moment avant de se redresser, chancelant. Ce qu'il fait en premier, c'est se diriger vers les vestiaires, sortir la trousse de secours pour se désinfecter grossièrement les mains. Peut-être qu'il a besoin d'aller aux urgences, qu'est-ce qu'il en sait ; ça lui semble secondaire. Chad se contente de quelques pansements avant de se passer de l'eau fraîche sur le visage. Là, il se rhabille, enfile ses vêtements sans prendre la peine d'aller sous la douche et revient sur ses pas. Puis finalement, en guise d'excuse, le colosse met la main à la pâte pour ranger ses conneries, ramasser les bouts de verre avec plus de délicatesse et les mettre dans un sac poubelle. Je veux pas que tu mentes pour moi. J'ai pas envie que tu perdes ton job parce que je suis pas foutu d'aller foutre le bordel ailleurs. Il sait que Mike lui en voudra lorsqu'il lui avouera ses erreurs mais il le connaît suffisamment pour savoir que l'homme finira par le pardonner. C'est bon, laisse tomber, je vais le faire. Sa voix est presque agacée parce qu'il se rend compte qu'il est pas encore totalement calmé. Son regard se tourne vers Piero, froid, loin de tout ce qu'il n'avait cessé de lui offrir depuis son retour. Ce doit être ça son vrai visage au final. Te mets pas dans cet état, ça en vaut pas la peine.
Il en vaut pas la peine, surtout.



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MessageSujet: Re: PIERO + mourir mais pas trop.   Dim 3 Juin - 17:09


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Piero a bien conscience que la révélation qu'il vient de larguer s'avère être une véritable charge explosive qui pourrait faire plus de dégâts sur leur amitié qu'une bombe au napalm. Un aveu kamikaze qui les aurait certainement fait exploser tous les deux si Chad n'avait pas décidé de se rétracter de cette mission suicide en se protégeant derrière un bouclier de silence et d'indifférence. Evidemment que ce mutisme glace l'âme du gamin mais il ne se laisse pas abattre pour la cause, relativise en essayant de se convaincre que si le combattant réagit – ou plutôt ne réagit pas – de la sorte, c'est uniquement dans le but de les préserver, de leur éviter d'atteindre ce point de non-retour vers lequel Piero est en train de les propulser inconsciemment.

C'est l'esprit en pagaille que le môme finit par prendre la direction du local d'entretien mais avant, il s'autorise une escale dans une salle annexe où il s'accorde quelques minutes pour déverser ce trop plein émotionnel dont il ne sait plus quoi faire sur un sac de frappe. Les coups fusent et il ne peut s'empêcher de se dire qu'il préférerait se les infliger à lui-même pour ne pas avoir été foutu de refréner cet élan de stupidité qui aurait pu leur coûter énormément si Chad avait été dénué de cette empathie qui le caractérisait si bien. Le colosse aurait pourtant eu toutes les raisons de le rejeter violemment en  ne manquant pas de lui rappeler qu'il était le seul à avoir tout saccagé mais il ne n'en avait rien fait. Décontenancé, le jeune finit par immobiliser le sac pour le serrer dans ses bras tout en réfléchissant ce qu'ils étaient avant que leur relation ne prenne ce virage à trente-cent soixante degrés. Il en vient à la conclusion que ça n'était pas si différent, dans le fond. C'était même presque pareil si on oublie les quelques bonus charnels parfaitement négligeables. Des compagnons de baise, ça se trouve à tous les coins de rue dans le Bronx, les amis par contre, c'est une espèce en voie d'extinction. Et leur amitié, c'est sans incertitude ce qui reste de plus sacré au gamin dans ce bas monde. A vrai dire, ça lui est même impossible d'imaginer une vie sans Chad, sans son soutien et tous ces moments précieux qu'il peut bien lui apporter. Il se sentirait vraiment con de gâcher tout ça par excès de connerie, c'est pourquoi il se promet de trouver la force de camisoler ses sentiments inappropriés pourvu que ça puisse les sauver de la faillite. Heureusement, le môme a toujours été plutôt doué pour faire semblant. Il suffit de voir comme il a réussi à sauver les apparences, à berner tous ses proches en modelant la réalité pour leur faire croire que son couple avec Stan se portait à merveille alors que la seule preuve tangible de leur amour envolé se résumait aux alliances qui cernaient leurs annulaires.

Un semblant apaisé, c'est armé d'un balai, d'une ramassette et d'un sac poubelle que Piero rejoint finalement Chad pour entreprendre silencieusement de ramasser les plus gros morceaux de verre avec précaution. La voix du colosse ne tarde pas à lui faire lever le nez de sa tâche. T'en fais pas, je lui dirais simplement que t'as eu une mauvaise journée, il comprendra, ça arrive à tout le monde. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il n'aura même pas l'impression de mentir au coach. Si Chad n'avait toujours pas mis la lumière sur les événements qui l'avaient projeté dans un tel état de fureur, Piero n'en reste pas moins persuadé qu'il ne s'agit pas là que d'une simple saute d'humeur parce qu'il s'est levé du pied gauche ce matin. Il en faut bien plus que ça pour ébranler le calme olympien à tout épreuve de l'ours. Puis de toute façon, il sait d'avance qu'il pourrait servir n'importe quelle excuse aussi irréelle soit-elle à Mike qu'il pardonnera toujours les écarts de comportement du blond, l'indulgence du coach ayant toujours été élastique quand ça en venait à son fils prodige. Ce qui fait tiquer le rasé, c'est le conseil paternel de Chad qui ne fait rien d'autre que noyer un peu plus le poisson. La vérité, c'est qu'il en a un peu marre qu'on lui dise sans cesse comment il doit se sentir, comme si ça se contrôlait et qu'il pouvait obtenir la paix sur ordonnance. Ca en valait la peine. Il insiste bien sur le verbe, pour montrer patte blanche et prouver au colosse qu'il a bien compris, qu'il conjuguait bien leur amourette éphémère à l'imparfait. Sur le coup, Piero se fiche pas mal de passer pour le môme qui vit dans le passé parce qu'il n'a plus rien à quoi s'accrocher dans le présent parce que c'est exactement ce qu'il est. Deux questions subsistent cependant dans son esprit. Tu m'en veux ? Il choisit de garder cette dernière un peu trop rétorique pour lui-même. L'attitude du colosse à son égard, si glaciale qu'elle pourrait le cryogéniser sur place, y répond d'elle-même. Tu vas lui dire ? Il ignore si Chad et Isaak font partie de ces couples qui n'ont aucun secret l'un pour l'autre mais ce qu'il sait en revanche, c'est que Chad l'ayant repoussé en mari fidèle et aimant, il pourrait ne voir aucun raison de cacher cet incident, de prendre le risque que Coalman le découvre plus tard et cette éventualité affole Piero qui est bien conscient que le PDG n'est pas du genre à faire dans la dentelle et qu'il pourrait très bien décider de sonner le glas de leur relation suite à cette révélation.




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MessageSujet: Re: PIERO + mourir mais pas trop.   
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