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Nos secrets sont des fleurs. + AZY



 

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Nos secrets sont des fleurs. + AZY

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les locatairesles potins


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Message(#) Sujet: Nos secrets sont des fleurs. + AZY Mer 21 Juin - 4:37



○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○
Nos secrets sont des fleurs. 
et pétales après pétales
j'en découvre le cœur, battant, prêt à se donner
matty & azur

Les bruits alentours ne l'atteignent même plus alors qu’ils étaient comme parasites de son angoisse il y a encore quelques minutes. Sa main gantée de dentelles, même en cette chaleur, tiens une cuillère prête à se briser contre sa glace saupoudrée de cochonneries qu'elle a demandé, pensant que le sucre l'aiderait à surmonter son stress. Parce qu'aujourd'hui elle a aucune envie d'être la connasse Azur, elle veut juste être celle à qui on sourit avec plaisir et pas par hypocrisie, avec qui on passait un bon moment, celui qui reste dans les souvenirs, comme une vieille photo à contempler parfois, peut-être qu'on aura même envie de la revoir. Et même si elle s'est plusieurs fois flagellé l'esprit en se disant que ça n'est rien, que ça n'a jamais rien représenté, elle a quand même mit des fleurs dans ses cheveux, elle a quand même maquillé ses yeux et elle a laissé de côté les habits de fille légère pour des fringues plus sages. Eve n'est plus qu'un souvenir et elle se demande si ce n'est pas mieux comme ça. Levant les yeux de sa glace, elle tombe encore sur ces visages rieurs, leurs corps vibrant d'excitation, quelques couples sur des banquettes se murmurant des choses qu'elle imagine aussi niaises que leur tronche. Détournant le regard, elle enfourne une bouchée de sa glace, tapotant l'écran de son portable d'une autre main. La nausée remonte et la glace a soudainement un goût immonde. Peut-être qu'il ne viendra pas. Qu'il s'est rendu compte qu'elle en vaut pas la peine, même en tant qu'amie. Amie. Amie … Elle a jamais été l'amie de quiconque. Le porte-monnaie, oui, le bourreau de sous-fifres, certainement.  Il n'y a jamais eu d'occasion pour elle d'être l'amie à qui l'on se confie vraiment, à qui l'on dit des choses sans importances comme des secrets qu'elle aurait pu garder dans son esprit. Son monde n'a jamais été fait que de faux semblants. Toujours elle, enfermée derrière une glace sans teint où elle ne pouvait atteindre personne, pas même celle qu'endormait sa mère sous dans médicaments assomants. L'innocente, la fille un brin timide qui essaie de communiquer, l'handicapée sociale. Et le temps s'effrite comme ses espoirs et elle soupire, ignore les regards qui doivent s'demander ce qu'elle fout encore là, pas vrai ? Elle-même n'en sait rien. Il a pourtant promis, lui aussi. Il lui a bien serré la main ? Il l'a enveloppée entre ses doigts, a effacé ses peurs pour refaire naître un peu de soleil sur un bout de son cœur.

