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MessageSujet: She smiled like sunflowers (Geert)   Dim 9 Juil - 2:04
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L'endroit est étrange, froid, gris, vide. Mort. Mais y'a cette paix qui y règne, une douceur accueillante, tendre amertume qui t'enlace lorsque t'es là, plantée sans bouger à parler dans le vide. Comme si du fond des nuages, la fée allait t'entendre.

Les rayons sont hauts ce matin, verres fumés devant mes yeux, ils cachent la fatigue, cachent les effluves d’alcool encore lisibles dans le blanc de mon regard. Des vallées creusées sous mes paupières tirent mon visage, c’est pour ça aussi, qu’elles sont là les lunettes. Je le sais bien, à quoi je ressemble, ça fait des mois maintenant que le miroir reste dans le même état, comme si j’avais collé une photo de moi à la place de mon reflet. L’impression de stagner, de ne plus changer, coincée dans cet état de vie étrange, là où tu sais que tu dois, qu’il faut avancer, mais t’en a pas envie. Parce que c’est mieux, tellement mieux de se laisser couler, submerger par le deuil, se noyer dans les draps sans que le sommeil ne vienne pour nous secourir. Et on finit par sortir, éventuellement, on redécouvre les autres, les rires, les discussions interminables et les questions sans aucune discrétion.  Moi, j’aurais aimé me retrouver collée contre mes draps uni, ça aurait été plus facile d’expliquer que je ne sortais plus. La main bien accrochée à la barre du métro, je sens le sommeil qui essaie de me cueillir, j’ai les yeux qui papillonnent, la peau qui colle en cette chaleur estivale, métro bondé, j’avais bien choisi ma journée.

Les fleurs sont jaunes entre mes doigts, solaire comme l’astre qui a choisi de se montrer. Ca me fait penser à elle, en un certain sens, ça me semble normal, de lui en apporter. Des fleurs d’or pour matcher les boucles blondes et le rire enfantin. Non, j’en voulais pas moi des autres couleurs trop banales, ternes, les rosés pâles qui recouvraient les parterres devant les dalles. Non. Elle n’en aurait pas voulu, elle n’aurait pas aimé. Quitte à ce que je vienne la voir, autant qu’elle soit la plus belle du domaine, celle que l’on remarquera le plus lorsque les gens passeront dans les allées. Je veux que les gamins pointent sa stèle du doigt, pendant que les parents viennent à murmurer des mots choqués face à la couleur trop criarde, trop joyeuse de mon bouquet. Je veux qu’on la voit, qu’on la remarque moi, la fée.

Mes chaussures trainent un peu trop à reculons, mais je me force à faire le chemin. Les vieilles converses qui viennent foutre de la poussière un peu partout lorsque je défile dans les allées. Le coin des enfants que je passe, la tête basse, mes doigts se resserrent contre le bouquet. Et c’est la première fois que j’y vais, que je viens lui rendre visite, alors que ça fait des mois qu’elle est là. Enfin, « elle », ça dépend des croyances de chacun après. Soupir lorsque je la trouve enfin, un peu plus blanche que ses voisins, le prénom de lettres dorées que je n’ose pas toucher des doigts. Tout est beaucoup trop calme autour de moi, désert de vie, quiétude parmi les morts. Le bouquet est joli contre le blanc crème, ça fait ressortir le doré de son prénom un peu. Mains dans les poches, je ne bouge plus vraiment, comme happée par le jaune criard des pétales, sourire léger, j’ai pas l’impression d’avoir ce poids sur les épaules, celui contre les poumons. C’est étrange comme sensation, mais je me sens presque comme apaisée.
