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MessageSujet: nejma tâhir ► Selena Gomez   Mer 21 Fév - 17:49

nejma tâhir
she was a rose in the hands of those who had no intention of keeping her



(NOM) tâhir, les racines saoudiennes qui te suivent jusque dans ton patronyme, tu viens pas d’une nation où on laisse les mômes porter le nom de leur mère, le nom de ton père que t’as donc toujours porté, fièrement. (PRÉNOM) nejma, ça veut dire étoile, en arabe, le dialecte qui coule dans tes veines, le dialecte de tes parents. nejma, l’enfant unique, l’enfant qu’ils ont eu tant de mal à concevoir, t’es leur bénédiction, leur malédiction ; ils pouvaient pas savoir les pauvres, pouvaient pas se douter de l’ironie d’un tel choix, leur étoile qui bien trop tôt devrait rejoindre l’étendue astrale. (ÂGE) vingt-trois ans déjà que t’as ouvert tes prunelles sombres sur ce monde chaotique, vingt-trois ans que t’as poussé le premier cri, lancé le compte à rebours. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) c’était le sixième jour du mois de décembre 1994, sous le ciel de riyad, un jour insignifiant aux yeux du monde, un jour béni pour tes parents qui avaient eu tant de mal à t’avoir, t’étais la survivante, celle qui aura réussi là où les deux bébés précédents auront échoué, incapables de rester dans le ventre maternel plus de deux mois. ils auront pas eu d’autre enfant après toi, pas par manque de volonté mais bien par incapacité, et avec le temps tu te dis qu’il aurait sans doute mieux valu pour eux que ta mère puisse porter une petit frère ou une petite sœur, au moins auraient-ils eu un autre enfant pour se consoler.(OCCUPATION OU ACTIVITÉ) des années que t’enchaînes les p’tits boulots nejma, les p’tits boulots de merde, sans exigences spécifiques, sans avenir spécifique. à l’image de ta vie, finalement. les p’tits boulots dont tu raffoles pas mais vers lesquels tu te retournes toujours, immanquablement, dès que l’argent vient à manquer. en ce moment t’es barmaid, tu viens de commencer sans savoir si ça durera trois jours ou trois mois, mais y a les sous qui rentreront bientôt et c’est bien tout c’qui compte, même si toi t’aimerais bien bosser dans le journalisme, si on te laissait le choix c’est c’que tu ferais, si t’avais les qualifications nécessaires, si t’avais pas arrêté les cours à peine libérée du lycée. (NATIONALITÉ) p'tite poupée qui sillonne le monde depuis plusieurs années déjà, ça fait un moment que t'es déracinée. un moment que t'es aux états-unis également, t'as pas les papiers pour y rester et pourtant tu te gênes pas pour le faire, lorsque t'as, encore et toujours, la nationalité saoudienne. (ORIGINES) c’est en arabie saoudite que tu es née, enfant de la terre dorée et de l’astre ardent. les terres de tes ancêtres, les terres de tes parents, les terres où t’étais supposée rester, te marier, avoir à ton tour des enfants. mais le destin t’as appris à l’envoyer chier, à chambouler ce sur quoi tu peux encore exercer un semblant de contrôle, aujourd’hui cela fait longtemps que tu les as quittées ces terres. à jamais marquée, cependant, du sang arabe qui afflue dans tes veines. (STATUT CIVIL) les hommes dans les lits desquels tu passes et tu repasses, le temps d’une nuit, un instant de vie accordé avant d’en disparaître tout aussi vite. t’as perdu le goût des attaches nejma, t’es légère, volatile, le cœur qui ne s’est plus enflammé depuis trop longtemps, un instant ton regard qui se fait charmeur, l’instant d’après tu t’es évanouie dans la nature. (ORIENTATION SEXUELLE) les hommes, y a bien que les hommes et leurs joues rugueuses, les bras puissants et les torses bien tracés pour susciter ton intérêt, éveiller ta curiosité. les hommes, y a toujours eu qu’eux, hier et demain.  (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) janvier 2018, tu voulais pas toi, tu voulais rester dans tes motels de merde, tu voulais pas déranger, et pourtant il t'y a forcé, il t'a plus laissé le choix jax, parce que y a trop d'trucs pas nets qui s'passent dans les environs, que ces rues elles ont jamais été sûres pour une demoiselle exilée. (GROUPE) de ceux qui vivent.

