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MessageSujet: Each other - Nero & Nimue   Mer 27 Déc - 22:44
T’es assis là à fumer tranquillement, comme toujours. Une sale habitude, des barreaux invisibles qui semblent te clouer chaque jour qui passe à ce maudit trottoir. T’en es pas encore réduit à lever la main pour quémander, mais cela ne saurait tarder. Non pas que l’argent manque vraiment, t’avais un peu de côté et t’as bossé en taule, ce qui t’a assuré un peu de menue monnaie pour ta sortie, mais t’as plus le goût de rien ni l’envie de te lever de ce fichu coin pour aller faire quelque chose de plus productif. Alors quitte à rester ici un moment, autant en faire quelque chose.

Et un jour, un mec viendra te demander comment tu veux pour la nuit et tu lui casseras la gueule avec un plaisir non dissimulé, celui de la Bête qui sort les crocs pour mieux croquer de nouveau dans la vie. T’espère même que cela arrivera : on t’a déjà fait les pires saloperies et humiliations du monde, alors celle-là ou une autre, tu t’en fiches. Mais cogner te manque réellement : c’était l’un des meilleurs avantages de la taule, là-bas cogner relevait du sport national.

La cendre de ta clope échoue sur le macadam et disparaît dans l’humidité que la dernière averse y a laissé : ta grande main se relève et tu la passes sur ton visage fatigué à ne rien faire, rien exprimer. Plus d’émotion de ton côté, tu es vide de tout : à vrai dire, entre ici et la taule, tout ce qui a changé, c’est la qualité du matelas. Et l’absence de coups faciles. Faut payer ici, c’est déjà plus chiant. Tu commences à avoir l’habitude des mini-jupes – le vêtement qui tue en plein hiver – des gonzesses et les slims bien trop moulants des minets qui défilent dans la rue, bien plus affairés que toi tu ne le seras jamais. Tu en as vu défiler, tu les vois encore et tout ce que tu arrives à ressentir, c’est qu’ils sont bien trop chers pour toi, ces petits enfoirés qui semblent parfois bien plus heureux que ta pauvre carcasse. Leurs parfums t’agressent et leurs regards te semblent encore plus insultants que ceux de tes voisins au Parking, et pourtant t’es bien incapable de te relever pour leur coller ton poing dans leurs petits minois fardés à l’excès. Un jour viendra, mais pas ce soir, pas encore.

Pas tout de suite alors que tu l’aperçois et qu’elle semble se diriger vers toi sans crainte : son absence totale d’instinct de survie t’épatera toujours, mais elle a l’aisance des grandes dames qui se savent invincibles. Tu ne l'en apprécies que plus, toi le butor à qui elle ose parler comme on tente d’apprivoiser une sale bête un peu trop crade et bien trop affamée d’attentions. Tu relèves la tête, tu tentes de comprendre encore une fois pourquoi tu ne t’enfuis pas en courant, loin de sa gentillesse et de sa beauté. Elle devrait t’éblouir, ne serait-ce qu’un peu, ou avoir la jugeote de ne pas t’adresser la parole, mais elle semble à contrecourant cette gamine et toi, tu te laisses faire.
- B’soir.
Le ton est bourru, la voix cassée à force de ne pas être utiliser. Tu ressembles vraiment à un butor et tu t’en fiches éperdument : un jour, il faudra bien qu’elle comprenne que les ogres n’existent pas uniquement dans les contes.
- Tu fiches quoi dehors si tard, toi ? Tu veux qu’il t’arrive des bricoles ?


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MessageSujet: Re: Each other - Nero & Nimue   Jeu 28 Déc - 1:58
Un peu de nuit s’est logée en elle, un peu du froid des rues, alors qu’elle rentre du motel, du boulot, alors qu’elle échappe à des bras rudes, pressés, exigeants. La douche a éloigné les fantômes et, drapée de couleurs, enroulée dans un manteau chaud, elle exhibe ses jambes moulées dans des bottes hautes, ses hanches soulignées par une jupe courte.

Il faut chasser la nuit, avant qu’elle ne nidifie et s’étende, avant qu’elle ne plante en elle ses griffes. Elle s’est arrêtée, en route, pour acheter du tabac, son péché quotidien, une bière, son oubli, sa récompense, après les mecs trop brute. Elle a la bouteille, dans son sac de papier froissé, à la main, dans sa poche le tabac et les feuilles, et les pensées qui s ‘évadent, suivent son regard, cherchent dans la nuit une échappatoire, un peu de rêve à harponner.

