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« queen des tchoins »

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▹ AGE : 18 ans, gamine à l'esprit dézingué puis démon au sang trop froid.
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▹ TAF : fée à la poudre d'or, elle traîne dans les rues pour le clan irlandais, larbin qui n'a l'ambition que de détruire.
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MessageSujet: G L O R Y B O X | AZY    Dim 26 Nov - 4:50


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G L O R Y   B O X 
AZY

Y'a le staccato de ces doigts bourrus qui tapent contre un clavier aux touches grinçantes. Elle a eu le temps d'identifier chacun des bruits qui l'entourent, l'habitude de scruter son environnement, comme pour l'imprimer sur sa rétine et oublier la violence qui hante encore sa mémoire et son corps, un bout de nervosité qu'elle laisse sortir par l'un de ses pieds qui tape contre ce béton délavé et dégueulassé par des substances qu'elle a la flemme d'identifier. Une ivresse enivrante lui scinde le crâne en plusieurs milliers de morceaux de regrets, elle regrette toujours d'avoir bu, l'envie de vomir qui prédomine ses pensées et l'empêchent de trouver une solution à ce nouveau merdier dans lequel elle est prête à se noyer, la bouche grande ouverte, buvant la tasse sans se lasser de s'étouffer sous le poids de ses propres conneries. Ses doigts imparfaits viennent contre ses paupières prêtent à se refermer des prunelles qui ne veulent plus voir et elle aimerait s'arracher chacun des sens qui constituent son être pour ne plus avoir à sentir le parfum de celui qu'elle fuit depuis un mois, pour ne plus sentir, la chaleur de sa jambe qu'elle ne peut que coller à la sienne, remercie silencieusement son instinct d'avoir choisi un jean déchiré pour cette soirée qui s'annonçait pourtant bien. Elle a encore la réminiscence de la musique dans le coin de l'esprit, le kaléidoscope des lumières qui animaient la maison dans le fond des yeux, bien cachés derrière un air un peu hagard qu'elle sait bien cacher derrière ses mèches sombres qu'elle a laissé détachée pour offrir à son visage, où se dessine un bleu au coin de la mâchoire, un air moins angélique, comme pour tenter d'happer une âme charitable, seule prétexte pour détacher ses lèvres du goulot d'une bouteille devenue rapidement sa seule compagne à son arrivée dans cet appart qui était presque mieux décoré que le sien.

Un mouvement attire son attention et sans accorder un regard à Matty qui se tient trop proche d'elle, comme elle le fait depuis son arrivée ici, elle pose ses yeux sur la forme flasque recroquevillée dans un coin de la cellule, son profil mollement appuyée contre le béton crasseux, laissant apercevoir des plaies encore à vifs. Et elle a l'envie de sourire Azur, de laisser sortir son euphorie d'enfant au cœur charmé, celle qui aime tant la violence et les bruits d'os craquelés. Parce que c'est la signature des mains de Matty, que c'était pour elle mais l'amertume reprend trop vite sa place en son sein, pour lui rappeler douloureusement qu'elle n'a pas besoin de lui, qu'il a plus aucune place dans son esprit qui devient poussière d'Enfer, qui pue presque le souffre à force de s'entretenir de souffrances. C'est ses ongles qui lui mordent la peau alors qu'elle referme discrètement l'une de ses mains en poing, celui qu'elle a bien envie d'envoyer dans la gueule déjà démontée du gars plus loin. Se rappelle encore ses mots écœurants, qui lui ont trop bien rappelés qu’elle a été qu'un objet démonté entre les mains d'un autre enfant du Bronx animé par la violence. Se rappelle trop bien les insultes qui ont fusé alors qu'elle a dit « Non » que la négation n'a jamais l'air de plaire aux mecs, y'a jamais eu que Matty pour respecter ses mots mais malgré lui, il a sûrement brûlée sa promesse silencieuse, sûrement que c'est juste le destin et ses conneries malsaines qui l'ont mit sur son chemin ce soir, qui ont fait venir l'horreur dans ses yeux quand il a comprit ce pour quoi (ou qui) il gâchait sa soirée.

Encore elle, toujours elle, qui se fout sur son chemin ou peut-être que c'est lui qui s'accroche à son âme sans le savoir ? Qui se sent attirer juste à l'endroit où elle se trouve ? Ça doit être un signe. Un signe parfait pour elle, qui lui sert de prétexte pour le repousser un peu plus fort. Et elle a encore en tête ses mots mordants lors de cette soirée d'Halloween, la honte au creux de l'estomac, plus douloureuse encore que celui de la nausée et ses dents mordillent l’intérieur de sa joue, un tic nerveux jamais ravalé et son pied qui s'agite toujours. Dans un soupir, agacé, elle se relève pour s'appuyer contre le mur, se fichant d'y plaquer trop fort son crâne, une grimace de douleur vite ravalée. La douleur, c'est son nouveau plaisir, c'est ce qui lui prouve qu'elle est encore – malheureusement – en vie. Pourquoi est-ce qu'elle s'évertue encore à respirer ? Suffirait d'arrêter, c'est tout. Pour ne plus avoir à savoir qu'elle a sa main non loin de la sienne, qu'elle pourrait la saisir pour y mêler ses doigts, pour qu'elle puisse oublier que suffirait qu'elle se mette à genoux pour le supplier de lui pardonner d'être ce qu’elle est. Mourir, maintenant, dans cette putain de cellule alors qu'elle a trop conscience de sa présence, comme elle a conscience de chaque partie de son corps agitées par le stress et l’adrénaline qui redescends. Un soupir agacé qui vient encore passer la barrière de ses lèvres encore carminées d'un rouge mit pour attirer l’œil. Tout cri à l'amour sauvage chez elle alors qu'elle est plus faite que d'une haine doucereuse. La rage la reprend alors quelle marmonne « Putain j'ai fait quoi pour mériter ça encore ? » elle attend pas de réponse, espère juste que tout le monde continuera de la fermer, qu'elle sortira sans avoir à gerber ses sentiments puis ses tripes au pied d'un Matty qui doit la haïr autant qu'elle commence à apprécier ce qu'elle devient. Un scorpion qui sait toujours là où il doit infiltrer le poison. Mais pour l'instant sa langue pleine de venin reste juste pâteuse et elle s'adresse à personne, parce qu'elle préfère penser que y'a personne, que c'est vide ici, que ça résonne juste dans un silence anéanti par le néant.  


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Dernière édition par Azur Efstathios le Mer 13 Déc - 3:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: G L O R Y B O X | AZY    Mar 12 Déc - 1:52
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Azy
Et ça te rends malade presque, insupportable, mauvais, méchant. Ca te change, te transforme en cette chose que tu n'es pas,cette personne que tu t'es promis de jamais être. T'es rien qu'un animal blessé, coeur brisé qui en veut au monde entier.