Repoussant sa glace, elle est presque résignée à s'en aller, à partir de là et faire comme si on ne venait pas de lui mettre un lapin. Elle est digne Azur, elle a une fierté aussi grosse qu'un ballon de foot, qui l'étouffe presque à ce moment-même, lui donne envie de l’appeler pour lui hurler toutes sortes d'insultes mais cette même envie fait mourir sa rage. Parce qu'elle a plus envie de l'affronter, de faire face à ses mots qu'il a dit avoir sortit sous le coup de la colère. Menteur. Elle sait bien qu'il a sûrement mentit. Tout le monde sait très bien, elle la première, qu'elle est rien qu'une fille brisée et qui cherche du réconfort là où y'en a déjà plus. Son regard quitte la table et se pose sur un regard orageux. Et elle se rassoit sous la surprise, tombe presque sur sa banquette avec la grâce d'un orque. Et elle essaie de se forger un masque, une face sereine quand son esprit se noie, s'embrouille et se mêle à ses doutes. Puis la blonde lui offre finalement un sourire « T'en as mit du temps. Un petit soucis sur la route ? » elle hausse un sourcil, elle est toujours un peu trop insolente même quand ses mains tremblent encore sous la table, posées sur ses genoux. Puis, fouillant son sac, elle lui tend finalement une boite « Tiens, j'ai pensé que tu étais peut-être en fin de stock de tes pilules bleues, Papi. » et avec un sourire amusé, elle attend qu'il prenne la boite avant de se reculer pour s'appuyer contre son siège « Bien. J'ai pensé que ce serait cool qu'on … fasse connaissance ? C'est comme ça que ça marche, je crois.» elle a presque l'air timide quand elle détourne le regard pour le poser ailleurs, aucune envie qu'il lise n'importe quoi dans ses opales qui parlent bien trop. « On se connait pas tellement pas vrai ? » Sûrement qu'elle lui en a pas vraiment laissé le temps, qu'ils s'en sont pas donnés non plus. .


❝luxure aux veines❞ Elle était amoureuse à la dérobée, n'osait avoir de l'éloquence ou de la beauté que dans la solitude. Malheureuse au grand jour, elle aurait été ravissante s'il lui avait été permis de ne vivre qu'à la nuit.
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Message(#) Sujet: Re: Nos secrets sont des fleurs. + AZY Sam 8 Juil - 5:00

Nos secrets sont des fleurs
Azur & Matty
Et on marche sur un fil, les yeux bandés et les mains bien serrés les unes dans les autres. Confiance presque acquise, esprit apaisé, comme si l'acidité des mots passé n'étaient plus, comme si y'avait plus de bourrasque de vent pour nous faire basculer dans le vide à tout instant.

Ce genre de journée où rien ne se passe comme prévu. Un réveil ? Oui bien sûr, le portable déchargé m’a accueilli dès le début d’après-midi, un écran noir qui m’avait sourit d’une insolence sans prix, comme content de m’avoir oublié. L’eau trop froide de la douche, les quelques bouchées d’un toast avalées à la va-vite histoire de ne pas conduire le ventre vide. Puis j’avais perdu du temps à chercher mes clés de moto, puis encore d’autres minutes pour décrocher l’anti-vol qu’on avait essayé de me fracturer. Le clou du spectacle restant cette chère patrouille de flics qui contrôlaient les conducteurs quelques mètres après le Parking. La poisse jusqu’au bout, je vous jure. Je m’en été bien sorti, certes, les papiers en règles, un sourire en coin et quelques mots de gentillesses au bout des lèvres et les uniformes bleus m’avaient foutu la paix. Mais le mal été déjà fait. Enfin, mal. Tout en étant relatif, c’est sûr, pourtant faire attendre Azur ne me semblait pas une bonne idée. La blonde voulait qu’on se voit, une invitation lancée, comme ça. Surprise dès les premiers messages échangés, j’aurai jamais pensé qu’elle veuille vraiment d’une quelconque affaire entre elle et moi.