« j'viens d'une ville où il n'y plus de loi, où il n'y a plus de roi »

(Quand et comment avez vous emménagé au Parking ?) ça doit faire un mois, un gros mois, maintenant, que t'as posé tes bagages au parking. c'est pas comme si jax t'avait pas proposé dès vos retrouvailles de t'accueillir chez lui, hein, seulement sur le coup t'as refusé, tête de bois que t'es, trop déterminée à ne pas l'encombrer, ne surtout pas gêner dans cet appart' qui avait déjà pas l'air très grand sans ta présence. et puis y a eu l'incident. et suite à ça il t'a plus laissé le choix, t'étais sa coloc' sans négociations possibles. ça fait un mois.

(Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ?) l'immeuble... ben, t'as connu pire, nejma. t'as connu mieux aussi, clairement, mais après avoir passé si longtemps de motels en motels, sans vrai foyer, t'es pas fâchée de vivre ici. tu vas pas cracher dans la soupe, tu vas pas mentir non plus, si t'avais le choix c'est ailleurs que tu vivrais, un lieu plus classe, plus confortable, mais même si tu t'y sentiras sans doute jamais vraiment chez toi car c'est l'appart' de jax avant d'être le tien, t'aimes à te répéter qu'au moins c'est vivant ici, qu'au moins tu vois du monde. qu'au moins tu vis.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) une réputation, t'en as pas trop encore, trop fraîchement arrivée pour ça. ben voilà, justement, c'est comme ça qu'on te voit ici, la p'tite nouvelle, le sang neuf qu'on aperçoit de temps en temps aux côtés d'abalhadj, pas tant que ça cependant, car il aime pas trop qu'on vous voit ensemble. t'es cette gamine qui sort pas tant que ça, surtout à la tombée de la nuit, cette gamine à l'air trop fragile, qui fait pas de vagues et qu'a toujours un livre corné ou un vieux calepin au creux de la main. cette gamine qu'on sait pas trop c'qu'elle fait là, personne comprend, pas même toi.

PSEUDO/PRENOM : ada ÂGE : 18 y.o PAYS : france, le sud FRÉQUENCE DE CONNEXION : tous les jours, je pense ? COMMENT AVEZ VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : par une amie dull REMISE EN JEU En cas de suppression, acceptez-vous que votre personnage soit scénarisé ? nope ! (TYPE DE PERSO) inventé (CRÉDITS) tumblr COMMENTAIRE OU SUGGESTION : ça a l'air de gérer par ici :hihi: AVATAR : selena gomez

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Dernière édition par Nejma Tâhir le Mer 21 Fév - 18:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: nejma tâhir ► Selena Gomez   Mer 21 Fév - 17:49

supernova
avant toi, combien se sont brûlées les ailes ?


☆ no one can rewrite the stars ☆


une bombe à retardement. on est tous des bombes à retardement, condamnés à exploser un jour ou l’autre, à faire ses adieux à la terre qui nous a toujours portée. mais toi, nejma, toi t’es une bombe à retardement particulière, à croire que dieu t’a attribué le forfait économique juste avant de te lâcher dans le monde. nejma, t’étais pas encore née que t’étais déjà condamnée à mourir avant tous les autres. ils ont eu du mal à t’avoir, tes parents, les unions sous la couette infructueuses, les fausses couches à répétition, ils commençaient à désespérer de voir le  fruit de leur union rejoindre un jour le nid familial, n’y croyaient pas lorsqu’ils ont vu ton joli minois apparaître dans cette salle d’accouchement. t’étais un beau bébé, les joues rondes et le regard vif sitôt tes paupières ouvertes, ils se pensaient bénis du ciel tes parents, t’ont donné un nom d’étoile, à l’image de la myriade de promesses que tu constituais à leurs yeux.

