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MessageSujet: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Dim 11 Mar - 18:06

isaak & chad

Il a fait l'effort même si cela lui a pris pas loin d'une heure pour troquer ses vêtements de sports contre d'autres, plus élégants, plus soignés. Tout ce qu'il n'est plus depuis des mois. Cela lui a demandé de l'application, une véritable guerre contre lui-même pour accepter l'invitation. Quelques coups de peigne plus tard, il sent une boule se former dans sa gorge et l'envie de déserter, de finir la soirée au fond de son lit à regarder des émissions plus bêtes les une que les autres autres avec Maurice sur les genoux. Cela lui traverse l'esprit ; personne ne se rendra compte de son absence sauf peut-être quelques gamins à qui il avait promis de venir et à qui il fera faux bond une énième fois. Chad et sa façon presque professionnelle de se dérober, de laisser couler les occasions de sortir pour se perdre dans les tréfonds de son silence. Finalement, le blond s'avance vers sa télévision, l'éteint pour se convaincre de partir et attrape sa veste pour l'enfiler. Son regard se tourne une énième fois autour de lui alors qu'il attrape Maurice pour lui souhaiter bonne soirée, se donner le courage dans quelques caresses d'affronter une soirée comme il n'en a plus fait depuis des années. Avant, il adorait y aller avec sa femme pour se gaver de petits fours et discuter avec de parfaits inconnus à l'esprit parfois monté à l'envers ; le genre d'histoires propres aux artistes, qu'il ne connaîtra certainement jamais parce que tout en lui se recroqueville.

Il arrive à sauter dans un bus alors qu'il aurait pu y aller à vélo comme il le fait souvent mais l'envie de trimballer son deux roues n'est pas là, élan de fatigue qui lui tombe dessus lorsqu'il traîne dans les rues, que son corps s'assoit sur un siège vide. Le regard posé sur les enseignes des magasins et des maisons qui défilent. Une fois à destination, Chad prend une longue inspiration en voyant se dessiner la galerie d'art qui était noté sur le carton d'invitation. Le colosse enfile son plus beau sourire alors qu'il traverse l'entrée pour se perdre au milieu des peintures et autres œuvres d'arts réalisés par des jeunes du Bronx dont les toiles sont en vente pour une association aidant les jeunes en difficulté. Ce genre d'association que Chad connaît de près ou de loin grâce à ses actions faites par le passé. Certains des ados devenus jeunes adultes viennent le saluer, lui demander des nouvelles alors qu'il peut sentir sur leur visage la fierté de s'être dégagé de la rue, d'être autre chose que des voyous détestés des autres. Propre sur lui, bien lisse, le blond inspire une confiance en lui si imperturbable qu'il en deviendrait presque charmant alors que tout cela n'est qu'une façade :quelques beaux vêtements pour dissimuler la fatigue, le deuil, l'insaisissable sensation de se perdre. Tout ne se résume qu'à ça ; de la superficialité et c'est ce qui le rassure le plus à cet instant. C'est tellement facile pour lui de jouer ce genre de jeux là alors qu'il a pour habitude d'être plus vrai qu'un môme.

Discret, le grand ne part pas se ruer immédiatement sur les petits fours même si l'envie n'en manque pas et se décide pour faire le tour des œuvres. Dans son silence, il observe sans crainte ceux comme lui, sans trop de choses dans les poches, simplement là pour soutenir la cause et puis les autres, les plus friqués, persuadés de pouvoir dénicher de futurs artistes reconnus ou se donnant bonne conscience en offrant de grosses sommes à ce genre d'associations. Lui ne juge pas, s'avance vers une toile colorée qui attire son regard plus qu'une autre. Il n'y connaît rien, se contente de laisser son regard le guider  par ce qui lui tape à l’œil. Un peu comme il le fait avec les personnes en règle générale.

tronche de cake:
 



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Dernière édition par Chad Graham le Dim 11 Mar - 23:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Dim 11 Mar - 20:11

On t'a dit de soigner ton image, qu'un PDG digne de ce nom ça ne tente pas de se suicider et que ça ne finit pas non plus en garde à vue pour avoir tabassé un flic, complètement défoncé, course poursuite et tout le tintouin. On t'a clairement fait comprendre qu'on ne couvrirait plus tes conneries si tu continuais à te foutre de tout comme du reste, trop tourné vers ton propre nombril - disons plutôt ta sale bite - pour concevoir que le moindre de tes gestes fait la pluie et le beau temps sur le cour de l'action de la Compagny. Ca t'agace prodigieusement de te faire traiter comme un ado mal élevé par tous ces cons du conseil d'administration et tu t'es pas gêné pour le leur dire, crachant ta colère, déversant sur eux toutes les frustrations accumulées ces dernières semaines, brayant comme un gosse qui refuse de se laisser dicter sa conduite par une bande de trous du cul qui n'auraient pas la chance de se croire tout permis si t'étais pas là, héritier des Coalman, pour leur permettre de s'en foutre plein les poches avec TON empire familial. T'as parlé de tous les virer, leur à dit d'aller se faire enculer, que t'étais même prêt à les dépuceler un par un sur la table de réunion pour leur faire comprendre que le patron, ici, c'est toi. Toi, toi, toi. Personne d'autre !

Ce qui t'as valu une crise d'angoisse.
Bête et méchante, stimuler par la grandeurs de tes abus : manque de sommeil, alcool, cockaïne, speed, anti-depresseurs ... Cocktail explosif. Un gros caca nerveux, tout de suite suivi d'une chute à la renverse et de l'impression détestable d'étouffer, de vouloir chialer mais de ne pas y parvenir. Et tous ces connards, qui en on profité pour te faire hospitaliser d'urgence, en s'arrangeant pour que la presse en fasse ses choux gras, histoire d'appuyer auprès des actionnaires que tu devenais complètement ingérable et qu'il fallait te remplacer, du moins pour un temps, celui de prouver ta bonne foi.

T'arrives à cette expo l'âme plus noire qu'une nuit d'hiver. Encore plus contrarié et frustré que tu ne l'étais ces derniers jours, après le départ de Murphy et tout ce qui en a découlé de larmes, de rage et de cohabitation malsaine avec Wilf. T'oses même pas imaginer la merde qui t'attend quand Nero apprendra ça, pries de toutes tes forces pour qu'un miracle te permette de lui cacher ce détail jusqu'à la mort. Une mort qui arrivera peut-être ce soir, d'ennui. Qu'est-ce que tu peux bien en avoir à foutre des croûtes de zonards mal fagotés ? Cas sociaux repentis, faux artistes underground, résidus de misère sociale qui s'imaginent pouvoir briller à tes côtés, dans ton monde où tout est beau. Presque aussi beau que toi, dans ton dernier sur mesure. Une tenue choisie par ton équipe de communication - oui, parce qu'on t'en impose une, désormais. La dernière montre de créateur, les chaussures à 1000$ l'unité, la cravate distinguée, griffée par Paco en personne, et les boutons de manchette dont le prix à lui seul est une insulte au petit peuple qui t'entoure. C'est tout juste si tu as réussi à échapper à l'étape maquillage et auto-bronzant, résolu à ne pas laisser à tes amants l'occasion de te traiter de grande folle en voyant les photos de cette soirée médiatisée.

Tu ne regardes même pas les toiles, fonces vers le bar comme un pilote de formule 1 qui veut passer la ligne le premier. Objectif ivresse pour ce soir, histoire de rendre la fête plus supportable. Du moins jusqu'à ce que le barman te reconnaisse et te demande comment va ta santé, s'imaginant poli. Tu bloques, l'assassines du regard pour lui faire comprendre qu'il vient de perdre son job. Vexé, tu lui arraches une coupe des mains et t'éloignes, fendant la foule à la recherche d'un coin où tu pourras bailler en silence, faute de pouvoir t'arracher la gueule sans te prendre de réflexions.

Tes pas t'amènent face à une toile criarde, que tu décides de détester par principe, parce qu'elle fait partie de ce cirque grotesque auquel tu ne voulais pas participer et qui te fait rager d'avoir à claquer du fric pour faire bonne impression. Coalman Compagny, une entreprise qui à du cœur. Tu parles ! C'est sans le regarder que tu t'adresses à ton voisin, pointant l'oeuvre du doigt après avoir sifflé ta coupe cul sec. C'est de vous ? J'ai de l'argent à perdre ce soir, je vous l'achète. Plus vite t'auras dépensé ton enveloppe de la soirée, plus vite tu pourras te tirer d'ici.




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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Lun 12 Mar - 0:57

isaak & chad

Il ne s'y attendait pas, à ce qu'on vienne le voir pour lui proposer de l'argent pour ce tableau qu'il fixe depuis certainement trop longtemps sans s'en rendre compte. Les couleurs le happent en silence alors qu'il sursaute légèrement, tourne son regard vers cette voix qui le coupe dans sa contemplation. Chad se laisse un instant pour fixer les traits qui lui font face, ce profil qu'il a déjà vu sans pouvoir le remettre tout de suite. Il lui faut creuser sous les verres de trop, sous les notes de piano, les bonnets qui ne vont pas, les histoires de présentateur télé et de chasseur pour que la situation lui revienne en tête. S'il met si longtemps à capter, ce doit être parce qu'il ne s'imaginait pas le revoir dans ce genre d'endroit. Non, en réalité, Chad ne s'était même pas dit qu'il le reverrait un jour. Leur soirée existe encore quelque part dans sa tête, bien sûr qu'elle revient parfois au devant de la scène pour lui donner le sourire mais les journées maussades le poussent bien vite à tout refouler, à ne pas se perdre dans des souvenirs presque irréels.
Parce qu'il y a la vraie vie, Chad. Cette vie là qu'il fuit du mieux qu'il peut, qu'il évite en se contentant d'aller au travail et d'en revenir le soir après une journée à ne penser qu'aux autres : les enfants qu'il voit évoluer chaque jour.
Il reste là, sans bouger, bouche bée, comme suspendu dans le temps. Un instant, presque rien, pour trouver la foi de chercher les bons mots ou de laisser venir les choses comme elles sont, tout simplement. Son cœur se comprime mais il ne l'entend pas, laisse son corps faire alors qu'il lâche un soupir, comme si la fatigue de l'autre soirée cherchait à revenir, à lui sauter à la gorge.

Enfin, Chad se décidé de briser le silence de sa voix calme et posée, légèrement sur la réserve contrairement à Isaak, toujours si sûr de lui, toujours au dessus de tout. Comme la dernière fois. Admettons que oui, combien seriez-vous prêt à mettre ? S'il entre dans son jeu, ce n'est que pour gagner du temps parce que Chad  ne sait pas comment réagir. Il est partagé entre l'envie de plonger ses yeux dans les siens pour savoir s'il a oublié ou non ou de rester dans sa bulle de confort. Son regard ne peut s'empêcher de le détailler, de se perdre sur sa cravate, sur sa veste, tout ce qui le compose et qui lui montre une seconde fois qu'ils ne seront jamais du même monde. Il se demande encore aujourd'hui, comment les choses ont pu se dérouler pour qu'ils soient aptes à passer une soirée l'un avec l'autre sans s'ennuyer, sans voir chez l'autre des défauts qu'ils ne supportent pas. Gêné, Chad se racle la gorge et s'éloigne de lui d'un pas, se concentre à nouveau sur la toile alors que ses mains partent dans ses poches. Contre son gré, le colosse sent son corps vouloir se dérober, entrer dans une dynamique qu'il déteste, une fuite silencieuse mais prévisible.

