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▹ TAF : Ancien combattant, répare-tout-électro-mécanicien pour arrondir mes fins de mois.
MessageSujet: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Sam 29 Juil 2017 - 20:19

Nicholas Haagen
Raciste, aigri, homophobe, technophobe, anti-démocrate mais patriote.



(NOM) Haagen (PRÉNOM) Nicholas Asbjorn (ÂGE) 55 ans. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) 24 mai 1962, Green Bay - Wisconsin (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) Ancien combattant, mécano touche-à-tout pour arrondir les fins de mois. (NATIONALITÉ) Americaine (ORIGINES) Danoise. (STATUT CIVIL) J'aime ma chienne. (ORIENTATION SEXUELLE) Onanisme hétérosexuel, sinon sexe tarifé. (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) Avril 2017.  (GROUPE) Ceux qui survivent.

« Touche à mes clés, je te répare la tronche. »

(Quand et comment avez vous emménagé au Parking ?) Par mégarde et opportunisme. Assez tard dans la nuit, suffisament tôt pour qu'il n'y ait personne pour m'emmerder. C'était un jour d'avril, je ne sais plus lequel. Avril était un bon mois pour le faire, ni trop froid, ni trop chaud.
Accompagné d'un vieux truck que m'a prêté un ami, j'ai déchargé seul mes affaires en comprenant que mes réticences à venir ici était fondées. Même des rats ne voudraient pas y vivre.
J'ai pas réussi à monter seul le frigidaire dans les escaliers alors un chicanos est venu m'aider. Selon moi, je lui bloquais le passage de toutes façons. Après la politesse d'un « merci, mais retourne dans ton pays », il m'a gratifié d'une insulte en je ne sais quelle langue. Ingrat. Finalement, ça a tiré jusqu'au petit matin pour l'emmenagement. J'ai retrouvé le véhicule avec un tag "Fack EAST COAST !!!" sur le pare-brise. C'était sûrement dû à la plaque immatriculée Californie, connerie de rivalité est-ouest. Le bazar que ça a été de la ramener au garage avec un tag en plein milieu du champ visuel. Bref, une entrée en matière comme une autre.

(Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ?) C'est une taule en mauvais état abritant des personnes qui ne le méritent pas. Les chicanos, les nègres ou les bridés sont d'autant de gens qui n'ont rien à faire ici, quand ce ne sont pas des criminels. Désormais, les honnêtes citoyens doivent fermer les yeux et leur gueule sur leurs trafics. Les flics ne rentrent plus dans le bâtiment. J'ai l'impression d'être un des rares à avoir les couilles de leur dire ce que j'en pense. Les jeunes sont plus pédés que les pédés de mon temps, les filles s'habillent n'importe comment. Ils n'écoutent pas de musique, mais du bruit. Personne ne propose son aide aux personnes âgées. Tout part à vau l'eau, le papier peint se décolle des murs, les poubelles sont pleines de seringue et de capotées usagées, les câges d'escaliers sentent la pisse, les portes arborent des traces de couteaux et la concierge continue d'avoir ce sourire niais et rassurant de "tout va bien" alors que ça n'est pas le cas.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Je sais bien ce qu'ils pensent de moi. Le débris raciste qui erre dans les couloirs que les locataires préfèrent éviter. Celui qui vous regarde dans les yeux alors que vous faites semblant d'être si occupé sur votre téléphone portable lorsqu'il vous pose une question. Un de la vieille école qui ne comprends pas comment tourne le monde moderne. Un forcené qui perds son temps à s'embrouiller avec les petites frappes en bas de l'immeuble en leur déclarant : "va faire tes négreries ailleurs ou je t'encastre le visage dans la boîte aux lettres.". Celui qui parle un peu tout seul lorsqu'il défile dans les couloirs, qui va sortir son escabeau pour réparer un lampadaire défectueux dont tout le monde se fout. Le même type avec la même odeur de bière mauvais marché et de tabac froid tous les jours de la semaine. Celui qu'on n'a jamais vu esquissé un sourire et qui n'a d'affection que pour sa chienne. Le gars qui vit seul dont les seules filles pénétrant son seuil sont toutes différentes et ne reste jamais très longtemps. Quelqu'un de presque ordinaire par ici.