C’est là que ses yeux se posent sur la silhouette massive, assise, presque tassée. C’est là qu’elle le reconnait et incline son trajet, pour venir à lui. Il la repère, lui aussi et l’accueille d’un bourru « B’soir » qui met sur ses lèvres un sourire. Elle s’assoit près de lui, sort de sa poche les feuilles et le tabac.
« Tu fiches quoi dehors si tard, toi ? Tu veux qu’il t’arrive des bricoles ?

-Ca tombe bien, non ? Qui va venir m’embêter quand je suis si près de toi ? Qui osera ?...Personne, tu fais le parfait gardien de ma vertu… Tu as du feu ?

Puis, les yeux i-clos, avec un sourire un peu mélancolique, elle ajoute.

- "des bricoles" ... C'est un si joli mot... un joli euphémisme. Charmant, monsieur. Un mot de gentilhomme...»

Elle sourit en léchant le papier pour terminer sa cigarette, et tend la roulée vers la flamme, au bout du briquet, soupirant , une seconde plus tard, en soufflant, exhalant un nuage de fumée, serrant le cuisses pour retenir un petit frisson. La nuit est froide, et elle s’étonne de son immobilité, sans un mot. Elle savoure le tabac, sa fumée entre ses lèvres, puis jette un regard en coin à son voisin, souriant en coin, lançant, avec un sourire dans la voix.

« Tu n’en veux toujours pas, de ma si petite vertu, je suppose ?

Au coin d’un mur, elle décapsule sa bière, y goute du bout des lèvres puis lui tend le paquet.

J’en n’ai qu’une mais si tu veux… »


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MessageSujet: Re: Each other - Nero & Nimue   Jeu 28 Déc - 14:35
Toi t’as pas grandi ici, t’as pas mûri au sein d’un quartier où les gonzesses étaient davantage considérées comme de la viande que comme des créatures dignes de ce nom. Alors tu manques d’expérience en la matière, du vocabulaire adéquat et de la mise en forme de tes propos : ton côté ours bourru t’épargne d’avoir à te justifier, mais tu sais que tu fais tâche. A tous points de vue. Des ‘bricoles’, c’est ce qu’on te disait étant môme. C’est ce que tu répètes maintenant. Tu revois ta mère te le promettant d’un sourire si tu continuais à rentrer tout crotté, tu revois ton instit sévir alors que les mauvaises notes s’accumulaient et tu visualises ton voisin, de 5 ans plus âgé que toi, qui le susurrait à sa copine quand ils se croyaient à l’abri des regards derrière les garages.
T’es pas un gentilhomme, t’es juste un couillon qui a réussi à foirer tout ce qu’il a tenté. Certes, dans ce sens, tu mériterais une médaille parce que dans le top ten des foirages, on n’ose pas y mettre le tien de peur de foutre la honte aux autres. Ironiquement, c’est la seule chose que tu aies jamais réussi. Alors t’as les mots, mais ni le destin ni l’allure du gentleman qui aurait su quoi faire d’une demoiselle aussi charmante perdue en pleine nuit.
Du moins, aux allures perdues… Parce que ta Nimue, elle n’est jamais vraiment perdue, petite prédatrice aux dents longues qui erre parmi la jungle. Tu sais parfaitement ce qu’elle fait, il faudrait être fou pour ne pas avoir reconnu dans son regard cette farouche lueur de liberté qui poussait certains hommes à lui donner de l’argent dans l’espoir de pouvoir la retenir un instant. Elle monnayait son temps et son corps comme tant d’autres, et elle avait le charme surannée de ces filles-là. Perdues, libres, à la fois aigries et naïves. Elle te sourit comme une petite sœur le ferait, et te provoque comme seule une sirène en était capable. Tu n’arrives même pas à lui en vouloir de se faire tentatrice à tes côtés parce que sa chaleur vaut tous les sacrifices du monde : sa peau dorée te renvoie l’illusion des beaux jours et ses lèvres gonflées te susurrent des mots que plus personne n’ose te dire depuis des années.
Ces salauds doivent la payer une fortune. Et elle serait drôlement conne de ne pas abuser de leur stupidité.

Tu sors ton briquet et l’allumes devant elle, la laissant se pencher vers la flamme, observant la courbe que prend son petit corps délicieux pour mieux t’affoler dans un geste pourtant si commun.
- J’ai pas de quoi payer, tu le sais.
Et t’as pas forcément envie de tout gâcher. Surtout de cette manière-là. En taule, tu baisais ceux pour qui personne n’avait aucun respect, pas même toi. Et dans ta caboche, cet état d’esprit n’est toujours pas partie : d’une manière ou d’une autre, tu restes coincé là-bas.