Il pourrait ajouter d'autres mots, tenter de faire le lien avec leur soirée passée mais rien ne vient, le vide intersidéral. Si Chad était réellement à l'aise avec lui-même, avec tout ce qu'il représente, peut-être qu'il s'imposerait à cet homme avec plus de charisme et de présence mais tout ce par quoi il est passé le pousse à s'effacer. Soudainement, il se sent bête et ridicule dans son pull en laine, dans son pantalon sombre et bon marché qui pourrait donner l'illusion de valoir quelque chose mais Isaak démonte tout par sa simple présence. Je ne pense pas que vous perdriez votre argent. Il y a de l'amour et de la passion dans ce tableau. Il connaît en réalité l'un des mômes l'ayant réalisé maintenant qu'il prend le temps de lire le nom pour ne pas se concentrer sur celui qui l'accompagne. Ça n'a pas de prix ce genre de choses … qu'il finit par murmurer, comme s'il regrettait ses mots, sa propre présence. Et à cet instant, dieu sait qu'il s'en veut de ne pas être saoul et comme il voudrait s'arracher de lui-même.
Il ne se pose pas la question de savoir si Isaak se souvient de lui ou non.
La réponse est évidente et quelque part, peut-être qu'il s'en fiche.
Poser une trace sur l'âme de quelqu'un ça ne veut rien dire ; comparable à un empreinte dans le sable, un coup de vent peut la recouvrir et lorsque ce n'est pas le vent, ce sont les vagues qui s'en occupent. On finit toujours par mourir pour quelqu'un. Chaque âme est un cimetière, un cimetière de marques qu'on croit pouvoir faire tenir, laisser vivre une éternité jusqu'à ce que tout disparaisse. Il est déjà un fantôme, il a pas envie d'être une tombe.



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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Lun 12 Mar - 15:02
T'observes sans vraiment la voir cette toile qui ne t'inspire rien d'autre que de l'ennui. L'art, en règle général, ne te stimule pas, ne te stimule plus. Il y a eu trop de préoccupations dans ta vie ces dernières années pour encore penser à ce genre de futilités tout juste bonnes à décorer les murs. Du moins, c'est ton état d'esprit à l'heure où ton œil critique cherche la signature de l'artiste dans un coin, pour connaître le nom de ton interlocuteur sans avoir besoin de faire les présentations. Tu prends pour acquis que s'il est le seul à attendre devant, c'est forcément qu'il en est l'auteur. Isaak ? Tu deviens superficiel ... T'oublies qu'à une époque tu draguais les filles en les amenant dans des musées dont tu connaissais toutes les œuvres ou presque, pour plaire par ton esprit, ta culture insoupçonnée. Tu te perds dans ces rôles que tu joues et tu ne t'en rends même plus compte. Prend garde, Isaak, t'es en train de disparaître derrière toutes ces couches et, si tu continues, tu finiras par réellement devenir le gros con que t'as jamais voulu être.

Quand l'autre te demande combien tu serais prêt à mettre, tu ris. Un rire méprisant, détestable. Tu n'as même pas daigné lui adresser un regard, malpoli que tu es, et tu hausses les épaules avec désinvolture, comme si tout ce travail ne valait rien de plus que de l'indifférence. Trente mille ? Que tu proposes, avec cette intonation désolante qui laisse entrevoir que tout ce fric est une goutte dans l'océan de ta richesse. Tes yeux observent toujours la toile tandis que tu cherches l'endroit où tu pourrais la faire accrocher. Le bureau de vice-président te semble être le meilleur endroit envisageable ; juste derrière son trône de cuir dernière génération, mise en valeur par l’ameublement high tech et la décoration minimaliste de la pièce : une grosse tâche bien dégueulasse au beau milieu de son antre. Un affront mesquin, qui te fait sourire en silence, content de pouvoir emmerder ce fils de pute de la manière la plus puérile qui soit. Tu y feras apposer un nœud ruban et un petit mot qui dit " Avec toute mon estime - I. Coalman. "

L'autre reprend, parle de l'amour et de la passion avec laquelle l'oeuvre a été réalisée. Une preuve de plus qu'elle est de lui, sûrement. Tu détailles une dernière fois les formes et les couleurs, n'y voyant que du gribouillis insipide, puis finis par tourner la tête. C'est là que vos regards se croisent et que tu rates une marche sur l'escalier imaginaire de ta toute puissance. Tes yeux s’écarquillent légèrement, rendant impossible toute tentative de faire croire que tu ne l'as pas reconnu. Bouche bée, tu le jauges du regard, de bas en haut et de haut en bas, sans te soucier que le geste puisse mettre mal à l'aise, voire paraître complètement déplacé. Il est tellement différent de cette nuit là que tu doutes un instant de son identité et fouilles dans ta mémoire à la recherche d'un détail qui pourrait confirmer tes soupçons. Exit la veste de bûcheron et le bonnet moche à pleurer, ne persistent que la carrure impressionnante et le regard ... Ce regard triste et profond qui t'as retourné la tête et que tu ne peux confondre avec aucun autre malgré l'alcool et les excès en tous genres venus effacer les détails les plus précis de votre rencontre. C'était quand, déjà ? Faisant le tri, tu déroules la frise chronologique de ces dernières semaines et situes l'action approximativement deux mois plus tôt. Tu fais mine de boire une nouvelle goutte de champagne, pour te donner contenance, sauf que ta coupe est vide et que tu passes pour un con. Deux mois ... Qui paraissent mille ans. C'était juste avant de revoir Nero, juste avant de sombrer dans l'horreur. A cette époque comme par la suite, tu étais au bord du gouffre, à la différence près que, cette nuit là, t'avais encore la volonté de ne pas sauter, de te battre. Tes épaules s'affaissent, juste assez pour laisser voir que tu culpabilises. Tu te rappelles les aveux, les confidences. Tout n'est pas très net, certaines zones sont diluées par l'ivresse qui était la tienne au moment d'enregistrer les informations, mais le principal refait surface et te renvoie à ce morceau de ta vie - pas si lointain, c'est ça le plus triste - où tu pensais encore pouvoir t'en sortir autrement qu'en acceptant ton sort et en te laissant couler allègrement.

Tu ne parviens pas à détacher ton regard du sien, hypnotisé, tiraillé entre deux solutions : honnêteté ou hypocrisie. Dans son attitude, tu devines qu'il se pliera à ton choix, qu'il jouera le jeu que tu voudras si tu décides de fermer la porte et de rester le PDG de la Coalman Compagny venu faire pleurer dans les chaumières en dépensant des sommes colossales pour une cause dont il se fout royalement. Mais en as-tu vraiment envie ? Ton regard se détourne, balaye la salle à la recherche d'espions potentiels, n'en trouve pas, revient sur Chad. Tu avances d'un pas, sans gêne, sans pudeur, protégé par ton costume de maître suprême et pourtant si vulnérable juste derrière la façade. Permettez. Un ordre, auquel tu ne lui laisses pas le temps de répondre car te voilà déjà en train de pencher la tête pour renifler son odeur, juste au creux de son cou. Tu inspires profondément, ton nez contre sa peau tiède, fermes les yeux pour t'enivrer et retrouver la saveur du bien-être ressenti à ses côtés. Le calme et la douceur te reviennent, te font tourner la tête et réveillent ton égoïsme chronique ; celui qui se fout de chambouler ses plans pour la soirée, tant que cela te permet de satisfaire tes attentes.

Tu recules d'un pas, rendu affamé par le mélange d'odeurs qui le caractérise et les souvenirs qui y sont associés. Ton regard est celui d'un loup qui vient de repérer une proie. Finalement, cette soirée sera peut-être plus intéressante qu'elle ne le laissait croire. Moins ivre, moins désespéré, tu es en possession de beaucoup plus de moyens et c'est, paradoxalement, ce qui rend les choses plus dangereuses. Plus excitantes, aussi. T'oublies que, ce soir là, tu t'es fais la promesse de ne pas le tirer vers le bas et de juste lui être reconnaissant d'avoir allégé ta peine le temps de quelques heures. Tu ne vois que la crasse émotionnelles dans laquelle tu évolues jours après jours depuis le retour de Stolen et ne peux résister à l'envie égoïste de t'en sentir soulagé à nouveau. Alors tu souris, charmeur, à mille lieux du connard arrogant qui, quelques secondes plus tôt, dominait le monde du haut de sa tour de suffisance. Chad. Ta voix caresse son nom de manière quasi sensuelle. Je suis ravi de te revoir. S'en rend-il compte ? De cette aura perverse qui t'entoure et qui ne fait que s'accroître depuis deux mois ; résultat d'une évolution de toi-même, énième mutation de ton être pour survivre à travers la tempête. Tu crois te rappeler qu'il n'aime pas les clowns et les masques que les gens portent, qu'il est plutôt doué pour voir au delà des non-dits. Qu'importe, l'idée qu'il puisse percevoir chez toi ce changement assumé t'excite plus qu'autre chose, ne rend le jeu que plus intéressant.




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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Lun 12 Mar - 19:49

isaak & chad

Trente mille ? Ça sort de sa bouche comme si tout cela était normal, comme si l’argent n'était que de l'air respirable, une notion sans la moindre valeur et cela le fait tiquer même si ça ne se ressent pas, que son visage reste le même. Il se souvient plus, Chad, qu'Isaak avait cette allure là la dernière fois. Enfin si, certainement mais l'alcool lui donnait quelque chose de poétique, d'agréable et de déroutant. Aujourd'hui, il ne sait pas vraiment à quoi il s'attendait mais les choses ont changé en si peu de temps. Il aurait voulu, le voir tout en couleurs, plein d'espoir comme le raconte ce tableau devant lequel ils sont plantés en l'oubliant petit à petit, le prenant pour excuse pour ne pas se quitter tout de suite. Le colosse aurait aimé avoir un sourire sur les lèvres, une vague de douceur traverser son être mais ce qui lui fait face est plus sombre et chiffonné. Il a la sensation qu'Isaak est dans un autre espace temps où la vie passe à toute allure et où l'on n'est certain d'en baver à tous les coups. Chad ne peine pas à déceler au fond de ses yeux cette chose là, cette lueur criarde qu'ont les hommes qui n'ont plus rien à perdre, qui seraient capables de tout pour ressentir ne serait-ce qu'un instant l'adrénaline s'insinuer dans leur corps pour les réanimer ; comparable à une drogue. Ce que le colosse ressent sur le moment est si confus qu'il en oublie la véritable raison de sa venue ici. Son regard se pose sur les lèvres d'Isaak qui s'attardent sur une coupe vide pour appuyer que les choses le perturbent certainement à lui aussi. Et rien que pour ça, Chad voudrait se retourner, jouer de ces mensonges qu'il ne supporte plus seulement pour se détacher de leur monde avant de le voir exploser. Un monde si jeune, trop jeune, né une nuit d'ivresse et encore vivant, là, dans leur sobriété presque alarmante, impressionnante. Attirant mais aussi si fragile qu'il donne à Chad la sensation de tanguer rien qu'à le regarder.

