avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13684-elea-sanders-maya-step
▹ DISPONIBILITE : Non
▹ MESSAGES : 263
▹ INVESTISSEMENT : 90

▹ AGE : 23
▹ APPART : #1204
▹ TAF : sert du poison aux âmes solitaires (barmaid)
▹ AVATAR : maya


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: tu danses et tu t'éclipses // loup   Dim 25 Fév - 20:38

loup & elea

Elle s’essouffle, malmenée par une pendule rieuse au-dessus de sa tête. Elle a les joues violentées par le froid et l’expression figée par le dégoût alors que l’odeur du tabac n’est plus qu’un souvenir lointain, effacé par celui de l’alcool qui s’imprègne et colle son haut sur sa peau. Elle préfère les détester les clients comme lui Elea, préfère les insulter en jouant de ses poings autrefois craintifs comme pour intimider le plus brutal des loups. Pourtant, elle fait peur à personne elle. Peut-être seulement à ce gamin qu’elle croise parfois dans l’ascenseur de la résidence. Pourtant même de ça elle en est pas certaine. Elle pue la vodka et a les poches vides de billets Elea. Ça, elle le sait. Le sent. Comme la moitié du quartier sûrement. Alors elle bousille encore une nuit ses converses dans sa course, éclate une flaque d’eau qui teinte ses chaussures d’un gris toujours plus dégeu. Ne relève plus la tête quand les phares d’une voiture mettent en relief la tâche sur ses vêtements et l’ombre de sa casquette sur son visage. Ne sursaute plus au klaxon qui s’abat sur elle quand elle traverse la route sans un regard. Et dans son esprit, ce sont les secondes qu’elle compte quand elle se rapproche de ces marches qui disparaissent sous terre. Elea elle les entend quand sa main se pose sur la barre métallique à la surface, entend le bruit mécanique des freins et des portes qui s’ouvrent. Elle esquive celui qui fait le mort, enjambe celui se cache du froid jusqu’à descendre toujours plus bas. Elle pue la vodka et c’est le dernier métro qui se fait la belle devant ses yeux quand elle arrive sur le quai. Forcément ça sonne comme de la frustration quand les injures filent entre ses lèvres, un soupir en pensant aux longues minutes qui l’éloignent du parking et un putain qu’elle lâche par habitude quand son téléphone tombe au sol. Pourtant elle sait pas encore que cette soirée ne fait que commencer Elea, ne le devine que trop tard. Elle pourrait les sentir, les battements de son cœur qui ralentissent quand elle se relève et son regard qui observe celui qu’elle n’avait pas vu. Il y en a qui diront que c’est à cause du choc ou de la surprise. Elea elle dit que c’est la seule chose qui l’empêche encore de fondre de colère sur celui qui est parti. Loup. « Tu t’portes pas trop mal pour un mort. » Ca sort sans trop réfléchir et c'est seulement maintenant qu'elle y réfléchit Elea, se demande s’il se laissera encore attraper par des conclusions trop hâtives. De faussement suicidaire à faussement alcoolique. Ça la ferait presque rire.


Dernière édition par Elea Sanders le Sam 3 Mar - 14:55, édité 1 fois
avatar
« toxicomane céleste »
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13522-venu-d-en-bas-j-veux-c
▹ DISPONIBILITE : Oui
▹ MESSAGES : 224
▹ INVESTISSEMENT : 50

▹ AGE : VINGT NEUF
▹ APPART : DORMEUR DU BITUME
▹ TAF : BRANLEUR BOY INTOXIQUÉ
▹ AVATAR : DYLAN RIEDER


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Lun 26 Fév - 21:58

— la sérénade est morte
et je n’ai plus de feu.

Le dernier pourcentage de sa vieille batterie aléatoire vient de clamser. Loup soupire et regarde le dernier wagon passer. Le cadavre d’une bière à ses pied. Il a la tête qui tourne. Légèrement. Très légèrement vu son gabarit. Peut-être parce qu’il n’a rien bouffé. Parce que les derniers dollars qu’il avait en poche il les a éclusé dans des babioles qui ne visent qu’à l’user un peu plus. Le dernier métro se casse, taille sa route et laisse sur le quai deux âmes éplorées. L’une qui comptait bien passer la nuit là — puisqu’il n’y a qu’là qu’il n’ai rien à débourser. L’autre parce qu’elle n’a pas couru assez vite. Bien fait, se marre Loup derrière sa capuche de vaurien, de voyou, de bâtard, de filou. Bien fait, se fiche-t-il de la môme blonde qui râle avec son jean dégueulasse et ses converses trempées. Bienvenue dans ce trou de misère voudrait-il la congratuler. Mais ses lippes sont liées par le goût amer du houblon, par une migraine qui trône dans son crâne depuis quatorze heure. Il fait l’effort de se lever — parce qu’il a un semblant de politesse Loup quand un femme se retrouve seul. Ou peut-être est-ce un réflexe de vieux dragueur, une poussée de charme qui va se faire la malle dès qu’il ouvrira la bouche. Il fait pitié ce soir Loup, dans ses fringues qui puent la rue. Il fait pitié et deux fois plus quand ses yeux reconnaissent le morceau de princesse qui vient de louper sa rame. Elle et ses jolis mots acerbes qui viennent charcuter le coeur de ce pauvre cadavre. Il pense qu’elle déconne — ou plutôt l’alcool lui en donne l’illusion. Il ricane, le petit merdeux. « Mort moi ? Jamais. » De sa démarche aviné, il transpire l’ivresse et la nicotine trop de fois avalée. Il se plante comme un soldat boiteux devant Elea, joli souvenir qui se rappelle à lui. « J’suis pas suicidaire. » Il appuie le mot, le sourire aux lèvres. « Pas comme certaine. » Un peu lourd sur les bords Loup. Ferme la, qu’il s’insurge.
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13684-elea-sanders-maya-step
▹ DISPONIBILITE : Non
▹ MESSAGES : 263
▹ INVESTISSEMENT : 90