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MessageSujet: Re: She smiled like sunflowers (Geert)   Mar 18 Juil - 23:50
Ce n’était pas un endroit qu’il appréciait, les allées de terre trop foulées par les pas de la tristesse et le dos voûté du chagrin, les tombes comme des lits impersonnels trop froid pour que les aimés s’y reposent en paix, sans doute bouffé par des asticots s’en donnant à corps joie de la terre pour réchauffer leurs muqueuses décomposition. La grande grille en fer du cimetière du Bronx était le plus redoutable pour lui à franchir, sans doute parce qu’il savait bien qu’après elle, chaque pas devenait une épreuve de plus à passer, elle était la ligne de départ d’une course qu’il ne voulait pas courir et qu’il n’arrivait jamais à finir, et pourtant encore une fois il se retrouvait à la traverser, seul, le regard à fuir vers le sol dans l’espoir de ne croiser personne, éviter les regards attristés de ceux qui recherchaient de la compassion dans les camarades de peines, qui voulaient s’accrocher à la première âme venue pour tenter d’en tirer les mots doux qui leur permettraient de continuer quelques jours de plus. Un pas après l’autre, connaissant les allées par cœur de les avoir arpenté, c’était un parcours de zig-zag particulier qu’il pourrait effectuer les yeux fermés. Elle était là, seule dans son coin, enterrée loin des siens. Les parents d’Eileen étaient de l’autre côté du cimetière, là où les tombes sont à taille adultes, les seuls tailles convenables aux cercueils, les seules dans lesquelles ils devraient être, et les siens encore bien vivants dans les sales quartiers de Bruxelles, mais sa carcasse à lui viendrait sûrement s’enterrer non loin de la petite Victoire, à quelques allées de là, prêt à la serrer dans ses bras. Il avait la gorge serrée, c’était fou comme il avait du mal à respirer tout à coup, la vue brouillée par une montée de larmes alors qu’il remettait sur la dalle sans éclat une couverture de fleurs pour que le fruit avorté de sa chair n’attrape pas trop froid là, toute seule sous la terre, pour que si de quelque part entre les nuages elle puisse voir le spectacle de sa fin, qu’elle puisse être rassurée de savoir qu’on pensait encore assez à elle pour cacher son horrible destinée de pistils colorés, des dipladénias multicolores pour égayer les pierres tombales charbonnées qui l’entouraient. Il prit le temps d’enlever les quelques autres fleurs, déjà asséchées par les chaleurs du mois de juillet, mais ne resta pas longtemps, le cœur trop serré par l’émotion  pour survivre plus de quelques minutes devant la tombe de son enfant, trop blessé par ses larmes aiguisés pour continuer à se tailler les joues en faisant semblant de ne rien sentir. Il ne voulait pas y penser plus longtemps, trop longtemps, encore incapable de savoir quoi faire de tout ce chagrin, incapable de le gérer depuis maintenant deux ans, à se distraire de n’importe quoi et se trouver des raisons en tout à ne pas penser à cette balle qui lui a troué le corps et le laisse lentement mourir d’une hémorragie, il esquive, encore, ferme les yeux, se dirige vers la sortie, ne peut plus tenir. C’était trop dur pour lui, flocon de neige perdu en plein été, fondu de tous les côtés, il était devenu une de ces âmes qu’il voulait tant éviter, désespéré de trouver un regard auquel se raccrocher, sans savoir comment. « Jolies fleurs. » Les yeux rouges mais les joues séchées, il a encore le souffle court, comme s’il venait de sortir d’une course, fuyard de ses responsabilités qui arrive encore à leurs échapper, s’accroche à cette gamine qu’il pense reconnaître du Parking, parce que les habitants de la tour démoniaques sont partout, le suivent, ne peuvent pas le laisser tranquille. « C’est pas commun, des tournesols, mais c’est joli. Devrait y’en avoir plus, ce serait plus gai dans le coin. » Il s’approcha, doucement, pas trop près, pour ne pas la faire fuir, laissant ses yeux parcourir les inscriptions de la tombe qu’elle était venue fleurir.


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MessageSujet: Re: She smiled like sunflowers (Geert)   Ven 18 Aoû - 10:29
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L'endroit est étrange, froid, gris, vide. Mort. Mais y'a cette paix qui y règne, une douceur accueillante, tendre amertume qui t'enlace lorsque t'es là, plantée sans bouger à parler dans le vide. Comme si du fond des nuages, la fée allait t'entendre.

