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MessageSujet: Coney Island, Suffocation. (LIBRE)   Mar 3 Avr - 13:26


Coney Island, 22h00.

J’ai roulé sans réfléchir. J’ai roulé sans penser. Le cerveau rempli. L’esprit saturé. Un boulet de canon violemment propulsé, heurtant, perforant le navire qui, promptement désormais, prend la flotte. Le navire qui coule, ouais. L’alerte rouge enclenchée, tandis que je suis contraint de rester aux commandes de l’épave. Tandis que je suffoque. En apnée.

Une overdose de ressentis. Un essaim de négativité, qui vrombit à l’intérieur de mon corps. Sous ma carne. Mon organe vital boursoufflé par l’attaque du bourdon, propageant son venin. Je parle du désespoir. De la rage. Cette impression d’impuissance, qui accroît mon spleen. Qui nourrit ma colère. J’ai besoin de silence. Je cherche le silence. Dans ma tête. Intimement, extérieurement. Que ces flashs tapageurs libèrent mon mental prit en otage. Provoquant ces sensations chaotiques, compressant mon poitrail, accélérant mon rythme cardiaque. Modifiant ma perception du touché, contractant tous mes membres, mes muscles, dont je perds progressivement les sensations. Bien trop crispé. Tendu. Rendant l’extrémité de mes mains, de mes pieds, totalement glacés. Fourmillements, paralysie. Véritable putain de tétanie. La vision trouble, ne pouvant me concentrer autre que sur ces émotions, dont je suis prisonnier.

Droit. Debout. Bloqué. Planté comme un piquet, un poing sur le toit de ma mercedes. L’autre, tout aussi serré, le long de ma dépouille géante et les ongles plantés dans la chair de ma paume. Immobile. Rigide, engourdi. Pétrifié, hirsute. Assailli de pulsions morbides. Dans la nécessité la plus absolue d’épouser un black out instantané. Un rien. La gorge tellement nouée qu’elle en demeure douloureuse. Les tempes et mes veines, pulsant. Moi, qui me tient de la sorte, toujours. Regard rond, azimuté, rivé droit devant, vers un point imaginaire. Ma carapace d’acier, mon réflexe, mon armure, m’empêche d’éclater. Obsédé par la maîtrise. Garder… le… contrôle. Effrayé. Terrorisé de ne plus pouvoir me contenir. De déborder, de déflagrer au milieu de vautours avides et voyeurs ; eux, les parasites. Les ignares, les maillons faibles. Néanmoins… je suis si engoncé en ce paroxysme chaotique que… plus rien… ne semble… réel… ni même… important.

La brise froide, la nuit tombe. Et je sombre. Je continue de couler. Asphyxiant. Face à la mer, l’océan. Éclairé par les lumières des commerces, des réverbères, des manèges, de cette… grande roue. Lentement, ma tête pivote. Je… j’observe… lèvres entrouvertes, happant un filet d’oxygène. Les yeux humides, suite au vent glacial venant fouetter mon visage, plus férocement. Toisant l’horizon. Tentant… de fixer mon intérêt sur quelque chose, n’importe quoi… qui me fasse penser que la vie n’est pas si infernale. Les gens… la populace… ces fantômes. Le crachin, sublimant ce climat lugubre faisant écho à mon coeur fané, piétiné, abimé, ho… tant abimé. Rob… Mon trésor, bébé… puisses-tu retrouver la raison, loin du sordide, loin du poison. Encore, ce soir, une autre scène. Une nouvelle crise. Nous éloignant toujours un peu plus du nirvana que nous avions pourtant retrouvés, plus d’une année, après tant d’horreurs et d’épouvantes. Pourquoi n’avons-nous donc pas de permissions illimitées au bonheur, nous. Juste nous. Nous, pas eux. Pas ces autres, ces gueux. Tous ces nuisibles, écoeurant. Fades, insipides, médisants.

Boom… un pas.
Boom, boom… deux pas.

J’avance. Lent. Me détache de ma caisse, m’en éloigne. Lent. Marche en direction de la plage. Presque déserte, dû au temps. Lent. Le sable… sous mes chaussures. Menton relevé, prunelles fixes, sans broncher, sans ciller. Aucune importance… plus d’importance, non… alors j’avance, et j’avance. J’enlève. Mon blazer noir. Le laisse tomber. Ne cessant de marcher. Déboutonnant ma chemise. M’en débarrassant. Tout comme le dernier tissu recouvrant mon torse… nu. Balafres dévoilées. Bravant la température, qui love mon épiderme. Stop, je m’arrête. Je ferme. Mes paupières. Je sens. Inspire… expire… profondément. Que la nature me purifie de mes démons. Fiche, fiche, je me fiche, des regards, fiche, je m’en fiche. Plus rien n’existe. Son mélodieux des vagues qui se forment et s’écrasent. Elles aussi, qu’elles lavent mes songes gangrénés. Mais trop de temps passé l’iris close, et les images reviennent harceler ma psyché. Rob hurlant, se tordant de douleur suite au manque. Son héroïne, opiacés de malheurs. Alors à nouveau, je rouvre mes prunelles. Je dégrafe. Ceinture, pantalon. Pousse contre mes talons, pour ôter mes chaussures. Ôter mon bas, mes chaussettes, pour me retrouver en boxer. Les traits tirés. Mes cils loupant quelques battements, tandis que je m’éternise à admirer ce que je vois. Sur cette plage. Ce soir. L’eau… reflétant la lumière dansant sur sa surface. L’eau… dont je me rapproche, de plus en plus. Mes pieds… mes mollets… c’est gelé. Terriblement gelé. Parfaitement parfait, pour me… déconnecter.

Je plonge. Je laisse. Le froid m’envelopper. Me poignarder. Je laisse. Cette divine sensation sous-marine, me bercer en son sein. Me laisse… comme mort. Inerte. Remonter petit à petit, flottant… sans respirer. Flirtant… avec le danger. Avec l’idée d’me crever. Les secondes défilant, et mes poumons se vidant. Tic, tac, tic, tac… son visage angélique. Mi juvénile, mi rebelle. Me souriant, gémissant, me soufflant… je t’aime. Brusque. La caboche hors de l’eau. Reprenant bruyamment une longue bouffée d’air, alors que l’adrénaline fait bouillir mon sang, battre mon coeur, vite, trop vite. La frustration. De ne pas avoir le courage, bordel. De ne pas avoir les couilles d’embrasser le sommeil éternel. La tristesse, si dense… un chagrin immense… que de ne pas être à l’instant même avec l’unique perle de ce monde ; ma seule raison d’exister. Lui, qui m’a foutu à la porte, pour mieux pouvoir se shooter. Merde. Merde !!

Putain !!… Ma voix qui se brise, qui déraille. Putain, putain, putain !!! Cris, battant la flotte, l’expression froncée, dolente, accablée. Lave qui déborde finalement du volcan en ébullition. Larmes de fureur, de désarroi, coulant sans être visibles ; déjà trempé, ruisselant.