▹ AGE : 23
▹ APPART : #1204
▹ TAF : sert du poison aux âmes solitaires (barmaid)
▹ AVATAR : maya


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Mer 28 Fév - 22:09

loup & elea

Il y a longtemps qu’elle a fait une croix à côté de son nom ; longtemps qu’elle s’est lassée des sms laissés sans réponses et du message d’accueil de son répondeur. Loup qui a compté. Il y a longtemps. Sauf que Loup est idiot. Loup il s’est barré et, elle a recommencé à escalader le toit du parking, en équilibre sur des pieds maladroits et seulement accompagnée des cris des voisins pour l’avertir du danger. Loup est parti et il n’y avait plus que son rire pour briser les peurs. Elle a voulu détester avant d’oublier Elea, a lancé des fléchettes dans le premier bar venu en imaginant le visage de ceux qui s’éclipsent sans un au revoir. Le sien aussi. Au début. Avant aujourd’hui. Mais, lui, il rigole, comme si de rien n’était et, elle, elle s’énerve lentement, ne décroche pas le moindre sourire quand il se tient (presque) droit devant elle. Elle n’écoute plus vraiment Elea, observe en silence et se retient pour ne pas laisser sa main partir trop vite. Pour être parti. Pour être revenu. Sûrement pas pour elle. C’est son sixième sens à elle. Abruti qu’il pourrait lire dans ses pensées, entre les lignes de ce qu’elle n’avouera jamais. « Ravie d’voir que les choses n’ont pas totalement changées pour toi et que t’es toujours aussi con. » Pourtant ça lui plaisait Elea. Avant. « Mais c’est dommage, au moins mort t’avais une excuse. » Ça sonne comme un aveu qu’elle enrobe maladroitement, incapable d’avouer le drôle de sentiment qui a accompagné ses nuits quand il a foutu le camp. Pas fichue d’admettre qu’elle aurait aimé qu’il ne soit parti. Peut-être parce qu’elle ne sait pas l’expliquer. Mais elle ne veut pas Elea. Refuse d’accepter qu’il revienne. Parce qu’elle croit encore qu’elle peut y résister, oublie sa dépendance. Essaye. « Tu m’excuseras mais j’ai de la marche et j’voudrai pas m’imposer dans ton nouveau chez toi, t’as l’air de bien t’y plaire. » C’est son regard qui quitte son visage et l’observe un sourire en coin. Il a l’air minable et Elea elle n’s’aurait pas dire si c’est la rancœur qui parle pour elle ou seulement la vérité. Loup il s’est barré et elle ne lui pardonne pas.
avatar
« toxicomane céleste »
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13522-venu-d-en-bas-j-veux-c
▹ DISPONIBILITE : Oui
▹ MESSAGES : 224
▹ INVESTISSEMENT : 50

