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« queen des tchoins »

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▹ AGE : 18 ans, gamine à l'esprit dézingué puis démon au sang trop froid.
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▹ TAF : fée à la poudre d'or, elle traîne dans les rues pour le clan irlandais, larbin qui n'a l'ambition que de détruire.
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MessageSujet: Nos secrets sont des fleurs. + AZY    Mer 21 Juin - 4:37


○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○
Nos secrets sont des fleurs. 
et pétales après pétales
j'en découvre le cœur, battant, prêt à se donner
matty & azur

Les bruits alentours ne l'atteignent même plus alors qu’ils étaient comme parasites de son angoisse il y a encore quelques minutes. Sa main gantée de dentelles, même en cette chaleur, tiens une cuillère prête à se briser contre sa glace saupoudrée de cochonneries qu'elle a demandé, pensant que le sucre l'aiderait à surmonter son stress. Parce qu'aujourd'hui elle a aucune envie d'être la connasse Azur, elle veut juste être celle à qui on sourit avec plaisir et pas par hypocrisie, avec qui on passait un bon moment, celui qui reste dans les souvenirs, comme une vieille photo à contempler parfois, peut-être qu'on aura même envie de la revoir. Et même si elle s'est plusieurs fois flagellé l'esprit en se disant que ça n'est rien, que ça n'a jamais rien représenté, elle a quand même mit des fleurs dans ses cheveux, elle a quand même maquillé ses yeux et elle a laissé de côté les habits de fille légère pour des fringues plus sages. Eve n'est plus qu'un souvenir et elle se demande si ce n'est pas mieux comme ça. Levant les yeux de sa glace, elle tombe encore sur ces visages rieurs, leurs corps vibrant d'excitation, quelques couples sur des banquettes se murmurant des choses qu'elle imagine aussi niaises que leur tronche. Détournant le regard, elle enfourne une bouchée de sa glace, tapotant l'écran de son portable d'une autre main. La nausée remonte et la glace a soudainement un goût immonde. Peut-être qu'il ne viendra pas. Qu'il s'est rendu compte qu'elle en vaut pas la peine, même en tant qu'amie. Amie. Amie … Elle a jamais été l'amie de quiconque. Le porte-monnaie, oui, le bourreau de sous-fifres, certainement.  Il n'y a jamais eu d'occasion pour elle d'être l'amie à qui l'on se confie vraiment, à qui l'on dit des choses sans importances comme des secrets qu'elle aurait pu garder dans son esprit. Son monde n'a jamais été fait que de faux semblants. Toujours elle, enfermée derrière une glace sans teint où elle ne pouvait atteindre personne, pas même celle qu'endormait sa mère sous dans médicaments assomants. L'innocente, la fille un brin timide qui essaie de communiquer, l'handicapée sociale. Et le temps s'effrite comme ses espoirs et elle soupire, ignore les regards qui doivent s'demander ce qu'elle fout encore là, pas vrai ? Elle-même n'en sait rien. Il a pourtant promis, lui aussi. Il lui a bien serré la main ? Il l'a enveloppée entre ses doigts, a effacé ses peurs pour refaire naître un peu de soleil sur un bout de son cœur.

Repoussant sa glace, elle est presque résignée à s'en aller, à partir de là et faire comme si on ne venait pas de lui mettre un lapin. Elle est digne Azur, elle a une fierté aussi grosse qu'un ballon de foot, qui l'étouffe presque à ce moment-même, lui donne envie de l’appeler pour lui hurler toutes sortes d'insultes mais cette même envie fait mourir sa rage. Parce qu'elle a plus envie de l'affronter, de faire face à ses mots qu'il a dit avoir sortit sous le coup de la colère. Menteur. Elle sait bien qu'il a sûrement mentit. Tout le monde sait très bien, elle la première, qu'elle est rien qu'une fille brisée et qui cherche du réconfort là où y'en a déjà plus. Son regard quitte la table et se pose sur un regard orageux. Et elle se rassoit sous la surprise, tombe presque sur sa banquette avec la grâce d'un orque. Et elle essaie de se forger un masque, une face sereine quand son esprit se noie, s'embrouille et se mêle à ses doutes. Puis la blonde lui offre finalement un sourire « T'en as mit du temps. Un petit soucis sur la route ? » elle hausse un sourcil, elle est toujours un peu trop insolente même quand ses mains tremblent encore sous la table, posées sur ses genoux. Puis, fouillant son sac, elle lui tend finalement une boite « Tiens, j'ai pensé que tu étais peut-être en fin de stock de tes pilules bleues, Papi. » et avec un sourire amusé, elle attend qu'il prenne la boite avant de se reculer pour s'appuyer contre son siège « Bien. J'ai pensé que ce serait cool qu'on … fasse connaissance ? C'est comme ça que ça marche, je crois.» elle a presque l'air timide quand elle détourne le regard pour le poser ailleurs, aucune envie qu'il lise n'importe quoi dans ses opales qui parlent bien trop. « On se connait pas tellement pas vrai ? » Sûrement qu'elle lui en a pas vraiment laissé le temps, qu'ils s'en sont pas donnés non plus. .


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▹ AGE : 20 ans (13 mars 1997)
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▹ TAF : Y'a les études abandonnées, tout ça pour se concentrer sur la passion des voitures, le cambouis sur les fringues, l'odeur de l'essence sur les doigts, les mains abîmées, un sourire au visage
▹ DC : Sloane, la bouffeuse de cigarette, Aurore le feu follet et Addison, celle qui fait tache avec ses escarpins de semelles rouge

MessageSujet: Re: Nos secrets sont des fleurs. + AZY    Sam 8 Juil - 5:00
Nos secrets sont des fleurs
Azur & Matty
Et on marche sur un fil, les yeux bandés et les mains bien serrés les unes dans les autres. Confiance presque acquise, esprit apaisé, comme si l'acidité des mots passé n'étaient plus, comme si y'avait plus de bourrasque de vent pour nous faire basculer dans le vide à tout instant.

Ce genre de journée où rien ne se passe comme prévu. Un réveil ? Oui bien sûr, le portable déchargé m’a accueilli dès le début d’après-midi, un écran noir qui m’avait sourit d’une insolence sans prix, comme content de m’avoir oublié. L’eau trop froide de la douche, les quelques bouchées d’un toast avalées à la va-vite histoire de ne pas conduire le ventre vide. Puis j’avais perdu du temps à chercher mes clés de moto, puis encore d’autres minutes pour décrocher l’anti-vol qu’on avait essayé de me fracturer. Le clou du spectacle restant cette chère patrouille de flics qui contrôlaient les conducteurs quelques mètres après le Parking. La poisse jusqu’au bout, je vous jure. Je m’en été bien sorti, certes, les papiers en règles, un sourire en coin et quelques mots de gentillesses au bout des lèvres et les uniformes bleus m’avaient foutu la paix. Mais le mal été déjà fait. Enfin, mal. Tout en étant relatif, c’est sûr, pourtant faire attendre Azur ne me semblait pas une bonne idée. La blonde voulait qu’on se voit, une invitation lancée, comme ça. Surprise dès les premiers messages échangés, j’aurai jamais pensé qu’elle veuille vraiment d’une quelconque affaire entre elle et moi.

Soupir alors que je gare la moto au coin du fast-food, le moteur se coupe, les doigts viennent secouer mes cheveux histoire de les remettre en place une fois le casque enlevé. Odeur de friture qui m’envahit les narines lorsque du plat de la main je pousse doucement la porte de l’établissement. Repérer Azur n’est pas très compliqué, elle est là-bas, debout, de dos, comme si elle allait s’en aller. Les mains dans les poches, j’avance rapidement, la dépasse pour venir m’asseoir en face d’elle. Je crois que je la surprends d’ailleurs, lorsqu’elle se retrouve face à face avec moi au lieu d’un chemin libre vers la liberté. Elle se rassoit et un combat de regard s’enclenche pendant une seconde. J’ai l’esprit qui m’gueule de faire attention, déjà, toujours, comme si elle avait que ça à faire, la demoiselle, me tendre des pièges vicieux en plein milieu d’un fast-food du Bronx. Je vais finir parano à force de la côtoyer, ça j’en suis certain. Pourtant, un sourire vient germer sur son visage, lumière qui se reflète dans son regard. « Ouais, j’ai eu la journée type de malchance je crois. Avec un peu de chance, ceci relèvera le niveau d’aujourd’hui. »Sourire marqué d’un haussement d’épaule. Je la vois commencer à fouiller dans son sac pendant que d’un regard en arrière, je commande un milkshake auprès d’une des serveuses de l’établissement. C’est face à une boite de médicaments que je me retrouve lorsque je reporte mon attention vers Azur qui se recule dans son siège, la taquinerie ondulant sur ses traits fins. « Ah. Hmm, merci bien de cette charmante attention ? Ravi de voir que tu t’inquiètes de ma santé de ce côté là, dis-moi. » Sourire que je lui rends, c’est beaucoup trop facile de glisser sur le même terrain qu’elle. Le jeu toujours entre nous, comme s’il n’y avait pas eu de laverie, de toit, de cinéma. Comme si on était ces inconnus qui se voyaient pour la première fois.

