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MessageSujet: IL Y A L'OMBRE ET LA LUMIÈRE AU MILIEU NOTRE TRAJECTOIRE (ELEA)   Sam 24 Mar - 3:28


   

   

   
IL Y A TON SOURIRE QUI S'ÉLÈVE C'EST COMME UNE LUEUR D'ESPOIR IL Y A L'OMBRE ET LA LUMIÈRE AU MILIEU NOTRE TRAJECTOIRE

Poupée en apnée sur son matelas dégonflé. Y’a le silence qui tourne sous les astres agités, une fumée opaque qui l’arrache aux bras de Morphée. La cigarette qui brûle le souffle inquiet, qui ronge les pensées enfumées. Sous la quiétude du ciel goudronnée, juste cette mélodie hachée d’une âme rongée par les éclats lunaires, par l’anxiété outrancière. Danseuse étoile qui a perdu espoir quand sa vie s’est transformée en lames de rasoir. Il n’y a que l’impuissance dans ses poumons, que la sale impression d’être à l’abandon. Sur une route sans écho, où seule la vengeance compense les maux. Et il y a eux tout autour, gamins orphelins pour leurs vices « malsains ». Têtes brûlées qui fracassent les portes d’entrées, qui apparaissent dans l’obscurité pour immoler les banalités. Tous endormis dans leurs draps d’inertie. Rescapés de l’indifférence et de l’intolérance. Saveur de nuisance dans l’incompétence d’une société pourrie. Ils ont tellement couru pour effacer cet univers distordu. Oublier l’étendue des jugements éperdus. Effacer les étiquettes bien collées à leurs fronts échauffés. Liberté qu’ils ont attrapé à la première opportunité et à laquelle ils se droguent pour compenser. Et au milieu, elle est là, le fracas. La jambe en éclat, le regard froid. Vague à l’âme, qui inonde la conscience infâme. Elle sort de là, la fille de joie. Elle fuit le noir pour trouver quelques lumières dans les hauteurs de sa misère. Elle, avec ses cheveux bouclées et sa gueule d’effarouchée, elle vogue dans les couloirs inanimés, seul les échos de son infirmité dans l’immensité. Et elle rôde la beauté, entre la quiétude et l’amertume. Elle vogue entre l’ennui et l’envie. De se permettre une parenthèse dorée, de s’exploser les rétines sous les astres en désastre. Alors elle monte la jolie, subissant une quelconque folie. Et c’est le souffle arraché qu’elle arrive tout en haut de ce taudis. La respiration découpée et la carcasse en pièces détachées. Puis y’a son regard qui se détache, qui s’arrache sur la silhouette funambule. Blondeur en apesanteur qui joue avec les hauteurs. Elle danse sur un fil invisible, les chevilles trop fines près du vide. Et elle admire la poupée, l’âme détachée qui a tout autant besoin de rêver à la place de s’acharner à persister. Y’a son coeur qui loupe un raté, sous l’inquiétude mordante, alors qu’elle boîte jusqu’à l’étoile perchée pour attraper ses phalanges glacées dans une tendresse béante. Contact humain, espoir succinct. Elle s’accroche, elle la décroche de son ciel serein. La ballerine qui joue avec la vie, qui flirte avec la mort sans remords. Suicidaire incendiaire aux traits délicats, qui ne mérite pas de s’écraser plus bas. Et y’a cette gêne violente qui vient secouer ses pommettes rosées quand elle se permet de l’observer. Le mystère perché. Et y’a les mots qu’elle dit à l’arrachée sans même songer.