PSEUDO/PRENOM : Vespéral ÂGE : 1992. PAYS : Fransse FRÉQUENCE DE CONNEXION : Tous les jours. COMMENT AVEZ VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : Minimaliste, complet et intelligent (oui, je n'ai pas répondu). REMISE EN JEU Acceptée. (TYPE DE PERSO) Inventé. (CRÉDITS) Retouche personnelle COMMENTAIRE OU SUGGESTION : Nein. AVATAR : Peter Stormare

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Dernière édition par Nicholas Haagen le Mar 8 Aoû 2017 - 17:16, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Sam 29 Juil 2017 - 20:20

Frapper pour exister.
Quelques touches sur une machine en métal, avant que le temps n'y mette un point.


5 novembre 1975
Papa m'a offert une machine à écrire. Je suis un peu hésitant alors que mes petits doigts appuient sur ces gros boutons. Si je fais une faute, je dois tout recommencer depuis le début. Du coup, je réfléchis d'abord à la phrase avant de l'écrire. Cela fait bizarre de voir le texte s'imprimer au fur et à mesure.
Ici, à Green Bay, il fait un peu froid, c'est le début de l'hiver. La neige recouvre le toit des voitures et maman insiste pour que j'enfile mon écharpe à chaque fois que je sors dehors. J'aime bien cette période de l'année. Les passants sont emmitouflés dans leurs vêtements et cela me rappelle les astronautes que j'ai vu à la télévision. Papa m'a indiqué que l'on allait déblayer la contre-allée avec l'aide des Jeffersons. Je n'ai pas très envie de le faire mais parfois, le verglas sur le sol permet de faire de la luge sur quelques mètres en utilisant l'assiette de la grosse pelle de déblayage. A notre retour, maman nous accueillera avec des boissons chaudes. Café pour Papa, chocolat chaud pour moi. J'espère que je pourrai avoir aussi quelques biscuits avec ça, même si on s'approche de l'heure du dîner.
Voilà, c'est tout pour mon premier essai sur la machine à écrire. J'aime bien la musique que ça produit au fur et à mesure que j'écris.


24 mai 1977
Papa est mort. Cela m'a pris du temps de réunir le courage nécessaire pour remettre mes doigts sur le dernier cadeau qu'il m'a offert. Il est difficile de dire ce que je ressens. Les cliquetis métalliques ressemblent désormais à une éloge funèbre que je ne peux que continuer de jouer.  J'ai l'impression qu'un vide béant a remplacé le centre de ma poitrine. Plus exactement, un vide rejetant, comme une porte défoncée dans la carlingue d'un avion chutant à toute vitesse.
Maman pleure beaucoup. Dans sa chambre, jusqu'à tard le soir. Je le sais car, il m'arrive de le faire aussi. Au lieu de m'appitoyer, j'en tire la force d'aller de l'avant. Je commence à forger mon corps et mon esprit, je tire les leçons de cette épreuve. La première, la prière est le pari réconfortant de ceux qui n'ont pas l'aplomb d'agir. La seconde, le temps  jusqu'au cercueil est trop court pour se permettre de ne pas prendre sa vie en main. J'ai désormais 15 ans, et je vais changer ma vie. Dans 3 ans, je pourrai m'engager dans l'armée. Dans un an, je serai assez vieux pour m'inscrire au camp de vacances des aspirants militaires. Dans 6 mois, j'aurai développé une condition physique suffisante pour impressionner les responsables du camp. Dans 3 mois, je quitterai l'école pour m'orienter vers un savoir utile. Demain, je dirai à mes amis ce que je pense d'eux, que ça leur plaise ou non, qu'ils aient pitié de mon deuil ou pas. Dans 2 minutes, j'entame ma troisième série de tractions.
A faire : inspecter puis réparer la touche virgule de la machine, elle n'arrête pas de couiner. C'est irritant.