Par contre, la bière te parle, c’est quelque chose que tu peux encore accepter alors tu tends la main et attrape le verre mouillé pour la porter à tes lèvres, presque rageusement, déchargeant ton trop-plein de désespoir humain dans une simple gorgée. Tu ne lui rends pas de suite, préférant occuper tes gros doigts marqués sur la bouteille plutôt qu’à serrer la gorge du prochain passant qui risque de s’arrêter devant elle et la reluquer avec insistance.
- T’en as eu beaucoup ce soir ? Pas trop crevée ?
Ton regard glisse sur ses jambes repliées, si fines, si belles dans ce collant élimé… Et tu l’imagines les écarter, et tu amasses toute ta haine à l’idée qu’un jour, un de ces salauds lui fera vraiment mal. A l’idée qu’un jour, il lui arrive vraiment des bricoles.


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MessageSujet: Re: Each other - Nero & Nimue   Jeu 28 Déc - 19:07
Peut-être, un jour, elle ne lui demandera pas de payer. Peut-être. Elle le regarde avec un sourire en coin, pas vraiment consciente de sa façon d’essayer, encore, malgré tout, de le séduire, de le charmer. Elle joue avec l’idée, l’écarte. Pas maintenant. Elle voudrait pas tout gâcher. Elle aime bien qu’il soit là, en périphérie, elle aime le croiser, parfois, dans sa vie. Comme un phare, dans sa nuit.

Elle l’aime comme on aime un rocher, immuable, solide, ou le lever du soleil, chaque matin. Elle l’aime parce qu’il se laisse pas faire, la laisse pas faire. Parce qu’il a refusé. Parce qu’il l’a pas méprisée, pas insultée. Elle a mille raison de trainer à côté de lui, mille raisons de le charmer…

Elle fait ça sans y penser. Parce qu’il a dit non, qu’il le redit. Parce qu’il la rassure, avec sa sale gueule, ses faux airs revêches, sa gentillesse. Parce qu’elle sait rien faire d’autre, qu’elle fait ça tout le temps, depuis trop longtemps. Que même gosse, il fallait plaire. Qu’elle a grandi avec ça. Comme une seconde peau, sous la sienne, comme un instinct de survie un peu torché, beaucoup tordu.

« Bah… Non, pas trop de monde. Et pas trop compliqué…»

Des envies tranquilles, simples, après quelques minutes à discuter… Elle lève les yeux vers le ciel, le ciel bouché. Comme pour y lire des réponses, derrière les nuages. Cette couverture rosée des nuages citadins, plein de lumière de réverbères…

« Il y a juste eu un paumé, à la fin, qui trouvait que les prestations valaient pas le prix. Ça arrive… Il était déjà en rage avant d’arriver, je suis pas sure qu’il soit tout à fait calmé…»


Elle tire sur sa cigarette, les yeux clos, expire, recommence. En crame la moitié en une minute, juste comme ça, pour pas penser. Pas trop. Pour chasser ce mec de sa peau, de son corps, de sa tête, à chaque expiration. Elle croise les jambes, roule des épaules puis préfère se concentrer à nouveau sur lui. Lui sourit. C’est une façon de s’évader.

Elle se penche pour prendre la bouteille, entre ses doigts, et une gorgée. Puis elle lui prend la main, colle la sienne contre sa paume, sa main si grande, la sienne en comparaison si petite. C’est enfantin, comme geste. C’est comme un drôle de miroir, comme une absence de vitre entre leurs paumes.

« Tu as des mains de géant… »

Grandes mains… Jeux de mains, jeux de vilains…

Un sourire rieur tremble sur ses lèvres, mais elle ne pose pas la question qui pourrait suivre. Elle prend encore un peu de goudron, un peu de nicotine, détour,e le visage pour souffler.

Il a de grandes mains, pleines de vie traversée, des paumes pleines de plis, des doigts pleins de zones un peu rudes. Des mains qui ont vécu, qui existent, qui sont réelles, bien plus que le fantôme d’un corps qui écrasait le sien.

« Quoi de neuf, de ton côté ? Je suis contente de te croiser, mais qu’est-ce que tu fous là ?»