« Jolies fleurs. » Le regard que je tourne vers le nouveau venu. Sourire qui se fixe, léger sur le visage, serein sur les traits. C’est pas le genre d’endroit où je m’attendais à recevoir un compliment, encore moins ce genre de compliment là à en juger par les regards qui m’ont accueilli lors de mon arrivée, les doigts serrés contre le bouquet solaire. Monsieur s’approche légèrement et par réflexe je me décale légèrement, comme si lui aussi il allait venir déposer une gerbe de fleur contre la pierre de crème. Il a les yeux rouges, la dégaine d’un homme d’affaire, l’aura aussi de ce genre d’âme à respecter, le gars a du vécu et ça se sent en un regard. Je me sens petite près de lui, insignifiante mais pourtant touchée du fait qu’il est prit le temps de naviguer entre les pierres tombales pour venir se raccrocher à mes fleurs de soleil. « Merci. » Voix douce, murmure aérien, j’ai presque peur de briser la quiétude des âmes envolées. « C’est pas commun, des tournesols, mais c’est joli. Devrait y’en avoir plus, ce serait plus gai dans le coin. » Je prends soin de l’observer, la jeunesse passée lui fait quelques rides au coin des yeux et après quelques secondes je me rends compte qu’il vient du Parking, que je l’ai déjà vu dans les couloirs, dans le hall d’entrée, ou même lors de quelques événements sur le toit ou dans la laverie. « Vous êtes bien le seul à les apprécier, mes tournesols. » Remarque qui se veut amère envers toutes les bonnes femmes aux traits enlaidis par cette horreur d’avoir vu des pétales autre que rose pâle et bleu lavande. Comme s’il y avait un règlement maintenant, une étiquette à respecter en entrant dans le domaine des morts. Comme s’ils allaient s’offusquer de voir un peu de couleur au milieu de leur marbre gris et doré, noir et argenté, les variantes étaient nombreuses mais pourtant si semblables. La monotonie partout, l’ennui, le vide, la mort. « Enfin, c’est plus ses fleurs que les miennes, vraiment. » Le commentaire que je ne peux m’empêcher de sortir, ponctué d'un mouvement de visage vers la pierre tombale, tandis que le bout de ma chaussure vient frotter contre le sol devant moi, presque gênée d’avoir brusquer la parole, la conversation. Peut-être qu’il veut s’en aller, l’homme, peut-être qu’il ne veut pas discuter non plus, qu’il voulait juste me laisser savoir qu’il aimait mes fleurs, soutien invisible qui m’égaierait sûrement la journée. Rien de plus, rien de moins. Un compliment sans attache qui ne sous-entendait pas d’autres paroles à échanger.

Mais comment se taire lorsque la vérité n’attendait qu’une chose, pouvoir s’échapper au grand air. Parce que le commentaire était sincère, les fleurs étaient celles de la fée, aussi belles qu’elle, aussi vibrante de folie que ses mèches dorées. Le sourire contre le visage, la chaleur au bout des lèvres, ce grain de joie qui égayait le plus terne des endroits. C’était comme ça que je la voyais, la cousine, un tournesol qui tournoyait face au soleil, bien plus belle que l’astre, bien plus rayonnante aussi. Et je suis certaine moi, qu’elle aurait voulu dominer les tombes de ses rayons, l’espoir peut-être niché dans son esprit de coloré un peu plus les gris monotones de l’endroit. Pourtant cela, je le garde pour moi, il n’a pas besoin de savoir, l’homme, que ma cousine était autant tournesol que soleil, que les autres souriaient en sa présence, se tournant vers elle, hypnotisés. Cela dit, peut-être qu’il la connaissait, peut-être qu’il avait entendu parlé d’elle. Tout le monde avait entendu parlé d’elle, la petite du 15 ème qui s’était envoyé en l’air avec des médicaments. Les sirènes avaient retenti pendant des heures selon les rumeurs. Les mains ancrées dans mes poches, je m’approche doucement de la tombe, me baisse un peu et ramasse un bouquet fané. Aucun mot, aucune indication quant à la personne qui aurait pu venir rendre visite à la fée, note mentale de déposer le bouquet dans l’un des bacs prévus pour le nettoyage des déchets verts. « Et vous, c’est quoi votre type de fleurs ? » La question indiscrète, maladroite sûrement à en juger par le rouge qui entoure encore ses yeux, mais l’homme m’intrigue, sa présence que je n’explique pas, cette chose dans le regard, comme s’il allait finir par se perdre, s’enfoncer au milieu de ses stèles jusqu’à en rejoindre les occupants. Et puis, c’est lui qui a commencé la conversation, ce n’est que politesse de vouloir la continuer.  