Alors, de rage, d’emportement, je reviens m’immerger en cette noirceur, l’océan. De la tête aux pieds, comme anesthésié, suite au froid. Mais je ne m’arrête pas, non. De nager. Je nage, oui, m’acharne. M’épuise. Quitte la surface, replonge… puis hurle. Sous cette nappe liquide, salée. Hurlement étouffé par le manque d’oxygène. Transformé en nuée de bulles courroucées, perdant haleine… m’exténuant. Me vidant. Déchargeant l’hystérie. Bombe qui explose, épargnant l’extérieur mais détruisant l’intérieur.

… … …

Je me traîne. Arrivant sur le sable, la terre ferme. A quatre pattes. Rampant, m’éloignant du bassin naturel. Incapable de me relever. Véritablement gelé. M’écroulant sur le dos. Allongé. Les bras, les jambes, étalés. Le souffle saccadé, souffreteux. Gémissant en respirant. Tel une bête blessée, échoué sur cette plage, nullement à l’abris des regards. Iris à demi closes. Lessivé. Devenu insensible, tant je demeure frigorifié. C’est parfait. C’est ce qui me fallait. C’est… ce qui… me fallait.



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MessageSujet: Re: Coney Island, Suffocation. (LIBRE)   Lun 23 Avr - 3:04

gary & chad

Sa large silhouette installée dans le sable, tranquillement assise à même le sol frais par la nuit qui tombe sur la ville, Chad se recroqueville un peu plus sous cette fine couverture qu'il resserre autour de son corps pour tenter de se créer un cocon réconfortant. Depuis le Wyoming, l'homme peine à reprendre ses marques avec la ville et la vie en général. Il est resté dans cet état de flottement où son âme semble danser quelque part au dessus de sa tête tandis que la plus grosse part de lui-même traîne encore au milieu des montagnes et des rivières. Le regard posé sur l'horizon sombre et gris, ses doigts cherchent le prénom d'Isaak dans son répertoire pour l'appeler. Ce soir, le colosse ne rentrera pas à l'hôtel. Tous les deux le savent depuis quelques jours déjà, ce sont tenus au courant mais le simple fait de passer une nuit loin de lui fait naître un blanc dans son corps. Une masse informe qui lui remue les tripes un peu plus qu'il ne le voudrait. Encore plus après ces derniers jours passés collés l'un à l'autre sans trouver la force de réellement se quitter. A l'autre bout du fil, la voix de son amant résonne alors qu'un sourire se dessine sur le visage fatigué de Chad par les réunions d'informations enchaînées dans la journée. Parkinson, encore et toujours, pas seulement dans son corps mais aussi dans sa vie, dans ce bénévolat auquel il donne de sa personne pour rassurer ceux comme lui et les familles aussi démunies que les malades.

Après une journée passée à voir et entendre ce qu'il finira par devenir, à en être totalement tétanisé au point de ne plus savoir respirer correctement pendant vingt bonnes minutes, entendre la voix d'Isaak l'aide à s'apaiser, rationaliser ses peurs, se recentrer un peu. Même les battements de son cœur travaillent pour se calmer, laisser place à un sentiment plus agréable de douceur et de paix intérieure. Là, le géant reste pendu à son téléphone de longues minutes sans trouver le courage de raccrocher. Parce qu'il sait, qu'une fois cette conversation terminée, la solitude lui retombera dessus d'un bloc, énorme poids se lovant tranquillement au creux de son âme pour le fatiguer, l'étrangler d'un chagrin nouveau. Alors, Chad en profite, lui raconte ses anecdotes de la journée, le nombre de personnes rencontrées au cours des réunions, ce qu'il a mangé à midi, comment Erin, son amie elle aussi bénévole a manqué de se casser la figure dans les escaliers. Il en profite aussi pour demander à son partenaire comment s'est passée sa journée, s'il va bien, s'il a trouvé les quelques plats dans le frigo, si Maurice ne fait pas trop de bêtises, s'il a bien pensé à le nourrir, aussi. Il ose aussi lui glisser des je t'aime dés que l'occasion se présente alors qu'ils se remémorent ensemble leur week-end au Wyoming, occultant volontairement le passage où il a déconné. Tout ça, jusqu'à ce que l'heure vienne pour le blond de raccrocher et rejoindre la chambre de son motel réservé pour la nuit tandis qu'il rentrera tôt demain matin dans la petite voiture d'Erin où s'ils s'entasseront à quatre dedans. Son cœur se crispe tandis qu'il flanque son téléphone dans sa poche avant de se redresser.

Là, un gémissement se fait entendre dans l'obscurité nouvelle de la nuit qui s'abat tendrement sur la plage. Chad fronce les sourcils, apercevant rapidement des regards se poser sur une silhouette, des grimaces se dessiner sur des visages mais aussi des rires bas traverser des lèvres mauvaises, empoisonnées d'un manque d'empathie qui lui foutent une claque. Sa carcasse traverse le sable alors qu'il abandonne sur place ses chaussures pour rejoindre la masse étalée au sol. Là, il parvient enfin à prendre connaissance de la situation. Ses pupilles se posent sur les traits du visage fatigué qui lui fait face tandis qu'instinctivement, le colosse se penche pour déposer sa couverture sur son corps trempe et glacé. Hey ? Mais il sent bien que l'homme n'est pas là, plus connecté à la réalité alors qu'autour d'eux, les gens continuent leur manège de curiosité malsain. Pris d'un élan de colère noire, Chad remue son bras gauche pour leur faire signe de s'éloigner. Quoi ? Vous voulez notre photo ? Sa voix est grave, presque menaçante tandis que sa simple stature de géant suffit à calmer les nerfs des personnes présentes et laisser un semblant de calme régner autour d'eux.

Perdu, un peu tremblant par le froid que dégage l'océan, le colosse se penche à nouveau vers cette silhouette qu'il n'ose même pas toucher. Et s'il était saoul et qu'il venait à s'énerver contre lui ? Le blond n'aurait pas grand mal à le maîtriser mais quand même … il s'en voudrait de devoir user de la force alors qu'il est simplement là pour l'aider.
Et s'il n'a pas envie d'être aidé, Chad ? Est-ce que tu t'es seulement posé la question ?

Son cœur sursaute à cette pensée tandis que ses yeux se posent sur le sable devenu rouge à un endroit. Attendez, du sang ?! Le sien ne fait qu'un tour dans ses veines. Merde … regardez-moi cette blessure. Qu'il commente finalement, d'une voix basse tout en se baissant au niveau de ses pieds pour tenter de voir les dégâts. Il n'est pas certain de se faire entendre, redoute un peu la réaction de l'homme mais qu'importe. Chad allume la lampe torche de son téléphone pour éclairer le dessous de celui-ci et tenter de juger la profondeur de la blessure. A ne pas savoir comment réagir, les limites à ne pas dépasser, le colosse s'aventure tout de même à poser sa main sur sa cheville pour bouger son pied et avoir un meilleur angle de vue.
Une cheville, même celle d'un inconnu, on peut la toucher, non ? Ce n'est rien. Il n'y a rien de plus impersonnel qu'une cheville, même les chaussettes les cachent. Il ne devrait pas lui en porter rigueur.