« Faut pas sauter, tu sais... »  


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MessageSujet: Re: IL Y A L'OMBRE ET LA LUMIÈRE AU MILIEU NOTRE TRAJECTOIRE (ELEA)   Mar 27 Mar - 23:11
Elle tombera, ne se relèvera sûrement pas. Un matin on la retrouvera sur l’asphalte, le visage écorché et le sourire figé dans le dernier souvenir de sa folie. C’est ce qu’ils disent tous. Les petits points. Les corps zombifiés. Elle n’écoute pas. N’écoute jamais. Elle monte toujours plus haut Elea, jusqu’à toucher les étoiles. Parce qu’elle les rejoindra un jour, les nébuleuses. Mais pas tout de suite. C’est pas l’heure. Ils ne comprennent pas eux, ce sentiment qui électrise son cœur quand il n’y a plus qu’elle et les hauts bâtiments du Bronx, plus qu’eux pour lui parler dans la nuit. Elea elle monte quand les parents se couchent, observe de loin le ballet des lumières et tend l’oreille sur ce silence éphémère. A cette heure-ci les voitures se font muettes, laissent l’aiguille faire le tour de la pendule. A cette heure-ci il n’y a plus que les drogués pour errer dans les rues, le nez dans la poudre et le visage blanchi par la lueur sidérale. Il n’y a plus qu’elle pour s’aventurer dans les hauteurs de la ville, les pieds cloués dans ses baskets à suivre une ligne invisible. Elea elle a des rêves plein la tête alors quand elle ferme les yeux elle s’imagine avec son sac à dos, loin du Bronx, toujours plus loin de l’Angleterre. Derrière les hauts bâtiments. Peut-être qu’un jour elle partira elle aussi. Mais pas maintenant. Pour l’instant il n’y a que ses mèches blondes qui parviennent à s’échapper de son bonnet, vogue derrière elle quand son regard reste ancré dans les sommets. Elea elle se fait sourde aux quelques bruits qui naissent quelque fois autour d’elle, au claquement d’une porte dans son dos, au vent qui claque contre ses pommettes. Il n’y a qu’elle. Et cette solitude qui la berce dans sa froideur, lui bouffe parfois le cœur. Tout le monde dort (pas vrai ?). Elle se détourne un peu Elea, tourne le dos au reste du toit, les bras le long de son corps, le vide à un pas. Et elle le jalouse ce vide elle, s’entête à vouloir le même quand les images reviennent. Mais y’a son cœur qui s’accélère, cette sensation qu’elle ne comprend tout de suite au bout de ses doigts. Ça ressemble pas au vent. C’est plus tendre. C’est plus réel. Ne pas sauter. C’est presque maternel. Peut-être que c’est pour ça qu’elle reste silencieuse aussi longtemps Elea, laisse les battements de son palpitant reprendre un rythme normal avec peine. Ne recule pas pourtant. Elle ne sautera pas. Jamais. Pas volontairement en tout cas. « J’veux pas sauter. »  Elle se fait force pour faire apparaitre un sourire sur son visage, ne peut s’empêcher d’observer dans l’obscurité les traits de celle a la voix bien trop douce. Elle ne sait pas bien pourquoi. Sûrement parce que personne n’a jamais eu la même réaction qu’elle, y’en a un qui l’enferme et d’autres qui crient. Y’a jamais eu personne pour prendre sa main. « J’voulais pas t’faire peur, j’suis désolée. » Elle n’en dit pas plus, les lèvres pincées, les idées en vrac. D’habitude elle se décale et se moque Elea, ne s’excuse jamais. Mais c’est pas comme d’habitude.


Dernière édition par Elea Sanders le Mer 6 Juin - 1:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: IL Y A L'OMBRE ET LA LUMIÈRE AU MILIEU NOTRE TRAJECTOIRE (ELEA)   Sam 28 Avr - 8:30


   

   