et puis la désillusion. la nouvelle qui tombe comme un couperet, fait voler en éclats la joie euphorique des jeunes parents en peu de temps, si peu de temps après ta venue au monde. « il n’y a pas trente-six manières de vous l’annoncer… votre fille est atteinte de mucoviscidose, je suis désolé. ». tes parents ils savent alors pas ce que c’est qu’cette foutue maladie, comprennent juste que c’est grave, la voix et les paroles du médecin qui resteront à jamais gravées dans leur mémoire, l’ombre au tableau de ce jour béni des cieux. on leur a tout bien expliqué à tes pauvres parents, la maladie orpheline, incurable à ce jour, les risques et les complications, ton passage limité sur cette terre, le fait que leur bébé à peine né mourrait assurément avant eux. ils étaient dévastés, ils ont bien tenté d’en avoir d’autres des enfants après toi, avec acharnement, sans succès. cette recherche d’un second enfant, c’était même pas pour se consoler, pas totalement en tout cas, tu le sais, ils avaient toujours rêvé d’une famille nombreuse ; pour n’avoir, au final, qu’une gamine à date d’expiration précoce.

ils t’aimaient, tes parents, d’un amour fou, sans doute décuplé par ta fragilité. t’étais leur petite princesse de cristal, leur joyau à jamais fêlé, et cette faiblesse qui était la tienne – qui est toujours la tienne –, qui te faisait passer tant de temps entre les murs austères des  hôpitaux, cette faiblesse ils ont tenté de l’apprivoiser au mieux, tes pauvres parents qui n’avaient nullement signé pour cela. loin de se douter, de ta conception à aujourd’hui, de ce que deviendrait leur précieuse étoile.


☆ 'we're gonna be legends' ☆


jamal. du plus loin que tu t’en souviennes, t’as toujours connu cette petite tête brune, ce regard sombre, et pour cause : vos mères étaient amies, vous n’aviez qu’une grosse année d’écart, le rapprochement était évident. jamal, le meilleur ami, le frère d’une autre mère, celui que tu n’as jamais eu. jamal et nejma, nejma et jamal, on parlait rarement de l’un sans mentionner l’autre tant vous étiez inséparables. toujours fourrés ensemble les gamins saoudiens, les après-midi entières passées ensemble, t’aimais bien quand il venait à la maison, que sa mère le laissait aux bons soins de la tienne. jamal, déjà à cette époque c’était une énigme ce garçon, déjà à cette époque il avait appris à se la fermer, à surtout pas livrer ses secrets. il avait des marques sur le corps que toi t’avais pas, dans ta tête c’était ton frère, vraiment, alors tu saisissais pas pourquoi il avait ces marques dont toi t’étais dépourvue. mais il en parlait jamais, répondait pas aux questions que tu lui posais, au début, et t’as vite appris à respecter ce silence.

nejma, à l’époque toi t’étais encore une petite boule de bonne humeur, la fatigue planante au détour d’une crise, la maladie et les traitements qui déjà t’entravaient, mais t’avais bien compris que pleurer dans les bras de ta mère en attendant la mort ne changerait pas le cours du destin. alors t’étais souriante nejma, le regard brillant et le contact facile, déjà à cet âge-là t’avais cette aura un peu trop charismatique qui t’attirait bien souvent la sympathie des inconnus. t’étais douce nejma, la gamine qui faisait pas de vagues, qui causait déjà bien assez de soucis à ses parents, creusait déjà bien trop de rides sur leurs fronts encore jeunes pour ajouter des emmerdes à l’équation.

