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MessageSujet: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Lun 23 Avr 2018 - 10:41

deirdre & chad

Des semaines qu'il n'est plus venu le voir.
Des jours entiers passés à s'en vouloir, à retourner dans sa tête les derniers moments passés à ses côtés. Chad se souvient des couloirs interminables de l'hôpital alors qu'on l'avait appelé pour le prévenir.
L'homme que vous aimez est dans un état critique.
Critique, comment ? Il y a des tas de façons d'être critique. Même lui l'est, en ce moment, critique. Il avait tout laissé tomber, sur le champs : ses élèves, l'école, son boulot, sa respiration, son cœur en lambeaux alors qu'il avait sauté dans le premier taxi pour le rejoindre. On ne lui avait pas autorisé à le voir de suite alors que personne ne pouvait le renseigner exactement.
Calmez-vous monsieur. Mais comment voulez-vous que je me calme ? Avait-il rétorqué, la gorge desséchée, le cœur au bord de lèvres, la mort aux tripes comme si on venait l'ouvrir sans lui demander sa permission pour lui voler une partie de lui beaucoup trop importante pour s'en séparer. Chad ne sait même pas comment il avait fait pour tenir debout toute la nuit sans ressentir les effets de la fatigue. Alors qu'il marche en direction du cimetière, ses mains remettent en place son pull enfilé spécialement pour l'occasion ; celui qu'Eros préférait le voir porter. Et lui, qui se sentait toujours un peu minable et ému de pouvoir lui plaire plus que tout en enfilant simplement un morceau de tissu.

Le souvenir de sa minuscule chambre d'hôpital le frappe. Une pièce blanche avec au milieu, l'homme le plus solide du Bronx rendu à l'état de légume, incapable de bouger, de parler, dont la respiration ne tenait qu'à une machine. Le bruit de la technologie qui le maintenait en vie l'avait cloué sur place alors que ses mains rejoignaient le corps chaud de son amour pour tenter de lui transmettre un semblant de vie tandis que celle d'Eros désertait lamentablement son corps. Mais à défaut de pouvoir le sauver, tout ce que Chad désirait, était qu'il ressente combien ce monde des vivants pouvait l'aimer. Qu'il puisse s'en aller avec la tranquillité d'un amour qui ne le quitterait jamais, lui.

Le grand portail imaginaire s'ouvre et se referme derrière lui, le happe dans ce monde des morts. Tout ce que Chad ressent sur le moment, c'est cette sensation de paix intérieure, comme si s'arrêtait à cette porte l'avancée des démons et des vices des vivants. La respiration saccadée, le blond se retrouve à appréhender le moment où son regard se posera sur cette tombe laissée seule trop longtemps. Et à mesure que le géant avance, il y a cet autre souvenir qui refait surface. L'appel en pleine nuit alors qu'il avait laissé Eros quelques heures plus tôt en lui promettant de revenir demain, en suppliant une dernière fois les infirmières de prendre soin de lui, de le lui ramener plus solide et sauvé que jamais. La fin, incarnée dans une sonnerie de téléphone qu'il avait changé le soir même pour ne plus jamais en entendre parler.

Tandis qu'il se penche pour déposer une rose d'un rouge vif sur l'emplacement où se trouve son amour, Chad a la sensation de retourner quelques mois en arrière alors que son corps se lovait contre le sien, mort, froid, usé jusqu'à la moelle. Le colosse ne sait même pas combien de temps il était resté là, à simplement profiter de sa présence physique avant de le voir disparaître dans une chambre froide comme s'il n'était qu'un morceau de viande. Fébrile mais courageux, le blond tourne la tête en entendant derrière lui des bruits de pas pour adresser à cette silhouette un faible sourire.
Ici, plus que nulle part ailleurs, l'homme a la sensation que tout le monde est logé à la même enseigne. Que la douleur de cette vieille dame au loin est identique à la sienne, à celle de cette personne qu'il fixe sans spécialement sans rendre compte, un peu déconnecté de ne plus savoir comment réagir. Une douleur vive lui prend à la tête alors que Chad s'avance pour tenter de quitter les rangées de cadavres qu'il imagine sans difficulté sous ses pieds. Là, son corps vacille doucement  alors qu'il attrape au vol le regard de cette présence inconnue à ses côtés. Excusez-moi, vous n'auriez pas quelque chose à manger ? Peut-être qu'il fait une hypoglycémie, cela le rassurerait de manger du sucre même si ce serait plus psychologique qu'autre chose.
C'est peut-être pour cette raison, finalement, qu'il ne venait plus ici.
Son cœur s'emballe un peu mais il reste droit, ne contrôle juste pas sa peau devenue si pâle.
Pardon d'avoir continué sans toi.





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Dernière édition par Chad Graham le Lun 23 Avr 2018 - 12:03, édité 2 fois

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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Lun 23 Avr 2018 - 11:12
Bjr monsieur je me permets.  Rolling Eyes



« Savez-vous ce que notre Seigneur pense de ces déviances mentales ? »


C’est de ta faute. songea sèchement Deirdre, ses yeux gris rivés sur la pierre tombale de son ancien amour, le seul le vrai, comme elle aimait à le penser jusqu’à l’année dernière, jusqu’à ce qu’Elle arrive dans sa vie et y foute le bordel comme une bombe tombe sur une petite ville tranquille, bien rangée et ne demandant à personne.
Bien sûr, ce ne pouvait être que de la faute de Daniel. S’il n’avait pas disparu à la suite de ses conneries, dans cette ruelle sombre, s’il n’avait pas craché les dernières gouttes de sa substance vitale dans le caniveau où on l’avait laissé pour mort, Deirdre ne se serait pas ainsi perdue. Elle n’aurait pas ouvert les cuisses au péché mortel. Elle aurait peut-être même encore son fils. Accroupie juste devant la pierre tombale, elle donnait l’impression de pisser au visage de son ex-mari, ses pieds appuyés au niveau de ses épaules qui depuis le temps, devaient avoir été rongées par toute la vermine grouillant sous terre. De la pipe semblant déposée là, juste au coin de sa lèvre, s’échappait une fumée bleuâtre qu’elle avivait d’un souffle un peu plus court, comme il était coutume de le faire quand le tabac, noyé sous la cendre, arrivait à sa fin.

Quelqu’un vacilla à ses côtés. Deirdre relèva la tête, cilla un instant : putain c’est qui qui vient la faire chier là, pour une fois que c’est pas le contraire ?!

« Euh... »

C’était bien la dernière personne à laquelle il fallait poser ce genre de questions. Et puis elle se souvint qu’Aidan tentait régulièrement de tromper la maigreur de son amante en glissant des trucs dans ses poches sans lui dire.
S’appuyant sur ses genoux, Deirdre se redressa, mettant fin à la tourmente de ses trop longs cheveux qui traînaient sur le sol humide et que les morts aurait pu finir par attraper pour jouer avec. C’est qu’on doit s’ennuyer, sous terre.
Deirdre repoussa la kalach en travers de son dos et farfouilla dans son baggy qui émit une série de tintements. Elle en sortit un genre de barre protéiné de ouf, un truc glissé là peut-être pour éviter qu’elle tombe dans les pommes après un combat.

