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MessageSujet: ISAAC - Why does my heart cry ?   Sam 22 Juil - 23:32

Isaac Taylor
Say something, I'm giving up on you
I'll be the one, if you want me to
Anywhere, I would've followed you
Say something, I'm giving up on you



(NOM) Taylor, nom aux tonalités américaines. Pour beaucoup, c’est un nom commun, généraliste, se perdant dans la masse nombreuse de la population. Mais dans l’état du Texas, et plus particulièrement dans la petite ville d’Highland Village, le nom de Taylor est connu. Loin d’être semblable aux noms des stars, loin des paillettes et du blingbling des villes cosmopolites, la famille Taylor possède une exploitation agricole, dirigé d’une main de maître par le père Taylor, entreprise se transmettant de génération en génération. Un Taylor est connu pour son patriotisme et leur amour pour l’Amérique profonde, contraste flagrant avec de grandes villes comme Los Angeles. Être un Taylor c’est avant tout, avoir des valeurs, un amour pour la religion et les traditions continuant inlassablement entre poussières et climat étouffant. (PRÉNOM) Isaac où la référence biblique. L’histoire de cet enfant né par la volonté de Dieu, fils d’Abraham devenu père à l’âge de 99 ans. Isaac est né au moment où ses parents ont renoncé. La quarantaine bien sonnée, les problèmes d’infertilités du père, l’espoir s’effritant. Et pourtant, à force de prière, le deuxième enfant du couple a vu le jour. Le prénom donné fait référence à ce passage de la bible, la famille étant de religion chrétienne (ÂGE) Il est âgé de 35 ans, l’âge d’or, approchant de la quarantaine, l’âme toujours autant tourmentée, peuplé de rêves d’enfant et de désirs inavoués. Les années n’ont pas vraiment d’emprise sur lui. Il paraît jeune et pourtant, les rides commencent à apparaître petit à petit. Le coin des yeux. Les cheveux blancs par ci et par là. Le temps avance inexorablement. Le coeur se fatigue et les membres semblent se contracter un peu plus. (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) Il est né un 11 Juillet, par une chaude après-midi, étouffante. Les contractions ont été longues et douloureuses, le travail intense. L’enfant est né en détresse respiratoire. Amené en soins intensifs, les jours suivants ont été décisifs et finalement, trente-cinq ans après, le corps criblé de cicatrices racontant une sordide histoire, il est encore là. Un survivant sans doute, il se considère comme une âme damnée à la vie improbable. Pourquoi s’échiner à croire encore ? En quoi trouve-t-il l’espoir ? (OCCUPATION OU ACTIVITÉ) Marine en arrêt de travail, désormais. Plus jeune, il aurait aimé écrire des livres, à la place, c’est une arme qu’il a pris dans ses mains. Il a choisi l’armée à défaut de trouver une autre voix. Sa famille a laissé l’exploitation à son aîné, premier enfant des Taylor comme la tradition le veut depuis quelques générations. Isaac est un littéraire frustré. Quand il voulait, petit, lire un livre, son père préférait l’emmener faire du cheval ou le faire travailler dans les champs. Bien sûr, il ne s’opposa jamais à la figure paternelle. Brut de décoffrage, aux idées vieillies par le temps, le père semblait issu d’une époque révolue où le respect est inexistant, où l’homme était destiné à des travaux d’hommes. Comme il le disait souvent « la lecture c’est un sport de gonzesse ». Ainsi, il a préféré rejoindre les rangs de l’armée à défaut de trouver sa voix. Ainsi, il a répondu aux attentes patriotes d’une famille un peu trop inquisitrice. Pourtant, il a aimé l’armée et il y tient encore. Avec son esprit fraternel, cette communauté, l’entraide. Ses frères d’armes comme ils s’appellent tous. Engagé à dix-huit ans, l’âme pure et innocente, il n’a pas eu la moindre idée de ce qui l’attendrait. L’enfer en passant par les merveilles. La mort en passant par la vie. La guerre en passant par le sauvetage et l’entraide. Les Marines l’ont changé à jamais et s’il n’a jamais pété un plomb, s’il n’a jamais mis fin au supplice des yeux, c’est bien parce qu’à travers l’écriture, il a continué à croire, à espérer, à rêver. Encore un peu. Jusqu’à subir la blessure de trop. Celle qui paralyse toute envie de continuer. On l’a renvoyé chez lui en espérant que la guérison se fasse vite. Au sein de sa légion, il a été apprécié. Volontaire, obéissant, Isaac est un bon élément. Il a fallu d’une erreur humaine pour que tout se réduise à néant, pour que sa seule raison de vivre et d’être heureux lui soit enlevé. Désormais, son job c’est de lutter contre la douleur.  (NATIONALITÉ) Américain et ce, depuis de très nombreuses générations. C’est là, son unique pass pour intégrer l’armée. Sans cela, il n’aurait pas pu devenir un soldat. Comme le dit son père quand il a trois grammes dans le nez « remercie bien ta putain de famille pour t’avoir offert cet honneur que de te battre pour ta patrie » (ORIGINES) Sa mère, âme généreuse et rêveuse, s’est toujours plu à rêver d’origines différentes, de croire en la possibilité d’une vie en dehors du territoire américain, d’un lien de famille avec le monde entier. En réalité, ses origines ne sont que liés au Texas. A croire que la constance est ce qui rassure tout Taylor. Lui, ça le rend fou. Il déteste cet État, tout ce qui le ramène à ce qui s'appelle la maison. (STATUT CIVIL) Il est célibataire, le cœur en miettes et l’âme torturée. Il a pourtant vécu une histoire passionnelle avec un homme sans jamais s’avouer qu’il l’aimait. Les sentiments ont été moins forts que ses convictions morales et religieuses. Il aurait pu s’en affranchir. Mais il n’a jamais pu. Au lieu de cela, il s’est contenté de délaisser la seule personne capable de lui apporter un peu de bonheur dans sa vie, le seul être en qui il croyait, capable d’atténuer l’intensité de ses cauchemars par sa seule présence. Désormais, il hante trop souvent ses rêves pour se convaincre de continuer son combat. (ORIENTATION SEXUELLE) Il aime les femmes… Et il aime les hommes. L’évidence a mis du temps à se matérialiser sous ses yeux. Isaac a d’abord connu le plaisir de la chair auprès de la gente féminine. Curieux, rêveur et doux, il a été le compagnon rêvé pour les jeunes filles de son village. Il n’a jamais été un charmeur comme son grand frère. Au contraire, Isaac a toujours semblé être effacé, plus observateur, un brin timide. Mais il a cette aura rassurante permettant aux gens de venir lui parler sans craindre quoi que ce soit. De ce fait, aux milieux des frasques de son frère, Isaac a été le genre opposé. Celui qui sait apprécier la beauté d’une femme, par ses courbes voluptueuses, par le timbre chantant d’un éclat de rire chargé de sensualité et de promesses. Il s’est toujours imaginé marié, avec des gosses, dans le parfait tableau que sa mère brossait souvent – et qu’elle a brossé jusqu’à son décès – et pourtant… Il est ce que son père a toujours considéré comme une erreur de la nature. Les tapettes. Les pédales. Tant de sobriquet ayant fait qu’il a toujours renié cette attirance pour les hommes. Pourtant, les aventures se sont enchaînées. Les histoires d’un soir. Les passions brûlantes et dévorantes aliénant l’esprit et sa raison d’être. Et puis, il y a cette histoire ayant malmené son petit cœur. L’instinct brûlant d’un cœur ayant battu trop fort, pour un seul homme, au point d’être prêt à renoncer à ses idéaux, à la vision d’une famille, d’un tableau parfait. Aisling prénom brûlant, lui tordant encore les entrailles. Il a été son remède et désormais, il est semblable à un poison, une chimère, un mirage qu’il croit voir à l’horizon. Si seulement… Si seulement… Il a été celui ayant été capable de faire battre son cœur. Il aurait pu renier son nom, sa famille, sa foi pour cette tête d’ange, pour ce regard innocent. Mais il n’a pas su faire. Isaac a manqué de courage, n’a pas pu être trouver la force, le courage, la foi de croire en ce qu’il ressentait. Trop brimé par une enfance malmenée par des stéréotypes, il n’a jamais su faire fi de sa largesse d’esprit, de sa façon de voir le monde. Et si désormais, Aisling est une figure du passé. Il n’en demeure pas moins inoubliable. Le souvenir perdure, les sentiments demeurent. Et à travers la douleur physique, résonne encore la douleur d’un cœur qui pleure. (DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) Il arrive tout juste au Parking et indépendamment de sa volonté. Bloqué à New York, il doit subir tout un tas de soins, de séances médicales pour l'aider à guérir sa blessure à l'épaule. C'est temporaire jusqu'à ce qu'il puisse être apte à nouveau. Mais en attendant, il s'enfonce inexorablement dans la dépression, la déchéance d'une vie qu'il croit brisée à jamais.(GROUPE) De ceux qui survivent

« Looking from a window above, it's like a story of love, can you hear me?  »

(Quand et comment avez vous emménagé au Parking ?) Isaac vient tout juste d’arriver au Parking. Il vit à New York mais entre sa rééducation, l’arrêt total du travail et le sentiment intense d’un échec cuisant, il a commencé à sombrer. Sans même s’en aperçevoir. D’abord, il a été question d’une ivresse sporadique. Et puis, petit à petit, le verre du soir a été son réconfort, puis une nécessité. Une addiction. Il perd la tête au point de ne plus réfléchir correctement. Et son salut, il ne le doit qu’à sa compagne d’armes, celle qu’il connaît depuis si longtemps, qui sait ce qu’il est vraiment. Elinor qui a quitté l’armée bien avant lui. Elinor qui est venue à lui pour le sauver, pour poser une main rassurante sur son épaule valide en le rassurant quant au fait que tout ira bien désormais. Il n’est pas seul. Quelqu’un, dans ce monde, veille sur lui et prend les doux traits de cette blonde chère à son cœur. Il est donc logé chez elle, en attendant d’aller mieux, pour ne pas faire de bêtises, pour ne pas que le remord soit éternel.

(Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ?) Isaac n’a pas d’avis bien défini sur l’immeuble et ses occupants. Il vient de poser ses valises mais il a déjà pu observer combien la population se compose de nationalités multiples, de gens en perdition. A croire que le Bronx renferme la galère, il n’en sait trop rien. Il ne vit pas dans ce quartier habituellement. Et pourtant, il s’y plait. Bien plus que dans son ancien appartement ou à Highland Village où il résidait avec ses parents. Ici, c’est la Maison. Et tôt ou tard, le lieu deviendra synonyme de torture lorsqu’il découvrira ce qu’il renferme.

(Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Isaac n’est pas de ces voisins chiants, qui viendra se plaindre d’un bruit quelconque ou d’une soirée tardive se révélant trop bruyante. Il est le genre de voisin discret, se fondant dans la masse du commun des morts, invisible parmi les visibles. En revanche, il sera toujours prêt à engager la conversation ou à venir en aide à celui qui en a besoin. Il est ainsi, Isaac. Calme et docile, avenant : il a la figure à l’emploi, il faut dire. Le visage entouré d’une barbe de quelques jours, il donne l’impression d’être un ours attentionné. Bien sûr, il est peut-être gentil mais il vaut mieux éviter de le prendre pour une bille. Derrière son air angélique, il est avant tout un faux calme pouvant exploser assez rapidement s’il n’est pas d’humeur. Sans doute, est-ce les échos de l’armée, le traumatisme pur et dur de la violence à l’état brut et volcanique. Isaac n’est pas de ces gens que l’on remarque facilement. Il se fera discret. Il sera là sans être là, acteur silencieux et observateur du monde l’entourant.  

PSEUDO/PRENOM : Emi ÂGE : Un petit paquet d'années au compteur  PAYS : la France FRÉQUENCE DE CONNEXION : Tous les jours COMMENT AVEZ VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : Par le plus pur des hasards, par la curiosité d'un seul avatar sur le bottin et la magie a opéré et tout s'est enchaîné  :l:  Et sinon, je suis Caem O'Reilly ici !REMISE EN JEU En cas de suppression, acceptez-vous que votre personnage soit scénarisé ? (TYPE DE PERSO)Il s'agit du scénario d' @"Aisling Ò Luain" (CRÉDITS) A venir COMMENTAIRE OU SUGGESTION : Des tas  :l:  :l:  :l:  :l:  pour ces partenaires de RPs géniaux m'entourant. On va encore faire des merveilles, j'en suis certaine  :l: AVATAR : James Mcavoy

©️ Nous sommes de ceux



Dernière édition par Isaac Taylor le Lun 24 Juil - 21:18, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Sam 22 Juil - 23:34

Dieu se tait, le diable murmure...
For all those times you stood by me
For all the truth that you made me see
For all the joy you brought to my life
For all the wrong that you made right
For every dream you made come true