Soupir alors que je gare la moto au coin du fast-food, le moteur se coupe, les doigts viennent secouer mes cheveux histoire de les remettre en place une fois le casque enlevé. Odeur de friture qui m’envahit les narines lorsque du plat de la main je pousse doucement la porte de l’établissement. Repérer Azur n’est pas très compliqué, elle est là-bas, debout, de dos, comme si elle allait s’en aller. Les mains dans les poches, j’avance rapidement, la dépasse pour venir m’asseoir en face d’elle. Je crois que je la surprends d’ailleurs, lorsqu’elle se retrouve face à face avec moi au lieu d’un chemin libre vers la liberté. Elle se rassoit et un combat de regard s’enclenche pendant une seconde. J’ai l’esprit qui m’gueule de faire attention, déjà, toujours, comme si elle avait que ça à faire, la demoiselle, me tendre des pièges vicieux en plein milieu d’un fast-food du Bronx. Je vais finir parano à force de la côtoyer, ça j’en suis certain. Pourtant, un sourire vient germer sur son visage, lumière qui se reflète dans son regard. « Ouais, j’ai eu la journée type de malchance je crois. Avec un peu de chance, ceci relèvera le niveau d’aujourd’hui. »Sourire marqué d’un haussement d’épaule. Je la vois commencer à fouiller dans son sac pendant que d’un regard en arrière, je commande un milkshake auprès d’une des serveuses de l’établissement. C’est face à une boite de médicaments que je me retrouve lorsque je reporte mon attention vers Azur qui se recule dans son siège, la taquinerie ondulant sur ses traits fins. « Ah. Hmm, merci bien de cette charmante attention ? Ravi de voir que tu t’inquiètes de ma santé de ce côté là, dis-moi. » Sourire que je lui rends, c’est beaucoup trop facile de glisser sur le même terrain qu’elle. Le jeu toujours entre nous, comme s’il n’y avait pas eu de laverie, de toit, de cinéma. Comme si on était ces inconnus qui se voyaient pour la première fois.

Le milkshake vient se poser devant moi, d’un tintement de verre contre le bois de la table et du bout des doigts je fais tourner ma paille dans le liquide coloré, écoutant attentivement ma compagne de table. Les billes azurs que je ne vois plus pendant un instant, elle s’échappe la demoiselle, vient trouver un coin vide du regard pour venir y rougir en toute discrétion. Je ne dis rien, ça sert pas à grand-chose de commenter alors je remue juste le visage, approbation dans les yeux alors que j’en profite pour goûter à mon milkshake. « Pas vraiment non, en même temps...Je crois qu’on a pas vraiment cherché à faire connaissance non plus. » Le visage légèrement penché sur le côté, je fais la moue, les souvenirs implicites dans ma réponse. « Matteo Malverti, enchanté ! » Je lui tends ma main, spontanément, sur la table qui nous sépare, comme si je venais de la rencontrer, comme ça de nul part. « Voilà, t’en connais un peu plus de moi. Maintenant, c’est à ton tour de m’apprendre un truc sur toi ! » Sourcil qui se soulève, amusé, taquin, je retrouve la paille de mon verre et recommence à jouer avec, chassant le stress à coup de rond dans le liquide sucré, persuadé qu’elle doit me prendre pour un gamin, l’Azur.
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La tête haute, un poing sur la table et l'autre en l'air, fais moi confiance, avant de finir six pieds sous terre, j'aurais vécu tout c'qui a à vivre. — Fauve.
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Message(#) Sujet: Re: Nos secrets sont des fleurs. + AZY Mar 11 Juil - 4:09



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Nos secrets sont des fleurs. 
et pétales après pétales
j'en découvre le cœur, battant, prêt à se donner
matty & azur

