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MessageSujet: les souris dansent (Art)   Mer 14 Fév - 23:46
Cigarette au bout des lèvres, les joues creusées pour faire crépiter les braises, t’attendais sagement dans le noir que la princesse daigne de descendre te rejoindre. Il était tard, les chats étaient allés se coucher, les rats pouvaient sortir danser jusqu’au petit matin.
C’était devenu une petite habitude entre vous, de vous retrouver après le garage pour aller vous perdre dans la nuit tous les deux, troquer les poudres contre les billets verts dans une ambiance connue de vous seuls. Tu n’étais pas certain de l’efficacité de ce joyeux bordel mais…peut-être que tu ne le faisais pas vraiment dans le but de vendre. C’était ce que tu te racontais pour te donner bonne conscience mais tu savais dans ton fort intérieur que c’était plus que ça : tout ce que tu voulais, c’était le retrouver, lui. Art. Bordel de merde. Et t’en avais vraiment envie en plus, de passer du temps avec lui, rien qu’avec lui. Il avait cet attrait sur toi que tu ne t’expliquais pas mais tu ne cherchais même pas à résister et c’est presque tout naturellement que vous aviez commencé à dealer ensemble, rendant vos soirées moins monotones. Tu faisais genre d’assurer ses arrières pour pas qu’il se fasse fracasser mais ça aussi c’était des conneries, il avait besoin de personne quand il arrêtait de jouer à la victime, surtout pas de toi qui ne faisait guère plus le poids que lui si ce n’est que tu avais le diable au corps pour te sortir de tes mauvais pas.
La porte s’ouvrit dans ton dos et d’un coup d’œil par-dessus ton épaule, tu ne tardais pas à afficher un sourire au coin de tes lèvres, soufflant la fumée opaque au-dessus de ton visage alors que le brun te rejoignait, chaudement vêtu pour une nouvelle soirée à vendre du rêve à de pauvres types qui avaient depuis longtemps cessé d’y croire.
« Eh bah, tu t’es touché ou quoi ? » provoquais-tu d’emblée même si vos horaires avaient toujours eu quelque chose de très approximatif.



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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Sam 17 Fév - 11:30
Un regard au miroir, même dégout, même rancœur. Les tissus qui volent, ses mains qui viennent chercher le revers de son haut, ses ongles qui griffent sa peau comme dans un élan de haine, agacé, irrité. Le pantalon qui rencontre le sol, le caleçon qui le rejoint. Il se fixe, les iris fatigués, lasses. Comme si le reflet pouvait parler à sa place, lui balancer toutes les horreurs qu’il se murmure dans le silence. Comme s’il pouvait briser le miroir, le fissurer par millier, le sauver de cette vision qui remplit son cœur de noir, et désespoir. T’es moche. T’es si moche. Le bout de ses doigts frôlent sa poitrine, sa peau brulée, se peau détruite. Les cicatrices qu’il sent sous son emprunte lui contractent la mâchoire alors qu’un espoir de ne plus les sentir se fane parmi tous les autres. Cadavres d’espérance vaine qui jonchent son esprit, alourdissent son cœur comme le plomb. Tu fais peur. Tu devrais tout brûler, brûler ta rétine, te rendre aveugle. La peau est claire comme la neige, et les horreurs visibles comme ses larmes, rageuses, haineuses. Il s’essuie les joues d'un geste brusque, conteste, ses yeux qui se posent sur la baignoire parsemée de moisissures, et de rouille, plus belle que lui alors qu'au creux de sa poitrine, y'a cette envie de laisser place au néant. ça l'attire comme le monde superficiel des drogues le sont pour les égarés. Son reflet ne le regarde plus, l’imite simplement, en silence. Tu fais bien d’être honteux. Tu es honteux. Les points serrés, phalanges blanchies, ongles enfoncés dans les paumes, il rentre dans la baignoire vide, le jet d’eau froide qu’il allume à ses pieds, sourcils froncés, lèvres mordues à sang. Son regard se perd sur la cascade sans âme, ses jambes pliées qu’il ramène contre sa poitrine, ses yeux qui ne regardent plus l’intérieur de ses cuisses depuis des années maintenant. Le dos courbé, le visage posé sur son genoux, les lèvres démunies de bonheur, le regard triste, il hait, et il déprime, le cœur seul, le corps aussi. Il n’en peut plus Art. Un quelconque rapport charnel lui manque, même de simples bisous aux joues, des doigts qui s’entremêlent. Des mains qui s'égarent... Sentir un souffle contre sa peau, caresser un corps masculin pour oublier le sien. Aimer, être aimer. Faire l’amour, désirer. Faire l'amour. Mais comment plaire ? C’est impossible. Il ne plaira jamais. Parce que t’es moche. T’es si moche, Art. Qu’attends-tu, tout seul, dans ta baignoire ? Qu’imagines-tu ? Le prince charmant ? Il a ce dégout qui traine quand ses pupilles s’égarent de trop sur ses genoux bousillés, filent sur ses bras abimés. Il a envie de taper son point contre le béton, faire trembler les murs, crier de rage à ne plus avoir de voix, se révolter, contester, à en perdre le souffle. Tout est injuste, frustrant. Mais à quoi bon sert la guerre si tout est déjà ravagé ? On ne lui accordera pas de retour en arrière, ni un nouveau corps. Il ne peut qu’être témoin des autres qui s’aiment, et se satisfaire d’amis, et de solitude. Amoureuse ou purement charnelle. Se satisfaire d’amis comme Al. Al qu’a une copine, qu’il aime probablement, peut-être le projet de la suivre au bout du monde et de le laisser. Lui. Sur le bord d’une route. Et puis pourquoi il pense à tout ça ? Pourquoi son cœur lui fait mal à l'idée de ne plus jamais le revoir ?

Il a l'excuse de dire qu’il est prévu qu’ils se voient tout à l’heure, qu’il pense à lui parce qu’ils se sont envoyer des messages, qu’il pense à lui comme il pourrait songer à la voisine. Je suis quoi pour lui ? Ça tourne en boucle dans son esprit. Il est quoi pour moi ? Et Alors qu’il règle l’eau, qu’il laisse le jet s’échouer sur son crâne, les pensées divergent, s’éparpillent encore. Il a envie de le voir. Une envie silencieuse et qui semble prendre de plus en plus racines dans sa poitrine déjà trop encombrée. L’envie d’avancer l’heure, ou de le faire attendre. Et pourquoi faire ? Qu’il s’interroge, les réponses qui ne viennent pas et l’imagination rebelle et envahissante, qui vient mettre le bordel, un peu partout. Et s’il attend trop longtemps, est-ce qu’il s’inquiétera ? Un ami le fait, non ? Parce qu’ils le sont pas vrai ? Juste ça. Juste une frontière qu’Art ne connaît pas et ne fait qu’analyser. Rien de plus. Après tout, ses questions sont légitimes, on ne lui a pas donné de guide. Est-ce qu’il pense à lui ? En cet instant ? Au même moment que lui ? L’eau glisse sur son dos, sa poitrine, s’échoue sous son nombril, et l’eau froide le fait sursauter, « merde... », qu’il râle, se redressant pour tourner le robinet.

Est-ce qu’on pense souvent à son ami ? Trop souvent ?

S’habillant à la hâte, les yeux rivés sur l’aiguille des secondes qui fait sa musique, il râle encore, comme si elles seraient plus lentes ainsi, perdant quelques minutes à chercher son téléphone, et puis ses clefs, et enfin la poudre qu’il aimerait ne plus toucher du tout. Parfois il se demande pourquoi il continue de vendre. Et puis il pense au patron, à leurs soirées passées ensemble, ce sentiment d'être protégé du danger... Cette satisfaction de lui accaparer un peu de son temps. Insensé. Enfilant sa veste, un bras coincé dans l’une des manches, il prend une écharpe, et file hors de son appartement, descendant les escaliers trop rapidement, loupant une marche au rez de chaussé, et son cœur qui se casse la gueule. Al est là. A l’extérieur, soufflant la fumée cancéreuse contre le vent froid d'hiver. Art se stoppe dans sa course, essaie de retrouver une contenance, sa veste qu’il met un peu mieux sur ses épaules, les lèvres presque cachées sous l’épais coton de l’écharpe. Son cœur tapant contre sa poitrine, il avale sa salive, adopte une attitude détachée, la même qu’on lui connaît, et ouvre la porte. Au fond, il est bizarrement heureux, pas sûr que le cœur s'emballe simplement par la panique d'être trop en retard. Bien sûr ça ne manque pas, Al le signale mais d’une manière qui le désarme un peu trop, colorant ses joues qu’il cache dans le chaud tissu, appréciant la pénombre du soir. « Je te passe les détails… » il joue, le visage sérieux. Il ne s'est pas touché, il pensait à lui. « On y va ? » pour changer de sujet.


