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MessageSujet: Run away - Nero & Gary    Mer 7 Fév - 12:34
Boom… Boom…

D’un pas lent, je monte. D’un pas lent, mes jambes portent ma carcasse alourdie par cette perpétuelle torpeur harassante ; véritable sangsue se nourrissant de mon énergie, pourtant nécessaire pour insuffler la vitalité dont Rob a besoin. Je ne dois pas fléchir. Je ne peux pas faiblir. Mentalement, physiquement, il me faut redoubler d’effort, constamment. Pour ne pas le lâcher. Moi qui m’agrippe à l’unique branche restant, si fragile ; notre ultime chance de regagner les terres de notre Eden mirifique. Portant le poids de nos deux corps, de nos deux âmes fragmentées. Main dans la main, à le maintenir fermement, autant que possible, qu’importe la douleur, tandis que nous demeurons ainsi, à pendre au dessus d’un vide, d’un gouffre abyssal. Je suis responsable. Rob a si longtemps été le seul à s’occuper des fondations de notre couple, alors que je ne cessais de les fissurer, que je n’ai pas d’autres choix que d’en assumer les conséquences ; les rôles se sont inversés, et c’est à moi, aujourd’hui, d’assurer la stabilité de notre quotidien. Pour l’aider. Pour l’épauler. Pour le sauver.  

Cinquième étage.

Je m’arrête un instant pour souffler. Putain d’ascenseur ; ce n’est pas la première fois qu’il s’avère bloqué. Haletant, je m’adosse un instant contre un des murs poussiéreux de cet immeuble maudit. Les traits tirés, encore assailli de vertiges, de sueurs froides. J’ai tant de mal à m’y faire. A accepter de troquer le confort et la quiétude de notre précédent cocon romanesque, pour cet amas d’effluves répugnantes et fétides. Il ne s’agit pas même du sordide à travers lequel je peux m’exalter, non. Ignominieux, infâme ; le mauvais sale, parsemé d’ordures prolétaires grouillant en ces lieux pestiférés. Je les ai en horreur, bordel. Ces gueux, ces clodos, ces putes, ces soulards, toxicos… ce quartier épouvantable, au milieu duquel Rob aura grandit. Le simple fait qu’il ai autant insisté pour y retourner, lui qui a passé toute sa vie à le haïr, résulte des effets désastreux délirants du poison brun qu’il consomme. Et j’en peste, putain. J'enrage, de savoir que ce bâtiment héberge la source de cette foutue descente aux enfers. Oh, je le sais. Je le sens. Et ce n’est qu’une question de temps, avant que je ne mette la main sur ces petites saloperies ; bras droit du sommeil éternel.  

Je m’avance, recommence à monter les escaliers pour atteindre le sixième. Le bruit d’une porte s’ouvrant résonne alors, sans que je n’y prête réellement attention, jusqu’à ce que j’entende deux voix masculines et reconnaisse l’une d’entre elles aussitôt. Rob. Je me bloque ; coupé dans mon élan. Mine froncée, suspicieuse, tandis que je reste ainsi, à écouter discrètement.

— … j’t’assure, mec ! Demain, sans faute…
— T’as intérêt. L’homme reprend à voix basse, me poussant à tendre l’oreille ; c’est la dernière avance, Millz. T’avises pas à t’foutres de ma gueule.

Quelques secondes de silence, avant que la porte ne se referme. Et, nom d’un chien, je réalise. Il ne m’en faut pas plus pour comprendre. La gorge qui se noue, la pression qui m’attaque. La hargne. Une haine viscérale bouillonnant, me tordant tripes et boyaux. La goutte d’eau, qui fait déborder le vase. Ma langue vient nerveusement racler l’intérieur de ma lèvre inférieure ; poings serrés, toisant le vide tandis que j’entends le type se diriger en ma direction. Par réflexe, je me mets à fouiller dans mes poches, feignant un individu quelconque cherchant ses clés. Mais plus l’enflure se rapproche, plus la tension taillade mon sang-froid. Deux mois que nous sommes installés, deux mois que j’attends de tomber sur un de ces miséreux insectes venimeux.

Le voilà descendant. Mon rythme cardiaque accroissant. L’on se croise, et mon regard se relève tandis que le sien reste baissé. Effet dynamite. Je ne peux pas… ne rien faire. Je ne peux pas… le laisser. Crispé, tendu, tremblant sous le joug d’une férocité sans mesure, je me retourne alors. Lui, déjà un étage en dessous. Et c’est sans réfléchir ni penser que je me décide à le suivre ; le pas rapide, tout en laissant une certaine distance pour n’éveiller aucun soupçon. Mais plus nous descendons, plus j’accélère ; hors de question qu’il me passe sous le nez. Troisième… deuxième… premier… rez-de-chaussée. Il sort avant moi, je me dépêche ; dehors, sur le péron, à quelques mètres d’écart.