Les poings brûlent, plaies qui ressemblent à des bleus, hématomes qui fleurissent tranquillement le long des phalanges qui me dérangent. Et je frotte mes doigts contres les éraflures, voulant à tout prix oublier celles qui ornent une joue douloureuse, celles qui viennent me faire tiquer, l’envie de les gratter de mes doigts engourdis, la mâchoire que je continue à serrer malgré la douleur qui me lance sans s’arrêter. Le seul confort étant que l’adversaire, lui, il est à terre. Forme sans vie qui ne parle même plus, les yeux fermés, bien trop alcoolisé pour réaliser que le béton est froid sous lui, dur sous lui, aussi métallique que les barreaux qui nous entoure. Nous. La brune autrefois blonde qui remue les jambes sans arrêt. Et moi aussi, j’ai les genoux qui cognent, se soulèvent de haut en bas, bas en haut, pour ne pas s’arrêter. Pourtant, j’ai envie de laisser la colère s’éclater sur son visage que je ne reconnais plus, que je n’avais pas reconnu. L’envie de la blâmer, l’envie de lui dire de dégager, d’arrêter de me suivre, de cesser d’être ce venin dont j’arrive pas à me purger. Mais je ne dis rien, frotte mes mains l’une contre l’autre, des images d’un peu plus tôt qui se répètent.

C’était arrivé trop rapidement. La soirée avait tourné à mal, et les autres corps ondulaient les uns contre les autres, s’épuisant sur des notes électroniques. Et je ne danse pas moi, c’est rare, trop rare. Y’a bien que Chuck qui peut réussir à me faire danser. J’avais juste un verre dans les mains, une cigarette de posée entre les lèvres, la fumée qui venait embrumer mon esprit, tout comme les notes douce d’une vodka glacée. Puis y’avait ce gars dans la foule qui avait attiré tout les regards, coup de coude dans mon verre tandis qu’un aviné me pointait la scène du doigt. Mec un peu trop insistant qui essayait de coller une brune contre lui, les mains trop présentes, les doigts trop pressés de découvrir les trésors d’un corps féminin. J’avais vu rouge, associant trop facilement les mèches ébènes à celles, plus jeunes de la sœur Malverti. La foule s’était écartée, mouvement inconscient alors que je m’étais mis entre la fille et le gars, sans un regard pour elle, y’avait plus urgent. Et peut-être que j’aurais dû, peut-être que j’aurais dû la regarder, de haut en bas, de bas en haut, juste pour reconnaître la personne face à qui j’allais me retrouver. J’aurais sûrement reconnu le regard vide, l’océan asséché de toute pureté, les nuages polluant le bleu autrefois limpide, les vagues à moitié calmée d’une furie brisée.

Il avait fait pleuvoir les coups, sans aucune retenue, bien agacé que je lui retire sa proie de la soirée. Je m’étais défendu. Juste défendu. Rajoutant peut-être un peu plus de force ici et là, juste pour qu’il ne se relève pas. Et les sirènes, les lumières, les uniformes, les menottes contre nos poignets, la demoiselle qui avait dû nous accompagner, malgré mes protestations, malgré les siennes silencieuses. Le trajet s’était fait en silence, et j’avais bien fini par la reconnaître, l’inconnu, le cœur brûlant immédiatement, douleur infinie que je pensais anesthésiée, disparue dans les verres que j’avais enchaîné sans scrupule. Mais le banc était froid sous mes jambes couvertes, les poignets douloureux avaient été libéré des cercles de ferraille tandis que les barreaux d’acier s’étaient refermés derrière nous. Nous. Belle ironie. L’Azur déchue se lève, agacée, et j’ai presque envie de lui faire une reflexion, de lui dire qu’elle a rien à dire, que c’est à cause d’elle tout ça, à cause d’elle que je suis là, que j’ai mal autant au corps qu’au coeur, que j’ai jamais voulu la voir, jamais voulu l’avoir dans ma vie. Je voulais pas, j’en voulais pas de ces sentiments, plaie dont le temps venait retirer les tentatives de suture. Je la vois qui se lève, le crâne qu’elle pose contre le mur, murmure des mots qui me viennent. « Putain j'ai fait quoi pour mériter ça encore ? » Bien sûr c’est à elle de se demander ça. Sourire mauvais, gamin blessé, l'envie de lui balancer les vérités contre son visage fatigué. Mais je ne dis rien, reste silencieux, ferme les yeux, calcule mes possibilités, là de suite. Je veux juste sortir au plus vite, dégager d’ici avant que l’ouragan débarque. Violet absente, j’ai pas grand monde à appeler. Chuck, sûrement, elle viendrait me chercher, mais avec mon portable de confisqué, j’ai pas vraiment le choix. Soupir, et je bondis sur mes pieds, passant trop près de la brune qui n’est que fantôme alcoolisé, et j’ai les mains écorchées qui agrippent les barreaux, le visage se posant contre le métal frais. Apaisant les coups gravés contre ma peau, je me met à gueuler, juste pour être certain que le commissariat en entier m’entendent. « Hey, j’ai le droit de passer un appel normalement, ça fait parti de mes droits ! » Premier de la classe qui récite sa leçon, c’est à force de m’être retrouvé derrière les barreaux d’Albany, ou d’aller y chercher un Ruben amoché que j’avais fini par apprendre les combines pour ne pas passer une journée entière coincé avec des gens qui devaient décuvés.
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La tête haute, un poing sur la table et l'autre en l'air, fais moi confiance, avant de finir six pieds sous terre, j'aurais vécu tout c'qui a à vivre. — Fauve.
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MessageSujet: Re: G L O R Y B O X | AZY    Mar 19 Déc - 2:19


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G L O R Y   B O X 
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Tout gronde au fond d'elle, une tempête qu'elle laisse silencieuse, au risque d'encore exploser devant un corps ivre mort et d'aggraver la situation dans laquelle elle s'est embourbée sans vraiment le chercher pourtant. Elle a été enlevé dans la masse de deux corps animés par la rage, le fer autour des poignets, des chaînes enfin réelles qu'elle a pas cherché à défaire, la tête alourdie par l'alcool qui la grise encore, la laissant l'esprit flottant, les yeux plongé dans le vague, posé sur des jambes qui tremblent pas cette fois mais qu'elle laisse étendu devant elle, prenant peut-être un de place mais elle mise sur tout le self-control dont elle est doté pour ne pas s'effondrer, concentre ses émotions sur autre chose que la proximité d'un corps qu'elle a souvent repoussé plus qu'attrapé. Il est loin le temps où elle avait l'envie de respirer contre ses lèvres sous une Lune qui en a vu des conneries. Est-ce que ça c'en était une ? Elle sait pas Azur, se demande bien si jusqu'ici elle a déjà fait quelque chose d'utile ou qui prouve que de bonnes choses sommeillent en elle. Y'a juste le chant de ses cauchemars qui résonnent sans pourtant faire plus de bruits. Des hurlements ravalés par centaines pour laisser venir une voix cramée des clopes souvent avalées. Ses doigts remontent contre les lacets d'un corset enfilé pour se fondre dans le rôle de celle qui exhibe sans avoir honte. Elle a plus peur du regard des autres sur elle, consciente que son corps à défaut d’être à elle sera juste une arme pour attiser les enfers dans l'esprit des autres. Oui, peut-être qu'elle aurait dû dire oui au type qui moisi plus loin d'eux dans la cellule, ses lèvres démontées embrassant presque le mur. Il pue l'alcool et elle refoule la nausée qui lui enserre la gorge à l'idée qu'il aurait pu aller plus loin. C'est pas grave, c'est vraiment pas grave.