Chad ne bouge pas, les mains toujours dans les poches, le regard concentré, presque dur sans le vouloir, toujours si fatigué et détaché de tout malgré son sourire qui reprend encore vie par moment. Il ne se doute pas de ce qu'Isaak est sur le point de faire lorsque celui-ci s'approche de lui pour inspirer son odeur, retrouver cette épaule qui l'avait soutenu durant une nuit de perdition, flottante au dessus du reste de leur existence, comme un rêve trop réaliste. Ce même rêve qui se révèle ne plus en être un lorsque son souffle s'échoue contre lui et que Chad n'y réagit pas. Il ne dit rien parce qu'il sait ce que son partenaire est en train de faire et de se remémorer. L'avoir si proche de lui rend les flash plus lisibles. Le grand s'y perd un instant alors que des regards caressent leurs silhouettes  mais il ne s'en soucie pas. Il a l'habitude des yeux assassins sur lui, des moqueries dans son dos. Plus jeune, c'était lui qu'on appelait dans les bars pour venir récupérer Donald saoul à ne plus savoir se souvenir de son prénom. Chad sautait toujours du lit et se rendait aux quatre coins de la ville, les cheveux en bataille, les yeux encore à moitié fermés et les premiers vêtements qui lui venaient sous la main enfilés. Il se souvient avec exactitude du mépris ambiant qui s'ajoutait à lui en plus de la douleur de voir son ami se détruire ; son unique ami. Aujourd'hui encore, Chad n'en a plus, toujours trop seul parce que trop ennuyant, trop calme, trop dépassé par les choses. Il y a eu ceux qui ont pris le temps de creuser un peu, de l'éviscérer pour trouver les trésors que son âme peut renfermer pendant que les autres se sont contentés de le fuir.
Mais non, il y a aussi ces pilleurs là, ces hommes aux visages trop beaux pour ne rien lui cacher ; les meilleurs à la chasse aux trésors mais aussi les plus forts à l'abandon.

Chad, son prénom sous le timbre de voix d'Isaak l'ébranle parce que de rien le voilà qui devient homme. D'inutile, le voilà qui retrouve son identité. Un sourire se dessine sur ses lèvres, toujours si doux, si posé, à des années lumières de ce qui lui fait face. Il se sent si pâle, si délavé lorsqu'il est à ses côtés. Même saoul, le colosse avait cette sensation mais aujourd'hui, elle ne fait que s'accroître, lui prouver qu'un rien pourrait lui enlever le peu de couleurs qu'il lui reste. Chad lâche un soupir, se recule à nouveau d'un pas, regarde un instant autour de lui alors que les mots de l'homme l'atteignent à nouveau. Il fronce les sourcils, d'abord perplexe puis se perd dans ses iris avec une assurance qu'il ne se soupçonnait plus. Comme quoi, le monde est petit. Qu'il murmure, détaché, encore enfermé dans son univers à lui, bouclé à double tours pour empêcher les monstres d'y venir, de le saccager un peu plus alors qu'il n'a même pas essayé de le régénérer encore. A cet instant, l'univers lui semble être un grain de sable et le bronx une cellule, si petite, si étouffante que tous finissent toujours par se retrouver.

Sympa la cravate. Il lâche ça pour ne pas laisser le silence les prendre en otage alors que sa main quitte enfin sa cachette pour attraper sa coupe vide et la poser sur un plateau qu'un serveur leur tend et en attraper deux autres. Une qu'il rend à Isaak et l'autre qu'il garde. Le regard qu'il lui offre à cet instant porte quelque chose de réconfortant mais aussi incrédule, du genre à lui dire 'si tu crois que je ne vois pas que ton numéro'. Parce qu'il le voit, sans trop de difficulté après avoir rencontré un homme au même visage mais aux nuances différentes l'autre soir. Il le voit, que ce qui le hante pourrait lui sauter au visage et le défigurer au passage. Il le voit et tout ce que sa distance lui avoue c'est exactement ça : tu ne penses pas quand même pas m'avoir, si ? Faut croire que c'était réel, finalement. Qu'il finit par conclure alors qu'il se souvient de l'un de ses souhaits, juste avant que leurs corps se détachent et s'oublient. Son regard, intense, presque envahissant, reste accroché au sien pour mettre le doigt sur cette superficialité qu'Isaak lui offre à outrance ce soir. Chad a la sensation d'être face à une pièce de théâtre et cela le fait sourire, non pas par méchanceté mais par nostalgie. Il cherche, au creux de ce regard, des traces même infimes de celui qu'il avait vu posé derrière ce piano, de celui qui lui avait décroché un sourire qui le hante encore un peu lorsque l'ennui lui mâche le cœur.
Sans le vouloir ni même s'en rendre compte, alors qu'il boit la première gorgée de sa flûte, Chad met entre eux une vitre invisible mais épaisse ; autrefois brisée par la violence de l'alcool.
Il voudrait tellement ne pas faire subir à Isaak sa léthargie chronique.



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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Lun 12 Mar - 23:23
Le monde est petit.
Tu baisses les yeux un instant et souris de coin, bon perdant. Ok, un point pour lui. Tu acceptes sans bronché qu'il te jette à la gueule ces phrases toutes faites qu'il t'avais déjà reproché, le premier soir ; d'autant plus qu'il t'offre une coupe en échange de ce tacle, alors, bon, ça passe. Et tu l'imites quand il porte le champagne à ses lèvres, incapable de lâcher son regard, comme si battre des cils allait le faire disparaître encore une fois. Tu ne te souviens plus de la façon dont tu es rentré chez toi après le bar, de ce que tu as bien pu dire ou faire entre la réalité subjective de votre rencontre et le monde des lymbes qui t'as rattrapé trop tôt, profitant que tu sois parfaitement détendu à ses côtés pour t'assommer sans crier gare, toi qui ne dort plus depuis des mois. Rien que pour cette nuit de repos, tu devrais le remercier, profiter de ces retrouvailles inattendues pour lui dire qu'il a été une parenthèse salvatrice dans ton enfer personnel, mais ça ressemblerait trop à un " merci, au revoir " que tu ne veux formuler sous aucun prétexte. Au lieu de ça, tu t'approches d'un pas, bien décidé à réduire la distance entre vous malgré ses réticences. Tu le feras reculer jusqu'à ce qu'un mur l'en empêche, s'il le faut, n'ayant pas l'habitude qu'on te résiste, que l'on te fuit. Lissant ta cravate en référence à sa précédente remarque, tu joues la carte de la franchise déstabilisante, aussi désireux de lui faire un compliment que de le secouer un peu pour provoquer une réaction qui stimulerait cette envie grandissante que tu as de l'attraper par le col, de réclamer plus d'attention. Sympa ton pull. Pause ; regard suggestif. T'es beau. Il l'est. Ça te plait, ce petit air propret, ces cheveux bien coiffés, cette assurance qui se dégage de lui ; ça le met en valeur, accentue sa carrure et la profondeur de son regard que tu soutiens toujours, te mordillant la lèvre.

Quelqu'un d'autre vous rejoint, se poste à côté de Chad. Tu le vis comme une menace, une rivalité. Contrarié, tu fronces les sourcils et serres les dents. Saoul, tu n'aurais pas hésité à rentrer dans le tas de l'intrus qui semble vouloir se mêler à la conversation ; sobre, tu as encore la lucidité de te dire que ce genre d'attitude ne ferait que braquer ton principal intéressé. Alors tu fais bonne figure mais te rapproches d'avantage, désireux de donner à votre conversation un caractère privé qui dissuadera l'intrus de venir pourrir ce moment qui n'appartient qu'à vous. Tu n'as plus besoin de parler à voix haute pour te faire entendre, des murmures suffisent désormais pour faire le chemin restreint qui sépare ta bouche de son oreille toute proche, juste au dessus de vos épaules qui se touchent maintenant que tu l'as incité à faire de nouveau face à la toile, pour tourner le dos aux invités. Tu penches la tête dans sa direction, juste un peu, juste ce qu'il faut pour réaliser qu'il est plus grand que toi et pourrait te repousser sans mal, si l'envie lui prenait. J'ai regretté de ne pas t'avoir à mes côtés, au réveil. Tes yeux cherchent toujours le contact, le regardent de coin en même temps que ton sourire s'étire, aussi mystérieux que provoquant. Tu laisses décanter l'information par une nouvelle gorgée de champagne qui te donne envie de plus, beaucoup plus. Alors tu te mets à réfléchir à toute vitesse aux différentes possibilités qui s'offrent à toi pour kidnapper ton acolyte et quitter cette expo au sein de laquelle tu es sûr de ne pas arriver à tes fins. Tu repenses au couloir par lequel tu es arrivé dans la salle et ses nombreuses portes fermées, comme autant de mondes merveilleux dans lesquels vous pourriez vous cacher pour plus d'intimité. L'idée que Chad puisse ne pas avoir envie de te suivre ne t'effleure pas un instant ; tu réfléchis avec ton nombril, en superficialité comme dans ce qu'il y a de plus profond en toi. Mais ça peut s'arranger ... Les points de suspension ont leur importance, il te permettent de tourner la tête et de lui décocher un regard plus intense que les précédents, profitant de l'effet de surprise. Allez Chad, demande-moi comment, qu'on s'amuse un peu.




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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Mar 13 Mar - 0:59

isaak & chad

Il s'attendait pas à ce que les choses tournent aussi vite. En fait il s'attendait à tout sauf à ça. Il lui faut d'ailleurs quelques secondes avant de comprendre où Isaak veut en venir, s'il tente de lui faire passer un message ou si Chad se fait des idées. Oui, il doit certainement se faire des idées, il n'y a que ça de réaliste mais répond tout de même par un sourire aimable à son t'es beau qui entre dans une oreille pour sortir de l'autre. Non pas qu'il se trouve plus moche qu'un autre le colosse mais il a pas non plus la sensation d'être au dessus de la moyenne, de mériter ce genre de regards au détour d'un verre. Il se laisse aller dans cette hallucination en faisant mine de rien comprendre, de ne rien y voir, laissant son regard divaguer ailleurs, s'échouer sur l'une de ses personnes qui vient à sa rencontre. Chad se perd le temps d'une conversation sans pouvoir s'empêcher de garder un œil sur Isaak, comme s'il était capable du pire -ou du meilleur- en un instant. Il se sent dérouté par la situation, se liquéfie sur place alors que l'homme s'approche, éloigne sans trop de discrétion l'autre. Leurs épaules, il les sent se toucher et malgré ce contact trop léger, cela lui décroche un frisson accompagné d'une décharge électrique brûlante. Il déteste réagir si vivement à de futiles contacts. C'est son corps tout entier qui se retrouve tombé dans un éclat étrange de désir qu'il refoule brusquement comme si c'était une honte. Il est certainement con Chad mais il ne fait que renforcer la distance invisible entre eux deux. Les battements de son cœur s'accélèrent alors qu'il le sent, là, venir contre son oreille, chercher à fouler pour la seconde fois des terres trop fragiles, perdues quelque part dans la jungle de leurs vies respectives. Deux vies, deux mondes différents où tout les sépare, les arrache l'un à l'autre. Il cherche les raisons qui pourraient le pousser à se laisser aller mais rien ne vient.
Chad a beau être grand, c'est un sensible, non, un hypersensible qui finirait forcément par morfler, par se souvenir de ce visage et en être nostalgique en silence. Il intérioriserait tout jusqu'à s'intoxiquer pour ne pas avoir à lui causer du tord. Il se connaît, le reste du monde passe avant lui. Tout, absolument tout avant sa propre personne qui ne compte plus à ses yeux.

Le colosse se concentre sur son verre, le descend peut-être trop vite mais qu'importe, il n'a plus le temps de déguster l'alcool à ce stade là. Un rire, c'est tout ce qu'il parvient à lui offrir, un rire sous forme de souffle qui prouve qu'il n'y croit pas une seule seconde à ce jeu là, que cela ne prend pas, qu'il se trompe de personne. Bien sûr qu'Isaak est bel homme, qu'il serait mentir pour lui de dire qu'il n'a pas déjà pensé à l'embrasser, au moins goûter ses lèvres mais il est solide, Chad, et parvient facilement à mettre l'idée à terre. Il inspire, laisse sa main se poser sur son épaule alors qu'il garde son visage à une distance de sécurité. Ne te rabaisse pas à ça. Pas à l'idée de vouloir coucher avec lui. Et encore, coucher, c'est un mot trop doux qui ne correspond pas à la situation, à ce qui doit certainement se passer dans la tête d'Isaak. Sa main exerce une légère pression sur son épaule alors qu'il s'éloigne pour aller poser son verre vide mais ne pas en chercher un autre. Il a pas envie que ses pensées soient floutées et qu'il en vienne à faire une bêtise qu'il pourrait regretter. Tout pourrait être sujet à blessures ce soir.