Le milkshake vient se poser devant moi, d’un tintement de verre contre le bois de la table et du bout des doigts je fais tourner ma paille dans le liquide coloré, écoutant attentivement ma compagne de table. Les billes azurs que je ne vois plus pendant un instant, elle s’échappe la demoiselle, vient trouver un coin vide du regard pour venir y rougir en toute discrétion. Je ne dis rien, ça sert pas à grand-chose de commenter alors je remue juste le visage, approbation dans les yeux alors que j’en profite pour goûter à mon milkshake. « Pas vraiment non, en même temps...Je crois qu’on a pas vraiment cherché à faire connaissance non plus. » Le visage légèrement penché sur le côté, je fais la moue, les souvenirs implicites dans ma réponse. « Matteo Malverti, enchanté ! » Je lui tends ma main, spontanément, sur la table qui nous sépare, comme si je venais de la rencontrer, comme ça de nul part. « Voilà, t’en connais un peu plus de moi. Maintenant, c’est à ton tour de m’apprendre un truc sur toi ! » Sourcil qui se soulève, amusé, taquin, je retrouve la paille de mon verre et recommence à jouer avec, chassant le stress à coup de rond dans le liquide sucré, persuadé qu’elle doit me prendre pour un gamin, l’Azur.
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La tête haute, un poing sur la table et l'autre en l'air, fais moi confiance, avant de finir six pieds sous terre, j'aurais vécu tout c'qui a à vivre. — Fauve.
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MessageSujet: Re: Nos secrets sont des fleurs. + AZY    Mar 11 Juil - 4:09


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Nos secrets sont des fleurs. 
et pétales après pétales
j'en découvre le cœur, battant, prêt à se donner
matty & azur

C'est stupide d'avoir peur maintenant. Que l'attente lui tiraille l'estomac comme un premier rendez-vous où il devra forcément avoir un truc à la fin, le genre de connerie où le mec raccompagne la fille en bas de chez elle, que les regards se font hésitants, que les cœurs tremblent avant un baiser timide. Elle en rit d'avance. Et ça lui semble tellement surréaliste qu'elle secoue vivement la tête, s'attirant le regard d'une mère de famille à quelques tables d'elle. Son regard se fige sur elle, froid, arrogant, brûlant d'agacement. Parce que si elle passe pour une cinglée, c'est juste parce qu'il n'est pas encore là. Et elle a envie de s'en aller, peut-être que c'était pas une bonne idée, qu'il s'en est rendue compte. Sans se rendre vraiment compte, elle se lève, attrape son sac d'une main un peu tremblante, un poids étrange sur le cœur. Et y'a un bref courant d'air puis ses yeux qui lui éclatent à la figure. Un océan paniqué puis un sourire et elle s'affale trop brusquement sur sa banquette style années 50, le palpitant remonté jusqu'à la gorge. Un soulagement ? Ou une angoisse de plus. La blonde oscille entre lui et la table puis encore ses yeux, les bleus azuréens s'entrecroisent alors qu'elle se décide à revêtir un air nonchalant, comme si rien n'est capable de l'atteindre. Mensonge. Tout est comme une pointe qui fendille le rocher qui lui sert encore de cœur. Comme a faillie le faire sa presque absence. Il a prit son doigt, sa main, lui a promis un nouveau commencement et elle espère qu'elle saura tenir sa propre promesse. D'une main distraite, elle repousse des mèches d'un blond trop clair derrière son oreille, osant le sarcasme pour ouvrir la conversation. « Ouais, j’ai eu la journée type de malchance je crois. Avec un peu de chance, ceci relèvera le niveau d’aujourd’hui. » qu'il répond en souriant et la blonde ressent comme un élan de joie enfantine à l'idée qu'il mette de l'espoir dans cette journée lui aussi. Hochant la tête, elle réplique « J'espère bien, oui ! Et disons que je te pardonne ton retard alors. » elle ponctue sa remarque d'un sourire amusé, pour qu'il ne le prenne pas mal. L'impression de marcher sur des braises totalement pieds nus, à valser entre le ton rassurant, les yeux brillants de bienveillances pour ne pas que la haine refasse surface, à éclater entre eux car ce sera son seul moyen de se défendre si ça foire quelque part. Parce qu'elle a jamais su faire autrement depuis la première rencontre sous les néons blafards de ce supermarché.

Elle fouille un instant dans son sac, en sortant l'objet de sa farce, trouvant ça amusant de jouer sur les mots sortit dans leur bref échange de messages. Et elle s'attend peut-être à ce qui le prenne mal ,à voir son visage se déformer sous la colère, elle le connait pas vraiment. Est-ce qu'il est susceptible ? Sans humour ? Incapable de voir le moment où il faut rire ou pas ? Mais ses lèvres s'étirent lorsqu'il accepte la boite, faisant écho à son sourire de petite fille ravie alors qu'il s'assoit enfin face à elle. « Ah. Hmm, merci bien de cette charmante attention ? Ravi de voir que tu t’inquiètes de ma santé de ce côté là, dis-moi. » et Azur laisse échapper un rire, pas réellement gênée d'aborder le sujet « J'aurais pas envie que tes conquêtes restent insatisfaites, ce serait dommage à ton âge ! » Puis elle reprend sa glace alors que la serveuse revient déposer le milkshake commandé devant lui. Et Azur ne la regarde pas, trop occupé à se demander ce qu'elle peut dire à présent. Parce que le moment est étrange, presque comme trop décalé de leur réalité. Comme une pause dans un ouragan qui s'éloigne avant qu'il leur revienne dessus. Et sûrement que l'ouragan porte son nom. La folie qui a pu la ronger à la laverie n'est jamais trop loin et elle s'en veut brusquement, du plomb qui lui tombe sur l'estomac. Parce que lorsqu'elle croise son regard, elle a l'envie de lui dire qu'il regarde un démon endormi, qu'il devrait peut-être cesser de chercher quelque chose de bien en elle, comme on observe une Lune et sa face cachée. Mais la blonde est égoïste, elle a envie d'essayer, avançant sur la pente rêche malgré le ravin qu'elle aperçoit déjà. Si elle bascule, elle tentera de basculer seule.