Eté 1978
Je suis allé au camp des ados apprentis militaires. Cela a été conjointement la pire et la meilleure expérience de ma vie. J'ai un paquet de choses à raconter.
La première, j'ai eu raison d'insister autant sur ma préparation physique.
Je crains même d'avoir perdu du muscle pendant le séjour. Les autres séjournants étaient pas si terrible pour la plupart, à part les noirs. Les nègres qui y étaient, j'étais un des rares à leur tenir tête physiquement. Putain que vivre dans le désert ça doit les pousser à se dépasser.
La seconde, j'ai fait la rencontre d'un sergent de l'armée. Ce mec nous faisait des présentations sur les véhicules militaires et l'entretien que cela nécessitait tous les jours. J'ai jamais vu un gars me parler d'une chose aussi banale avec autant de passion. Finalement, j'ai passé pas mal de temps avec lui à discuter, à le regarder faire quand il tâchait de dépanner le parc automobile du camp, même à réparer toutes sortes de choses. Il m'a fait boire ma première bière à 16 ans, et il m'a donné une clé à tube comme "les chevaliers s'adoubaient avec leurs épées".
La troisième, j'ai fait la rencontre de l'homosexualité, en même temps que celle de l'homophobie. C'était une nuit agitée, je cauchemardais. Je ne me rappelle plus de la substance de ce rêve mais cela a été suffisant pour me tirer hors du lit. Je suis allé aux douches pour me passer de l'eau froide sur le corps. Avant de tirer le levier de commande, j'ai entendu un bruit de respiration halletante. Je me suis interrompu, pensant qu'il s'agissait d'un joggeur insomniaque à l'extérieur, mais non, le bruit est resté, devenant plus fort. J'ai tendu l'oreille, cela venait de la cabine du fond. J'ai progressé lentement, à poil, prêt à intervenir en cas de problème. Et je l'ai vu, de mes propres yeux. Deux gars, en train de se tirer sur la queue mutuellement pendant qu'ils se roulaient des gamelles. Des aller-retours  complets et ça y va pour se donner du plaisir. Quand mes mains étaient pleines de graisse, il s'agissait de camboui, les leurs, c'était du foutre de pédé. Putain. Le futur corps armé de la nation. Merde. Je n'ai pas eu besoin d'attendre qu'ils finissent leur merde, ça a été assez rapide. Putain de merdeux précoces de la tige. Ils étaient anésthésiés, détendus de toutes leurs "caresses", c'était le bon moment. J'ai surgi devant leurs visages, complètement nu. En l'espace d'une dizaine de secondes, j'ai pu lire dans le vide de leurs yeux la surprise, le désir, puis la peur. Je les ai démolis. Ils le méritaient. L'agitation a amené d'autres garçons,  mais j'ai eu le temps de péter quelques dents et de m'assurer qu'ils ne pisseraient que du sang jusqu'à la fin de leurs jours. Lorsque les autres ont demandé ce qui c'était passé, on s'est contenté de repondre qu'ils avaient glissé. J'avais les métatarses pleines de sang et les conclusions étaient faciles à tirer. Pour autant, ils ne dirent rien. S'ils me dénonçaient, j'allai révélé leur secret honteux au grand jour. L'affaire était réglée. Après cet épisode, j'ai passé tout le reste du séjour à leur faire sentir ma présence afin que l'idée de se dépoussiérer le barreau ensemble ne traverse plus leur esprit malade.
La dernière, la violence est exutoire. Je ne me suis jamais senti aussi vidé et libre qu'au moment où j'ai pu leur latter les couilles. J'ai brisé le silence, désarticulé l'expression de leur visage sous la douleur, fait couler la colère dans mes membres, émaillé le vernis de notre civilité pour y laisser une marque. Finalement, il n'y avait que ça de vrai. Les actes et leurs conséquences.

J'ai informé Maman que je quittais définitivement l'école. Cela a viré rapidement en dispute. Mais, elle n'a plus vraiment d'énergie à revendre alors j'ai obtenu rapidement gain de cause. Je ne veux pas lui faire du mal, mais je refuse également qu'elle contrôle ma vie parce que toute la société lui vend que l'éducation scolaire est le meilleur futur possible. Les journaux sont écris par des écoliers, pour d'autres futurs écoliers. Je lui ai promis de ne pas mal tourner, de ne pas faire de mauvaises fréquentations. Je lui ai juré que je ne la laisserai pas, qu'elle sera fière de moi.
A faire : chercher dans le quartier un garage qui accepterait qu'un jeune apprenne le métier sur le tas.


