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MessageSujet: miles away (deirdre)    Lun 23 Avr - 21:18
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La semelle de ses bottes touche enfin le plancher de sa ville natale. Quelques grains de sable sont encore logés entre les crevasses antidérapantes, comme si elle n'allait jamais pouvoir se débarrasser de cette épopée lointaine qui a failli lui coûter la peau. Sa guitare dans une main, son sac à l'épaule, son cuir au fond de son sac, Sway foule le béton appréhendant certaines retrouvailles. Elle a dit aurevoir à personne, et c'est pas la première fois, mais aujourd'hui, elle est assez sobre pour s'inquiéter de ceux laissés derrière. Son coeur est pas assez solide pour frapper à la porte de Sloane, ou même pour faire face à Aidan. Elles ont été là, quand elle avait besoin, et elle a même pas su laisser un mot, un quelque chose, un merci symbolique. Sway a la tête pleine de cartes postales mentales jamais envoyées. C'est un jour de semaine, et logiquement, elle devrait trouver sa pote les avant-bras jusqu'au coude dans un engin de bagnole. Le garage est probablement ouvert depuis déjà plusieurs heures, et ça s'active en arrière. Sway se pose dans la salle d'attente, voulant pas déranger, gardant l'oeil ouvert pour le moment où quelqu'un passera. Ses sacs sur le siège d'à côté, elle bouge pas. Elle a meilleure mine, plusieurs semaines au soleil lui ont ravivé le teint blafard réservé aux créatures nocturnes, et les longues journées à marcher lui ont ouvert l'appétit, enveloppant un peu ses os. Sway ne sait pas ce qui passera ses lèvres, elle sait même pas si les gens se sont aperçus de son absence, mais c'est rarement elle qui fait le premier pas, à débarquer chez les gens, et la voilà, contre toutes attentes, sur la propriété de Deirdre, avec sa vie en sacs et son coeur à vif.  
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MessageSujet: Re: miles away (deirdre)    Lun 23 Avr - 21:37

Le garage était très calme est c’était pas plus mal. C’était très mâle en fait, pour dire la vérité. Art et Al s’affairent à la vitesse d’êtres humains, et Deirdre ne le leur reprochait pas. Le temps avait fait en sorte qu’elle travaille avec le moins de monde possible, mais mieux, et cela lui convenait. Ainsi, avant qu’elle ne lève les yeux de la caisse sur laquelle elle était en train de travailler, personne ne pouvait accueillir Sway posée là comme une peluche qu’on venait de retrouver dans la cave, car trop affairé au travail.
Le goût amer de la clope sur la langue appelant l’envie de fumer, Deirdre se redressa, fit craquer ses reins comme il valait mieux ne pas le faire et essuya comme elle put ses doigts gris de cambouis sur un torchon qu’elle fit claquer, insatisfaite, sur le bord de la caisse avant de prévenir qu’elle se tapait une pose café clope.

Ce fut en se rendant près de la loge qu’elle la vit, comme un fantôme, comme un mirage. Elle cilla, cligna des yeux plusieurs fois. Le fantôme ne disparut pas, il resta imprimé sur sa rétine.
Il lui passa même l’envie de fumer durant quelques très longues secondes, ce qui était assez rare pour être signalé.

Deirdre gagna la sphère d’attente, son baggy éternel traînant sur le sol à peine nettoyé, ses longs cheveux d’âme damnée caressant ses épaules squelettiques. Deirdre n’avait pas changé, à part peut-être plus ratatinée, plus grise, et bien sûr ces quelques brûlures à l’acide sur le bras gauche, souvenir laissé par Rauera avant qu’elle ne lui transperce la poitrine d’une tronçonneuse.
Sway n’avait rien laissé.

« Bon anniversaire. En retard. » souffla-t-elle.

Hormis peut-être un battement de cœur en trop, toujours conservé au coin de la poitrine, juste pour elle.