Sa voix ne trahit rien lorsqu'elle se décide à reprendre la parole, encore cet air faussement détendu alors qu'un torrent fait rage en elle, des millions de questions qui l'assaillent, mêlées aux doutes et à une angoisse stupide. Eve n'est plus là, Eve ne pourra pas la ramener à une vie horrible et ne pourra plus rien lui voler. Azur vaut mieux que ça, Azur vaut mieux qu'Eve. Mais quand elle regarde Matty, parfois, le temps d'une nanoseconde elle a l'envie de lui dire son vrai nom, de lui dire qu'elle a quitté une vie pour une autre, que c'est aujourd'hui que la vraie a commencée. Qu'il a appuyée sur le bouton play pour pouvoir lui faire percuter qu'elle gâchait tout. « Pas vraiment non, en même temps...Je crois qu’on a pas vraiment cherché à faire connaissance non plus. » qu'il répond d'une voix qui perce ses pensées, la faisant ralentir son geste de trifouillage de glace. La blonde hoche lentement la tête, baissant les yeux, pas réellement envie de remettre sur le tapis ce qu'elle a pu lui faire, même peu l'envie de rire à la pensée de la lessive qui a coulé sur l'onyx de ses cheveux ou de ce qu'elle a pu lui cracher à la gueule, dans tous les sens du termes. « Oui, c'est vrai. » puis sa main se lance vers elle la faisant sursauter alors qu'il s'exclame brusquement « Matteo Malverti, enchanté ! » et elle reste un instant figée, son regard allant de sa main tendue à lui, savourant secrètement le fait de savoir enfin son vrai prénom. Matteo c'est doux, c'est gamin, c'est rieur, un peu comme lui. Elle tend finalement sa main gantée vers la sienne « Enchantée Matteo, moi c'est Azur et mon nom est trop moche pour que tu l'entendes. » elle sourit encore avant de se rendre compte qu'elle tient encore sa main, qu'il doit sûrement sentir, malgré le gant, les cicatrices juste en dessous et un vague souvenir – trop net, en fait – d'une question là-dessus sous une Lune témoin de bien trop de choses lui revient, la faisant brusquement lâcher prise sur sa main. « Voilà, t’en connais un peu plus de moi. Maintenant, c’est à ton tour de m’apprendre un truc sur toi ! » et elle enfourne une bouchée de glace avant de réfléchir à ce qu'elle peut bien dire, tapotant ses lèvres de sa cuillère. « Hum … plus tard, j'veux devenir artiste peintre ? » un ton interrogatif, peu sûre de ce qu'elle peut répondre à sa question. Il y a trop de choses qu'elle ne peut pas dire, qu'elle ne veut pas aborder avec lui, de Reyes à l'Irlande jusqu'à sa famille qui est officiellement morte alors que pour eux, c'est elle qui n'est plus rien qu'un cadavre. Mais elle repousse ses doutes avant de reprendre « Et toi, tu veux devenir quoi plus tard ? Me dis pas conducteur de caddies, tu seras définitivement pas le meilleur dans le domaine. » qu'elle jette d'un air insolent malgré un sourire taquin, comme l'envie de désamorcer cette bombe-là, juste celle-ci. Elle avance pas à pas, sans se presser, en essayant d'enlever chaque pétale avec une délicatesse enfantine pour pouvoir apprendre ce qu'il se cache derrière son prénom et son air aimable. Et elle sait qu'il est capable de taper du poing, l'envie malsaine d'aussi découvrir ce qu'il dissimule dans l'ombre. Qu'il lui partage ses secrets. Cette pensée lui retourne l'esprit alors elle ajoute « Hors sujet mais … j'voudrais t'emmener quelque part après, tu veux bien ? A moins que ton temps ne sois compté et que tu doives pas rentrer trop tard, Cendrillon ? » Peut-être qu'elle s'aventure trop loin, qu'elle espère trop mais la bulle peut exploser à tout moment, à trop souffler dessus, sûrement qu'elle se brisera aussi vite que ses espérances de gamine rêveuse.


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MessageSujet: Re: Nos secrets sont des fleurs. + AZY    Lun 24 Juil - 3:13
Nos secrets sont des fleurs
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Les mèches blondes que j’aperçois de suite, de dos, le pas que j’accélère sans réellement en être conscient, comme si j’allais devoir lui saisir le bras, pour l’empêcher de s’enfuir. Un doute de dernière minute sûrement. Les mots que je fais virevolter, précipitation un peu trop présente, le retard que je lui explique vaguement, les événements que je résume d’une seule expression. Peut-être que ça lui suffira pas, peut-être qu’elle s’en ira tout de même, blessée par mon absence, déçue, comme déjà persuadée que jamais je ne tiendrai la promesse faite, que je ne fais que de me jouer d’elle. Mais je l’observe qui se rassoit, sourire léger contre les lèvres, l’humour toujours en coin de visage. Y’a presque de l’enthousiasme quand elle hoche la tête, presque des étincelles d’espoir dans son regard aussi, et ça me donne envie d’espérer, à moi aussi, espérer que les choses ne soient pas un pur fiasco. Parce que c’est compliqué être elle et moi, deux océans qui ne cessent de s’affronter, créant des étincelles d’écumes pour en noyer les sentiments qui finissent échoués sur des morceaux de rochers. « J'espère bien, oui ! Et disons que je te pardonne ton retard alors. » Le retard qu’elle me pardonne, y’a comme un high five mental qui se fait dans mon esprit et ce n’est que d’un sourire que je lui réponds, autant ne pas venir entacher la conversation, pas dès le début.

La boisson que je commande d’un signe de la main, un peu plus détendu qu’avant, je retire l’épaisse veste de cuir qui me couvre les épaules, seule réelle armure face au bitume new-yorkais, et d’un bras posé sur la banquette arrière, je retourne mon regard sur la demoiselle. Celle-ci a la tête d’une enfant beaucoup trop fière de sa connerie, et c’est en effet plus surpris qu’amusé que je me retrouve face à une boite de pilule posée de mon côté de la table. Le carton que j’observe, la blague que je comprends rapidement, je la remercie, allant dans son sens, parce qu’après tout, c’est plutôt effronté de sa part d’avoir poussé la chose jusqu’ici, en plein milieu d’un fast-food où des personnes que je connais pourraient entrer à tout moment. J’aurais bien l’air con tiens, à devoir expliquer pourquoi une fille me donne une boite de viagra. « J'aurais pas envie que tes conquêtes restent insatisfaites, ce serait dommage à ton âge ! » Rire léger mais franc qui vient percer mes lèvres, tandis que je me redresse sur la banquette, ramenant mes coudes en face de moi pour y poser la mâchoire. « À mon âge ? Et dis moi, tu m’donnes quel âge, Azur ? » Ton de la confidence que j’adopte, comme si c’était secret d’état de parler de mes années passées, certaines gaspillées à faire le caïd dans les rues d’Albany, tout ça pour laver le nom italien qui sonnait beaucoup trop comme une insulte dans la bouche de certains. Le milshake arrive et la paume de ma main vient couvrir la boite en carton, ce n’est pas le moment de se faire juger par le personnel de l’établissement. Je remercie la serveuse puis d’un geste rapide range les pilules dans ma veste, avec la ferme attention de les enterrer dans un tiroir une fois à l’appartement. Ou de les jeter à la poubelle, ça pourrait le faire aussi. Quoique, je pourrais sûrement les donner à Tony, le pauvre bougre, ça pourrait l’emmerder et le faire retomber dans sa peur incessantes de sa propre vieillesse qui arrive. Bref, une bonne blague en prévision.