« Tiens. Comme ça j’pourrai faire croire que j’l’aurai bouffée. »


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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Lun 23 Avr 2018 - 12:01
:l:

deirdre & chad

Lui poser cette question l'aide à reprendre ses marques malgré cette tête qui lui tourne toujours et cette douleur qui tape contre ses tempes. Est-ce qu'il est en train de tomber fou ? Peut-être, à moins que ce ne soit déjà fait depuis longtemps mais que son corps, cette immense silhouette musclée ne retienne toutes les nuances qui le composent par sa force. Un mur de chair, voilà ce qu'il a la sensation d'être, là, au milieu des tombes silencieuses et des corps invisibles pourtant plus reliés que jamais aux vivants. Il doit y avoir des fils invisibles qui sortent de la terre pour s'attacher à chaque personne foulant cette terre. De minuscules fils pour faire le lien entre les deux univers, pour permettre à la mémoire de ne pas oublier et à la mort de culpabiliser.

Son regard plonge dans le regard de la jeune-femme alors qu'il se perd un instant sur les traits fins de son visage, sur cette silhouette si fluette qu'il s'en voudrait presque de lui demander à manger, lui, si fort, si imposant. Et elle lui tend malgré tout une barre énergisante qu'il attrape de ses doigts malhabiles. On peut faire moitié moitié si vous voulez. Qu'il lui dit dans un sourire, pour sa conscience et la sienne. Dans son état, Chad ne tarde pas à ouvrir ce qu'il tient entre les mains pour manger quelques bouchées tout en se rendant compte que la nausée aussi est en train de le tourmenter. Merci. Il l'avait oublié, ce petit mot magique dont sa mère lui bourrait le crâne lorsqu'il était môme et que dans sa fougue, il oubliait parfois de prononcer. Aujourd'hui, le géant est tellement loin de toutes ces années tranquilles qu'il semble s'être perdu, avoir échoué tant de choses au court de sa vie que plus rien ne semble rattrapable.

C'est idiot mais soudainement, il ressent ce besoin de parler, de lâcher des mots pour minimiser sa peine et ce poids lui écrasant la poitrine. Sur le coup, à peine s'il se rend compte de ce qu'il est en train de lui dire. Le voilà avec ses gros sabots, qui s'immisce naturellement dans la vie d'une inconnue alors que son regard se rend compte soudainement de la pipe qu'elle tient entre ses lèvres. Tous les détails qui la définissent commencent à peine à se dessiner, à la rendre réelle. Votre frère ? La question est bête, il s'en rend compte mais il a besoin de savoir, de creuser en elle pour comprendre quel lien la retient à ce fantôme, depuis combien de temps le deuil l'assomme maintenant, s'il est possible de s'en sortir ou du moins le rendre plus supportable. A ça, il coupe encore du bout des doigts un morceau de la barre énergisante et en mange une bouchée.
Il n'est même pas gêné, ni stressé.





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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Lun 23 Avr 2018 - 12:25

Avec sa carcasse massive le mec lui donna immédiatement l’impression d’un de ses adversaires de combat aux arènes de rue, ceux qu’elle se prend dans la gueule une fois que les petits minets ont tous bien flippé leur race d’avoir voulu faire les gros durs, et qui viennent non pas pour du sang et des larmes, mais bien pour régler quelque chose, avec les autres, avec eux-mêmes. Ainsi Deirdre recula naturellement d’un pas, remontant d’un petit mouvement du pouce la bandoulière qui faisait pendre l’AK que Slavenko lui avait offerte dans son dos, et dont la peinture rose de mauvaise qualité tâchait parfois ses vêtements et sa peau. Il ne lui serait pas possible de dégainer et de décharger les enfers, mais s’il lui voulait du mal, elle saurait fuir assez rapidement.
Malgré tout, le mec avait l’air suffisamment mal en point pour qu’elle baisse un peu sa garde ; trop grand et massif toutefois pour qu’elle annihile sa méfiance.

« Nan nan vas-y t’inquiète pas. »

Quand bien même elle aurait faim, l’ambiance du lieu et la portée religieuse qu’il a pour elle lui aurait de toute façon complètement coupé l’appétit. Elle cilla quand il la remercia, songeant avec un soulagement infime qu’il demeurait encore dans ce monde quelques âmes suffisamment polies pour qu’on puisse les considérer comme humaines. Toute sa vie, Deirdre n’avait fait que donner, donner le maximum sans rien prendre, sans rien n’attendre en retour. Elle avait tout donné à son père, à Daniel, à son fils, tout ça pour que l’un la renie, l’autre décède, le dernier lui soit retiré par les services sociaux. Elle donnait tout encore aujourd’hui à ceux pour qui elle taffait.
Elle prenait juste des vies en retour ; juste salaire des crimes.
Son regard roula sur la pierre tombale. Ouais, Daniel aurait pu être comme un frère. Mais tous ses frères n’étaient plus là. Jamais. Ils vivaient encore, mais loin. Loin de la merde, et ils avaient raison.

« Mon mari. »

Le mot dansa sur la fumée qui s’échappait de sa pipe, s’étiola dans l’atmosphère damnée ; il lui sembla que ça faisait un temps fou qu’il n’avait pas passé la barrière de ses lèvres. Deirdre renvoya la balle d’un regard.

« Et toi ? »


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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Lun 23 Avr 2018 - 14:12

deirdre & chad

Mon mari.
Boum, ça tombe comme ça, comme un cheveu sur la soupe. Quelque chose se passe dans le corps du colosse alors qu'elle se recule de lui par sécurité, qu'il ne s'en offense pas. Son mari, Chad. Sa gorge se noue alors qu'il sent son âme irrésistiblement attirée par la sienne, comme happée par ce qu'elle vient de lui dire. Deux mots pour mettre en éveil un partage qui le rassure. Il n'est pas seul. Non, bien sûr mais de là à parler de sa peine, sans filtre, sans crainte ? Non, il ne le fait jamais, même pas auprès d'Isaak qui ne tenterait pas de le comprendre. En réalité, lorsqu'on entre en deuil, on a la sensation d'être différent et les personnes tout autour se mettent à vous considérer autrement là où vous désirez qu'elles vous traitent avec simplicité. Il manque de s'étouffer, déglutit difficilement.
Cette fois, son regard se concentre sur le papier vide de la barre avant de le mettre dans sa poche.