▹ AGE : VINGT NEUF
▹ APPART : DORMEUR DU BITUME
▹ TAF : BRANLEUR BOY INTOXIQUÉ
▹ AVATAR : DYLAN RIEDER


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Dim 4 Mar - 12:59
Loup il pouffe doucement. Comme une meuf secouée à l’alcool. Comme une barbie pétrie d’absinthe. Entre ses lippes ricoche de vieilles soirées innocentes, pétés à la coke, ronds comme des adolescents. La mine renfrognée d’Elea ne fait qu’agiter son hilarité à peine déguisé. Il est bien fait Loup — mais c’est mieux comme ça. « Con et mort. T’as une belle opinion d’moi ma belle. » En réalité non. Il sent le jugement dans sa voix. Dans son regard, sur ses vieilles affaires qui trainent là sur le quai comme elles trainent sur les trottoirs. Aviné comme il est, il comprend pas vraiment ce qu’on lui reproche, l’ivresse ayant bon dos de faire effet barrage. Surtout que la mort et les excuses, ça marche comme un mauvais cocktail dans la caboche de Loup. Il saisit pas vraiment, se balançant là au bord des rails, à essayer de voir si vraiment, le dernier train n’a pas de retard, s’il ne va pas finir par arriver, alors qu’il est bel et bien passé. « J’en ai marre de m’excuser. » confesse le môme le regard baissé. Il est pas sûr de ses gestes, mais ce dont il est certain c’est qu’Elea semble prête à se faire la malle et à le laisser là. « J’pionce pas là. » Les phrases sont maladroites, entrecoupées de silence, le temps que les mots finissent leur tour de manège dans son esprit paumé. « Je t’inviterai. Quand j’aurai un lit. » Un sourire fier sur les lippes, il change d’humeur comme de slip — il en a plus beaucoup d’ailleurs. Il cesse de bouger, de remuer. Il est sérieux, la jaugeant de haut, la tête aussi droite que celle d’un soldat de plomb penché. « Tu sais, pour éviter qu’tu fasses des conneries. » Son index railleur, recourbé, il le glisse sur la promette constellée de mèches blondes qui apparaît sous la casquette. Il y dépose le souvenir amer d’une tendresse qu’il a perdu. Il est rêche et cassé Loup. Il fait plus très envie avec ses airs de vagabonds pouilleux qu’on cueille dans les rames de métro. D’habitude il s’fait pas prier pour dragouiller d’la meuf et récupérer un plumard pour la nuit. Avec Elea il a un peu honte qu’elle le voit là, abruti par la bière et la came, vautré dans les entrailles de l’underground du Bronx.
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13684-elea-sanders-maya-step
▹ DISPONIBILITE : Non
▹ MESSAGES : 263
▹ INVESTISSEMENT : 90

▹ AGE : 23
▹ APPART : #1204
▹ TAF : sert du poison aux âmes solitaires (barmaid)
▹ AVATAR : maya


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Mar 6 Mar - 20:54

loup & elea

Elea elle se renferme quand le rire enivré de Loup éclate entre eux, laisse l’amertume se confondre avec la vérité jusqu’à parler à sa place. Con et mort. Pourtant c’est un te penche pas trop qui se lit sur ses lèvres chaque fois qu’il s’approche de trop près des rails et sa main prête à le rattraper s’il venait à tomber. Loup il ne doit pas savoir. Loup il ne doit pas comprendre que derrière les reproches reste toujours cette infime part d’elle qui s’inquiète pour lui. Pour ses affaires qui trainent autour d’eux, pour l’odeur de nicotine qui accompagne chacun de ses gestes et étouffe celle de la vodka sur son chemisier. Alors, elle ne le montre pas Elea, referme ses bras contre sa poitrine et laisse filer l’ironie en réponse à une confession qu’elle ne comprend pas. Elle ne l’admettra pas ce soir, n’écoute pas le manque qui lui supplie d’en reprendre rien qu’un peu. Rien que pour ce soir. « J’en ai marre de pardonner. »  Son absence. Son silence. Elle en a marre de ce sourire qu’il affiche Elea, aimerait lui claquer à la gueule qu’il n’avait pas le droit. De partir. De revenir. Qu’il pionce ici ou ailleurs, elle devrait s’en foutre. Elle devrait partir, remonter les marches qui la sépare des températures négatives et des phares des bagnoles. Mais Elea elle manque de vaciller quand un souvenir oublié se rappelle à elle, ne se dégage pas quand son index vient jouer sur son visage. D’une tendresse oubliée. « Parce que tu crois que j’accepterai ? »  Elle dit non. Sa maladresse dit oui. Les souvenirs se laissent submerger par le manque. Rien qu’une putain de latte. « T’avais pas l’air de t’soucier de mes conneries ces derniers temps. » Elle se raccroche à sa colère Elea, s’agrippe pour ne pas chuter du haut du parking. Pour ne pas céder devant la carcasse qu’il lui présente et qui devrait la faire courir dans le sens contraire. Elle peine à se détacher Elea, fait un pas en arrière presque imperceptible. Laisse un silence avant de reprendre. Ça lui semble durer des heures, tout ce temps laissé à le fixer lui puis les affaires laissées sur le quai. Tout ce temps avant qu’elle ne reprenne le chemin de la parole. « Tu dors où si c’est pas ici ? » C’est une douceur nouvelle qui s’échappe entre ses lippes sans qu’elle ne la maitrise, l’idée abstraite d’une barrière qu’elle fait sauter. Dans le paradoxe d’un pas qu’elle fait physiquement en arrière. La main qu’elle lui tend entre ses mots mais qu’elle a peur qu’il prenne. Elle n’attend rien de lui Elea, peut-être apprendra-t-elle que la nuit tombée il se glisse dans les draps d’une autre. Ça l’étonnerait pas pourtant. Pourtant elle ne sait pas comment elle réagirait réellement. Il a compté. Comme une drogue dont elle se défait difficilement maintenant qu’elle l’a sous les yeux. Elle croit ne rien attendre de lui.
avatar
« toxicomane céleste »
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13522-venu-d-en-bas-j-veux-c
▹ DISPONIBILITE : Oui
▹ MESSAGES : 224
▹ INVESTISSEMENT : 50