C'est stupide d'avoir peur maintenant. Que l'attente lui tiraille l'estomac comme un premier rendez-vous où il devra forcément avoir un truc à la fin, le genre de connerie où le mec raccompagne la fille en bas de chez elle, que les regards se font hésitants, que les cœurs tremblent avant un baiser timide. Elle en rit d'avance. Et ça lui semble tellement surréaliste qu'elle secoue vivement la tête, s'attirant le regard d'une mère de famille à quelques tables d'elle. Son regard se fige sur elle, froid, arrogant, brûlant d'agacement. Parce que si elle passe pour une cinglée, c'est juste parce qu'il n'est pas encore là. Et elle a envie de s'en aller, peut-être que c'était pas une bonne idée, qu'il s'en est rendue compte. Sans se rendre vraiment compte, elle se lève, attrape son sac d'une main un peu tremblante, un poids étrange sur le cœur. Et y'a un bref courant d'air puis ses yeux qui lui éclatent à la figure. Un océan paniqué puis un sourire et elle s'affale trop brusquement sur sa banquette style années 50, le palpitant remonté jusqu'à la gorge. Un soulagement ? Ou une angoisse de plus. La blonde oscille entre lui et la table puis encore ses yeux, les bleus azuréens s'entrecroisent alors qu'elle se décide à revêtir un air nonchalant, comme si rien n'est capable de l'atteindre. Mensonge. Tout est comme une pointe qui fendille le rocher qui lui sert encore de cœur. Comme a faillie le faire sa presque absence. Il a prit son doigt, sa main, lui a promis un nouveau commencement et elle espère qu'elle saura tenir sa propre promesse. D'une main distraite, elle repousse des mèches d'un blond trop clair derrière son oreille, osant le sarcasme pour ouvrir la conversation. « Ouais, j’ai eu la journée type de malchance je crois. Avec un peu de chance, ceci relèvera le niveau d’aujourd’hui. » qu'il répond en souriant et la blonde ressent comme un élan de joie enfantine à l'idée qu'il mette de l'espoir dans cette journée lui aussi. Hochant la tête, elle réplique « J'espère bien, oui ! Et disons que je te pardonne ton retard alors. » elle ponctue sa remarque d'un sourire amusé, pour qu'il ne le prenne pas mal. L'impression de marcher sur des braises totalement pieds nus, à valser entre le ton rassurant, les yeux brillants de bienveillances pour ne pas que la haine refasse surface, à éclater entre eux car ce sera son seul moyen de se défendre si ça foire quelque part. Parce qu'elle a jamais su faire autrement depuis la première rencontre sous les néons blafards de ce supermarché.

Elle fouille un instant dans son sac, en sortant l'objet de sa farce, trouvant ça amusant de jouer sur les mots sortit dans leur bref échange de messages. Et elle s'attend peut-être à ce qui le prenne mal ,à voir son visage se déformer sous la colère, elle le connait pas vraiment. Est-ce qu'il est susceptible ? Sans humour ? Incapable de voir le moment où il faut rire ou pas ? Mais ses lèvres s'étirent lorsqu'il accepte la boite, faisant écho à son sourire de petite fille ravie alors qu'il s'assoit enfin face à elle. « Ah. Hmm, merci bien de cette charmante attention ? Ravi de voir que tu t’inquiètes de ma santé de ce côté là, dis-moi. » et Azur laisse échapper un rire, pas réellement gênée d'aborder le sujet « J'aurais pas envie que tes conquêtes restent insatisfaites, ce serait dommage à ton âge ! » Puis elle reprend sa glace alors que la serveuse revient déposer le milkshake commandé devant lui. Et Azur ne la regarde pas, trop occupé à se demander ce qu'elle peut dire à présent. Parce que le moment est étrange, presque comme trop décalé de leur réalité. Comme une pause dans un ouragan qui s'éloigne avant qu'il leur revienne dessus. Et sûrement que l'ouragan porte son nom. La folie qui a pu la ronger à la laverie n'est jamais trop loin et elle s'en veut brusquement, du plomb qui lui tombe sur l'estomac. Parce que lorsqu'elle croise son regard, elle a l'envie de lui dire qu'il regarde un démon endormi, qu'il devrait peut-être cesser de chercher quelque chose de bien en elle, comme on observe une Lune et sa face cachée. Mais la blonde est égoïste, elle a envie d'essayer, avançant sur la pente rêche malgré le ravin qu'elle aperçoit déjà. Si elle bascule, elle tentera de basculer seule.