Décembre 1977777777777777777777777777777777777777777779.
Décembre 1979.
Putain de touche 7 bloquée une fois sur deux. C'est l'hiver ici. Les journées sont difficiles au garage mais elles ont le mérite d'être bien remplies. ça fait un moment que je n'avais plus posé mes doigts sur ces touches. A vrai dire, le premier mois, je ne pensais pas qu'on pouvait avoir des crampes dans les mains. Moi qui était tout fier de mes bras, j'ai vite appris que les vieux qui bossent dans cet endroit ont largement de quoi te broyer la main lors de te la serrer. ça forge le respect.
Je suis le plus jeune au travail. La plupart ont dépassé la trentaine et ont déjà des enfants. J'essaie de me laisser pousser la barbe pour paraître plus vieux, mais c'est pas très efficace.  Pour autant, je ne me sens pas exclu. Ces gars-là ont le goût de la chose bien faite et ton âge, ton origine, cela leur semble bien égal tant qu'on a pas à te reprocher ton travail à la fin de la journée. A ce titre-là, je fais bien partie des leurs. J'ai une certaine inexpérience, mais, à la vérité, si tu ouvres bien tes oreilles dès le départ sans discuter, tu as déjà toutes les informations dont tu as réellement besoin. Il y a quand même certains inconvénients, mais bien concentré, tu les oublies vite. On gueule pour se parler, on refoule la transpiration et on a les mains constamment sales. Si cela devait vraiment me déranger, je ne choisirai pas de m'engager.
Désormais, je me couche tard et je me lève tôt. Je m'entraîne avant le lever du soleil, je bosse, je mange et je bosse. Les collègues vont souvent au bar et s'arrange avec le tenancier pour me laisser consommer. A partir de trois pintes, on discute de tout. Politique, sport, femmes, patriotisme, le boulot, politique et sexe. Ils m'ont raillé un moment à propos de mon pucellage. Puis finalement, j'ai fini par m'y intéresser un peu. C'était quelqu'un d'assez quelconque et je partais pas dans l'idée d'en faire une soirée mémorable. Et cela ne l'a été que par la déception qui s'en est suivie. Alors oui, c'est agréable en dedans, mais ça ne dépasse pas ce stade là. Elle avait des petits seins et des mamelons trop grands, même si, par chance, je n'ai vu que son dos tout du long. Elle bougeait pas, ou peu. Elle avait une façon de gémir qui me donnait l'impression d'un enfant qui chouine. Et c'était trop court. Decéption, totale. J'en suis venu à la conclusion que les plus vieilles étaient meilleures à ce niveau-là, il suffisait d'entendre tous les autres hommes en parler. Les jeunes ont la fraicheur du corps, les vieilles ont le savoir faire. Il faudra que j'essaie, surtout avant de m'engager.


Aout 1980
ça y est. Je suis terriblement excité. C'est fait. Je suis officiellement accepté à l'armée. Ma formation ne démarre que dans quelques mois, mais je compte déjà les nuits qu'il me reste avant de retourner dans les dortoirs collectifs. J'ai pris quelques congés pendant l'été et on va aller près de North Manitou Island. Là-bas, on prendra une cabane près de la plage et on profitera du beau temps. Je sais que meme si elle n'en parle pas, cela lui fera du bien. A vrai dire, à moi aussi. En ce moment, il fait très chaud dans l'atelier et je sue des litres d'eau par jour. Les collègues sont plus irritables à cause de la chaleur et on voit défiler tous les jours les vacanciers si heureux de partir, c'est désespérant.
La semaine dernière, je suis allé sur la tombe de papa. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris mais je lui ai parlé. Je sais bien qu'il n'est plus là et qu'il ne peut certainement pas m'entendre, mais j'ai bien discuté une demi-heure avec sa tombe. Je lui ai parlé de moi, de maman, d'à quel point il nous manquait, de ce choix de devenir militaire afin de se rendre utile. Je sais qu'il approuverait. Ma famille a vécu l'occupation danoise par les allemands et même s'ils n'en parlaient que peu, cela leur a laissé des traces. Désormais, je veux agir pour éviter que des histoires comme la leur arrivent de nouveau.