sept ans elle aura duré cette amitié, cinq, si l’on compte à partir du moment où vous avez tous deux été doués de parole. sept années de pure complicité, sept années de jeux enfantins, sept années au cours desquelles chacun permettait à l’autre d’oublier au moins un peu les nuages planants au-dessus de leurs têtes. t’as un peu oublié nejma, les années qui ont filé depuis lors, les souvenirs juvéniles qui s’effacent au profit d’autres, plus frais, et pourtant y a des images qui demeurent à jamais gravées derrière tes rétines. les heures passées à l’abri sous un drap tendu au-dessus de vos têtes, tente, château, peu importe, improvisé entre les murs de la chambre, une lampe torche installée entre vous, les histoires racontées à voix basse, sur le ton de la confidence. les jeux et les éclats de rire, même quand vous étiez perdus dans la masse d’enfants ce lien particulier, cette amitié si forte était perceptible entre vous. les rayons de soleil infiltrés dans vos vies monochromes, des années où le bonheur a su clairsemer votre innocence déjà ébréchée.


☆ all we do is sit in silence, waiting for a sign ☆


et puis y a eu ce jour. ce jour de l’année 2002, ce jour comme un autre aux yeux de la gamine que t’étais, ce jour qui ajouterait un nuage de plus au tableau de ta vie. il avait pourtant été précédé de journées, de semaines entières plus heureuses que jamais, ton ami de toujours convié à habiter chez vous pour quelque temps, sans qu’il sache te dire pourquoi, sans que tes parentes acceptent de te révéler la raison d’un tel élan d’hospitalité à l’égard de celui que tu considérais comme un frère. y avait donc eu le bonheur avant le malheur, comme pour mieux te perdre, mieux fragiliser ton cœur balbutiant d’enfant. parce qu’il y a eu ce jour, ce jour où la mère de jamal est enfin reparue sur le pas de votre porte, des affaires plein les bras, a dit au garçonnet de te dire au revoir ; et c’est ce qu’il a fait, vous vous êtes fait vos adieux dans l’entrée de la maison, comme si de rien n’était, comme s’il ne s’agissait que d’un au revoir comme un autre, comme ces fois trop nombreuses où vous vous étiez salués au terme d’une après-midi de jeux pour mieux vous revoir le lendemain. vous vous êtes dit au revoir comme si vous alliez vous revoir bientôt, lorsque vous saviez, dans le fond, que ce n’était pas le cas. parce qu’il était des signes qui ne trompaient pas. la valise que sa mère avait posée à ses pieds. le regard qu’elle portait sur vous deux, sachant pertinemment l’attachement fraternel que vous aviez l’un pour l’autre. les sourires creux de vos génitrices, conscientes d’une réalité qui ne vous échappait qu’à moitié. et c’est là qu’il a à jamais disparu de ta vie, ta petite menotte serrée autour des doigts de ta mère, la sienne au creux de la main de sa génitrice, le dernier regard échangé lorsqu’il a tourné la tête en arrière, dans ta direction, un instant avant de disparaître au coin de ta rue. et la ruelle vide, toi et ta mère, seules, sur le pas de ta porte, la plaie béante du frère tout juste perdu.

au fond, tu savais déjà que jamais tu ne le reverrais. mais tu t’accrochais, continuais de croire avec cet espoir naïf propre aux enfants qu’un jour il reviendrait, p’t-être demain, p’t-être la semaine prochaine ou dans deux mois, mais qu’il reviendrait. parce qu’il pouvait pas être parti comme ça. il avait juste embarqué dans un voyage un peu trop long. oui, c’était ça, c’est c’que tu te répétais parce que ça pouvait être que ça. t’en as passé du temps dans ta chambre, nejma, tes maigres genoux rabattus contre ton cœur, la tête abandonnée sur les rotules, le regard perdu dans le vague. tu souriais un peu moins qu’avant nejma, la joie de vivre que tu t’efforçais de conserver, tu voulais surtout pas qu’on remarque le moindre changement chez toi, mais y avait bien l’éclat dans tes yeux qui avait un peu mouru avec le départ de jamal, et les larmes trop longtemps contenues qui ont roulé le long de tes joues rondes le soir où tu as compris que t’avais à jamais perdu ton meilleur ami.