Instinctivement, son menton se tourne vers la tombe où il imagine sans difficulté le prénom de son compagnon incrusté dans la pierre. Ultime signe qu'il a réellement existé, que tout ça n'était pas qu'une illusion de son esprit. Mon compagnon. Qu'il finit par avouer. Son compagnon, oui, alors qu'aux yeux du monde il n'était rien, que certains l'aperçoivent parfois debout devant cette tombe sans connaître le véritable lien qui unissait le mort et le vivant. Il n'est rien, Chad, et pourtant, c'était certainement lui qui avait passé le plus de temps à le veiller, l'embrasser, chérir le peu de vie qu'il restait en Eros dans l'espoir de le voir rouvrir les yeux, pourrir le monde de son mauvais caractère. Chad lui adresse un sourire alors qu'il imagine maintenant facilement l'arme dans le dos de la jeune-femme. Un frisson traverse son être à cette image. Avant il ne les craignait pas mais depuis que sa jambe porte les séquelles de l'une d'entre elles, le colosse peine à les supporter sans subir ce frisson là. Ses mains tremblantes s'enfoncent dans ses poches alors que l'effet du sucre sur son corps lui donne la sensation d'aller un peu mieux.
Il n'a pas le choix de toute façon.

Enfin, il ose à nouveau fixer la plaque, les dates inscrites et se met à compter les mois qui les séparent de celle de sa mort. Il fronce les sourcils, serre sa mâchoire et, incapable de la laisser tranquille reprend à nouveau la parole. Sa voix est basse, vieux réflexe. Comment fais-tu pour vivre avec? Il tente d'être clair mais sent bien qu'il est vague, comme celle dans sa tête, comme celle qui lui donne la nausée. Chad flotte dans un océan alors que ses yeux glacés de leur douleur transpercent ceux de l'inconnue. Je veux dire, y a des jours où je peux faire avec mais d'autres … je me sens tellement vidé, comme si j'avais plus qu'à tout reprendre à zéro. Il lui avoue cette faiblesse pour tenter de lui faire comprendre où il veut en venir. Est-ce qu'elle a souffert au point de se sentir prisonnière de son propre corps ? Et si l'organisme mettait naturellement en place un système d'autodéfense ? Comment fait-elle pour tenir debout avec cette allure si fière, si forte ? Il voudrait pouvoir retrouver cette puissance. Parfois même, il a la sensation d'y arriver mais le lendemain, tout dégringole.
Est-ce qu'elle vit avec son deuil ou contre son deuil, comme lui ?
Ses pupilles électriques la sondent alors que ses muscles se crispent. Dans son silence, il tente de lui parler en oubliant que seule la perte d'un être cher les connecte l'un à l'autre.





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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Lun 23 Avr 2018 - 20:18

L’autre mit un temps infini à réagir, laissant songer Deirdre avec amertume qu’il était sans nul doute un de ces gros lourdauds qui allaient essayer de la consoler parce qu’elle était fragile, parce qu’elle était une femme, parce que je te comprends tu sais, c’est dur mais si tu veux je peux te consoler. Tu parles. Personne ne pouvait comprendre, surtout parce qu’elle-même ne pouvait pas expliquer de manière éloquente toute la singularité de la relation qu’elle avait menée avec Daniel, de leur première rencontre à leur mariage en passant par le gamin, par les coups, par la taule, par la demande de divorce, les retrouvailles, les engueulades.
La mort.
Le sac mortuaire.
A qui, et comment tu expliques que la mort de quelqu’un était à la fois un irrépressible soulagement en même temps qu’une déchirure infâme ? Comment tu expliques que tu essaies tantôt de le retrouver dans chaque homme qui te témoigne un peu d’attention, tout en le fuyant jusqu’à te perdre entre les cuisses d’une femme ?
Tu l’expliques pas.
Tu la fermes.

Deirdre cilla à peine lorsqu’il répondit à sa question, tira juste ce qu’il faut sur sa pipe comme on tire sur une corde afin qu’elle nous rapproche un peu plus de la mort. Un an plus tôt, elle aurait sorti son AK pour tirer dans la tête de l’inconnu et dépouiller cette terre sainte d’une miette de pédale de plus, une âme de pécheur à qui elle se chargeait de donner le salut.
Mais aujourd’hui elle pleurait sur la tombe d’un homme alors qu’elle va se marier avec une femme.
Qu’est-ce que tu veux qu’elle fasse.

Elle leva les yeux au ciel à la question du gars comme si Daniel allait subitement descendre des nuages. Ou Ario, ou Meredith, ou Bob, ou Rauera. Tous ceux dans les bras desquels elle s’est perdue en essayant de retrouver ne serait-ce qu’une larme de foutre, un angle minuscule, un simple coup de reins pouvant atteindre le talent de Daniel.

« Je me suis accrochée au Seigneur. » répondit-elle très sérieusement.

Si ce n’était pas Aidan Williamson qui la portait, Deirdre se serait mise à triturer la croix en argent, symbole de sa foi pleine et entière malgré son péché mortel, autrefois attachée autour de son cou. Au lieu de cela, elle tira sa pipe de ses lèvres pour parler de manière plus intelligible.

« Après un truc pareil tu vis pas, tu survis mon pote. Tu fais pas avec, tu fais sans. T’es vide. Un vide impossible à remplir. T’essaies pourtant. Les hommes, les femmes, la baise, le café, la came. La vitesse, la douleur. Le combat, la douceur. T’essaies mais tu retrouves pas. T’es déjà mort. C’que tu fais après, c’est du bonus. »

Ce bonus c’était toutes ces armes vendues, toutes ces vies prises, tout ce sang versé en arène, ces grenades dégoupillées. Seule Aidan avait réussi à rallumer une flamme dans cette obscurité incroyablement épaisse creusée par la mort du seul homme qu’elle ait jamais aimé.
Et le pire, le pire dans tout ça : c’était que le seul mec qu’elle avait rencontré par la suite, le seul et unique putain d’enfoiré qui avait strictement et impérialement réussi sur toute la ligne à provoquer chez elle autant de désir que de haine était gay.

Le regard de Deirdre se posa de nouveau sur le corps de l’inconnu, qu’il lui aurait probablement suffi de frapper avec sa hargne inhumaine pour le mettre à terre à jamais. Pour oublier l’espace d’un instant la propre douleur de cette absence, de cette vacuité éternelle.

« Ca fait combien de temps ? »


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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Mar 24 Avr 2018 - 17:23

deirdre & chad

Le deuil. Ce travail de longue haleine qui te quitte jamais vraiment. Il y a ces moments où tu pourrais en vouloir à la terre entière, où même la couleur du ciel, la façon dont le vent souffle, celle dont les feuilles dansent peut t'énerver. Puis il y a aussi ces instants encore plus atroces où toute cette haine se retourne contre toi. Elle te saute au visage et c'est là que commence la véritable douleur : celle de t'en vouloir, de te détester, de chercher des solutions, des accusations qui te disent que tu n'as pas su protéger la personne que tu as perdu.
Mais Eros n'avait pas besoin d'être protégé. Il n'avait pas besoin qu'on sorte les armes pour lui, qu'on lui mette des chaînes pour l'empêcher de quitter le jardin et se faire tamponner par la première voiture qui passait.
Chad était impuissant face à son tempérament trop rapide pour pouvoir y faire quelque chose. Le plus dur est de se faire au changement brusque ; passer de la vie dans toute sa splendeur à la mort froide, que même un manteau ne saurait pas réchauffer. Il était là, grouillant de vie jusqu'à ce que cette balle se loge dans son corps et le mette à terre. Un corps solide comme ça, ça devrait être indestructible, ça devrait pouvoir résister à l'épreuve des balles.