(La tâche d’huile sur la nappe blanche)  Il poussa son premier cri quelques heures après sa naissance. En détresse respiratoire, les médecins crurent qu’il ne survivrait pas. Les moyens médicaux n’étaient pas aussi au point qu’à ce jour. La peur viscérale s’ancra dans l’esprit et le cœur des parents. Il faut dire qu’il était l’enfant de la dernière chance. Un âge trop avancé pour la mère, dont la quarantaine bien sonnée, témoignait d’une presque impossibilité d’avoir un autre enfant. La grossesse fut difficile, la jeunesse et l’énergie en moins, mais l’envie pas moins grande. Il fut prénommé Isaac en référence à l’histoire biblique d’Isaac, fils d’Abraham et Sarah, couple âgé ayant cessé de croire en l’idée d’avoir un enfant. Isaac fut baptisé au sein de l’église de la petite ville où il vécut durant sa plus tendre enfance. Ses parents, connus de la ville, possédaient une exploitation agricole tenue par le père Taylor. Il la gérait d’une main de maître et il était connu pour son âme généreuse. Paroissien émérite, époux fidèle et père semblant être attentionné, il était l’image parfaite du bon citoyen américain vivant pour son pays, patriote dans l’âme et grand amoureux de Dieu. Isaac fut élevé dans la foi chrétienne entre un frère de quinze ans son aîné, une mère le surprotégeant et un père le délaissant un peu trop pour le plus grand. Il faut dire que Mike était destiné à reprendre les rênes de l’exploitation familiale. C’était une tradition se faisant entre hommes de la maison. Les Taylor existaient à Highland Village depuis de nombreuses générations. Et forcément, Isaac était le deuxième du nom, pas prévu dans la lignée de l’héritage familial. Dans un sens, cela l’arrangeait, il n’aimait pas le travail des champs de maïs, le fait de ne jamais profiter de l’existence même. Enfant, on ne le voyait que peu souvent dans les bras de son père, au volant d’un tracteur. L’enfance d’Isaac et de Mike fut différente en ce point. A croire que l’aîné était l’enfant du père et le cadet, proche de la mère. Le fait d’avoir espéré sa venue, le fait d’avoir tant galéré pour qu’il vienne au monde, avait conféré à la mère Taylor, un amour sans limites, une peur intense pour son petit. Elle était toujours derrière lui, elle l’entourant d’affection et de douceur, bien éloigné de ce monde de brute dans lequel évoluait son père. Car s’il était un homme respecté, il n’en demeurait pas moins le parfait stéréotype de l’américain pur et dur, de celui qui n’évoluait pas avec son temps. Amoureux de la terre et de Dieu, il vouait à la vie une dimension spirituelle, ne tolérant pas ce qu’il appelait les erreurs. Aussi, dans ce village de dix mille âmes, gras étaient les rires, cruels étaient les moqueries au sujet de ceux qui étaient différents de la vertu imposée par l’église. Aussi, les mots se révélaient parfois crus et l’enfant les entendaient entre le père et son frère, évoluant dans le même moule. Bien trop souvent, sa mère les reprenait à l’ordre mais le mal était fait. Isaac savait que s’il tenait à conserver le respect de son père et de son frère, il ne fallait jamais être différent. Dans l’esprit étroit de ces gens, le racisme se liait un peu trop à l’homophobie à tendance xénophobe. L’esprit était si restreint dans cette famille et pourtant, il s’en accommodait, évoluant avec une innocence candide, se réfugiant derrière la beauté des vers, et l’odeur poussiéreuse d’un vieux livre n’ayant pas été ouvert depuis si longtemps. Sa mère lui apprit le piano, objet poussiéreux se trouvant dans le salon. Les notes fragiles résonnèrent souvent comme un son réconfortant, jusqu’à ce que la voix tornitruante ne brise la magie. Il fallait redevenir ce que l’on attendait de lui.
(Le renoncement du rêve au profit de la réalité) Isaac arriva bien vite à l’adolescence, âge des hormones en folie et de l’envie de se défaire de l’autorité. A vrai dire, il ne fut pas de ces enfants terribles. A l’inverse de son frère, il ne fut jamais l’adolescent enragé prêt à défier l’autorité, à se croire au-dessus des autres et à cultiver la haine de ceux qui n’étaient pas comme lui. Pourtant, lorsqu’il eut quinze ans, son frère en avait déjà trente. Il travaillait avec leur père, se trouvant au milieu d’histoires tumultueuses faisant le bonheur des ragots de la ville. Isaac, lui, était bien plus calme. Il était de ces êtres que l’on appréciait sans réellement les connaître. Les gens étaient capables de le tarir d’éloges sans même savoir ce qu’il aimait ou détestait. Il se fondait dans la masse en grand observateur de la vie. En comparaison de son père ou de son frère, Isaac était profondément humain. Il était un élève brillant mais il n’était pas la fierté de son père. Bien au contraire, selon ce dernier, les études n’étaient pas ce qui nourrissait une famille. Lui, il voyait l'avenir de l'entreprise familiale, il croyait en ce verset décrétant qu’il fallait gagner son pain à la sueur de son front. Il trouvait inconcevable que son fils puisse vouloir un métier littéraire ou lié au piano plutôt que physique. Pourtant, Isaac était doué. Sa mère elle, bien au contraire, l'imaginait souvent écrivain ou avocat, parfois pianiste lorsque son esprit rêvait un peu trop, voyant en son fils tout ce qu'elle n'avait jamais pu être. Figée dans sa vie de femme de fermier, elle avait subi plus qu'elle n'avait vécu. C'était une question de choix, elle n'en était pas moins heureuse mais ce n'était pas ce qu'Isaac voulait pour lui. Pourtant, le lien familial sembla plus fort que tout, à un point où l'écriture demeura sa seule passion, la bouée de survie pour ne pas sombrer dans le désespoir. Il avait déjà conscience de sa différence. Il s’en apercevait, par l’attirance que les gens exerçaient sur lui. Amoureux des courbes féminines, il avait bien vite compris qu’il prenait tout autant de plaisir à détailler le muscle saillant d’un bras, une gorge virile à la pomme d’Adam, provoquant des troubles chez lui. Etait-il la seule erreur dans cette famille pieuse ? Il préférait ne pas y songer, se disant que l’oubli serait le remède. Mais plus il s’en éloignait, et plus il s’imaginait être proche d’un homme. L’attirance se produisait au lycée déjà. Il y avait son ami. Et peut-être qu’avoir été proche ne joua pas en sa faveur. Il adorait Blake. Mais à force de l’adorer, peut-être que cela dépassait un stade où il se disait qu’un ami, il ne donnait pas cette envie, le prenant aux tripes, de glisser ses doigts dans ses cheveux, de vouloir laisser ses doigts explorer l’épiderme râpeux, d’être attiré par les lèvres charnues. Il préféra ignorer, prenant sur lui, se jetant dans des histoires avec des filles. Sans lendemain, sans promesse d’avenir que le seul éloignement qu’il maîtrisait à merveille. La fin du lycée survint avec un profond soulagement et par dépit, par volonté de rendre sa famille fière de lui, il préféra intégrer l'us marine à défaut de pouvoir intégrer une fac. Son père avait été catégorique : il ne lui payerait pas des études. Il n'eut pas le choix mais d'un naturel docile et patient, il l'accepta, se pliant à une volonté n'étant pas la sienne. La seule chose qui lui plut dans l'idée de devenir soldat, c'était qu'il n'avait plus besoin de vivre chez ses parents. Il était libre. Mais à quel prix ?
(Le glissement d'un éclat fugace sur un muscle saillant) L'armée se révéla être plus simple qu'il ne l'imaginait. Il faut dire qu'Isaac n'avait rien d'un gars chétif. Des années de football américain avec l'école, lui avait permis d'avoir une carrure un peu imposante, s’ajoutant aux travaux d’aide dans l’exploitation de son père. Pourtant, son caractère n'avait rien à envier aux gros bras. Isaac était un soldat exemplaire, se lançant volontiers dans les tâches imposées. Il obéissait plus par habitude qu'autre chose. Et surtout, il avait l'impression de côtoyer les mêmes gens, les mêmes esprits étroits. Le machisme était à un point extrême que parfois, il regrettait presque la joute du paternel, la trouvant un brin innocente. Pourtant, il s'en accommodait. Il aimait bien cet esprit de fraternité qu'il n'avait jamais connu avec son frère, Mike. Il avait des amis, des gens qu'il pouvait côtoyer sans craindre de dire n'importe quoi. De toute manière, il avait pris l'habitude de ne pas se confier, gardant les choses pour lui. Peu de gens avait pu entendre des confidences de sa part. Il partait du principe qu'il fallait vivre caché pour être heureux. Et puis surtout, il conservait son jardin secret. Il ne voulait pas évoquer l’attirance qu’il éprouvait envers les hommes. Et pourtant, fugaces étaient ses regards lorsque passait un corps torse nu à côté de lui. Le cœur battait un peu trop fort, et souvent, il préférait détourner les yeux et éviter de laisser croire qu’il matait ses frères. C’était le cas mais il n’était pas prêt à l’assumer. Pourtant, durant ses permissions, il se laissa aller. Il prenait, souvent, l’habitude de vadrouiller un peu de partout. Il était un solitaire dans l’âme, il se satisfaisait de ces escapades ou parfois, il rencontrait des hommes. Un bref sourire, une conversation s’engageant. Il demeurait méfiant comme terrorisé par la peur d’être pris la main dans le sac. Il se laissant envahir par le désir de l’autre, de la voix rauque résonnant à ses côtés, au point de se faire violence, de serrer les points pour ne pas aller au-delà de la simple souillure du corps. Il n’était pas prêt, il avait l’impression de se renier et de se perdre. Aussi, ses échanges se limitaient à des baisers enflammés que dès lors que les mains devenaient trop baladeuses, trop insistantes, il préférait fuir. Fuir pour ne pas regretter. Fuir pour ne pas se perdre. Fuir pour se prouver le contraire.
(Et le cœur produit un battement désordonné, à en perdre haleine – Àsgeir ) Il avait vingt-six ans lorsqu’il fut déployé sur une base militaire en Islande. Bien loin des terres poussiéreuses du Texas, il se plut au climat sauvage, à la température fraîche que le Texan n’avait jamais vraiment connu que ce soit, durant son enfance, ou bien durant ses missions. Après la formation obligatoire, il avait été muté du côté est. Cela faisait plusieurs années et pourtant, son âme s’était déjà fissurée en plusieurs morceaux. Il était si jeune pourtant et il avait croisé la mort un bon nombre de fois. Frères d’armes. Ennemis. Il avait bien vite découvert le danger, le coup amer d’une bile sur le palais, le gout de la peur, la terreur de ne pas survivre. Alors, il s’accrochait comme il le pouvait. Il priait beaucoup. Il écrivait tout le temps, parfois il manquait de feuilles mais qu’importe, le bout de papier était suffisant pour transmettre un message, pour écrire à sa mère tout en prenant de ses nouvelles. Il évitait le téléphone : ce n’était pas une question de gout mais juste parce qu’il craignait toujours que la violence de l’instant présent ne terrorise ses proches. Car Isaac veillait sur eux en évitant de leur parler des horreurs rencontrées. Au début, les missions étaient assez simplistes, elle concernait l’Amérique et ses territoires. Et puis, il y eut les attentats du 11 Septembre. La tragédie américaine alliée à la volonté de se battre contre l’Irak. Il fut envoyé au front et entre deux grenades, des explosions de mines, entre deux morceaux de corps carbonisés, il découvrit la barbarie dans toute sa splendeur. Traumatisé, il le fut et il l’est encore. Il apprit simplement à prendre sur lui, à savoir rejeter le trop plein de souffrance se greffant en lui. Cependant, c’était une émotion difficile à canaliser. On ne gérait pas l’horreur d’une scène réaliste en un claquement de doigt. Cela dura trois ans. Sans répit. Non-stop. De simples allers retours où il se sentait être un légume. Il était allé voir ses parents mais la visite s’était bien vite écourtée, préférant retrouver sa base militaire. Il ne supportait pas d’entendre son père rester campé dans ses idées dignes d’une époque révolue. Comment pouvait-il se croire supérieur aux autres quand son propre fils avait fait couler le sang ? Il les revoyait encore tous ces cadavres. Ils peuplaient ses rêves rendant le sommeil compliqué, la tension évidente. Et heureusement, il y avait la Foi. Elle était là. Elle lui permettait de tenir bon. Il y croyait et justement, elle lui permit d’éviter de revenir en Irak. L’Islande lui sembla être un répit où il se sentit moins suffoquer. L’horreur semblait s’éloigner et il apprenait à vivre de nouveau. C’était un apprentissage constant dans lequel, il fit la rencontre de ce musicien. Instant fortuit. Un regard se croisant. Et puis encore. Et encore. Encore embourbé dans ses souvenirs, il s’était contenté de fixer le musicien, se laissant envahir par la délicate mélodie. Etait-ce le morceau joué ? La voix suave et vibrante d’humanité mais pendant que la musique l’enveloppait, il voyait les rues dévastées, il voyait ses frères. Et la Mort. Partout. Toujours là où il ne le fallait pas. Les larmes coulèrent sans qu’il puisse les arrêter. Ce n’était pas un mal en soi. Sa tenue de militaire jurait horriblement pourtant. Il était censé être un homme. Il n’en demeurait pas moins un humain fragile. Àsgeir se présenta par la force du destin. Isaac croyait dur comme faire à l’idée des rendez-vous dans toute existence humaine. Parce qu’alors qu’il se croyait foutu, alors qu’il se disait que vivre avec ces souvenirs insupportables n’étaient pas possible, le musicien lui sauva la vie. A toutes les échelles. Il lui apporta un bonheur nouveau, une compagnie qui se voulut d’abord apaisante. Puis amicale. Puis charnelle. Il fut le premier homme à qui il se donna. Sans crainte. Sans pudeur que la seule crainte de ne pas être à la hauteur. Asgeìr était semblable à un phare au milieu d’une tempête. Et il permit au militaire de panser ses plaies, de croire en l’avenir meilleur, de se conforter dans cette Foi qu’il avait. Pourtant, cette dernière était ébranlée. Dieu n’était pas si bienveillant finalement, sinon, pourquoi il y avait la guerre ? Pourquoi devait-il tenir une arme ? Pourquoi devait-il provoquer la mort lorsque la vie pouvait apporter quelque chose de bon ? Isaac fit, en quelque sorte, la paix avec lui-même, essayant de colmater les cicatrices que l’Irak laissa. Les cicatrices parlaient pourtant. Elles racontaient encore et toujours la même histoire. Mais à l’endroit où la plaie avait été ouverte et sanguinolente, les lèvres d’ Asgeìr avait agi comme un baume. Il avait su apaisé, faisant battre son cœur intensément plus fort, sachant que cette histoire n’aurait, pour autant, pas de suite. La mission durait six mois. Il savait qu’il n’y reviendrait pas. Ce n’était pas prévu. Peut-être qu’il faudrait revenir en Irak. Peut-être qu’il faudrait laisser l’âme s’effriter encore et encore. Il n’en savait rien. Il se contenta de profiter de chaque seconde en compagnie du musicien. La mélodie qu’il composait était tout aussi belle que le son de son cœur. Jamais il ne l’oublierait. Et Asgeìr fut un instant fugace mais ô combien intense. Il était plus que la simple rencontre, il était un ami. Un confident. Isaac ne savait pas ce qui les définissait vraiment. Il n’assumait pas ce penchant qu’il possédait. Aussi, ne pouvait-il accepter le fait de sortir avec un homme. Il avait l’impression qu’en l’acceptant, il lui faudrait renier tout ce qu’il avait été jusque-là, en passant par sa famille et il n’était pas prêt à ce tel sacrifice. Il pensait à sa mère, à cette femme qu’il aimait tant. Bien sûr qu’elle ne l’accepterait pas. Encore chaque jour, elle ne cessait de se lamenter à l’idée de le voir avec une femme, marié et des enfants. Tout ce qu’il n’était pas prêt à faire. Aussi, l’Islandais resta un souvenir ancré en lui, son ancre perdu au sein de la tempête. Il s’écrivait tout le temps. Parfois, il y avait des absences, des moments où la réponse venait plus tardivement. Mais qu’importait, le salut de son âme, il le devait à cet homme, à cette première fois qu’il découvrit en sa compagnie. Première fois à tant d’échelles. Mais au moins, il se sentait en paix lorsqu’il reprit la route pour les États-Unis.
(Il y a des choses que le temps ne peut cicatriser, des blessures si profondes qu'elles se sont emparées de vous.) La vie après l’Islande lui sembla plus évidente. A croire qu’il s’était endurci, qu’il arrivait à encaisser mieux. Pourtant, rien ne fut évident durant les années s’ensuivant. Il eut droit à la guerre en Irak. Forcément, de par sa nature douce et calme, il ne semblait pas présenter des signes de grands traumatismes et ils avaient besoin de renfort. Aussi, on l’envoya au front, dans une partie de la région un peu moins violente que la toute première fois. Enfin, sans doute était-il plus préparé, endurci. Il n’était pas seul d’ailleurs. Il pouvait compter sur ceux qui l’attendaient en dehors. Le patriotisme prenait une véritable valeur à ses yeux. Et mission après mission, il ne cessait de rentrer à chaque fois. Il était en vie. Mais il n’arrivait jamais à faire taire l’angoisse dès lors qu’il franchissait le poste de douane. Drapé dans son uniforme, il était digne. Sa mère ne cessait d’en être fière, de se mettre à pleurer quand il arrivait à Highland Village. Il y avait toujours ce long chemin menant au perron où il la trouvait là, sa petite mère. Elle se levait avec difficulté, accablée par l’âge et la maladie. Et très souvent, il allait la voir, préférant sa compagnie à celle de son père et de son frère. Le dialogue était inexistant. Seuls les codes restaient. Sa foi était à demi-teinte. Il était mal à l’aise, se disant que tout était contre nature, qu’il ne pouvait lire un texte de la bible évoquant l’amour de l’homme et de la femme, le sacré d’Adam et d’Eve et en même temps… Aimer la caresse d’un corps d’homme se collant aux siens, dans une étreinte ô combien brûlante. Il ne s’assumait pas. Il ne s’assumerait jamais de toute façon. C’était plus fort que lui. Il n’était pas prêt. Ainsi, les années passèrent entre les missions et les permissions. La Bosnie. L’Irak. Les bases militaires Us. Et puis New York. Entre deux allées au Texas, il ne cessait de bouger vivant une vie sans attaches, sans volonté de se poser si ce n’était qu’il avait l’impression que son cœur ne serait que mêlé à cette sensation d’interdit.