8 Octobre 1982
Je suis en train de finir mon paquettage quand Meli essaie de réconforter maman. Meli, c'est ma nana. Elle s'appelle Melissa, mais je l'appelle Meli, même si elle déteste ça. Dans une semaine, mon bataillon part pour rejoindre les forces des Nations Unies dans la paix qu'on souhaite installer au Liban. Même si on a pour but de stabiliser la situation là-bas, osons appeler un chat un chat, je pars en guerre.
Avoir un fils militaire est une idée honorante pour un parent, mais le voir partir à l'autre bout pour cotoyer de près la mort, ça n'est plus la même chose. J'ai essayé de la rassurer, je suis un électro-mécanicien, je ne serai pas sur les lignes de front, je m'occuperai principalement des véhicules lorsqu'ils rentreront à la base. Je n'aurai probablement pas à sortir mon arme du conflit. De plus, il n'y aura pas que des soldats américains, nous pourrons compter sur d'autres nations. Mais apparament, ça n'a pas suffi à la calmer. Selon Meli, c'est normal. Selon moi, c'est normal, mais chiant.
Je sais bien que Meli est triste également, mais elle n'en parle pas.
Elle sait très bien ce que ça impliquait d'être avec moi. Je lui ai dit que je répondrai à l'appel du devoir. A la vérité, j'ai peur. Pas la peur d'y rester, mais plutôt la peur de ne pas pouvoir revenir pour m'occuper d'elles. J'ai déjà vu ce que pouvait provoquer une absence, je n'ai pas envie de le reproduire.


Mars 1985
Cela fait un mois que je suis de retour. Cela fait un mois que je bois avec des collègues et que je m'engraisse grace aux plats maternels. Cela fait un mois que je n'ai plus fait un seul exercice. Cela fait un mois que je n'ai plus touché à une clé. Cela fait un mois que Meli ne comprend pas que je ne veux pas la toucher. Cela fait un mois que ma mère pleure de joie et moi qui pleure en dedans, à l'abri des regards et des mains maladroites. Cela fait un mois que le secrétariat militaire s'inquiète de savoir si je suis toujours viable psychologiquement. Cela fait un mois que j'esquive les conversations à propos de ma mission au Liban. Cela fait un mois que je rejette le confort de ma vie rangée dans la maison familiale. Cela fait un mois que je m'arrange pour obtenir des somnifères auprès d'un pharmacien vérreux. Cela fait un mois, un mois qui est long comme une année.


Décembre 1990
C'est reparti pour un tour. J'ai un pack de six dans la tronche, ça va être propre. J'ai reçu l'ordre de mon affectation comme tu envoies une lettre au Père Noël. Je ne veux pas y aller et je ne veux pas être un lâche non plus. J'atteins un âge où je ne suis plus censé y avoir un avis, surtout avec un conflit déjà derrière moi. Les jeunes ont des choses à prouver, les vieux espèrent simplement tirer suffisament la couette pour arriver à la retraite. Et comme un con, j'ai rien à prouver, ni assez d'influence pour pouvoir me tirer un bas de laine convenable. Bref, je vais chier dans mon froc à l'idée de survivre pour une compensation de merde pendant que d'autres cons vivent paisiblement une vie merdique.
Meli s'est barré. Plus exactement, elle ne veut plus me voir. J'ai réussi à lui faire accepter de venir s'occuper de ma mère pendant mon séjour dans le cul de l'enfer. ça ne la ravit pas, mais toutes les deux s'entendent assez bien. Je sais bien que même si elle se montre froide, elle s'en fait pour moi. Qu'elle arrête de m'emmerder avec ça. Elle était là quand y'avait les obus qui sifflaient au-dessus du camp toute la journée ?
Quand t'as vu à la jumelle tout l'équipage d'un tank se faire sauter par une roquette tirée d'une colline mal repérée ? Quand tu vois un ami en train de chialer avant de monter la jeep et que tu dois lui mettre des droites pour qu'il remette ses tripes en place sinon son échec causera d'autres morts ? Quand tu nettoies les traces de sang sur les véhicules sans poser de question et que tu ignores s'il s'agit d'un sang allié ou d'ennemi ? Quand tu trembles en serrant les écrous d'un pneu et que tu sais que si l'essieu lâche à cause de toi, t'as quatre gars qui n'auront même pas le loisir de t'en vouloir ? Quand tu. Quand tu, participes au triage avec les infirmiers parce qu'ils sont plus nombreux au sol que sur leurs deux jambes. Rien. De la merde. Et j'ai pas dit le pire. Rien de toute cette merde ne lui a traversé la cervelle. Elle ne fait que l'imaginer dans sa forme la plus douce que toute la violence qu'elle n'a jamais connue peut lui faire comprendre. Elle sait pas et saura pas ce que c'est que de se réjouir lâchement juste à l'idée qu'un autre bataillon va prendre ta place pour se faire tuer.
J'ai envie de vomir. Que ce soit l'alcool, l'homme ou les femmes.
J'ai envie de vomir et je vais vomir.