Les paroles, brutes, sincères, réalistes s'insèrent en lui comme des piqûres insupportables. Chad en souffre, la réalité qu'elles dégagent lui font un mal de chien. Elles le narguent. Tu crois que c'est parce que tu vas te marier que tu vas t'en sortir ? L'absence sera toujours là, quelque part, simplement imprégnée de ton être pour qu'on ne puisse pas la saisir. Le colosse la fixe de ses yeux fades sans ouvrir la bouche, subjugué par cette force qu'elle dégage, qui impose naturellement le respect. Elle lui rappelle étrangement sa grande sœur, suffisamment tête brûlée pour ne pas se laisser faire au milieu des brutes qui composaient leur enfance.

Le seigneur. C'est idiot mais lui aussi lève les yeux en même temps qu'elle, un peu comme si le ciel allait s'ouvrir en deux et lui donner la solution, dégueuler ses entrailles pour ne pas lui donner seulement de la force à lui mais au reste du monde. Mais rapidement, l'intensité dans le regard de la jeune-femme lui rappelle que les choses ne sont pas si simples, que si l'on veut espérer le soutien d'une force supérieure, il faut savoir l'aimer et la chérir. Chad a tellement d'âmes à réparer ici bas qu'il n'a jamais trouvé le temps de se pencher sur celle qui danse au dessus d'eux, masse invisible dont la dévotion de ses croyants te cloue sur place.

Ce qu'elle lui confie le ramène inévitablement à ces longs mois de vide et douleur à ne penser qu'au moment où il pourrait avaler des calmants en plus pour anesthésier ses pensées sans en finir totalement. C'était pas de la vie, elle a raison, non on peut pas appeler cet état de léthargie de la vie. Tu sais, ce moment où ton organisme dit stop et refuse toute coopération. Il connaît cette sensation et l'entendre sortir de la bouche d'une autre, avec un timbre de voix différent que ses pensées, ça lui fout une claque. Une claque monumentale comme tu t'en chopes peu. Chad en oublie qu'ils sont plantés depuis cinq bonnes minutes devant une tombe au nom d'un mari dont la perte a causé une douleur incommensurable.

Ca fait combien de temps ?
14 Octobre. La date de la fin, le jour de sa propre fin, de l'arrêt immédiat d'une partie de son être qu'il sent moisir un peu plus chaque jour. C'est comme être atrophié, ne plus avoir toutes les mêmes sensations qu'avant, accepter d'en perdre en sachant qu'elles ne reviendront jamais. L'impression de vide, profonde, creuse, à la limite du supportable. Six mois. Déjà six mois. Chad se demande comment le temps peut passer aussi vite alors qu'il le passe à le subir. Sa gorge se noue un peu, il se la racle pour trouver de l'oxygène, se laisser le temps de chérir les mots de l'inconnue, leur donner du sens, les mémoriser. Une partie de ses émotions se verrouille instinctivement pour laisser à sa voix la dignité de ne pas trembler. Ce bonus ouais … ça le fait soupirer, ses pensées se livrent bataille. Connasses. Je pense que c'est à cause de lui que je suis ici. Il inspire, calme, dans le contrôle total de ses émotions alors que son corps guérit petit à petit de sa tête qui lui tourne. Je suis ce genre de con qui culpabilise de vivre alors que l'autre ne peut pas. Logique complètement erronée je te l'accorde sinon le monde s'arrêterait de tourner. Tu trouves pas? Refaire sa vie maintenant, si tôt, le fait culpabiliser. Mais une part de lui se dit, si c'est pas maintenant, ce sera quand ?
Jamais n'est plus une possibilité à envisager.
Jamais, c'est une définition que l'on donne au mort, un mot qu'on leur accorde : tu le reverras jamais, il reviendra jamais, plus jamais tu n'entendras sa voix.
Jamais, quelle merde.





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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Mar 24 Avr 2018 - 18:52

Six mois.
Deirdre tenta de calculer ce que cela représentait dans sa vie de femme si tant est qu’elle en avait encore une aujourd’hui. Six mois c’était plus de la moitié d’une grossesse. Six mois c’était un peu plus que ce qui la séparait de son fils qu’on lui avait brutalement arraché au terme d’un an de procédures ayant fait suite à la mort de son mari. Ca ferait bientôt six mois que Tucker s’était marié, lui qu’on aurait cru voir croupir en prison jusqu’à la fin de sa foutue vie tant il l’avait ratée. Ca ferait bientôt six mois que Deirdre était sortie de l’hôpital psychiatrique où elle aurait cru (dû) sincèrement rester.
Six mois ça faisait très peu et beaucoup à la fois. Finalement Deirdre arriva très vite à la conclusion qu’elle ne pourrait pas comprendre la douleur de celui qui lui faisait face, pas plus qu’il ne pourrait comprendre la sienne. Tout le monde devrait penser comme elle.

Mais elle n’avait pas attendu six mois pour recommencer à vivre, bien au contraire ; elle se faisait Ario quelques semaines plus tard à même le sol du garage et il aurait pu lui faire un gosse si son corps complètement détraqué par la caféine, la malnutrition, les combats et l’anxiété fonctionnait encore correctement. Non, elle n’avait pas attendu. Deirdre n’attendait jamais, Deirdre ne se faisait pas d’espoir, Deirdre ne rêvait pas, car dans son petit être squelettique pulsait indéfiniment cette rage de vivre qui la faisait encore, étonnamment, tenir debout.

« Pourquoi devrait-on culpabiliser de vivre puisqu’une partie de nous est déjà morte ? » demanda Deirdre à la fois à l’homme et à elle-même, sans attendre particulièrement de réponse.

Si elle devait culpabiliser de vivre à chaque mec dans la tête duquel elle tirait une balle, à chaque grenade qu’elle balançait dans une cave pour en faire sortir ses guêpes d’adversaire, à chaque barre de fer qu’elle abattait pour de bon sur une nuque aux arènes de rue, Deirdre n’aurait jamais fini de faire son procès. Son procès l’attendait près du Seigneur, quand elle fermerait définitivement les yeux, parce que c’était son boulot.
Pourquoi se prendre la tête à mâcher le taf de quelqu’un d’autre alors qu’on pourrait tituber encore un peu sur la corde sensible de la vie, et se moquer des petites âmes trop faibles en dessous de nous qui elles ont encore tant à perdre ?

« Mais ouais comme tu dis : le monde s’arrête pas de tourner. »

Comme elle avait arrêté de tirer sur sa pipe, cette dernière c’était alors éteinte et elle ne chercha pas à la rallumer. Les yeux rivés sur la tombe de celui qui avait tout mérité jusqu’à sa déchéance mais qu’elle aimait quand même, Deirdre passa le cul de la pipe encore chaud contre sa joue, songeusement, comme un doudou. Elle inspira l’odeur des cendres, l’odeur du tabac brûlé qui se mêlait à cette de la mort. Pas la mort palpitante, pas celle du corps encore présent qui a lutté jusqu’au bout, non : l’odeur de la pierre froide et de l’absence.
Ceci fait, elle plongea ses mains dans ses poches et ses petites épaules s’affaissant donnèrent l’impression du poids – avéré – de la kalachnikov rose qui pendait dans son dos.