Et Azur vient mettre le doigt sur l’éléphant dans la pièce, posant les mots sans hésiter, comme un jeu de cartes qu’elle dévoilerai au fur et à mesure. La paille que je coince entre mes dents, lui répondant de quelques mots, le milkshake est plutôt bon, ce qui reste surprenant face quand on voit la devanture du fast-food. Et elle sursaute un peu sur son siège, la blonde, lorsque je lui tends la main, abandonnant la paille, abandonnant la paralysie. Mon propre nom que je prononce entier, la sonorité presque étrangère à mes oreilles, le prénom aux sons d’ailleurs, celui que personne ne connaît, enfin, pas beaucoup de gens en tout cas. Mais je pense pas qu’elle sache, Azur, que le Matteo, c’est pas à tout le monde que je le confie. Volonté d’y mettre du mien plus que présente, et je pense qu’Azur aussi, elle en a envie. « Enchantée Matteo, moi c'est Azur et mon nom est trop moche pour que tu l'entendes. » Les sourires viennent se fixer sur les visages, comme un concours de celui qui aura l’air le plus ravi, le plus gamin, le plus niais. Et soudainement, y’a sa main qui retombe, comme une brûlure imaginaire venu bouffer sa peau. Je ne fais pas de commentaire, retrouve la paille colorée à la place, la faisant tourner dans mon milkshake tout en priant mon interlocutrice de me révéler quelque chose à son sujet. Celle-ci réfléchit, la tête vers sa glace, la cuillère qu’elle fait tourner, en volant un morceau que je la regarde savourer avant de venir taper le métal gelé contre ses lèvres. « Hum … plus tard, j'veux devenir artiste peintre ? »L’interrogation se ressent jusque dans son regard et je remue les épaules, venant appuyer sa déclaration, comme une validation que je noie d’une gorgée de boisson. La question qu’elle me retourne, et je manque un peu de m’étouffer, l’incident que je fais passer en toussotant discrètement. De la taquinerie toujours lorsqu'elle mentionne les caddies et j’aimerais lui faire une réponse toute belle et bien préparée, mais la vérité c’est que je sais pas vraiment ce que je serai moi, plus tard. Ou même ce que j’aimerais être. « J’sais pas, mécano je suppose ? » Le seul domaine que j’arrive à maîtriser, le seul qui me semble logique, qui me met en confiance. « Ou alors je travaillerai ici, comme ça je te vendrai des coupes de glace deux fois plus grosses que toi. » Coup de menton vers la glace en question, d’un sourire malicieux, parce que moi aussi je suis capable d’appuyer sur la situation, de la retourner à mon avantage, juste pour garder les sursauts dans la conversation, juste pour que jamais celle-ci ne se calme. Tout ça pour éviter l’ennui, je suppose. « Hors sujet mais … j'voudrais t'emmener quelque part après, tu veux bien ? A moins que ton temps ne sois compté et que tu doives pas rentrer trop tard, Cendrillon ? »  La question sort un peu de nulle part, venant recueillir mon attention, la kidnappant aux formes fluides que je traçais dans la milkshake. « Cendrillon ? La dernière fois que j’ai vérifié, il me semble que c’était toi la demoiselle qui fuyait son domicile. » La référence à cette nuit sort avant que je ne l’arrête, comme une envie de revenir un peu en arrière soudain, juste deux trois secondes pour que le cerveau viennent refermer la langue sur ses mots. Les étouffer avant qu’ils ne sortent et viennent remémorer des choses dont elle ne veut sûrement pas se rappeler. « ‘Fin, j’suis grand, j’ai pas de couvre-feu, t’inquiète pas. Tu comptes m’emmener où ? » Le sourcil qui se relève, intrigué par la suite de l’entrevue, du rendez-vous. Si on peut appeler ça un rendez-vous, mais je ne peux m’empêcher de me dire que ça serait ambitieux, de mettre une telle étiquette sur la chose. « T’es au courant que le kidnapping et la séquestration, c’est puni par la loi, hein, rassure moi ? » Ton de la confidence à nouveau alors qu’après une gorgée je lui glisse les mots, m’étant légèrement rapproché d’elle. La touche d’humour qui viendra j’espère gommer les souvenirs d’une nuit où tout était trop flou pour elle, où tout était trop étrange pour moi. Les questions sans réponses qui sont restées là-bas, sur les marches métalliques, les regards et les quelques mots échangés. Ce baiser que je sens encore battre contre mes lèvres, les mots imprimés en lettres incandescentes sur ma peau. Non, peut-être qu’il fallait mieux ne pas aborder ce sujet-là, pour le bien de tous, pour que l’après-midi continue à se dérouler sans accroc.
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MessageSujet: Re: Nos secrets sont des fleurs. + AZY    Mer 2 Aoû - 4:26


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j'en découvre le cœur, battant, prêt à se donner
matty & azur

Elle oublie l'horreur de l'attente qui semble infinie quand il se pose enfin devant elle, cesse d'être un mirage pour devenir réalité. Elle oublie les autres et leurs regards inquisiteurs, curieux quand il lui donne enfin une raison d'avoir attendue et elle ne se pose pas la question de le croire ou non, elle peut comprendre qu'il ait pu hésiter à venir, qu'il ait eu un temps de latence quelques minutes ou même quelques heures, les souvenirs de la violence dont elle est capable lui vrillant peut-être encore l'estomac. Ou est-ce le risque qu'elle représente qui peut effrayer ? Elle n'est pas de ces filles stables et à l'histoire normale, dont les sourires ne recèlent pas de secrets et dont les prunelles ne sont pas hantées par une pléthore de cauchemars. Pourtant, il a l'air subitement détendu lorsqu'elle lui accorde son pardon, commande ce dont il a envie avant de s'asseoir face à elle. Azur ne perd pas vraiment de temps avant lui jouer son tour, comme pour ne pas perdre le fil de leur relation, un jeu de moqueries stupides, une chasse qui a trop souvent dérapé mais aujourd'hui, elle reste enfantine, voulant seulement lui faire comprendre qu'elle n'a pas vraiment de tabous ou de limites bien que cette dernière notion soit peut-être déjà assimilée. Matty ne s'énerve pas, ne fronce pas les sourcils et ne la déchire pas de son regard bleuté. Non, celui-ci s'éclaircit sous l'amusement, ne bronche pas devant l'audace qui ne la quitte jamais vraiment. Une vague plaisanterie qui brise un peu la glace alors qu'il se met à rire et qu'il s'avance un peu plus vers elle « À mon âge ? Et dis moi, tu m’donnes quel âge, Azur ? » La blonde cille sous la question, ne se l'étant jamais posée. Haussant une épaule, elle tente un premier chiffre « 18 ans ? » puis faisant la moue, elle baisse les yeux, tentant de deviner le bon, n'ayant aucune envie de deviner un chiffre trop élevée mais ce n'est pas qui la bloquera, qui l'empêchera de demander à le revoir si cette journée finit bien et sans regards noircis par la haine et le souffle happée par la tension orageuse. « Non … 21 ? » elle hausse un sourcil, pas certaine d'avoir la bonne réponse pour cette fois puis ses lèvres laissent échapper un soupir « J'sais vraiment pas … J'ai toujours pensé que tu avais mon âge, j'sais pas vraiment pourquoi. » peut-être le lien qu'ils ce sont tout de suite enroulés autour du cou dans une joute verbale idiote en plein milieu d'un supermarché, une situation plus immature qu'autre chose et qu'elle revoit peu à peu sous un autre angle, oubliant le désespoir frappant qu'il habitait à ce moment précis. Ce vide, déchirant, une mort lente et des pas difficiles à faire.