Son regard refuse de se tourner vers Matty, elle met une vitre entre eux, doublée par les millions de maux qu'elle se supporte depuis des mois. Si elle était une autre, peut-être qu'elle aurait rien dit, peu-être qu'elle aurait juste accepté le fait qu'il revienne après plus d'un mois de silence, que son âme d'égoïste n'aurait pas saignée d'une douleur égocentrique sans penser à la vie que traverse les autres sans dépendre de la sienne. Sauf qu'elle est ce qu'elle est, qu'elle a bien besoin d'une raison pour repousser les gens qui brillent d'une belle lumière, de ces flammes qu'elle a pas envie d'écraser, comme pour se rappeler que tout le monde n'a pas les mêmes monstres au fond du grenier qui leur sert de tête. Les iris s'agitent un instant vers lui avant de se détourner, un mouvement presque vipérin qu'elle regrette un instant, ses doigts hurlant d'effleurer une peau abîmée par sa faute/ Le fantasme innocent et naïf de pouvoir panser ses plaies de ses lèvres de pécheresse. Elle sait Az, que ses mains sont comme des araignées piquants aux moindres signes de danger, aux moins tremblements, qui apportent pas grand chose de plus que des blessures en plus, les ongles raclant les paumes pour ravaler les impulsions d'une jeune fille fleurissante dans la timidité, une fille qu'elle a jeté assez loin pour qu'elle ne se réveille jamais. Elle crèvera, un jour, sûrement. Se laissera noyer par tout ce qui lui hante le crâne et qui cesse jamais de résonner pour la décoller un peu plus d'une sale réalité, pesante, lourde et oppressante.

Elle sursaute pas quand il se relève, brutalement. Elle écrase l'espoir que ce soit pour elle après sa phrase lâchée dans l'amertume, la plainte d'une gosse qui se rend jamais compte du chaos qu'elle laisse derrière elle. Mais Matty lui offre pas l'océan qui agite ses opales, pas même un mouvement indirect qui la pousserait à croire qu'il sent encore sa présence/ Peut-être que ça y est, qu'elle est rayée du palpitant qui le fait encore se mouvoir, que sa place est reprise par une autre et elle entend presque le bruit sourd de l'angoisse et de la haine contre une connasse invisible et sans visage. Azur qui serre les dents, sourcillent légèrement quand il élève la voix « Hey, j’ai le droit de passer un appel normalement, ça fait parti de mes droits ! » Se relevant légèrement, repoussant le sol de ses baskets enfilées sans même faire attention à ce que donne l'ensemble sur sa silhouette opaline, le nuage qui lui obscurcit l'esprit s'évapore peu à peu, laissant pourtant toujours un goût immonde sur le plat d'une langue restée trop longtemps muette sûrement, enfermant des mots et des mots sans sens, violents puis trop doux, des caresses et des poignards. Un bordel sans nom qu'elle a du mal à trier, fixant le dos d'un corps qu'elle s'est refusé. Ses yeux s'agitent et elle lâche un soupir, ne force même pas sa voix à s'élever alors qu'elle demande « J'te fais peur ? » des millions de questions et de tournures de phrases lui sont venues avant que cette question éphémère lui vienne comme ça. Elle a pourtant tellement plus à demander ou dire alors que c'est elle qui lui a murmuré l'adieu, qui a tendue la barrière entre eux pour qu'il ne reste plus que l'arôme d'un passé mal achevé. Jouant la nonchalance moins que l'arrogance, elle attend un signe de tête, un détail qui ne lui échappera pas, qui écorchera encre un peu la pierre qui entoure le myocarde d'une enfant qui s'enrobe de plusieurs couches de malheur et de noirceur comme d'un bouclier qui pare les coups du monde. Elle a envie de lui hurler de revenir, vers elle, vers l'avant de tout le bordel qui fait d'elle un monstre en devenir, que ça devient douloureux de pas pouvoir laisser aller ses pulsions et de pas l'avoir pour elle, que ça collera jamais. « Regarde moi. » un ordre pourtant tremblant, traînant d'une voix qui souffre de pas en dire plus et son cœur s'arrête comme dans l'attente d'un rebond, que le temps laisse les choses se faire avant que le présent éclate.  


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MessageSujet: Re: G L O R Y B O X | AZY    Mar 19 Déc - 6:54
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Et ça te rends malade presque, insupportable, mauvais, méchant. Ca te change, te transforme en cette chose que tu n'es pas,cette personne que tu t'es promis de jamais être. T'es rien qu'un animal blessé, coeur brisé qui en veut au monde entier.

J’ai les doigts qui tapotent doucement contre les barreaux métalliques, danse légère, manifestation physique d’un agacement beaucoup trop présent. L’esprit embrumé de rage, j’ai la gorge amère d’alcool, les papilles enflammées d’une soif à en pleurer. Et cette douleur persistante maintenant que l’adrénaline retombe, les bosses se forment contre mes phalanges écorchées, les hématomes apparaissent sur le visage d’italien et l’hémoglobine cesse de s’étaler partout, stagnant pour venir former une croûte dégueulasse qui me donne envie de l’arracher. Je gueule, une fois, répète la phrase encore, jusqu’à entendre une porte claquer. Personne. Personne ne viendra. Je suis fichu, foutu, coincé dans une cellule digne d’une cabine de toilette publique avec celle dont les mots hantent toujours mon esprit, avec la demoiselle aux yeux si éteints qu’ils en ont perdus leur bleu, l’océan asséché s’est assombri, tout comme les mèches dorées qui ne sont maintenant plus qu’un amas de charbon abîmé.

Les doigts s’animent, visage qui repose toujours sur le métal, soulagement imaginaire, comme de la glace sur les coups reçus. Je suis bien content de pas avoir autant bu que l’autre gars, ça aurait été bien pathétique de me retrouver là, au sol à moitié dans ma propre gerbe sur le sol dur d’une cellule de dégrisement. Tragique même. Sourire léger, parce que le drame ne me semble pas à son comble, pas encore, non ça pourrait être pire, elle pourrait se mettre à parler, l’Azur. Me lancer des mots venimeux pour se distraire du propre chaos qui règne dans son esprit saccagé par la haine qu’elle se porte à elle même. Oui, elle pourrait choisir la confrontation, choisir de me tourmenter un peu plus, injustement, de m’accuser de tous les maux qu’elle n’arrive pas à avaler alors que tout ce que je veux, ce que je voulais, c’était l’aider.