© Nous sommes de ceux


Dernière édition par Isaac Taylor le Dim 23 Juil - 8:57, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Sam 22 Juil - 23:34

Ça ne fait pas grand bien de s'installer dans les rêves en oubliant de vivre
Dis moi,pourquoi tu souris
Et pourquoi tu pleures,
Pourquoi t'as envie,
Et pourquoi t'as peur.

( Alors, vous les verrez. Les rivages blancs. Et, au-delà, la lointaine contrée verdoyante sous un fugace lever de soleil. Aisling-) 2013. Ce fut l’année d’un changement, d’un souffle de vie nouveau, d’une rencontre fortuite au détour d’un bar. Entre cocktails et alcools fort, il était chez lui. A New York. Il appréciait la grandeur de la ville, il avait l’impression de se fondre dans la masse. La ville était tellement grande qu’il se pensait invisible parmi les visibles. Mais il profitait. Au fil des années, il avait affirmé son caractère, libre comme l’air, le caractère avenant teinté à un brin d’égoïsme, Isaac profitait de sa vie au jour le jour. Et pourtant, il lui sembla que l’air se raréfia lorsqu’il croisa un regard. Un seul. Un unique. Comme son cœur se mit à battre fort en cet instant. Il fit un effort immense pour revenir dans la conversation, pour rire aux éclats. Il s’accorda le temps d’une minute qu’il compta dans sa tête avant de relever un œil vers l’homme. Un roux au regard intense. Un roux qui lui provoqua un saut périlleux à l’estomac. Il préféra détourner le regard, gêné. Pas devant ses frères. Mais plusieurs fois, sa rétine accrocha celle de l’autre. C’était ce jeu étrange où il fallait s’observer mais pas au même moment. Presque comme un jeu. Un amusement qui le poussa, une fois débarrassé de ses collègues, à rester, à se dire que peut-être, il y avait quelque chose. Une envie dévorante alliée à l’attirance qui s’exerçait déjà. Comme prisonnier, il se laissait être l’attentiste jusqu’à ce que l’homme vint. Il s’appelait Aisling Un prénom si doux. Il sonna comme une litanie, une douce mélodie parvenant à ses oreilles qui viendrait à le bouleverser complètement jusqu’à aujourd’hui encore. Ils ne devinrent pas amis. Ils ne devinrent pas amants. Ce fut, au début, une découverte de l’un et de l’autre, au moyen du dialogue. Il n’y avait pas besoin de frôlement ou de gestes, la parole faisait le reste. Ils discutaient de tout et de rien, préférant s’échanger leurs téléphones pour se revoir. Et encore, parler de tout et de rien. Ça durait une éternité et souvent, il ne faisait pas attention à l’heure. Il était toujours surpris en regardant sa montre, de constater combien le temps avait passé vite, combien il se sentait apaisé en la présence d’Ace. Il était irrémédiablement attiré par lui. C’était l’évidence même. Pourtant, campé derrière ses peurs, il n’osait pas faire le premier pas. Parfois, il avait des frôlements maladroits pour l’homme, sans jamais arriver à se décider. Il ne suffisait que d’un pas pourtant. Et lorsque vint le départ pour l’Afghanistan, pour une mission périlleuse que d’ordinaire, Isaac se décida. Il embrassa Ace, pétri par le désespoir et la peur sourde de ne pas le revoir. D’une certaine manière, il s’accrochait à cet homme devenu vital pour lui en si peu de temps. Il espérait que ce serait le signe, le début d’une histoire : il voulait le revoir coute que coute. C’était autant capital que de respirer pour rester en vie.
Et cela dura trois ans. Trois ans de pur bonheur. Il était un homme changé. Il suffisait de rentrer pour sentir son âme se compléter, retrouvant sa jumelle. Il découvrait Ace au même titre qu’il se découvrait lui-même. Entre baisers fugaces et désirs incontrôlés, Isaac apprit à découvrir l’Autre, ses besoins et ses attentes. Il s’appartenait mutuellement et en la présence de l’Irlandais, il se sentait bien. Ils avaient une manière propre à eux de vivre leur histoire, conservant une part de mystère, sur ce qu’ils voulaient dire ou non à l’autre. Isaac gardait en lui, les souvenirs de guerre. Ce n’était pas ce qu’il souhaitait partager en la présence de cet homme. Au contraire, il préférait partager des gestes tendres, des éclats de rires et des coups d’œil voulant tout dire. Il se refusait à mêler la mort et le sang au milieu de leurs tendres instants passés ensemble. Il estimait que la guerre et l’armée étaient ses propres démons, qu’il n’était pas là pour le tourmenter un peu plus, à cette âme si belle mais écorchée. En sa présence, le militaire se découvrit un fort sentiment d’empathie. Il avait l’impression que la fusion était telle, qu’il pouvait ressentir les émotions d’Ace. Et petit à petit, ils se dévoilèrent un peu plus. A chaque jour passés, à chaque mois écoulé, les sentiments prenaient leurs places, entre deux lignes de lettres qu’ils s’écrivaient quotidiennement, ils apprenaient à vivre l’un pour l’autre, à être fusionnel à un point qu’il était parfois prêt à renoncer à tout pour cette crinière de feu. Sa raison d’être. Son nom. Son job. Ô combien il y tenait. C’était la plus parfaite évidence. Cependant, il avait du mal à extérioriser ses émotions et ses sentiments. Bien sûr, il était tendre dans le geste, affectueux dans la voix, et confiant dans son regard, Isaac était un tout autre homme. Il lui fallait juste assumer ses sentiments, être capable de dire combien il était amoureux d’Ace. Mais jamais ces mots ne franchirent ses lèvres.
Au contraire, il n’y avait sur son palais qu’un unique gout de cendre.
(You will be in my heart, Mum') La vie se poursuivit, sans qu’il prenne réellement conscience. Les jours s’écoulaient et ne se ressemblaient pas. Il était heureux pourtant. Il avait pris ses petites habitudes, entre permission et mission. Il était pris entre son statut de militaire et son attachement singulier pour Ace. Il y avait de la tendresse entre eux, l’évidence même d’un attachement profond. Pourtant, jamais il ne proposa ces fameux petits mots faisant toute la différence. Il manqua cruellement de courage, préférant vivre au jour le jour, retardant l’échéance fatidique. Si Ace avait eu assez de cran, peut-être l’aurait-il pris entre quatre yeux et lui aurait demandé de se décider, de savoir ce qu’il voulait réellement. D’une certaine manière, Isaac le savait déjà. Il le voulait, lui. Mais dans le secret d’un amour inavoué, dans la douce confidence de ce deuxième cœur vibrant contre le sien lorsqu’Ace était dans ses bras. Ils prenaient leur temps, il faut dire. Ils apprenaient à s’apprivoiser, à vivre dans une bulle d’une histoire pure et belle. Les cicatrices demeuraient mais elles s’effaçaient au gré du temps s’écoulant. Il avait perdu foi en ce qu’il avait toujours été, se forçant à être quelqu’un. Il en avait besoin pour faire taire la culpabilité le rongeant. Il savait qu’il était dans le péché, dans l’interdit et dans le honteux. Mais il avait besoin d’Ace pour ne pas sombrer, pour ne pas devenir fou quand les cauchemars devenaient trop importants. Le traumatisme de militaire demeurait et persistait. Il était semblable à une cicatrice imprimée à l’intérieur de lui-même. Âme bafouée et appauvrie, il en venait à attendre l’instant où l’avion se poserait sur le tarmac, l’instant où son regard rencontrerait celui de l’irlandais. L’instant où dès lors que la porte de l’appartement se refermerait sur eux, il serait épris par un désir fort, par l’envie de l’autre, de retrouver la saveur de ses baisers, le son de sa voix. Lui.. Juste Lui… Et pourtant, lorsque la nouvelle survint, il en oublia trois ans de cette histoire aussi fragile qu’un verre de cristal. Il se précipita à Highland Village, prenant l’avion pour retrouver les terres texanes. Il ne contacta pas Ace. Ce n’était pas de l’égoïsme mais l’habitude et une tradition de ne pas s’appeler pendant ses missions. Sa mère était souffrante. La maladie semblait l’emporter et le message provenait de son père. Il avait écrit une lettre brouillait par les larmes, entachée par l’odeur du bétail. Et dedans, il lui demandait de revenir : sa mère voulait le revoir, une dernière fois. Les métastases avaient été plus fortes que le traitement et doucement, la vie s’échappa d’elle. Il ne s’était pas préparé à un tel choc. Il l’avait vu il y a cinq mois déjà, date de sa dernière permission. Et pourtant, ses traits semblaient plus creusés, la mine vieillie et usée par la vie dans des champs, le corps fragile de quelqu’un s’apprêtant à franchir les frontières de l’au-delà. Assise dans ce lit, dans cette chambre sentant l’encens d’une onction que le prêtre donnerait, elle tendit les bras, ses joues mouillées par les larmes. Etait-ce ainsi qu’il lui dirait au revoir ? Dans la plus profonde tristesse et le chagrin. Il essaya de garder contenance, lui souriant lorsqu’elle avoua le trouver magnifique dans sa tenue de militaire. « Tu es devenu si beau Isaac. Et je suis si fière de toi, mon tout petit. Tu seras à jamais dans mes pensées. Et je suis désolée… Isaac… Je suis désolée d’être égoïste et de m’en aller sans avoir eu le temps de te voir devenir un homme bon et respectable… j’aurais aimé assister à ton mariage… Quelle fierté d'amener mon fils devant l'autel... J'aurais été fière... J’aurais aimé voir ta femme… Et tes enfants… Toute ta famille à toi, mon bien aimé fils… J’aurais aimé… Tant de choses à vrai dire… » Sa main, creusée par la maladie et la maigreur frôla les joues râpeuses du militaire. « N'oublie jamais ta foi mon fils.... N'oublie pas Dieu... Je m'en vais le rejoindre, et pourtant, je sais qu'il est déjà... Tout près de moi. » - « Existe-t-il vraiment Maman... ? Tant de morts... Tant de conflits ... Tant de raisons contraires aux principes de notre Dieu... Et toi... Qui t'en va.... Où est-il ce Dieu si miséricordieux... » Elle semblait effarée par la teneur de ses propos, secouant la tête du peu force qui lui restait. « Isaac... Cherche en toi la seule réponse à tes questions... Seule la Foi te sauvera... Il faut toujours croire en quelque chose, c'est ainsi que la vie va, avance et tout ce que tu as subi... Tu le dois à ce destin... C'est ce que Dieu a voulu pour toi... Souviens de ce que le père Hastings nous lisait, souviens-toi de ce qu'il disait à la Messe. » Mais il y avait si longtemps que tout était rangé au rang des souvenirs. Isaac ne s'en souvenait plus. Tout avait été balayé par l'horreur de la guerre, par la souffrance. Combien de fois avait-il fondu en larmes devant les spectacles terrifiants ? Ces derniers lui rendaient si souvent visite dans ses rêves. Et par la volonté propre de ne rien dire depuis tout ce temps, Isaac gardait au fond de lui tous ces récits peu héroïques, où on le considérait comme un héros, les mains tachées de sang, les cales rugueuses de ses doigts ayant trop fois saignées, ces mains pourtant qui savaient si bien parcoururent, indécentes mais tendres, l'épiderme frissonnant de l'Autre. Cet Autre qui acceptait si bien ses silences, le fait qu'il taisait tant de choses. À sa manière, il le préservait. Il n'était pas prêt à assumer ce qu'il était : un homme qui aimait les hommes... Un homme qui avait trop de fois appuyé sur la gâchette. « Il y a quelqu'un dans ma vie, Maman... » Il passa du coq à l'âne, ce que la mère ne remarqua pas. À mi-chemin de la mort, elle se contenta s'écarquiller ses yeux ternes. « Ce quelqu'un s'appelle Aisling... C'est une personne auquel je tiens beaucoup... » - « Et j'en suis certaine que tu rendras heureuse cette personne... Tu as bon fond Isaac... Tu es un homme respectable... Je suis fière de toi et ... sois heureux avec Elle...  » Ce dernier mot fut le coup fatal pour lui. Il ne dit rien, se contentant de prendre la main décharnée entre ses doigts, il vint déposer un baiser sur le front de sa mère, aimant et protecteur. Sa petite maman... La seule ayant été un soutien sans failles, depuis toujours qui savait le réconforter quand il en avait besoin, qui lui disait de suivre ses rêves quand son père infirmait le contraire. Sa mère qui finalement conservait une image fausse. Que pouvait-elle penser de lui ? Ça le dévasta un peu trop. Mais il tut toutes ces émotions, veillant sur elle jusqu'à son dernier souffle. Jusqu'à ce qu'elle ne fut qu'un corps desséché qu'il fallut enterrer. Les trois Taylor se retrouvèrent autour de cette table : Le père vieux et tremblant et le fils, aussi con que le fut, jadis, son père. Tout ce qui le retenait à sa famille ne se liait qu'à sa mère. Pour elle. Pour l'une des personnes les plus importantes dans son existence. Pour la première fois, Aisling ne fut pas la pensée principale lorsqu'il repartit. Il se contenta de reprendre leurs correspondances épistolaires. Mais même à travers l'écriture, même à travers sa bouée de sauvetage, il n'y arrivait plus. L'esprit devenait aveugle par tout ce qu'il gardait en lui depuis bien trop longtemps. L'écriture, jadis son alliée, semblait n'être qu'un baillon dans sa bouche. Il étouffait. 
(We can be us just for one day…) Le cœur était déjà gelé lorsqu’il atterrit à New York. L’air était doux pourtant. C’était un mois de Mars, froid comme d’habitude. Habitué à des chaleurs plus torrides, le Texan s’accommodait toujours aussi mal à ce climat. Et pourtant, il sentait la froideur s’insinuer au creux de son âme. Il était ailleurs. Il avait enterré sa mère, il avait enterré ses frères d’armes non pas sous terre parce que la procédure de rapatriement de corps était au milieu, mais il avait fait le deuil du soldat mort pour une patrie n’acceptant pas la différence, accablant encore plus son âme tourmentée.  Il avait enterré tout ce qu’il avait été depuis dix ans déjà. La découverte d’un autre. La sensation d’avoir été l’erreur, d’avoir été un mauvais fils. La culpabilité se confondait en lui de différentes manières. Il avait continué à écrire à Aisling tout en sachant que leur histoire allait droit dans un mur. Il était temps d’y écrire le mot « fin ». Aussi terrible que cette décision impliquait, il fallait cesser cette mascarade. Il fallait qu’il cesse d’être égoïste. Sa lâcheté ne devait plus faire souffrir. Son fardeau n’était pas celui de l’autre. Il devait avancer avec les convictions de sa famille. Au nom de ceux partis trop tôt. Il se sentait suffoquer plus que de raison, à trop garder les choses en soi. Ce n’était plus possible. Il fallait qu’il devienne ce que les autres appelaient communément « un homme bien ». Il se forçait à se dire qu’il serait un mari exemplaire, un père attentionné. Mais pas avec Aisling. Sa vie ne devait pas tenir à ce seul fil conducteur. Et dieu sait pourtant combien il y tenait… Son seul tort c’était de l’aimer. Et parce que l’Irlandais était plus important que tout, plus vital que le seul fait de respirer l’air pour rester en vie, il était prêt à renoncer. Les retrouvailles furent différentes. Il était loin. Perdu dans les murailles de cette douleur qu’il gardait en lui. Pour rester digne. Pour ne pas laisser ses lèvres se desserrer et dire la vérité. Il n’évoqua même pas la mort de sa mère. Après tout, que pouvait-elle être, en dehors de celle qui, par un adieu chargé d’amour, par un geste tendre et des paroles révélatrices, avaient su renverser tout ce à quoi Isaac s’était attaché durant ces trois dernières années. Il resta digne devant le regard anéanti, il resta sourd aux suppliques, il resta inflexible sur sa volonté. Sa décision était prise : il allait devenir un souvenir, un instant fugace de bonheur figé. Rien ne serait plus pareil. Mais il le faisait pour son bien. Le leur aussi. Les adieux furent brefs mais intenses. Ses lèvres écrasèrent celles de l’autre homme. Il oublia qu’il se trouvait dehors, perdu au milieu du monde entier… Il n’y avait qu’eux… Eux et leur histoire passionnelle… Eux et leur tendresse muette… Eux et tous ces sentiments inavoués… Eux et tous ces gestes silencieux, ces accords tacites de ne prendre plus que ce l’autre était capable de donner. La gorge était nouée. Il n’avait pas de mot, si ce n’était qu’il aurait voulu lui dire tout ce qu’il ressentait pour Ace. Lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur. Mais c’était impossible. Il fallait continuer avec, désormais, un trou béant dans la poitrine. C’était un mal pour un bien. Il se le répétait constamment. Pour son bien. Pour ne pas se convaincre qu’il venait de faire la plus grosse connerie de sa vie.
(Et de quel côté est Dieu ? Du côté des ostensoirs ou bien du côté de ceux qui prient matin et soir) Il avait repris l’avion pour une énième mission. Il ne les comptait plus désormais. Il n’envisageait même pas de changer, l’US Marine faisait partie de sa vie depuis trop longtemps. Heureusement, il était fort occupé pour ne pas trop penser. Son esprit était toujours pris entre le devoir, la fraternité. Il essayait de ne pas penser à ce gouffre régnant dans son cœur. Il se convainquait que c’était le mieux, se disant qu’Ace s’en remettrait, que seul le temps était le remède. Pour eux deux. Et la vie continuait inlassablement, à la seule différence qui la vivait tel un fardeau, camouflant dans le silence. Il y eut un instant où ce secret fut trop grand, trop difficile. Il craqua, un mois après son départ, son dernier baiser avec Ace. Il n’était pas seul. Elinor était là, sa compagne d’armes discrète, avec ce sourire si réconfortant. Elle et sa chevelure dorée, elle et ses grands yeux sombres, elle qui, dans le silence, comprenait si bien les choses. Elle fut sa confidente, le temps d’une nuit de repos où la confidence était aussi nécessaire que de se nourrir. Il en avait besoin. Ace lui manquait cruellement et manifestement, à travers son absence Isaac se retrouvait dans sa religion. A nouveau, Dieu avait repris une place lui revenant de droit. Il priait si fort, à s’en briser les phalanges parce que la douleur était telle, dans ces moments-là, que la douleur physique palliait à la douleur d’un cœur brisé. Et Isaac priait. Pas pour lui, non. Il ne le méritait pas. Mais pour Ace. Il priait pour qu’il soit heureux, pour que ses poings ne soient plus autant malmenés par ce qu’il soupçonnait mais n’avait jamais révélé. Il priait de tout son être, de toute son âme. Et surtout, il lui écrivait. Des pages et des pages entières de mots condensés en une souffrance bouillonnante. Son exutoire habituel n’était qu’un vague purgatoire dans lequel il ne se retrouvait plus. Peut-être parce qu’il ne les envoyait pas. Il gardait ses lettres veillant à les cacher pour ne pas que quiconque puisse les trouver, rendant la peur irrationnelle et l’envie de le revoir bien plus grande. Pourtant, il se l’interdisait. Lors de ses permissions, il préférait ne pas passer chez lui. Il relevait simplement le courrier, préférant s’enfuir aussi vite que possible. Il vivait dans la peur inconditionnelle de le croiser, lui. Pourtant, le temps poursuivait inlassablement son chemin. Il sentait que la distance guérissait un cœur ayant souffert. Il n’était pas prêt à souffrir aux autres, peu enclin à ce qu’il y ait une femme, les hommes ayant été prohibé de sa vie. A part Lui… Mais les fantômes du passé ne permettaient pas de vivre. Finalement, il finit par remettre un bon nombre de ses lettres à Elinor. Ces correspondances qu’il avait écrites. Sur les bases militaires. En voyage pendant les congés. Il lui écrivit tout le temps ses confidences si ce n’était qu’il décrivait ce qu’il pouvait ressentir dans son quotidien, sans jamais tomber dans la déclaration ou le secret. Ça, il se l’interdisait. Et pourtant, lorsque son amie quitta les rangs, il lui remit ce paquet contenant des lettres et des lettres écrites, suivant ses humeurs du jour, suivant ce qu’il pensait. Des pages noircies de propos tendres et souvent peu révélateurs de ce qu’il ressentait réellement. Il allait le regretter. Et il le regretta. Ce n’était pas une bonne idée. Cependant, il préféra ne pas revenir sur sa décision. Qu’il les reçoive, qu’il les jette, les brûle ou s’enfonce encore plus dans le désespoir, la situation restait la même. Il devait passer à autre chose. Ainsi, il n’écrivit plus aucune lettre et le temps passa. Les secondes devinrent des minutes. Des minutes, des heures et des jours, et des mois. La douleur s’était atténuée et pourtant, il vint un jour où les pensées le ramenèrent inexorablement à l’irlandais. Il se demandait ce qu’il pouvait faire, penser et rêve. Etait-il heureux ? Egoïstement, il se laissait plaire à croire de ce songe qu’il considérait comme la pire des ignominies. Il n’avait plus rien écrit à son ex, se contentant de correspondre avec le peu d’entourage proche qu’il possédait. Pourtant, ce soir-là, il était de meilleure humeur, ça faisait un moment qu’il ne s’était pas senti aussi bien. Il était en Afghanistan où le retrait des troupes se faisait progressivement, l’opération étant toujours en cours. Avec l’ancienneté, il avait pris des galons et sur la base, il était passé à un niveau où il n’était pas le chef, mais il n’était pas pour autant le jeune poulain. C’était l’ancien temps : et il était respecté. Heureusement qu’il y avait ce putain de job dans sa vie. Un peu de fierté pour sa mère. Elle devait certainement le regarder d’en haut après de son Dieu adoré. Ici, il se retrouvait en terrain conquis. La chaleur était, certes, écrasante dans ce désert. Et pourtant, à la tombée de la nuit, la fraîcheur était appréciée et le scintillement des étoiles, rassurant. Il se surprit à vouloir lui écrire, se disant que ce serait la dernière des dernières. Comme pour les précédentes d’ailleurs… Honteux mensonge qu’il n’assumait pas. Pourtant, l’écriture lui sembla plus libératrice. Isaac était en paix avec lui-même, plus détendu. Il n’en demeurait pas moins avenant, son jardin secret restant secret. Mais il ne prit pas garde aux soldats l’entourant.  