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MessageSujet: M - LE GEEK. (LIBRE)   Jeu 1 Mar - 16:50

gédéon
timothee chalamet



(NOM) au choix. (PRÉNOM) Gédéon. (ÂGE) vingt-deux ans. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) au choix. (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) geek à temps plein.(NATIONALITÉ) américaine. (ORIGINES) au choix. (STATUT CIVIL) un disque dur à la place du cœur. (ORIENTATION SEXUELLE) terrifié. (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) trois semaines, le nouveau voisin de l'étage quatorze ; à peine si on sait qu'il existe, on ne voit que sa mère.  (GROUPE) de ceux qui rêvent ou survivent, tout dépend comment tu désires le développer.

« On peut être noble, courageux et beau, et continuer à sombrer.  »


Je sais pas ce qui se passe mais c'est pas rien qu'une mauvaise passe. J'aimerais disparaître comme dans un tour de passe-passe. En attendant je veux bien paraître dans la parade de l'apparat. Mascara, mascarade pour mes parents, mes camarades. Même si chuis maussade, j'ai rénové ma façade la clôture métallique est un sourire orthodontique. Dans les murs les fissures ont été colmatées, les volets sont repeints, la toiture est refaite. L'imposture est parfaite, à l'intérieur tout est décrépit, la charpente est pourrie, les tapis sont finis, pis la tapisserie est moisie, les lambris sont recouverts de vert de gris. Les amis j'vous l'dis, tout ça c'est bon pour l'incendie. (MUSIQUE)


L'histoire commence, simple. Une femme et un homme qui deviennent parents. Un magnifique bambin qui s'élance dans les couloirs d'une maison trop grande pour trois. De l'amour à revendre, comme s'il en pleuvait et cet enfant là qui grandit, qui se perd petit à petit dans l'addiction silencieuse des jeux vidéos et d'internet. On le voit de moins en moins souvent quitter sa chambre, sortir faire du vélo dans le quartier, retrouver ses amis.
Ses amis là, qu'il perd un à un en refusant d'aller les rejoindre, qui oublie les anniversaires, de répondre aux sms puis aux appels. Jusqu'à devenir un fantôme.
Gédéon.
Il est pas grand chose dans la vraie vie mais sur internet c'est un roi. Un prince des ténèbres, charismatique, plein de colère ; il a de nouveaux amis Gédéon depuis mais il les voit jamais, connaît à peine le son de leurs voix. Chaque matin, il se réveille avec des sms plein à craquer, de son petit monde d'internet que personne d'autre que lui ne connaît. Ceux là, il est certain qu'on les lui enlèvera pas, qu'ils seront pas là pour exiger de lui d'être quelqu'un qu'il ne sera jamais.
C'est un raté Gédéon, vingt-deux ans et il bosse pas parce qu'il y arrive pas, qu'il sait tout juste sortir de l'appartement pour aller faire des courses. Il prend toujours les mêmes chemins, ceux où il est certain de croiser le moins de monde, passe à la caisse où la fille parle le moins et lorsqu'il peut pas alors, il met ses écouteurs sur ses oreilles, répond d'un faible sourire à des mots qui ne font que le traverser. Il évite les contacts, les regards, les garçons trop turbulents, les filles trop sympathiques parce qu'il sait pas se comporter avec les autres. Tout juste s'il parvient à tenir une conversation. Bien sûr, il pourrait vous raconter ce qu'il lit sur internet, vous parler de ses films et séries qui lui font vivre sa vie par procuration. Il pourrait, étaler sa science, vous dire qu'il est doué aux jeux vidéos mais ça changerait quoi ?
Geek. C'est comme ça qu'on l'appelle aux repas de famille. Mais depuis un an, on a arrêté de lui donner ce surnom. Certainement parce que son père est mort et que depuis, c'est pire. Les volets de sa chambre toujours fermés, il voudrait aider sa mère, trouver un travail, les sortir de la galère mais il y arrive pas, c'est au dessus de ses forces.
Il se dit qu'un jour, il va changer, qu'il prendra le taureau par les cornes, qu'il mettra au tapis le démon de sa peur qui lui grignote le ventre mais chaque matin c'est la même histoire : Gédéon se plante devant l'écran de son ordinateur et ne l'arrête que très tard le soir, lorsque ses yeux commencent à lui faire mal et que son cerveau n'en peut plus.
Ils vivaient dans une grande maison avant que papa ne devienne qu'un tas de cendres. Gédéon aimait bien leur jardin et c'est aujourd'hui qu'il regrette de ne pas en avoir assez profité. Il le regardait de sa fenêtre, laissait un rayon de soleil muet caresser sa chambre sans jamais en sortir. Sa chambre, son empire bordélique, des vêtements sales, entassés un peu partout, des verres et des bols qui moisissent depuis le temps qu'ils y sont. Des fossiles de sandwich qu'il n'a pas terminé. Et Maman qui ne dit rien, qui n'ose pas lui demander de l'aide parce qu'elle sait ce que la panique peut faire chez son petit. Elle l'a déjà vu à l’œuvre, le tétaniser, le rendre hystérique, larmoyant. Ce n'est pas Gédéon qui est mauvais un garçon, c'est sa peur du monde qui le transforme, le fait devenir monstre.
Elle ne le dit pas, maman, mais elle ne sait pas ce qu'il va devenir, ce qu'elle va faire de lui. Des jours, son enfant devient un fardeau et d'autres, les remords d'être une si mauvaise mère la tiraillent.
Et puis, au milieu de tout ça, Papa qui manque à tout le monde.