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MessageSujet: Re: Run away - Nero & Gary    Mer 7 Fév - 17:06
T’es pas un monstre. Putain, t’en es pas un.
Mais tu vas refaire la gueule de ce type de suite et sans lui laisser le temps de comprendre ce qu’il lui arrive. C’est comme ça, fallait pas te chercher, surtout en pleine nuit : d’habitude les dealers sont discrets, ils savent y faire pour ne pas emmerder les voisins des toxicos qu’ils fournissent. Faudrait pas que quelqu’un appelle la police, faut baisser le regard et rester correct.
Quelques petites choses élémentaires qu’il n’avait visiblement pas retenu de ses leçons à l’école de la racaille bronxienne ! Parce que cette enflure t’a non seulement foutu son poing dans la gueule quand tu l’as bousculé dans les escaliers, mais il a eu le bon ton de foutre un tel bordel que ces enculés de voisins ont fini par appeler la police. Résultat t’as passé la nuit au commissariat alors que lui s’était débiné, juste pour expliquer à deux uniformes sans cervelles que oui, t’avais un casier, que oui t’étais libre et que oui, t’avais peut-être mal réagi dans cette rampe d’escalier. T’étais sincèrement désolé d’avoir dû encaissé son coup dans la tronche et que la prochaine fois, t’essayerai d’être discret. Non, t’avais pas frappé en retour. Non tu n’avais pas brisé ta conditionnelle. Et non, tu comptais pas te venger.
T’étais pas à un mensonge près.

Alors ce salopard, t’avais son visage en tête gravé à l’encre noire et quand tu l’avais vu entrer dans l’immeuble, t’avais sagement attendu en bas. Serrant les poings et rongeant ton frein. Comme tout pêcheur, tu savais quand il fallait ferrer ta proie et t’avais aucune envie que quelqu’un appelle de nouveau les flics, parce que cette fois-ci, s’il devait brailler, ce serait pour une excellente raison ! T’attends, tête rentrée dans les épaules, appuyé contre le mur d’entrée à regarder les quelques passants d’un air morne : t’as la tête des mauvais jours. Ce qui t’arrange car ainsi personne ne t’approche. Et personne ne viendra foutre le nez dans tes affaires.
Bordel, t’es pas un monstre mais t’en ricanes d’amertume quand tu te rappelles la tête des deux flics qui ont regardé ton dossier sur l’ordinateur. Ils se sont ensuite adressés à toi comme on s’adresse à toute bonne petite racaille des bas-fonds : le mépris suintait dans chacun de leur mot et ils avaient des regards qui t’avaient déjà condamné. Quelques lignes sur leur écran et t’étais devenu moins qu’un homme face à eux : une notion que tu connaissais mais qui te faisait toujours aussi mal à encaisser. Il n’y avait guère qu’en taule que cela revenait à te montrer un minimum de respect : à l’extérieur, tu subissais de nouveau une déshumanisation radicale et répugnante.
Pour le seul fait d’avoir dû subir cela de nouveau, ce type allait manger ses aliments en soupe pour le reste de sa vie. Tant pis pour ses clients, ils n’auraient qu’à se trouver un autre dealer : ça ne manquait pas dans le coin.

La porte s’ouvre, il sort en prince, fier comme un con : il se croit en terrain conquis l’animal. Il fait quelques pas, sort sa cigarette : ta grande carcasse se redresse et tu ne remarques même pas la deuxième silhouette qui le suit de près que tu t’avances vers lui.
- T’as du feu mec ?

Il tourne son visage vers toi et ses yeux s’agrandissent de surprise quand il te reconnaît : c’est bien, il a une bonne mémoire, ça pourra lui servir plus tard pour éviter de croiser ton chemin.
T’esquisses un sourire mauvais et tu lèves le poing : il s’écrase sur sa gueule dans un craquement sinistre. Rien de bien méchant, il a dû perdre une dent…. Et toi, tu viens de regagner ton honneur.


....
C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases.
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▹ TAF : Professeur d'art dramatique et directeur/propriétaire de ma propre école de formation théâtrale, à l'abandon. Je ne travaille pas en ce moment pour m'occuper de Rob ; ma priorité.
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MessageSujet: Re: Run away - Nero & Gary    Ven 9 Fév - 21:57
Centimètre par centimètre, l’écart diminue.