▹ AGE : VINGT NEUF
▹ APPART : DORMEUR DU BITUME
▹ TAF : BRANLEUR BOY INTOXIQUÉ
▹ AVATAR : DYLAN RIEDER


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Dim 18 Mar - 13:05
Vaurien de funambule. On ne sait jamais sur quel pied il danse réellement Loup. On peine à savoir si il vous ment, ou si de ses lippes sort une part de vérité. On peine à discernant l’ange diabolique du démon angélique. Tout ce sur quoi on tombe d’accord c’est que c’est un connard fini. Elles le disent toutes. Et Loup ça l’écorche un peu en réalité. De ne pas savoir si ce qu’il fait est bien. Si tirer Elea dans ses filets c’est pour son bien à lui ou pour son bien à elle. Ou pire encore pour son malheur à elle. Pourquoi tu fais ça Loup ? Pourquoi tu veux te faire pardonner alors même que t’as pas dépensé une once de culpabilité. Il veut faire le beau, l’indolent, l’indispensable. Mais il faut bien se rendre à l’évidence et voir que là, il a tout de l’insupportable. « T’accepteras. T’acceptes toujours Elea. » Il énonce fièrement le prénom de sa prétendue copine laissé à l’abattoir. Il l’énonce comme un môme qui maîtrise parfaitement sa leçon. Regarde Elea, que ça dit. Regarde, j’me souviens d’toi. Il fait l’attendrissant alors que ça pulse entre ses veines, quand ses phalanges s’imbriquent sur la joue de la poupée anglaise. Elle qui se défend comme elle peut.  Qui recule sans vraiment fuir, mais qui avance des mots qui parlent pour la souffrance qu’elle cache. Tu fais mal Loup. Voilà ce que l’ivrogne lit dans ses yeux. De la colère sourde, puissante, vive. Il rit plus vraiment Loup, il entend. Il entend ce que le silence du quai ne peut taire. Les mots crus comme les mots muets. Il entend sa propre souffrance. Ses propres conneries. Ses propres idioties. Des conneries. Elle en a fait des belles mais jamais des graves. De qui se fout-elle. Que lui reproche-t-elle au fond ? Loup ne comprend pas. Il ne comprend pas qu’on lui en veuille d’avoir lâché le poison du Parking, de ne plus digérer les rails et l’asphalte. Qu’est-ce que ça peut leur faire qu’il soit allé dégueuler ailleurs ? Personne n’avait envie de voir ça. Personne n’avait envie de nettoyer la bile d’un autre. Ça gronde doucement dans sa cage thoracique. Il écoute, puis regarde ailleurs. « On en fait tous des conneries putain. Et les tiennes valent rien. T’sais pas, tu mesures pas. T’avais pas besoin de t’occuper des miennes. » De l’égoïste au protecteur, on ne sait jamais sur quel pied danse réellement Loup. Peut-être qu’il n’avance même plus. C’est certainement ça. Désormais il est là, planté devant le gouffre et il regarde le sol se rapprocher. « J’dors pas là. » Il enfin son sac sur son épaule, bazarde les cadavres de bières sur les rails. Et rien à foutre des conséquences. Il n’attrape pas la main d’Elea mais son poignet. Cette prise un peu trop ferme qui ne demande qu’une chose — me lâche pas. « J’dors chez toi. »
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13684-elea-sanders-maya-step
▹ DISPONIBILITE : Non
▹ MESSAGES : 263
▹ INVESTISSEMENT : 90

▹ AGE : 23
▹ APPART : #1204
▹ TAF : sert du poison aux âmes solitaires (barmaid)
▹ AVATAR : maya