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MessageSujet: Re: She smiled like sunflowers (Geert)   Mar 21 Nov - 2:45
La jeune femme se recula d’un pas quand il s’approcha de la tombe, comme si elle voulait lui laisser un minimum d’espace pour se recueillir, comme s’il venait pour la couleur crème du marbre et non pour s’accrocher à la seule chaleur présente dans le cimetière quand les autres figures lointaines n’étaient que des pleurs, des fantômes qu’il avait peur de devenir. « Pourtant ils sont magnifiques, vos tournesols. » Pas à leur place, non plus, c’était sans doute ce qui les rendaient aussi beau à cet instant, à cet endroit qui n’avait pas été fait pour eux mais qui semblait les accueillir  sans rechigner. L’inconnue au visage familier laissa échapper un murmure de plus, comme si elle ne pouvait le contenir, semblait regretter de l’avoir formulé à peine s’était-il matérialisé grâce à ses lèvres. Les yeux verts d’émeraude de la jeune fille s’évanouissaient dans le gazon comme si de ne plus regarder son nouvel interlocuteur viendrait effacer sa remarque, peut-être réinstaller le silence coutumier du carré mortuaire alors, qu’appliquée, elle se pencha pour ramasser un ancien présent sans étiquette, sans rien d’autre que des pétales privées de vie, desséchées par le soleil de l’été. « Je n’y connais pas grand-chose, en fleurs, pour tout dire. » Il soupira en pensant à toutes les fois où il avait pu mettre les pieds chez un fleuriste en se contentant de faire envoyer un bouquet pour tel ou tel occasion et les autres, où, le cœur retourné par la même peau lactée depuis tant d’années, il demandait toujours un bouquet de roses rouges à ramener à son aimée.  « C’est pour ça qu’ici je ramène des dipladénias. C’est de saison à ce qu’il parait. » C’était ce que le fleuriste lui donnait toujours avec un faux air de compassion dans les yeux tout en passant sa carte bancaire dans son terminal de payement fatigué, Geert s’était plié aux codes des cimetières sans résister plus longtemps. Il avait mis assez de temps à franchir la grille imposante du royaume des morts pour encore se faire remarquer à déroger des règles silencieuses imposées par le deuil, pourtant les pétales jaunâtres qui lui faisaient face lui arrachèrent un sourire sur son visage meurtri. « Peut-être que je devrais ramener ses fleurs à elle aussi, plutôt que de prendre celles d’usages. » Elle n’en avait pas vraiment, de fleurs, Victoire, elle n’avait pas eu le temps de s’émerveiller des pétales et de tenter de siroter le jus qui s’échappait encore de celles fraîchement cueillies. De fleurir sa seule demeure des bienséances souhaitées lui semblait tout à coup horriblement impersonnel, comme s’il n’avait jamais réussi à faire l’effort de penser réellement à comment décorer cette tombe, qu’il se cachait derrière une étiquette pour apaiser la culpabilité qu’il revenait le submerger dès qu’on le laissait dans le silence et, qu’indéniablement, le cheminement de ses pensées en revenait à cette enfant perdue. Il se cachait dans les traditions et les saisons qui rythmaient les floraisons pour ne pas avoir, encore à mettre de nom sur cette peine, essayer de ne pas la ressentir trop intensément.


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MessageSujet: Re: She smiled like sunflowers (Geert)   Dim 3 Déc - 3:30
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L'endroit est étrange, froid, gris, vide. Mort. Mais y'a cette paix qui y règne, une douceur accueillante, tendre amertume qui t'enlace lorsque t'es là, plantée sans bouger à parler dans le vide. Comme si du fond des nuages, la fée allait t'entendre.