Et je pensais avoir raison, je pensais ne pas provoquer le destin en ayant ce genre de pensées, et pourtant, pourtant je crois que cela n’a pas vraiment marché. Mouvement derrière moi et je retiens un soupir tandis que les phalanges se serrent sur les barreaux froids, les mâchoires aussi se tendent, corps prêt à affronter les bourrasques aiguisés d’une langue qui se veut vipère alors qu’elle n’est qu’enfant apeurée. « J’te fais peur ? » La question qui sort, douce, ferme, juste comme si elle venait de me demander l’heure, ou bien ce que je comptais faire pour nous sortir de là. Non, non, pas nous, je, moi, me sortir de là. Seul, j’étais seul ici. Les paupières que je ferme, le front trouve par réflexe les barreaux en face de moi, et je les rouvre mes yeux, juste pour fixer le bout de mes chaussures, le sol que je vois. Peur ? Non, c’était pas de la peur, loin de là. Du dégoût peut-être ? Non, même pas. J’en avais pas la force, de la haïr, j’en avais plus la force de rentrer dans les flammes de la rage pour en sortir avec des morceaux de cœur en moins, je voulais pas, je voulais plus, pas pour elle, ça n’en a jamais valu la peine. Elle n’a jamais voulu de moi, un jeu depuis le début, compétition malsaine de A à Z, du supermarché jusqu’à la chaufferie lorsque face au monde entier elle avait osé gueulé son mal être. Devant Chuck, elle l’avait fait. J’ai pas envie de lui répondre, elle mérite pas, elle n’a pas le droit, je lui dois rien, rien du tout, c’est trop facile de venir jouer la gentille alors qu’elle est coincée là, avec moi jusqu’à ce que les uniformes bleus décident qu’il est temps de nous laisser partir.

« Regarde moi. » Un murmure, un ordre, deux mots qui tremblent, qui transpercent ma poitrine pour venir se faire bloquer les poumons et j’ai l’impression de manquer d’air. Les paupières se ferment et je les serrent fort, aussi fort que possible, l’espoir enfantin que si je le souhaite suffisamment je me réveillerai d’un mauvais rêve loin de là. Loin d’elle. Mais rien ne se passe, le monde n’est que cauchemar, j’entends toujours sa respiration, sa voix qu’elle vient d’utiliser, la supplication dégueulasse dont elle se sert pour me manipuler. Parce qu’elle ne veut que ça, un jouet. Un pantin de chiffon dans lequel elle peut planter les griffes, sortant le coton de ses entrailles, remplaçant peu à peu l’intérieur par du vide et des flammes. Elle se sert de moi, moi, Pinocchio italien depuis le premier des sourires échangés. Quel imbécile je fais. Et c’est peut-être pour ça qu’on évite l’amour chez les Malverti, peut-être pour ça que les sentiments ne sont pas pour nous, qu’on se les interdits. Parce que c’est plus simple, beaucoup plus facile d’être mannequin d’acier, armure vide sans cœur, sculpture d’un marbre poli, la beauté au creux des traits mais rien que du froid à l’intérieur. J’aurais dû écouter Ruben, j’aurais dû suivre l’aîné, le héro qui ne se laisse atteindre par rien. Rien du tout.

Phalanges serrées contre le métal, et ça me brûle les mains désormais, c’est comme des flammes qui me lèchent la peau avec juste comme objectif de venir me laisser des cicatrices contre l’épiderme rendu tendre et faible.« Arrête de prétendre. »La phrase sort de loin, poussée par un soupir qui tentait de s’échapper de ma poitrine, comme un besoin vital de faire s’enfuir les syllabes pour éviter la noyade. Mais c’est aussi un grondement qui résonne dans la cellule, le ton rendu presque animal par la peine à vif, vulnérabilité palpable, c’est un avertissement envers celle dont le loisir principal consiste à tourmenter les passants qui osent s’approcher d’elle. La colère est absente pourtant, non, c’est juste une supplication aussi, masquée par cette chose qui se coince dans la poitrine. Une boule de sentiments qui me rend presque malade, ça me bloque la gorge, j’ai envie d’hurler jusqu’à ce que tout sorte, jusqu’à ce que tout s’efface. « Arrête de prétendre qu’on est amis, ou en bon terme, que tu m'apprécies ou je sais même pas, okay ? » La question sonne agressive, féroce presque contre mes lèvres abîmées, animal blessé. Elle n’a pas le droit l’Azur, elle a pas le droit de me demander de la regarder. Je me sens enfant pris dans son propre caprice, un gamin qui taperait du pied face à la demande de sa mère. Et pourtant, tout cela semble injuste, ça serait beaucoup trop simple, facile de la laisser voir qu’elle a toujours ce contrôle sur moi. J’ai pas envie qu’elle comprenne moi, que son murmure vient d’arracher les coutures d’un myocarde mal refermé, que la plaie est béante désormais et qu’elle attend. Elle attend la blessure, elle attend, espère même ce baume qui viendra l’enrober pour l’apaiser. Je veux pas qu’elle comprenne que si j’écoutais les murmures incessants d’un palpitant blessé, je me tournerai vers elle pour la prendre dans mes bras et jamais la lâcher.
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MessageSujet: Re: G L O R Y B O X | AZY    Mar 19 Déc - 22:40


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G L O R Y   B O X 
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Le monde chavire ou c'est juste son cœur ? Fait incroyable, comme un mini miracle au fond de sa poitrine qui l'étonne mais la dérange dangereusement. Ça éveille l'envie malsaine de repousser toutes les choses gardées au fond, assez au fond pour ne jamais les sortir quand le calme revient. Ses jambes se croisent, se décroisent alors qu'elle est fébrile Azur, se demande pas comment elle va sortir d'ici, parce que ça lui importe peu les barreaux. Cette impression d'être sans cesse prisonnière de sa propre vie de toute façon. Elle sait qu'elle peut juste faire comme un Matty au regard de loup perdu, s'appuyer contre les barreaux et attendre. Parfois hurlé parce qu'on se sent à l’étroit, condamné à se retourner vers ce qui ne nous plait plus ou qu'on a jamais aimé mater en face. Ses dents assassines des lèvres carmines, qui quémandent une clope ou une bouche qu'elle peut même plus dessiner du regard. Des contours qu'elle a effleuré, eu envie de garder contre les siennes, éternité de félicité, étoiles dans l'estomac et désir au creux des cuisses. Ce mélange d'innocence et de plaisir animal qu'elle a plus jamais ressenti. Un souvenir doux-amer qui lui hante la tête, cogne contre le crâne et lui rappelle sans cesse à quel point elle peut faire mal et laisser de vilaines traces de son passage. Elle voit sur Matty les stigmates de ses actes, la raideur de son dos quand elle se met à parler, le combat qu'il doit mener. Elle sait bien la brune tout le pouvoir qu'a sa voix sur lui, pourtant elle doute que ça marche aujourd'hui. La gamine veut juste l'entendre, croiser un regard milel fois contemplé pour s'y mêler comme une dernière fois,avec le même désespoir. Mais elle a donné dans la tristesse. Les maux sont encore à vifs et à peine effleuré qu'elle sent la douleur se raviver, comme on pique dans une plaie encore suintante. Douleur chienne qui la ferait presque se recroqueviller sur elle-même, comme si ça protégeait du monde et de ses chimères trop laides.