De jeunes recrues lui rappelant la stupidité d’un âge minot. Ils étaient éméchés et tout le monde ici l’appréciait. Il avait ce côté apaisant, un peu paternaliste. Pourtant, ce soir, ils semblaient avoir acquis une confiance et ils vinrent à lui alors qu’il était en train d’écrire. La lettre longue n’était qu’une litanie d’amour à l’encontre de la seule personne ayant réellement comptée pour lui. Le sergent posa ses yeux sur le seul passage, capable d’allumer la mèche de l’explosif, cette vérité semblant être si honteuse « […]De tes soupirs au creux de mon oreille… Je crois les entendre encore, Ace… Tu resteras, à jamais, le seul homme dont je peux dignement dire que j’ai aimé…[…] » - « Rends-moi ça tout de suite sinon, je te jure que j’te casse les dents !!!  » Dit-il en se redressant en furie. Les gars, complètement pétés, se mirent à hurler de rire. La connerie humaine n'avait pas de limites, encore moins l'homophobie. La haine de l'autre, il ne la connaissait pas.  Tapette… Tafiole… Looser… Honte... Les mots fusèrent aussi cruels que terribles, à entendre. Il prit le fautif, non sans lui avoir arraché la lettre pour la planquer dans son univers, par le col et le traina de tout son long pour le coller contre le mur de la base. « Ma patience a des limites espèce de connard ! Me force pas à te coller un avertissement et à te renvoyer à la maison ! » Gronda-t-il en le saisissant par la gorge. Mais le gars n’était pas seul. Et ses collègues laissèrent parler l’alcool quand Isaac, lui, était pétri de colère. Pour la première fois, il se trouvait face à l’homophobie, non pas à l’encontre des autres mais bien de lui-même. Atteint dans sa dignité, il perdit tout sang-froid quand l’un d’eux le poussa. Les poings partirent. Autant d’un côté que de l’autre. Mais il était seul et ils étaient nombreux et plus jeunes aussi. Il sentit les coups de pied, les coups de poings. La tête sonnait douloureusement et chaque coup porté lui arrachait un gémissement de douleur jusqu’à ce que les cris résonnèrent et les assaillants, repoussés par un major venu comme attiré par le boucan. Ils répondraient de leurs actes mais le mal était fait. Il avait ce gout métallique dans la bouche et chaque mouvement lui semblait être une brûlure. Aidé de son collègue, il tenta de se relever mais perdit connaissance. Il fut transporté vers l'infirmerie où on l'opéra d'urgence. Quelques points de suture sur bon nombre de ses plaies. Le plus inquiétant restait l'épaule. Atrophiée par le poids de la godasse, le coupable avait écrasé de toutes ses forces, explosant la clavicule. Le tout fut rafistolé le temps d'être rapatrié aux USA. Il serait mieux soigné. Et puis ça lui convenait, il préférait partir de la base avant que la rumeur ne finisse par naître. Si sa nature était dévoilée, il n'était, cependant, pas prêt à l'entendre. Pour sa mère, pour ce Dieu miséricordieux qu'elle avait tant adulé. Il fuyait sous des prétextes médicaux, croyant que la remise en état se ferait rapidement. Il y croyait. 
(Empty chairs at empty tables) Il déchanta bien vite en revenant en terre promise. Son épaule gauche fut examinée et l'opération sembla secondaire. Pour tout remettre en état, pour enlever les bouts d'os qui nécroseraient ses chairs. Le réveil fut brutal et douloureux quand l'anesthésie cessa et qu'il ouvrit les yeux. Il était seul dans cette chambre. Pas de visiteurs. Pas de fleurs. Rien qu'un panel de médecin tout juste bon à venir lui dire qu'il était en arrêt de travail, que l'épaule devait rester immobilisée. Que suite à cela, il devait faire de la rééducation, que pour l'instant, son avenir au sein de l'armée était incertain. Tout dépendrait de sa guérison. Il prit la nouvelle comme un véritable coup dur, pinçant avec force l'arête de son nez pour ne pas craquer. Il en avait marre. Il était à bout. Il se croyait damné, maudit par un destin se jouant de lui. Il l'avait l'impression de l'entendre rire. Il resta à l'hôpital, regardant le paysage de l'établissement militaire. À défaut de pouvoir être utile, il pensait beaucoup. La colère était là, lui qui d'ordinaire était bien plus doux et calme. Il envoyait chier le personnel lorsque ces derniers venaient, lui demandaient de faire des efforts. Une semaine après, il reçut la visite de quelques militaires destinés à évoquer la fameuse bagarre. Il évoqua l'alcool sans parler de la lettre. Il évoqua des jeunes sans donner de nom. À quoi servirait-il de vendre qui que ce soit ? L'officier était au courant de l'affaire, relatant que le déclencheur de la baston était un fils de. Qu'il serait difficile de le mettre en cause, parce qu'une telle frasque risquait de faire tâche d'huile sur nappe blanche. « Faites vos affaires entre vous, je m'en moque. » Dit-il dans une ultime volonté de les voir débarrasser le plancher. De toute façon, ça ne lui ramènerait pas son épaule. Pas dans l'immédiat. Aussi, avait-il d'autres chats à fouetter que de se lancer dans un procès. Il savait qu'il risquait de recroiser le jeune en question. Il n'était pas dit qu'il riposterait. Après, si la colère ne partait pas, il faudrait bien trouver un moyen de vider son sac, de se délester de tous ces sentiments négatifs. L'événement eut au moins le mérite de lui faire ouvrir les yeux sur le monde extérieur, sur ce qu'il était en train de faire. Aussi, puisqu'il était coincé à New York pour un temps, il s'occupa comme il put pour ne pas sentir ses entrailles se tordre, pour ne rester figé dans ces mauvaises émotions. La rééducation, les allées et venues dans l’hôpital militaire, les avis médicaux peu encourageants concernant sa guérison. Il fut aidé de quelques frères, peu au courant de l'affaire ou qui n'en tenait pas compte. Souvent, ils venaient le voir mais plus rien n’était pareil. Les regards étaient blessants, il le vivait mal. Se dire qu'on le considérait pour ce qu'il n'était plus. Ace était le passé, et la page se tournait. Toutefois, il se manifesta à lui d'une manière plutôt inattendue. En rangeant ses tenues, il tomba sur l'objet du délit. La fameuse lettre... Durant quelques jours, il ne cessa de l’ouvrir, de la lire, de la replier et de la laisser ainsi. Il tournait en rond, les émotions se mélangeant entre elles. Le chagrin. Le manque de l’autre. La colère. La culpabilité. L’échec de ne pas avoir quelqu’un de bien pour lui et sa mère. L’entre deux fut si terrible qu’il préféra prendre la lettre, la mettre dans l’évier et y foutre le feu. Il regretta par la suite. Mais il devait avancer et ne plus laisser le passé et les regrets devenir ses compagnons d’infortunes. Il devait avancer. Il était le passé. L’histoire ancienne. L’autre dont il tairait le nom à jamais.
(How to save a life - Elinor) La rééducation demeurait douloureuse. L’épaule, sensible. Chaque mouvement lui apportait un spasme de douleur. Il serrait son poing de son bras valide. Il serrait les dents. Et il avait l’impression de ne jamais guérir. La douleur était là. Physique. Morale. Elle était partout. Ici et là. Et la solitude l’accompagnait un peu trop. S’il avait pu, il aurait pris ses bagages, se serait enfui de New York, de ce lieu chargé de tant de souvenirs. Mais il était bloqué. Et il sut faire fi de ça, trouvant le réconfort dans des bars. Il aimait bien l’alcool non pas comme un ivrogne, mais comme celui appréciant la douce brûlure glissant au fond de sa gorge. Cependant, l’habitude devint addiction et chaque soir était un prétexte pour s’enfoncer dans un monde nébuleux que son éthylisme créait. Il se sentait mieux. Mais l’éphémère ne permettait pas de guérir. Ni son cœur. Ni ses plaies. Et pourtant, il se plaisait dans ces instants artificiels. Il préférait de loin être bourré, plutôt que sobre. Son esprit cogitait moins. Pourtant, il s’enfonçait dans sa propre déchéance. Il ne se relèverait pas ainsi. Les médecins taisaient les remontrances. Que pouvait-on dire à un militaire dont le reflet des yeux renvoyant tous ces cadavres. Le traumatisme psychologique était là. Et pourtant, il devait s’en sortir. Mais il était si facile ce monde créé par la bouteille. Il s’agissait simplement de boire et de se laisser planer. Il se détruisait. Fort heureusement, sa route croisa un jour celle d’Elinor. Il ne pensait pas la revoir. A vrai dire, ces derniers temps, il n’avait pas vraiment donné signe de vie à qui que ce soit. Il n’avait pas envie d’écrire. Et pourtant, elle le découvrit dans un état pitoyable, à la limite du déchet que l’on trouve par terre. Qui inspire la pitié. La déchéance du militaire ayant foutu en l’air. Pourtant, elle se montra compatissante. Elle allait l’aider à aller mieux. Il n’était plus seul…


