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MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: aigri cherche compagnon de Noël - Libre    Dim 24 Déc - 15:49
Il ne sait pas vraiment ce qu'il est venu chercher ici. Il n'avait pas d'idée précise d'une lecture quelconque qu'il aurait voulu sienne alors que Noël s'annonce dans les jours à venir. Il n'a rien décoré, rien acheté de particulier. Il n'a appelé personne. Il avait bien proposé à sa fille de venir passer quelques jours, sans y croire vraiment, parce qu'elle est en colère contre lui, qu'elle lui en veut, et parce qu'elle veut passer les fêtes avec sa mère. Il ne peut pas vraiment lui en vouloir. Il y a bien quelqu'un qu'il aurait aimé voir, lui aussi, mais on ne fait pas toujours ce que l'on veut. Tant pis, il se contentera de la bouteille de whisky qui l'attend dans un tiroir du meuble qui orne péniblement son salon et de quelques restes. Et d'un bouquin, s'il en trouve un, s'entend. Pour l'heure, il erre dans les rayons de la librairie sans trop savoir ce qu'il cherche, ni même ce dont il a envie. Naturellement, par déformation - anciennement - professionnelle, le voilà qui se retrouve entre ces ouvrages bas de gamme qui relatent des grandes affaires criminelles. Il ne sait pas s'il préfère ça ou de la fiction pure et simple, parfois mieux renseignée sur la véracité de son ancien travail. L'ironie de sa situation, c'est sans doute qu'il l'aimait, ce foutu travail qu'il a perdu désormais.

Tant pis, il finira bien par trouver autre chose à faire. Ca n'a pas vraiment d'importance, de toute façon. Ca n'en n'a plus. Il pourrait peut être écrire, d'ailleurs, lui aussi. Ecrire sur ses enquêtes et sur sa vie. Sur tous les cadavres abimés retrouvés sur le bord de la route.

Il finit par s'arrêter devant un rayon de fictions sombres et policières et laisse errer ses yeux entre les livres disponibles. Le voilà qui sort quelques exemplaires pour les contempler, lire les résumer, observer les couvertures. Et il est tellement absorbé qu'il ne remarque même pas qu'il gêne le passage à quelqu'un d'autre.
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MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: aigri cherche compagnon de Noël - Libre    Dim 24 Déc - 17:01


La dernière fois qu’il était entré dans une librairie remontait à...
En fait, il ne s’en souvenait même pas. Ça devait sûrement être un jour comme celui-ci –quelques jours avant Noël, où il n’avait mieux à faire que compléter ses derniers achats (au dernier moment, toujours). La foulée incertaine et le regard cherchant de manière hasardeuse mais systématique les intitulés des rayons, il essayait sans grande conviction de se repérer dans ce temple de culture peuplé de retardataires dans leurs cadeaux de Noël. Où avaient-ils bien pu mettre la section policière (c’était bien un genre, hein ?) ? Les insultes en Gaélique s’échouèrent en grommèlements inintelligibles contre ses lèvres gercées, et il déboutonna un peu plus son trench –cet endroit s’apparentait à une véritable fournaise.
Un semblant de climat d’Enfer sur Terre.
La pensée volatile lui arracha un rictus moqueur envers lui-même, qu’il perdit aussitôt lorsqu’en évitant de justesse une violente rencontre avec un gosse accroché à la main de sa mère,  il repéra ce qu’il cherchait. Un mélange de soulagement et de vague entrain fleurit en sa poitrine, combattant férocement l’apathie devenue sienne à l’approche des fêtes de fin d’années. D’habitude, la perspective de Noël (et du Nouvel An) entretenait sa bonne humeur même jusque dans le travail -c’était fou comme les gens devenaient généreux lorsque les fêtes s’annonçaient, il ne comptait plus les pourboires lors de ses courses, même s’il commençait à croire qu’il aurait pu être rémunéré en sourires (dommage, ça ne payait pas l’appart’). C’était la neige qui endormait de ronflement constant de voitures ; c’était les illuminations qui s’immisçaient même jusqu’au sein de ténèbres inquiétantes du Bronx. C’était le sourire de sa sœur qui déjouait constamment la gravité à chaque fois qu’il évoquait le Réveillon.
Mais cette année, son cœur ne se laissait plus berner par cette atmosphère particulière, un peu magique auraient dit certains. Il demeurait de glace face à la chaleur qui tentait de l’atteindre. Seul.  Désespérément seul.
Parce qu’il ne pouvait s’empêcher de penser à Ebony, et que ça lui foutait littéralement le moral en l’air.

Les prunelles rivées sur les tranches des bouquins alors qu’il bataillait avec ses souvenirs pour essayer d’agripper le nom d’un auteur dont Celso lui aurait parlé (tiens, Coben, sa sœur lisait ça elle-aussi, peut-être qu’il pourrait lui en prendre un ?), il s’engagea le long de étagères bien trop fournies. Les doigts errants sans idées précises, il attrapait de temps à autres un ouvrage pour regarder la couverture (comme si cela allait l’aider à décider) et lire le résumé (il avait l’impression qu’ils se ressemblaient tous). Et complètement absorbé par son manège sans grande logique, il en oublia qu’il n’était pas seul à s’intéresser aux romans policiers et bouscula une silhouette immobile.
Le juron en Irlandais lui vrilla la langue.