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Jeu 22 Mar - 23:50

loup & elea

Elea elle a peur de redevenir timide entre ses mains, manque de basculer quand l’écho des quatre lettres résonne dans la bouche de métro. Fragilisée et chiffonnée. Elea elle ne contrôle pas ce visage qui se teinte d’une timidité enfantine et ses yeux qui dérapent bien vite sur un ailleurs. Là où elle n’aura plus besoin de croiser les siens. De ce regard qu’elle n’a jamais vraiment oublié malgré des nuits à déambuler là où personne ne la voit, quelques fois dans des ruelles sombres, souvent sur son toit du monde. Loup il l’assène de coups contre lesquels elle peine à se battre et elle, elle se persuade qu’il en joue, de ce prénom qui danse sur sa langue, de cette caresse oubliée qui lui rappelle bien plus que la tendresse. Lui rappelle qu’il est parti. Alors elle s’enferme dans sa rancœur Elea. Parce qu’elle ne veut pas. Ou aimerait le croire. Parce que les choses ne doivent pas être si faciles. Pourtant elle sait qu’il n’a pas tort, qu’elle ne résistera pas bien longtemps. Qu’elle n’a jamais su comment faire. Elle tangue toujours plus sur ce putain de fil mortel mais pourtant cette fois-ci les rôles s’inversent et Loup n’est plus le héros du conte. Elea elle lui fait endosser le personnage de la chute mortelle, l’attractivité du sol contre laquelle elle se persuade qu’elle ne peut rien. Alors elle suspend sa réponse, puise au fond de son cœur pour retrouver le chemin de son visage et laisse le silence parler à sa place, lui crier tout ce qu’elle ne dit pas. N’ose pas mentir ouvertement en disant qu’elle ne veut pas de lui quand sa maladresse lui rappelle qu’elle n’attend que ça. N’ose pas affronter la contradiction qui la tiraille, là, entre les fringues et les bières. Alors elle se raccroche aux conneries Elea, à ces choses qui avaient de l’importance avant. Mais ça aussi ça tombe dans le vide. « T’as pris cette décision pour moi. Peut-être qu’elles n’valent rien, pas même la peine que tu laisses un mot mais t’avais pas le droit de l’faire comme ça. T’avais pas le droit de décider pour moi. » Parce qu’elle l’aurait aidé Elea, aurait murmuré un fais attention chaque fois que les conneries auraient pris de l’importance. S’il lui avait laissé une chance. Aurait fait un pas en arrière rien que pour se donner l’illusion qu’elle maitrise encore quelque chose. Comme elle le fait quand la douceur s’invite à la conversation, réveillée par ce qui les entoure. Les cadavres qui empestent et pourrissent ce qui reste de bon. Et Loup il décide encore. Et Elea elle ne résiste pas tout de suite, se laisse entrainer jusqu’aux marches. Avant de prendre peur. Elle s’arrête au milieu des escaliers, l’oblige lui à s’arrêter et à la regarder. « J’veux qu’on soit d’accord sur une chose. » Elle sent le vent frais sur son visage, refuse que tout disparaisse quand ils seront de retour à la surface, refuse de le laisser recommencer. « Ça veut pas dire que j’t’en veux pas. J’veux juste pas que tu pionces ici, c’est trop glauque. » Mais là elle ment Elea. Ose, un peu, et succombe à une drogue plus forte qu’elle. Bien sûr qu'elle veut de lui. Autant qu'elle le déteste pour avoir disparu.
avatar
« toxicomane céleste »
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13522-venu-d-en-bas-j-veux-c
▹ DISPONIBILITE : Oui
▹ MESSAGES : 224
▹ INVESTISSEMENT : 50

▹ AGE : VINGT NEUF
▹ APPART : DORMEUR DU BITUME
▹ TAF : BRANLEUR BOY INTOXIQUÉ
▹ AVATAR : DYLAN RIEDER


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Ven 23 Mar - 21:55
C’est peut-être trop sérieux. C’est toujours trop sérieux avec elles. Il voudrait que ça finisse en dérision, qu’on laisse passer sa connerie humaine, qu’on lui pardonne d’être un petit peu con. Qu’Elea ravale ce discours trop solennel, trop t’as-foutu-la-merde-maintenant-t’assumes. Il assume pas Loup. Il assumera jamais. Il en fera de beaux mensonges rafistolés, de belles promesses désabusées. Loup c’est un type qu’il vaut mieux lâcher que croire. C’est un vagabond, un vaurien, un espère de bandit de grand chemin. Faut le fuir quand il vous approche. Elea elle n’a pas fui hier. Et elle ne fui pas aujourd’hui. Elle assène juste des reproches — encore. Prends tes responsabilités Loup, regarde ce que t’as fait, tu peux pas nier, t’avais pas le droit, t’aurais du faire comme ça… Loup aurait du faire autrement. Mais Loup fait toujours comme il l’entend. Loup joue, parie, s’enivre. Ce soir avec trois bières dans le pif, il recommence. A la jouer attachant, vendeur de rêves, bouffeur de charmes. Oui Elea, je t’entends. Il écoute, il acquiesce, fait comme si la leçon était retenue. Il trépigne en bas des marches. Encore des règles, des états d’âme. Il comprend sans comprendre — parce que dans le fond il n’a rien fait. Ni trompée, ni larguée. Alors de quoi se plaint-elle ? De l’absence de mots, de textos, de nouvelles. Loup n’en donne pas. Loup vagabonde, bouffe et s’endort. Et si il se réveille avec vous le lendemain, c’est qu’il était bien crevé. Elle pardonne pas Elea. Elle a la rancune, la rancoeur. Un maigre sourire passe sur les lèvres de l’ivrogne. Aussi glauque que toi et tes idées chelous. Il ne le dit pas. Grimpe les marches, sans approuver — il a compris. « Ça t’excite pas toi les trucs glauques ? » Il a pas pu s’en empêcher, dans un vieux rire d’emmerdeur il zieute la poupée blonde qui le suit maintenant qu’il a pris la tête de l’expédition. Le cadavre sort des catacombes, des entrailles de la terre. Loup par respirer à la surface et ressusciter un peu sa carcasse. A peine sauvé de la gueule des entrailles putrides du métro il fait claquer son briquet pour exploser une Marlboro entre ses lèvres. S’asphyxie avec délectation. « J’pourrais te prendre ta douche ? » Il est poli parfois. Gentil aussi. Ou du moins, il donne le change face à ses conneries.
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13684-elea-sanders-maya-step
▹ DISPONIBILITE : Non
▹ MESSAGES : 263
▹ INVESTISSEMENT : 90