Sa voix ne trahit rien lorsqu'elle se décide à reprendre la parole, encore cet air faussement détendu alors qu'un torrent fait rage en elle, des millions de questions qui l'assaillent, mêlées aux doutes et à une angoisse stupide. Eve n'est plus là, Eve ne pourra pas la ramener à une vie horrible et ne pourra plus rien lui voler. Azur vaut mieux que ça, Azur vaut mieux qu'Eve. Mais quand elle regarde Matty, parfois, le temps d'une nanoseconde elle a l'envie de lui dire son vrai nom, de lui dire qu'elle a quitté une vie pour une autre, que c'est aujourd'hui que la vraie a commencée. Qu'il a appuyée sur le bouton play pour pouvoir lui faire percuter qu'elle gâchait tout. « Pas vraiment non, en même temps...Je crois qu’on a pas vraiment cherché à faire connaissance non plus. » qu'il répond d'une voix qui perce ses pensées, la faisant ralentir son geste de trifouillage de glace. La blonde hoche lentement la tête, baissant les yeux, pas réellement envie de remettre sur le tapis ce qu'elle a pu lui faire, même peu l'envie de rire à la pensée de la lessive qui a coulé sur l'onyx de ses cheveux ou de ce qu'elle a pu lui cracher à la gueule, dans tous les sens du termes. « Oui, c'est vrai. » puis sa main se lance vers elle la faisant sursauter alors qu'il s'exclame brusquement « Matteo Malverti, enchanté ! » et elle reste un instant figée, son regard allant de sa main tendue à lui, savourant secrètement le fait de savoir enfin son vrai prénom. Matteo c'est doux, c'est gamin, c'est rieur, un peu comme lui. Elle tend finalement sa main gantée vers la sienne « Enchantée Matteo, moi c'est Azur et mon nom est trop moche pour que tu l'entendes. » elle sourit encore avant de se rendre compte qu'elle tient encore sa main, qu'il doit sûrement sentir, malgré le gant, les cicatrices juste en dessous et un vague souvenir – trop net, en fait – d'une question là-dessus sous une Lune témoin de bien trop de choses lui revient, la faisant brusquement lâcher prise sur sa main. « Voilà, t’en connais un peu plus de moi. Maintenant, c’est à ton tour de m’apprendre un truc sur toi ! » et elle enfourne une bouchée de glace avant de réfléchir à ce qu'elle peut bien dire, tapotant ses lèvres de sa cuillère. « Hum … plus tard, j'veux devenir artiste peintre ? » un ton interrogatif, peu sûre de ce qu'elle peut répondre à sa question. Il y a trop de choses qu'elle ne peut pas dire, qu'elle ne veut pas aborder avec lui, de Reyes à l'Irlande jusqu'à sa famille qui est officiellement morte alors que pour eux, c'est elle qui n'est plus rien qu'un cadavre. Mais elle repousse ses doutes avant de reprendre « Et toi, tu veux devenir quoi plus tard ? Me dis pas conducteur de caddies, tu seras définitivement pas le meilleur dans le domaine. » qu'elle jette d'un air insolent malgré un sourire taquin, comme l'envie de désamorcer cette bombe-là, juste celle-ci. Elle avance pas à pas, sans se presser, en essayant d'enlever chaque pétale avec une délicatesse enfantine pour pouvoir apprendre ce qu'il se cache derrière son prénom et son air aimable. Et elle sait qu'il est capable de taper du poing, l'envie malsaine d'aussi découvrir ce qu'il dissimule dans l'ombre. Qu'il lui partage ses secrets. Cette pensée lui retourne l'esprit alors elle ajoute « Hors sujet mais … j'voudrais t'emmener quelque part après, tu veux bien ? A moins que ton temps ne sois compté et que tu doives pas rentrer trop tard, Cendrillon ? » Peut-être qu'elle s'aventure trop loin, qu'elle espère trop mais la bulle peut exploser à tout moment, à trop souffler dessus, sûrement qu'elle se brisera aussi vite que ses espérances de gamine rêveuse.


❝luxure aux veines❞ Elle était amoureuse à la dérobée, n'osait avoir de l'éloquence ou de la beauté que dans la solitude. Malheureuse au grand jour, elle aurait été ravissante s'il lui avait été permis de ne vivre qu'à la nuit.
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Message(#) Sujet: Re: Nos secrets sont des fleurs. + AZY Lun 24 Juil - 3:13