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MessageSujet: Re: Coney Island, Suffocation. (LIBRE)   Jeu 26 Avr - 2:44


Les rires et les sons virevoltent autour de moi, se fondent en une atmosphère nébuleuse. Lointain, tout… me semble si loin. Paupières lourdes, si lourdes. Pupilles figées sur le phare spatial que représente ce croissant de lune ; seule source lumineuse, dont la faible intensité me permet de fixer sans relâche. Unique lueur, maîtresse du cosmos, emprisonnée dans son rôle de réflexion, sans jamais pouvoir s’éclairer d’elle-même. Condamnée dans l’obscurité. Admirée pour ce qu’elle n’est pas. Face cachée inatteignable, vouée à demeurer ce que l’espèce en suppose. Inatteignable. Inatteignable.

Doucement, naturellement, mes yeux finissent par se fermer. Je suis prêt. Vous m’entendez ? Qui que vous soyez. Je suis prêt. Prêt à me laisser glisser en cette faille intemporelle ; l’extase du néant. Non pas mourir, juste disparaître. Comme si rien de ce qui est n’existait vraiment. Comme si tout n’était qu’une vaste illusion, sortie du champs unifié, créateur de l’univers en perpétuelle expansion, tant et si bien qu’il n’a à la fois ni limite, et ni grandeur. Pure logique, pure science, qu’un trop grand nombre d’individus obsolètes s’attèlent à nommer Dieu.

Dieu…

Un mètre quatre-vingt seize de douleur. Un mètre quatre-vingt seize d’agonie. M’exaltant en cet élancement, faisant fuir les hyènes. Les louves. Mes pensées. Le froid les a gelé, stoppant l’hémorragie psychique en épousant ce déluge de sensations ; fourmillements, paralysie, suffocation. Comme transformé en un parfait bloc de glace. Omettant les vautours.

« … quoi ?!…. … voulez… photo ?!…. »

Trop peu de conscience, too much inconscience, pour réfléchir. Essayer. J’entends sans comprendre, sans écouter. Des bruits, des bribes… de mots. Mes tympans ne cessant de pulser. Bourdonnement qui les bouchent. Bouche… ma bouche… entrouverte, entroubleue, teinte légère, fade, colorant l’extrémité de mes membres. Ou bien est-ce le reflet de notre lune. Qu’en sais-je ? Qui suis-je ?… ai-je alors égaré mon âme en roulant sous les vagues ? Qu’en sais-je, qui suis-je. Mon corps, qui semble s’enfoncer dans le sable. Sables émouvants. Esprit disloqué. Haa…

Jusqu’à ce que. Autour de ma cheville, je sens. Une prise. Qui résonne sous ma carne. Qui propage des sensations. Monte, ça monte… tel un frisson parcourant progressivement chaque cellule de mon être endolori. Et mes prunelles, aussitôt, s’ouvrent. Trop brusquement, je reviens à la vie. Je ressuscite, redresse mon dos et, en un réflexe agité, le coeur tambourinant, me voilà repoussant ce qui m’agrippe à l’aide de mon pied auquel on s’accroche.

Violente. Décharge. Electrique.
Puissante douleur inattendue.

Je pousse un cri, me contracte, me cambre, me recroqueville ; retombant lourdement, dos au sable, avant de me tourner sur le côté. Avalanche de ressentis insupportables, me foudroyant sur place. Le froid, les maux, les courbatures, la migraine -horrible migraine-, les nausées, les vertiges… et cette plante de pied qui, sans le comprendre, me lance terriblement. Gueule froncée, respiration bruyante, acharnée. Iris closent, à nouveau. Tandis qu’une flopée d’images me reviennent, elles aussi, en même temps. J’entends les hurlements. Revis la crise. Revois la sienne, la mienne… « Haa…. haa… » gémissant, grognant. Essoufflé. Tentant de reprendre mon souffle, sans bouger. Un instant. Une poignée de secondes, de minutes, peut-être même. Finissant par déglutir non sans mal, tout en lâchant un râle, avant de… peu à peu… lourdement… me pousser… me redresser… de part mon coude, mes paumes… désormais en position assise ; repliant l’une de mes jambes, tout en laissant l’autre allongée. Celle qui me fait souffrir. Tremblant, échevelé. Complètement désorienté ; la trogne et les traits toujours aussi crispés. Posant lentement mon bras gauche sur mon genoux, tandis que l’autre reste tendu, poing dans le sable sur lequel je m’appuie. Et enfin, enfin, me voilà relevant le nez ; apercevant, malgré ma vision floue, malgré l’obscurité, un homme. Un inconnu, dont le haut demeure tâché de sang. Du sang… Ahuri, moue souffreteuse, à vif, j’expire alors « Putain… putain… » déglutissant à nouveau, puis reprenant « Qu’est-c’que… c’est quoi c’bordel ?!… » m’adressant plus à moi-même qu’à lui. Ravalant une énième fois ma salive. Et c’est lorsque je repose le pied, dans le but de m’éloigner, me reculer, que cette foutue douleur revient m’assaillir. Alors, j’explose, je braille ; postillonnant, mon poing cognant nerveusement le sable. Coléreux. «  Merde !! » Alors, c’est quand mon regard courroucé dévale le long de mon enveloppe, que je réalise, ouais, que j’entrevois ce même rouge formant un cercle sous mes orteils « C’est moi, c’est ça ?!… c’est moi qui suis blessé, putain » dis-je, haletant, sans me soucier du type en question, de mon geste précédent ou même du danger que représente mon sang contaminé. Mon sang… malade.



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MessageSujet: Re: Coney Island, Suffocation. (LIBRE)   Ven 27 Avr - 3:00

gary & chad

Tout est si brusque tout à coup. Il y a la main de Chad sur la peau d'un inconnu et la seconde d'après tout s'agite, le repousse à vive allure. Le colosse sursaute malgré son sang froid et la sérénité dont il peut faire preuve. Il se recule mais trop tard, le voilà tâché de sang, son pull fait la gueule mais ne bronche pas, absorbe la substance comme si c'était la sienne. Même dans l'obscurité, le blond peut apercevoir les gestes du corps qui se contorsionne sur le sable sans pouvoir retrouver la réalité, s'échapper de son monde et quitter la plage. Les quelques courageux encore là finissent par s'éloigner, le traitant de fou au passage alors que Chad ne bouge pas, interdit, muet face à ce spectacle qui se dessine.
Il pourrait partir, se contenter de fuir en fermant les yeux sur la détresse qui lui fait face mais son cœur le cloue sur place. Cet espèce de sale con trop pitoyable, incapable de lui lâcher la grappe cinq minutes.
Mais barre-toi ! T'es pas un super héros alors pourquoi tu restes là avec tes gros muscles ? Regarde-le, il ne veut pas de toi, il te rejette, te repousse avec la violence de trois hommes. Pars, ce sera plus simple.
Sa gorge se noue. Bien évidemment qu'il ressent de la peine.