Et pourtant, malgré le refus, Chad revient sur ses pas, irrémédiablement attiré par ce qu'ils parviennent à dégager tous les deux lorsqu'ils sont ensemble. Plus grand qu'Isaak, le menton bien redressé, le regard presque froid mais pas hostile, le blond passe une main dans ses cheveux alors qu'autour de lui les passionnés continuent d'observer les toiles une à une. Des passionnés, pas comme eux, simplement là pour des buts différents. Chad ressentait seulement le besoin de s'éloigner de son quotidien et de son appartement vide, de son deuil et de l'absence de Donald. On s'en va. Qu'il finit par lâcher, sûr de lui, bien décidé à ne pas le laisser avoir le dessus et jouer au con dans ce genre de soirée. Si le colosse ne regarde pas en arrière c'est parce qu'une part de lui n'a pas envie de savoir si Isaak a pris la décision de ne pas le suivre. Dans sa politesse, le grand accorde quelques salutations de la tête avant de quitter la pièce principale, de s'arrêter à l'entrée pour enfiler sa veste. Et maintenant qu'il attend, une voix vicieuse lui murmure qu'il finira certainement seul à partir de cet instant.



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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Mar 13 Mar - 2:28
Son rire désabusé fane l'expression de ton visage plus efficacement que les mots qu'il te sors, la main sur ton épaule. Tu lis dans ce rire sans joie toutes sortes de désillusions, de craintes, de blessures mal cicatrisées et de solitude si fermement ancrée que les tentatives d'approches semblent rebondir sur lui. Son rire, c'est l'écho du tient, mais en moins hypocrite. Il s'en va, te laisse là, impuissant, abandonné, plus frustré qu'un nourrisson auquel on viendrait de promettre un biberon qui finit par lui passer sous le nez. Frisson désagréable lorsqu'une pierre tombe dans ton estomac. Il faudrait que tu détournes le regard de son dos qui s'éloigne, mais tu n'y parviens pas. La voix de ton chargé de communication pourrait hurler " SOIGNE TON IMAGE !!! " à ton oreille que tu n'y accorderais aucune attention. C'est pas le fait de te prendre un râteau qui t'affecte, c'est de sentir le vide qu'il laisse derrière lui en te privant de sa présence. L'idée de lui courir après t'effleure, tu l'envisages sincèrement. Te jeter par terre et supplier, tu sais faire comme personne ... Peut-être que ça lui plairait ? Il y a bien longtemps que tu n'en as plus rien à foutre du regard des autres et ce n'est pas les menaces d'un conseil d'administration à la con qui t'arrêteront dans ton entreprise de carpe diem échevelé. Puisqu'il ne te reste plus rien d'autre que le pouvoir de profiter de l'instant présent, pas celui de changer le passé et encore moins d'orienter le futur, tu refuses de le laisser bêtement te glisser entre les doigts. Cette situation épouvantable dans laquelle tu te trouves depuis que Nero est sorti aura au moins eu le mérite de t'amener au sommet de ton art : plus audacieux et plus intrépide que jamais, capable de tout pour profiter encore un peu, tant qu'il est encore temps, car tu ne peux plus dire de quoi demain sera fait. Quand c'est plus toi qui commandes, tous les rôles sont bons à jouer pour t'en donner l'illusion.

Mais Chad revient, coupant court à la nécessité de le retenir. Son regard fermé et ses lèvres pincées qui se rapprochent, rien que pour toi, gagnent ton premier sourire sincère de la soirée. Il veut s'en aller ? Tu ne demandes pas mieux ! Tu retiens le " où tu veux ... " qui te brûle les lèvres et tournes sur toi-même pour trouver un plateau sur lequel déposer ta coupe. Dans son sillage, tu sors de la poche intérieure de ta veste une carte de visite que tu tends au premier peintre que tu croises ; un type en train d'expliquer le sens de son oeuvre à un couple de bourgeois visiblement intéressés. Il est magnifique, je vous le prends. Cinquante mille, voyez ça avec ma secrétaire. Te voilà débarrassé de l'enveloppe budget en même temps que de ta mission humanitaire. Bon débarras. Tu ne t'attardes pas sur sa mâchoire qui tombe par terre et cherches Chad du regard. Il a déjà passé les portes qui donnent sur l'entrée ; finit d'enfiler sa veste quand tu le rejoins. Ta main plonge dans la poche de ton pantalon et en sort un trousseau de clés dont il se souvient peut-être. Y'à cette joie d'être en tête à tête avec lui qui te prend et te rend plus joueur que manipulateur : Tu veux la conduire ?




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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Mar 13 Mar - 4:06

isaak & chad

Isaak qui accepte de le suivre, les rôles sont échangés, l'alcool en moins, les pensées noires toujours là, pourtant. Il se sent lourd lorsque la fraîcheur de la nuit l'enveloppe et que sa veste ne suffit pas à le protéger de tout. Chad se retourne instinctivement et pose son regard sur les clés. Cela fait une éternité qu'il n'a plus conduit parce qu'il manquait d'argent avant tout et ensuite, parce qu'il s'est habitué à sa vie de piéton. Pourtant, ce soir, il a envie de se risquer à autre chose, de s'écorcher la conscience, de délaisser ses principes pour emmener Isaak avec lui, dans son univers cette fois. Une fois au niveau de la voiture, le colosse les attrape et prend place côté conducteur. Son regard se tourne vers le passager à qui il adresse un sourire avant de se pincer la lèvre inférieure, comme s'il était sur le point de faire une folie. Il est un peu anxieux à l'idée de l'abîmer, de faire une connerie sinon ce serait pas lui. Ce doit être pour ça qu'il lève la main pour la poser sur la nuque d'Isaak et la caresser brièvement. T'as l'air fatigué. C'est léger, court, intense, ça le fait vibrer de l'intérieur, ressentir autre chose que du désespoir et de la douleur. Chad pensait qu'en faisant ce genre de choses, il ressentirait des sensations horribles au fond du bide, comme quand on enfonce un couteau dans une plaie. Et puis il a pas envie de se perdre dans ce genre de jeux-là parce qu'il a toujours ce désagréable sentiment de trahir Eros qui l'avait abandonné, de passer trop vite à autre chose. Il sait même pas à partir de quand il aura le droit de vivre à nouveau ? Jamais ? Il a du mal à s'imaginer continuer en égoïste alors que l'homme qu'il aime plus que tout repose dans une boîte. Avant de mourir, l'italien possédait encore une trace du cendrier que Chad lui avait jeté à la figure : ultime marque laissée sur son corps, comme s'il savait qu'il lui dirait adieu une semaine plus tard.

Sa main le quitte enfin pour attraper le volant et quitter le parking pour dévaler quelques rues, d'autres boulevards et se rendre jusqu'à un endroit qu'il connaît trop bien pour l'avoir fréquenté avec Donald lorsqu'il était encore jeune et con. Aujourd'hui, il l'est un peu moins mais il se sent l'âme couleur nostalgie et il a envie de déteindre sur Isaak dans l'espoir que cela puisse le convaincre de s'ouvrir, de ne pas se laisser bouffer par tout ce qu'il est en train de voir. Cette superficialité lui va si mal qu'elle ferait presque grimacer Chad s'il n'avait pas suffisamment de retenue. Le trajet ne dure pas longtemps mais le silence entre eux s'étire comme un vieux chat fatigué. Chad inspire, sort le premier de la voiture et prend la peine de la fermer à clé, pas vraiment fier de la quitter, peut-être trop blasé finalement. Du moins jusqu'à ce que ses yeux se tournent vers Isaak qui se veulent plus complices, plus connectés à lui : la toute première fois depuis qu'ils se sont retrouvés.

Alors qu'il s'approche de lui, que sa silhouette imposante lie sa main à la sienne, la masse musculaire de tranquillité ne dit rien comme pour préparer l'effet de surprise alors qu'il compose un code que personne n'a jamais eu l'idée de modifier et qu'il s'enfonce dans une propriété qu'ils trouvaient transpirante de fric à l'époque avec Donald. Elle n'a pas changé finalement, si ce n'est quelques lumières grillées dans l'allée tandis qu'il prend des escaliers empruntés trop de fois pour les mener tout droit vers une piscine intérieure chauffée alors que l'hôtel dort au dessus eux. La pièce plongée dans le noir, seul l'éclairage du bassin illumine leurs corps. Pendant un instant, Chad sent son cœur se compresser avec tellement de force qu'il reste un moment, là, sans bouger, à simplement regarder l'eau, s'imaginant son corps et celui de son ami se chamailler en tentant de ne pas crier trop fort pour empêcher les employés et clients de remarquer leur présence. Enlève tout ça. Qu'il lui dit, en fronçant les sourcils alors que lui-même enlève son pull, ses chaussures et son pantalon pour finalement plonger dans l'eau chaude sans l'attendre. Et alors que sa tête immerge à la surface, Chad attache ses yeux à sa silhouette, prêt à abandonner tout ce superflu qu'il ne supporte plus depuis des mois. Ce soir, il n'y a que sa peau, que ses yeux, sa bouche, ses cheveux, ses muscles bandés, son nez, ses lèvres brûlantes. Il n'y a que lui, sans nulle part où aller se cacher comme il l'a fait jusqu'ici. Lui et une partie de sa jeunesse qui consistait à entrer par effraction dans ce genre d'endroit parce qu'il n'aurait jamais eu l'argent d'en profiter de lui-même. A manquer de beaucoup de choses, on finit toujours par devenir ingénieux.
La seule chose qu'il arrive pas à combler, c'est le vide intérieur.
Il te transformera n'importe quoi en or mais l'abandon, ça, c'est le pire des dragons.



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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Mar 13 Mar - 5:53
C'est rare que tu sois passager de ta propre voiture ; de ton plein gré, en tout cas. Pourtant tu te laisses conduire sans sourciller, en parfaite confiance. D'aucuns penseraient que c'est parce que tu n'as plus rien à perdre, toi tu préfères croire que c'est parce que tu crois en Chad et en son regard à nouveau bienveillant. Ca te chamboule toujours autant, t'as pas l'habitude. Même Wilf, qui t'aime d'un amour que tu ne mérites pas, ne te regardes pas de cette façon. Peut-être parce qu'il t'aime trop, justement, qu'il y met trop de désespoir là où Chad semble juste ... désintéressé. Tu ne sais pas, ne te poses pas trop la question. La comparaison ne s'impose pas dans le sens où le lien qui t'unit à Wilf est d'une complexité et d'une perversité sans nom alors qu'on ne peut imaginer plus simple et plus sain que ce que tu as partagé avec le conducteur. Elle ne s'impose pas non plus à partir du moment où les choses sont claires dans ton esprit : tu fais ce que bon te semble et n'a de comptes à rendre à personne. Pas même à Nero qui ne peut pas s'énerver de ce dont il n'a pas connaissance. Motus et bouche cousue ... Tant pis si ça te met sur la corde raide. Y'a que ça de vrai, de toute façon : Être à couteaux tirés et attendre que tout foute le camp, pour le meilleur ou pour le pire. Une philosophie de vie que tu as eu du mal à adopter mais qui a le mérite d’apaiser certaines de tes angoisses faute de faire taire tes démons. Brûler la chandelle par les deux bouts, pourquoi pas, après tout ? C'est peut-être ça, qui te donne cet air fatigué dont Chad parle en te touchant la nuque. Tu frisonnes, voudrais te frotter comme un chat pour avoir d'autres caresses, mais la voiture démarre et vous voilà partis vers des terres inconnues. Durant le voyage, tu te tais et l'observes sans retenue. Au plaisir de redécouvrir les traits de son visage, tu ajoutes la satisfaction d'enregistrer ses attitudes. T'aimerais graver chacun de ses détails dans ta cervelle moins embrumée que lors de votre première rencontre, afin de mieux te les remémorer, lui et les émotions qui lui sont associées. Le temps passe vite, tu ne réalises l'arrêt de la Porsche que lorsque Chad s'extrait de l'habitacle.