les mois et les saisons ont passé, dans un néant complet de nouvelles de sa part. et, tristement, mais fort heureusement pour toi, t’as fini par t’habituer à son absence, bien que sa bouille de gosse perdu demeure toujours dans un coin de ta tête, pas assez grand pour qu’il t’obnubile, pas assez petit pour que tu l’oublies totalement. nejma, t’as bien grandi, petite fille est devenue adolescente, t’es arrivée à un âge que jamais on pensait que t’atteindrais, défiant les sombres pronostics de la maladie. t’as pas la vie facile nejma, les passages obligés à l’hôpital dans l’ombre de tes parents, les médocs et les soins peu ragoutants matin et soir, les crises et les coups de fatigues. t’as pas la vie facile et pourtant on te répète souvent que t’as de la chance dans ton malheur, petite étoile bénie que de parvenir à franchir les portes du lycée. t’es restée la même, dans le fond, la gamine positive qui fait pas de vague, t’es une gentille fille nejma, la tendance à te perdre un peu trop souvent dans les bouquins et dans l’écriture, ça fait un moment que t’as commencé, quand il est parti et que t’as appris à combler son absence en t’inventant des histoires. ils sont heureux tes parents, l’inquiétude toujours présente du fait de la mort planant au-dessus de tes épaisses mèches brunes, mais heureux d’avoir une enfant comme toi, calme, plutôt douée à l’école, un peu trop naïve sans doute mais cela ne fait tristement rien, puisque tu ne survivras pas assez longtemps pour être brisée par la cruauté des autres.


☆ sad eyes bad guys mouth full of lies ☆


nejma, tu as aujourd’hui dix-huit ans et le diplôme de fin de lycée en poche. t’as des rêves plein la tête, l’envie de pouvoir exercer tes talents dans la presse, l’idée d’intégrer une école de journalisme ; mais ces rêves t’en parles pas, parce que c’est contraire aux mentalités de ton pays, même chez toi on n’attend pas de ta petite personne que tu te bâtisses une carrière, t’as été à l’école et c’est très bien, papa et maman sont très contents mais il est désormais temps pour toi de trouver l’homme qui désirera te passer la bague au doigt et te faire des enfants avant que la maladie ne t’emporte pour de bon. alors tu les gardes pour toi ces désirs ardents, tu les préserves bien au chaud au fond de ton cœur ces espoirs trop purs pour la société qui est la tienne, et t’engages dans un nouvel été bien trop chaud en terres arabes. l’été de tes dix-huit ans.

c’est là que tu l’as rencontré. isaac, l’américain aux yeux clairs et à la chevelure sombre, isaac, vingt-deux ans et le mal dans les veines. isaac, il t’accoste dans cette ville qui est la tienne, cette ville qui t’a vue naître et que tu connais mieux que nulle autre. isaac, il a le charme exotique, le charme de la nouveauté, de l’inconnu, l’accent ricain à couper au couteau dans les quelques mots arabes qu’il connaît, qu’il t’accorde, la fascination candide pour ces lippes qui déblatèrent à toute allure un anglais que tu ne comprends qu’à moitié et le timbre un peu trop profond de sa voix. isaac il est charmant, plus qu’il ne le devrait, et l’été que tu passes avec lui à errer dans les rues de la ville, à vous cacher pour surtout pas qu’on te voit avec cet étranger, que des bruits courent et parviennent aux oreilles de tes chers parents. vous apprenez à vous connaître, du moins c’est c’que tu crois, parce qu’en vérité tu sais rien de lui, rien de bien concret, mais t’es trop naïve nejma et tu sombres entre ses bras ; et c’est ensemble, sans vous retourner, que vous vous envolez au terme de la saison, la môme bêtement tombée amoureuse du garçon contre lequel ses parents l’avaient toujours mise en garde, la môme fatiguée de ces terres n’offrant aucun avenir à son existence déjà limitée.