« Pardon. » s’excusa-t-il un peu brutalement en dévisageant l’inconnu, rétablissant aussitôt une certaine distance de sécurité (et de bienséance).

L’air peu commode qu’affichaient les traits marqués de l’autre lui rappela étrangement celui qu’il avait croisé ce matin dans le miroir.
Sauf que son interlocuteur avait les mains bien garnies de littérature policière.

« C’est un peu exagéré si je vous demande ce que vous lisez après vous être rentré dedans ? »
tenta-t-il avec humour, les mots pétillants presque contre ses papilles, alors qu’il lui offrait un sourire charmant, piqué d’un amusement sincère.

Sûrement qu’à la place du brun, il avait rembarré directement le malotru.
Whatever.
Il aimait bien vivre "dangereusement" de toute façon.



Spoiler:
 




« Night of the hunter »
One night of the hunter, one day I will get revenge, one night to remember, one day it'll all just end... Honest to God I'll break your heart, tear you to pieces and rip you apart... ©️ .bizzle
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MessageSujet: Re: aigri cherche compagnon de Noël - Libre    Lun 25 Déc - 22:57

Spoiler:
 

Il faut qu’un inconnu lui rentre dedans pour que James soit ramené à la réalité de cette librairie, de ces rayons minuscules, de l’odeur étrange d’humidité, du chauffage qui, de toute évidence, fonctionne mal, du bruit de l’aération, en haut à droite de la pièce, et du reste. Quelques secondes auparavant, plongé dans la lecture d’un énième résumé de meurtre glaçant, dans les fins fonds des lignes brillamment écrites par des auteurs inspirés. La réalité l’agresse toute entière, comme s’il s’était enfermé quelques instants avec ces bribes de personnages inventés, dans un monde éloigné de sa réalité à lui. Ce qui est un peu le cas, James a toujours aimé l’idée de pouvoir se mettre à fond dans ses lectures jusqu’à en oublier parfois les limites entre la réalité et la fiction. Mais debout dans une librairie, les bras chargés d’achats potentiels et déraisonnables, sans doute, compte tenu du fait qu’il ne travaille pas et que les raisons de son éviction de la brigade criminelle de New York le privent d’une quelconque rente ou retraite qu’ils pourraient verser à un autre, il aura du mal à justifier le fait qu’il ne faisait pas attention aux autres parce qu’il était plongé trop profondément dans ses pensées. Il secoue la tête, finalement, tandis qu’un rouquin s’excuse et recule de quelques pas. L’ancien flic lui en est reconnaissant ; il est de ces personnes qui aiment qu’on respecte leur espace vital.

Il tousse un peu, prenant soudainement conscience de l’amas de livres qui occupent ses bras. Il a sans doute exagéré sa sélection, et il hésite, quelques secondes, à en reposer certains là, en vrac. Il se ravise rapidement tandis que l’homme qui lui fait face lui demande ce qu’il lit – et le voilà qui dévisage son interlocuteur avec un air interdit, mélange entre une incompréhension des relations sociales de base et un ébahissement certain. Wilde est persuadé que les gens ne le voient plus depuis qu’il est grisé par la dépression, l’abandon et le deuil. Il est persuadé que les rares personnes qui s’aperçoivent encore de son existence préfèreraient mourir écrasées sous un train plutôt que de tenter de lui adresser la parole. Considérant ces deux vérités générales absolument pas excessives ni clichées établies dans l’esprit du brun, la question du roux est une énigme à laquelle il ne parvient pas à répondre tout de suite.

Puis il prend conscience de la facilité de la question et de ses options. Il pourrait secouer la tête, tourner les talons, aller payer ses achats et s’enfermer dans son appartement pour les lire à tour de rôle sans répondre. Ignorer les sollicitations extérieures. Ou alors, il pourrait faire remarquer au nouveau venu qu’il l’a déjà suffisamment dérangé comme ça.

Et en même temps, en dehors des caissiers de certaines boutiques, voilà longtemps que plus personne n’a adressé la parole à James. En dehors des politesses de base parfois dispensées par les voisins, s’entend. Et il sait ce que deviennent les gens qui subissent un isolement complet – les gens rejetés, marginaux. Il a étudié la psychologie des originaux.

«  Conan Doyle parce qu’assez objectivement, je ne pense pas qu’on puisse faire mieux dans le genre. Josephine Tey, c’est vieux mais excellent, et ça vous tient en haleine pour sûr », il lance en montrant le bas de la pile qu’il tient dans ses bras. « Il y a aussi Christie, évidemment, et Follet, qui n’écrit pas que des fictions historiques », il lance finalement en accompagnant sa réponse d’un haussement d’épaule. Tout le monde a toujours trouvé qu’il était original, pour un flic, d’apprécier le genre policier. Lui s’en fiche un peu. « Je ne me lasse pas vraiment de relire ceux-là, mais je ne sais pas ce que vous aimez lire, en même temps... ».
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MessageSujet: Re: aigri cherche compagnon de Noël - Libre    
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