« J’ai eu l’impression de le tromper au début. » confia-t-elle. Elle en avait toujours l’impression d’ailleurs, même alors qu’Aidan était une femme. « Mais tu veux faire quoi ? T’asseoir dans un coin et chialer en attendant que ça s’arrête ? »

Elle lui lança un regard, expira une pensée acide, avant de lever de nouveau les yeux au ciel et moucher son petit museau gris de cambouis dans les nuages sombres.

« Il doit bien se marrer, là haut. »


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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Mar 24 Avr 2018 - 21:10

deirdre & chad

Pas une seule seconde Chad se dit que ce qu'il est en train de faire est de l'intrusion. Pas un seul instant, cela traverse son esprit, sa carcasse fatiguée par le voyage récent jusqu'au Wyoming et le retour difficile à la réalité. Cette même réalité qui l'avait poussé à venir jusqu'ici pour retrouver Eros, lui dire la vérité sans prononcer un mot à voix haute, comme si le seul fait d'y penser pouvait suffire à propulser toutes ses pensées jusqu'au ciel ou bien sous la terre ou n'importe où qu'il soit afin qu'il puisse l'entendre.
Chad avait tout prévu, dans les moindres détails, des phrases à n'en plus finir, des ponctuations tous les trois mots pour être certain qu'il comprenne tout, que rien ne lui échappe. De quoi reprendre sa respiration le plus souvent possible pour ne pas étouffer sous le déferlement de ses phrases.
Et une fois devant la tombe, tout était retombé. Une figue, un pauvre fruit séché de toute sa substance, de ses secrets, de ses aveux les plus sombres et douloureux. S'il était là, c'était avant tout pour lui faire l'affront de lui avouer son amour pour un autre mais même de ça, Chad en était incapable.
Ce doit être pour cette raison qu'il se sent si lourd maintenant. Un véritable poids mort qui te tombe sur la gueule. Son dos est légèrement courbé, hanté par les kilos de vérités dont il n'a su se libérer.

Tout autour de lui n'est plus qu'une illusion ; cet internat pour cadavres, cette fille presque irréelle avec son arme dans le dos quasiment plus grosse qu'elle, qui pourrait la faire tomber en arrière à tout moment si elle était pas si bien campée sur ses jambes. Lui n'est que le géant un peu triste dont toutes les horloges se sont arrêtées. Toutes, même celle là, celle de l'organisme, l'horloge interne comme ils disent. Il est figé, les traits de son visage aussi. Le sourire, c'est la seule chose qu'il est parvenu à dégivrer pour faire bouger ses lèvres. Le reste, c'est du surplus, un truc qu'il se porte parce qu'il a pas le choix et qu'il faut bien continuer. Continuer, le mot magique mais qui parvient à l'effrayer parfois. Il s'en veut de ne rien avoir vécu d'aussi beau et intense avant le Wyoming. Ces choses là, peut-être que Chad aurait voulu les vivre avec Eros mais petit à petit, il prend conscience que la mort déforme tout.
Pense à tout ce qu'il t'a volé, idiot.

Pourquoi devrait-on culpabiliser de vivre puisqu’une partie de nous est déjà morte ?
Elle est épaisse d'évidence cette question qui remet les choses à leur place. Elle pourrait presque prendre une forme physique tellement qu'elle le frappe. Et cette partie encore vivante chez Chad se met à vibrer, à s'éveiller un peu, se débattre de le sentir couler sans rien pouvoir faire. Comment on peut être aussi vide, aussi pâle ? Comment peut-on être en pénurie à ce point ? Parfois, il se surprend à se dire que si ses parents avaient été moins lumineux alors peut-être aurait-il pu l'être un peu plus. La génétique avait tout misé une génération plus tôt et lui se retrouvait con, là, perdu dans un univers flouté par le deuil.

Son regard ne lâche rien des mouvements de la jeune femme, ses pupilles s'accrochent à ses mains qui se perdent dans ses poches avant de remonter le long de cette silhouette filiforme. Le tromper, c'est exactement ça le sentiment parce qu'il n'y a pas eu de rupture, pas eu de véritables discussions qui mettent les choses à plat, qui expliquent comment les choses continueront. L'acceptable ou non. Chad inspire, le goût de la barre énergétique encore dans la bouche ; ça le ramène un peu à la réalité. Le bruit des voitures, le chant des oiseaux, la chaleur du soleil lui reviennent et il accepte, finalement, de reprendre un peu en couleur. C'est vrai, on aurait l'air bien con. Et pourtant c'est ce qu'il avait fait ces derniers mois jusqu'à ce que Isaak ravive la flamme : se perdre dans son canapé à verser des larmes invisibles et dévorer des émissions télévision en laissant tomber toutes idées de se reconstruire. Chad avait même rencontré son compagnon lors d'une de ses soirées de destruction.

Son regard se lève au ciel à sa dernière phrase alors qu'il lâche dans un sourire plus détendu ces quelques mots. Faut bien qu'un de nous se marre. Parce que eux ont la gueule de ces soldats qui s'en sont pris plein la tronche. Chad termine par redresser sa main tremblante contre son front pour retrouver un semblant de consistance, lâcher un rire qui l'aide à décompresser sa cage thoracique. Enfin, tu dois me trouver vachement morbide comme type. Parle de la mort à une parfaite inconnue, on a vu mieux comme technique d'approche. Fin non, c'était même pas une technique, il en a pas des techniques pour parler aux gens. Il y a seulement des auras qui le pointent du doigt et lui demandent de se ramener. En réalité, je pense qu'on s'est déjà croisé. Nous sommes voisins mais t'as toujours l'air trop pressé quand je te croise. Aller plus vite pour s'éloigner plus rapidement de cette date inscrite sur la pierre. Chad. Il marque une pause, continue comme il peut. Rez-de-chaussée. Elle devrait comprendre, s'il se trompe pas, qu'elle est bien cette fille qu'il croise parfois au Parking.





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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Mer 25 Avr 2018 - 14:24

L’inconnu lui répondit avec l’air de celui qui connaît la situation parce qu'il l’a vécue et en profite pour fustiger son spectre passée avec ce que sa douleur lui a rudement appris. Deirdre se souvenait avoir versé peut être une larme ou deux quand elle est allée reconnaître le corps à la morgue à peine plus quand il a été glissé dans la tombe après qu'elle a trouvé de quoi lui offrir une digne sépulture singulière. Par contre, elle se souvenait parfaitement des cauchemars, des crises d’angoisse qu'elle avait longtemps noyé dans l'alcool, de sa libido qu'elle contentait des éruptions de sang des combats, de sa hantise de la solitude qu'elle repoussait d’un emploi du temps beaucoup trop chargé. Aujourd'hui encore, le corps défiguré de Daniel allongé dans son sac mortuaire venait lui rendre visible dans l'ombre d'une rue ou dans le fond de la cuvette des chiottes, car il n’avait été jusqu'à la fin de sa vie qu'une merde trempant dans l'alcool et la pisse.
Mais putain, qu'est-ce qu’elle avait pu l’aimer.