Et puis il doit avoir l'air con, là, simplement élevé au dessus de lui avec sa carcasse tremblante de froid et de Parkinson. Il devrait déjà être rentré à l'hôtel pour prendre son traitement, éviter le blocage total comme il l'a déjà connu aux côtés d'Isaak. Mais non, le voilà, encore une fois, à faire passer les autres avant lui. Au milieu de gémissements et incompréhensions, son cœur cesse de battre dans sa cage thoracique, tu sais il y a cette sensation de vide, de presque rien qui se passe dans son corps, qui le ruine un petit peu, aussi. L'empathie, cette drôle d'histoire qui le mène si souvent par le bout du nez, qui lui fait ressentir des sentiments dont il n'aurait jamais eu l'idée d'inventer lui-même. L'air frais de la mer le pousse à garder une certaine barrière entre lui et l'inconnu, à se reculer d'un pas pour lui laisser son espace.

Chad sent bien qu'il est totalement transparent aux yeux de ce type et au début, il n'essaie pas de s'imposer. C'est qu'il en a déjà fait bien assez en effleurant sa cheville pour voir les dégâts. Ce qu'il n'avait pas encore compris, c'est que les blessures sont ailleurs, certainement plus profondes et douloureuses qu'un pied qui saigne. Les plaies, il suffit de les recoudre un peu, de leur mettre des points, de les soigner quelques jours et ça repart mais la tête … c'est une toute autre histoire. Il se souvient des psy, des séances interminables qui semblaient ne lui servir à rien alors qu'il rentrait chez lui avec la boule au ventre sans savoir s'il ferait une connerie ce soir ou s'il attendrait demain. La seule chose qui avait retenu Chad à la vie était son chat. Maurice … t'imagines un peu la tristesse ? Rester en vie pour un chat, pour une gamelle que personne ne serait venu lui remplir, pour l'image d'un chaton roux enfermé dans un box et entassé avec des dizaines de malheureux comme lui. Non, il ne pouvait pas se permettre de partir.

Mais alors ? Qu'est-ce qui a poussé cet homme à plonger dans l'eau ? Quelle attraction assez puissante l'a conduit jusqu'ici pour le voir disparaître au milieu des vagues ? Et qu'est-ce qui l'a malgré tout poussé à revenir ? Chad inspire, perdu dans des questions qu'il ne prononcera certainement jamais à voix haute avant de s'avancer d'un pas dans le sable rouge. La lune les éclaire suffisamment pour mettre en évidence ce qui cloche, ce que l'on voudrait dissimuler à la vue de tous, qui se révèle être de notre monde souterrain ; celui qui vit dans chacun de nos organes, qui danse au creux de nos intestins et nous retourne parfois le bide.

Pour la première fois, Chad se retrouve impuissant face à cet être qui lui semble insaisissable, tellement loin dans ses plaies que creuser avec ses doigts ne feraient qu'entamer un peu plus ses organes, mettre en danger le peu de raison le raccrochant encore à cette plage mais aussi à lui. Heureusement, son pied en sang est là pour le rappeler à l'ordre, lui faire une piqûre de rappel pour le ramener ici, dans le bruit des vagues qui s'échouent à quelques mètres d'eux et la douceur du vent. Vous vous êtes blessé. Qu'il répète, un peu con d'abord avant de se ressaisir et de prendre son courage à deux mains. D'accord, il est grand et agité mais il peut faire le poids si les choses viennent à s'envenimer. Dans l'eau certainement. Son menton part instinctivement en direction des vagues qui menacent de venir les engloutir tous les deux. Il faut qu'on vous soigne. Avec le sable et toutes les conneries par terre la plaie pourrait s'infecter. Chad balance des banalités parce qu'il sait que cela peut parfois aider le cerveau à retrouver son chemin, un peu comme le petit Poucet, ses mots sont des cailloux blancs qu'il laisse en route pour l'aider à suivre sans le forcer à revenir à la réalité trop brusquement. Il connaît le son que font les bulles lorsqu'elles explosent, la douleur qu'elles provoquent. Il faut que vous vous calmiez sinon vous allez finir par vous blesser encore plus. Ce serait regrettable. Le colosse se baisse à nouveau, s'agenouille dans le sable pour lui prouver sa bonne volonté, ne pas s'élever au dessus de lui et le prendre de haut. A cet instant, il ressemblerait à ces chevaliers, un genou à terre devant leur roi.
Sauf qu'aujourd'hui, le roi n'est qu'un aliéné et le chevalier un pauvre fou en proie à la solitude.



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MessageSujet: Re: Coney Island, Suffocation. (LIBRE)   Ven 4 Mai - 7:52


Coup du sort. J’entends, ouais, j’écoute. Regard fixant le sable, gueule haletante, froncée. Coup du sort, coup du sort. Je me suis blessé. Blessé, en tentant d’expulser cet essaim fulgurant calcinant ma psyché, ruinant mon organisme. Comme une piqûre de rappel de la part des Dieux, de l’univers ; peu importe où j’irais, peu importe ce que je ferais, le cosmos m’a à l’oeil et tient à me faire savoir à quel point il me hait. Une réciprocité, à travers laquelle je lui rend la pareille. Il est tant à mes trousses que s’en est risible. Alors, de nombreuses fois, je me suis demandé, oui, je me suis posé la question ; serait-il donc jaloux ?  Lui qui prévoyait tant de me faire épouser l’exil sentimentale. Vexé comme un poux, furieusement jaloux, j’ai dis. Ce monde n’imaginait probablement pas que je puisse demeurer la partie manquante de cette âme commune que nous formons, Rob et moi. Il me fait payer, et j’accepte. J’abdique, si tel est le prix. Si tel est le deal ; l’amour d’un ange, son exclusivité, en échange du reste. Tout le reste.

Las. Trop usé, pour exploser à nouveau. Mais si écoeuré, tellement rancuneux. Littéralement alourdi par le poids des épreuves incessantes, harassantes. Elles s’enchaînent si rapidement, l’une après l’autre, que s’en est tristement hilarant. Mais pas un rictus, non, pas un rire. Juste l’expression d’une mixture émotive venimeuse, s’infiltrant sous ma carne, dans mes tripes, dans mon coeur. Et cette sensation, que de ne pas être vraiment présent. Que d’avoir l’impression de ne plus avoir de soi et de pouvoir se regarder de l’extérieur, sans avoir la moindre solidité, irréel, dénué de matière et perdu dans un entre deux intemporel. Dépersonnalisation ; conséquence d’une overdose psychique. Tel un soldat sonné, dont les bombes se sont chargées d’en atomiser l’esprit. Sauf que dans ce cas précis, je suis à la fois le soldat et la bombe ; contraint au cercle vicieux ad vitam aeternam et jusque mort s’en suive.  