☆ you can't wake up, this is not a dream ☆


detroit, décembre 2016. seule dans la chambre d’un motel miteux, t’as le regard perdu vers la fenêtre, les mégots trop nombreux écrasés dans le cendrier à ta droite. t’as le regard perdu vers la fenêtre et tu repenses à ta vie, à ces dernières années, comme dans ces films à la con, si c’n’est que la vie c’est pas un putain de film, en vrai. quatre ans. ça fait quatre ans que t’as quitté l’arabie, quatre ans que t’y as pas remis les pieds. quatre ans que t’as pas revu tes parents. ça te fait pas plaisir, ils te manquent ces deux-là, et tu t’en veux de les priver de la présence de leur fille unique, mais parfois, l’absence vaut mieux que la déception. car ils seraient dévastés de voir c’que t’es devenue, comment t’as envoyé valser l’éducation et la religion qu’ils se sont efforcés de t’inculquer, cette religion dont t’as jamais rien eu à cirer, que tu pratiquais seulement pour leur retirer un souci de l’esprit. quatre ans. t’en as vu des choses en quatre ans, t’en as vu du monde en quatre ans, ce monde que t’as sillonné en long, en large et en travers, entraînée par la main par isaac. vous formiez un couple de vrais nomades, jamais deux mois au même endroit, sans cesse à la recherche de nouvelles aventures. il t’a poussé à les envoyer balader les limites qu’imposait ta maladie, sans que tu saches, avec le recul, si c’était pour toi qu’il faisait ça ou s’il en avait juste rien à faire de te voir clamser demain. terminée la vie sous cloche, la vie dans une bulle aseptisée ; tu l’as laissé te glisser une cigarette entre les lèvres en dépit de ta maladie, en dépit du mode de vie exemplaire qu’elle exigeait de toi, sans doute que tu l’aurais laissé te trancher les mains sourire aux lèvres s’il l’avait souhaité. t’étais amoureuse, nejma. t’étais amoureuse du mauvais garçon, et tu l’as laissé t’entraîner dans les voies des fêtes nocturnes et de tous les vices allant avec, avec pour seul prétexte que quitte à mourir demain, autant ne pas passer à côté de sa vie.

detroit, décembre 2016. c’est le soir de noël, cette fête que tu ne célébrais pas au pays mais qui est sur toutes les lèvres, ici, aux états-unis. c’est le soir de noël, et t’es toute seule dans cette chambre de motel, ton souffle chaud qui ricoche conte la vitre glacée, laisse un nuage de buée sur le verre. tu l’attends. ça fait des heures que tu l’attends, les cheveux emmêlés d’y avoir trop passé les doigts, le maquillage qui a coulé sous tes yeux cernés, et le cendrier plein à craquer. et t’as plus de clopes. le paquet vide que t’écrases au creux de ta main avant de le balancer à l’autre bout de la pièce étriquée, la colère qui monte, allant exponentielle avec la fatigue accumulée, la fatigue trop grande pour ton corps trop faible. tu penses pas, nejma, tu peux même pas te douter que plus jamais il reviendra, qu’isaac aussi il est parti sans laisser de traces, que lui aussi t’as laissé toute seule. il est parti lâchement, sans se retourner, le constat qui te tirera ces larmes trop rares chez toi, parce que t’étais amoureuse, parce que t’avais pas conscience de la toxicité de votre relation, parce que ça te prendra un peu trop longtemps de réaliser que t’es mieux sans lui pour te tirer vers les bas-fonds.