C'est étrange, cette façon qu'il a de te prendre par la main pour t'emmener dans son monde. A l'époque, ça t'avait déjà interpellé. Ou bien est-ce la façon dont tu le laisses à chaque fois faire et refermes tes doigts autour des siens ? Maintenant que t'y penses, t'as jamais tenu la main de personne, pas même des poufs auxquelles tu jouais le grand jeu pour tirer ton coup, il y a de ça dix ans. Vraiment étrange ... Presque autant que l'endroit vers lequel il t'attire, passant par un portail sécurisé puis par des escaliers pour arriver devant ... Une piscine ? Murmure surpris, étouffé par l'obscurité. Tu observes tout autour de toi, comprends qu'il s'agit d'une résidence privée et laisses un sourire appréciateur étirer tes lèvres. Quant à ton regard, il finit par se poser sur Chad, accentué d'un haussement de sourcils qui dit " ah ouais, t'es ce genre de mec ? ". Il te donne l'impression absurde d'être un vieil ami dont tu pensais connaître tous les secrets et qui te surprend par son audace là où tu l'imaginais sage et timoré. Vraiment absurde, en effet, car tu ne connais rien de lui, pas même son nom. Ce qui t'empêche d'anticiper son effeuillage rapide et son plongeon parfait. Tu le cherches du regard, devines sa silhouette dans les ondulations de l'eau tandis qu'il refait surface et se tourne vers toi. Là tu comprends. C'est son tour de partager avec toi un lieu qui lui est cher. Alors tu dénoues ta cravate en même temps que tu marches sur le talon de tes chaussures pour les enlever. Ton regard cherche celui de Chad tandis que tu tombes la vestes, retires le gilet, déboutonnes la chemise. Tu prends ton temps, encore un peu joueur, encore un peu connard, content de te donner en spectacle. C'est toi aussi, ce sens de la mise en scène. En moins poussé et pour des occasions moins superficielles que celle que vous venez de quitter, mais toi quand même, avec ce goût de plaire que tu as toujours eu, amoureux de l'amour, séducteur parfois bien et parfois mal attentionné. Ceinture, pantalon ... Tu hésites sur l'élastique du boxer, pris entre plusieurs scenarios envisageables. Finalement, tu le gardes. S'il dérange Chad, tu te feras un plaisir de le laisser te l'enlever ...

Parfaitement tiède et apaisante, c'est comme ça que tu perçois l'eau sur ton corps au moment d'en crever la surface. Un véritable régal. Revenu à l'air libre, tu passes les doigts dans tes cheveux pour les ramener en arrière et te permettre de localiser Chad. Il n'est pas loin, tu nages jusqu'à lui, t'arrêtes en face, fais traîner le silence. Parfois ça gêne et parfois ... ça en dit long. Tu restes là, à le regarder, à te perdre dans ses yeux comme dans un miroir, sans trop savoir ce qui te prend, sans plus te souvenir qu'à une époque tout ceci t'aurait semblé beaucoup moins étrange. Naturel, évident. Sans questions à se poser, sans objectif à atteindre. En définitive, plus tu le regardes, plus tu te dis que c'était une insulte à sa sensibilité que de le draguer aussi lourdement. Tu devrais peut-être t'excuser ? Eh, Chad, ça me fait vraiment plaisir de te revoir. Là tu fais pas semblant, tu n'exagères plus la gravité de ta voix dans le but d'éveiller du désir, tout juste une inflexion sur le " vraiment ", pour faire bonne mesure.




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Dernière édition par Isaak Coalman le Mar 13 Mar - 19:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Mar 13 Mar - 18:38

isaak & chad

D'ici, du bassin, il le regarde, plus loin, se dénuder avec une lenteur calculée. Et Chad qui n'enlève pas ses yeux de lui, qui laisse ses pupilles naviguer sur chaque parcelle de son corps, suivre les vêtements qui s'échouent un à un et le bouclier superficiel devenir quelques miettes de rien. Pendant un court instant, il a la sensation que le monde d'Isaak est si grand qu'il pourrait lui exploser au visage, entrer en lui et mettre à terre le sien, tout petit, tout inutile, si fragile et pourtant vieux de plusieurs décennies.
Est-ce que tu le laisserais faire, Chad ?
La voix résonne dans sa tête, tendre, curieuse ; surtout inquiète. Mais à peine est-elle posée que son organisme met en place tout un protocole de haute sécurité pour faire de son âme une prison. Hors de question. Depuis le début, depuis la première seconde où leurs yeux se sont croisés, c'est comme ça que les choses fonctionnent, comme si deux êtres s'étaient retrouvés d'une autre vie. Une vie où ils se reconnaîtraient au point de ne pas avoir besoin de s'encombrer de mots pour rendre les choses difficiles. Ce sont leurs silences qui les nourrissent, qui les font évoluer au cœur d'une nuit aux relents d'une nostalgie que Chad ne saurait réellement désigner. Ses bras bougent dans l'eau pour aider son corps à ne pas couler alors que tout en lui n'est que pierres et lourds fardeaux. Il les sent, rouler en lui, s'effondrer de temps en temps, certaines finissent même dans son cœur pour y prendre inutilement de la place, le faire souffrir un peu plus.

Puis enfin, c'est là que Chad déconnecte quelques neurones, qu'il laisse de côté ses questionnements sur un lien qui les unie même pas, qui est que du vent, seulement un mirage pour regarder son corps qui s'approche. Au fil des pas, la lumières de la piscine caresse sa peau blanche, remonte le long de ses jambes, jusqu'au bas de son ventre, puis son torse et finalement sa tête. Il profite de la vue pour le peu qu'elle dure jusqu'à ce qu'Isaak traverse l'eau d'un mouvement sec pour disparaître en dessous et revenir à lui, quelques secondes plus tard. Y a plus que des centimètres pour les séparer maintenant, des centimètres qui les aide à pas se perdre dans des eaux plus profondes. Son regard attrape à nouveau les expressions de son visage, tout ce qui le compose parce que ça lui fait du bien de le voir en chair et en os, autrement que sous forme de souvenirs qui traînent dans sa tête ; qui disparaissent des jours et reviennent des heures parfois. C'était beau la dernière fois, il voudrait lui dire pour balayer ce truc au fond des yeux d'Isaak mais il a pas envie de se donner trop d'importance, de se dire qu'il serait capable de quelque chose même pendant deux minutes. Il se donne pas cette importance là, Chad. Tout juste s'il s'en donne assez pour vivre.
Jusqu'ici, c'est assez simple, il ne savait pas pourquoi il l'avait ramené ici, pourquoi il avait baissé sa garde alors que tout chez Isaak lui rappelle étrangement ce qu'il a déjà vu par le passé. Jusqu'ici, c'était comme marcher dans du sable, sentir ses chevilles s'enfoncer et pas savoir à partir de quand tu te casseras la gueule. Il savait pas, jusqu'à ce que cette phrase s'échoue de ses lèvres, la phrase fouteuse de merde qu'il aurait jamais voulu entendre alors qu'elle donne aussi un sens à tout ce cinéma, à cet acharnement silencieux pour ne pas le quitter.
Je suis vraiment content de te voir.
On lui avait rien balancé d'aussi gentil depuis des mois. Même du vivant d'Eros, les derniers sentiments que le colosse garde de leur relation se résume à un ascenseur. Un ascenseur où les mots sont encore placardés les uns après les autres ; il les voit à chaque fois qu'il grimpe dedans. Y a des pardons vides, des reproches douloureux, des conneries qui s'effaceront jamais. Avant de partir, l'italien l'avait brisé, en mille  morceaux, de tous ces éclats sans essayer de le ramasser, de remettre les choses en ordre. Un jour, il avait eu l'idée de foutre en l'air Chad, de le déchirer et le lendemain, il le voulait déjà réparé, suffisamment fort pour retrouver son amour intact.
Alors oui, ça représente probablement rien à l'échelle du monde ou de l'amour mais cette phrase le touche, le porte un peu même s'il la relève pas parce qu'il sait que tout bon moment précède quelque chose de plus violent. Suffit de regarder Isaak, de s'attarder un peu pour comprendre la tempête : elle lui caresse la joue, menace tellement de choses.

Chad pourrait lui rendre la pareille, lui dire qu'il est heureux mais ce serait de trop. Souvent, il est plus facile de laisser parler son corps de choses que l'on n'assume pas réellement, qu'on voudrait enterrer pour ne plus jamais en entendre parler. Alors le voilà qui s'approche, son torse contre celui d'Isaak et toujours ce silence jusqu'à le repousser contre le bord de la piscine. Ses yeux dans les siens, toujours cette même sensation étrange, des aimants qui se rejettent, l'eau et le feu, le jour et la nuit ; incompatibles. Les deux solides mains de Chad attrapent avec délicatesse le visage de son partenaire qui lui semble soudainement plus fragile que de la porcelaine alors que sa joue effleure la sienne, que ses yeux se ferment jusqu'à déposer un baiser sur son front, descendre ensuite pour en déposer de nouveaux ; un contre sa paupière, un sur son nez, un sur son menton et le dernier contre sa mâchoire sans s'attarder sur l'idée de goûter ses lèvres. Dis-moi ce qui a changé depuis la dernière fois. Ce n'est pas grave si ça doit tout détruire. Pour le peu qu'ils ont de toute façon. Il veut savoir, Chad, ce qui l'a poussé à le draguer tout à l'heure, à réagir de la sorte alors que rien de tout cela n'était présent la dernière fois. Bien sûr qu'ils étaient merdiques l'autre soir, au ras du sol mais pas aussi bas, pas aussi écorché. Il peut voir une plaie béante dans les yeux d'Isaak, une plaie ouverte à tous les microbes, à tous les vices. Cette même plaie qu'il cherche à panser sans cette crainte de le voir dans toute sa bêtise. Une de ses mains descend dans sa nuque, ses doigts s'écartant bien pour masquer un maximum de surface alors que ses mouvements incitent l'interrogé à pencher la tête vers l'arrière pour laisser la bouche réconfortante de Chad s'en prendre à son cou. Ses lèvres parcourent sa peau de baisers brûlants alors que sa raison reste encore connectée, à l'écoute, prêt à attendre ses aveux les plus sombres soient-ils. A cet instant, le colosse n'en a rien à faire de savoir qu'Isaak puisse en vouloir plus.
Il préfère l'idée qu'on le désire à celle qu'on le rejette.
Chad ne se le laissera pas avoir ce qu'il veut de lui pour ne pas finir seul et quelques blindages en moins.