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MessageSujet: Re: Each other - Nero & Nimue   Ven 19 Jan - 19:26
Pas trop de monde. Pas trop compliqué.
Le sexe « pas trop compliqué », c’st un peu comme l’Everest pour toi : t’en as entendu parler, certes, et tu visualises à peu près ce que cela doit être, mais t’as jamais eu le cran de faire l’effort. Avec toi, tout était violent, sauvage…. Dérangeant aussi parce que c’était l’autre facette de ta violence : tu lâchais la bride et dans ces moments-là, tu perdais la tête. Purement et simplement. Tes quelques neurones en PLS générale depuis des années pétaient un câble et n’envoyaient plus aucune donnée, sinon celle de survivre coûte que coûte à l’autre et la folie brûlante qu’il déclenchait dans tes veines.
Tu devais être taré, probablement.
Et même si t’es heureux pour elle que sa soirée ait été calme, t’arrives pas à imaginer ça. Du sexe facile. Sans problème. Sans ‘complication’.
Ou alors, tu étais déjà habitué au fait que Complication était devenu ton deuxième prénom.

Par contre, le dernier qu’elle évoque, tu connais. Et tu te demandes pourquoi elle ressent le besoin de te parler de ce type en particulier…. Est-elle juste flattée qu’un homme s’excite pour elle au point d’en devenir fou, ou a-t-elle réellement eu peur ? Si elle le souligne, c’est que cet homme l’a marqué, alors…. Tu comprends qu’il est hors de question de lui céder un jour, à elle et toutes les douces chansons suaves que te murmurent les mouvements délicats de ses lèvres sur le goulot de la bière. Toi, tu n’arrives pas en rage et ne ressort pas légèrement calmé : tu n’es que rage, de A à Z, en continu. Tu l’as toujours été mais 15 ans de taule ont fini de t’écorcher définitivement pour révéler le monstre que tu étais réellement. Quinze années à patiemment retirer chaque illusion d’humanité que tu pensais encore avoir. Tu l’effrayerais. Tu lui ficherais une trouille de tous les diables et elle n’accepterait plus ces instants à côté de toi. Plus jamais.
Toi, t’y tiens à ces instants, bulles intemporelles, presque surréalistes. Elle est trop petite à côté, trop délicate, et toi tu fais figure d’homme des cavernes : vous incarnez un contraste vivant. Vous êtes un petit spectacle sans queue ni tête… Ou au contraire, une seule queue et une seule tête. C’est peut-être finalement ça qui arrive à vous réunir.

Quand sa main attrape la tienne, tu sais qu’elle joue avec le feu mais tu ne peux te résoudre à ignorer le premier contact humain que tu as depuis une éternité. Elle admire tes mains, petite folle qui ignore à quel point celles-ci sont mortelles, et y promène ses doigts tout comme le Chaperon rouge erra un jour dans les bois. Sa main est effectivement ridiculement petite et visiblement, elle se moque des crocs du loup.
Toi, gros bêta, t’as retenu ton souffle. Peut-être par peur de la briser au moindre sursaut : elle est effectivement tellement petite… Il te suffirait de serrer le poing. De l’entendre hurler. Qu’elle comprenne enfin qui tu es.
Mais tu retiens ta violence et relève un regard perdu vers elle, fauve qui se demande encore pourquoi l’enfant arrive à ressentir tant de tendresse pour sa sale gueule.
C’est sa question qui te sauve, qui éloigne les questions et te pousse à secouer ta caboche pour reprendre contact avec la réalité : tu récupères ta main en abandonnant la sienne, et la ramène prudemment vers ta poche comme pour lui signaler que cette fois-ci, elle avait dépassé les bornes.
- Je traîne, comme toujours. J’ai que ça à foutre. Traîner. Attendre. J’sais même pas c’que j’attends en fait.
Mais t’étais fidèle au rendez-vous du fameux Godot.
- J’crois que j’deviens con. Ca me changera d’être fou.
Et au moins, ils auraient quelque chose à graver sur ta pierre tombale le jour J.
Un soupir t’échappe et ta grande gueule se tourne vers elle-même si tes yeux n’osent pas la regarder, de façon à ce que le message ne soit pas trop direct.
- Ce mec, celui qui avait la rage tu sais… Il a juste gueulé ou il t’a frappé ? Parce que dans le premier cas, il avait le droit, t’es là pour ça, et dans le second… J’peux me charger de le calmer. Si tu veux.


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MessageSujet: Re: Each other - Nero & Nimue   Mer 24 Jan - 14:49
Elle perd sa main, qui se retire, perd la main, son regard. Plie ses doigts esseulés,pose le poing fermé sur son genoux, et souffle à nouveau, un nuage de carbone et de nicotine, les yeux mi-clos. L'écoute.