Est-ce quelques secondes ou une infinité qui passe entre eux avant qu'elle ne tente de le faire craquer. L'impression soudainement oppressante que si il se retourne pas, elle perdra quelque chose, que respirer va devenir difficile, un exercice erratique. Puis elle survit plus qu'elle ne vit Az, dans l'attente d'une fin teintée de son sang, blême de la mort qu'elle arrête pas d'appeler, de prier, qu'elle suppliait quand les lames venaient lui dessiner le mal à même les mains. Ces mains qu'elle serre toujours trop fort, à s'en faire  pâlir les phalanges, à en sentir les os craquer et la peau crisser. Ça brûle, à l’intérieur, ça gémit comme un gosse appelant à l'aide mais elle le crachera pas. Adieu, au revoir, c'est pareil, c'est elle qui a tout rayé. Mais l'alcool lui donne l'envie de sentir au moins ses doigts sur les siens, d'apprendre encore par cœur le rythme de son souffle près de son visage, de compter le nombre de pigments grisés et bleutés que contiennent ses yeux, comme des joyaux qui happent l'âme et vous renvoie du bonheur en lumière. Des opales remplies de rêves d'enfant, d'une innocence qu'elle effleurait à peine avant mais dont elle a oublié la couleur à présent. Une artiste qui peint des toiles monochrome parce que les teintes ce sont ternies. Regarde moi, elle demande mais ça vacille comme ses espoirs amaigris, qu'il ose se retourner pour se mettre face à un cauchemar, peut-être mais elle aura un peu de son attention.

Ses lèvres s'entrouvrent un instant sur un souffle perdu dans le silence glacé. Mais elle s’attend pas à ce qu'il la coupe bien avant qu'elle ait le temps de tissé son prénom sur sa langue « Arrête de prétendre. » les mots sont brut, taillés dans la pierre mais elle mérite. Alors elle dit rien. La bouche, antre d'un Enfer personnel, se referme, les regrets amers manquant de déborder de ses paupières fatiguées. Oui, épuisée et saoule, sûrement pour ça que ça lui brûle les yeux. « Arrête de prétendre qu’on est amis, ou en bon terme, que tu m'apprécies ou je sais même pas, okay ? » ses sourcils se froncent, pas certaine de comprendre pourquoi il en vient à cette conclusion par une simple question. Elle est peut-être pas consciente des espoirs qu'elle jette sur lui mais qui finissent par glisser et mourir. Comme une envie soudaine, elle se relève, sans tanguer, sûrement moins ivre que la dernière fois ou peut-être que son corps s'habitue. Elle jette un œil presque timide vers le corps endormi qui se trouve non loin d'eux avant de s'avancer doucement, comme une ombre venu se poser tout près mais sans toucher. Elle a pas peur d'une soudaine violence, d'un coup bien placé, Matty fait assez mal avec les mots, toujours parce qu'elle pousse et pousse encore les limites avant de comprendre que y'a pas une étincelle d'obscurité en lui, rien.

Première fois depuis longtemps qu'elle voit sa main trembler alors qu'elle la tend comme pour caresser quelque chose avant qu'elle décide d'attraper le bas de sa veste, comme une gamine le ferait pour attirer l'attention sauf qu'elle tire pas, qu'elle essaie pas de le faire se retourner, pense simplement au fait que ça pourrait être sa main entre ses doigts. Personne saura ici, personne verra qu'elle a eut un moment de faiblesse, que le masque craque un peu sans qu'elle en ressente de la culpabilité. Anesthésiée de tout sauf du mal que son ignorance lui inflige, elle s'en fout Azur des conséquences. Les lèvres se pincent, se tordent un peu alors qu'elle arrive à lâcher d'une voix enraillée « J'demande juste … S'il te plait. » une formulation saccadée alors qu'elle ose se rapprocher, les yeux hantés par beaucoup de cauchemars qu'elle voile de ses paupières, pose son front contre son dos qu'il lui offre comme un « va te faire foutre » qu'elle ignore, l'égoïste. La main crispée tremble, l'envie de s'enrouler autour de lui comme pour jamais lâcher, comme pour qu'il comprenne tout ce qu'elle arrivera jamais à dire et qu'elle pourra jamais lui donner. Le corps est détruit comme l'esprit, les mèches de ses cheveux sombres qui épousent le vêtement et sa joue qu'elle y dépose quand sa tête se tourne, comme pour entendre des battements de cœur qui lui rappelle qu'il est encore là mais sera jamais à elle. « Laisse moi rester là. Un peu. Si j'te fais pas trop peur, laisse moi juste faire ça. » et demain ça sera juste un regret en plus mais elle savoure Azur, espère pas se faire repousser, pour percuter un mur plus dur que le béton qui les entoure, pour faire face à un brasier qu'elle saura pas éteindre cette fois.


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MessageSujet: Re: G L O R Y B O X | AZY    Mer 20 Déc - 21:44
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Azy
Et ça te rends malade presque, insupportable, mauvais, méchant. Ca te change, te transforme en cette chose que tu n'es pas,cette personne que tu t'es promis de jamais être. T'es rien qu'un animal blessé, coeur brisé qui en veut au monde entier.

Les mots virevoltent entre nos coeurs arrachés et moi j’ai qu’une envie c’est de lui hurler d’arrêter de parler. Les tremblements de ses syllabes trouvent sans mal mes tympans, faisant sonner la douleur jusqu’au fond des neurones, jusqu’au moindre recoin, même les plus sombres qui sont si bien cachés. Elle tremble et je fulmine, animal enragé. Je veux qu’elle s’arrête avec ses questions à la con, l’ordre qu’elle me donne, elle même peu convaincue du propre pouvoir de sa voix. Elle me supplie, désespoir palpable contre ses lèvres, je me demande bien ce qu’elle serait prête à faire pour que je me tourne à nouveau, lui offrant l’océan tempétueux qui n’est plus aussi bleu qu’autrefois. Même mon regard a fini par se ternir, peut-être pas autant que le sien, non, mais la joie n’y vit plus, moins. Et pourtant, pourtant, je suis pas comme cela moi, je chercherai pas à créer un nouveau jeu du bout des doigts, jusqu’à ce qu’elle crève de douleur à genoux devant moi, jusqu’à ce qu’elle pleure le sang dont mon myocarde a l’impression d’être trop de fois drainé lorsque l’Azur est dans le coin.