Boom… Boom…

Le pas lourd, l’adrénaline attaquant l’intégralité de mon organisme. Regard fusillant, fixe, tandis que l’excrément ne se doute de rien, devant. Vendeur de poison sans remord, probablement suivi par une horde d’entités spectrales cherchant à tout prix leur quiétude chimique éphémère, et ce même après avoir trépassé. Ces dealers ; moisissure s’incrustant à travers nos normes sociétales, accélérant notre processus de décomposition commun. Je les vois, ces bleus. Je les vois, ces croûtes, ces cicatrices. Sur ses bras, ses mains, bon Dieu, ses mains... gonflées, rougies. Ses veines bouchées, saccagées, l’obligeant alors à piquer ailleurs, attaquer d’autres endroits, accroître le risque. J’essaye. D’être présent, un maximum. Quand bien même si il ne veut pas, quand bien même si il me repousse. J’essaye, oui. D’être à ses côtés, lorsqu’il se shoot. Pour l’assister, pouvoir l’aider, si il s’esquinte. L’aider, bordel. A s’injecter son produit assassin. Car l’empêcher n’sert à rien, si ce n’est à l’accabler plus encore. Si ce n’est qu’à augmenter ses envies de planer, alors… pour lui, j’endosse le rôle d’infirmier. Pour lui, j’en viens parfois à l’enfoncer, cette aiguille. Quand ses tremblements lui font louper ses prises ; le faisant saigner, pleurer et entrer en crise... sous mes yeux remplis d’épouvante, poignardant mon coeur, cisaillant mon âme d’une brutalité assommante. Le pire étant que je n’peux exposer ma souffrance ; ravalant mes hurlements, mes sanglots, ma révolte, mon chagrin sous un masque se voulant solide, un déguisement assuré, vaillant, qui se doit de l’être assez pour deux, ouais… double dose de force à fournir. Double dose de douleur à subir.  

Alors putain, je suis prêt à risquer ma peau. Prêt à me faire tabasser, me mettre le quartier à dos. J’m’en branle. J’m’en contre carre le cul, pourvu que ces charognards s’éloignent de Rob. Ma peur d’être la cible de malfrats n’est pas aussi colossale qu’est celle de perdre ma raison d’exister. Alors je tremble. Mon coeur se déchaîne, mais j’m’en fout. Je vais l’attraper. J’vais t’choper, saloperie. Je….

M’arrête.
 

D’un seul coup, net. Hirsute, essoufflé. Contemplant la scène, désarçonné. C’est rapide. Un type, une marmule ; beaucoup moins grand, mais costaud, bien plus costaud que je n’le suis. Il frappe. Fort. L’autre tombe, KO, strique. Les iris grandes ouvertes, hébété, desserrant progressivement les poings sous le joug de la surprise ; je me trouve à proximité, peut-être deux mètres, à peine. Nez à nez, sur la ligne de mire de la brute épaisse. Sonné, je déglutis. Immobile, figé. Aussi impressionné qu’apeuré. Car si l’autre gringalet n’avait décidément rien pour lui, la carrure de celui-là suffit à me bloquer. L’image. Vite, pense à ton image. Redresse-toi, le dos droit, voilà. Tête haute, gueule fermée. Raclement de gorge, comme si de rien n’était. Comme si je ne venais pas de me chier dessus à l’instant ; reste à espérer que le type n’ai rien vu.  

Sourcils légèrement arqués, glissant les mains dans les poches de mon pantalon, me voilà flânant vers lui à travers une toute autre démarche que la précédente ; feignant un calme et un naturel condescendant. L'autre misérable, toujours à terre.

— Mh… lèvres courbées, hochant quelque peu la tête, j’arrive, me poste à côté du chien de garde ; toisant le rat crevé au sol. C’était… relevant la caboche pour capter les pupilles du baraqué, c’était un joli coup.

Ton pondéré, presque flegmatique.
Une nouvelle fois, je contemple son travail ; la raclure tentant difficilement de se relever. Lorsqu’il semble pouvoir s’accroupir, je le pousse, tel un pestiféré, du bout de ma godasse de luxe.

— Ho, loupé ! J’me marre, tourne la mine vers l'inconnu avant de regagner aussitôt mon sérieux. Hum…
Enf… enfoiré ! t’es.. t’es qui toi ?! Qu’il se met à grogner, tenant sa mâchoire d’une main en s’aidant à ramper à reculons de l’autre.
— Personne. Mais si tu reviens ici, il t’en remettra une, dis-je alors, pointant de mon pouce le boxeur, sans même me soucier de lui ou de ce qu’il pourrait bien trouver à dire.



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MessageSujet: Re: Run away - Nero & Gary    
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