Muet, immobilisé par cette transe saupoudrée de torpeur et de maux, c’est après une poignée de secondes silencieuses que je réalise demeurer dans une nécessité de soins. Alors je lève les yeux. Alors je vois. Je découvre, comme si il venait tout juste d’apparaître, cet individu planté face à moi. Devant ma carcasse dénudée, trempée, gelée. Impudique, ce n’est pas tant être en caleçon qui me fait alors intérieurement bouillir, mais bien la manifestation de quelconques faiblesses. Entre autre, le cerveau haché, la raison disloquée, et l’humiliation que de sembler avoir besoin d’aide.

Je me bloque. Le fusille d’un regard courroucé, tandis que ma langue racle machinalement l’intérieur de ma lèvre inférieure ; réflexe nerveux, mauvais présage. Puis, sans la moindre parole, je pousse sur mes muscles, mes bras, ma jambe intacte dans le but de me relever, de me tirer aussi rapidement que possible. Difficilement, lourdement, je me hisse, me retrouve debout mais, au même instant, frappé par la migraine, les vertiges, la douleur, me voilà perdant l’équilibre et reposant mon pied blessé sur le sable, provoquant une décharge lancinante qui me refait brailler, pester, jurer, faisant quelques pas accidentels vers ma droite avant de tomber ; mes avant-bras amortissant quelque peu la chute mais se prenant, de ce fait, la totalité de mon poids et ce brutalement. Boom. Haletant bruyamment, sentant… cette éruption volcanique… en ébullition. Alors, coléreux, à vif, je réitère, réessaye en serrant les crocs ; mon aura suffisant à émaner ma réticence en toute matière d’aide. Plus avenant cette fois, et réussissant, sous les prunelles m’observant derrière, à me lever. Essoufflé, respirant comme un putain de boeuf à l’agonie, j’avance progressivement, en boitant, ne posant que mon talon en évitant d’empirer ma plaie, déjà recouverte de sable, de sel, piquante et souffreteuse. Et, comme je me doute être suivi, me voilà prenant enfin la parole, à voix haute, sans me retourner ; ramassant, une à une, mes fringues gisant à terre ; « Pas d’hôpital » certainement pas, non. Mon dossier est criblé de vestiges et de ruines qui ne regardent que moi ; mes souvenirs suffisant à me rappeler ô combien médecins et infirmiers se délectent à demeurer intrusifs autant que faire se peut. Et si nous sommes en deux-mille dix-huit, dans l’une des villes les plus progressistes du monde, il n’est pas rare de se trouver face à d’immondes parasites dont l’hétéronorme s’est chargée d’en grignoter la réflexion. Et c’est devant ces même raclures de fonds de bidets que j’apparaît tel un sodomite galeux, telle une bactérie à éradiquer, un pesteux, pestiféré. Je me passe bien de leurs regards, de leurs sermons infantilisant que je ne connais que trop bien ; se protéger soi-même pour protéger les autres, comme si j’étais responsable du moindre cul en rut avide de ma queue ; diminuer, pour ne pas dire totalement cesser, d’avaler la moindre goutte d’alcool ; « La cyrrhose, monsieur Lewis. Votre foi. L’hépatite. C’est non seulement suicidaire, mais aussi délibérément immature ». Au Diable, allez donc. Je suis et serais éternellement libre de mes choix.

J’enfile laborieusement mon t-shirt, me collant instantanément à la peau. Puis, finalement, je me retourne pour toiser l’inconnu ; méfiant, méprisant. La machine analysante se remet en marche ; détaillant, à travers l’obscurité, sa silhouette comme son allure. Un homme comme tant d’autres, probablement dans mes âges, frôlant la quarantaine si elle n’est déjà pas atteinte. Encore un de ces bons samaritains, en quête de reconnaissance. Un souffle sardonique, moqueur, s’échappe d’entre mes lèvres esquissant l’ombre d’un rictus, avant qu’il ne s’efface aussitôt. Passant mes bras un à un, en chacune des manches de mon blazer, sans prendre la peine de mettre ma chemise ; lui adressant quelques coups d’oeil sceptiques et suspicieux avant de reprendre « Tu n’es pas médecin, n’est-ce pas ?… » bien sûr, qu’il n’est pas médecin. Plus les minutes s’écoulent et plus je récupère ma lucidité, ma teneur, ma prestance, en dépit de mon état actuel. Comme si de rien n’était, ouais. Comme si je venais simplement, le plus naturellement du monde, de piquer une tête en ces vagues glacées. Une nouvelle expiration goguenarde, dédaigneuse, franchit mes commissures ; continuant sur ces airs hautains, sans impunité ni complexe, alors que je reste en boxer -le ridicule n’existe que lorsqu’on y croit- « Quelle aubaine… ! ». Soupir ; délaissant les pupilles du type pour observer l’horizon. Muet. Fermant les paupières en inspirant une large bouffée d’oxygène avant de les rouvrir, fouillant à l’intérieur de ma veste pour en sortir mon téléphone, rétorquant, nez baissé, en composant un numéro « … mais tu conduis, j’imagine » collant mon iPhone contre mon oreille, en récupérant les iris de mon futur taxi « Allo ?… Charles, vous êtes là ?…. …. …. Gary… Gary-Adam Lewis… … » je peste, soupire, me pince l’arrête du nez « Oui, oui… » d’une voix plus basse « Donald, c’est ça… si vous voulez… » depuis ces trois années, ce connard frauduleux radié de l’ordre des médecins n’a cessé de m’appeler ainsi ; un nez en miettes à pincer, rendant ma voix nasillarde, lui suffisant. Depuis notre rencontre, finalement ; lorsque Van et moi étions blessés après une escapade dont je passerais les détails, celui-ci nous emmenant alors chez ce docteur perfide, petit rondouillard railleur s’occupant des pires ordures depuis une dizaine d’années. Dès lors, il devint l’un de mes contacts dont je peux profiter des services à n’importe quelle heure, pourvu que je paye. « Bon écoutez, pas que vous entendre vous foutre de ma gueule m’exaspère, hein, mais j’ai besoin de vous… … … oui, maintenant… » Mes yeux rivés vers l’inconnu, c’est de par un signe de main tournant près de ma tempe que je lui indique l’état mental de mon interlocuteur « Je sais. Peu importe » oui, peu importe le prix. « Hm-hm… non, je serais avec… » Avec qui, au juste ? Bouche ouverte, bloquant un instant avant de me reprendre « Nathan !… Je serais avec Nathan, un… cousin éloigné… … … oui, c’est ça ; très, très éloigné… » évidemment, Charles s’esclaffe ; habitué aux mensonges de ses clients « Vous êtes détestable, Charles. Détestable… … c’est ça, ouais… une trentaine de minutes… … tchao ».