nejma, t’en ressors brisée de cette relation, t’en ressors grandie, également. la gamine naïve profondément enfouie au creux de ton âme, la jeune femme endurcie qui connaît aujourd’hui bien mieux le monde qui l’entoure, sait de quoi il en retourne, a goûté à ses vices. nejma, t’as gardé l’habitude de bouger tout le temps, jamais rester trop souvent dans la même ville, le même pays, la même région. pour subsister t’enchaînes les p’tits boulots de merde, parce que cet argent t’en as besoin, pas seulement pour avoir un toit sur la tête mais pour payer tes soins également, car t’as jamais cessé de te rendre à l’hôpital le plus proche pour recevoir les traitements nécessaires à ta survie, écoutant d’une oreille distraite les remontrances des médecins quant aux substances que tu pouvais ingurgiter. nejma, aujourd’hui tu t’es calmée, tu vis mieux depuis que t’es plus avec lui, tu sais même pas où il est passé, s’il est encore en vie ou pas, t’en as aucune idée et tu veux pas savoir. t’es pas la malade exemplaire, t’as toujours ce paquet de clopes au fond du sac que tu dégaines un peu trop facilement, t’hésites pas à sortir faire la fête dans les bars à la première occasion, mue par cette idée qu’il t’a insufflée et qui restera à jamais gravée dans ton âme : tu peux mourir demain, alors embrasse-la cette vie, embrase-la, t’empêches pas de vivre par crainte de la mort.


☆ where are you now ? was it all in my fantasy, were you only imaginary ?☆


new york, décembre 2017. poupée perdue dans l'immensité de la ville, t'y avais que trop rarement mis les pieds avant ce jour-là, une fois seulement, p't-être deux, à la rigueur, t'avais été émerveillée par la hauteur des gratte-ciels et la vastitude des rues. t'étais là en touriste ; aujourd'hui ce n'est plus le cas. aujourd'hui t'es à la recherche de quelqu'un, aujourd'hui marque peut-être l'aboutissement de mois entiers - six - de recherches. t'as sillonné le pays nejma, à la recherche du garçon qui se cache, qui laisse pas de traces, t'as sillonné le pays pour finalement arriver dans l'une des plus grandes villes des états-unis ; comme quoi. et tu lèves la tête vers le sommet du parking, tu lèves la tête à t'en désosser le cou, le blizzard qui souffle dans tes mèches sauvages et le regard perdu dans les hauteurs. le regard plein d'un espoir trop rare chez toi.

t'as été trop heureuse en l'apercevant sur le pas de la porte, à l'entrée de son appartement. t'as été trop heureuse quoique surprise, forcément, seize ans sont passé et ont marqué le gosse des rues de riyad que tu connaissais comme une frère. t'as été trop heureuse car t'avais enfin réussi à lui mettre la main dessus, que ta détermination avait payé, qu'enfin s'achevait cette course folle à sa recherche. t'as été trop heureuse de le retrouver, jamal. jax, comme il faut l'appeler aujourd'hui, c'est c'qu'il t'a expliqué et pourtant il t'arrive encore de lâcher un "jamal", par inadvertance. il t'a proposé de t'héberger pour un temps, et bien que t'ai trop peu de sous en poche, t'as refusé. car tu voulais pas gêner, et comme t'es trop butée, que lui il insiste jamais trop, vous en êtes resté là. à réapprendre à vous connaître, à distance respectable.