« Pourtant ils sont magnifiques, vos tournesols. » Le commentaire me fait sourire, brin de soleil qui vient éclairer mon visage, tout comme les fleurs en question viennent illuminer le fade du cimetière. L’inconnu est bienveillant, aura chaleureuse qui émane de lui, malgré l’endroit où nous nous trouvons. Lieu où les coeurs s’ouvrent à nouveau, laissant couler le surplus de suture qui sont mal refermées, ouvrant les bandages et autres pansements pour que puisse sécher la plaie toujours à vif. Et je n’ai jamais aimé cet endroit, petite déjà rendre visite à mes grands-parents était un calvaire plus qu’une corvée, le malaise des pierres tombales tout autour de moi, la senteur plastique des fleurs qui pourtant vivait. Tout était gris. Tout était mort. Comme si les visiteurs laissaient leur passe droit sur la vie après avoir foulé les premiers mètres situés après l’entrée. « Vous feriez mieux d’expliquer ça aux quelques mégères que j’ai vu me regarder d’un air scandalisé alors. Et merci du compliment. » Je relève la tête vers lui, ses traits tirés d’une vieillesse presque prématurée sont toujours tournés vers la stèle de la cousine et je soupire légèrement, les yeux retombant sur les mots dorés.

Pour elle, je m’étais promis de faire des efforts.

Car j’avais reculé l’échéance, reportant sans cesse la visite, privée d’envie d’y aller face à cette sensation morbide qui s’insinuait en moi à chaque moment de ma vie où j’avais été obligée de me retrouver dans un endroit pareil. Mais ce matin, j’avais pris le temps. Choisis le plus beau des bouquets, trouvant les fleurs parfaites, celles qui me serviraient de bouclier face à cette atmosphère pesante. Aussi rassurante pour moi que pour elle, léger égoïsme, je reconnais. « Je n’y connais pas grand-chose, en fleurs, pour tout dire. » La réponse que l’homme commence, et je sens mon cœur se relaxer un peu, heureuse quelque part qu’il est choisi de me répondre sans tenir compte du fait que la question été légèrement indiscrète. Peut-être. « C’est pour ça qu’ici je ramène des dipladénias. C’est de saison à ce qu’il parait. » Je remue le visage légèrement, cherchant ce que je pourrais bien lui dire, mais mon propre savoir sur les fleurs est lui aussi limité. Alors je ne dis rien, préfère laisser le silence s’installer à nouveau entre nous, les pétales dorées remuant légèrement face à la brise douce qui commence à souffler. Sourire de paix figé contre mon visage, j’ai l’impression que la fée danse, invisible, sur un coin de nuage pour me remercier. « Peut-être que je devrais ramener ses fleurs à elle aussi, plutôt que de prendre celles d’usages. » Regard que je relève vers lui au travers de mes lunettes. Pensé qu’il jette sûrement en l’air plus que phrase sur laquelle je devrais rebondir. « Peut-être que vous pourriez faire ça oui. Ou alors...Prenez des fleurs qui vous évoque sa présence, sa personnalité. Je sais que...j’ai choisi les tournesols en procédant ainsi. » Le ton est doux, méticuleux presque, consciente que je marche sur des œufs, consciente qu’à tout instant un faux pas pourrait venir briser un morceau de coquille, faisant remonter des souvenirs indésirables chez mon interlocuteur.