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Dernière édition par Isaac Taylor le Dim 23 Juil - 9:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Sam 22 Juil - 23:35
Mon Isaac. CANDICHOU BRILLE coeur HUG

Rebienvenuuuuuuuuue sweetie. JEREM LE HERISSON
Il n'y a pas de mots pour décrire le bonheur que c'est de lire Isaac dans tes mots, de voir que tu as en quelques sortes retrouvé celui qui t'avait mené jusqu'ici. COOKIE Ce message ne sera sûrement qu'un bis repetita de tout ce que je t'ai déjà dit, mais tu as si bien cerné le personnage, tout en lui apportant une profondeur, qu'il en devient profondément touchant et humain, et c'est juste si beau à lire. CANDICHOU Ta fichette est un délice du début à la fin, une véritable épopée à travers la vie d'un personnage qu'on découvre peu à peu dans ses forces et ses faiblesses, dans toute son humanité -et c'est un beau voyage, qui présage tant de belles choses par la suite. COOKIE Ta plume est toujours aussi dnsjjdhdhhdhdjjd. OMG Et je n'ai qu'une hâte : qu'on puisse de nouveau écrire ensemble pour développer ces liens, et de te lire à nouveau avec Elinor mais aussi tous tes futurs liens. JEREM LE HERISSON BRILLE (oui je vais stalker comme jamais, mais t'as l'habitude now :hihi: )
Merci, merci, merci mille fois de donner ainsi vie à Isaac. HUG coeur
(Puis t'es beau avec la jolie tête de McAvoy MIAOU )
(Même Ace approuve, même s'il le dira pas à voix haute. :hihi: )