(traits de caractère : réservé, lâche, trouillard, intelligent, colérique, effacé, timide, avec un bon fond derrière la façade un peu brute et étrange.)  

VINCI
Ce jour là, sa mère n'en pouvait plus de sa chambre en bordel et de cet ordinateur toujours allumé. On les a certainement entendu crier dans tout le quatorzième lorsqu'elle s'est surprise à débrancher l'appareil et le mettre à la porte.
Il y a eu des insultes, des menaces de mort jusqu'à ce que la porte de l'appartement claque et que Vinci sorte le bout de son nez, intrigué par trop de haine, le cœur plus léger et curieux depuis la mort de son propre père.
Un petit d'homme étalé par terre, l'arrière de sa tête plaquée contre le mur du couloir à chercher l'air, à tenter de calmer sa colère. Ses poings étaient bleutés après trop de coups donnés dans les cloisons fines de leur appartement. Un filet de sang se dégageait de son nez alors qu'il tremblait.
-Qu'est-ce que tu fous là ? Quelqu'un est mort ou quoi ? La voix de Vinci était grave et Gédéon n'a même pas cherché à croiser ses yeux. Il l'a regardé, ramener ses genoux sous son menton alors qu'il suffoquait dans ses propres poumons. Le plus vieux s'est penché, tentant de capter un regard qui lui paraissait lointain, trop lointain.
- C'est pas tes oignons. Gédéon aurait eu honte de lui avouer la vérité, d'étaler sur le sol crasseux du parking l'addiction qui lui mange les entrailles.
Après un long silence, quelques regards échangés, une assurance muette s'est éveillée en Gédéon, suffisamment pour rentrer dans l'appartement de Vinci et nettoyer son nez. C'est là, qu'il lui a laissé son numéro de téléphone avant de repartir chez lui, quelques portes plus loin.
Depuis, Vinci ne l'a plus vu sortir une seule fois de cette même porte.
Il n'y a que des messages, des lettres les unes après les autres pour lui prouver qu'il est encore vivant.
Merci.
Est-ce que tu vas bien ?
Oui, Tu veux qu'on sorte ? Non, surtout pas.
Il est 4h du matin mais j'y arrive pas, à fermer l'oeil de la nuit. Tu dors ?
Je crois que je suis un boulet.

Quelques confidences écrites par message alors et Vinci qui répond parce que cela n'engage à rien, si ce n'est attiser sa curiosité.
Y a un an, j'ai perdu mon père. Il sont où tes parents à toi ?
Morts. Qu'il répond, sans autre mot, sans dire que sa mère est en réalité dans un hôpital psychiatrique et que son père est mort de ses propres mains. Qu'il est un assassin. Un monstre réconfortant qui pourrait pourtant donner à Gédéon l'envie de s'ouvrir, d'essayer de découvrir le vrai monde. Mais il y a encore des barrières, une grande vitre bien épaisse à briser. Et Vinci, parfois impatient, qui lui dit qu'il viendra casser la porte de sa chambre pour le faire venir avec lui. Gédéon qui ne cède pas, qui quitte son appartement à pas de loup pour être certain de ne pas le croiser.
Il veut pas que Vinci sache qu'au fond, il n'est qu'un rat colérique, trouillard, qui ne sait rien faire d'autre de sa vie que s'en vouloir à lui-même.


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