   
IL Y A TON SOURIRE QUI S'ÉLÈVE C'EST COMME UNE LUEUR D'ESPOIR IL Y A L'OMBRE ET LA LUMIÈRE AU MILIEU NOTRE TRAJECTOIRE

Goût particulier entre les lèvres pincées, peur qui reste comme une saveur amère dans cette gorge à l’envers. Y’a la ballerine, trop haute perchée, dans son ciel étoilé. Elle a le regard qui vogue entre les hauteurs et l’apesanteur. Comme un désir de sauter pour s’envoler dans les hautes lumières, loin de la misère. Crever l’abcès d’un monde déchet pour briller. Là, tout là, dans le bitume de ce ciel diurne, dans les lueurs de la lune. Plus qu’un reflet qui juge cette société, qui admire la purulence des étrangers qui s’effacent et qui s’enlacent dans la crasse. Avec cette compassion comme occupation. Conte d’une beauté macabre, d’une poupée qui veut se faire la malle. Et l’intrigue, l’énigme, le mystère entier qui impose à la poupée l’envie de savoir, de connaître, d’arpenter. Chaque chemin de cette conscience étranglée, de ces pensées entremêlées. De comprendre le vide et jouer les funambules sur son fil. Car Scar elle est solitude quand la nuit impose sa quiétude. Elle est calme quand la tempête s’entête dans ses os rouillés, dans sa chair découpée. Y’a juste cette conscience qui brûle lentement sous les feulements. Les cauchemars qui se creusent dans les gémissements. Et ce subconscient qui ne tient plus vraiment. La cadence de cette inertie, le rythme de cette folie. Alors elle s’approche, elle s’accroche. La poupée cassée, elle s’avance pour détruire la cadence routine, le quotidien morbide. Elle impose son refrain quand elle voit la belle dans son coin. Entre les bâtiments et les murmures qu’on entend pas vraiment. Elle vient là, dans cette bulle de solitude, dans cet îlot d’amplitude. Dans ce mirage lointain qui ressemble à un rêve malsain. Et elle l’attrape la jolie, elle l’attrape pour qu’elle s’accroche à la vie. Pour qu’elle s’accroche à elle, à cet éclat de dentelle. Pour lui donner un peu de répit. Tendresse étrange qui la prend et qui la méprend. Douceur qu’elle ment et qu’elle vend. Et y’a ses yeux, ses prunelles d’un autre monde, d’une teinte qui la laisse conne Scar. Ce regard innocent et dansant. Ce regard pas humain aux couleurs d’un univers lointain. Ce regard qui lui dit qu’elle va bien. « J’veux pas sauter. » Et les mots qui s’écoulent, les syllabes qui découlent. Qui rassure l’ordure enflée par les inquiétudes. Puis le sourire qui étire les babines, le masque qu’elle incline sur son visage brillant sous les reflets mirobolants. Et la môme qui n’y croit pas un instant… Qui l’a bien trop souvent ce rictus pour forcer l’insouciance, pour effacer la démence. Alors elle lache pas Scar, elle ne lâchera jamais. Car la vie mérite d’être abuser malgré les plaies. « J’voulais pas t’faire peur, j’suis désolée. » Et les excuses incompréhensibles, la culpabilité pour cette étrangère qui reste muette, qui a comme un air de défaite. Elle voudrait lui dire cap ou pas cap de vivre, cap ou pas cap de sauter juste pour voir les excès. Mais elle n’osera jamais. Car le jeu est trop particulier et qu’elle serait capable, elle, de sauter. Alors elle garde juste ce contact opaque, juste ses phalanges agrippées à cette peau échauffée, un sourire léger et les yeux abaissés. C’est trop étrange cette timidité, trop pas dans ses banalités. Et pourtant la gamine est intimidée. Un peu. Beaucoup. Juste assez. Juste assez pour la perturber. «  T’as pas à t’excuser. » Puis les mots qui s’abandonnent à la lisière de ses lèvres. Les échos particuliers de cette fragilité. « Je voulais juste pas que … tu t’écrases en bas. » Ça c’est la vérité, ça c’est l’éventualité. De ne pas vouloir la mort encore en face de ses yeux écarquillés. De devoir affronter encore le noir complet quand la réalité impose sa férocité.