Nos secrets sont des fleurs
Azur & Matty
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Les mèches blondes que j’aperçois de suite, de dos, le pas que j’accélère sans réellement en être conscient, comme si j’allais devoir lui saisir le bras, pour l’empêcher de s’enfuir. Un doute de dernière minute sûrement. Les mots que je fais virevolter, précipitation un peu trop présente, le retard que je lui explique vaguement, les événements que je résume d’une seule expression. Peut-être que ça lui suffira pas, peut-être qu’elle s’en ira tout de même, blessée par mon absence, déçue, comme déjà persuadée que jamais je ne tiendrai la promesse faite, que je ne fais que de me jouer d’elle. Mais je l’observe qui se rassoit, sourire léger contre les lèvres, l’humour toujours en coin de visage. Y’a presque de l’enthousiasme quand elle hoche la tête, presque des étincelles d’espoir dans son regard aussi, et ça me donne envie d’espérer, à moi aussi, espérer que les choses ne soient pas un pur fiasco. Parce que c’est compliqué être elle et moi, deux océans qui ne cessent de s’affronter, créant des étincelles d’écumes pour en noyer les sentiments qui finissent échoués sur des morceaux de rochers. « J'espère bien, oui ! Et disons que je te pardonne ton retard alors. » Le retard qu’elle me pardonne, y’a comme un high five mental qui se fait dans mon esprit et ce n’est que d’un sourire que je lui réponds, autant ne pas venir entacher la conversation, pas dès le début.

La boisson que je commande d’un signe de la main, un peu plus détendu qu’avant, je retire l’épaisse veste de cuir qui me couvre les épaules, seule réelle armure face au bitume new-yorkais, et d’un bras posé sur la banquette arrière, je retourne mon regard sur la demoiselle. Celle-ci a la tête d’une enfant beaucoup trop fière de sa connerie, et c’est en effet plus surpris qu’amusé que je me retrouve face à une boite de pilule posée de mon côté de la table. Le carton que j’observe, la blague que je comprends rapidement, je la remercie, allant dans son sens, parce qu’après tout, c’est plutôt effronté de sa part d’avoir poussé la chose jusqu’ici, en plein milieu d’un fast-food où des personnes que je connais pourraient entrer à tout moment. J’aurais bien l’air con tiens, à devoir expliquer pourquoi une fille me donne une boite de viagra. « J'aurais pas envie que tes conquêtes restent insatisfaites, ce serait dommage à ton âge ! » Rire léger mais franc qui vient percer mes lèvres, tandis que je me redresse sur la banquette, ramenant mes coudes en face de moi pour y poser la mâchoire. « À mon âge ? Et dis moi, tu m’donnes quel âge, Azur ? » Ton de la confidence que j’adopte, comme si c’était secret d’état de parler de mes années passées, certaines gaspillées à faire le caïd dans les rues d’Albany, tout ça pour laver le nom italien qui sonnait beaucoup trop comme une insulte dans la bouche de certains. Le milshake arrive et la paume de ma main vient couvrir la boite en carton, ce n’est pas le moment de se faire juger par le personnel de l’établissement. Je remercie la serveuse puis d’un geste rapide range les pilules dans ma veste, avec la ferme attention de les enterrer dans un tiroir une fois à l’appartement. Ou de les jeter à la poubelle, ça pourrait le faire aussi. Quoique, je pourrais sûrement les donner à Tony, le pauvre bougre, ça pourrait l’emmerder et le faire retomber dans sa peur incessantes de sa propre vieillesse qui arrive. Bref, une bonne blague en prévision.