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MessageSujet: Re: She smiled like sunflowers (Geert)   Sam 30 Déc - 20:03
Il n’avait pas à parler, à embêter cette jeune femme venue se recueillir, qui n’avait rien demandé à personne, surtout pas à lui, mais pourtant il était sur le point de basculer par dessus bord à cause de la tempête de ses émotions, s’accrochait tant bien que mal à la rambarde de la raison, il laissait échapper les confessions à demi-mot. « Je n’ai pas vraiment eu la chance de la connaître. » C’était comme une balle qui venait de lui traverser la tête de part et d’autre, un tunnel de sang dégoulinant reliant ses deux tempes à travers lequel on pouvait voir la matière spongieuse de son cerveau fatigué. Il se demandait souvent, oui, comment tout cela aurait-été si tout s’était passé différemment. Si tout n’était jamais arrivé, aussi. Mais jamais trop longtemps, parce que les larmes qu’il cherchait tant à cacher finissait toujours par submerger les barrières qu’il s’imposait, qu’il n’arrivait pas à blâmer un dieu auquel il ne croyait pas ou une nature qui n’avait jamais revendiqué droit de vie ou de mort sur  les créatures qu’on lui apparentait. « Morte née. » Il s’était fait une raison, après le  choc, le déni, la colère, il était perdu quelque part entre l’étape de la tristesse et de la résignation. Sans doute s’en rendrait-il compte s’il prenait la peine de s’ouvrir aux autres, pourrait-il faire un pas de plus vers l’étape suivante, mais de retenir cette sensation de deuil, de la cacher, de la garder pour soi au creux de sa poitrine, c’était comme réussir à faire vivre ce petit corps qui n’avait pas pris la peine de venir dans le monde des vivants. Lui donner une consistance dans le rien qu’elle avait fait sien. Il se mordit la lèvre, vint réfugier les mains dans les poches de son pantalon pour se donner une constance qu’il n’avait définitivement pas à ce moment là. « Enfin, j’vais pas vous embêter avec ça plus longtemps. » C’était la malédiction des âmes qu’il évitait au cimetière, de s’accrocher désespérément aux mains tendus, aux regards emplis de compassion, d’y planter les griffes de l’égoïsme et de n’en laisser partir que des lambeaux exsangues sans que toutefois cela suffise à calmer cette boule noir qui les consumaient de l’intérieur. Il actait son départ seulement de paroles mais son corps, lui, restait immuable, ses deux pieds comme prisonnier de la terre sèche qui collait en amas de poussière à ses chaussures, les rayons chauds de l’été pour venir réchauffer sa peau écaillée par les années passées. Il n’arrivait pas à se détacher de ce petit bout de femme qui ne voulait sans doute pas qu’on s’accroche à elle, le regard perdu sur la tombe qu’elle était venue fleurir, il s’attendait, imbécile, à ce qu’elle ne lui sorte une sorte de formule magique pour le libérer de cette peine qui le pesait, au pire lui craquer l’échine pour qu’il puisse arrêter de la ressentir.


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MessageSujet: Re: She smiled like sunflowers (Geert)   Mar 9 Jan - 21:25
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Les confessions s’enchaînent, naturellement. C’est l’ambiance sûrement, calme des âmes propice à ce que les chaînes tombent, que les secrets se libèrent. Et les questions viennent contre mes lèvres, les conseils maladroits que je cherche à donner, parce qu’il m’a l’air paumé, cet inconnu. J’ai l’impression qu’il est en quête d’un truc quelconque, un signe, une lueur qui lui dira que ça s’arrange, qu’on va mieux, qu’on guérit. Éventuellement, les plaies cessent de saigner, les sutures finissent par tenir, la cicatrisation se fait. Faut juste prendre le temps pour, faut juste avoir la patience de laisser les choses se faire. C’est ça le plus compliqué. « Je n’ai pas vraiment eu la chance de la connaître. » Le ton est mort, vide de tout. Tristesse latente pourtant qui s’entend, j’imagine la gorge sèche qui doit le tourmenter, l’évidence encore plus présente dans sa voix alors que je relève la tête légèrement pour l’observer. « Morte née. » Résignation douloureuse, et je baisse les yeux vers les tournesols illuminés. « Toutes mes condoléances. » Politesse qui s’arrache hors de mes lèvres, j’essaie d’y mettre le plus de chaleur possible, consciente néanmoins que jamais je ne serai capable de mesurer, d’imaginer la douleur que doit causer la perte d’un enfant. Encore plus dans le cas présent, où l’esprit doit être si joueur qu’il se plaît à dessiner des paysages magnifiques peuplé d’un rire innocent, les rêves doivent être cauchemars dès le réveil, dès lors où la réalité frappe et que l’on se souvient. Souvenirs que tout n’est qu’illusion, que l’innocence est enterrée, qu’elle n’a jamais eu l’occasion de respirer. Frisson qui me parcourt l’échine, les mains que je serre dans mes poches. « Enfin, j’vais pas vous embêter avec ça plus longtemps. » Regard qui se promène contre ses traits fermés, discrétion absente alors que j’essaie de lire ce qui se passe dans sa tête. Il me dit vouloir s’en aller et pourtant le voilà qui reste planté là, les yeux rivés sur la stèle de la fée. « Vous m’dérangez pas. C’est plutôt agréable de discuter avec quelqu’un ici. » Sourire chaleureux que je lui adresse et je fais quelques pas, me baissant vers la tombe pour venir y voler une des fleurs. Tige que je fais tournoyer entre mes doigts avant de tendre la fleur à l’inconnu. « Tenez, si vous voulez, on peut lui apporter un peu de soleil. » Le « on » que je prononce malgré moi, consciente qu’il voudra sûrement s’y rendre seul. Espoir gravé dans le palpitant que le jaune de la fleur viendra tout de même illuminer le regard fatigué qu’il porte jusqu’au fond des pupilles.