La serveuse dépose le milk-shake sans vraiment leur poser d'attention mais Azur remarque la main qui vole rapidement vers la boite de pilule, retenant finalement un éclat de rire, pinçant les lèvres mais figeant sur lui un regard brillant d'amusement. Attendant que la serveuse s'en aille, elle remarque la boite a disparue, sûrement dans une poche ou ailleurs et la blonde le jauge « Oh … Tu comptes vraiment les utiliser ? » et l'image lui semble un peu surréaliste alors elle secoue la tête, replongeant sa cuillère dans sa glace, mélange de rose et blanc qu'elle fait mine d'observer un instant. Puis il se présente, vraiment. Matty devient Matteo mais Azur reste Azur. Dans un sourire, elle accepte les présentations, ignore son palpitant qui s'emballe, rebondit contre sa poitrine quand elle plonge à nouveau sa main dans la sienne et il a encore la délicatesse de ne rien dire, de ne même pas regarder ses mains. Les mots qu'elle garde secrets ont l'envie de sortir, qu'il sache quelque chose d'elle, lui aussi. Mais pour l'instant, ses lèvres restent closes, sa bouche s'emplie d'une bouchée de glace, comme pour étouffer la tentation. Et la question de l'avenir tombe et ça lui ait jamais venu à l'esprit de savoir ce qu'elle allait faire plus tard. Eve aurait été mannequin, peut-être, avocate pour papa ou juste épouse pour sa mère. Et cette idée l'ennuie, fait retomber un peu de plomb au fond de son estomac et elle se demande ce que veut devenir Azur. Parce que Azur est plus libre qu'Eve, moins morte et prête à crever qu'Eve, plus vivace et l'âme remplie d'espoirs. Azur veut peindre, dessiner encore des étoiles pour Sloane et les lui greffer à même les yeux pour que ça brille un peu plus, dessiner les mots qu'elle n'arrive pas à dire à Matty, esquisser ses souffrances et ses joies, ses envies, ses chagrins. Faire vivre l'impossible sur des toiles. Mais elle résume ça assez simplement, incapable de savoir si ce qu'elle dit le surprend ou non. Parce qu'elle a peut-être envie qu'il la trouve intéressante, plus que jolie, qu'il voit en elle autre chose qu'une harpie blonde sans jugeote. Elle sait des choses, des tas de choses, elle peut faire des choses délicates avec ses mains, c'est promis. La question revient à lui, Azur est curieuse, un peu trop peut-être mais elle ne sait rien de lui. Que son vrai prénom, là où il habite et le reste reste un mystère. « J’sais pas, mécano je suppose ? » qu'il répond enfin et elle hoche doucement la tête, lui offrant un sourire plus doux que les autres, comme pour … le rassurer ? Pas sûre qu'il en ait vraiment besoin. « Ou alors je travaillerai ici, comme ça je te vendrai des coupes de glace deux fois plus grosses que toi. » sa voix se fait mutine alors qu'il désigne celle qu'elle a déjà devant elle et les yeux de la blonde s'illumine « C'est vrai ? Tu me les donnerais gratuites au moins hein ? » un regard d'un espoir factice alors qu'elle reprend son sourire « C'est cool les glaces, non ? J'en mangeais pas tant que ça avant. » une information qui filtre de son passé censé être mort mais elle n'a pas envie de lui broder une fausse vie, de lui mentir sur la vie d'Azur et d'Eve qui ne font qu'une, au final. Eve et Azur n'ont jamais mangés de glace ou à peine une cuillère et une violente nausée juste après, par peur d'avoir prit du poids, que Maman la gifle pour cette prise de poids. Son esprit divague mais elle repousse l'Enfer passé pour revenir à la réalité. L'idée d'aller ailleurs, de faire un truc plus cool que s'empiffrer dans un fast food où les clients ne se résument qu'à des familles bruyantes et des couples sponsorisés par le Bronx au vu de leurs habits bons marchés et de la dégaine de certains. « Cendrillon ? La dernière fois que j’ai vérifié, il me semble que c’était toi la demoiselle qui fuyait son domicile. » sa cuillère retombe dans sa coupe alors qu'elle relève les yeux vers lui, plus du tout sûre de la façon dont elle doit réagir, le regard qui reste sur lui mais son sourire amusé la rassure, lui murmure que ce n'est pas méchant, que c'est peut-être pour désamorcer cette grenade là. Et elle hausse les épales, un peu nerveuse « Et donc ? J'fais pas une belle Cendrillon peut-être ? » peut-être que non. Pas quand la dite Cendrillon a été la pire des garces avant ça, pas quand elle a la peau couleur cosmos. « ‘Fin, j’suis grand, j’ai pas de couvre-feu, t’inquiète pas. Tu comptes m’emmener où ? » une conclusion qu'elle accepte avant de s'avancer un peu vers lui, chuchotant comme une confidence « C'est une surprise. T'as une âme d'aventurier ou pas ? »

« T’es au courant que le kidnapping et la séquestration, c’est puni par la loi, hein, rassure moi ? » sa voix semble trop proche et elle relève des opales curieuses vers lui, encore l'écho de cette soirée dont elle a osé parler avec tant de légèreté qui résonne au fond d'elle. Parfois, elle se demande ce que ça aurait fait qu'il y réponde, à sa caresse un peu prude du bout des lèvres, à son appel à l'aide, son appel à être aimé peut-être aussi. Et elle cille avant de sourire rien qu'un peu, certaine que la peau de ses joues a prit la couleur de la gêne « J'suis une rebelle. Et j'aime bien bravée les interdits. » un peu insolente, un peu joueuse alors qu'elle hausse un sourcil, réveillant un peu l'Azur qu'il déteste « Mais tu le sais déjà, non ? » et peut-être qu'elle pourra redevenir Cendrillon, un jour, sans se fracasser la gueule au sol, sans les bleus, juste la lune et la liberté de le garder pour elle comme une égoïste. Et peut-être que tu répondras à ma silencieuse demande à ce moment-là. Mais c'est un avenir qui lui semble bancale, aussi branlant que ses propres sentiments dont elle ne sait rien. Elle se recule un peu trop vivement, sûrement, espère qu'il n'a rien remarqué, qu'il n'entend pas la vive allure à laquelle bat son cœur, une musique grinçante, sourde, un vrai bordel. Se levant, elle abandonne sa glace désignant d'un coup de tête la sortie « Viens donc Matteo, on va se balader un peu ! » et elle adopte déjà son vrai prénom, parce qu'elle a conscience que ce soit un beau cadeau qu'il lui a fait en le lui disant. Un jour, un jour peut-être qu'elle lui dira qu'elle a été Eve. Dehors, elle rassemble un peu trop rapidement ses cheveux sur une épaule avant de scruter les lieux et de se tourner vers lui « Le lieu où j'veux t'emmener … C'est mieux la nuit. Alors en attendant, on peut juste marcher ? » elle lui demande la permission d'un regard avant de se mettre à marcher, rassurée de s'enlever d'emblée la question de tenter un contact de sa main à la sienne, n'ayant aucune envie qu'il sente plus que ça ses cicatrices qui tiraillent plus que d'habitude aujourd'hui. « Allez, dis moi … Cinq trucs sur toi ? Des trucs randoms mais chaque détails comptes ! » qu'il l'aide un peu à remplir son esprit de choses débiles, de trucs qui la feront sourire dans les jours de ciel gris, à l'ombre du regard de Reyes qui scrute, qui veut buter chaque personne qu'elle approche mais elle le laissera plus lui arracher quoi que ce soit. Pas quand elle sait qu'elle commence à devenir quelqu'un de bien.


A MORT NOS ÂMES



J’ÉTAIS LA PLUS BELLE DU BAL:
 
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MessageSujet: Re: Nos secrets sont des fleurs. + AZY    Mer 16 Aoû - 0:39
Nos secrets sont des fleurs
Azur & Matty
Et on marche sur un fil, les yeux bandés et les mains bien serrés les unes dans les autres. Confiance presque acquise, esprit apaisé, comme si l'acidité des mots passé n'étaient plus, comme si y'avait plus de bourrasque de vent pour nous faire basculer dans le vide à tout instant.

La question tourne dans son esprit, je le vois bien, dans ses yeux, dans ce pli qui se crée légèrement lorsqu’elle commence à réfléchir, à prendre en compte le peu d’élément qu’elle peut connaître de moi. Ses tentatives sont murmurées, presque comme si elle attendait qu’une épée lui tombe dessus pour s’être trompée, pour avoir fauté. « 18 ans ? » Elle fait la moue, baisse les yeux, me retire l’océan de mon propre azur. « Non … 21 ? » Sourire qui s’affiche contre mes traits, je secoue la tête à nouveau, lui montrant que nope, elle est bien loin d’avoir trouvé la réponse. Enfin, loin. Non, pas si loin que ça, une année de plus, deux années de moins, ça change pas grand-chose, n’est-ce pas ? « J'sais vraiment pas … J'ai toujours pensé que tu avais mon âge, j'sais pas vraiment pourquoi. » Le soleil s’agrandit contre mes lèvres, elle n’a pas tort, la gamine. Gamine. Je me fais rire moi même, presque là à m’imposer comme donneur de leçons alors que je suis tout aussi gamin qu’elle, en réalité. Mais elle ne le sait pas ça, détail inconnu qui ne fait que renforcer cette relation si étrange que l’on partage, la relation faite plus de bas que de haut, plus de rage déjà que de rire partagé. Une relation qu’elle était prête à sauver, que je voulais essayer de réparer. « T’as pas tort, on doit être dans la même tranche d’âge. » Étincelles qui s’enflamment dans mon regard, comme si les éclats du soleil étaient venus se perdre dans le bleu des iris, illuminant le bleu si calme, si serein aujourd'hui. « Maaaaais, je me réserve le droit de garder mon âge pour moi, parce que faudrait pas que t’en découvre trop sur moi d’un coup voyons. » Malice qui ondule dans mes prunelles, espérant pouvoir venir se nicher dans celles qui me font face. La serveuse qui vient interrompre l’échange, le moment  cristallin qui se brise, j’en vois les morceaux qui valdinguent au travers du fast-food, prière silencieuse néanmoins, juste pour que ceux-là retrouvent leur place, qu’ils retrouvent leur chemin pour se recomposer. Rien que quelques minutes à nouveau serait suffisant, quelques secondes de sérénité partagée, une goutte de sable dans le verre du temps, le temps d’une respiration, d’un sourire, d’un regard rempli de ses choses imprononcées. N’importe quoi.