▹ AGE : 23
▹ APPART : #1204
▹ TAF : sert du poison aux âmes solitaires (barmaid)
▹ AVATAR : maya


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Lun 26 Mar - 18:13

loup & elea

Le goût amer de son silence lui revient dans une douceur absente, la fait hésiter quand son regard est distrait par la trace des doigts sur son poignet. Elle n’aurait pas dû oublier Elea. Parce qu’elle le sait elle, qu’il n’y a que le vide sous ses pieds, qu’une fissure qu’elle a rebouchée maladroitement à coup de lattes. Leurs pieds. Qu’ils ont. C’était il y a longtemps. Elle a oublié ce que ça fait que de rechuter, l’herbe qui égorge et abîme. Son pied glisse sur son toit du monde. Son esprit vacille. Elle s’assommera d’un liquide ocre. L’assommera. Elle détestera et lancera des foutues fléchettes en s’imaginant une barbe de trois jours et des cheveux un peu plus longs. Fais chier. Loup fait chier. Tout ça la fait chier. La rancœur et la peur. Pourtant elle ne lutte plus vraiment Elea, se laisse entrainer là où il fait plus froid. Peu importe ce qu’il croit. Elle, c’est ce truc sous sa poitrine qu’elle veut faire taire, ce truc qui parle pour elle, qui fait valser solitaire la rancœur. Ce truc qui l’empêche de retrouver un ancien amant et de se ruiner dans une danse corps à corps. Loup parle et elle n’écoute que d’une oreille distraite. Des nœuds dans l’cerveau, elle remonte les marches et laisse derrière elle le caniveau. « Ça m’excite quand j’ai quelqu’un avec qui les partager. Là c’est pas l’cas. » Et dans sa tête c’est un comprend c’que tu veux qui passe en boucle. Pourtant elle est pas certaine qu’il comprenne. Il n’a pas l’air d’comprendre grand chose Loup. Alors, elle se plait dans des conclusions hâtives Elea, ne sait pas bien si c’est le silence qu’il lui a balancé au visage ou le vent frais qui la fait se renfermer. Briquet claque, la flamme dessinée dans ses pupilles et, elle, elle remonte la capuche de sa veste, cache ses cheveux blonds en profitant de la fumée qu’il laisse derrière lui. Et Elea elle baisse les yeux sur ses converses défoncées, prend le chemin du parking dans un silence pourtant si peu habituel chez elle, y’a que Loup pour l’ouvrir encore. Elle relève la tête curieusement, l’observe lui. « Parce que t’as cru que j’allais te laisser entrer chez moi sans prendre de douche ? Alors que t’as l’odeur d’un clodo qui a passé trop de temps dans le métro ? » Ses mains glissent dans les poches de sa veste, ses doigts jouent avec son téléphone. « Ça t’ressemble pas de demander. » Qu’elle se contente de rajouter plus pour elle-même que pour lui, prenant la tête de la marche dans un soupir. Elle a froid Elea. Elle a la dalle aussi. Faut croire que ça creuse la rancœur. Elle a faim de trop de choses elle, de bouffe, de rancœur, de rêves. De lui. Un peu. Trop. Elle déteste ce sentiment Elea, déteste la rancune et le manque. Alors peut-être qu’elle ne le déteste pas Loup, parce que sinon son cœur battrait pas si fort (si ?), parce que sinon elle ne le guiderait pas jusqu’à chez elle. Jusqu’à cette porte ouverte au douzième restée trop longtemps fermée. Pourtant elle doit. « Mais j’t’emmène pas à l’hôtel, t’attends pas à un bon repas en plus de la douche. » De toute façon elle n’a pas fait les courses. Elle ne les fait jamais. Parce que demain matin Loup ne sera plus là, pas vrai ?
avatar
« toxicomane céleste »
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13522-venu-d-en-bas-j-veux-c
▹ DISPONIBILITE : Oui
▹ MESSAGES : 224
▹ INVESTISSEMENT : 50