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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Jeu 22 Fév - 0:35
Si tu t’étais vu ainsi, à l’attendre dans la nuit, tu te serais sans doute mis des claques avant de te saisir aux épaules pour te secouer comme un prunier jusqu’à ce que tu te réveilles, que tu te reprennes en main. C’était quoi ce délire Al ? C’était quoi ce truc, de l’attendre au pied de la tour en espérant qu’il ne tarderait pas. Pas parce que tu étais particulièrement impatient mais parce que tu avais hâte de le retrouver et ce malgré la journée passée ensemble au garage. Ça ne te suffisait jamais. Ce n’était que des moments furtifs, quand tu frappais la vitre de son bureau pour lui dire bonjour dans votre code connu de vous seuls, quand vous vous croisiez parce qu’il avait besoin d’une réponse pour un client ou parce que tu avais besoin de passer une commande. Souvent vous mangiez ensemble, rarement seuls. Et c’était ça le problème Al, t’avais envie de le voir, juste lui, juste vous deux. Et c’était terrible parce que tu sentais bien que ça commençait à déconner quelque part là-haut, dans ta caboche trop vide où les neurones s’entrechoquaient par pur hasard. Il était en train de te rendre débile et plus encore quand tu avais l’impression que ce petit jeu, vous étiez deux à le jouer.
Tu l’avais bien remarquée, sa petite manie de se trouver des excuses chaque soir pour que vous vous retrouviez le soir ou mieux encore, que vous vous escortiez jusqu’au Parking avant de repartir dans la nuit comme les oiseaux de mauvais augure que vous étiez. Parfois il prétextait avoir besoin de renouveler ses stocks, souvent tu lui disais que tu avais envie d’explorer de nouvelles plates-bandes mais que tu ne savais pas si vous étiez seuls à les convoiter. C’était des conneries, tu savais très bien qui dealait sur quel territoire, tu ne te montrais jamais trop gourmand quand tu savais que tes concurrents avaient plus de poids que toi. Que des conneries quoi, des excuses pour vous retrouver tout bêtement. Dans le fond, tu aurais aimé qu’un beau jour, vous n’ayez plus besoin d’inventer le moindre prétexte pour vous voir.
Ça ne tenait qu’à toi pourtant, personne ne t’empêchait de faire ce premier pas, de laisser tomber les apparences pour simplement suivre tes envies sans te soucier de conséquences, sans songer un seul instant à ce que signifiaient justement, ces envies. Tu ne voulais pas ouvrir les yeux, tu ne voulais pas comprendre, pas réaliser. Tu n’étais pas prêt encore à te remettre en question à ce point. Pas prêt à accueillir la révélation qui te bouleverserait jusqu’au plus profond de ton être.
Heureusement pour toi, tes pensées n’eurent pas le temps de creuser davantage la muraille de tes sentiments car voilà qu’Art apparut enfin, toujours avec ce même air détaché sur son visage. A croire qu’il s’en fichait complètement. Et pourquoi pas d’ailleurs ? Ce n’était pas un entretien d’embauche, il n’avait rien à prouver à personne et surtout plus à toi. Il était terminé le temps où il croyait devoir t’impressionner. « C’est toi qui traîne ! » te moquais-tu en prenant un air faussement blasé avant de te mettre en chemin, lui désignant la direction d’un mouvement de tête. Tu avais envie d’aller un peu plus loin ce soir, aller explorer d’autres coins, voir si l’herbe était plus verte ailleurs. En parlant d’herbe… « Au fait, je sais pas si t’es au courant mais Jacek, il va arrêter le deal. Enfin, il aimerait bien continuer à vendre l’herbe mais bon, c’est pas ce qui m’intéresse le plus. On en vend pas mal mais c’est pas ce qui rapporte vraiment. Du coup, je demande juste comme ça et t’es pas obligé de dire oui mais est-ce que tu veux refiler tes plans à Jacek et te concentrer sur la vraie came ou tu préfères continuer comme ça ? » expliquais-tu. Ce serait une option, que Jacek soit spécialisé dans l’herbe mais ça, ça dépendait du bon vouloir d’Art et Lincoln, arrêter l’herbe, c’était pour eux prendre le risque de se faire moins de bénéfices. La décision leur revenait donc…



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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Lun 5 Mar - 20:06
Et c’est quoi tout ça ? Pour de vrai ? Que de simples rôles, des mises en scène auxquelles on fait semblant d’y croire, auxquelles on réfute l’idée qu’elles ne soient que des excuses. Des comédies. Où Al attend, Art prend son temps. Où ils dealent ensemble pour ne pas faire que dealer. Où l’un à l’impression que l’autre le protège, où l’autre semble pourtant si désintéressé de l’un. Pourtant il est là, avec lui, rires et sourires, conneries et gamins qui se cherchent. Peut-être pas comme il le faudrait. Peut-être pas comme il le voudrait. Parce que y’a ça aussi. Cette impression de louper un truc, manquer de quelque chose. Cette impression de toujours passer à côté, d’avoir un sentiment de regret et ne pas savoir ce que l’on regrette. C’est comme ci… ils se bourraient d’illusions sans vraiment s’en plaindre, sans vraiment les contredire. Mais peut-être qu’Art est le seul à le voir, à l'apercevoir. Peut-être qu’il se berce lui-même d’illusions. D’illusions sans nom. Que tout est absolument normal, qu’Al l’attend, et que lui l’interprète n’importe comment. Il ne sait pas… Il ne sait rien. Quand il s’approche de lui, il ne sait pas non plus pourquoi il répond à sa provocation, fait semblant d’y être indifférent alors que derrière l’écharpe, derrière la pénombre du soir, y’a ses joues pleine d’espoirs qui se colorent, y'a ses yeux qui se délectent trop des siens, son cœur qui bat trop fort. Pourquoi ça l’intéresse de toute façon ? C’est ce que font tous les garçons. Et puis ce n’est pas lui qui a lancé le sujet après tout… Ou peut-être qu’Al s’en fout tout simplement. Alors Art change de sujet. Puis merde, pourquoi il est si désarmé ? « Parce qu’il y a une heure précise ? » qu’il se défend, provoquant, arrogant, le sourcil arqué, l'air du moi j'ai raison, marchant à côté de lui, se foutant bien de là où ils vont. Tant qu’il est avec lui. Les rues, les trottoirs sales, les angles et coin sombres, tout semble bien moins effrayant quand Al est là, on le regarde plus, on l’ignore même. Et ce qu’il ne peut s’empêcher de croire, c’est que le patron le sait bien, et qu’il est là pour ça. Pour le protéger. Mais ce n’est peut-être que la came qu’Art a dans ses poches qui le préoccupent. Ça aussi il n’en sait rien, et que c’est bien trop probable pour ne pas lui faire un peu mal.

Il y a le silence du soir, sa respiration, les pas de l’autre aussi. C’est peut-être le bon moment pour parler de la vie, « t’étais où avant ? », lui dire qu’il a menti, qu’il n’est pas vraiment un sans abris. Se confier, même de rien, dire qu’il se sent seul, que peut-être lui aussi, se trouver ce point commun là, dire qu’il n’avait plus rien en venant ici, qu’il l’a trouvé lui. Avouer avoir mal, avouer qu’on lui fait du mal même en étant plus là, que ses parents piétinent encore son cœur, que même Orri le lui remplit de rancœur. Lui dire qu’il en a marre, qu’il est peut-être maudit, qu’Al est entouré, à une petite-amie, et qu’Art est un peu jaloux. Parce que lui n’a rien autour, et que Gal ne répond plus vraiment. Mais Al il préfère meubler par les affaires, parler drogue, herbe, toutes ses choses dont il s’en tape maintenant parce qu’il n’est plus si décidé à partir à présent. Alors l’argent qu’il gagne, il n’y touche pas, et ne sait pas quoi en faire. Il pourrait dire qu’il arrête aussi, qu’il vendra ni mondes artificiels ni bouquets d’herbes, qu’il veut bien tout lui rendre, même l’argent sale, que ce n’est pas pour lui, que sans lui à ses côtés, il est perdu, il est apeuré. Que sa présence lui est devenu trop importante. Pourtant, il ne le dit pas ça non plus. Y’aurait plus d’excuses pour le voir sinon. « Oui, je peux lui céder, il n’y a aucun problème… » et il aurait pu fermer sa gueule à ce moment-là, « de toute façon, toi, tu ne vends que de la « vraie came » non ? » comme s’il charge son flingue, qu’il se tire une balle sans même le voir, sans même le sentir encore. La question n’a pas de sens, pas de rapport, c’est juste sa langue qui fourche. C’est juste Art qui veut un peu trop de lui. C'est ce quelque chose qui grouille entre ses côtes, qu'il ne voit toujours pas s'approcher de lui, d’eux.

En fait. Je m'en fous du bénéfice.
Y’a juste cette envie d’être avec toi.

Parce qu'ils sont amis ? Non ?