Trainer, attendre, sans but. Sans le temps qui passe, avec les passants, les jours, trop semblables. Attendre, même pas entre deux passes, même pas entre deux rires. Attendre, sans savoir quoi, un deus ex machina, un miracle. La fin.

Et elle, elle attend quoi?

Elle voudrait lui dire, Nimue, qu'il n'est pas fou, pas con. Que c’est pas possible, qu'elle n'y croit pas, pas une seconde. Mais elle sait pas, elle connait quoi, de son géant? Des sourires, des bribes de conversations, des silences. Une acceptation silencieuse, une force contenue... Elle connait quoi? Le regard des gens, posés sur eux, le sentiment diffus de sécurité, près de lui, l'envie de lui sourire, de trainer, d'attendre avec lui...

Il ne peut pas être fou, ou elle est folle, elle aussi, et elle volera, un jour, tout droit, pour s'écraser contre un mirage, un miroir. Il peut pas être fou, pas dangereux.

Les yeux mi-clos, la clope qui se termine, qu'elle écrase au sol, et soufflant doucement, avant de le regarder. Pour écouter... Fermer les yeux, un instant, juste une fraction de seconde, le temps de déglutir, d'avaler le rappel de son statut. Pas qu’il soit jamais très loin, le souvenir, pas qu'elle l'embrase pas, à sa façon. Parce qu'il était un peu... inattendu, qu'il dérobe une partie du sol, sous ses pieds. Une fraction de seconde, pour avaler ça, formuler une réponse, en se focalisant sur la gentillesse, cachée entre ces replis-là, l'offre d'aide.

"Nan... il m'a pas frappée... t'inquiète pas. C'est gentil, mais... il m'a pas blessée. Et faut pas déconner pour moi."


Elle ne lui demande pas si elle peut, elle prend, une vengeance silencieuse, ridicule, pour un coup de griffe minuscule, qui s'efface déjà. Elle s'appuie contre lui, pose sa joue sur son épaule, les yeux à nouveau clos.

"C'était juste pas sa première fois... Et... il avait jamais été comme ça... Moi, j'étais pas.. dans le bon état d'esprit, c'est ma faute."

Il est reparti comme il est arrivé, la rage au corps, aux yeux, aux mots, la colère vibrant sur, sous la peau, dans ses doigts qui l'ont trop serrée, son corps qui l'a heurtée, encore, encore, encore...

"Ca l'a juste pas aidé... ça a rien changé pour lui, si ça a pas empiré le souci..."

Une autre gorgée de bière.

"C'est moi qui suis conne, tu vois. Et folle. Je voudrais que le sexe, ça change la vie. Je voudrais être une super-héroïne de la baise... "

Elle rit un peu, après avoir dit ça. Parce que c’est ridicule, même elle le sait. Parce qu'elle y croit presque. Parce que elle, elle se soigne comme ça, à coup de baise. Parce qu'elle s'engouffre dans le moindre interstice que lui laissent les clients, pour s'y déverser, avec tous ses trop pleins, tous ses trop vides.

C'est une belle illusion, un beau mensonge, pour oublier toute la misère du monde, qui se retrouve parfois entre ses bras. Ceux qui hurlent, ceux qui pleurent, ceux qui sont froid, à peine là. Ceux qui peuvent pas, qui veulent pas, qui veulent plus, ceux qui se noient.

Ceux qui dégueulent le sperme, le crachat, les insultes, le sexe, la haine. Comme celui-là, ce soir.

"Mais j'ai pas de super-pouvoir, tu vois."

Ou bien... le sexe, c’est pas de la magie. Et baiser ne soigne pas tout. Quoi qu'elle pense. Pas la solitude. Pas la douleur. Pas la haine. Pas la colère. Quoi qu'elle croie, quoi qu'elle fasse...

Elle a les paupières lourdes, Nimue, fatiguées, soudains, mais elle les soulève, pour le regarder, sourire, un peu, en coin.

"... T'es un ange, de proposer d'aller lle calmer... "

Elle compte sur ses doigts.

"Un peu ange, un peu géant, un peu chevalier, un peu ...mh... un peu ogre... Tu en endosses, des rôles, Nero... Comment tu fais, pour garder l'équilibre?"