et puis y a eu cette nuit, quelques semaines plus tard. cette nuit où il t'a raccompagné au motel où tu logeais, cette nuit où un emmerdeur comme on en voit trop t'a approché, a tenté d'abuser de ton corps trop faible, d'ordinaire t'arrives à t'en débarrasser de ces répugnants personnages mais pas ce soir-là, ce soir-là t'aurais eu de sérieux problèmes si jax s'était pas éternisé sur les lieux, t'était pas venu en aide. après ça il a insisté pour que tu bouges chez lui, tu pouvais plus refuser alors qu'il en soit ainsi, t'as installé tes affaires dans son appart' au parking, malgré tes protestations il t'a filé sa chambre, et depuis tu vis chez lui. avec lui. une collocation pas toujours évidente, les gosses de riyad qui ont sans doute trop changé, seraient presque méconnaissables, l'un comme l'autre, toi t'arrives pas trop à cerner s'il apprécie toujours la p'tite nejma ou si tu l'insupportes plus qu'autre chose. mais tu sais une chose, tu sais que t'es heureuse de le retrouver, de réapprendre à le connaître peu à peu, car peu importe tout c'qui vous sépare aujourd'hui subsiste votre enfance commune, ce fil rouge qui vous unissait par le passé, vous unit encore aujourd'hui, demeurant incassable.


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Dernière édition par Nejma Tâhir le Mer 21 Fév - 20:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: nejma tâhir ► Selena Gomez   Mer 21 Fév - 19:06
BET ON IT BET ON IT OOOOH HOLD ON (oui merci à ton gif dans la partie joueur Surprised)
bienvenue officiellement FAN
j'aime déjà ce que je lis et des idées vont forcément me venir du coup CUTE
j'te mp dans la soirée je pense du coup HAN :l:
hâte d'en lire plus JAIME
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MessageSujet: Re: nejma tâhir ► Selena Gomez   Mer 21 Fév - 19:18
Un début de fiche intéressant ! Bienvenue parmi nous, on est contents que tu nous rejoignes :)




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MessageSujet: Re: nejma tâhir ► Selena Gomez   Mer 21 Fév - 20:03
@Bax Ó Súilleabháin tu connais les bails toi :kekette: merci à toi, t'es tout gentil, j'attends ton mp avec impatience du coup ! :hihi:

@Isaak Coalman merci beaucoup ! :l:
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MessageSujet: Re: nejma tâhir ► Selena Gomez   Mer 21 Fév - 20:58
T'es belle habibi, toujours en pls de tes fiches ! OMG
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MessageSujet: Re: nejma tâhir ► Selena Gomez   Mer 21 Fév - 22:46
Bienvenue Surprised




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MessageSujet: Re: nejma tâhir ► Selena Gomez   Mer 21 Fév - 23:22
elle est bien jolie ta nejma. MIAOU
hâte de voir ce que vous allez pondre avec jax. JAIME
bienvenue sur dc. damn :l:
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MessageSujet: Re: nejma tâhir ► Selena Gomez   Mer 21 Fév - 23:46
@Jax Abalhadj moh, merci, t'es gentil toi, POTTE (pour une fois... AS)

@Yulian Aleksandrov merci ! :hihi:

@Loup Vesperi merci beaucoup ! HUG et oui, on prévoit de grandes choses, t'en fais pas pour ça SIFFLE
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MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: nejma tâhir ► Selena Gomez   Jeu 22 Fév - 0:06

Validée !
Félicitations, tu rejoins le Parking !

Voila l'étoile de Jax. Ça va finir tragiquement à la Gragory Lemarchal tout ça. MOUSTACHE C'est pas gentil de nous faire ça ! HEIN


Félicitations ! La Concierge a bien étudié ton dossier et a décidé de t'attribuer un appartement au sein de son précieux immeuble ! Il a beau commencer à décrépir, elle l'aime son Parking alors si tu veux un conseil: ne tue jamais personne sur la moquette des couloirs parce que sinon, c'est toi qui va y passer ! En attendant de t'installer, pense à bien remplir ton profil et remplir les champs de la base de donnée ! Voici les liens qui te seront utiles pour bien commencer le jeu:

Listing des Appartements Listing des Voisins
Gérer son compte Créer sa fiche de liens
Listing des Multi-ComptesFaire des heureux
Roulette du RPS'intégrer aussi un peu



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MessageSujet: Re: nejma tâhir ► Selena Gomez   
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