Janvier 1991
Béni soit l'usure du temps. Bénies soient les nuits sans sommeils.
Bénis soient les hasardements que provoque le rechargement de munition d'une mitraillette mobile alors que son entretien laisse à désirer. Bénis soient les "accidents" de la vie.
Une balle s'est logée dans mon genou et j'ai été déclaré inapt à combattre. Lorsque la convalescence sera terminée, je ne pourrai plus marcher sans l'utilisation d'une béquille parce que les éclats de balles ont transformé l'articulation en une merde d'art contemporain. C'est la meilleure nouvelle que j'ai entendue de toute ma vie. Je ne serai même plus viable pour l'armée, je toucherai une pension d'invalidité de vétéran de guerre. Putain, le pied. J'ai encore mes mains de valides et je pourrai toucher bricoler par-ci ou par-là. Pour l'instant, je bouffe plus de bonbecs par jour qu'un gosse et je plane complètement. Les infirmières sont bonnes et, bonnes. A l'occasion d'un oreiller mal placé, je peux voir leur poitrine pendant qu'elles se penchent pour remettre tout bien en place. En réalité, avec ce poids en moins à transporter, je me sens poussé quelques ailes.


2003
Maman est morte. Elle a eu un accident. C'est ce qu'ont conclu les flics qui l'ont ramassée du carrelage en sang de sa cuisine. Elle avait sorti un escabeau pour changer l'ampoule et elle a fait une chute en arrière et s'est éclatée le crâne. Accident tout bête. Accident plus commun qu'on ne le pense.
J'ai dû faire le voyage depuis Harrisburg pour organiser ses obsèques.
Je ne savais pas qu'il y avait autant de choses à faire. J'ignorai encore plus que notre carnet de numéros était aussi rempli. Beaucoup ont répondu  présent pour commémorer son absence définitive. Je n'ai pas fait de discours, il n'y avait pas de grand banquet, mais ça m'a permis de rencontrer toute une partie de la famille dont j'ignorais l'existence. J'ai découvert l'existence d'un cousin germain. Avec sa femme, ce sont des éléveurs de bovins dans le Texas. Ma tronche a fait peur à leur gamine de quelques années, ça nous a bien fait rire.
J'ai prévenu également Meli, qu'elle puisse lui adresser ses hommages. J'ai pas vraiment parler avec elle. Sa nouvelle vie ne m'intéresse pas et je ne veux pas de sa pitié. ça s'est fait sans violence ni passion, à l'inverse de notre séparation.
J'ai décidé de mettre la maison en vente. Je ne veux pas revivre dans cet endroit. J'ai l'impression d'être enfermé dans un cercueil où le vide de leurs présences est l'air que j'y respire et les souvenirs que j'y ai scellent fermement le couvercle. Je ne veux pas de ces souvenirs.


Décembre 2016
Tom m'a demandé de déménager pour sa fille. Elle veut faire des études d'arts et son ambition folle est d'intégrer les cercles d'artistes de New-York. Lui est bloqué avec son élévage et moi, et bien je vis du loyer de la famille familiale et de ma pension militaire. Je n'ai rien qui me retient à Harrisburg, si ce n'est mon cercle d'amis, la beauté du paysage, mes habitudes et ma détestation du changement.
J'ai accepté. Après une bouteille de whisky, l'honnêteté m'a poussé à me montrer reconnaissant de sa présence lors du décès de maman. ça semblait être un juste retour des choses. Et puis, compte tenu de la relation que j'ai avec la petite, ça va pas me coûter tant que ça. Si j'avais un enfant, j'aimerai aussi qu'il puisse avoir quelqu'un sur qui compter, même loin de moi.
Il m'a donné l'adresse où elle vivrait. J'ai choisi un quartier pas si loin, afin de pouvoir intervenir en cas de problème.
A faire : trouver un mensonge convaincant sur la raison de ma présence quand elle me le demandera (et ça arrivera).


A propos :
  • Dispose d'antécédents cardiaques. A eu un infarctus qui l'a conduit à l’hôpital en 2015.
  • Suit un régime assez strict pour ses soucis de coeur, mais bois et fume.
  • Possède une licence d'arme (validée par l'administration de l'Etat) et un Colt M1911 du temps où il était à l'armée.
  • Possède une blessure de guerre au genou gauche impliquant le déplacement à l'aide d'une canne (non obligatoire, mais quand même plus confortable).
  • Accro aux anti-douleurs à cause de son genou.
  • A une chienne mastiff nommé Guernica âgée de 10 ans.