▹ AGE : VINGT NEUF
▹ APPART : DORMEUR DU BITUME
▹ TAF : BRANLEUR BOY INTOXIQUÉ
▹ AVATAR : DYLAN RIEDER


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Dim 6 Mai - 12:31
Y’a pas que ses yeux qui se tournent vers le corps d’Elea fragmenté de fumée. Un sourire passe toujours sur ses lèvres de vaurien. On ne change pas une équipe qui gagne. Peut-être qu’il a un peu abusé Loup. Peut-être qu’il mesure pas ce que c’est que l’abandon. Dans le fond il a jamais essayé. Parce que l’abandon ne lui fait plus le même effet que quand il chialait du haut de ses quinze piges. Quand le nonno Vesperi recollait ses membres fracassés à coup de bourrins italiens. Quand Loup s’infligeait le châtiment, qu’il cavalait dans les rues de ce pays trop chaud, pour s’y taillader les muscles. Quêtant la merde comme on cherche à étancher une soif. Il supportait pas d’être laissé sur le trottoir. Et Dieu sait combien de fois ça lui est arrivé. Ça ne justifie rien. Mais c’est certainement la raison du pourquoi aujourd’hui. Loup laisse les gens et pense que rien ne change — il pense qu’ils pardonneront comme lui il a fait, qu’on efface l’absence à partir du moment où l’on rentre au bercail. C’est pas le cas. C’est pas le cas avec Elea. Y’a encore la rage qui suinte entre ses lèvres de poupée. Loup ne se vexe pas. Ou pas trop. Elle n’a pas tord, sa dégaine de clochard commence à lui peser. Son nez se retrousse légèrement, dans une moue de môme piqué au vif avant qu’un rire ne trahisse son état d’ébriété. « Quand j’sentirais bon, t’voudras à nouveau de moi. » Il trace entre les immeubles du quartier, rejoignant le confort du leur. « J’le sais. » Il n’est pas vraiment en état de faire la causette. Les remarques d’Elea mettent du temps à faire leur chemin dans son esprit inondé d’bières bon marché. Il faut qu’il se plante sur le perron pour finalement répondre. Il a cogité tout le chemin, le temps de s’allumer une deuxième clope et de l’écraser sous ses baskets juste au nez des autres habitants. (Ci-gît l’un des nombreux mégots de Loup.) Il a retourné la phrase dans son cerveau défraîchi, annihilé par la drogue et la nicotine. « Hm. » Au début ce n’est qu’un son, puis un haussement grinçant d’épaule. Y’a ses os qui craquent. Ils craquent de ne pas dormir dans un matelas confortable. « J’demande si. J’t’ai demandé à toi si tu voulais finir avec moi. » Il pousse la porte, baissant d’un ton. C’est plus qu’un chuchotement, et si elle s’approche pas, elle n’entendra pas. Il se tourne, le dos contre le battant de la bouche du Parking. Tout le monde dort alors il parle bas. Il a remis sa capuche noire en chemin. Mais son visage est bien dessiné. Sa barbe de dix jours bien abondante. Et sous cet amas de virilité on distingue le sourire de Loup Vesperi. Ce fameux sourire qui dit : j’ai gagné, t’as perdu. « Il m’semble que t’as dit oui. » Ses yeux s’allument, rieurs. Il a pas ri depuis des mois Loup. Il s’est pas senti ainsi depuis des lustres. En franchissant le porche avec sa poupée blonde, Loup n’a dans le ventre qu’un vieux relent paisible de sécurité qui s’invite dans le reste de son corps. Ce soir — peut-être — va-t-il enfin dormir en paix ?
avatar
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13684-elea-sanders-maya-step
▹ DISPONIBILITE : Non
▹ MESSAGES : 263
▹ INVESTISSEMENT : 90

▹ AGE : 23
▹ APPART : #1204
▹ TAF : sert du poison aux âmes solitaires (barmaid)
▹ AVATAR : maya