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MessageSujet: Re: IL Y A L'OMBRE ET LA LUMIÈRE AU MILIEU NOTRE TRAJECTOIRE (ELEA)   Mer 6 Juin - 2:48
Le vent soulève les mèches blondes, murmure au vide sous ses pieds ces quelques mots secrets qui l’empêche de chuter. L’empêche de rejoindre la gravité et le macadam abandonné de la ville endormie. Là-haut elle ne risque plus rien Elea, protégée par les bras curieux du ciel étoilé, protégée par les doigts froids et hésitant d’une main bien trop réelle pour n’être qu’illusion. Elle n’a pas peur non plus, ni de la chute mortelle, ni du chagrin.
Elle devrait pourtant.
Parce que ses idées sont confuses, mêlées de sentiments étranges et de souvenirs (amers).
Mais l’inconnue a le visage doux alors tout s’efface (un temps). Ou peut-être est-ce seulement une impression, un drôle de tableau peint par les mains agiles et menteuses de la lune. Peut-être les deux. L’inconnue a une douceur dans le geste alors Elea elle pince les lèvres, s’excuse sans se l’expliquer, peu habituée à voir l’appréhension dans les pupilles. Elle, elle observe, le reflet dans le regard, les phalanges agrippées. La tendresse d’une âme perdue qu’elle a trop peur d’abîmer. Alors ça doit être pour ça qu’elle s’excuse Elea, pour avoir partagé sans le vouloir sa folie avec elle, pour avoir fait un peu mal quelque part. (Parce que la peur de sombrer ça fait mal, non ?)
Mais elle n’a pas les idées claires ce soir Elea, mélange les regrets aux sombres secrets.
- T’as pas à t’excuser.
Pourtant elle a l’impression de devoir Elea, auprès d’elle, auprès des autres. Auprès de ceux qui enferment et disparaissent. Auprès de ceux qu’elle fuit, solitude.
- Je voulais juste pas que… tu t’écrases en bas.
Pourtant s’écraser là ça veut dire être ici pour toujours, piétinée par les baskets bousillées des habitants du parking et n’être plus qu’un souvenir pour certains. Est-ce qu’ils viendront eux aussi ? Est-ce qu’ils monteront sur le toit du monde et regarderont en contre-bas pour voir ce que moi je vois ? Le filet invisible arrêtera sa chute, emportera son âme dans les cieux et ne laissera plus que son corps égratigné (seul). Pourtant Elea elle ne leur en voudra pas s’ils ne pleurent pas, parce qu’après tout elle, elle n’a pas pleuré. Elle a ri (mais pas comme d’habitude).
Pourtant petite voix lui rappelle que le sablier n’a toujours pas rendu son dernier grain et la ramène sur le toit avec l’inconnue devenue muette dans l’attente.
« J’veux pas non plus. » Son sourire ment un peu, comme une vérité silencieuse qu’elle lui lance. Elle ne l’attrapera sûrement pas, jolie fille poupée, parce qu’elle ne sait sans doute pas qu’elle doit. Alors doucement (ne veut pas brusquer) Elea, elle se défait du contact rassurant, ses jambes se pliant jusqu’à ce qu’elle s’asseye sur le rebord, les pieds dans le vide dansant. « Toi non plus t’arrives pas à dormir ? » Ce n’est qu’un murmure, le regard qui revient sur le visage dans son dos. Parce qu’après tout elles ne sont que deux dans l’immensité, deux silhouettes somnambules dans la nuit.
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MessageSujet: Re: IL Y A L'OMBRE ET LA LUMIÈRE AU MILIEU NOTRE TRAJECTOIRE (ELEA)   Mar 12 Juin - 3:29


 

 