La boite que j’attrape discrètement, malgré l’intention de la laisser pourrir dans un tiroir, je vais pas la rejeter, encore moins la filer à la serveuse pour qu’elle s’en débarrasse, dans le genre mec chelou, autant éviter. Mais je vois bien que mon mouvement n’échappe pas à Azur, et j’attrape la paille entre mes lèvres, plus rapidement que prévu, première gorgée d’un milk-shake plutôt bien préparé. « Oh … Tu comptes vraiment les utiliser ? » Bingo. La question tombe à son tour, guillotine colorée qui s’abat contre ma gorge, contre mes doigts glacés par le verre de milk-shake. « Non, j’t’avoue ne pas en avoir besoin. Mais un cadeau reste un cadeau, j’vais pas te le balancer à la figure. Sauf si tu veux que je te le rende, histoire d’être certaine que tes prochaines conquêtes puissent ummm.. » La paille que je fais tourner entre mes doigts, le tour du verre est rapidement fait, mes yeux qui détaillent les pigments colorés des siens. « Te satisfaire dirons-nous. » Sourire à nouveau, et le sujet bascule, la main que je tends, l’identité dévoilée. Ça semble naturel, l’embarras que je sens filtrer pourtant au travers de sa paume contre la mienne, comme à chaque fois qu’elle doit se dévoiler, véritable être de secret. Et nos mains restent accrochées un peu plus que nécessaire, les regards qui se sourient l’un miroir de l’autre, l’envie de geler cet instant, celui où la décision est prise, celui où les animosités passées s’enterrent pour n’être que souvenirs. L’avenir qu’elle mentionne, la glace vers laquelle elle se réfugie. Et sa peau s’envole aussi, les étranges cicatrices blanchâtres que je vois s’éloigner, que j’observe retrouver le bois de la table du fast-food. Timidité presque honteuse lorsque je lui parle de mes plans d’avenir à moi, ceux qui ne sont pas réellement fixés. Ébauche d’un projet qui n’est que pensée, rêve peut-être d’une carrière que je ne sais pas réellement comment attraper. Et son sourire germe, la blonde attentive, c’est bien plus beau de vouloir se couvrir les mains de couleurs que de cambouis graisseux, plus noble aussi. Mais je ne lui dit pas, l’aveu se meurt dans un coin de mon esprit, en même temps que le milk-shake vient rafraîchir des papilles endormies. L’humour qui resurgit, seul moyen que j’ai parfois, comme une manière de retomber sur mes pieds lorsque la situation m’échappe, lorsque la conversation dérive et je déclare que je viendrai lui vendre des glaces, un sourire sur le visage et un peu trop de sincérité de coincée dans le myocarde.  « C'est vrai ? Tu me les donnerais gratuites au moins hein ? C'est cool les glaces, non ? J'en mangeais pas tant que ça avant. » Rire franc face à son regard brillant, sa cuillère que j’attrape, la tirant hors de sa coupe glacé, vol de glace délibéré devant sa propriétaire. « Gratuites ? Tu sais que si je travaille j’aurais pas trop de choix quant aux prix des coupes. » La glace que je goûte du bout des lèvres, flocons aromatisés qui fondent contre ma langue et c’est d’un sourire que je replace la cuillère argenté dans la crème glacé, sourire plein d’innocence que j'adresse à Azur, comme si de rien n’était. « Pourquoi t’aimais pas ça avant ? J’t’avoue que je devrais en manger plus, parce que c’est vrai que c’est plutôt bon. Ou du moins, la tienne l’est. » Clin d’œil tandis que je retrouve ma propre commande, le verre qui se vide de plus en plus vite maintenant qu’elle évoque la possibilité de changer d’endroit, de m’emmener ailleurs, comme si elle avait préparer tout un programme avant même de m’avoir inviter. Sa question que je lui renvoie d’une phrase qui dépasse un peu les bornes, fait remonter les souvenirs d’une nuit trop étrange pour l’oublier, le lien resserrer contre le palpitant, les lettres un peu plus profondément gravé d’un prénom aux nuances bleutés, y’avait que la lune pour nous observer, les étoiles pour nous murmurer des mots de réconforts, mais moi, je jure avoir eu l’épiderme brûlé, comme un rayon de soleil bien trop fort pour que la peau ne le supporte, juste contre ma joue, là, à cet endroit qu’elle avait embrassé. Quant à mes lèvres, je sens encore le fantôme des siennes, si j’y pense trop, si je laisse la nuit m’emporter, tel un rêve éveillé. « Et donc ? J'fais pas une belle Cendrillon peut-être ? » Sa répartie me surprends, le ton qu’elle décide de garder taquin, presque joyeux, accusateur de remettre en question son statut royal. « J’ai pas dis ça, c’est toi qui interprètes mes mots toute seule, tu sais. » Le sourire est léger, doux presque. La curiosité qui s’empare à nouveau de mes lèvres, les surprises, je n’aime pas vraiment ça. C’était de la faute du passé familiale sûrement, le père aussi avait une surprise pour la Mama lorsqu’il s’était barré. Surprise, c’était synonyme de mauvais dans mon esprit. Mais je ne réponds pas lorsqu’elle l’utilise, ce mot, j’hoche juste le visage, répondant à sa question en terminant mon milk-shake tranquillement.

Et voilà que je m’approche d’elle, le verre vide que je pousse sur l’un des côtés de la table, mes bras que je plie, le visage proche du sien, le regard contre son océan à elle. Des centaines de nuances que je découvre lorsque mes lèvres bougent, le murmure rempli d’une fausse inquiétude quant à sa connaissance de la loi en place, et je sens bien que le temps s’arrête, je sens bien qu’il y’a des choses qui naissent chez elle, peut-être les même qui crient en moi ?  « J'suis une rebelle. Et j'aime bien braver les interdits. » Son sourcil se soulève, contraste si profond d’insolence avec ce rose qui s’étale sur ses joues. Sourire que je lui renvoie, le défi toujours présent entre nous, malgré les accalmies, c’est à croire qu’on pourra jamais s’arrêter de jouer. « Mais tu le sais déjà, non ? » Son murmure est presque acide, douceur qui vient ronger des morceaux de mon cœur. Venin jusque contre ses lèvres, un retour violent à la réalité du passé déjà partager entre nous. La violence des mots déjà prononcés, les gestes presque effectués. Tout autant Cendrillon qu’elle puisse être, l’Azur est aussi danger, venimeuse sans réellement le vouloir je pense, une armure d’écharde dorée pour se protéger de ceux qui chercherai à trop s’approcher, à trop chercher à la connaître, à trop vouloir s’attacher. Et elle se recule, brusquement, la respiration que je reprends, tremblante un peu face à l’intensité de l’instant. « Viens donc Matteo, on va se balader un peu ! »  Je retrouve le dossier de mon siège à mon tour, l’observe avant de sauter sur mes pieds, la suis sans rechigner malgré l’usage délibéré de mon prénom, le vrai, balance un « au revoir » un peu hasardeux alors que la porte d’entrée tinte à notre sortie. Les boucles dorées qu’elle coince d’un côté de son corps, mes mains trouvent les poches de mon jean sans mal, autant les attacher ici, qu’elles ne soient pas tentées d’aller kidnapper les jumelles de ma voisine de trottoir. « Le lieu où j'veux t'emmener … C'est mieux la nuit. Alors en attendant, on peut juste marcher ? » Je lève les yeux doucement, observe le ciel, les étoiles ne devraient pas tarder, qu’est-ce que quelques minutes à déambuler dans la ville pourrait changer ? « Oui, bien sûr, je te suis. » Sourire léger malgré le ton incertain, comme déstabilisé, comme si l’humeur avait changé. Soupir discret alors que mes doigts jouent avec le briquet transporté dans la poche droite, mauvaise habitude déjà ancré dans mon organisme, ça doit être dans mes gênes de vouloir se consumer les poumons à coup de nicotine. « Allez, dis moi … Cinq trucs sur toi ? Des trucs randoms mais chaque détails comptes ! » L’enthousiasme soudain me surprends, et je regarde la blonde, m’attends presque à ce qu’elle se mette à sautiller telle une enfant. Mes yeux trouvent un nuage blanc parmi le bleu d’un ciel un peu couvert et je laisse mes iris en caresser les contours, dessin inconscient d’une forme contre le coton vaporeux. « Mmh. J’ai des frères et sœurs, genre grande famille. J’aime pas les olives, j’trouve c’est juste dégueulasse comme truc. J’ai une moto. » Le regard redescend vers elle, sans vraiment la voir, perdu dans les pensées, dans tous ces petits trucs que je pourrais lui avouer qui ne me vienne pas à l’esprit. « J’suis nul en dessin, genre vraiment. » Puis enfin, j’ai le focus qui se fait sur elle, contre les mèches d’or qui encadrent son visage, et j’ai un sourire qui se niche au coin des lèvres. « J’suis content d’avoir accepté de venir, parce que j’pense que j’aurais regretté d’avoir refuser. » Aveu fait à demi-mots, entre deux trois passages de voiture. « A toi maintenant, Azur. » La gorge que je racle doucement, me débarrasse de toutes ses choses insensées et je lui retourne sa propre demande, parce que moi aussi j’ai envie de connaître les petites choses qui peuplent sa vie, tous ces petits trucs qui font d’elle ce qu’elle est.
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MessageSujet: Re: Nos secrets sont des fleurs. + AZY    Ven 17 Nov - 2:11