Je raccroche. Expire lourdement ; exténué, irrité d’avance à l’idée de devoir me rendre chez cette enflure de première. Mains sur les hanches, regard dans le vide comme si je réfléchissais quelques secondes, puis… « Bon. Direction le Queens » dis-je, le plus naturellement du monde, me retournant alors en m’avançant, tel un putain d’éclopé, vers mon pantalon, mes chaussettes et chaussures, que je ramasse. A voix haute, pour que l’on m’entende « Je te dirais l’adresse » me redressant, sans me retourner, boitant vers le bitume, en direction du parking « Come on, Nathan !… Du nerf ! »



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MessageSujet: Re: Coney Island, Suffocation. (LIBRE)   Jeu 10 Mai - 17:49

gary & chad

Il remarque sans difficulté son attitude, le mépris, le détachement, toutes ces choses que Chad ne possède pas tout simplement parce qu'il est de ces hommes, sculpté pour ressentir à longueur de temps, sans interruption. Une longue litanie, au cœur de ses chairs, comme pour lui rappeler sa mortalité, sa faiblesse, ses brèches. Son visage fermé n'est qu'une image, là dessous vit un univers qui ne cesse jamais de fonctionner, qui ne prend jamais de pauses, qui s'esclaffe de la moindre secousses et fait naître des flash tortueux au milieu de ses pensées lacérées par la mélancolie. La mélancolie, d'ailleurs, certainement qu'on doit la voir au milieu de cette nuit épaisse, plus étouffante que du goudron. Il a la sensation qu'on est en train de l'enfoncer dans du béton alors que l'inconnu se redresse tant bien que mal. Bizarrement, Chad ne cherche pas à l'aider de ses mains qui pourraient pourtant le retenir si facilement. Un simple regard, quelques mots, suffisant pour comprendre que l'échoué n'acceptera pas un geste de sa part, question d'ego certainement. Le cancer de tous les hommes. Même lui en souffre si souvent. A cause de ce même connard que ses mains sont si abîmées, déchirées par le verre et les coups donnés sous le coup de l'adrénaline. Son corps, cette substance chaude et pourtant si froide par endroit. Là, le colosse sent la glace prendre le dessus, partir de son cœur pour se diffuser sur des points clés de son organisme.
Hors de question de se mettre dans un drôle d'état pour un type qui ne le voit même pas.

Le fantôme reste là, sans bouger, le regard posé sur ce dos alors que le naufragé parvient enfin à retrouver toute sa consistance. Ils doivent faire plus ou moins la même taille mais son attitude lui donne la sensation d'être plus grand alors que Chad n'en reste pas moins imposant par sa stature silencieuse et en retrait. Le téléphone, les regards, les affaires, les noms qui défilent. Donald, pouf, ça le ramène un instant à son enfance, à cet ami perdu qu'il cherche jusque dans ses rêves sans jamais le retrouver. Un phare éteint au milieu d'une nuit qui s'efface jamais. Un soleil perdu dans l'immensité de ses nuages, étouffé par leur couleur grise et cotonneuse. Un Donald envolé dans la nature, dans un univers si grand que le retrouver relèverait du miracle. Et cette pointe au cœur qui le hante, qui lui rappelle que tout cela est de sa faute à être un ami si moisi, si raté jusqu'au plus profond de ses tripes.

Petit à petit, le blond comprend ce qu'il se passe, où l'autre veut en venir et baisse les yeux pour fixer le sable, se déconnecter de sa raison et redresser enfin les yeux. Si seulement il savait appréhender les situations, peut-être qu'il trouverait la force de s'éloigner, de lui envoyer son poing dans la figure pour lui faire regretter de lui avoir lancé ce regard mais Chad se plie, silencieux, fermé comme à son habitude. Si Isaak le voyait à cet instant, certainement qu'il lui ferait la réflexion. C'est à cause de ce même mutisme qu'il s'était retrouvé à le battre de toutes ses forces, à l'envoyer à l'hôpital pour être certain qu'il ne se redresse pas, qu'il ne le défie pas une fois de plus du regard. Mais ce soir, la bête au fond de lui ne réagit pas. Elle est là, observe en silence mais ne cherche pas à détruire. Peut-être est-elle fatiguée, dans l'attente de retrouver sa muse pour sortir de sa léthargie. Qu'importe, Chad se penche, attrape sa couverture qui n'est pas la sienne et le suit sur la plage. Le silence s'impose à eux alors que les derniers présents quittent petit à petit l'étendu de sable pour rentrer chez eux, se perdre dans leur vie fade qui continuera de les délaver encore un peu. Les épaules lourdes, il prend le risque d'avoir du retard dans ses traitements juste pour brusquer sa solitude, l'envoyer bouler un peu plus loin.
Seul, Chad ne sait pas le rester. Pas lorsque sa moitié traîne ailleurs, loin de lui, sans une pensée pour lui certainement, aussi.

L'attitude de l'inconnu ne lui fait rien au final. Certainement parce que cela lui est égal d'être méprisé par quelqu'un qu'il ne connaît pas. Il a seulement besoin d'une présence, aussi ignoble soit-elle, cela ne lui fait rien. Chad sait se montrer patient, il le sait. Il a cet air grave des garde du corps, certainement à cause de ses épaules développées par les années de sport et de combat. Une fois arrivé au niveau de la voiture, le colosse respecte le silence installé entre Gary et lui et tend la main, l'autre posée sur la portière. Les clés. Lorsqu'il était allongé sur la plage et dans un état de semi-conscience, cela lui paraissait plus simple de parler. Balancer des mots dans le vide est toujours plus rassurant que s'adresser à quelqu'un. Ce quelqu'un qui gardera vos paroles quoi qu'il arrive, même sans le savoir, inconsciemment. On enferme tout au fond de soi, le meilleur comme le pire. Souvent, c'est seulement le pire qui refait surface parce que c'est plus léger, que ça flotte plus facilement. Le Queens. Qu'il répète avant de prendre place derrière le volant, allumer le moteur et simplement attendre que Gary prenne place. Quitter le parking, première étape, pas la plus compliquée La route, il la connaît pour en faire souvent en tant que bénévole. Son regard bleuté se tourne vers son interlocuteur. Alors, maintenant ? Deux mots pour lui faire comprendre qu'il le suivra et le mènera où il veut alors qu'il balance sa couverture à l'arrière.
Cela ne lui fait plus rien de disparaître pour quelques heures, de devenir un fantôme de plus, d'errer accompagné d'un esprit troublé puisque de toute façon, personne ne l'attend dans sa chambre. Il est là le danger : personne ne l'attend.
Personne, ça résonne de façon douloureuse dans sa cage thoracique. Il y a comme un second cœur qui pousse sous ses os, plus gros, plus sauvage, plus impétueux.