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MessageSujet: Re: miles away (deirdre)    Lun 23 Avr - 21:59
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L'air a un goût épais, celui de l'huile à moteur, de la graisse à boulons, de la saleté de la ville qui s'accumule sous les capots. Ça sens la continuité, le genre d'endroit qui ne chance pas vraiment. Les gens auront toujours besoin de roues et de mécanos pour les garder en état de rouler. Sway ne sait pas combien de temps elle est restée là, mais deux prunelles qui ressemblent à la maison croisent les siennes avant d'être balayées plusieurs fois par un rideau de cils. Ouais, elle a remarqué son absence, en déduit Sway, avec un petit pincement au coeur. Ça lui fait quelque chose, même si ce serait plus facile de pouvoir disparaître sans faire sourciller. « Bon anniversaire. En retard. » lance Deirdre, comme une balle qui passe au travers des entrailles de Sway. La brune, elle a les larmes faciles depuis que le barrage a cédé. Et ça en prends si peu pour la tourner en rivière. Deirdre est bien la seule personne à savoir ce genre de détail, même sa mère a oublié, ouais, sa propre mère. Son visage flashe devant les yeux ouverts de Sway, et ses yeux sont humides, mais elle les essuie pas. « oh, ouais, j'avais oublié, c'est vrai, encore un an de plus. » réplique Sway, d'une voix qui chevronne, tremblante  de petites faiblesses qui craquent à chaque son. « tu me connais, je sais jamais quel jour on est. » tente de rigoler la jeune Larsen, mais ça sonne faux. La désinvolture est toute brisée, elle ne trompe plus personne.

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MessageSujet: Re: miles away (deirdre)    Mar 24 Avr - 20:10

Dans l’imaginaire commun, Sway Larsen avait fini par devenir un petit fantôme capricieux, un esprit frappeur. Tu pouvais l’invoquer, mais quelques soient tes efforts, même si tu y croyais très fort, tu n’étais pas certain de la faire venir. Elle ne s’amenait que si elle le souhaitait, comme la chance dans un jeu de dés ou de cartes, un signe de ce qu’on pouvait appeler destin si on voulait croire à quelque chose et qu’on avait abandonné toute religion.
Deirdre croyait en Dieu, mais elle ne croyait pas au hasard. Ainsi quand elle n’avait plus eu de nouvelles de Sway, dont l’absence avait semblé faner les yeux délicats de la belle de son cœur, Deirdre ne s’était pas inquiétée : fille du Bronx, elle savait depuis longtemps que la vermine gangrenait les passants et que ceux qui s’en retrouvaient infectés, s’ils ne crevaient pas ici, finissaient toujours par revenir, inlassablement.
Sway en faisait partie, bien évidemment.
Son fantôme avait hanté chaque coin de rue, chaque cliquetis singulier d’une bouteille de bière se décapsulant, chaque craquement léger de cette clavicule qu’elle avait brisée en sa compagnie voilà deux ans. Il y avait toujours sur le carrelage de la cuisine du 508 l’ombre de leur étreinte sèche au cours de laquelle Deirdre lui avait volé un baiser dont elle n’avait jamais rien révélé à Aidan. Il y avait toujours au bout de ses doigts la brûlure du contact des siens.
Il y avait toujours au coin de ses narines, derrière l’odeur fleurie d’Aidan, la saveur métallique d’Al ou de Daniel, et celle plus épicée, teintée de sang et de fioul de Legence, la senteur de la veste de cuir de Sway Larsen.

Traînant des pieds, Deirdre s’assit à côté d’elle, silencieusement et la regarda retenir ses larmes comme elle ne l’avait plus fait depuis cet accident de moto qu’elles avaient vécu ensemble. Sway et Dei c’était ça : des petits accidents, plus ou moins métaphoriques. C’était un choc, ou une révélation, ou une étreinte, quelque chose qui dans sa banalité affligeante n’était cependant pas comme d’habitude.
Cette fois-ci le choc, ce fut la main de Deirdre se tendant pour replacer une mèche grasse de Sway derrière son oreille, une mèche qui aurait pu être une des siennes tant elles se ressemblaient toutes les deux. Sway ne s’évapora pas. Deirdre pinça les lèvres. Son pouce accueillit sur le coin de l’œil de Larsen cette larme qui aurait du couler et qui mêlée au cambouis dessina sur sa joue émaciée une trace sombre, comme une peinture de guerre.
Sway ne s’évaporait pas.
Et brusquement, ce fut Deirdre qui pleura.