J'espère que tu prendras autant de plaisir avec Isaac que tu en prends à écrire pour Caem. :l:
COOKIE :l: CANDICHOU




« Night of the hunter »
One night of the hunter, one day I will get revenge, one night to remember, one day it'll all just end... Honest to God I'll break your heart, tear you to pieces and rip you apart... ©️ .bizzle


Dernière édition par Aisling Ó Luain le Dim 23 Juil - 11:30, édité 3 fois
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« du sang et des larmes »

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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Sam 22 Juil - 23:36

Oh làlàlà. Isaac. ISAAC. ISAAC ! I love you I love you I love you
Si tu savais comme je suis heureuse que tu puisses donner vie à ce personnage, ce premier coup de cœur qui nous a permis de te découvrir sous les traits de Caem. CANDICHOU Depuis le temps que nous l'attendions, voilà que tu l'incarnes à présent et ça promet déjà de belles choses. COOKIE

Cette fiche, tes mots, cette bouille. Je meurs. RIP Pas la peine de me faire du bouche à bouche ou un massage cardiaque, je crois que je suis bien là où je suis.
Isaac et Ace vont être absolument beaux et parfaits, vos deux plumes ensemble omg. OMG BRILLE Puis j'ai tellement hâte de pouvoir développer le lien entre Elinor et Isaac, mais aussi celui avec mon Celso. Nous allons faire des merveilles et des étincelles encore une fois. CANDICHOU POTTE

Rebienvenue avec ce bébé, merci beaucoup beaucoup de donner vie à ce scénario de folie. CANDICHOU
Hâte de te stalker et de RP avec toi, as usual. CANDICHOU

PS – j'écrirai un ode à James McAvoy un jour. DRAMAQUEEN

PS² – Eli veut bien porter les enfant de Isaac et Ace. :hihi: (Elle portera aussi ceux de Lyam et Oreste.)

Brefouille. RAH




i can’t drown my demons
they know how to swim


Dernière édition par Elinor Browning le Dim 23 Juil - 11:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Dim 23 Juil - 0:27
Rebienvenue par ici SLIP Ce début de fiche PITIE J'ai hâte de lire la suite Smile :l:


She was unstoppable. Not because she did not have failures or doubts, but because she continued on despite them.  
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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Dim 23 Juil - 11:16
james, le scenario, ta fiche, sérieusement tu nous regales CANDICHOU si tu veux bien de moi, j'espère qu'on pourra se trouver un lien LECHE
Re avec ce petit bonhomme :l:
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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Dim 23 Juil - 12:22
Ace d'amour : Tu ne peux pas savoir combien ces mots me touchent CUTE je suis tellement tellement heureuse de pouvoir (enfin) interpréter Isaac. Et je me dis que ce destin a si bien fait les choses et ce hasard quoi OMG pour finalement en être là. J'espère sincèrement ne pas te décevoir Sweetie :l: quand bien même, c'est déjà si beau ce qu'on écrit avec Caem alors nulle doute que nous allons encore faire des choses merveilleuses, se déchirer le coeur avec ces pious pious et s'ouvrir un peu plus les veines avec l'écriture What a Face mais on s'aime ainsi alors :l: :l: :l: tout simplement merci :l: :l: :l:

Eli d'amour : Et merci pour ton mot d'amour aussi ma grenouille à grande bouche :l: Que de chemins parcourus aussi après ces premiers Mps envoyés CUTE Maintenant, j'ai si hâte d'exploiter toutes ces possibilités de liens avec Celso, avec Eli mais aussi tes autres pious pious parce que je les aime et que j'aime quand nos plumes se mélangent ensemble :l: Encore plus de Rps à écrire ensemble et de Mps à s'envoyer... Que dire que j'aime, j'aime, j'aime coeur coeur et puis toi aussi, j'espère ne pas te décevoir, hâte de Rp à nouveau avec toi HAN
(et bien sûr qu'Eli portera les enfants d'Ace et Isaac What a Face avec grand plaisir d'ailleurs What a Face une carrière de mère porteuse l'attend MDR MDR )

Abby : mille merci jolie Abby, je te mpotterais pour un lien quand je serais validée CUTE

Vinnie : Merciiii pour ces compliments, il me touche énormément HAN je te mpotte aussi quand je serais validée afin qu'on se trouve un lien ensemble CUTE
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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Lun 24 Juil - 10:03
Aisling, tout est bon ? chou


Il était une fois une patate
Une vulgaire patate comme nous en voyons tous les jours, mais dévorée d'ambition. Le rêve de sa vie était de devenir une frite.
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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Lun 24 Juil - 10:07
Pas le bon compte, pardon. POTTE
Mais oui, tout est bon pour Eli et moi, merci Niilo. CANDICHOU BRILLE





Je cherche une issue pour te laisser partir, et tout aussitôt un moyen pour te garder.
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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Lun 24 Juil - 10:19
Re bienvenue :l:




il est très facile de développer à tort l'impression qu'on a le contrôle


Richard K. Morgan

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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   Lun 24 Juil - 10:34

Validé !
Félicitations, tu rejoins le Parking !

Félicitations ! La Concierge a bien étudié ton dossier et a décidé de t'attribuer un appartement au sein de son précieux immeuble ! Il a beau commencer à décrépir, elle l'aime son Parking alors si tu veux un conseil: ne tue jamais personne sur la moquette des couloirs parce que sinon, c'est toi qui va y passer ! En attendant de t'installer, pense à bien remplir ton profil et t'inscrire sur les listings:

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MessageSujet: Re: ISAAC - Why does my heart cry ?   
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