Elle ne s’attendait tellement pas à ce que le colosse se marre qu'elle eut l’impression qu'il explosait soudainement à côté d'elle quand il échappa un rire. Mais il ne faisait que se marrer, comme pour imiter cette entité évoquée par Deirdre et voletant dans une certaine croyance au dessus de leur tête. Le sucre devait avoir fait son chemin dans ses entrailles parce qu’il avait repris des couleurs ; elle crut même voir se dessiner un moignon de sourire sur ses lèvres fines.

-Ptetre bien et alors ? T'es pas là pour me faire la cour.

Et encore, si on en croyait sa ligne de vie Deirdre avait un certain talent pour s’attirer la convoitise des âmes torturées, rencontrées dans les endroits les plus étranges.
Tu imagines le couple ? “Oh ben nous, on s’est rencontrés dans un cimetière.’
Ambiance.
Se sentant sans doute gêné, son interlocuteur tenta de détendre l’atmosphère avec la possible existence d'une familiarité (qui ne connaissait pas Deirdre en même temps). Cette dernière grimaça, parce qu'elle ne savait plus sourire depuis un moment.

-Chuis une nana très occupée, confirma-t-elle.

Elle ne se liait au Parking qu'avec Art qu'elle passait voir très vite de temps en temps juste pour s’assurer qu'il ne manquait de rien et avec Aidan dont elle commençait tout juste à assumer l’attirance en public. Quant à Slavenko elle le croisait dehors et c'était jamais pour des jolies choses, Al pareil. Les autres elle mémorisait rapidement leur tête sans avoir rien à leur dire.

-Dei. Nulle part, répondit-elle au plus simple, parce que personne ne savait prononcer son nom complet correctement, et parce qu'elle ne faisait pas assez confiance pour prendre le risque de mettre en danger Aidan et Art.

N’importe qui se serait dit qu'être liés par les sordides liens de la perte d’un être cher était morbide.
Au Bronx c'était juste normal.

Deirdre baissa des yeux gris en direction de la tombe de Daniel. Elle embrassa le bout de ses doigts, déposa ces derniers sur la pierre tombale, puis se signa en silence, récitant une courte formule religieuse qui tournoya dans son esprit avant de s’évaporer.

-Tu vas boire une bière avec moi, Chad ? demanda-t-elle simplement.


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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Ven 27 Avr 2018 - 1:52

deirdre & chad

Tenir une conversation avec une parfaite inconnue tout en étant sobre, cela ne lui était plus arrivé depuis tellement longtemps qu'il peine à se reconnaître. Est-ce l'effet du deuil ? L'ambiance morbide du cimetière ? Ou tout simplement ce qu'elle dégage ? Qu'importe, il se sent soudainement plus léger de pouvoir en être capable sans avoir le sang sucré par l'alcool. Tu sais, le genre de petites victoires qui ne mènent à rien mais qui soulagent l'âme. Tant pis s'il ne la reverra pas après ça, il en gardera un souvenir. Il garde une image de tout comme un vieux livre dans lequel on met des trèfles à quatre feuilles en sachant que l'on finira par ne jamais le rouvrir mais dont la présence nous rassure.
Dei est donc de ces trèfles à quatre feuilles.

Elle n'a pas besoin de sourire ni même d'être expressive pour l'aider à remonter la pente. Bien sûr, le colosse sait que c'est éphémère, qu'il retombera aussi bas une fois le dos tourné, ses yeux bleus disparus dans la nature. Il se sent un peu moins mou et cotonneux, plus vivant. Enfin, un sentiment étrange qui ressemble à ça, qui redéfinit les traits de sa silhouette comme on repasse son dessin au stylo bille une fois qu'on est certain de l'avoir terminé. Chad a beau être proche d'elle physiquement, il a la sensation que des mondes les sépare, des ravins sans le moindre pont, sans une seule aide pour tenter de la rejoindre de l'autre côté et c'est peut-être ça qui le met en confiance ; l'idée de ne pas pouvoir l'atteindre. Il se sent protégé dans cette distance qui les sépare. Dei, donc, trois lettres pour définir cet étrange sentiment qu'il ressent à cet instant : de la légèreté couplée à de la fatigue, bien lourde, bien assommante. Paradoxe ambulant qui termine par hausser les épaules face à l'invitation. Ouais, bien sûr. Il se serait défilé en temps normal mais il est dans ces heures creuses où ses neurones ne font pas toutes les connexions. Il y a du laisser aller dans le bouclier et les tours de passe passe que son organisme ont mis en place pour le détacher du monde, l'enfermer dans une bulle hermétique d'un repli de soi si extrême qu'il lui arrive parfois de ne plus savoir respirer.

Ses pas s'engagent dans les couloirs de tombes alors qu'il s'avance, plus pressé qu'à son arrivée vers la sortie. C'est con mais sur les derniers mètres, Chad ressent cette suffocation qui ne l'avait pas touché jusqu'à présent. Il ne dit rien, se contente de rester droit, d'encaisser, avant de pointer d'un coup de menton une rue à quelques mètres de là. Il y a vu un bar en la traversant à l'arrière d'un bus de ville. On peut aller là-bas. Sa voix est grave mais toujours aussi basse comme à son habitude, éternelle force tranquille même lorsque les fantômes de son passé lui traînent dans le cœur.

Sur le trottoir alors qu'ils s'avancent ensemble jusqu'à la terrasse, son cerveau remet les choses à leur place, met en évidence des détails qu'il avait occulté jusqu'ici. L'arme. Il s'en rend compte à peine maintenant. Putain mais t'as vu le genre de personnes que tu suis aussi ? Rien d'étonnant que sa vie soit un véritable bordel. D'ailleurs, l'arme, Chad en parle pour tenter de la rendre familière et moins impressionnante. Ces derniers temps, il a la sensation que les planètes se sont alignées pour en mettre sur son chemin. Il se souvient alors de celle qu'on lui a planté sur la tempe au skatepark, de celle qui lui a grignoté un morceau de peau et maintenant celle là, plus grosse que toutes les autres mais moins menaçante bizarrement. Là, il demande, connement, détaché, loin de tout jugement. Curieux, peut-être. L'arme, c'est pour quoi ? En dehors de tuer, de menacer, il veut dire. Est-ce qu'elle fait son job ? Qu'elle est là en guise de bouclier ? Est-ce qu'elle est son prolongement sans lequel elle ne pourrait vivre sans se sentir persécuté ?
Tout le monde a son point de repère, sa protection contre le monde extérieur. Bizarrement, si Dei venait à lui dire qu'elle est de ce genre là, alors, peut-être la verrait-il d'un œil plus bienveillant, moins sur la défensive.
La balle qu'il s'est reçu dans la jambe et qui lui fait traîner la patte l'a poussé à devenir cette bête craintive qu'il est doucement en train de devenir alors que derrière eux, le cimetière et son atmosphère trop lourde pour être soi-même s'éloigne.