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MessageSujet: Re: miles away (deirdre)    Mar 24 Avr - 21:20
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Le garage pour boîte de carton, à l'abris des regards et des intempéries. Sway s'extirpe de son mutisme des derniers jours, enroulée dans ces derniers kilomètres qui rongent un peu l'âme, dans cette peur au ventre de retomber là où elle était, la vie au bord du vide. Sway n'a pas compté les jours, mais les saisons ont changé. C'était il y a quatre mille kilomètres, cinquante rencontres, un coeur brisé. Et maintenant, Sway attends qu'on lui dise de dégager, qu'elle est partie trop longtemps, qu'on l'a remplacée, qu'on l'a oubliée. Elle s'attends toujours au pire des gens, parce que c'est ce qu'elle croit mériter.

Il n'y a que les doigts humains de Deirdre pour repousser le voile de ses boucles, pour rescaper une larme avant qu'elle ne file, petite peine liquide. Et le flot des larmes de Sway, il commence à s'écouler à travers les yeux de son amie. Deirdre, elle pleure jamais, ou pas devant Sway, pas devant les gens, sauf que voilà. Les espoirs en petits morceaux, Sway s'accroche à Dei, et sa tête glisse dans son cou, et elle se réfugie dans l'odeur de tabac qui lui colle à la peau, comme un parfum d'automne déjà passé. Quatre yeux coulants, deux filles de béton, une amitié d'acier. La jeune Larsen inspire profondément, avant de se barbouiller les joues humides, alors que celles de Dei ont des sillons clairs sur la couche grise du travail salissant qui épouse sa peau. « me fais pas ça, je fais que pleurer depuis des mois, je vais commencer à penser que c'est contagieux. » tente Sway, lâchant pas l'épaule de Dei, comme pour s'assurer qu'elle reste un peu, encore. Sway se mord un sourire au coin des lèvres, tu m'as manqué, qu'il veut dire, traduit du Sway à l'Anglais, mais Deirdre sait parler le Sway, il faut pas s'en faire avec ça.

Le garage roule doucement, le cliquetis des outils, le ronronnement des moteurs, les échos humains. Sway donnerait une petite fortune pour une bière et une clope, mais rien ne chasse la douce euphorie de se sentir à la maison, pas la fatigue ou les fringues d'il y a deux jours, ou les sentiments qui débordent des iris, de tous les côtés du miroir. « tu m'as pas oubliée, j'en déduis. » lance Sway, un sourcil vers le ciel, avec l'envie de se scotcher à Deirdre comme un bébé koala à sa mère, et c'est à peu près ce qu'elle est entrain de faire, ayant empiété sur le siège d'à côté, si bien qu'elles sont maintenant sur la même chaise. Sway passe un bras autour des épaules de Deirdre. « tu termines quand, j'ai besoin de ma dose de toi. » lance la brune, d'un ton qui dit, tu peux rien me refuser.
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MessageSujet: Re: miles away (deirdre)    Mer 25 Avr - 14:37

Son âme comme une bouteille de parfum fracassée contre un mur s’écoulant en traînées brûlantes de ses yeux, nettoyant et tranchant douloureusement ses joues. L’odeur familière de la nostalgie salée et des émotions acides sembla s’en échapper, calmement, comme si cette scène avait toujours eu raison d’être. Deirdre sut que quelque part, au plus profond d’elle, elle l’espérait. Elle espérait ce retour comme celui de tant d'autres, comme elle espérait que Art sourit un peu plus, que Killian débarque avec ses genoux écorchés et son ballon au pied, que son père jaillisse d’une bagnole en dérapage contrôlé pour lui dire que t'inquiète ma fille c'est pas grave que tu lèches du pistil, je t'aime quand même.
Rien de tout ça ne pourrait arriver, pour mille raisons. Mais Sway était arrivée, Sway était là, et ça donnait à Deirdre la force d'y croire.

Passant son bras maigre autour des épaules de cuir de son amie, Deirdre recolla un morceau de son âme d’une étreinte fugace, tremblante et douloureuse. Cette étreinte qui veut dire putain tu me manquais tant, ne repars plus jamais. Elle regarda Sway se mordre la lèvre et elle comprit en même temps qu'elle embrassait son front comme une clé lui donnant accès à son esprit que le manque avait été réciproque.

-Ouais comme ton virus de gouine, plaisanta-t-elle d’une voix rocailleuse.