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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Mar 13 Mar - 20:17
Du silence qui s'étire, du silence qui dure et dure encore. Tu soutiens son regard, arrêtes le temps d'un battement de cils, comme pour ne jamais oublier ça. Il est comme toi. Il est blessé au plus profond et il fait tout ce qu'il peut pour rester à flots, alors que toi ... tu te laisses couler, remplissant ton scaphandre de pierres et d'enclumes pour sombrer plus vite, toucher plus rapidement le fond. Comme s'il fallait précipiter ta perte pour enfin trouver une délivrance. Dans les yeux de Chad, tu vois l'alternative à ton comportement quasi suicidaire depuis le retour de Nero. Il y a du courage, de la détermination et une force de caractère peu commune ... Tout ce que dont tu manques et que tu compenses par d'autres atouts : la ruse, la maîtrise de l'illusion, l'effronterie ... Tu ne te voiles pas la face au point de croire que ton attitude est la plus productive et la plus saine des deux, mais tu te dis que vos conjonctures ne sont sûrement pas les mêmes et que chacun de vous fait avec ce qu'il a pour encore respirer malgré la douleur et la tristesse qui reviennent, sans demander la permission, encore et toujours, présentes partout à l'intérieur de vous. C'est de cette même peine que son fait les miroirs de vos rétines. Un jeu de rebonds qui va ton âme à la sienne et qui t'hypnotise en même temps qu'il te rassure. Avec Chad, tu te sens moins seul.

Alors tu le laisses faire quand il se colle à toi et te pousses jusqu'au rebord. Sans l'empoigner, sans entreprise malheureuse, car tu devines que ce n'est pas ce qu'il attend de toi. Tu savoures, tout simplement. Son torse contre le tiens, ses mains sur tes joues, sa bouche qui embrasse ton visage. Tu fermes les yeux, lâche-prise sans demander ton reste. Un abandon qui fait du bien, par opposition à tous ces autres moments d'oubli où tu te fais du mal autant que t'en fais aux autres. Pour une fois, être choyé sans rien devoir en retour, comme avec Nero, et sans avoir une boule au ventre de culpabilité, comme lorsque Wilf s'infiltre sous tes draps, quémande un câlin, gamin traumatisé par ta méchanceté et pourtant toujours partant pour te faire plaisir si tant est que tu l'aimes. Bien sûr que tu l'aimes. Ou si ce n'est lui, tout du moins la folie avec laquelle il te considère comme son dieu, qui le pousse à tout sacrifier pour toi. Il est si fragile que, dans tes moments de faiblesse, tu t'en veux de le briser un peu plus chaque jour ...

Chad est différent. Il ne cherche pas à prendre tes lèvres, t'effleure et panse tes plaies de manière quasi professionnelle, avec un recul palpable, comme s'il était né pour ça. Un médecin des âmes, une infirmière un peu cochonne, mais pas trop. Juste ce qu'il faut pour te faire ronronner de plaisir en basculant la tête en arrière et en voyant des étoiles s'allumer derrière tes paupières closes, chaque fois que ses lèvres mangent ton cou. Il ne cherche pas à te consoler par ses actes, il les utilise afin de t'arracher des mots qui lui permettront de te dire ce que tu as besoin d'entendre. Tu le vois venir, prends conscience de son stratagème un peu fourbe qui joue sur ton amour de la chair, mais c'est si délicieux que tu te sens prêt à entrer dans ce jeu là avec lui. Pour lui. Ou pour toi. La limite entre son être et le tiens semble plus floue de baiser en baiser. Je te le dis si tu t'arrêtes pas ... Murmure qui vibre dans ta gorge et tremble contre ses lèvres. Il est revenu ... Tu cherches comment formuler ça, n'as pas envie de reprendre l'histoire depuis le début pour la décrire dans tout ce qu'elle a d'horrible et d'humiliant à tes yeux. Alors tu cherches le bon mot, celui qui résumera tout ce qu'est Stolen pour le pantin que tu es devenu, par sa faute. ... mon maître. Silence douloureux, déglutition rancunière. Tu fronces les sourcils, la tête toujours renversée. Rien que son évocation t'es néfaste. Tes entrailles se contractent, prisent de haine et de désir, comme à chaque fois que son image s'impose à ta mémoire. Et j'ai plus rien à perdre parce qu'il m'a tout pris. Ce qui explique ton attitude, ce qui explique ton désespoir.




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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Mer 14 Mar - 9:13

isaak & chad

Il embrasse le corps d'Isaak comme s'il était d'une fragilité effroyable. Il l'embrasse sans se poser de questions, sans s'encombrer de trop de pensées, laissant seulement ses lèvres naviguer sur sa peau, s'habituer à son parfum, aux goûts, à la beauté du moment. Ou à la tragédie. Pour laisser Chad s'approcher avec une telle douceur, c'est que ses yeux ont du en voir passer : des douleurs, des colères, des sévices dont on ne se remet jamais vraiment. Il pourrait presque voir à travers sa peau, l'univers de son corps continuer alors que le cerveau ne veut pas, que tout est éteint mais que le reste continue de fonctionner. Il a connu ça, Chad, lui aussi. Fin, il pensait le connaître jusqu'à se réveiller, comprendre que tout cela n'était rien de plus qu'une illusion. On ne peut pas se laisser avoir aussi facilement par la mécanique d'un cœur défaillant. On ne peut pas. Et pourtant, même si le sien foire encore, que des boulons ont sauté, le voilà encore debout, capable d'embrasser un corps, de fouler une terre brûlée sans avoir peur de finir avec des cloques sous les mains ou les poumons plus noirs que le charbon. L'eau de la piscine aide Chad à relativiser, à pas se perdre dans les tréfonds de ses pensées pour retrouver cette douleur latente. Autour de lui, tel un film au cinéma, il y a les rires et les gestes de Donald pour l'accompagner dans cet échange nocturne.
Il ne tremble pas, n'hésite pas, ne cherche même plus les yeux d'Isaak, préférant se concentrer sur ses mains et ses baisers.

On lui ordonne de ne pas arrêter, ce que le colosse fait, non pas par écoute mais parce que ce n'était pas dans ses projets. Pas encore. Les mots s'échouent entre eux comme des enfants qui se chamaillent et cela lui fait faire une drôle de tête. Il prend une longue inspiration, cesse ses mouvements pour le regarder. L'intensité de ses yeux est là pour se faire pardonner de l'arrêt des baisers. Ses lèvres rougis par son cœur qui pulsent à l'intérieur se donnent un instant avant de bouger à nouveau, de formuler des mots. Comment ça, plus rien à perdre ? Chad pourrait le prendre en pitié mais à la place de ça, sa main descend contre son épaule, s'y attarde un instant avant de se poser sur son torse. Arrête de te laisser berner par tes sentiments, tu veux ? Je suis certain que t'es pas si con que tu le prétends. Il y va dans toute sa brutalité, loin des filtres et des arrondissements qu'il ne veut plus. Chad enfile l'armée du soldat à qui plus rien ne peut faire peur. Il part chercher dans les tréfonds de sa vie, dans les détails de son existence pour tenter de trouver des sentiments similaires, les partager. Cela lui écorche le bide, lui fait avoir des lames dans le cœur mais qu'importe ; il a pris l'habitude des traînées de sang, des organes qui se crispent tellement que respirer est une bataille inévitable. Ce soir, il ne se laissera pas terrasser par l'anxiété, par l'intériorisation de tout ce qui le touche, le tue à petit feu.

Écoute … Comment parler sans qu'il ne le prenne mal ? Comment balancer des mots qui auront l'effet de gros sel sur des plaies qui ne cicatrisent pas ? Il inspire, éloigne de lui toutes ses phrases toutes faites pour lui répondre avec le plus transparence possible ; comme un pacte silencieux entre eux qui signifie qu'ils seront clairs avec leurs sentiments et les démons qui les habitent. Ceux de Chad sont si vieux et malheureux qu'ils sont devenus avec le temps comme de gros chat colériques qui avec le temps ne réclament plus grand chose mais qu'il sent se faire les griffes contre son âme lorsque les choses ne vont pas. Ce grand corps imposant abrite des failles plus grandes que celles des gorges de l'Utah dans lequel il est allé gamin avec ses parents. Des failles si larges que des hommes tout entiers peuvent y tomber, dans lequel il a trébuché lui-même, emportant parfois avec lui d'autres, leur demandant de les suivre pour finalement les perdre dans le labyrinthe de ses sentiments. C'est pas parce qu'il est grand et solide qu'il étouffe pas dans sa propre personne parfois. Bien sûr qu'il le fait à cet instant mais ses yeux ont appris à filtrer les choses, à ne pas tout donner d'un seul coup d’œil. Peut-être que t'as rien sur le moment, certainement que cette impression te bouffe la vie mais c'est pas une raison. C'est juste une illusion, il nous reste toujours quelque chose. A ce stade, les mots de Chad ont du mal à trouver des sens, peut-être parce qu'une part de lui est impliquée mentalement dans cette situation, qu'elle lui ressemble trop pour passer à côté sans ramener de mauvais souvenirs sur la table. Le grand s'arrange surtout pour ne pas parler de lui, ne pas placer le moindre je ou moi qui lui donnerait une identité alors que ce soir, Chad s'est promis de n'être qu'un support à ses mots, une caresse contre l'âme ; quelque chose sans consistance pour se faire oublier plus facilement pour la seconde fois, pour ne pas souffrir lui-même du retour à la réalité. La piscine, ce n'est qu'un rêve, un moment hors du temps qu'ils vivent pour mieux s'arracher l'un à l'autre. Il suffit juste de reconstruire quelque chose parce que tu ne me feras pas croire qu'il ne reste rien, que plus rien ne te tient ne serait-ce qu'une seconde à cœur. Tu me feras pas gober que tu peux pas trouver une seule chose pour te maintenir en vie et effacer ce regard que tu m'offres. Et lorsqu'il dit ça, Chad redresse le sien, se perd à nouveau dans les sanglots invisibles d'Isaak, dans cette mise en abîme qui lui donnerait presque le vertige. Au fil des mots qui quittent sa bouche, il sent alors venir des protestations, des regards énervés ou ce genre de choses que font les hommes lorsqu'on les met face à ce qui les brûle.

Si ça se trouve, tu te complais simplement dans ces eaux troubles et tout cela ne sert à rien. Il y a de l'amertume lorsqu'il en arrive à cette constatation. Chad inspire tandis que son cœur tremble sous sa cage thoracique, éponge humaine qui se sent désespérément dépassé par la situation pour un autre. Il sent, les couteaux d'Isaak s'enfoncer dans sa peau un à un, en plus des siens, avec qui il prend parfois le temps de les enlever, de les balancer au loin jusqu'à ce qu'un autre arrive pour lui en balancer de nouveau. Tout cela ne sert à rien. Echo dans sa propre tête alors qu'il a cessé depuis trop longtemps d'embrasser son corps, que ses mains continuent de naviguer sur ses formes avec moins d'intensité et de réconfort. Chad ne lui en veut pas, se remémore seulement leur dernière soirée, la dureté avec laquelle Isaak avait mis en second plan les peines du colosse et comme aujourd'hui les rôles semblent s'être soudainement inversés. A la seule différence que le grand est beaucoup trop tendre pour remettre en doute sa peine. Puis il ajoute d'une voix, ô cette voix, un brin désespéré, mis à terre par cette chute vertigineuse qu'il ne peut empêcher. Puis honnêtement, tu n'as pas l'allure pour avoir un maître, tu pourrais avoir le monde à bout de bras avec ce sourire là. Qu'il finit par lui avouer, sur le ton d'une rigolade tendre, d'un sourire timide mais suffisamment là pour cacher ses yeux tristes. Tristes de le voir se perdre à chaque seconde, de sentir ses failles à lui briser des choses, remuer des morceaux de terre pour les laisser se noyer. Pour renouer le contact, calmer son empathie, Chad laisse son torse s'échouer contre le sien alors que sa main se perd dans les cheveux d'Isaak.
Et alors qu'il le sent au bord de la rupture, que le monde sur lequel ils flottent ce soir s'écroule petit à petit, lui se contente de réciter mentalement ses tables de multiplications, d'énumérer ses couleurs préférés, de trouver des espèces d'animaux pour chaque lettres de l'alphabet et canaliser son esprit, le calmer.
Alors, 6x7 ?