Et Azur vient mettre le doigt sur l’éléphant dans la pièce, posant les mots sans hésiter, comme un jeu de cartes qu’elle dévoilerai au fur et à mesure. La paille que je coince entre mes dents, lui répondant de quelques mots, le milkshake est plutôt bon, ce qui reste surprenant face quand on voit la devanture du fast-food. Et elle sursaute un peu sur son siège, la blonde, lorsque je lui tends la main, abandonnant la paille, abandonnant la paralysie. Mon propre nom que je prononce entier, la sonorité presque étrangère à mes oreilles, le prénom aux sons d’ailleurs, celui que personne ne connaît, enfin, pas beaucoup de gens en tout cas. Mais je pense pas qu’elle sache, Azur, que le Matteo, c’est pas à tout le monde que je le confie. Volonté d’y mettre du mien plus que présente, et je pense qu’Azur aussi, elle en a envie. « Enchantée Matteo, moi c'est Azur et mon nom est trop moche pour que tu l'entendes. » Les sourires viennent se fixer sur les visages, comme un concours de celui qui aura l’air le plus ravi, le plus gamin, le plus niais. Et soudainement, y’a sa main qui retombe, comme une brûlure imaginaire venu bouffer sa peau. Je ne fais pas de commentaire, retrouve la paille colorée à la place, la faisant tourner dans mon milkshake tout en priant mon interlocutrice de me révéler quelque chose à son sujet. Celle-ci réfléchit, la tête vers sa glace, la cuillère qu’elle fait tourner, en volant un morceau que je la regarde savourer avant de venir taper le métal gelé contre ses lèvres. « Hum … plus tard, j'veux devenir artiste peintre ? »L’interrogation se ressent jusque dans son regard et je remue les épaules, venant appuyer sa déclaration, comme une validation que je noie d’une gorgée de boisson. La question qu’elle me retourne, et je manque un peu de m’étouffer, l’incident que je fais passer en toussotant discrètement. De la taquinerie toujours lorsqu'elle mentionne les caddies et j’aimerais lui faire une réponse toute belle et bien préparée, mais la vérité c’est que je sais pas vraiment ce que je serai moi, plus tard. Ou même ce que j’aimerais être. « J’sais pas, mécano je suppose ? » Le seul domaine que j’arrive à maîtriser, le seul qui me semble logique, qui me met en confiance. « Ou alors je travaillerai ici, comme ça je te vendrai des coupes de glace deux fois plus grosses que toi. » Coup de menton vers la glace en question, d’un sourire malicieux, parce que moi aussi je suis capable d’appuyer sur la situation, de la retourner à mon avantage, juste pour garder les sursauts dans la conversation, juste pour que jamais celle-ci ne se calme. Tout ça pour éviter l’ennui, je suppose. « Hors sujet mais … j'voudrais t'emmener quelque part après, tu veux bien ? A moins que ton temps ne sois compté et que tu doives pas rentrer trop tard, Cendrillon ? »  La question sort un peu de nulle part, venant recueillir mon attention, la kidnappant aux formes fluides que je traçais dans la milkshake. « Cendrillon ? La dernière fois que j’ai vérifié, il me semble que c’était toi la demoiselle qui fuyait son domicile. » La référence à cette nuit sort avant que je ne l’arrête, comme une envie de revenir un peu en arrière soudain, juste deux trois secondes pour que le cerveau viennent refermer la langue sur ses mots. Les étouffer avant qu’ils ne sortent et viennent remémorer des choses dont elle ne veut sûrement pas se rappeler. « ‘Fin, j’suis grand, j’ai pas de couvre-feu, t’inquiète pas. Tu comptes m’emmener où ? » Le sourcil qui se relève, intrigué par la suite de l’entrevue, du rendez-vous. Si on peut appeler ça un rendez-vous, mais je ne peux m’empêcher de me dire que ça serait ambitieux, de mettre une telle étiquette sur la chose. « T’es au courant que le kidnapping et la séquestration, c’est puni par la loi, hein, rassure moi ? » Ton de la confidence à nouveau alors qu’après une gorgée je lui glisse les mots, m’étant légèrement rapproché d’elle. La touche d’humour qui viendra j’espère gommer les souvenirs d’une nuit où tout était trop flou pour elle, où tout était trop étrange pour moi. Les questions sans réponses qui sont restées là-bas, sur les marches métalliques, les regards et les quelques mots échangés. Ce baiser que je sens encore battre contre mes lèvres, les mots imprimés en lettres incandescentes sur ma peau. Non, peut-être qu’il fallait mieux ne pas aborder ce sujet-là, pour le bien de tous, pour que l’après-midi continue à se dérouler sans accroc.
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