Elle avait fini par saisir que Sway l’avait contaminée tout entière qu'elle le veuille ou non, comme on attrape un rhume qui ne part jamais vraiment, qui fait mal à la poitrine et qui fait pleurer de temps en temps. A partir de là elle n'avait jamais cessé de l'aimer comme cette sœur qu'elle aurait voulu mais qu'elle n’avait jamais eu, ce morceau d'elle qu'elle avait toujours cherché sans s’en rendre compte que lorsqu'elle la serrait contre elle avec cette inénarrable impression de complétude.

-T'es conne.

Oublier pourquoi faire ? Deirdre ne pardonne et n'oublie jamais. Elle laisse ça aux gentils, elle laisse ça au Seigneur. Elle accueillit Sway sur cette chaise sur laquelle elle tenaient toutes les deux, deux petites enfants aux mères disparues élevées dans la crasse, leurs âmes emmêlées sans honte. Deirdre aurait voulu faire l'amour à Sway pour garder un plus profond souvenir d'elle si elle venait à disparaître encore, parce que c'était son corps qui lui rappelait physiquement toutes ces choses de la vie mais non, Sway était pure, Sway était intouchable.
Sway ne rimait pas avec douleur.

-J’prends ma pause. Va dans la loge y'a de la bière dans le frigo. Attends moi devant, dehors, j’arrive.


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MessageSujet: Re: miles away (deirdre)    Mer 25 Avr - 21:15
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De loin, ça peint un portrait confus, une esquisse impossible à décrire. Elles sont quoi, soeurs, amies, amantes, l'une sur l'autre, les joues humides, les petites agonies au bout des doigts. Bienheureux que Sway en ait rien à balancer, de ce peuvent penser les gens. Elle a plus assez de coeur pour se soucier de ça. Elle gratte quelques conneries à sa nuque, agitant ses boucles comme un chien qui s'ébouriffe. Une coupe de cheveux ne lui ferait pas de mal, mais c'est pas au programme. « -Ouais comme ton virus de gouine » lance Deirdre, un sourire dans la voix. « tu sais, t'étais pas mal quand je t'ai rencontrée, mais depuis que tu traînes avec moi, tu te rapproches de plus en plus de la perfection. » relance Sway, sachant bien qu'elles ont pas les mêmes idéaux, et que c'est pas tout le monde qui verrait la situation de cet oeil, mais voilà, Sway c'est pas tout le monde.

Sway avait laissé un truc, dans le bronx, et Deirdre semble l'avoir gardé précieusement, ce sentiment d'exister un peu, dans l'univers d'autrui, de pas être un grain de sable sans importance. Parce que après la scène avec sa mère, on peut pas dire que la brune se sentes désirée dans cette existence. Il y a des craques à l'âme que bien du papier collant ne pourra jamais remettre en état. « T'es conne. » l'envoie promener Dei, et Sway craque entre deux conneries. « il y a des choses qui changent pas. » la rassure Sway.

Comme si elle lisait dans ses pensées, Dei lui réponds ce qu'elle voulait entendre. « J’prends ma pause. Va dans la loge y'a de la bière dans le frigo. Attends moi devant, dehors, j’arrive. » Deirdre file un peu plus loin, probablement s'assurer que tour tourne comme il faut à l'arrière. Sway trouve sans problème le frigo, en extirpe deux bières fraîches, puis tire sa guitare et son sac à sa suite, par habitude de ne rien laisser derrière. La jeune Larsen fout tout contre le mur et décapsule les deux bières, attendant Deirdre qui fera surface sous peu. Son dos contre le mur de brique, dans ses vêtements qui ont fait la guerre, Sway repousse une vague de boucles rebelles, le soleil dans les yeux, avec l'intention de se procurer des lunettes fumée au prochain coin de rue, si elle veut pas passer l'été aveuglée. Ça change, de vivre de jour. Sway a séché sa gueule, et il n'y parait rien, si ce n'est les traces de doigts laissées par Deirdre partout où elles se sont collées, il y a quelques instants à peine.