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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Ven 9 Mar - 8:03
« Pas vraiment » admis-tu en haussant des épaules, l’air nonchalant, les mains fourrées dans tes poches à tourner et retourner ton briquet entre tes doigts. Tu ne mettais jamais la came dans tes poches, par peur qu’on te fouille et peut-être aussi pour éviter qu’un sachet de poudre n’éclate à force que tu joues avec. Tu n’aimerais pas bouffer de l’héro comme ça, sans même t’en apercevoir, en te rongeant les ongles. C’est sûr que l’effet de surprise serait garanti mais pas sûr que tu apprécies le voyage gratuit. Ce serait pourtant pas la première fois que tu serais vraiment high et tu ne pouvais pas dire que tu n’avais pas apprécié ton premier shoot. Tu n’y pensais pas souvent à ce qui s’était passé ce jour-là, tu préférais l’effacer de ta mémoire comme si de rien n’était, dans le déni le plus complet. Sauf que par moments fugaces, tu te souvenais que ça avait été bon, ça avait été si fort et si parfait le temps de quelques secondes avant que tu n’envoies la dose mortelle, celle qui était supposé ne plus jamais te faire descendre des nuages. Tu n’avais pas de souvenir précis de ce qui était arrivé ensuite, quelques flashs des jours qui suivirent mais rien de plus. Peut-être que tu étais parfois tenté d’y goûter à nouveau. Sans le shoot final ?
C’était tentant mais il y avait beaucoup de choses de tentantes dans la vie, ce n’était pas une raison d’y céder sur un coup de tête, n’est-ce pas ? Songeais-tu en marchant aux côtés d’Art, lui jetant un furtif coup d’œil alors qu’il restait silencieux. Tu te demandais bien ce qui pouvait se passer dans sa tête à lui, il avait tellement stone…comme dans un monde parallèle connu de lui seul et dont il ne livrait rien. tu n’étais pourtant pas forcément mal à l’aise avec les silences mais cette fois, tu profitais du calme pour lui exposer ton problème avec Jacek. Evidemment, Art ne fit aucune difficulté, cédant sa part d’herbe sans sourciller. « Ok j’lui dirais, reste à voir avec Lin mais là j’y crois moyen, il a des dollars dans les yeux ce gamin ! » souris-tu doucement. Lincoln, ce gamin sauvage…bah il avait depuis longtemps troqué son pagne de Mowgli pour s’habiller comme un roi et profiter de son salaire comme il se devait. En même temps, il n’avait aucune charge, pas étonnant qu’il se fasse plaisir et il avait bien raison. Bref, le sale gosse pouvait bien faire ce qu’il voulait, il restait définitivement ton chouchou et ça aurait pu te faire flipper, toute cette affection que tu lui portais sauf qu’elle s’arrêtait là. Tu t’étais posé la question l’espace d’une seconde mais l’idée même qu’il puisse y avoir autre chose fut aussitôt réfutée. Pas la moindre trace d’ambiguïté avec lui et ces conclusions te satisfaisaient entièrement. Pas comme avec Art.
La question de ce dernier te fit lever les yeux sur lui mais te haussais vite de l’épaule. « ça dépend où je vais, j’ai toujours un peu d’herbe ou cachetons sous le coude des fois qu’il y a des gamins qu’en veulent mais c’est pas ça qui m’rapporte, moi j’fais surtout l’crack et l’hero, comme ça je me fais pas chier avec eux. En général ils sont en pleine descente ou carrément en manque quand ils viennent me voir alors j’peux faire raquer comme je veux. » racontais-tu avec ce détachement froid qui en disait long sur tes sentiments face à ce que tu faisais. Tu n’avais jamais été tendre vis-à-vis des junkies, ce n’est pas demain que ça commencerait. « p’tain en vrai je crois que c’est pas juste la porte à côté, j’voyais ça moins loin en vrai »



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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Dim 11 Mar - 22:32
Marchant à ses côtés, le froid embrassant ses pommettes, Art égare encore ses pensées dans ces endroits glissants, ça tourne beaucoup autour de son patron mais c’est certainement parce qu’il est à ses côtés. Le seul à ses côtés. Présentement en tout cas. Les mains dans les poches de sa veste, celles de son jean occupées d’illégalité, ses opales bleus se perdent parfois sur ses pieds, sur les arbres qui défilent lentement, sur les passants du trottoir d’en face et il n’a même plus peur de ses capuches inconnues parce que son regard est vite happé par la présence à sa droite. Le patron est quelqu’un de très impulsif, au garage il part souvent en vrille parce qu’il a perdu tel ou tel outil. Il s’offusque vite pour un rien, parfois il jette même les chaises en bois qui trainaient par là. Et pourtant. Pourtant Art ne peut pas ignorer cette sensation apaisante entre les côtes. Cette impression d’être protégé. Il dévie les yeux avant qu’on le surprenne, marchant tête baissée, les dents mordillant ses lèvres cachées dans l’écharpe. Il ne sait pas pourquoi il est déçu de sa prise de parole. Il n’avait juste pas envie de parler boulot mais il suppose qu’il aurait du briser la glace en premier.

Il sourit quand Al évoque Lincoln, pas assez concentré pour échapper un rire. Ils ont l’air bien proches les deux, Art se demande parfois à quel point. Il divague souvent vers ce Badz qu’il ne voit plus maintenant, dont on ne parle pas comme s’il faisait parti des morts. Il se souvient d’une soirée qui avait plutôt mal fini, d’un Badz plutôt proche d’Al. Et puis il y a Mily aussi. Qu’il a croisé à cette soirée poker, cette soirée d'anniversaire, qu’il a reconnu comme la copine d’Al parce qu’elle a souvent gouté à ses lèvres. Alors il ne comprend pas trop où il en est Al mais de toute façon ce ne sont pas ses affaires. Et il ne lui posera sans doute jamais la question. Art hoche la tête à sa réponse, « c’est vrai. Je crois que je n’ai jamais eu autant d’autorité sur les gens… » qu’il rit un peu de lui-même, peut-être que gosse il avait l’autorité sur ces copains avec Mehdi, mais c’est bien loin maintenant. Puis pourquoi il prononce le prénom de ce traitre ? C'est pas le moment de penser à ce connard. Ces pauvres camés mis sur le conversations, Art songe un moment à eux. Parfois, il se dit qu’il devrait les sauver, au moins en leur disant qu’il en a plus, qu’aujourd’hui ils pourraient lire au lieu de mourir, qu’ils pourraient rencontrer du monde, tomber amoureux. Puis il se dit que des dealers, y’en a pleins ici. Que si ce n’est pas lui qui leur donne ces poisons-là, se sera quelqu’un d’autre. Ils sont certainement perdus à jamais ces misérables-ci. Alors il ne dit rien Art, il leur vend de quoi partir dans les étoiles, parfois les mêmes reviennent, parfois les habitués disparaissent. Art, il n'est pas con. Il les a sûrement tué. Mais faut qu’il ramène le fric au patron, faut qu’il voit ses yeux fiers se poser sur lui. Ça vaut sûrement quelques vies ? Y’a pas à dire, Art ou Jared, qu’importe, ce n’était que de la mauvaise graine. Qu’un cœur égoïste qui se donne de jolis airs. Al a l’air si détaché de tout cela, à croire que cela s’inscrit dans une routine à laquelle on ne fait même plus attention. Quand il voit Al si à l’aise avec ces poudres, il se demande s’il n’y a pas déjà été familiarisé. S’il y a déjà plongé le nez, ou offert une ou deux veines. Est-ce qu’un jour ça lui est arrivé de se sentir pathétique comme lui ? Al a l’air pourtant si satisfait de sa vie. « Ne te plains pas, au moins ça nous fait une petite balade ! », il pousse son épaule, sourire aux lèvres. Il ne sait pas trop où Al a décidé de le trainer mais le parking est loin derrière eux. « Ça musclera tes cuisses de grenouilles au moins… » qu’il murmure dans sa barbe pourtant en articulant chaque mot histoire qu’il entende, avant de rire. C’était juste pour l’embêter. Il n’a jamais vraiment observé ses jambes…

Arrivée sur les fameux lieux, il y a quelques lampadaires pour éclairer le béton. Art devient silencieux comme si élever la voix donnerait la parole aux sirènes, énerverait les quelques zombies errants. Il ne s’éloigne pas du patron, il fait pourtant semblant de s’en détacher. C’est comme si les drogués les connaissaient déjà, comme des Messis leur apportant la lumière. Al va chercher la came qu’il a planqué quelque part, Art s’occupe des premiers clients. Son visage caché par la pénombre nocturne, est encore plus froid qu’à son habitude, regard de pierre, émotions abandonnées sur le trottoir. Toujours les mêmes gestes qu’il répète, il ne fait un mouvement avant qu’on lui tende des billets, il fait semblant de compter, il dit que ce n’est pas assez parce qu’il connait les poches des camés maintenant et il sait qu’il y a toujours quelques billets égarés. Il prend le fric, il leur offre la mort, et puis un adieu silencieux. Et ça se répète, ça se répète. Parfois il a le temps d'observer le visage du patron, un peu plus sévère que lui. C’est con. Même quand il fait nuit, Art trouve toujours le moyen de l’observer, déviant à chaque fois le regard quand Al redresse la tête vers lui. C’est con ça aussi. C’est comme s’il assumait pas. « J’ai rien pour toi… » qu’il explique au camé plus fébrile que les autres lui semble-t-il, qui se présente à lui avec quelques billets, un simple coup d’oeil pour savoir qu’il n’y a clairement pas assez. Art fronce vite les sourcils. Il sent une main saisir son cou, la voix de l’autre qui monte en intonation, « passe moi la came j’te dis ! », le gamin serre la mâchoire, sa main qu’il pose sur ce bras étranger peut-être un peu trop fort, les phalanges qui blanchissent, comme les griffes d’un fou. « Dégage… » qu’il murmure, le regard sans nuance, juste noir. Malony lui avait appris quelques coups, il peut lui faire facilement perd l’équilibre d’un coup dans les rotules mais finalement il disparait bien vite au sol, l’inconnu. Al vient de surgir.