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Jeu 31 Mai - 23:49
Les mots ont le goût âpre d’une vérité mal dissimulée, un soupir filant entre ses lèvres chaque fois que le rire de Loup se fait entendre dans la ville endormie. Loup se marre. Elea ment. Lui ment quand elle laisse parler la rancœur, se ment lorsqu’elle se rappelle la caresse amusée (ou faussement tendre, elle n’sait plus bien) qu’il a laissé sur sa joue, là-bas, en bas. Dans le trou béant ouvert sur les rails. Loup joue (pas vrai ?). Loup est la ligne blanche. Elea, elle, elle s’épuise entre les hauts immeubles, se fait ombre muette dans la nuit et traverse la rue encore chaude du passage d’une voiture. Elle pourrait fuir, comme avant, comme Loup l’a fait. Courir vite pour oublier les souvenirs d’un ancien amant, du douzième, du toit. L’oublier simplement. Ou, elle pourrait s’accrocher encore un peu, rien que pour voir ce que ça fait, ouvrir la porte et la refermer assez vite pour que lui n’est pas à fuir encore une fois. Mais peut-être que si elle y croit suffisamment elle pourra le détester vraiment, peut-être qu’en fermant les yeux les mots mensonges deviendront réalité. Le détester. Pour être parti. Pour être revenu. Pour faire naitre cette envie en elle. De lui. D’eux. L’espoir éteint de voir renaitre la tendresse d’un été rien que pour un temps. Parce que c’est ce qu’il a été Loup, quelques mois de tendresse égarés dans l’enfer du Bronx (juste ça ?). Mais elle ne dit rien Elea, l’observe à la dérobée entre la fumée d’une nouvelle clope et les hauteurs du parking. Il joue. Il le sait déjà tout ça. Elle le pense. « J’ai dit oui à beaucoup d’choses, mais c’était il y a longtemps tout ça. » Elea elle traine des pieds jusqu’à la porte d’entrée, n’offre qu’à regard à la dérobée avant de fouler le sol vieilli du parking. Elle avait dit oui. Oui à une dépendance, oui à Loup, oui à un été dans ses bras. Elle a regretté les mois qui ont suivi la fin de l’été, a balancé les vieilles photos et a maudit les appels laissés dans le vide. « Pourquoi t’es revenu Loup ? » Ce sont ses yeux qui se tournent vers lui quand les portes de l’ascenseur s’ouvrent, pourtant, elle ne peut s’empêcher de croire qu’à ça non plus il ne répondra pas. Parce que c’est qu’il fait Loup, il ignore et il se marre. Il part sans laisser de nouvelles et réapparait sans en donner.
avatar
« toxicomane céleste »
Voir le profil de l'utilisateurhttp://www.nous-sommes-de-ceux.com/t13522-venu-d-en-bas-j-veux-c
▹ DISPONIBILITE : Oui
▹ MESSAGES : 224
▹ INVESTISSEMENT : 50

▹ AGE : VINGT NEUF
▹ APPART : DORMEUR DU BITUME
▹ TAF : BRANLEUR BOY INTOXIQUÉ
▹ AVATAR : DYLAN RIEDER


MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   Sam 16 Juin - 11:44
Loup n’est qu’un aimant à putes. Il embrasse la cigarette, il bouffe la coke, il lèche le houblon d’la bière. Il enchaîne les vices à la manière des filles qu’il cherche à mettre dans son lit — ou plutôt dans le lit desquelles il cherche à trouver refuge. Y’a des refuges d’une nuit, qui débute aux alentours de l’aurore pour s’achever au zénith du soleil. On remet Loup dehors, comme un cabot qu’on sort à horaires fixes. D’ici un mois, il aura eu le temps de visiter chaque appartement de cet immeuble crasseux. Sans entendre les questions de la gamine, il s’effondre dans l’ascenseur, s’affalant contre les parois, le front plaqué contre le miroir moucheté. Il ne se voit même plus, harassé de fatigue, repus des cadavres de bière qu’il a laissé crever dans la bouche de métro. Il n’a pas envie de répondre Loup. Alors il fait le mort. Il n’a pas envie de dire pourquoi il est là, aujourd’hui. La question est venue trop de fois le déranger. On le pique, on le cherche. Pourquoi t’es revenu bel enfoiré ? Personne ne se réjouie simplement de voir sa face arpenter de nouveau le Parking, personne ne lui demande non plus pourquoi il s’est cassé, qu’est-ce qu’il a vécu là bas, quelle merde il a enduré outre-atlantique. Personne. On s’en carre de la vie des autres. On veut simplement savoir pourquoi il ramène sa carcasse ici-bas, pourquoi cet enfer là plutôt qu’un autre ? Il n’a pas de réponse — pas encore. Il sourit bêtement à son reflet, troué par l’abus. Il sourit simplement à celui d’Elea, qui se morcèle entre les brisures de verre. Le pas lourd, les étages les font monter plus proche du ciel, mais Loup ne sent rien. Il n’a pas senti grand chose ce soir, la gravité nébuleuse l’empêche d’être sérieux, de redescendre sur Terre. Il aborde Pluton, douzième étage, couloir de gauche. Il titube un instant, et s’effondre par réflexe devant l’appartement 1204. Là il se sent presque chez lui. Il s’endort là, devant la porte, le souffle épuré par les vapeurs d’alcool. Il s’endort là. Peut-être qu’on le trouvera là demain matin. Ou peut-être qu’Elea a eu le courage — ou la pitié — de l’éveiller pour le faire rentrer. Il a dormi par terre, il s’en souvient. Mais le reste, il n’a jamais demandé.
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: tu danses et tu t'éclipses // loup   
Sauter vers:  
Partagez | 
© NOUS SOMMES DE CEUX | Optimisé sous Google Chrome et Firefox.
Merci de respecter notre travail, nos idées ainsi que celles de nos membres.