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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Mer 14 Mar - 12:49
Il arrête ses baisers beaucoup trop tôt, t'arrache un frisson de déception en préférant parler plutôt que de se taire. Tu le regardes à contre-cœur, sachant déjà ce qu'il va se passer. Il te comprend, lit en toi comme dans un livre ouvert. Pas besoin d'être un savant pour deviner que ce qu'il s'apprête à te dire va te retourner comme une crêpe. Tu retiens ton souffle, pas bien certain de vouloir faire face à tout ça, pas sûr d'avoir la force d'éviter l'implosion de ton coeur qui s'affole déjà tel un insecte se sachant piégé, qui voit la chaussure arriver à toute vitesse et qui voudrait prendre la fuite à travers ta poitrine. C'est peut-être pour ça que Chad y pose la main ? Parce qu'il sait que tes côtes ont besoin d'aide afin de maintenir ton palpitant à sa place ?

Il commence par des questions rhétoriques te faisant penser à des ongles qui grattent au coin d'un mur à la recherche d'un accroc dans le papier peint. Puis il déroule le fil de ses pensées et c'est tout le lai qui vient avec, qui se décolle au fur et à mesure que les mots coulent et humidifient tout sur leur passage ; à commencer par tes yeux qui brillent un peu trop, dont les cils papillonnent rapidement, pour cacher la misère. Ça te prend aux tripes parce qu'en plus de faire écho en toi, ce discours te prouve qu'il y a chez Chad autant, si ce n'est plus, de blessures à guérir. Et ça te bouleverse, putain, de te dire que sa douleur ajoutée à la tienne auraient de quoi remplir plusieurs piscines comme celle-ci de larmes et de regrets. Tes doigts se referment sur son avant bras, presse le contact de sa main contre ton coeur. Est-ce qu'il sent à quel point tu défailles ? La mélodie torturée qui s'en échappe ? Me lâche pas, putain, me lâches pas, Chad.

Bien sûr, il y a cette part de toi qui proteste et s'agace, qui voudrait le repousser et le mordre pour le faire taire. Ce toi forgé de toutes pièces, bâti à grands renforts d'instinct de survie et de colère épouvantable : le tyran, l'abjecte. Celui qui attaque le premier et qui manipule comme personne de peur qu'on ne le blesse à nouveau. Et puis il y a l'autre, le soumis, celui qui ne cherche plus à se battre et qui regarde passer le train d'un air triste et fatigué ; qui comprend parfaitement ce que dit Chad pour y avoir maintes fois songé sans pour autant avoir encore l'envie d'y croire, maintenant que Murphy - la chance que tu pensais avoir de t'en sortir - t'as complètement rayé de sa vie. Ce petit bonhomme cassé en deux, qui voudrait bien recoller les morceaux de son propre corps, mais qui n'a plus la force ; qui fait le ratio bénéfices / risques et qui se dit que l'espoir serait plus dangereux que la résignation. Il sait, ce bonhomme là, quels sont tes peines les plus profondes ; la couleur de tes cauchemars et les racines du mal qui te ronge ... T'as jamais pu faire le deuil de tout ce qu'on t'a volé là-bas, jamais pu en parler pour alléger le poids de ce manque laissé par les voleurs dont Nero est incontestablement le roi. Ta virilité perdue, ton libre arbitre bafoué sous la menace et ta confiance en toi détruite, réduite en miettes puis brûlée à nouveau, jour après jour, pour que des cendres il ne reste plus rien d'autre qu'une poussière fadasse dont le goût amer tapisse ton palais jour et nuit. Un goût dégueulasse, qui gâche tous les autres et prend le dessus sur tout ; un goût pour se débarrasser duquel t'as fini par accepter l'idée de mourir jeune et de foncer droit dans le mur, pour que la fin sois brutale, à l'image de ce qu'est devenue ton existence : un vent violent, indomptable.

Si ça se trouve, tu te complais simplement dans ces eaux troubles et tout cela ne sert à rien.

Tes yeux se perdent dans la contemplation du plafond. Tu fais le choix d'attraper sa main et de la replacer sans un mot derrière ta nuque, demande silencieuse de répit nécessaire : maintenir ta tête en arrière te permet de ravaler plus efficacement les larmes qui te viennent. T'as même plus la force de penser que Chad est un con qui va te faire chialer s'il continue à te mettre à nu comme ça. Ta mâchoire se crispe, relents de désespoir dans ta bouche qui te font déglutir péniblement. Te voilà submergé par des émotions que tu pensais avoir réussi à refouler, ces derniers temps, confortablement installé dans ton rôle de bourreau de Wilf, à reverser sur lui toute la cruauté que Nero déverse sur toi. T'étais bien, dans ton transfert aussi immoral que malsain, t'avais même ficelé le scénario pour que le rôle de la victime soit joué par un gamin encore plus maso que toi, qui trouverait sûrement du plaisir à se faire maltraiter de la sorte. Du moins c'était ce que tu préférais croire pour Rester capable de te regarder dans le miroir sans cracher sur ton reflet. Concrètement, même à ton pire ennemi tu ne souhaiterais pas de vivre ce que tu as vécu ; même à Nero que tu hais autant que tu l'adores, qui est responsable de ton malheur, tu ne souhaiterais pas de se retrouver à ta place. Alors savoir que tu l'infliges à Wilf dans l'unique but de te sentir moins passif et moins détruit que tu ne l'es vraiment, c'est le comble du dégoût envers toi-même. Comment t'as pu devenir un monstre plus égoïste encore que celui qui t'a détruit et reconstruit à son image ? Comment ?

Chad parle de ton sourire, tu redresses la tête, interpellé par le son de sa voix qui a changé, par son regard complice qui finit de décrocher ton cœur et de le faire tomber au fond de ton estomac. Est-ce que tu lui ressembles, quand tu souris ? Parce que, si c'est le cas, si tu renvoies la même image que celle que tu as sous les yeux à l'instant, alors tu comprends de quoi il veut parler. La seule chose que tu veux dans tes bras, là, tout de suite, c'est lui. Son torse qui se colle au tiens, sa main dans tes cheveux, c'est une bouée de sauvetage au milieu de cette nuit trop noire, qui dure depuis des mois et qui n'en finit pas. Tu l'entoures, le serres fort au point que l'eau ne puisse plus s'immiscer entre vos pectoraux. Et puis tu pleures, aussi, en silence, profitant qu'il ne te voit pas et que tes larmes tombent en pluie éparse sur sa peau déjà mouillée. Sa masse te donne l'impression d'étreindre la montagne de ton désespoir, d'essayer, tant bien que mal, de faire la paix avec cet enchevêtrement d'émotions contradictoires qui te perdent à chaque carrefour. Encore là, tandis que tu n'en démords pas et que tes bras le serrent à vouloir lui rompre les côtes, tu te vois au milieu de l'intersection, tiraillé entre les chemins de campagne, difficiles, chaotiques, et les autoroutes, voies de la facilité tellement plus confortable, où tout va trop vite. T'es déjà en train de le faire ... De frotter ta joue contre la sienne, de caresser son dos ... Y'a tellement de désirs en toi. Celui d'aller mieux, celui d'être un peu plus heureux, mais aussi ceux moins nobles, qui font partie de tes issues de secours quand tout va mal et que t'as besoin d'oublier qui tu es : l'envie d'avoir du plaisir, de l'ivresse, qu'elle soit charnelle ou de toute autre chose. Chad ... Tu murmures son nom sans même le vouloir, complètement submergé par tout ce qu'il vient de dire et à quoi tu ne trouves rien à répondre. Y'a rien à dire, il a tout résumé. Peut-être qu'il te faut juste du temps pour assimiler et faire bon usage de tout ça ? Du temps que tu ne peux te résigner à laisser couler sans réagir, sans te coller un peu plus à lui, en demande, fébrile, incapable de te contrôler. Si tu ne me repousses pas, je vais t'embrasser ... C'est le seul avertissement que tu arrives à formuler alors que ton corps s'enflamme et ne te laisse pas d'autre choix que d'obéir à ton envie de te perdre entre ses bras. Tu laisses glisser tes lèvres le long de sa tempe, attrapes son regard au vol quand ton visage s'est suffisamment reculé du sien pour s'arrêter devant la muraille de ses lèvres entreouvertes. Elles sont si désirables que t'en perds la raison, sentant tout l'estime que tu as pour lui trembler de peur et s'affoler dans ta poitrine. Il ne faut pas. Le salir avec du sexe et des soupires ; il ne faut pas. Mais un baiser, c'est trois fois rien, non ? C'est propre, c'est chaste, ça reste mesuré. Tes lèvres tremblent, tu ne comprends pas ce qu'il t'arrive. L'envie qui te pousse à lui demander silencieusement de t'accorder au moins ça, tandis que tu réalises, troublé, que le désir qu'il t'inspire est beaucoup plus doux que ces pulsions violentes qui te font plaquer des corps aux murs et arracher des vêtements. Tout semble comme en suspend, c'est la pièce entière qui flotte autour de toi en même temps que ton corps en flotaison, si léger dans l'eau tiède. Tu sais que tu ne devrais pas, que refuser est un choix que tu dois le laisser libre de faire, mais c'est plus fort que toi. T'as toujours voulu tout avoir, surtout les jolies choses ...

Alors tu t'entends dire ces mots terribles qui sonnent comme un chantage qui risque de tout gâcher : Si tu m'embrasses pas, parles-moi de ton passé et de ce qui fait que t'es si bien placé pour me consoler, ce soir ... Gamin insolent qui n'a jamais supporté qu'on le frustre ; petite chose fragile amoureuse de ce qu'elle voit de douceur et de réconfort dans ce grand gaillard qu'on croirait apte à déplacer des montagnes pour ceux qu'il aime. S'il seulement tu pouvais en faire partie ... Tu réalises, trop tard, que t'es en train de l'aimer comme t'aimes Nero quand ce dernier t'accorde un geste tendre. Comme Wilf t'aime quand tu acceptes de lui dire que t'as besoin de lui pour aller bien, en ce moment. C'est possible, ça ? D'aimer Chad aussi fort alors que tu ne le connais même pas ? Suspendu à ses lèvres, tu te laisserais bien couler, litéralement cette fois. Boire la tasse et te noyer pour chasser de ton esprit toutes ces questions existentielles qui te déchirent dans la recherhe d'un idéal qui n'existe probablement nul part mais que t'as quand même l'impression de tenir entre tes bras ce soir. Putain, t'as jamais été si proche de t'évanouir d'émotion. Il n'aurait qu'à souffler pour faire voler en mille morceaux le peu de ce qu'il a réussi à faire revenir de ce qu'il reste de toi derrière les masques et les faux semblants. Ce soir, Isaak, t'es devant Chad plus rempant que tu ne l'as jamais été devant Stolen. Et ça te boulverse de te dire que tout ça, c'est pour un mec qui ne t'as rien demandé, ni forcé.