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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Jeu 15 Mar - 20:08
Tu n’avais jamais envisagé l’idée d’acheter une voiture ou même ta propre bécane pour te déplacer, tu étais de ceux pour qui la vie toute entière se résumait à un périmètre réduit, sur quelques kilomètres tout juste. Pour le reste, tu avais le métro ou alors, tu marchais. Ça ne faisait pas de toi un grand sportif, tu courais peut-être vite sur un sprint mais sur une course poursuite, tu finissais souvent essoufflé en premier. Heureusement que tu étais rusé et que tu connaissais le quartier comme ta poche. Là où tu comptais aller ce soir en revanche, c’était pas tellement ton secteur. C’était assez risqué ce que tu faisais car si tu connaissais mal le coin, cela signifiait qu’il s’agissait de plates-bandes d’autres dealers et sans doute qu’ils n’apprécieraient pas de vous voir vendre à leurs habitués mais qu’importe. On ne gagnait rien sans rien. Tu te gardais néanmoins bien de le dire à Art, le jeune homme avait beau prendre confiance en lui, tu n’étais pas certain de son assurance tienne le choc confronté à un autre dealer. Toi, tu étais plutôt cool finalement, d’autres l’étaient moins.
Bavardant pour faire passer le temps et peut-être meubler le silence avant qu’il ne devienne trop lourd entre vous, tu racontais un peu ta vie à la colocation, comment tu gérais tes gars. Pour ça, c’était très simple, ils avaient une consigne simple à respecter : chaque semaine, ils te devaient un montant défini à l’avance, le reste, ils voulaient le prendre pour eux. En même temps, leur pourcentage était si bas que ce serait du vol que de leur prendre leurs bénéfices gagnés par leur seule ruse. Non, t’étais pas un salopard avec eux sans quoi, tu te retrouverais vite seul et ça, ce n’était pas le but. Ceci dit, vu la loyauté de chacun de tes gars, tu ne doutais pas de l’efficacité de ta méthode de management. Non seulement ils étaient fiables mais en plus de ça, chacun avait gagné en autonomie et les prises de bec étaient rares. En même temps, Jacek et Lincoln n’avaient pas de quoi se plaindre, ils avaient eu un toit. Ce n’était quand même pas mal comme promotion. Art lui, bah il avait doublé son pourcentage, lui aussi pouvait s’estimer heureux puis il avait gagné autre chose que de l’argent dans l’histoire : il avait grandi. Ce n’était plus une victime maintenant. Enfin de là à parler d’autorité…voilà qui eut de quoi te faire rire. « Ouais enfin autorité… » te moquais-tu de lui. « Tu sais te faire écouter par les moutons, pas par les clebs…m’enfin c’est un bon début. » Les chiens ? C’était les gars comme toi, comme Lincoln aussi. Ces gars sauvages et perdus qui grognaient, abboyaient ou mordaient pour peu qu’on les titille trop. Plus d’une fois tu t’étais comparé à un sale chien, enchaîné à sa niche, prêt à mordre le mollet de chaque passant. Mais maintenant que tu étais libéré de tes chaînes, bah tu te plaignais de devoir marcher. « ouééé ouéé les balades c’est pour les pd. » lançais-tu sans réfléchir, bref, c’était bien pour les autres quoi mais Art n’en avait pas fini avec toi, c’est qu’il te cherchait ! Tu n’hésitais d’ailleurs pas à le bousculer de l’épaule pour le chahuter en réponse à sa provocation.
La récréation fut pourtant de courte durée parce qu’une fois arrivés sur les lieux, tu allais récupérer tes biens avant de désigner à Art un coin qui te semblait pas mal. Tu savais qu’il y avait des refuges pour SDF dans le coin et ça, c’était toujours bon pour tes affaires. D’un signe de tête à Art, tu lui indiquais que tu allais par là-bas, il n’aurait qu’à rester là et très vite, comme des enfants courant après le marchant de glace, les intéressés vinrent à votre rencontre. Il n’avait suffi que d’une seule vente pour qu’ils comprennent tous ce pour quoi vous étiez là. Jouer au père noël. Vous deviez faire vite avant que votre présence ne s’ébruite.
Les ventes allaient de bon train et tu en oubliais presque la présence d’Art qui faisait son propre deal dans son coin mais un regard dans sa direction et ton sang ne fit qu’un tour. « Putain de merde, il est con ou quoi ? » grognais-tu pour toi-même alors qu’Art était en mauvaise posture, les rejoignant en quelques enjambées pour aller donner un coup de genou dans le bas du dos du type. Avec l’élan, cela suffisait à le tordre en arrière sous le coup de la surprise mais tu profitais du moment de faiblesse pour le bousculer d’un coup de poing dans la mâchoire, terminant d’un violent coup de pied dans sa figure, cassant peut-être quelque chose sous l’impact. Pas le temps de vérifier, tu tirais Art par la manche « On s’tire ! » Tu ne le laissais pas le temps de se poser des question, il était l’heure de dégager d’ici et vite.



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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Dim 18 Mar - 16:20
« Ça ne saurait tarder », réponse ambiguë pour les deux, simplement Art qui rit encore, les mots qui prennent des échos dans les heures, dans les jours, le futur qui leur tombera bientôt sur la gueule. Les chiens, les merdeux du quartier, il s’en fout bien, mais l’un d’eux aura la laisse un jour peut-être et c'est lui qui la tiendra. Ça ils n’en savent rien. « Je n’ai pas peur des toutous », qu'il provoque, je n’ai plus peur des clebs, le cœur gonflé d’un trop plein de courage, d’un trop plein de folie, la haine gamine qui tambourine à ses tempes, les yeux d’un Jared qui revient lentement à la vie. Il le laisse aboyé le chien, le pédé qu’il vomit, qu’Art n’écoute pas, plus intéressé par leurs épaules qui se rencontrent dans une chamaillerie enfantine qu'ils connaissent bien. Ça lui arrache un sourire, un rire de gamin fier de sa repartie. La brise de minuit, les réverbères presque endormis, clignotant aux coins des rues, lui donnent ses envies de liberté, de courir pour ne faire qu’écraser le bitume et brûler d’une adrénaline que le rythme de son cœur serait le seul à créer. Ça grouille. Ça lui grignote la cervelle, et Al à ses côtés, ne peut en saisir qu’un regard égaré. Silencieusement les iris s’échouent sur le quartier et ses secrets, les quelques ruelles sombres qui auraient pu le faire flipper. Les mamans ont couché leurs petits, et le gosse orphelin erre dans le noir. Ça fait de mauvaises choses, les mains qui frôlent quelques poudres pour serrer les billets verts, les enfoncer dans les poches, laisser la malveillance bouffer son cœur et ne faire que compter. Vouloir une plus grande addition, se contenter toujours du trop et prendre les autres pour des idiots.

Mais l’autre camé veut échanger les rôles, lui tend un pauvre billet pour acheter de l’or et Art arque même un sourcil. Ses yeux froids se posent sur la silhouette, c’est peut-être qu’un petit merdeux qui n’y connait rien, qu’à quitter un navire de spleen pour se laisser engloutir, ou un drogué qu’a perdu la dureté du réel des yeux pour mourir dans un monde de chimères. Art le recale quand il insiste, mais il insiste encore. La main fébrile qui griffe son cou et Art perd le contrôle quelques secondes. Comme une vague mortelle qui se déclare, l’eau qui s’agite pour tout emportée, sa main s’agrippe à son bras, le serre pour en sentir les os chétifs, y’a cette envie, y’a cette envie. Montrer les crocs pour tout dévorer. Déchirer la peau pour se venger. L'air lui manque, et y'a cette horrible envie. Mais le corps se fane à ses pieds, les doigts qui lâchent sa trachée, il peut enfin respirer. La main sur sa pomme d’Adam, le cœur affolé, les yeux écarquillés se posent sur Al qui vient d’arriver, violent et sauveur. Les coups de pieds qui s’abattent sur son visage, quelques dents qui se cassent au passage. Art reste sans voix, rattraper par cette tempête qui lui glace un instant le sang. Il tend le bras vers lui, prêt à lui dire d’arrêter, qu’il n'a rien fait, il a seulement failli l’étrangler. Mais heureusement qu’il est venu recouvrir ses phalanges d’un peu de rouge Al, parce qu’il a eu peur Art. Peur de ce qu’il a pensé en secret. Peur de cet ouragan qu’est venu tout défoncer. Al se redresse bien vite, « on s’tire ! » crié comme un coup de feu dans les airs, et l’adrénaline explose ses veines. Les pas qui s’accélèrent bien loin de l’ordre de zombies, le souffle déjà court par les émotions successives et dévastatrices, Art se sauve aux côtés de son acolyte, criant aux airs « j’aurais pu me défendre ! » pour la forme, pour la fierté d’homme. Le vent lui fouette les joues, y éclabousse quelques couleurs chaudes, et ses jambes fines et élancés y découpent des ouvertures pour courir toujours plus vite, toujours plus loin. Ça faisait longtemps qu’il ne s’était pas tapé un sprint. Neuf mois en réalité. La peur de se faire rattraper se dissipe avec le paysage qui défile, les minutes passent mais Art ne veut pas s’arrêter. Il veut courir, il veut sentir cette illusion de liberté, cette fougue de jeunesse entiché de frénésie, l’ivresse d’un cœur essoufflé qui le fait sourire simplement, comme revenu à la vie. Al à ses côtés ralentit le pas, mais Art qui le dépassait déjà, lui agrippe le poignet pour l’entrainer encore un peu dans son excitation retrouvé. Ça explose par millier dans sa poitrine, ça fout le feu dans son cerveau. Ses doigts accrochés à son fin poignet, Art ne le lâche pas avant d’arriver dans un parking improvisé par quelques voitures garées à la volée sur des lignes blanches effacées. Il ralentit le pas, le regard fixé sur les étoiles qui lui sourissent par millier de points lumineux que les nuages ne retiennent pas. Il aime bien cette soirée-là. Il a le cœur éveillé, la cervelle endormie. Art, le sourire paisible aux lèvres, se retourne vers son ami. L’observe. Lui et leurs mains liées. Il se racle la gorge, le lâche rapidement avant de se gratter la nuque, regardant ailleurs comme gêné. « Humm… Je crois qu’on l’a semé », qu’il dit, sourire timide avant de fuir son regard, brisant quelques secondes le silence avant de le laisser régner, marchant au milieu des voitures éteintes, laissant ses doigts glisser sur la peinture assombrie par la nuit. Il regarde les carcasses, perdu dans ses rêveries. Et puis il a une idée. Soudainement il se retourne vers Al qui le regardait déjà, la malice au fond des iris, le gamin Jared qui se montre un peu enfin. Juste pour cette nuit de vie.