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MessageSujet: Re: Each other - Nero & Nimue   Lun 12 Fév - 13:39
Ne pas déconner pour elle.
Plus facile à dire qu’à faire. T’es un salaud mais tu laisseras pas un clébard abandonné crever seul sur le trottoir. Si t’as un cœur, il est dysfonctionnel, pétri de bugs et de défaillances techniques : aussi peu utile soit-il, il est capable de battre pour une chatte en déroute qui a reçu la cognée de trop, capable de se soulever à cette idée, capable de battre un peu plus vite sous l’effet de la colère naissante.
Il est capable de beaucoup de choses sauf de comprendre la folie humaine, alors il se protège dans un isolement salvateur. Sauf quand on s’amuse, comme cette poupée-là, à y faire ses griffes sans aucune manière ni pudeur. Il ne s’agit même pas d’amour, c’est une notion dont tu te crois incapable, mais…. Uniquement d’entraide. De chaleur humaine. Le besoin de ne pas être totalement seul, parfois, et d’accepter l’autre – aussi déroutant soit-il – à ses côtés.
Elle est diablement déroutante Nimue. Elle est femme et enfant à la fois, tentation et réconfort, bête et intelligente. Elle te fait chavirer quand elle souffle sa fumée grise entre ses lèvres peintes, quand ses doigts trop fins, trop longs, effleurent le tube de nicotine et le jettent sans façon sur le macadam. Elle a les mots des bas-fonds et la classe de l’élite : petit mirage qui ne devrait pas exister entre des immeubles aussi grands et aussi sombres.

Ses rêves d’enfant glissent entre vous, viennent faire naître dans ton cerveau ramolli des images salaces et perverses. Ses illusions sont pathétiques, impossibles et t’arrachent un peu plus le cœur parce que toi-même, tu n’as aucune idée sur la baise. Vite, fort, puissant, violent. Cruel parfois. Frénétique. Essentiel pour ne pas totalement perdre pied dans un monde qui tangue. C’est tout cela la baise pour toi, du moins ça l’était en taule. T’as touché personne depuis et tu as du mal à te dire que tu retoucheras quelqu’un sans avoir envie de le briser et de le salir autant que toi. Autant que tu as pu le faire à d’autres, là-bas derrière les barreaux.
Sa réflexion te sort de tes pensées noires et tu lâches un grognement animal :
- Lucifer aussi était un ange, d’après ce qu’on m’a dit.

Ce serait faux de dire que tu es le diable : au moins ce dernier proposait quelque chose en échange de ses services. Toi tu imposais, prenais, volais. Tu n’étais que la pire des ordures, c’était tout ce qu’elle devait retenir cette donzelle trop belle pour tes yeux sales.
- Tu racontes des conneries ma belle… Tu dois être fatiguée.

T’entreras pas dans son petit jeu, tu chercheras pas à déballer des morceaux de ta vie ou de ton psychisme pour satisfaire sa curiosité malsaine. T’es pas le genre à parler de toi : il y a tellement déjà à deviner sur elle et ses clients, sur elle et cette vie ici-bas. Sur elle et ses déambulations sur les trottoirs.

- Le sexe, c’est qu’une question de laisser-aller. On décharge ses problèmes en même temps que son foutre. Rien d’autre, faut pas chercher midi à quatorze heures Princesse. Toi tu prends, t’acceptes ça et en échange, ils te paient : c’est pas cher donné pour oublier toute cette merde durant quelques instants. Etre ‘mieux’ un laps de temps, même si c’est temporaire, même si ça change rien. T’as presque de la chance en fait parce que toi t’oublies et tu gagnes du fric. C’est le beurre et l’argent du beurre en quelque sorte. Ce type-là, ce con… Il avait trop de colère pour arriver à oublier, mais toi fallait le zapper durant l’acte. Et juste profiter égoïstement. Faut jamais trop penser à l’autre pendant que t’écartes les cuisses : les supers-héros, ça n’existe pas.


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MessageSujet: Re: Each other - Nero & Nimue   Mer 14 Fév - 21:15
Lucifer. Elle le regarde, écarquille un peu les yeux, se demande quel enfer il fait sien. Mais elle secoue le visage, sourit, éloigne l'idée. Lucifer, elle n'y croit pas. Pas plus qu'en Dieu, pas plus qu'au destin. Barbe-Bleue, peut-être, Barbe-Bleue, dans cette version où il faut lui arracher ses trois peaux, pour le libérer... C'est plus simple, croire aux contes de fées, on sait bien qu'il n'y a aucune chance, pas la moindre, d'avoir raison. Pas de doute, pas d'incertitude, le confort de se tromper, de rêver. Elle se roule dans ses erreurs comme le moineau dans la poussière, avec le bonheur du chat, devant sa crème. Existe suspendue dans le temps, dans cette douce extase en apesanteur, loin de la réalité. Dans son monde-bulle édulcoré.

"Tu racontes des conneries ma belle… Tu dois être fatiguée."