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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Ven 27 Avr 2018 - 21:43

Qu’il accepte ou qu’il refuse aurait proposé la même réaction. Ce ne fut donc ni surprise ni déçue que Deirdre tourna son corps fébrile vers la sortie du cimetière. Avant de s’engager dans le couloir permettant de circuler entre les tombes sans les abîmer, Deirdre jeta un regard en arrière. C’était en effet devant cette tombe, avec une AK rose aussi, mais la précédente, celle qui désormais est enrayée, démontée au fond d’un entrepôt ennemi, qu’elle avait retrouvé Avery Williamson il y a de cela désormais presque deux ans pour le tuer.
Elle avait fermé les yeux pour rater sa cible exprès et laisser Avery fuir.
Ce qu’elle n’avait plus jamais refait depuis.

Ses cheveux glissèrent de nouveau sur son épaule comme les drapés d’une cape tandis qu’elle suivait le colosse, un peu en retrait, comme un garde du corps, un ange gardien dépiauté qui s’attendait à ce que son protégé tombe d’un instant à l’autre, se tenant prêt à se pencher au dessus de lui pour charcuter son âme et continuer son office avec une autre petite entité perdue. Les mains dans les poches, Deirdre passa de profil comme une ombre dans l’entrebâillement du portail du cimetière sans en faire nullement bouger les battants de fer bouffés de vert-de-gris. Elle releva les yeux à la proposition de Chad pour acquiescer simplement ; les bars se ressemblaient tous de toute façon, au Bronx.

« Pardon ? »

La question de Chad, naturelle et presque candide, jeta le grappin sur ses idées sombres pour la raccrocher brutalement à la réalité. Deirdre cilla, papillonna même le temps d’organiser les mots et de s’assurer qu’il s’agissait bien d’une véritable question et non d’une boutade, mais son aîné – quoique la fatigue lui donnait une mine si difficile à définir qu’ils auraient pu avoir le même âge – semblait sincère.
Elle passa par réflexe son pouce entre la bandoulière de l’arme et son corps trop maigre qu’elle cisaillait quand elle était trop longtemps portée – donc tous les jours.

« C’est la première fois qu’on me pose cette question. »

La plupart du temps c’était évident pour tout le monde ; une arme servait à se défendre. Ou pour le boulot. Ou pour dissuader. C’était même tellement dissuasif que personne ne lui faisait pareille demande. Deirdre esquissa une petite moue en signe de réflexion.
C’est que c’était devenu un réflexe, à force.

« Je crois que c’est pour peser un peu plus lourd et ne pas m’envoler. »

Elle éclata d’un rire grinçant. Elle ne se servait en effet que très peu de l’arme en question, lui préférant ses poings, parfois même la fuite. C’était devenu au fil du temps une espèce de doudou. Un doudou lourd de ses préoccupations.
C’est dire.

Deirdre parvint la première à la terrasse, tira une chaise vacillante pour laisser tomber sa carcasse dessus. Elle se débarrassa alors de l’arme qui attisait la curiosité de Chad pour la pousser sur la table qui les séparait.

« Tiens touche, stuveux. » lança-t-elle comme on compare deux queues dans les chiottes d’une boîte gay.


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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Lun 30 Avr 2018 - 16:51

deirdre & chad

La première fois qu'on lui pose la question mais pas la dernière où Chad plonge dans cette manie de se perdre dans les recoins de l'être humain que personne ne veut jamais vraiment explorer. Sa lourde carcasse s'installe sur la chaise et c'est là qu'il se rend compte combien son propre corps lui pesait jusqu'ici. Une barre énergétique, ce n'est peut-être pas suffisant finalement pour panser le cœur et surtout l'âme.
Son âme, là, quelque part en lui, qui batifole avec le désespoir comme si c'était un vieil ami en qui l'on peut faire confiance. Relation toxique qui le pousse sans cesse à ressentir ce qu'il ne faut pas et au mauvais moment. Cette même relation qui lui dit que le bonheur est suspect, qui le ramène dans un cimetière.

Il est comme un môme finalement, pendu à la présence de cette fille, laissant son regard bienveillant et fatigué divaguer sur les traits de son visage, se perdre dans ses yeux pour finalement remonter à la surface. L'arme, elle la bouge comme si c'était la continuité de son propre corps et Chad la trouve soudainement moins agressive qu'elle n'en a l'air. Un sourire se dessine sur ses lèvres à sa remarque alors qu'un peu déconnecté, il approche ses doigts tremblants contre celle-ci pour la toucher du bout des phalanges. Instinctivement, le colosse y met de la douceur et du respect dans ce contact là, comme s'il pouvait l'offenser au simple fait d'y aller trop fort. C'est sûr qu'avec cet engin tu peux que garder les pieds sur terre. Il s'imagine l'arme pointée en sa direction, la façon dont il pourrait se liquéfier à sentir le canon lui en vouloir personnellement.

Ce n'est que lorsque la serveuse vient à eux que Chad se détache de Dei pour revenir à la réalité, commander un jus de pomme -oui- avant de se tourner vers elle. Tu prends quoi toi ? Tout en Chad jure atrocement avec sa carrure si imposante et respectable. Cette douceur et cette fatigue qui se dégagent de lui donnent la sensation d'être tombées là par hasard, un peu perdues, venues des profondeurs d'un autre corps, plus vieux et lessivé par la vie.

Là, tout ce qu'il se dit, c'est qu'il doit absolument trouver quoi lui dire pour ne pas laisser le silence s'imprégner de ce moment pour les rendre mal à l'aise tous les deux. Si y a bien un truc où il a des lacunes, Chad, c'est parler. Même apprivoisé, en totale confiance, dévoué jusqu'à la moelle, il y arrive jamais vraiment parce que les mots sont ses ennemies et qu'il les a vu trop de fois faire des dégâts autour d'eux alors il pose cette question là, celle qui pourrait êtreun sujet fâcheux mais qui lui vient naturellement. Ça se passe comment pour toi dans le présent, Dei ? Son prénom, il ose le prononcer pour donner à ce moment une dimension plus personnelle et chaleureuse. Tu as su refaire ta vie ? Ou c'est juste lui le gros égoïste capable d'en aimer un autre ?





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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Mar 1 Mai 2018 - 8:57

Chad effleura du bout des doigts l’arme comme on tente d’apprivoiser un animal sauvage : avec une peur viscérale et parfaitement humaine, mêlée d’une incoercible fascination. Deirdre le regarda faire tandis qu’elle sortait de sa poche la pipe qu’elle fumait tout à l’heure au cimetière, autre prolongement d’un corps qu’elle faisait pourrir un peu plus chaque jour avec toutes les agressions qu’elle lui infligeait, tantôt du tabac, tantôt de l’alcool, tantôt du café, ou des coups, ou du sommeil jamais rattrapé, ou de la nervosité, tout simplement.
Deirdre ne tenait plus que comme ça : l’adrénaline.
De là à dire qu’elle restait sur Terre à l’aide de cette arme, elle n’aurait su trop dire. Lorsqu’on était amené à se servir d’un objet pareil, c’était qu’on avait franchi un sacré nombre de barrières en dehors de soi-même.