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MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   Jeu 15 Mar - 5:16

isaak & chad

Chad et ses grandes épaules. Y a qu'à le voir venir de loin pour avoir envie de lui donner un peu de notre peine. On se dit forcément qu'avec un torse pareil, qu'avec une telle force se dégageant de lui, il ne pourra que tenir le coup. Il est comparable à une montagne où l'on vient s'étendre à l'ombre d'un arbre un jour d'été et où notre tête fait le vide. On se pose en lui, on profite de toute la tranquillité qu'il dégage sans se rendre compte que la terre imbibe le moindre sentiment. Là, collé contre Isaak, la peau de Chad absorbe ses peines, tout ce qui peut bien l'effrayer ou le rendre plus fort dans la vie. Alors, c'est simple, il sent les sentiments venir jusqu'à son corps sous la forme d'une vague de chaleur. Y a aussi des moments de froid où il imagine les passes de sa vie les plus difficiles se concentrer en un flux glacé. Il a la sensation de mettre ses mains dans un congélateur par moment, encore plus lorsque celui-ci l'attrape pour la poser derrière sa nuque, soutenir à nouveau sa tête. Etre un pilier, il sait faire ça, c'est sa fonction principale dans cette vie ; soutenir le monde, le tenir quoi qu'il arrive, même s'il sent parfois la crampe du désespoir faire souffrir ses muscles. Mais il continuera toujours Chad, c'est sa force la plus belle, celle de ne jamais s'arrêter. Et la dernière fois, lorsqu'il avait avoué à Isaak son envie d'en finir, une part de lui savait parfaitement qu'il racontait des bêtises, que l'alcool était là pour rendre la chose plus enfantine, légère. C'est sa force qui rend les choses si tragiques parce qu'elle le pousse à tout garder en lui, à tout stocker pour ne laisser personne sur le bas-côté, pas même ceux qui l'ont usé jusqu'à la corde pour finalement le laisser.
C'est pas une veine d'être solide. C'est juste un fardeau, un mauvais sort que des sorciers qui s'ennuient vous jette à la figure pour faire passer le temps. La malédiction, Chad la sent parfaitement bien en lui, elle est claire, parfois brutale. Elle le pousse à garder la tête haute même lorsqu'il serait en droit de pleurer.

Alors qu'Isaak se serre contre lui avec tout l'acharnement désespéré d'un homme qui n'a plus rien à perdre, qu'on a dépouillé de la moindre parcelle d'amour propre, Chad a la sensation d'entendre des notes de musique traverser sa tête. Pas n'importe lesquelles. Celles d'un piano, quittant tendrement les doigts d'Isaak pour venir s'échouer jusqu'à lui. Il aimerait lui dire à cet instant qu'il n'a pas oublié ce morceau, qu'il le hante encore parfois, qu'il l'entend lui parler lorsque les doutes reviennent, qu'il le réconforte dans la salle d'attente de son médecin pas toujours certain de pouvoir lui annoncer de bonnes nouvelles. Sa main remonte instinctivement derrière le crâne de l'homme pour le maintenir comme lui. Le geste serait presque paternel, comme on porterait un bébé sur le point de s'endormir après une grosse crise de larmes. Le colosse ne dit rien mais sent bien que quelque chose secoue le corps de l'échoué. Un sanglot, si fort et pourtant si silencieux à la fois, qui fait vibrer son organisme d'une manière différente contre le torse de Chad. Chad qui ne fera pas la moindre remarque sur ce qu'il sait parce qu'il comprend, combien se déverser peut parfois faire du bien et combien il ne le fait pas assez pour lui-même. Et puis les larmes, elles glissent sur sa peau comme elles couleraient sur un morceau de plastique ; elles se mélangeront au reste de la piscine et personne ne saura ce qu'il s'est réellement passé entre eux.
Les yeux fermés, l'esprit qui divague dans d'autres réalités, la voix d'Isaak s'élève à nouveau. Cette voix, cette foutue voix qui lui donne envie d'être un peu plus fort à chaque fois qu'elle prononce son prénom. Leurs regards se trouvent à nouveau, se perdent l'un dans l'autre avec une harmonie déconcertante.

Si tu ne me repousses pas, je vais t'embrasser …
Mais non, tout sauf ça, tout sauf le repousser. Si Isaak lui enlève le droit de les soutenir alors qu'est-ce qu'il deviendra ? Il a pas envie de retourner à son état de fantôme, pas alors qu'il se fait à peine à l'idée de pouvoir soutenir sa peine. De savoir le comprendre. Il ne peut pas lui infliger ça, pas maintenant. Parce qu'il a beau paraître plus solide que de la pierre, Chad est encore fissuré de tous les côtés, y a qu'à voir son visage, les traits effacés qu'il se coltine du soir au matin. Tu peux pas accepter d'être si transparent lorsque tout va bien, tu peux pas capituler et accepter d'être inutile quand tu fais cette taille.

Isaak qui continue, qui le supplierait presque. Ses secondes paroles le font tiquer, lui décrochent instinctivement un sourire alors que sa main caresse sa joue d'une douceur exemplaire comparé aux siennes qu'il ne prend même plus le temps de raser. Le rire que Chad lui offre est silencieux, sans le moindre son, seul son souffle chaud s'échoue contre ses lèvres d'une fièvre présente depuis le début. Mon passé ? Il demande pour se laisser du temps, pour s'accorder le droit de plonger dans ce qui l'a forgé. Il revoit alors avec nostalgie la caravane de ses parents et les routes qu'ils dévalaient ensemble, d'autres caravanes les suivant à la même allure, comme une famille. Une famille qu'on pense indestructible mais qui vous oublie une fois que vous décidez de vous épanouir, de quitter la larve pour devenir papillon. A peine avait-il eu les ailes déployées que ses parents étaient venus les lui froisser à coup d'indifférences et de reproches. Il a encore la sensation de pouvoir tourner la tête pour avoir une vision directe sur les chaises vides au premier rang dans l'église. Les chaises pour la famille du marié qui doivent encore attendre à l'heure actuelle de les voir venir. Son passé, maintenant qu'y penser lui donne la sensation de n'avoir jamais existé, d'être seulement un rêve. Un rêve si détaillé qu'il pourrait vous faire croire qu'il a réellement existé. Même sa mère, cela fait un an qu'elle ne lui envoie plus rien, qu'elle a raté son anniversaire et ensuite noël. Bientôt, un an s'ajoutera à sa peine et il sait déjà qu'à la date fatidique, personne ne sera là pour lui envoyer un message, lui offrir un sourire ; même pas celle qui lui a offert la vie quarante ans plus tôt sans se douter qu'elle donnerait naissance à un être de lumière. Un être de lumière ayant perdu de son éclat parce que personne n'était là pour le prévenir qu'aimer rendrait toujours les choses difficiles. Des étincelles de lui traînent en ville, il le sait, les voit parfois. Dans cette rue par exemple, où il avait dansé un slow dans les bras d'Eros, sur ce trottoir où il avait embrassé Bambi seulement parce qu'il en avait envie et le centre social où il avait retrouvé Rosario au point de l'aimer avec la même intensité que la première fois.

Nous savons tous les deux que cela ne t'intéresse pas. Et qui cela pourrait intéresser ? Il vient de renaître Chad de toute façon alors à quoi bon ? Cette piscine est sa mère, Isaak en est la sage femme sans le savoir. Après des mois en apnée, il respire maintenant, tout juste, là, dans les bras d'un homme qu'il connaît à peine mais suffisamment pour lui donner envie de discuter encore, de découvrir son corps avec la timidité d'un enfant perdu dans le cœur d'un vieil homme. Il a souvent la sensation d'être partagé entre les deux et qu'on le tire des deux côtés, persuadé que les coutures de son âme finiront par céder ; ce soir, c'est la vieillesse qui prend le dessus, il le sent. A moins que ce ne soit la jeunesse, qui le fasse se perdre avec tant d'intensité dans ses yeux.

Il prend alors le temps, de détailler ce qu'il voit. Le regard du géant semble être un rayon x qui le passe à nu, qui pourrait voir les moindres détails sans même froncer des sourcils.
Isaak. Il en fait son portait pour remplacer les lettres et les tables de multiplications.
Isaak qui te donne la sensation d'être muet de naissance lorsqu'il cesse de parler. Son regard, la première chose dans laquelle on plonge, comme un trou noir qui vous happe, qui vous montre à haute dose ce qu'est l'hystérie du désespoir. L'angoisse de ne pas savoir si l'on aura la chance de le revoir le lendemain parce que la nuit est une vie à elle-seule, interminable, dans laquelle il se perd chaque jour sans se soucier de savoir s'il reviendra. Heureusement, il y est revenu suffisamment de fois pour en arriver à cette soirée dans les bras de Chad. Chad qui l'empêche de prendre la fuite, de se dérober une énième fois dans l'absurdité de sa folie, qui le retient par la simple force de ses bras en prenant le risque de se faire mal lui aussi. Il est comme ses parents tenant leur bébé dans leurs bras, persuadé de pouvoir les retenir en cas d'accident de bagnole. Il inspire, se perd sur ses traits, ressent la chaleur de son corps dans l'humidité de la piscine, la fièvre qui capture Isaak avec tellement d'intensité qu'il serait capable de bouffer l'espace à la petite cuillère. Et encore, l'espace, c'est pas grand chose comparé à tout ce que ses yeux peuvent transmettre. Chad est rien de plus qu'une minuscule étoile à l'échelle de son univers. Un étoile déjà morte depuis des années mais qu'on regarde parce qu'elle nous apaise. Ne reste qu'à savoir si le fou continuera de la fixer ou non. Rien qu'à le tenir dans ses bras, Chad peut sentir le désir remuer le corps qu'il tient fermement contre lui, cela semble être un tempête, une tempête qui pourrait pousser Isaak à écorcher des nouveaux nés, violer des inconnus sur les tables, composer une brochette de sentiments de façon aléatoire pour les gober, cracher du feu, provoquer des cyclones. Tout pourvu qu'il fasse mourir cette frustration au fond de lui. La frustration de ne pas pouvoir embrasser Chad, de le désirer sans vraiment le désirer, plus par habitude qu'autre chose.

Isaak et tout ce qu'il représente, accompagné de son sourire. Surtout ce sourire qui pourrait être responsable de toutes les catastrophes si on le laissait faire.

La voix de Chad s'élève à nouveau, plus basse que toute à l'heure, à quelques millimètres de ses lèvres. Elle est plus douce, comme si elle capitulait, qu'il dévoilait enfin quelque chose sur lui de terriblement sincère. Si je t'embrasse tu ne te soucieras plus de moi. Et ça … je ne veux pas. Non, je ne peux pas l'accepter. Je ne suis pas comme cette toile de toute à l'heure, on ne peut pas m'acheter, soulager sa conscience et s'en aller, tu comprends ? A force d'être seul, usé jusqu'à la moelle, ce colosse là est devenu un expert dans l'art de ne pas tout gâcher. La peur viscérale de se retrouver avec la tête pleine d'un Isaak le traverse, le pousse à se retrancher, se refermer sur lui-mêee. Et alors, brusquement, tandis que leur peau commence à friper, les mains solides de Chad se posent sur la taille de l'homme pour l'asseoir sur le rebord de la piscine, grimper à ses côtés et lui enfiler son gros pull en laine pour tenter de le réchauffer sans pouvoir le sécher par manque de serviette. Un sourire un peu idiot prend place sur ses lèvres à le voir dans ses vêtements. Son bras mouillé, décoré d'une chair de poule se pose sur les épaules d'Isaak pour le ramener contre lui, poser sa tête contre son épaule. La seule chose réelle que je puisse te dévoiler sur moi ce soir c'est que ma place n'est nulle part ailleurs à cet instant. La vie et le monde entier ont travaillé pour les réunir pendant des jours et des nuits.
De ça, Chad en est certain.



sur le tremplin de ma porte sur les objets familiers sur le flot du feu béni j’écris ton nom
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MessageSujet: Re: ISAAK + my heart is soft, my past is rough.   
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