Elle lui sourit, soudainement, joyeusement, les yeux mi-clos. Une mélodie virevolte en tête, elle savoure son pull, sa chaleur, le froid de ses mots, le grain de sa voix et ce réalisme qui met fin à son délire, à cette marée d"émotions qui léchait les rives de son présent. Fin de l'érosion des falaises de sa raison.

"Oui, je parle trop, beaucoup trop... Je ne dis plus que des conneries."

Elle sourit, l'écoute parler du sexe, de ce que c'est. Ce que c'est pour lui. Elle comprend, un peu, partiellement. Mais le sexe, c'est aussi la peau,la chair qui chantent ou pleurent, c'est le raz-de-marée, c'est pas toujours juste le boulot. Une revanche, une découverte, une cruauté, un dédale, un art, une collection, un dégout, une inquisition, mais plus l'oubli, plus depuis longtemps, ou si rarement...

Sublimer, transmuter la Misère. Le Grand Oeuvre, comme une seule Voie vers l'Immortalité. Être Vif Argent ou Arsenic. Devenir Or.

C'est mille choses,le sexe.
Et parfois la violence.
Parfois les larmes.
Comment s'y noyer?
Se laisse emporter.

Elle ne peut pas, juste prendre l'argent, écarter les cuisses, les laisser se déchainer. Parfois. Pour leur survivre. Pour oublier le dégout, la fatigue. Ca arrive, parfois... Mais elle ne peut pas n'être que ça, un trou à remplir, à posséder. Ca ne lui suffirait pas, jamais. Elle ne peut pas n'être que ça. Se réduire à ça. Elle ne peut que donner,Nimue. S'éparpiller entre trop de bras, s'effriter sous trop de corps et sourire, encore, encore. Sourire jusqu'à exister.


"T'es bien plus sage que moi, Nero... Bien plus raisonnable. Je me prends trop la tête. Faut toujours tout compliquer..."

T'es magicien, Nero, pétri de réalité. A t'entendre, tout est simple, suffit d'accepter...

"Un jour, faudra m'expliquer... "

La clope est terminée, la bière vidée.

"Surtout si tu trouves ce que t'attends."


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MessageSujet: Re: Each other - Nero & Nimue   Ven 13 Avr - 13:57
T’es pas raisonnable ou sage, elle n’a pas compris, mais tu ne comptes surtout pas insister.
La vérité mon ami, c’est que tu es blasé. Survivaliste aussi dans un monde qui ne veut toujours pas de toi et qui peine à te trouver une place, aussi insignifiante soit-elle. T’as le pragmatisme chevillé au corps, au ciboulot, au cœur aussi : faut vivre une nuit de plus et accepter ces merdes pour pouvoir respirer. Juste ça : le reste, on s’en branle, c’est du froufrou inutile.
Alors elle, elle écarte les cuisses et gagne sa vie.
Toi tu ouvrais celles des autres pour espérer ne pas être massacré la nuit d’après : tu démontais pour ne pas être démonté. La beauté là-dedans ? Aucune, nada, du vent. C’est ça le sexe : un moment éphémère et égoïste, où on vole tout ce qu’on peut de l’autre.
Toi t’as littéralement pillé Isaak par exemple : une goutte d’eau dans l’océan de tes saloperies, mais tu l’as ruiné, laissé sur la paille afin de t’enrichir toi-même. Il n’a rien gagné dans l’affaire sinon de survivre une nuit de plus lui aussi. Et peut-être, qui sait, de sentir la chaleur de ta peau sur la sienne à jamais. Tu l’as marqué, bestialement. Tout comme certains de ses clients à elle doivent tenter de le faire : la seule différence, c’est que t’as jamais payé Isaak. Et que Nimue sera toujours plus forte que cette loque qui s’est sauvée de prison. Toujours.
Elle vibre cette gamine, elle te fait du bien même si tu continues de lui débiter tes conneries comme pour la mater et la dresser face à ce monde abject qui vous a donné naissance. T’écrases ses rêves et elle se contente de soupirer avec la lascivité de grandes dames.
Elle te plaît. Mais tu ne dois surtout pas y toucher. Tu gâcherais tout.

- Je trouverai pas, j’pense pas.
Le goulot de la bière n’est plus salvateur maintenant que la bouteille est vide et tes lèvres n’ont rien à quoi se raccrocher pour arrêter leur folie.