Non, je suis réglo, enfin j’essaie. Les jeux de pantin, très peu pour moi. Et c’est la colère absente qui domine contre mes propres lèvres, le ton qui se veut menaçant alors que dans le fond, je suis tout aussi paisible que la mer un soir de pleine lune. Paisible dans le sens que la rage n’est plus là, mais si l’on prend le temps de plonger à travers les eaux bleues, alors les fonds se dévoileront, coraux escarpés et sable venimeux, il y a même quelques algues enflammées, résistantes à l’eau, flammes de l’enfer attisées par le sel de la mer. Souffrance à l’état pure sous un masque d’eau lisse, sous un sourire de gamin d’Italie. Je lui parle, à mon tour, sort les mots couteaux que je n’arrive plus à retenir, presque là à la supplier de se taire. Car je veux qu’elle cesse, qu’elle cesse de jouer, qu’elle dépose les armes comme toutes les fois où moi je l’ai fait, je veux juste qu’elle arrête de tirer les ficelles, qu’elle me laisse en paix. Je ne voulais pas tomber sur elle ce soir, je voulais juste passer une soirée tranquille, perdu dans mes pensées avec pour seule compagnie la douce brûlure de l’alcool du fond de mon verre.

Mais il avait fallu qu’elle soit là, au même endroit que moi. Il avait fallu qu’elle s’attire des ennuis, il avait fallu que je m’en mêle, complexe du super-man qui ne sera jamais éteint. Bruissement de fringues dans le silence morbide de la cellule et mes yeux se referment. Non, qu’elle parte, qu’elle s’en aille, c’est fini. Tout est fini. Les pas muets que je devine, aérien et pourtant ses pieds doivent tituber, l’odeur d’alcool semble tapisser chaque centimètre de la pièce, mais ce n’est pas de l’alcool normal, non, l’odeur est celle plus subtile d’Azur et de toutes les substances qu’elle ingère jusqu’à ce que la mort l’emporte, jusqu’à ce que l’oubli l’accueille à bras ouverts. Présence que je sens peu à peu s’imposer derrière moi, et y’a même le pan du bas de veste que je sens être tiré vers le bas. C’est elle, sa main, ses doigts, après tous les mots qu’elle m’a dit, après toutes les flammes échangées, toutes les aiguilles lancées au travers de nos regards liés, océans déchaînés. Elle ose, toujours, encore, jamais renoncer toujours à pousser les limites, pousser sa chance jusqu’au bout. Sauf que moi, je sais pas vraiment pour combien de temps encore je pourrais continuer à courir ce marathon qui me semble bel et bien interminable.

« J’demande juste … S’il te plaît. » La voix enraillée, les mots hésitent, comme pour ne pas réveiller le lion qui dort, le monstre assoupi profondément sur son rocher, entouré des carcasses de ses ennemis. Je remue le visage, mouvement négatif qui ne sert qu’à ordonner mes pensées, je m’empêche de lui répondre, elle ne mérite pas mes paroles, voleuse déjà des jolis lettres que j’avais pu imaginée, toutes celles aux dorures dorées que je n’avais jamais prononcés tout au tout fort. Elle les avait pris pour me les rendre détruites, salies, rongées, rouillées. Le corps qui se tend sous le poids si léger du front de la demoiselle, phalanges qui se sert sur les barreaux métallisés, mâchoires qui viennent se joindre pour ne pas gueuler. Et son visage tourne, lentement, la joue qu’elle applique entre mes omoplates, le rebord de ma veste toujours entre ses doigts, tremblements incessants. « Laisse moi rester là. Un peu. Si j’te fais pas trop peur, laisse moi juste faire ça. » Le même mot qui revient encore et encore à m’en rendre cinglé. Soupir froid qui sort de mes lèvres, vient les faire trembler, attrape les poumons pour les relâcher violemment, le cœur s’emballe et je ne peux que lâcher les barres de la cellule. Bras ballant qui tombe sur mes flancs alors que je remonte le visage. « Arrête j’ai dis. » Avertissement à nouveau, rugissement presque qui sort de ma gorge écorchée d’un alcool pas assez consommé. « Arrête de me parler. » et je me retourne, casse le lien, casse le confort, casse la chaleur qui commençait à s’étendre dans la poitrine, espoir quelconque de m’être trompé sur tout. « Je veux pas t’entendre, je veux pas savoir ce que tu as à me dire surtout si... »son regard que je ne croise pas, les yeux tombent au sol, myocarde hurlant à la mort dans la poitrine, elle comprend pas, elle comprend rien, elle est bornée, trop bornée putain. Coincée dans son mal être, incapable de voir que j’ai pas peur d’elle, que j’ai jamais eu peur d’elle, que j’ai toujours eu plus peur de moi même et de cette furie qu’elle provoquait dans mon être plutôt que de ses griffes acérées. Enfant sous l’emprise dès le premier sourire. « Tu te trompes okay ? Tu dis de la merde, arrête. » Mots durs, brouillons pourtant, les pensées s’emmêlent alors que les sentiments ressentent. « Arrête de dire que j’te fais peur ou j’en sais rien, ça sert à rien, c’est inutile tout ça. Je sais pas c’que tu cherches à réparer, ou à te prouver...je...J’ai pas peur de toi, c’est ça que tu comprends pas, Az’. » Le visage que je relève, mouvement inconscient de mon bras qui se lève vers elle, sans l’atteindre pourtant, il retombe, se balance dans l’air quelques secondes, j’ai envie de la reprendre contre moi, j’ai envie de prétendre que tout va bien, que le nous existe. « J’aurais jamais peur de toi, Az’, même si tu continues à te détruire peu à peu…alors arrête avec ta question à la con… » Soupir, son regard que je tiens tandis que les mots s’envolent, le besoin qu’elle comprenne que mon cœur est bien trop impliqué pour ressentir de la haine, de la peur, du dégoût. J’arrive pas à me détacher, je le sais, c’est trop tard, je peux plus, je pourrais pas, jamais.
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MessageSujet: Re: G L O R Y B O X | AZY    Lun 1 Jan - 20:57


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G L O R Y   B O X 
AZY

Elle a apprit par cœur la chanson des cœurs brisés, elle en connait chaque notes à laquelle s'attache une douleur différente, un mal de plus qui appuie toujours au bon endroit. Peut-être que la fille timide en elle, pas vraiment morte, ni réellement vivante, tremble de tout son être alors qu'elle essaie de contrôler un corps remplie d'une eau qui rend son cerveau endormi. Un nuage étrange qui obscurcit ses pensées et l'empêchent de s’accrocher à la réalité et aux actes qu'elle a commit. Envers lui, envers ce « eux » qu'elle a déchiré de ses doigts sans trop de pitié, la certitude de crever avant d'atteindre le prochain âge, que ça servira à rien de persister à survivre dans l'existence d'un garçon qui a l'air d'avoir des rêves trop lumineux, des espoirs trop brûlants qui écrasent sa conscience qui n'en est plus remplie. Que de la crasse qu'elle efface jamais, qu'elle laisse s'entasser pour que d'autres monstres s'y installent, rois de ses actes et de ses convictions. Mais ce soir ils dorment, somnolent, assommés par les shots enfilés au fond de la gorge. Décapé la colère. Moins à vif les blessures qui suintent trop de secrets. Alors elle tente Azur, de murmurer des mots qui peinent à sortir, meurent sur une langue pâteuse, s'écrasent contre des lèvres carmines et sombres qui ont plus que des insultes à offrir, des poignards bien polis qui piqueront au bon endroit. Mais c'est pas ce qu'elle veut ce soir la brune, elle cherche un peu de cette chaleur qu'elle a voulu avoir avant de se laisser crever.