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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Mer 21 Mar - 8:25
C’était devenu une routine à laquelle tu n’avais eu aucun mal à t’habituer, un rendez-vous nocturne que tu n’aurais pas aimé manquer. Toi qui dealais jusqu’alors sans états d’âmes, la présence d’Art à tes côtés rendait tes soirées plus douces. Il te faisait oublier à quel point tu méprisais ces types qui se traînaient jusqu’à toi, les billets au bout des doigts, la mort au creux du bras. Ils te dégoutaient et tu avais envie de les frapper jusqu’à ce qu’ils se réveillent, jusqu’à ce qu’ils se rappellent que la vie c’est ici-bas sur Terre. Peut-être avaient-ils un enfant qui crevait la dalle à la maison, une famille qui n’avait plus sa place sur la Une, à peine reléguée dans les faits divers. Sérieusement, ça te mettait en rage mais avec Art, tu te sentais comme élevé au-dessus de tout ça. Il avait cet effet apaisant sur toi, peut-être parce que tu ne l’avais jamais vu s’énerver, peut-être parce qu’il ne disait jamais un mot de travers. Il y avait juste ce petit sourire que tu avais fini par voir éclore sur le bout de ses lèvres, ce sourire qui te disait que peut-être, tout ça en valait la peine. Tu t’y étais attaché, dangereusement, peut-être pas comme il fallait d’ailleurs. Tu avais envie de le voir sourire mais ça allait plus loin que ça, tu avais envie de le voir te sourire. Tu avais envie d’être l’auteur de sa bonne humeur, l’instigateur de ses sourires à la fois doux et amusés.
Bordel ce sourire, t’en étais devenu dingue.
Tu en oubliais presque ce pour quoi vous étiez là, tu ne t’étais pas méfié. Ils étaient devenus rares ceux qui essayaient de te chercher des embrouilles, sans doute que tu avais fini par avoir ce quelque chose dans le regard, cette petite flamme mesquine, petite fenêtre sur les Enfers, qui leur criait que tu avais le diable au corps, que t’étais prêt à les niquer salement s’ils osaient te la faire à l’envers. Tu n’étais pas un mafieux du coin, pas non plus connu comme la brute du quartier mais ton nom avait fini par se faire graver d’or dans les esprits. Parce que tu étais devenu le plus fiable, celui qui ne ratait jamais ses rendez-vous et ne venait jamais les poches vides. Et si ce n’était pas toi, c’était tes gars qui faisaient leur travail, calquant leur attitude sur la tienne.
Ça ne marchait pas toujours, Art en fit bien vite l’amère expérience mais il fallait croire que tu veillais sur lui parce qu’en deux enjambées, tu les avais rejoints, frappant violemment ce fils de sa mère jusqu’à le mettre à terre, cognant peut-être un peu gratuitement dans son visage comme guise d’avertissement. Pour lui quand il se verrait dans une glace, pour les autres quand ils le croiseraient dans la rue. C’était un coup cruel et pourtant, rien ne l’était assez à tes yeux pour celui qui avait osé s’en prendre à Art. Sous ton nez. C’était l’excuse toute trouvée, celle que tu clamerais haut et fort quant au fond de toi, ton cœur murmurera qu’il n’avait pas à le toucher, que tu interdisais à qui que ce soit de poser ses mains sur lui. Personne. A une exception près.
Pas le temps d’épiloguer, tu le tirais en t’élançant dans la nuit. Vous ne pouviez pas rester là après ça. Alors tu courrais comme si tu avais la mort aux trousses, filant dans la nuit comme une brise glaciale. Art criait quelque chose mais tu ne répondis pas, pas le temps de faire la causette. Surtout quand il disait de la merde. Ouais bien sûr qu’il aurait pu se défendre, avant ou après que le type ait terminé de l’étrangler ? Idiot.
Puis lentement, tu ralentis le pas de ta course, rattrapé par un Art étonnamment plus endurant. Toi, tu étais taillé pour la vitesse, l’explosion, pas pour la combustion. Et c’est à bout de souffle que vous vous arrêtiez dans un Parking faiblement éclairé de réverbères à la lumière jaune un peu fatiguée. A bout de souffle, tu t’accroupis un instant contre une roue, le gout du sang dans la bouche. « C’était pas lui le problème » articulais-tu difficilement, crachant un peu avec l’élégance dont tu avais le secret avant de relever le visage vers la nuit, laissant un petit rire éclater. « Oh putain de sa mère… » pas besoin d’en dire plus, l’exaltation pulsait encore dans tes veines. Te redressant finalement, tu t’approchais de lui l’air de rien, posant le regard sur lui, pas celui du voyou, ni celui du patron. Juste celui qui l’avait vu se faire agresser, celui qui avait eu peur qu’il lui arrive quelque chose. « ça va ? Il t’a fait mal ? » Je tuerais pour toi Art. La pensée se fracassa dans ton crâne, criante d’une verité brutale et aveuglante. Oui, pour lui, tu ferais n’importe quoi mais dans ton fort intérieur, tu savais que ce n’était pas par amitié. Ce n’était pas juste parce qu’il t’était rentable ou parce que vous rigoliez bien tous. C’était plus que ça. Il était devenu cet oxygène qui te remplissait tes poumons noircis de goudron, il était devenu ton essentiel et tu ne t’en étais même pas rendu compte, incapable de te raisonner face à cette attirance perverse et ces sentiments qui te malaxaient le cœur.
Tu le laissais alors s’éloigner avec peut-être une pointe de soulagement parce que qui sait ce que tu aurais pu faire, toucher sa peau meurtrie, son visage mordu par l’effort, peut-être le serrer contre toi comme pour te rassurer qu’il allait bien, enfouir ton visage dans son cou pour y embrasser les marques rougies, goûter à la saveur interdite de sa peau. Ouais, c’était bien qu’il se soit éloigné et sa voix qui résonnait un peu plus loin te ramena vite à la réalité. « Bien sur que oui ! Envie de faire un tour ? » répondis-tu en chassant le profond trouble qui t’avait pris aux tripes, d’un sourire qui en disait long.



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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Dim 25 Mar - 1:14
T’as le cœur qui bat trop fort, et tu cours dans ce grand corridor comme si la mort te poursuivait, t’en sais rien peut-être que ouais, peut-être que l’autre camé il s’est relevé pour vous buter, qu’il a un flingue qu’il est près à vous viser. C'est pas grave, t'auras qu'à protéger Al. Toi t’as laissé ton arme à ton chevet, t’y as pas pensé, mais tu regrettas pas au moins t’as les pas plus légers. Tu cours, tu cours, tu cours, t’as toujours été bon pour la course, à l’orphelinat y’avait toutes les petites filles qui te regardaient gagner en criant ton prénom. Tu faisais le beau, mais tu t’en fichais en vrai, t’avais déjà le cœur en lambeaux, la cervelle trop jeune déjà pétée, et puis t’étais sûrement malade un peu aussi. Les envies anormales, mais tu faisais rien de mal. T’avais juste pas envie de les embrasser en cachette ces filles-là. Pas envie de ces choses-là. Dans ta course, t’arrêtes même de réfléchir, tu ne vas pas fléchir, t’es prêt à jamais t’arrêter, à courir jusqu’à en crever, y’a juste l’adrénaline qui pulse dans tes veines, le cœur qui tremble, qui s’éveille comme après des années de sommeil. Putain est-ce que tu sens ? Est-ce que tu le sens battre contre tes côtes, t’entends que ça résonne jusque sur tes tempes ? Faut réveiller les vivants, t'ouvres les yeux maintenant. T’as le souffle court, mais tant pis, tu cours. Tu laisses pas Al mourir, tu saisis son poignet, tu le tires, c’est un coup d’électricité, un coup de tonnerre sur cette course linéaire. Et tu le sens ça aussi ? Tu te poses jamais les bonnes questions, t’es un peu con. La vérité Art, c’est cet Al qui te tire quelque part, tu sais pas trop où, tu te concentres sur le frisson qui parcourt ton cou, tu penses que c’est le vent. Mais non. C’est cet Al. Toi tu l’emmènes à ce parking, mais lui où t’emmène-t-il ? Au fond t’as déjà le cœur qui s’emballe pas vrai ? Tu veux juste pas le dire. Tu continues de mentir. Il parait que c’est plus facile.

Tu fixes ton regard bleu sur la belle étoilée, tu sais pas quoi en pensait, d’elle et de lui, lui qu’attire tes yeux, lui qui dit « c’était pas lui le problème », et qui te laisse un peu perdu, t’as les sourcils qui se froncent mais tu dis rien. En fait tu t’en fous de ça. T’as cette envie un peu trop grosse de vouloir parler que d’une chose. T’es essoufflé, tu combles le vide par tes prises d’air, ta tête que tu jettes en arrière. Ça continue à battre trop fort, surtout quand Al s’approche, que tu redresses la tête, que tu fixes son regard asymétrique, que t’as le cœur qui s’arrête pour repartir comme une lumière. « ça va ? Il t’a fait mal ? » tu fais l’aller retour entre son oeil gauche et droit, t’as les cils qui papillonnent, les yeux qu’hallucinent sûrement. T’as pas capté sa question, t’es prêt à lui faire répéter, t’as les neurones qui galèrent, c’est un autre coup de tonnerre. « Euh… Non, non, ça va » comme mécanique, tu paniques, tu poses ta main sur ton cou parce qu’il ne le fait pas lui, tu vérifies rien, t’es perdu en réalité. Tu sais pas trop ce que ce regard disait. Tu t’éloignes. Tu fermes les yeux, c'est toujours ce que tu fais de mieux. Tu disparais au milieu des voitures, tu fais trainer tes chaussures, t’as le regard perdu dans le vague, tu croises ton reflet sur une vitre de bagnole, tu te demandes une réponse, ton miroir ne dit rien. Ça voulait dire quoi ce regard ? T’en sais rien. Tant pis. C’est peut-être rien d’important, c’est peut-être juste ce palpitant qui s’emballe trop bruyamment.