Sa meilleure la rejoint enfin dehors, et Sway lui tends la bière sortie à son intention, avant d'y cogner la sienne. « à ma connerie. » qu'elle trinque cyniquement, posant le goulot de la bouteille à ses lèvres. « Je suis un peu partie sur un coup de tête, en me disant que ça serait mieux ailleurs. » commence Sway, pas très douée pour expliquer ce qui se passe dans cervelle. « J'ai fait du pouce jusqu'en Floride, c'est là qu'habite ma mère. » qu'elle continue, sachant pas trop ce qu'elle a laissé filé en présence de Deirdre depuis quelques années, mais elle parle pas souvent de ses vieux, c'est pas un sujet qui lui plait. Sauf que là, il faut que ça sorte, que ça soit dit tout haut, pour plus y penser, pour mettre ça derrière. « Elle a jamais essayé de me retrouver, elle a jamais dit à sa nouvelle famille que j'existe et elle m'a proposé de l'argent pour se débarrasser de moi, oh, et elle s'est teinte en blonde, si un jour je fais la même erreur, achève-moi à coup de pelle, merci. » continue Sway, comme si c'était important, la couleur de ses cheveux. Ses yeux ont trouvé ancrage dans un panneau de signalisation, de l'autre côté de la rue, et ça lui fait peur de s'en décrocher. « oh, et je lui dit qu'elle était plus ma mère. » lance la jeune Larsen, soupirant bruyamment, revivant la scène au fil des mots. « et vu que mon père est mort l'an passé, bah c'est comme si j'étais orpheline, au moins je sais qu'il faut plus les attendre, ça règle la chose. » déclare Sway, au fond de sa bière. Ayant pris le courage liquide pour continuer de laisser couler ses mots.
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MessageSujet: Re: miles away (deirdre)    Ven 27 Avr - 22:23

Poussant un bidon qui a contenu on ne sait quoi du bout du pied, Deirdre s’y installa comme sur un rocking chair design, steampunk ou industrial, ce que tu veux, balançant son cul trop pointu du bout de ses talons plantés dans le sol qui la font aller d’avant en arrière, attestant du fait que même assise à boire une bière et à fumer la pipe, Deirdre demeurait tout de même hyperactive, incapable de rester parfaitement immobile. Elle avala une gorgée de la pisse bon marché par réflexe avant de ployer en avant pour la poser sur le sol, le temps de tirer sa pipe de sa poche et de la déposer, seul souvenir tangible du paternel, sur sa cuisse trop fine. Le tabac s’emmêlait entre ses doigts tandis qu’elle écoutait Sway parler, Sway qui pourtant taciturne d’ordinaire a semblé trouver quelque part une langue dans laquelle s’exprimer, et ce qu’elle lâcha ne fut pas rien, bien au contraire.
On parlait peu de la famille au Bronx, bien souvent parce qu’on n’en avait plus du tout.

L’irlandaise termina de bourrer sa pipe avec un caractère méticuleux qui tranchait la brusquerie avec laquelle elle agissait la plupart du temps ; on y retrouvait là le soin apporté à l’organisation des entrailles de moteurs dans la bouche desquels elle se glissait chaque jour, sans jamais savoir si elle allait en sortir avant la tombée de la nuit.

« On revient toujours. » commenta-t-elle avant de caler sa pipe entre ses dents, cherchant des allumettes.

Le Bronx déposait le brouillard dans l’esprit, la crasse sous les ongles et la rage dans le cœur comme  une puce qu’on alimentait de l’énergie rude qui circulait dans les rues sales et qui une fois qu’elle n’était plus suffisamment sustentée, hurlait à la mort comme un chien battu jusqu’à ce qu’on fasse demi tour et qu’on la gave de nouveau de violence et de haine, de mort qui toujours guette comme un vautour dans un coin de rue.
On pénétrait au Bronx et on emportait un peu de lui avec soi, le plus souvent dans la tombe.

« Mon père sait pour Aidan. » souffla Deirdre à travers sa fumée une fois que sa pipe fut allumée. « Il m’a envoyée me faire foutre et veut plus voir ma gueule. Ma mère est morte y’a deux ans. Du coup ouais, c’est pareil. »

On apprenait vite de toute façon ici qu’on choisissait sa famille ; réflexe élémentaire de survie si on ne voulait pas sombrer dans la folie.

« Avant de disparaître tu attends que j’me marie, steupl. » lança-t-elle comme une balle, se penchant négligemment pour reprendre sa bière.


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