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Nos secrets sont des fleurs. 
et pétales après pétales
j'en découvre le cœur, battant, prêt à se donner
matty & azur

Le parfum de la glace trop mélangée s'attarde sur son palais alors que tout lui semble être trop sensible, un peu comme dans un rêve où chaque ressenti est une chose énorme sur laquelle on a pas le temps de s'attarder parce que déjà attirer par autre chose. Son pied bat nerveusement la cadence sous leur table, seule preuve de sa nervosité, de ce qui l'habite depuis ce matin, depuis leur promesse même alors que son visage n'est qu'un océan de sérénité amusée. Elle se sent enfant Azur, comme baignée par toute la lumière qui éclate à l’extérieur pour lui venir directement dans le cœur. Son regard ne le quitte pas alors qu'elle s'interroge sur son âge. Non, elle est pas sûre qu'il ait vraiment le même âge qu'elle mais elle tente, les apparences l'aveuglent. Parce que y'a jamais rien eu de très mature entre eux, que des jeux d'enfants au fond morbide. A cause d'elle. Elle cille, détournant quelques secondes le regard sous le poids de la culpabilité qui lui fond sur le myocarde mais elle l'efface en entendant sa réponse « T’as pas tort, on doit être dans la même tranche d’âge. » elle acquiesce silencieusement, sans perdre son sourire attendant pourtant qu'il lui précise un chiffre « Maaaaais, je me réserve le droit de garder mon âge pour moi, parce que faudrait pas que t’en découvre trop sur moi d’un coup voyons. » son visage affiche la surprise puis la déception, ce genre d'expressions qui dévoilent un peu trop qu'elle reste une adolescente au cœur qui chavire rapidement « C'est … C'est pas juste ! » puis elle referme la bouche sur une moue boudeuse, se vengeant un peu sur sa glace alors qu'elle finit par hausser les épaules, l'écho d'un sourire amusé sur les lèvres « Enfin … Très bien. Je finirais bien par le découvrir un jour. » ou peut-être pas mais elle l'espère en secret, espère qu'il pourra lui donner l'occasion d'en savoir toujours plus, l'aider à grappiller des détails qui rendent une personne unique. Même si y'a peu de personnes qui l'intéressent vraiment, même si c'est un peu de son âme qui s'accroche à lui qui est trop curieuse.

La main couvre subitement la boîte posée sur la table et Azur retient difficilement un éclat de rire, en observant son réflexe tout en sentant la serveuse s'éloigner. La blonde se fait plus joueuse, sans jamais pouvoir s'empêcher de jouer avec les nerfs des autres. Sauf que cette fois, oui, cette fois elle le fait sans envies malsaines, sans que le monstre de la folie vienne racler à l'orée de son esprit qui s'est un peu apaisée depuis que leurs doigts ce sont liés, qu'elle a encore le souvenir des vérités crachées qui soulagent d'un poids écrasant qui cesse jamais de vous étouffer. Sa question fuse et elle laisse persister son sourire bon enfant sur des lèvres qu'elle a évitée de maquiller, comme pour ne pas paraître plus intéressée qu'elle ne l'est vraiment. « Non, j’t’avoue ne pas en avoir besoin. Mais un cadeau reste un cadeau, j’vais pas te le balancer à la figure. Sauf si tu veux que je te le rende, histoire d’être certaine que tes prochaines conquêtes puissent ummm.. » Azur penche un peu la tête, attendant la suite avec une soudaine anxiété  « Te satisfaire dirons-nous. » elle cille, se fige un instant, observe son sourire avant de lâcher un rire un peu nerveux dans un souffle erratique « Ouais … Mais enfin … Hum. Bref. » qu'elle préfère conclure d'une voix plus basse, enfournant une cuillère de glace comme pour ne plus avoir à ouvrir les lèvres, détournant un peu les yeux puis le sujet dérive et fait brutalement chavirer un peu plus ce cœur où fleurissent des sentiments jamais éprouvés, qui lui tiraillent l'âme et le reste du corps. Et elle a l'impression d'être figé dans une micro seconde quand sa main s'emmêle à la sienne, qu'elle sent la chaleur de la sienne contre celle trop fraîche de sa main striées de défauts.

Mais Matty ne dit rien, Matty ne l'a jamais regardé avec dégoût à cause de ça et elle a son regard planté dans le sien un instant, des éclats de douceur qui lui percutent les lèvres alors qu'elle amorce un sourire avant de le remballer comme elle remballe sa main dans un geste délicat, une caresse non voulu pour lui échapper et s'empêcher d'être trop gênée qu'il sente tous ses méfaits juste à travers cette main usée. L'envie de demander pardon. Pardon d'être si cassée, fracturée, irréparable mais elle noie encore un peu ses tourments dans une bouchée de glace, comme le ferait une gosse. Elle se surprend à avouer ses envies d'avenir, ces projets qu'elle pense pourtant pas voir se réaliser. Pas maintenant. L'atmosphère s'allège, elle sent presque l'air entre eux s'alléger d'une brique en moins, le mur qu'elle a irriguée se fendillant doucement, s'effritant. Elle se l'imagine vendant des glaces, pense directement à ce qu'elle pourrait en tirer, l'air plus amusé encore avant qu'il ne se saisisse de sa cuillère, qu'elle laisse se bloquer le rire au fond de ses lèvres « Gratuites ? Tu sais que si je travaille j’aurais pas trop de choix quant aux prix des coupes. » Azur qui l'observe enfourner sa cuillère entre ses lèvres et ces ses yeux qui en détaillent les contours. L'âme d'artiste, évidemment. Mais elle sursaute quand il replace le couvert à sa place, qu'elle laisse le dos de ses doigts traîner sur l'une de ses joues qui a dû prendre la teinte de la gêne alors qu'elle en a déjà trop vu pour se permettre d'être effarouchée. Et pourtant l'image persiste au fond de son esprit alors qu'il reprend, trop innocent, trop conscient du jeu qu'il est en train de mener et elle décide de rentrer dans l'arène à son tour, sans but d'être violente cette fois. « Pourquoi t’aimais pas ça avant ? J’t’avoue que je devrais en manger plus, parce que c’est vrai que c’est plutôt bon. Ou du moins, la tienne l’est. »

« La mienne ? » qu'elle demande pourtant bêtement, son palpitant ratant un battement quand elle aperçoit son clin d’œil qu'elle reste happer par son sourire et la réminiscence de belles couleurs sombres, d'une sourde douleur au creux du ventre mais que ça n'avait plus grande importance. Une impression de voler l'oreille poser son épaule, presque assez de silence pour entendre la musique de son cœur battant et l'audace de lèvres déposées contre d'autres, mieux que des mots et moins violent et passionnelle que ce qu'elle a déjà pu partager mais tellement plus vrai que ça lui retourne encore le cœur, qu'elle a plus conscience de ses lèvres maintenant qu'elle finit par pincer, pour effacer le souvenir de la lune, des mots plus doux, des secrets qui grouillaient dans leurs yeux et de cette main qu'elle aurait jamais voulu lâcher. Puis elle se rappelle qu'il doit parler de la glace fondue, qui n'a plus l'air de rien dans sa coupe, hoche doucement la tête avant de sourire, nerveusement « Oh ! Ouais. Et hum … Disons que mes parents étaient pas du genre à m'emmener manger des glaces et mon frère … mon frère non plus. » qu'elle avoue perdant un peu de sa superbe en pensant à son regard abyssale, à ses mots cruels, aux bleus qu'il laisse souvent sur sa peau, à sa violence. A tout. Mais elle l'écrase, le laisse rouler loin, assez loin pour qu'il ne vienne jamais souiller Matty, pour qu'il n'ait jamais à le rencontrer d'ailleurs, la peur étant un mot trop faible pour révéler le sentiment qui l'anime rien qu'à l'idée que Jay découvre qu'elle a passé l'après midi avec un garçon. Avec lui. L'angoisse enserre sa gorge mais elle la fait passer d'un coup de glace, encore, après une brève hésitation en se rappelant qu'il l'a touché lui aussi quelques secondes auparavant.