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MessageSujet: Re: She smiled like sunflowers (Geert)   Sam 2 Juin - 16:15
Elle le retenait, avec un sourire et des bonnes paroles, une pommade agréable qu’il ne s’attendait plus à recevoir sur son cœur meurtri, saigné à blanc par la même épreuve insurmontable qu’il se contentait de mettre dans un coin de sa tête pour tenter de l’oublier, sachant pertinemment qu’il n’aurait jamais assez de force pour la surmonter. Toujours convaincu de ses faiblesses, il était son propre ennemi et incapable de s’affronter, persuadé qu’il était trop bien placé pour se faire du mal, incapable de se rendre compte qu’il pouvait s’aider. Il avait désespérément besoin des autres, et c’était entre les corps en déposition qu’il venait de trouver un éclat de lumière pour l’emmener un peu plus loin, lui donner juste assez de courage pour réveiller ses jambes et le faire avancer d’un pas balbutiant sur le chemin du deuil. Presque en rougissant, bafouillant un « merci » gêné, il attrapa la fleur qu’elle lui tendait avec bienveillance. Il n’était pas habitué à ce qu’on essaye de le réconforter. Ou plutôt, il n’était pas habitué à ce qu’on essaye de le réconforter sans être gêné par ses yeux tirant vers le bas, son sourire qui n’en était pas un, sans qu’on évite de le toucher pour avoir à porter ce fardeau avec lui. Il avait fallu rencontrer une brindille qui lui arrivait à peine à l’épaule pour qu’il se sente assez en confiance avec elle, pour qu’il s’appuie dessus comme si elle était un chêne millénaire, incapable de céder à la pression, qu’elle soit tempête ou incendie, que le sol s’effondre sous elle ou que le ciel ne se déverse sur la terre. Il fit un pas, puis un autre, se retournant pour être sûr qu’elle le suive jusqu’à la tombe de sa fille perdue, lui qui mettait un point d’honneur à venir seul ici soudain terrifié à l’idée de ne plus être accompagné. Les quelques allées à traverser lui semblait une éternité, pourtant au fil des enjambés il pouvait apercevoir le petit carré fleuri, les lettres du marbre se dessiner dans une harmonie qu’il ne comprendrait jamais. « C’est ici. » se sentit-il obligé de dire, comme l’obligation de faire des présentations qu’il était incapable de faire – que dire, de toute façon, voici ma fille, voici une inconnue, ça aurait été stupide. Il hésita encore un instant, puis s’accroupit pour déposer le tournesol près de l’épitaphe avant de se relever, comme pour décorer les lettres ternes qu’il avait trop souvent lu. Juste une date sous son prénom, celle de la fausse couche, pas même quelques jours pour donner l’espoir d’un cœur qui aurait battu autre part que dans le ventre d’Eileen. A notre petite Victoire, nous t’aimerons jusqu’à te rejoindre. « C’est vraiment gentil. Merci. » Il regardait la scène qui venait de gagner en couleur, comme si la nouvelle fleur était une tâche de peinture venu rendre vivant le tableau de sa tombe, laissa échapper un sourire tout en laissant ses yeux glisser sur les différentes pétales. Ce n’était pas grand-chose, pourtant il avait l’impression que ça changeait tout.


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MessageSujet: Re: She smiled like sunflowers (Geert)   
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