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MessageSujet: Re: Coney Island, Suffocation. (LIBRE)   Ven 15 Juin - 22:36


Cette saloperie de plage. Si belle, mais ravagée par ces foutus touristes. A tel point que personne ne s’y aventure pieds nus, au risque de s’y planter un des milliers de morceaux de verres, décorant le sable, la mer, et de finir tel quel. Soupir. Avançant tant bien que mal, avant de m’arrêter presque aussitôt après avoir piétiné un de ces coquillages New-Yorkais typiques ; emballage de barquette micro-ondable, jeté avec insouciance et pur je-m’en-foutisme. Las, irrité, je peste ; décidant d’enfiler grossièrement mes derbies, lacets trainant, en prenant soin de ne pas poser complètement le pied droit. Quelle putain d’allure. Sans froc, en calbut. Boitant, en remontant sur l’allée entre la plage et le Luna park ; remercions cette période de l’année encore froide, n’attirant que très peu de parasites, et me permettant de déambuler ainsi, sans m’arrêter, jusqu’au parking, plus loin. N’en n’ayant que faire des regards traînant sur ma carcasse, ouais, tandis que mon nouvel acolyte me suit, je le sais, derrière. Et si mon expression émane alors la confiance et l’assurance infaillible d’un personnage ingrat, d’une témérité arrogante, mes ressentis intérieurs demeurent tout autre ; rassuré, putain, si soulagé d’avoir quelque chose, quelqu’un, qui pourra me distraire, moi et mes tourments. Juste l’espace d’un temps. Peut-être court, mais faisant office de trêve émotive et psychique.

Imperturbable, comme si ce type suivait cette parfaite logique qu’est de m’offrir ciel et terre, sans réclamer le moindre dû. Je lui jette alors les clés de ma mercedes, aussitôt après l’avoir ouverte.

Porte.
Clac.

J’ouvre.
M’assois.

Expire.
Lourdement, je souffle.

Portière ouverte, tandis que l’autre semble prendre place, côté conducteur, sans que je ne daigne lui adresser le moindre regard. Sautant sur l’occasion, sur cette main que l’on m’a tendu, sans même prendre la peine de feindre un intérêt quelconque pour ce pseudo bon samaritain ; comme tous, il n’en n’est rien. Juste l’ego, qui le pousse à secourir une âme dont les relents d’affres puent à des kilomètres à la ronde. La mienne. Et il se fiche bien de qui je suis, du pourquoi du comment, ouais ; ce qui l’intéresse n’est autre que la gloire personnelle, autre qu’une croissance interne mégalomane, exquise, avouons-le, qu’est de se sentir utile, indispensable. Une bonne histoire à raconter, pour fourrer la grosse qu’on essaye de se tirer depuis des mois, pas vrai ? Bien sûr, que c’est vrai. Juste une histoire, pour valoriser son image. Il l’a déjà, sa récompense. Pourquoi devrais-je, en plus, m’humilier à lui lécher le fion ? Pas que j’en ressente aucunement le désir, non ; bouffeur de cul, briseur de coeur, comme l’on m’a déjà décrit. Ca m’est resté. J’avais dis, que je la noterais. Anyway.

Attend, deux s’condes… que je grogne ; chopant une bouteille de flotte allongé sous le siège passager. Le cul vissé sur celui-ci, mais dos à mon chauffeur bénévole ; les jambes à l’extérieur, tandis que je les croise, tandis que je pose  ma cheville droite sur mon genoux gauche. Enlevant ma pompe, me voilà alors, déversant l’eau de source sur mon pied blessé ; nettoyant, autant que possible, toutes les merdes s’accumulant sur et autour de la plaie sanguinolente. Haletant, la moue crispée. Assailli de vertiges, toujours. De fourmillements, en chacun de mes muscles. La tétanie, dont les effets stagnent habituellement quelques heures, toujours, après chaque crise. Putains de neurones disjonctés. Ha, bordel… pestant, à nouveau, suite à cette douleur piquante, mais… définitivement plus supportable que mes taillades sentimentales et psychologiques. Lopette que je suis. Tarlouze impulsive ; tu parles, ouais… Hm, voilà. Des commentaires à peine audibles, adressés à ma personne plus qu’à l’autre.

Une fois ça fait, j’attrape mon pantalon trônant sur mon épaule ; enfilant la première jambe, dont la palme demeure intacte, avant de m’attaquer à l’autre. C’est laborieux, et ma respiration reste bruyante ; courbaturé, le corps continuellement tendu et dont les sensations ne me reviennent que très lentement. Tremblant ; de froid, de fatigue… « Allez… ! » Le tissu est noir, ce qui est à mon avantage au vu du sang qui l’imprègne lorsque je fais glisser ma foutue patte. La peau encore mouillée, sablée ; le boxer évidemment et tout aussi trempé, je me tortille  en tirant sur mon bas pour mieux le remonter. A la fois impudique mais bougon d’être, ainsi, en une telle position. Montrer la moindre faiblesse… plus qu’une contrainte ; un calvaire. Alors autant faire passer cela pour un manque total de pudeur, un manque total d’empathie et de préoccupation quant aux regards, quant aux pensées d’autrui. Puis enfin, enfin, bon Dieu, je m’affale lourdement, sans remettre mes godasses ; fermant la bagnole puis claquant mes paumes contre mes cuisses. « Bien ! … » Prunelles rondes, toisant le vide, droit devant, quelques secondes. Jusqu’à ce que ma tête pivote en direction de mon interlocuteur. Et c’est seulement à ce moment là, ouais, seulement maintenant, tout de suite, que j’aperçois finalement ses traits. Que je prends le temps d’observer. De réceptionner ce qui en ressort ; son aura, son énergie… carrure, expression, et… tremblements. Il… vibre, il… exhale une certaine tension singulière. Qui m’intrigue. Qui… me calme, me… fait peu à peu revenir à mes habitudes, mes réflexes comportementaux.

Silence. Plus un bruit, si ce n’est celui du vent. Si ce n’est celui du crachin, qui se transforme en pluie de plus en plus battante. Nos enveloppes éclairées par les lumières des manèges, tout autour de nous. Et le moteur, tournant. Lui, qui attend, avant de démarrer. Les instructions, ouais. L’adresse. Pourtant… muet, je reste. Redressant légèrement le dos, le menton. Regard insistant, paupières plissées. Puis l’ombre d’un rictus en coin, qui se dévoile. « Unh-unh… » Comme si je découvrais un atout saugrenu, planqué derrière un amas insipide. Et je ne m’empêche aucunement de le détailler visuellement ; allant même jusqu’à hausser un sourcil, avant de lâcher ses iris pour me focaliser sur l’écran tactile intégré aux commandes du véhicule. Gardant mon petit sourire perfide et roublard, j’entre l’adresse sur le gps ; lançant au type quelques coups d’oeil tout aussi fourbes, voir espiègles. « Allons… » Je sais que je suis impressionnant, mais tout d’même. Autant dire que sa réaction visiblement apeurée -quoi d'autre, sinon ?-, que sa tremblote trahit, a pour don de me propulser au summum d’une impression délectable ; l’omnipotence, la… toute puissance. Je continue sur ma lancée, tout en pianotant sur le clavier tactile, toujours « Tu n’as pas besoin de te mettre dans tous tes états… ». Je jubile, putain. Intérieurement, oubliant le reste, oubliant la réalité de mon actuelle posture. Soupirant longuement en récupérant le fond du fauteuil ; frottant mon crâne contre celui-ci sans que mes commissures ne retombent « Il ne va rien t’arriver, détends-toi » dis-je en fermant les yeux ; prouvant à quel point je me sens à l’aise, à quel point… je me complet dans le pire des machiavélismes « Tu n’as qu’à suivre les indications du gps… … ho, et… » rouvrant les yeux un instant, pour soutenir les siens, posant même ma paume gauche sur son épaule ; en roue libre intégrale sur le courant de la perversité « Tu peux me faire confiance ». Kiss-my-ass. Finissant par récupérer ma dernière position, paupières closes, confortablement assis en dépit de ma lésion dont le liquide ferreux et toxique s’échappe et goutte « … à contrario de cette enflure de médecin chez qui l’on va… haaaa… ce foutu Charles… »