Y’a peut-être de la poudre dans l’air, peut-être que l’autre camé t’as fait un autre pète au casque mais c’est ce que t’as décidé ce soir. De ne faire qu’exister. Avec lui à tes côtés, c’était pas fait exprès. Pas vrai ? Tu rencontres à nouveau son regard, t’as presque les jambes qui fléchissent. Putain ça devient dur de mentir. Al il comprend vite, il revient sur terre avec un sourire que tu n’arrives pas non plus à identifier alors tout ça c’est sûrement la faute à la lune. Elle éclaire mal. Peut-être que tout à l’heure t’as juste rien vu, tu t’es fait des idées, peut-être qu’il s’en foutait, qu’il venait simplement te taquiner. Faudrait fuir, ça devient dur de ne pas faiblir. Tu lui souris en retour, un peu perturbé, un peu égaré, envie de faire un tour ça sonne comme un rencard, tu tournes le regard, tu fais semblant de rien, d’aller bien et puis tu montres les voitures d’un coup de main, « tu choisis laquelle ? » peut-être que certaines sont plus faciles à voler que d’autres, t’en sais rien toi, tu sais juste que tu franchis les limites, celles que tu t’es mises, tu fonces dans le mur, et même lui t’es prêt à le briser. Tu te fous de tout ce soir. A une exception près.


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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Dim 25 Mar - 12:52
Les émotions étaient foule ce soir alors que vous repreniez à peine votre souffle après avoir couru comme des diables à travers la ville, fuyant un ennemi invisible. Peut-être que vous en aviez simplement besoin pour vous vider de ce trop plein de quelque chose stagnant depuis bien trop longtemps. Ça faisait longtemps pour toi du moins. Il s’agissait bien là la preuve que tu avais imperceptiblement évolué dans le quartier, tu n’étais plus un animal de fuite. Tu étais le requin qui nageait lentement à travers l’océan, ignorant toute menace. Tu n’oubliais pourtant pas qu’il existait bien plus dangereux que toi mais depuis la mort d’Ario, plus personne ne t’avait plus inquiété. Sans doute parce que tu te cantonnais à tes propres plates-bandes. Contrairement à ce soir.
Tu étais pourtant loin de penser à la menace alors que l’air peinait à gonfler tes poumons crasseux, tu pensais juste à l’adrénaline du moment, exaltante, libératrice. Tu en oubliais presque ce qui vous avait poussé au repli mais un regard sur Art à tes côtés te rappela qu’il avait payé cher ton excès de confiance. Tu t’en voulais d’avoir laissé ça arriver, peut-être pas de l’avoir amené pour autant. Egoïstement, tu avais envie de l’avoir auprès de toi, envie de toujours voir ce petit sourire sous les yeux, ce petit sourire qui te faisait croire que vous étiez rois du monde tant que vous étiez ensemble. Qu’à vous deux, l’univers vous appartenait, comme une pause avec la réalité. N’était-ce pas un peu le cas finalement ? C’était clairement ce que tu faisais en ce moment, tu laissais tout en plan juste pour le rejoindre lui, trouvant toujours d’excellentes excuses pour justifier que tu en ais envie, tout simplement. On te voyait beaucoup moins à l’appartement, tu rentrais toujours beaucoup trop tard et Mily ? Mily devait sans foute faire défiler tes photos sur son portable pour se souvenir de ton visage. Tu refusais pourtant de penser à elle en ce soir. Tu ne voulais pas être assailli par ce sentiment de culpabilité, tu ne voulais pas ternir la soirée en te rappelant que ce que tu faisais n’était pas bien.
Tu excellais dans l’art du déni, feignant ne pas voir les problèmes, ignorant délibérément ce que tu n’avais pas envie de voir. Et pourtant, tu avais beau détourner le regard, elle était bien là, celle t’éclatait à la figure, cette attirance sortie de nulle part, t’éclaboussant de sa peinture honteuse. Tu avais presque l’impression qu’elle t’en colorait les joues dans l’obscurité de la nuit, sous les feux jaunâtres des lampadaires. Parce que bordel, t’avais beau te mentir, te la raconter, tu savais très bien quelle pensée t’avait assaillie alors que tu le regardais trop longtemps, trop intensément. Et ça n’avait pas été une petite pensée fugace, ce n’était pas juste un flash disparu aussi vite qu’arrivé. C’était là, ça te tordait les tripes et tu luttais de toutes tes forces pour pas avaler la distance entre vous, t’entrechoquer à lui et lui montrer à quel point tu avais besoin de lui, besoin de le savoir heureux, en vie, sain et sauf. Mais pas que, ce n’était pas seulement la voix de l’inquiétude qui s’élevait, c’était un grondement sourd qui bourdonnait dans tes oreilles, dans ta tête, dans ton cœur et dans ton corps tout entier. Un murmure mesquin qui te soufflait que c’était Art. Art dont tu avais envie. Pas comme un ami. Pas comme un collègue. Tu le voulais tout entier, toucher à sa peau meurtri, goûter à la saveur de sa peau et brûler sous la chaleur de ses lèvres. T’en avais envie comme jamais et pourtant, tu t’arrachais à lui, reculant d’un pas.
Ça te crevait. De rester. De partir. Surtout de partir.
Tu ne le suivis pas quand il s’éloignait, profitant de ce répit pour essayer de faire le vide dans ta tête, chasser loin de toi toutes ces pensées terribles qui t’envahissaient de plus en plus fort lorsqu’il se rapprochait de trop près, tu t’interdis d’articuler mentalement son prénom, refusait de laisser la vérité prendre racine dans ta conscience. Et quand sa voix s’éleva d’un peu plus loin, tu pensais que ça irait. Que c’était passé. La blague. Tu tendis simplement la tête pour voir où il était passé, souriant malgré toi à la perspective qu’il venait de suggérer, l’air de rien. Envie de faire un tour ? Si tu t’écoutais, tu partirais à l’autre bout de la planète pourvu que cette soirée ne s’arrête jamais. Il en avait envie oui. Art qui voulait monter à bord, qui voulait bien laisser ta magie opérer, se fichant bien de braver cet interdit-là. Ça avait quelque chose de grisant. T’inquiète pas Art, laisse-moi t’épater. Tu vas comprendre pourquoi j’aime tant les voitures. Voilà ce que tu avais envie de lui dire. Viens avec moi. Trois mots que tu brûlais de lui dire, dont tu espérais qu’il comprendrait le vrai sens, celui que tu n’osais admettre, celui qui signifiait beaucoup plus qu’une simple balade. Au lieu de ça, tu ne dis rien, préférant bâillonner ton esprit qui partait sérieusement en couille ce soir, ton précieux couteau entre les doigts. Ton regard balayait le parking et tu t’approchais finalement d’un modèle pas trop récent, pas trop sophistiquée. « Celle-là » annonçais-tu en t’en approchant. Tu avais déjà crocheté une voiture de ce type, ce ne serait pas trop compliqué. « Surveille les parages s’te plait » demandais-tu avant de te mettre à niveau, te mettant à l’ouvrage avec les gestes précis de ceux qui savaient ce qu’ils faisaient.



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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Dim 25 Mar - 23:21
T’as le cœur qui se casse un peu la gueule, la raison et l’irrationnel qui s’engueulent. Quand tu t’en vas prêt des voitures, à regarder tes chaussures, y’a ta cervelle qui fait de la censure. Tu sais pourquoi. Dans le fond. Tu peux t’en prendre qu’à toi. A vouloir trop rêver, à exagérer, à vouloir être important, de le penser fortement. Important. Pour n’importe qui que tu dirais sûrement. Ouais. Surtout pour lui en vrai. Tu lèves tes prunelles sur les étoiles belles, belles comme ce quelque chose qui  vous perturbe tant. Tu te racles la gorge comme pour replacer tes idées correctement, mais les indisciplinées font les arrogantes à créer des scénarios qui te tentent. Oh, mais il ne faut pas les dire. Ce ne sont que des délires. Tes doigts qui viennent jouer avec la peau de ton cou, la main de l’autre zombie que tu sens encore sur toi. T’as peut-être failli mourir, l’air qui te manquait, mais c’est peut-être le choc. De ça t’en pense pas une seule seconde, trop absorber par ton monde. T’arrives même à sourire, les yeux éclairés de cette lueur de gamin assoiffé, Alwin serait certainement énervé. Mais devine quoi. Ce soir, il n’est pas là. Dans ta tête. Dans ton cœur. Y’a que lui et son odeur de cigarette écrit au marqueur. Putain. Tu y tiens à cet « ami ». Tu y crois à tes excuses pourries. Ta course t’as libéré, t’as un peu lavé et puis t’as complètement le cerveau bousillé aussi. Ça ira mieux demain, le rêve sera fini.

Mais là t’as juste envie de prendre sa main, que jamais ce ne soit fini.

Tu veux pas que la lune bouge, tu veux que tes joues rouges restent dans la nuit, à jamais avec lui. Parce que là, juste en cet instant, tu te sens tellement bien, c’est presque affolant. Y’a Jared dans ton ombre, qui lentement revient de la pénombre. Y’a un départ ce soir. Tu sais pas encore de quoi, si ça fera mal ou pas, mais tu t’arrêtes pas. Le coup de feu a été lancé, et Alwin disparait lentement dans le passé. L’interdit, cette nuit, tu veux le vivre, tu veux encore sentir l’adrénaline, t’en rendre ivre, qu’elle devienne ton héroïne. Et pas besoin de te justifier, pas besoin d’expliquer. Al est là. Comme toujours. Il te comprend sans détour et ça agrandit ton sourire même s’il est troublée par la bordel de ta cervelle. Putain. Al, qu’est-ce que t’as que je n’aime pas ? Comme une claque au visage, ça fait un carnage. Non. Non, c’est pas possible. T’as pas pu poser cette question. Aller, encore une fois tu fais le con à faire semblant de rien, ton regard aérien sur les voitures, Al choisit l’une d’elle, un peu vieille, il s’y approche, le couteau entre les mains. Art… T’es pas obligé de le coller à ce point. Tu hoches la tête à sa requête, « yes ! », les yeux que tu dirigent déjà vers les alentours, difficile d’y voir quelque chose sans le jour. Puis de toute façon il est bien tard, et dans le brouillard du soir, tu penses croiser le regard de personne. Que nenni. Le destin ne l’a pas choisi ainsi !