Une pointe d'hésitation avant que ce ne soit son visage qui rejoigne un dos contre lequel elle s'est déjà laissé aller. Sa joue qui retrouve presque un coin déjà exploré, rêve de pouvoir en effleurer la peau, en découvrir les recoins cachés sans réussir à vraiment se l'avouer. Oublier le connard à la gueule démontée par des poings qui doivent souffrir, rejetant leur rage sur des barreaux en fer glacé. La brune fixe un point vide, un béton niqué du passage d'autres corps aussi mutilés que le sien, parfois bien plus. Un endroit où Matty a pas sa place. Elle aimerait lui dessiner un endroit où elle arrivera jamais à venir, où les portes seront assez solides pour qu'elle arrive jamais à y passer, pour le parer du monde trop laid dans lequel elle est en train d'entrer, marée noire qui lui épousent déjà les cuisses, lui remontant jusqu'à l'aine et elle est sûre que ça finira par l'engloutir toute entière. Un silence passe, comme un ange volerait sans faire de bruits. « Arrête j’ai dis. » elle cille, les doigts se resserrant sur le vêtement qu'elle serre encore entre des doigts blanchis par l'effort, s'empêchant de trembler. Puis le froid revient quand il se décale, s'écarte, qu’elle se retrouve avec la glace qui les entourent pour seule couverture, qu'elle recule d'un pas « Arrête de me parler. » et même si il se retourne, elle a même pas l'océan de ses yeux pour s'accrocher au présent, rien, vraiment pas grand chose. A se demander comment elle tient encore debout. Il coupe doucement les fils, elle le sent, elle se doute pas que ça pouvait faire aussi mal le rejet. « Je veux pas t’entendre, je veux pas savoir ce que tu as à me dire surtout si... » si quoi ? Elle attend, les lèvres scellées par l'angoisse, cousues de doutes et de peur qui s'entassent. « Tu te trompes okay ? Tu dis de la merde, arrête. » [/b] les dents se resserrent alors qu'elle tente de comprendre le chaos qui sort de sa bouche, les phrases qu'il a du mal à aligner d'une voix qu'elle entend comme quelque chose qui sonne creux.

Et elle se sent nauséeuse, la peur d'avoir détruit quelque chose, d'avoir creuser tellement trop fort qu’elle a brisé un truc, une ampoule de joie qui subsistait encore en lui. Et c'est son cœur qui tremblote alors qu'elle essaie de le comprendre « Arrête de dire que j’te fais peur ou j’en sais rien, ça sert à rien, c’est inutile tout ça. Je sais pas c’que tu cherches à réparer, ou à te prouver...je...J’ai pas peur de toi, c’est ça que tu comprends pas, Az’. » un bras qui se tend et un visage qu'il lui découvre à nouveau, l'espoir nait en quelques étincelles mais la main ne l'atteint jamais et les yeux ne se percutent toujours pas. Ce sont ses mains parfois douloureuses qui sont glacées du manque des siennes, ses lèvres qui réclament encore la douceur des siennes et son corps à l'aube de l'oubli qui ressent plus grand chose pour l'instant. « J’aurais jamais peur de toi, Az’, même si tu continues à te détruire peu à peu…alors arrête avec ta question à la con… » la brune cille, pas sûre de comprendre, secoue un peu la tête alors qu'elle tente de croiser des yeux qu'elle a failli oublier « Si j'te fais pas peur … je t'inspire quoi alors ? » question risquée, qui peut tout casser définitivement mais elle tente, sûrement que l'alcool rend encore plus con que d’habitude. Une inspiration tremblante avant qu'elle se recule encore de quelques pas, comme pour fuir ce qu'elle a envie de faire, comme pour résister au fait de le forcer à s'approcher d'elle, à s'accrocher et à plus la lâcher. Une erreur, encore une erreur. « Et j'me détruis pas Matty. » elle secoue un peu la tête, un sourire teinté du gris de la tristesse qui s'étire un instant avant qu'elle ne le regarde « C'est le monde qui a fait ça. C'est les gens que je cesse pas de rencontrer qui m'ont forgée. J'suis juste le fruit de la connerie des autres. Un putain de dommage collatéral. Jamais là … au bon moment. » rire amer vite jeté dans l'air avant qu'elle ne se rassoit lourdement, comme épuisée des efforts fait pour pas grand chose, se rappelle même pas pourquoi elle a essayée. Sûrement encore la conne qu'elle a butée d'elle-même une nuit d'été où tout semblait allait bien qui tente d'encore respirer à travers elle. « Dis ... T'as pas mal au cœur Matty ? Mal de tout ça ? » la voix est douce, fait presque entendre la gosse qu'elle arrive plus à être parfois, sonne comme un autre point final qu'elle est prête à écrire.


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MessageSujet: Re: G L O R Y B O X | AZY    Lun 8 Jan - 5:06
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Et ça te rends malade presque, insupportable, mauvais, méchant. Ca te change, te transforme en cette chose que tu n'es pas,cette personne que tu t'es promis de jamais être. T'es rien qu'un animal blessé, coeur brisé qui en veut au monde entier.

Pression qui monte, comme une bonbonne trop exposée à la chaleur, prête à exploser. J’ai le myocarde qui se noie dans des flammes au goût envenimés, sel d’une mer incapable de se calmer, les émotions qui ne se contiennent plus alors que je sens le poids de son visage entre mes omoplates, représentation littérale de la cage qui m’enserre le palpitant. Et je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus vraiment comment réagir face aux mots qu’elle prononce. Hésitation totale, les idées d’une violence qui ne me ressemble pas s’enchaîne dans l’esprit et je serre les dents, vient me niquer les mâchoires, phalanges qui blanchissent contre les barreaux de métal, j’ai qu’une envie, c’est de lui gueuler au visage. Lui dire qu’elle ment, qu’elle se trompe, qu’elle n’est rien. Envie de lui mentir face à sa tête d’épave, de lui dire que j’en ai rien à faire d’elle, qu’elle représente rien, que je ne ressens rien, que ça a toujours fait parti du jeu, de ce jeu de chat et souris auquel on jouait au début, que je suis comme les autres, un connard manipulateur qui veut juste venir lui aspirer un peu plus de son être avant de la jeter dans un coin. J’aimerais pouvoir, j’aimerais avoir la force, j’aimerais avoir le coeur aussi robuste, aussi gelé que certaines personnes qu’elle semble avoir croisée. Mais je ne peux pas. Je suis pas comme ça, moi, sale gamin du fin fond d’Albany qui jouait au caïd dans l’espoir de faire réagir la mama, les ainés, n’importe qui. Mais personne, jamais personne ne disait rien, juste la plus jeune qui remarquait, qui savait, qui comprenait. Faiblesse éternelle d’un enfant jamais sorti de son conte de fée. Sauf que la vie du Bronx, c’est pas ça, jamais. Le ciel y est gris et même si le soleil pointe souvent le bout de ses rayons dorés, personne n’est dupe, tout le monde est bien conscient que dans chaque ruelle voisine, le soir, y’a une nouvelle personne dont le dernier souffle se fait entendre.