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Dernière édition par Nicholas Haagen le Ven 11 Aoû 2017 - 19:18, édité 18 fois
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MA RENOMMÉE DE MERDE :
MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Sam 29 Juil 2017 - 20:27
Jamais assez de scandinaves NIARK

Bienvenue, bon courage pour la fiche !


Il était une fois une patate
Une vulgaire patate comme nous en voyons tous les jours, mais dévorée d'ambition. Le rêve de sa vie était de devenir une frite.
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Sam 29 Juil 2017 - 21:07
Bienvenue parmi nous CUTE
Bon courage pour ta fiche :l:


▬ “FILLE LIBRE COMME L'AIR, fille aux ailes d'argent, oiseau volant. Regarde le monde cruel avec ses yeux clairs, se créer des rêves pour tenter de toucher l'univers.”
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Sam 29 Juil 2017 - 21:35
Ooooh Peter Stormare (divin Abruzzi de mon coeur qui manie si bien la hache JEREM LE HERISSON )
Quel excellent choix d'avatar ! Je suis fan mon dieu HAN
Il me tarde de te demander un lien avec mon Isaac parce qu'il est militaire et qu'à mon avis, il y a moyen de se dégoter quelque chose CUTE
Bon courage pour la suite de ta fiche petit Haagen Daas (c'était tentant OMG )
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Lun 31 Juil 2017 - 15:50
Nan mais ce personnage !!
MDR 'tain les vieux de maintenant, c'est plus que c'était...
Bienvenu parmi nous en tout cas ! Hâte de voir la suite de cette petite fiche... j'adore ce que j'en ai lu pour le moment.

@Nicholas Haagen a écrit:
Raciste, aigri, homophobe, technophobe, anti-démocrate mais patriote.
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Lun 31 Juil 2017 - 16:46
Bienvenue vieux chnoc que je vais adorer emmerder LOVE
(oui ça veut dire bienvenue)


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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Lun 31 Juil 2017 - 16:52
Ohohoh j'aime tout ça, et ce feat.
Bienvenue l'affreux coeur
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Lun 31 Juil 2017 - 19:15
Bienvenue sur le forum ! chou
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« Balkanski tigar »

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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Lun 31 Juil 2017 - 19:53
Rhaaa je kiffe l'avatar !
Bienvenue au parking !




il est très facile de développer à tort l'impression qu'on a le contrôle


Richard K. Morgan

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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Mar 1 Aoû 2017 - 2:09
Bienvenue parmi nous Smile Bon courage pour ta fiche ! JEREM LE HERISSON


She was unstoppable. Not because she did not have failures or doubts, but because she continued on despite them.  
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Mar 1 Aoû 2017 - 11:37
Omg mais ça m'a l'air d'être une tuerie ce perso ! OMG J'sens la bière et le tabas froid d'ici What a Face

Bienvenue RAH :l:
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Mer 2 Aoû 2017 - 11:22
Rien que les premières infos, je suis complètement fan du personnage FAN ! Et ce choix d'avatar, vraiment, je suis amoureux là JAIME ! Je viendrais sûrement t'embêter par mp pour quelques petits liens, si tu es sage :PERV:

Bienvenue parmi nous :l:



It’s like when you hear a serial killer say they feel no regret, no remorse for all the people they killed. I was like that. Loved it. I didn’t care how long it took either because I was in no hurry. I’d wait until they were totally in love with me. Till the big saucer eyes were looking at me. I loved the shock on their faces. Then the glaze as they tried to hide how much I was hurting them.  And it was legal. I think I killed a few of them. Their souls I mean.
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Mer 2 Aoû 2017 - 17:22
Bienvenue parmi nous :)


skies on fire
you look so good, my heart rate higher cause architects and artists build towers to admire, but you control the floodgates and i’m on fire.
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   Mer 2 Aoû 2017 - 17:42
Ce personnage a l'air tellement cool Emo
j'aime ce que je lis NIARK
bienvenue ici :l:
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MessageSujet: Re: Le voisin qui te déteste, que tu détestes.   
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