Quelques minutes passent, le temps que tu te tracasses, que tes yeux partent sur la lune quand tu penses encore trop à une tête brune, et puis on te sort de ta torpeur par un vadrouilleur qui passe par là. Oh merde. On fait comment là ? « Al… » qu’Art murmure, ses yeux qui guète le venu, et le voyou derrière lui qui continue. Bon. Il faut réfléchir. Ok, non pas le temps pour la réflexion. Donc tu agis. Quand l’inconnu s’approche de trop prêt vers vous, tu attires le visage d’Al vers toi, sauf que le patron est accroupi, et que toi tu te tiens droit. Ton idée ? Ta main sur le crâne d’Al, tu l’entraines jusqu’à toi, jusqu’à ton bassin, ta main qui se crispe sur sa tête, ta paume qui descend jusqu’à sa nuque pour pas qu’il se recule, ta tête paniqué qu’essaie de paraitre normal lorsque tu croises les yeux de l’étranger. Moment de solitude. Il te regarde bizarrement le garçon, peut-être qu’il échappe même un « sale pd ». T’es tellement con. T’as le cœur qui tambourine, l’air à mille à l’heure dans tes narines. L’autre s’éloigne, y’a ta main qui se détend sur sa peau. Et puis tu sens son nez... .

T’as envie de te gifler.

Tu le repousses brusquement en arrière, ton dos que tu colles sur la voiture derrière toi comme si tu venais de te bruler, les joues cramées, tu le fixes, complètement affolé. Putain mais qu’est-ce que tu as fait ?! T’as complètement merdé. « Je. Je-Je suis désolé… Je, il arrivait et t’as pas répondu quand je t’es appeler alors j’ai paniqué et il approchait tu vois alors j’ai pensé, enfin non ! J’ai pas pensé justement … Merde, je suis désolé… Euh », les yeux qui glissent n’importe où en quête d’une prise parce que tu tombes en plein dans le vide, sur ton calme, tu perds l’emprise, les lèvres que tu mords pour empêcher d’autres conneries de sortir. Tu te grattes la tête, en regardant un peu plus loin, l’envie de disparaitre, t’arrives pas à mettre de point sur toutes les phrases que défilent dans ta cervelle, tes jambes veulent filer mais t’es bien trop désemparé. C’est juste irréel.

T’as
Pas
Fait
ça.

C’est juste impossible. T’es soudainement mal à l’aise dans ton jean, tu sais plus où te mettre, tu lui tournes le dos, à continuer de faire le guet comme si ça pouvait te sauver. Art, putain, tu trembles. Tu viens te frotter les yeux, t’es peut-être juste en train de dormir, de rêver trop près des cieux, à penser à ses soupirs. Tu plaques ta main sur ta bouche. Non, non, non. Putain Art concentre-toi merde ! Al derrière, a fini ses magouilles, et toi avec la lumière lunaire, tu vois ses yeux clairs, t’as peur d’y rencontrer une embrouille. De toute façon t’arrives même plus à le regarder dans les yeux. « Ah tu as fini, cool », tu parles pour rien, t’essaie de noyer ta gêne. Tu fais le tour de la voiture, t’aimerais devenir une miniature, Al t’ouvre la portière, « il manque plus que les bières ? » Non. Non dis pas ça, juste ferme ta gueule. Alors tu prend place simplement, tu tournes pas une seule fois la tête vers lui. Tu te racles une nouvelle fois la gorge timidement, les yeux fixés sur tes mains, un peu fuyant, avant de venir te ronger les ongles pour… te donner une constance ? Tu perds toute confiance.

Art, tes émotions sont beaucoup trop intenses.


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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Mar 27 Mar - 23:46

T’allais faire quoi, s’il ne s’était pas éloigné ? hein ? Tu allais continuer à le fixer comme si tu le découvrais pour la première fois après des mois d’aveuglement le plus complet ? Trop stupide pour voir ce qui était juste sous ton nez ? Ou pire ? T’allais oser avancer la main vers lui ? réduire l’espace entre vous pour aller le guérir d’un bisou magique ? T’étais con ou quoi Al ? C’était quoi ces conneries qui te spoliaient la tête, pire qu’un pétrolier éventré en plein océan, noircissant ses rivages de sa poix dégueulasse. Un peu comme tes pensées en ce moment même. Le truc, c’est que tu n’arrivais même plus à te souvenir à quel point tu détestais ça, le dégout que tu t’inspirais n’était rien comparé à l’envie que tu avais eue, de lui. Bordel de merde. Lui. C’était ça tout le problème. Ça aurait pu tomber sur n’importe qui mais il avait fallu qu’il s’implante dans tes songes, lentement mais surement, pire qu’un cancer. Et t’en crèverais, t’en était certain. Tu crèverais de le vouloir, pas comme un ami, comme un tout qui ne laisserait rien une fois réséqué. Ça te tuait parce qu’avec son sourire timide et sa coquille dont il peinait à émerger, il avait foutu un bordel monstre dans ta tête, dans ta vie. Et le pire, c’est qu’il n’en savait rien. T’avais presque envie de lui crier dessus, de le secouer, de lui gueuler dessus pour qu’il se serve un peu de sa cervelle, qu’il lève le nez de ses livres et voit en toi ce que tu ne savais pas dire. Ce que tu n’avais pas droit de demander, parce que c’était pas toi. Parce que c’était dégueulasse, parce que tu n’étais pas une putain de tapette. Parce que plein de choses. Mais rien d’assez dissuasif apparemment. Quand t’avais une idée en tête, tu ne l’avais pas ailleurs.
Tu ne fis pourtant rien de tout ça. On t’avait pourtant connu plus incisif mais ce soir, tu ravalais tes pensées désordonnées au même titre que tu tentais de te débarrasser du goût du sang dans ta gorge. Secrètement, tu lui en étais reconnaissant d’avoir trouvé une diversion et tu te mis rapidement au travail, profitant de sa présence pour te décharger de la surveillance. Ce soir, il serait tes yeux.
La serrure te donna pourtant plus de mal que tu ne l’aurais imaginé, elle ne cédait pas et tu étais obligé de l’éventrer littéralement. Tout concentré que tu étais, tu ne l’entendis pas murmurer ton prénom alors quand tu te sentis soudain tiré de côté. Surpris du mouvement, tu manquais de te retrouver par terre si tu ne t’étais pas maintenu à la première chose qui te tomba sur la main, à savoir sa cuisse. Sauf que c’était bien ton dernier souci alors que cet enfoiré venait de te coller le visage à son entrejambe comme si tu… oh bordel ! Dans un mouvement reflexe, tu tentais bien de te dégager mais sa main sur ta nuque t’en empêcha. Dans le feu de l’action, tu n’avais pas vraiment compris pourquoi il avait fait ça. Non, tu n’étais pas trop en état de réfléchir là tout de suite, déglutissant en te promettant que tu lui casserais la gueule juste après ! Ah ouais c’était certain, il allait regretter ça, pour quoi il te faisait passer là ? Il ne voulait pas non plus que vous vous enculiez sur le capot après ça ? Combien de temps aviez vous gardé la position ? Une seconde ? Une vie ? Assez pour que tu passes par tous les états, depuis la colère jusqu’à cette peur viscérale d’être pris pour ce que tu n’étais pas. Assez pour que tu te sentes réagir par cette main sur ta nuque, cette position qu’il t’imposait. Sa proximité. Putain, il n’avait pas l’impression de sauter quelques étapes là ? Tu avais eu envie de l’embrasser, pas de le sucer merde ! Et pourtant, quelque part dans ta tête, l’idée s’y inscrivit, te réchauffant plus que nécessaire, plus que tu ne voulais bien l’admettre.
Et d’un mouvement brusque, ce fut terminé. Toi le cul par terre, déséquilibré par le mouvement. Lui contre la voiture, comme choqué par son propre geste. Putain il pouvait l’être ! Il fut le premier à briser le silence, se confondant d’excuses pitoyables et toi, tu te sentais littéralement cuire par la honte, retrouvant bien vite refuge dans ta colère alliée. Celle qui étouffait toutes tes autres émotions. Surtout celles trop mal assumées.
Sautant sur tes pieds, tu te sentis comme obligé de rétablir les rôles, le remettre à sa place alors que ça faisait bien longtemps que vous n’aviez plus de statut bien défini. C’était par pure vengeance, piqué dans ta fierté toute machiste, tu t’approchais de lui, la position menaçante, par pure intimidation. « Toi fais gaffe à c’que tu fais » menaçais-tu, le visage juste en face de lui, ponctuant ta phrase d’un coup de tête que tu arrêtais avant l’impact. C’était débile, juste une réaction puérile pour le punir de ce qu’il avait provoqué en toi mais tu changeais assez vite d’attitude, allant lui tapoter la joue d’un drôle de sourire. « Je finis par déteindre sur toi » ajoutais-tu en te reculant, repensant à la fois où tu avais fait le même coup à une voisine qui avait eu besoin de se faire couvrir face à la concièrge. Tu avais eu la même foutue idée. Sauf qu’elle, ça ne lui avait rien fait du tout. Toi si.
Heureusement pour vous, il te restait à terminer d’ouvrir cette foutue bagnole et cette fois, elle ne te résista plus alors tu allais lui ouvrir la portière avant de prendre place derrière le volant, te raidissant un instant vers l’arrière pour extraire ton paquet de clopes froissé de ta poche, tirant une cigarette de ce dernier. Elle était bien méritée celle-là et dans un reflexe, tu lui tendis le paquet. C’était bête, tu savais pourtant qu’il ne fumait pas mais il apprendrait, ou non, que fumer, ce n’était pas seulement fait pour s’encrasser les poumons, c’était surtout un puissant déstressant. Il fonctionnait sur toi en tout cas alors que tu te plongeais sous le tableau de bord pour dévisser ce dernier. « T’es quand même un niqué dans ta tête Art, tu l’sais ? »