- Y a des fois, tu sais…. J’voudrais aimer les gonzesses, juste pour savoir ce que tu vaux dans un lit, pour savoir pourquoi ils reviennent tous vers toi, tes clients. Tu comprends ? Juste comprendre.
Ce qui t’échappe, ce qui semble vouloir te fuir. Tu lui craches ta réalité à la figure mais en vérité, t’es tellement loin de ce qui semble parfois l’animer elle que tu l’envies un peu de continuer à espérer autre chose de ses passes. De voir autre chose dans le sexe qu’on acte prosaïque et presque hygiénique.

- Mais on s’refait pas.



....
C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases.
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MessageSujet: Re: Each other - Nero & Nimue   Ven 27 Avr - 23:39
Elle a toujours les yeux mi-clos, et elle l'écoute, Nimue, et la surprise, l'attente, la mélancolie se mêlent, s’entrelacent, collées à elles, couverture-cocon, réalité distordue qu'il faut bien inspirer, laisser pénétrer, jusqu'aux poumons, pénétrer le sang, le corps, la chair, avant d'expirer.

Il ne trouvera pas. Elle voudrait qu'il espère, elle voudrait pouvoir briller assez pour qu'il espère. Être étoile, ou feu follet,ou juste folle luciole. Un peu de lumière. Elle voudrait que ça soit simple, elle pose une main sur sa manche, son poignet, une pression des doigts, une moue. Une inquiétude. Et son attente à elle? Sa course, son Grand Oeuvre à elle? Le plomb qui alourdit ses ailes deviendra-t-il or ou air? Jamais?

Il voudrait comprendre. Elle voudrait pouvoir expliquer. Transmettre, peut-être. Le tirer de là, de ces abimes noires où il n'espère plus. Et il aime les mecs. Et elle, elle n'avait même pas vu ça venir, elle a le radar foutu, oiseau de nuit aveuglé par sa chaleur. De toute façon, elle ne connait qu'une façon d'aider, de soigner les autres, mais il faudra se contenter d'une bouteille vide, de quelques mots échangés.

"C'est pas comme s'ils étaient si nombreux à revenir, hein... Je suis pas magicienne..."

Mais elle voudrait, oh, comme elle voudrait les ensorceler à volonté. Et être la solution, leur solution à tout... Savoir qu'ils reviendraient, qu'ils n'auraient pas le choix. Qu'ils reviendraient, encore toujours, par besoin d'elle, faim, soif d'elle. Qu'ils ne lui échapperaient pas pour se dissoudre,loin d'elle, s'évaporer, en dehors d'elle,là où elle ne pouvait les atteindre.

C'est insoutenable, cette idée, cette déchirure soudaine de ses pensées qui laisse entrevoir des plaies, des cataplasmes, et la sanie dessous, qui suppure, la gangrène à venir. Elle rit, alors, doucement, secoue le visage.

"Non, faut pas croire ça... Et ils reviennent parce que c'est pratique, facile, que leur vie, c'est un putain de fromage à trous, et qu'ils pensent pouvoir m'arracher de quoi combler les vides. Et moi, je les laisse faire, je leur souris, et puis j'essaie aussi de les voler, mais ça marche pas comme ça. Ca fonctionne pas. Jamais. Mais ça nous empêche pas d'essayer, encore et encore. Parce qui sait, un jour, peut-être..."

Tout prendrait sens,non, si un jour, enfin...

"Il y a pas de grand secret, juste une illusion commune. Tu serais déçu, tu vois?... Et je parle trop, à nouveau, c'est con. Faut que je me tire, avant de me prendre au sérieux et de déprimer."

Elle trouve l'énergie de se redresser, s'étire, lui sourit. Presque naturellement. Il suffit de bouger. Le corps, le temps reprennent le dessus. Elle est déjà loin, elle s'éloigne, la conversation, la menace, presque irréelle. Un délire de gamine qui parle trop et ne réfléchit pas assez, rien de grave.

"On se revoit...bah.. On se reverra. Tu me diras si t'as trouvé ce que t'attend."

Elle le regarde. Elle voudrait qu'il ait des solutions. De l'espoir à revendre. Le lui acheter, dérober, arracher. Elle voudrait comprendre, savoir. Pourquoi elle dit des trucs pareils, quand il est là, pourquoi malgré son allure de dangereux géant elle babille et volète, revient, dès qu'elle en a l'occasion. Comme un putain de papillon, ou d'insecte débile. Pourquoi il la fait sourire et parler et délirer et...

Il n'a pas ces réponses-là.
Pas la peine de questionner...
De s'interroger.
Pas la peine.

Chuuut.


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MessageSujet: Re: Each other - Nero & Nimue   
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