Elle cilla vers Chad puis vers la serveuse comme s’ils portaient la carte du bar encrée sur leur gueule, puis se redressa finalement pour commander ce qu’elle choisissait toujours.

« Demi, ‘rci. »

Sans doute pour éviter d’effrayer davantage le colosse, elle se risquait à une forme de sociabilité. Si Chad avait choisi de boire son verre en silence, ça ne l’aurait pas dérangé. Deirdre demeurait taciturne, absolument pas loquace, et s’entourait, paradoxalement ou non, de grands parleurs pour combler le silence qui rendait inévitablement les gens mal à l’aise.
Pas elle.
Se redressant, elle ramena son arme vers elle et la posa sur ses genoux, y appuyant par ailleurs ses avant bras tandis qu’elle vidait entre ses jambes écartées, à même le goudron, la cendre compactée de la pipe qu’elle fumait au cimetière pour pouvoir la charger d’un nouveau ticket sur le chemin de la mort. Elle s’employa ensuite à la fourrer de nouveau, méthodiquement, avec un mélange de trois tabacs différents qui effritaient leurs miettes sur la table ronde et rayée du bar, et qui lui donnait l’impression quand elle fumait trop longtemps, de faire prendre des virages à ses poumons.

Ses sourcils se froncèrent à la question de Chad. Ce dernier par sa mine lui donna l’impression d’un de ses frères s’étant subitement rappelé qu’elle existait, et venu jusqu’ici juste de passage pour demander de ses nouvelles, faire son devoir fraternel. Elle allait glorieusement éluder la question, avant que Chad n’en pose une seconde pour traduire la première.
Il fallait être vraiment désespéré pour demander à Deirdre des conseils de vie.

« J’vais me marier. Et toi ? » répondit-elle d’une manière horriblement factuelle qui aurait blessé Aidan si elle s’était trouvée là. « J’dirais pas que j’ai refait ma vie. J’la continue, disons. Refaire sa vie ça serait tout recommencer à zéro sans tenir compte de c’qui a été fait. Et j’pourrais pas oublier c’que j’ai vécu avant, avec lui. S’pas possible. »

Même si elle l’avait voulu, elle n’aurait pas pu oublier Daniel ; il l’avait marquée, au corps et à l’âme, et il continuait à vivre à travers elle, jour après jour, justement parce qu’elle ne l’oubliait pas, qu’elle lui donnait contenance à travers ses souvenirs, ses douleurs, ses hontes.
Ses regrets.


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To love you with all my heart;
To share with you all my soul;
To grow with you through all my days;
As long as we both shall live.

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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   Jeu 3 Mai 2018 - 1:02

deirdre & chad

Il peine à prendre ses repères mais c'est toujours comme ça que les choses se passent après un passage au cimetière. Il y a un moment de flottement, tu sais, qui dure avant de se dissiper petit à petit. C'est comme être dans un nuage et ne rien voir autour de soi, être simplement plongé au cœur des souvenirs et de toutes les souffrances qui font que le deuil existe et qu'on ne peut l'oublier. Même la nuit, même au travail, même en mangeant ; il est là, à chaque instant pour t'empêcher de te perdre un peu trop dans cette vie d'après.
Il pensait même pas, Chad, pouvoir un jour la découvrir. Il s'était dit que son quotidien ne se résumerait qu'à la noirceur qu'engendre la perte d'un être aimé.

Alors que Dei demande son demi, son regard se perd sur les traits de son visage et malgré toutes leurs différences physiques il a la sensation de s'y voir. Les gens qui ont perdu quelqu'un, un être suffisamment proche pour avoir l'impression d'être vidé n'ont pas le même regard. Ils ont cet air particulier qui les détache du reste de la foule, une certaine tendresse dans toute la douleur qu'elle fait naître. Chad le sait parce qu'il le voit chaque matin en se levant et en se regardant dans le miroir ; c'est comme être mis à nu, plus vulnérable que la moyenne au point de te sentir invisible. Oui c'est ça, invisible dans un chagrin qui oblitère tout, qui arrache une partie de toi tellement importante que ce n'est plus seulement les racines de ton existence que l'on a brûlé mais tout le tronc. Si on devait donner une image à la mort, certainement qu'on lui donnerait celle d'un énorme aulne que l'on déracine à la terre sans essayer de reboucher le trou. Et toi, ou plutôt ton âme ne fait que tourner inlassablement autour de ce vide sans être capable de le boucher, d'y faire quelque chose. Il n'y a que l'herbe qui finit par y repousser au fil du temps mais ça encore, c'est la vie qui le décide et non pas celui qui a perdu qui prend cette décision.

Il sursaute presque à sa réponse. Elle va se marier. Comme lui, le grand colosse caché derrière son silence et ses mots pesés pour tenter de ne pas faire naître un malaise. Il sait combien son mutisme peut être mal interprété parfois. Alors qu'on leur apporte leur commande, qu'il prend l'initiative de payer, Chad boit une longue gorgée de son jus de fruits. Je comprends.; Certainement parce qu'il est dans le même cas et qu'il passe doucement une étape délicate du deuil. Au début, il avait passé le plus clair de son temps à vouloir garder Eros en vie pour le garder auprès de lui, le blond s'était perdu dans les moindres détails pour ne surtout pas l'oublier, faire de lui un être à part entière. Et là, doucement, avec l'arrivée d'Isaak dans sa vie, il accepte petit à petit de rendre à son ancien compagnon son état de mort, de souvenirs, de photos dans son téléphone, de veste qu'il enfile parfois pour mieux sentir sa présence. Il accepte, sans trop se presser, de le laisser partir, couler dans sa mémoire pour laisser place à d'autres souvenirs. Je pense que le destin ne s'est pas foutu de notre gueule. Qu'il plaisante dans un sourire alors que Chad ne cesse de faire les liens qui les relient l'un à l'autre tout en restant de parfaits inconnus. Je vais me marier aussi, cet été si tout se passe bien. Quelque chose se passe dans son regard lorsqu'il prononce ces mots. Un mariage, ce n'est pas rien, bien évidemment que non et c'est peut-être ce dont il avait besoin pour reprendre le cours de sa vie, lui donner un sens. Pas trop stressée ? Il lui demande parce que c'est la première question qu'on lui pose à chaque fois.
A croire que l'anxiété est l'unique sentiment que l'on puisse ressentir à l'idée de lier sa vie à quelqu'un d'autre. Étonnamment lui n'y ressent que du bonheur et de l'impatience.
Si ça se trouve, c'est juste lui qui débloque.





I LET HIM
KILL ME



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MessageSujet: Re: DEIRDRE + fais-moi oublier.   
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