Soupir profond qui brise la barrière de mes lèvres abîmées, les bras qui remue dans le vide alors que je m’écarte d’elle. Chaleur que je perds immédiatement, chaleur dont le manque se fait sentir. Pesant. Y’a presque mon t-shirt qui se tire alors que je m’éloigne, comme s’il restait accroché entre ses doigts à elle, comme si Azur essayait de me retenir. Illusion d’un coeur brisé. Les mots se décousent, viennent ouvrir les sutures, viennent raviver les plaies, et voilà que les avertissements se transforment en vérité, les aveux que je lui fais, ose enfin la regarder et j’essaie de ne pas trop me perdre dans son regard de mort, parce que j’ai l’impression que même ses yeux ont changé, que le bleu n’y est plus, que l’océan a disparu, qu’il s’est asséché pour ne laisser derrière lui plus que la terre sèche d’un noir foncé. La vérité fait mal, douleur insupportable que je sors d’entre mes lèvres. j’ai pas peur, non jamais. Et elle est perdue, l’Azur, je la vois bien, elle se perd dans son propre esprit, sûrement que mes paroles viennent ouvrir des chemins qu’elle n’avait jamais considéré, des trucs qui lui semblaient impensables, insensés. Elle a les yeux aussi expressif qu’un trou noir, les mots glissent, pleins d’interrogations. Elle comprend pas, vraiment pas. « Si j’te fais pas peur… Je t’inspire quoi alors ? » Je baisse le regard, incapable de la regarder, sachant très bien qu’elle n’en a rien à faire de ce que je peux ressentir. « T’as pas envie d’le savoir crois-moi. » murmure discret, tel un enfant qui vient de se faire réprimander. J’aimerais la prendre juste contre moi, venir lui dire les mots au creux de nos lèvres jointes, mais tout est compliqué dans cette réalité. C’est loin d’être romantique, d’aimer. C’est merdique, ça t’arrache des entrailles alors que t’as rien demandé à personne. J’ai pas choisi moi, d’être attiré, de m’écorcher le myocarde face à des mèches qui déjà ne rayonnaient plus réellement.

Je l’observe qui s’écarte, muscles tendus que j’enfonce le plus possible dans le sol de la cellule. Ne pas bouger, ne pas venir la rattraper. Je garde le visage bas, observe le jeu d’ombres contre le béton nu de la prison, et j’entends ces mots. « Et j’me détruis pas Matty. » La réalité qu’elle nie, vérité qu’elle habille de ces illusions qu’elle doit se foutre dans la tête. Ça me fais serrer les poings, de l’entendre clamer haut et fort, que non, elle ne se détruit pas. Conneries qu’elle se force à avaler, rien de plus. J’ai le menton qui se relève, soudain, vif, les syllabes pleines de protestation prêtes à sortir. Mais son sourire de pluie m’arrête, la tristesse nettement peinte sur ses traits. L’envie de venir y passer mes doigts jusqu’à en gommer les moindres traces, besoin même de venir me servir de mes doigts pour y changer le gris en couleurs vives, comme lorsqu’elle était assise en face de moi à manger une glace. Même l’Azur pleine de fougue, celle qui n’était que flammes éternelles j’aimerais la revoir. Sourire aussi triste que le sien qui vient habiller mon propre visage alors que les mots reprennent. Phalanges qui se serrent, et j’avance doucement, ne voulant pas brusquer son flot de penser, ne voulant pas laisser s’envoler l’occasion de lui parler, calmement, d’essayer, sans se déchirer. « C’est le monde qui a fait ça. C’est les gens que je ne cesse pas de rencontrer qui m’ont forgée. J’suis juste le fruit de la connerie des autres. Un putain de dommage collatéral. Jamais là… au bon moment. » Amertume de son rire jeté en l’air, venin qui s’étale sur le palpitant déjà fragile. C’est étrange de la voir si calme, douce presque. C’est elle qui rend les armes cette fois-ci et je ne suis pas certain d’aimer ça, d’apprécier de la voir ainsi. Tremblement de terre insonore alors qu’elle s’écroule sur le banc, comme si les mots l’avait vidé de son énergie. Et peut-être que c’est le cas, peut-être que c’est sa manière de montrer qu’elle a fini, qu’elle ne veut plus être celle qu’elle est, là de suite, avec moi. La belle sirène détériorée, échouée sur une plage de sel depuis bien trop longtemps, essoufflée, au bout d’une vie qui continue alors que son corps a déjà abandonné tout espoir de survie. Silence que je conserve et je me pose à côté d’elle, doucement. « Dis… T’as pas mal au cœur Matty ? Mal de tout ça ? » Mots qui confirment presque mes suspicions. Azur fatiguée que j’ai à côté de moi, on dirait presque une enfant, celle qui fait vraiment son âge une fois débarrassée des morceaux d’armure déglinguée qu’elle se force à trimbaler ici et là. Soupir et je ne réponds pas, cherchant les mots, cherchant comment les articuler. Bras que j’ouvre, essai incertain et je la surveille du coin de l’oeil. Elle ne bouge pas, reste immobile, même lorsque je passe mes bras autour d’une épaule, la ramenant vers moi, cédant enfin aux demandes du myocarde. Et j’ai les doigts qui passent doucement contre des cheveux de jais, les sens submergé par sa présence trop proche. Je devrais pas, je devrais fuir, partir, rester loin. Mais je ne peux pas, je ne veux pas. Les alarmes que j’ignore dans ma tête, choisissant de me concentrer sur Azur, sur elle, sur nous, là maintenant. Sur ce moment qui peut-être n’arriverait plus jamais, celui où les cœurs ont cesser de se déchirer pour se retrouver. « C’toi qui m’fais mal Az... » Les paupières que je ferme, regrettant les paroles qui devaient sortir. Je sais que je casse sûrement l’instant, je me doute que la douceur s’envolera en un rien de temps, mais j’espère juste qu’elle comprendra, la demoiselle. Inconsciemment, j’ai les doigts qui agrippent un peu plus ses fringues, prêts à la retenir contre moi si elle veut partir. Je demande que ça, qu’elle ne bouge pas et dans le fond j’en viens à me dire que ça m’irait bien de rester ici, avec Azur contre moi, juste nous perdu au fin fond d’une cellule, enfermés loin du chaos cruel qu’est la vie.
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