 
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Constellations perchées sous le ciel d’obscurité, comme une saveur d’amertume au fond des trachées compressées par les émotions en apnée. Besoin d’air, besoin d’espace, besoin d’équilibre dans ce cosmos livide… Ça tangue sur la surface, vibration dans le fil tendu entre les funambules qui ont les paumes accrochées, les phalanges glacées sous leurs espoirs défaits. Poupées cassées, mitigées, prêtes à sauter dans un vide certain. Mirage d’illusions, car si les pieds lachent c’est pour crever les pensées dans les crânes en ébullition. Se faire marcher dessus par la vie et l’ennui pour se cadenasser dans cette tragédie tanguante, oppressante. Mais est ce que les brisures suffisent à s’exploser le crâne quelques mètres plus bas pour noyer les fracas ? Elle ne sait pas l’éclat quand elle la tient la gamine ecchymose. Elle ne sait pas si la poupée elle serait aussi belle en contrebas, la cervelle étalée et les paupières fermées. Elle ne le croit pas, alors elle tient, elle retient la respiration mensongère d’entre ses lippes quand elle croise le regard séraphique. Raté dans le palpitant et peur dans le corps béant. Cet air qui lui dit me lâches pas même si on se connait pas, moi je te lâcherais pas. Étrange vérité qui se joue sous les rétines abaissées sous la honte de crier la hantise de l’abandon, de la mort et de la dépression. Mais les doigts entremêlés écrasent le chagrin quand l’équilibre reste serein. Et que l’astre reste en apesanteur loin de l’horreur, à distance des erreurs.
Alors elles restent comme ça, l’agonie sous la paralysie.
Les phalanges engourdies et les regards obscurcis.

Et la poupée elle finit par bouger sous les mots en échos, sous les syllabes vendus d’entre les lèvres, les paniques taciturnes.
Parce qu’elle peut pas sauter comme ça.
« J’veux pas non plus. »Et le mensonge est presque resplendissant, le sourire brillant sous les faussetés qu’elle lui vend sous son regard tremblant. Mais elle reconnait l’étoile en pièces détachées, elle la reconnait la noirceur entre les lèvres étirées. Le masque qu’on donne aux ignorants pour les bercer que tout va bien. Quand rien ne va. Mais qu’on continue comme ça. Elle le reconnait car parfois elle y songe à s’envelopper dans l’obscurité pour tuer ce qui passe là haut, dans les pensées en ébullition. Que ce soit en sautant d’un immeuble bien haut pour ne pas entendre les échos, que ce soit en se saignant les deux poings en avant, que ce soit en se tirant une balle pour se faire la malle. Y’a tellement de solutions, de conclusions pour un drame qui fera la une des journaux avant d’être oublié quand quelqu’un aura fait la même avec plus de créativité. Et peut être qu’elle veut pas elle qu’on l’oublie, comme si elle n’avait jamais rien été. Qu’un pantin désarticulé de plus. Puis le silence quand la main s’échappe doucement, délicatesse pour éviter de la brusquer quand Scar ne lache plus l’étoile filante par peur qu’elle se trace comme une éclipse. Mais elle s’assoit juste là, les pieds dans le vide, la danse livide entre la vie et la mort. « Toi non plus t’arrives pas à dormir ? » Et le murmure entre les lèvres fines, le regard sur les traits inertes, les rougeurs sur les pommettes. Elle reste muette la jolie quelques secondes avant de s’approcher elle aussi. Les jambes tremblantes, l’une prête à lâcher, l’autre déjà détachée. Les rétines collées sur le bitume, elle ose faire sa valseuse sur le rebord, essayer elle aussi de s’imprégner des effluves macabres pour sentir son coeur se faire la malle. Mais ça se voit, qu’elle est fragile la gamine, sous ses doigts hésitants et son souffle absent. Et finalement elle s’assoit juste là à côté de l’éclat, les lèvres pincées, la timidité avalée et la brise sur son visage qui reste inspirée par la route en contre bas. « Oui. » Et y’a que ce mot qui sort de la bouche sucrée quand elle se laisse rattraper par la beauté à proximité, et que les rétines refusent de se retirer des prunelles bleutées. Supernova dans l’océan, fracas dans les teintes froides. Et les phalanges qui résistent à enserrer la paume juxtaposée à ses côtés, par peur du rejet ou par hantise de la voir sauter sans elle. Car si l’astre décide de s’envoler, elle la suit la poupée…


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