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MessageSujet: Re: Coney Island, Suffocation. (LIBRE)   Ven 22 Juin - 2:11

gary & chad

Gary prend son temps, se contorsionne, gémit, s'administre les premiers soins pendant que l'autre attend derrière son volant sans ne rien dire, sans rien commenter. Ses yeux ne le regardent même pas, se fixent ailleurs alors que ses oreilles se contentent d'assister au spectacle. Ses doigts se resserrent tant bien que mal sur leur prise mais Parkinson se veut capricieux ce soir. Il est certain que d'une chose : il saura conduire et il compte en profiter. Dans quelques années, il sera aussi con que les légumes que l'on croise en maison de retraite. Il ne pourra plus faire des saloperies basiques qui composent le quotidien et verra chaque action comme une réussite. Chad se sent vaseux à cette idée mais penser à Parkinson est son unique façon de ne pas penser à Gary qui grogne de douleur, se perd dans ses douleurs qui le rendent colériques. C'est le but des plaies béantes, elles s'irritent, elles nous énervent et lorsqu'elles commencent à cicatriser c'est encore pire, elles nous grattent. La tranquillité n'est qu'une illusion malsaine que le cerveau entretient pour être certain d'en baver. Un homme qui ne subit pas n'est pas un homme. L'être humain, s'il n'est pas plus bas que terre ne voit pas de raison d'avancer. Même les romans sont les premiers à parler de la mélancolie comme si elle était vitale.

La portière claque, son corps se crispe. Son regard se pose sur le gps, mécanique, il démarre alors que la flèche lui indique où aller, accompagné d'une voix féminine pour être certain qu'il ne soit pas trop con, qu'il sache lire une carte. L'assistanat de la société comme disait son père. Ils te rendront dépendant pour être certain que tu ne te rebelles jamais. Qu'il crachait, du haut de toute sa fierté de n'avoir jamais fait parti de la masse, de s'en être arraché si jeune pour ne pas finir comme tous les autres.
Tous les autres.
Même lui ne saurait pas dire qui exactement. Et maintenant, même s'il désirait partir, tirer la route, s'arracher pour de bon, Chad ne le pourrait pas et Gary le lui rappelle. Sa paume sur son épaule lui fait froncer les sourcils. Deux secondes tout au plus avant de faire le lien entre ses pseudos réconforts et ses tremblements qui eux ne sont pas factices. Le colosse ne montre pas les dents, reste dans son calme naturel alors qu'il s'embarque dans les veines du monde. C'est juste Parkinson, t'emballes pas. Pas agressif, seulement sa façon de parler, de dire les choses sans filtre, sans passer par des mots poubelles qui rendraient ses paroles plus tendres. Sa force tranquille l'accompagne jusque dans sa façon de prononcer chaque syllabe. Parkinson, ces syllabes là, d'ailleurs, plus le temps passe et moins il apprécie de les lâcher. Pourtant, ce soir, ça ne lui fait rien. Ce type est un inconnu qu'il ne reverra plus jamais alors lui balancer qu'il a parkinson n'est qu'un détail qui s'oubliera au milieu de leurs chimères qui se dessinent sur le bord de la route à mesure qu'ils avancent.
Elles ont des allures de créatures que l'on ne peut ignorer. regarder. Des salopes le long des trottoirs là pour éveiller les vices au fond des âmes les plus endormies. Réduite en cendres, celle de Chad réagit plus vivement qu'elle ne le devrait à la présence de Gary. La paume de sa main, il la ressent encore son épaule mais le colosse se concentre ailleurs, laisse son audition faire le job. Sa vue se concentre sur la route, ne se soucie pas des perturbations extérieures.

Il a quoi de si spécial, ce foutu Charles ? Cela risque d'être interprété comme un moyen indélicat de faire la discussion mais Chad veut seulement savoir où il met les pieds. Pas qu'il ferait demi tour maintenant qu'il tient entre ses doigts ce volant et que les vibrations du moteur se mêlent aux siennes. Se dégage de son existence pitoyable un semblant de sérénité alors qu'il s'avance à la lueur des lampadaires jusqu'à l'adresse inscrite. La flèche tourne à droite, s'avance, part à gauche et cette voix qui lui murmure toujours quoi faire. La voiture glisse sur la route alors que l'air frais de la nuit caresse sa joue. Fenêtre ouverte, il entend au loin les sirènes d'une ambulance qui termine finalement par les doubler à toute vitesse. Des jeunes installés sur le bord de la route sirotent des bières en fumant des clopes, lâchent des rires gras alors que le véhicule fait une pause au feu rouge. La voiture reprend son souffle avant de continuer, tranquille.

Plus que quelques mètres avant que le point d'arrivé ne se présente à eux, que cette voix se taise enfin. Ce n'est qu'en se garant dans une allée que Chad tourne ses yeux vers Gary. Première fois qu'il le fait réellement tandis que la lumière de la voiture éclaire ses traits. Ses pupilles caressent sa peau, ses cheveux encore mouillés, plaqués sur son front, son timbre doré, brillant d'on ne sait trop quoi. Une transpiration douloureuse certainement. Les néons d'un magasin de location de dvd clignotent à quelques pas d'eux et attire le regard du colosse qui termine par sortir de l'habitacle pour pouvoir se déployer et retrouver son mètre quatre-vingt seize sans difficulté. Son imposante ossature gobe à elle seule les ombres qui l'entourent tandis que ses yeux noirs de solitude accordent une analyse subtile des alentours. La rue est calme, il se sort une clope. Ses doigts tremblants trouvent à la caler entre ses lèvres tandis que sa main libre prend appui sur le toit de la voiture. Il profite un instant du calme que lui offre la nuit, de la température presque trop froide qui caresse ses bras nus et cette sensation de chaleur diffuse toujours incrustée sur son épaule. A croire que la perturbante présence de Gary fait effet sur le calme olympien de Chad qui ne montre pourtant aucun signe physique de faiblesse.
Il inspire.
La clope grille ses poumons. La nuit aurait pu être pire.
Elle est un joli paquet cadeau renfermant des monstres insipides.
Calfeutré dans son silence chronique, le coeur gercé par la contrariété, Graham profite de sa clope, imperturbable. Pas inquiét à l'idée de finir entre de mauvais draps. Ces mêmes mauvais draps dans lequel il avait baigné par le passé avant de les brûler.



sur le tremplin de ma porte sur les objets familiers sur le flot du feu béni j’écris ton nom
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MessageSujet: Re: Coney Island, Suffocation. (LIBRE)   
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