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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Sam 31 Mar - 18:46
Bien sûr. Fallait qu’il fasse le dur, à se relever comme un détraqué, à s’approché pour sauver la fierté. Bien sûr. Fallait qu’il vienne presque frapper son front au tien, à remplir son regard de colère, les sourcils froncés pour bien montrer qu’il est vénère. Tu recules simplement le visage, t’oses pas vraiment croiser son regard, tu préfères te mordre les lèvres et déglutir. T’as un peu peur, c'est vrai. Tu l’avais jamais énervée la bête, tu pensais même la calmer parfois. T’étais bien idiot de penser ça. T’es comme tous les autres Art, t’as pas ce pouvoir-là en plus. « Toi fais gaffe à c’que tu fais », tu te colles à la voiture, t’essaies de lui échapper, t’as l’impression que les poings vont s’abattre sur tes joues, tu sais pas vraiment si tu les as mérité mais promis, tu l’as pas fait exprès. Tu hoches la tête simplement, tu restes bien silencieux c’était ce qui marchait le mieux. Avec Alwin. T’as le cœur qui chavire, la confiance qui vire, cette sensation horrible de faire un bon en arrière, dans le passé, et dans le présent. L’impression de te retrouver face au tendre danger d'il y a longtemps, l’aura dominante et l’odeur du tabac, et l’impression qu’Al t’échappe un peu aussi, que tu tombes bien bas. Que t’as tout fait foiré. Mais qu’est-ce qu’il a de si cher à tes yeux pour avoir peur de le perdre ? T’en sais rien, tu veux pas savoir pourquoi. Et puis tu comprends pas non plus la situation qui prend des virages, à foutre dans ton cerveau un peu trop de carnage. Al te tapote la joue de ses doigts, tu fronces les sourcils… Quoi ? Les cils qui papillonnent, l’incompréhension sur ton visage, tu le laisses se reculer sans rien dire encore, le corps qui tremble presque, et soudainement tu retrouves un peu d’air.

Puis c’est une tonne de questions qui te tombe sur la gueule.

C’était quoi ça ? Ce regard brûlant ? Ce sourire déstabilisant ? Ça voulait dire quoi ça ? Cette réaction stupide comme s’il fallait se convaincre ? Toi, tu ne voulais pas le blesser. Mais passer pour un homosexuel, tu ne pensais pas que c’était si rabaissant. Tu le prends peut-être un peu personnellement et puis peut-être aussi, qu’au milieu de ta poitrine ça se casse un peu la gueule, ça s’effondre de millier d’espoirs en lambeaux. Pourquoi t’es soudainement si déçu ? Pourquoi t’es soudainement si perdu ? Alors tu ne le regardes pas plus, l’air désolé, l’air peut-être blessé. Tu t’en veux. Puis tu lui en veux. Art, pourquoi ça te met si mal ? T’as cet arrière gout amer d’être descendu sous terre. C’est juste en cet instant qu’enfin tu comprends que le regard qu’il pose sur toi, tu y tiens beaucoup trop. Tu prends une grande inspiration quand tu fais le tour de la voiture, que t’as la main sur cette foutue poignée que tu as peur d’enclencher, les yeux sur tes chaussures. Qu’est-ce qui t’attends dans cette bagnole ? Rien à priori. Mais les riens avec vous, ils étaient toujours remplis de trop de choses. Tu t’installes en silence, comme s’il ne fallait pas éveillé l’animal sauvage qui dormirait juste à tes côtés, timidement tu lèves les yeux vers lui, il te montre son paquet de cigarettes, et faut encore que tu lui répètes, « non merci », dans un simple murmure qui montre encore beaucoup trop de choses. Tu sais pas où te mettre, et lui à l’air si à l’aise. Pourquoi toi ça te chamboule, ça te fait presque trembler, et pourquoi lui ça lui fait rien ? Pourquoi tu t’attendais à ce qu’il ait une quelconque réaction ? T’as fait ça pour ça ? T’as collé son visage contre ton membre pour voir s’il allait rougir ? Putain, Art, t’es bien le seul à rougir maintenant. Et puis tu as l’air bien stupide. Al en se baissant vers le tableau de bord, reprend la parole quand toi tu restes muet, tu l’observes se baisser, tu détailles peut-être un peu trop sa nuque. Putain, tu dois avoir de la fièvre pour être si bizarre ce soir. Après un silence, tu réponds, « ...et ça te dérange… ? » que tu demandes doucement. Est-ce que tu veux savoir la réponse ? Tu continues à te mentir, à te dire que tu t'en fous.

Non pas du tout. J'aime bien.
C’est la réponse que t’aimerait entendre.


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MessageSujet: Re: les souris dansent (Art)   Lun 2 Avr - 0:47
T’avais comme l’impression de devoir te défendre de quelque chose alors que tu sautais sur tes pieds, venant l’acculer contre la voiture, l’intimidant de ta parade de cobra, l’infectant du venin de tes paroles. C’était plus fort que toi, comme un vieux relent dont tu ne savais te défaire et encré si profondément que son geste t’avait fait l’effet d’une agression. Mais ce qui te mettait réellement en rage, ce n’était même pas ça, ce n’était pas d’avoir été mis dans la position. Non, ce qui te mettait hors de toi, c’est l’effet que ça te faisait. Tu ne l’avais pas vue venir, tu la connaissais pourtant cette sensation de chaleur qui venait t’irradier lentement le bas-ventre, tu savais très bien ce qu’elle signifiait mais toi, tu préférais ne pas comprendre. Tu ne voulais pas admettre ton attirance pour lui. Tu te refusais à la considérer, la prendre au sérieux. Naïvement, tu essayais de te convaincre que ce n’était rien, que par amitié, tu lui trouvais toutes les qualités du monde, que c’était normal. Ça ne l’était pas putain ! ça n’avait rien de normal de penser à lui avec ces pensées-là, encore moins d’être bandé rien qu’à l’idée que peut-être, tu pourrais l’avoir en bouche. Tu te donnais envie de vomir d’avoir de telles pensées, d’avoir ne serait-ce osé que l’imaginer. Pire encore, de sentir l’excitation te gagner par cette image ! Et quelque part dans ta colère, la panique prenait lentement le dessus. C’était pas possible merde, tu pouvais pas faire ça. Tu pouvais pas te faire ça…
Et dans le tumulte de tes émotions brutales à souhait, le tourment de tes barrières les plus coriace, il y avait Art. Juste devant toi, visage tourné, le regard baissé. Tu n’avais pas réfléchi, t’avais agi comme s’il était le seul responsable de ta détresse, tu avais rejeté toute la faute sur lui comme tu savais si bien le faire. Mais il était là, devant toi, si piteux et désolé, prêt à s’évaporer pour ne plus jamais avoir à te regarder dans les yeux. Il était la, si près de toi et tu n’avais plus du tout envie de le frapper, juste celle de te rapprocher de lui et lui demander toit bas ce qu’il avait fait de toi. Qu’il n’avait pas le droit de te rendre dingue de lui. Pas comme ça. C’était interdit. C’était sale. Et pourtant, tu crevais d’envie de lever tes bras autour de son visage et séparer ces quelques centimètres pour lui expliquer que dans ta tête, il t’avait foutu en vrac.
Peut-être bien que tu levais une main pour le faire, ton geste se transforma en quelque chose d’un peu étrange, un tapotement condescendant. Tu souriais mais tu hurlais intérieurement. T’essayais de sauver les meubles, tirant le frein à main dans ta folle course à la destruction, tu tentais le tout pour le tout pour sauver votre relation si spéciale, toi qui pourtant détruisait allègrement tout ce que tu touchais.
Dans ton naufrage, tu tentais le tout pour le tout, t’éloignant de lui pour retrouver ta tête pourtant partie bien loin, remplissant cette dernière de conneries pour faire baisser la tension, calmer tes ardeurs et trouver moyen de te faire pardonner de ton faux-pas. C’était compliqué tout ça à la fois mais pour lui, tu étais prêt à faire des efforts. Tripoter les câbles t’aiderait à oublier momentanément, tu ne perdis pas une seconde pour te mettre au travail, sentant l’incendie s’éteindre lentement, la panique te quitter. Ne restais plus que ta sincère envie de te faire pardonner, lui redonner le sourire même si tu savais que ce soir, tu allais ramer pour retrouver le semblant de légerté que vous connaissiez ces dernières semaines. Tu tentais d’en rire, pour te détendre, pour le détendre lui aussi. Pas certain que ça marche mais tu relevais légèrement le nez vers lui à sa question, baissant à nouveau ce dernier pour essayer de camoufler ton sourire. Il n’était pas feint celui là, ce n’était pas de la comédie. « Nan du tout. J’aime bien » avouais-tu, loin de te douter que tu avais trouvé la bonne réponse. Au moins une fois dans ta vie. Et comme pour te féliciter, le moteur choisit cet instant précis pour démarrer, ronronnant sous vos pieds comme une promesse que la nuit, à l'instar de votre relation, n'était pas terminée.



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