Le ton s'allège juste un peu et elle s'imagine peu en Cendrillon en réalité Azur. Elle est sûrement la demi-sœur jalouse qui se pare de jolies bijoux et de jolies robes sans avoir grand chose à offrir en réalité mais la bouche tatouée de méchanceté. Pourtant, elle joue la fausse offusquée, gardant le ton volontairement léger, comme pour ne pas le brusquer, parce qu'elle n'est pas vraiment vexée « J’ai pas dis ça, c’est toi qui interprètes mes mots toute seule, tu sais. » son sourire a presque l'air hésitant et elle regrette d'avoir paru trop piquante peut-être, sûrement que c'est trop tôt, l'envie de s'excuser qui se confond sur le bout de ses lèvres mais elle n'en a pas vraiment le temps, le voit repousser son milk-shake pour mieux s'avancer entre eux, vers elle. Trop proche. Mais Azur a l'art du jeu dans le sang, un regain de courage qui lui échauffe le sang alors qu'elle s'approche elle-même, le bleu qui se noie dans sa propre mer d'iris, les mots qui deviennent presque des murmures comme pour se confier des secrets, ses mains qu'elle laisse s'accrocher à ses bras mis à nus pour ne pas avoir à les tendre pour céder à l'envie de redessiner ses traits avec ses doigts imparfaits, le noir de ses cheveux qui doit jurer avec le blond trop blanc des siens mais elle se dit qu'ils doivent offrir un beau tableau, une belle palette de couleur qu'elle ne regrette pas d'explorer au moins avec les yeux. Elle finit par se reculer, éclaircissant sa gorge dans une toux discrète. Le décor lui revient dans les yeux, des couleurs et des cris qui lui rappellent qu'elle n'est pas dans une bulle mais bien dans un fast-food cernés par des familles, des couples ou des groupes d'amis, des gens qui ne se doutent pas de tout ce qui l'habite.

Ses pieds retrouvent vite le sol comme son esprit qui vire trop vers les étoiles et les rêves. Use de son prénom avec arrogance même si ça lui plait un peu trop de le laisser rouler sur sa langue, de le connaître comme si brutalement, il l'avait un peu plus laissé entrer dans un coin privé de son cœur. Il l'observe un instant et elle reste immobile, mains nouées devant elle, seul témoignage de son stress puis c'est le soulagement qui remplace la nervosité quand il la suit enfin vers l’extérieur. L'endroit qu'elle lui a promit sera pour plus tard et elle espère simplement que ça lui plaira. « Oui, bien sûr, je te suis. » elle lui offre juste un sourire de plus avant de se remettre à avancer. Leurs pas se calquent sur le même rythme et un entrain soudain la prend, saisit l'occasion d'apprendre un peu plus à le connaître, de profiter de cette journée qui s'épuisera bientôt en soirée et  ne se reproduira peut-être jamais. Pourtant, elle espère Azur, que y'aura d'autres moments comme celui-ci, où elle se sent libre d'être plus une ado qu'une adulte sur laquelle pèse des poids trop lourds pour elle. Un autre moment où elle pourra se sentir normale et libérée des chaînes qui l'entravent. Sa tête se tourne vers lui, le blond de ses cheveux caressant l'une de ses joues mais elle n'attend que ses paroles alors qu'elle évite les corps des passants qui ne signifient pas grand chose pour elle pour l'instant. Elle voit ses yeux se perdre ailleurs et elle se demande bien où son esprit s'échappe, pas trop loin d'elle, elle l'espère égoïstement. « Mmh. J’ai des frères et sœurs, genre grande famille. J’aime pas les olives, j’trouve c’est juste dégueulasse comme truc. J’ai une moto. »[/b] son sourire revient en entendant son dégoût pour les olives, un hochement de la tête qu'elle offre pour seule réponse pourtant, respectant son temps de parole « J’suis nul en dessin, genre vraiment. » et elle manque de trébucher en voyant son regard se braqué trop brutalement sur elle, lui trop serein et elle qui arrive à ne pas se fracasser sur le sol, maudit ses chaussures ou le sol ou elle-même « J’suis content d’avoir accepté de venir, parce que j’pense que j’aurais regretté d’avoir refuser. » Elle a envie de lui dire qu'il a pas le droit, que c'est interdit ce genre de déclaration, parce que ça lui fout un peu plus la tête sous l'eau, qu'elle est certaine qu'elle va lui donner trop après ça. Elle est pas faite pour ça, pour faire plaisir, pour apprécier ou pour … aimer. Mais le « Moi aussi » qu'elle arrive à lâcher, noyé dans le bruit des voitures, qu'il entend peut-être pas, est quand même là et elle détourne le regard pour reprendre sa marche « A toi maintenant, Azur. » A elle ? Evidemment. Ce genre de jeu se retourne toujours contre celui qu'il émet.

A son tour, Azur réfléchit, laissant ses yeux planer ailleurs, parce qu'elle va être honnête, pour cette fois et qu'il lira peut-être trop chose dans son regard troublé « J'aime le vieux rock des années 90, j'en écoute un peu trop souvent d'ailleurs. » qu'elle assure avec une moue un peu gênée avant de poursuivre « J'ai une véritable fascination pour … la lune ou tout ce qui touche au ciel. » et elle a encore l'image des dessins donnés à Sloane en tête, de cette Lune qui a jamais cessé de les regarder quand elle avait décidé de ne plus parler « Je déteste l'ananas, en fait j'y suis carrément allergique. Tu sais j'commence à ressembler à Elephant Man si j'en mange ne serait qu'un bout. » et elle mime une énorme tête avec ses mains, comme une enfant le ferait avant de lâcher un rire « Désolée. Hm on en est qu'à 3 hein ? Disons que pour en finir, j'aimerais vivre ailleurs qu'ici, je suis grec et j'le parle couramment même si … j'évite de l'employer souvent. » parce que ça lui rappelle trop les insultes balancées dans cette langue par son frère au creux de son oreille mais c'est pas quelque chose qu'elle dira.

Puis, comme honteuse, elle laisse son regard errer sur une fontaine non loin « Et je suis désolée. Désolée de ce que je t'ai fait jusqu'ici. » et c'est après quelques longues secondes qu'elle ose lever les yeux vers lui, son sourire disparu comme par peur d'avoir touché un sujet qu'ils avaient décidés d'enterrer. Elle détourne le regard puis mû par une envie de casser encore une barrière, sa main vient s'accrocher à son bras, là où ses doigts ne toucheront pas la peau directement, comme pour lui éviter un malaise de plus et l'entraîne vers un autre chemin, longeant les trottoirs avant de faire face au planétarium, ses doigts se crispent malgré eux sur lui et elle les détends, s'excusant du bout des lèvres avant de retirer sa main, à regret. « J'ai toujours voulu aller ici avec … quelqu'un. Mon frère et moi on est pas proches au point de faire ce genre de sortie alors hum … Enfin, j'espère que ça te plaira. » puis elle s'engouffre dans l'entrée, happé par l'ombre bleuet qui plane partout dans le hall, observe à peine les gens, plus fascinée par le décor que par le reste, l'espoir naissant que cette soirée pourra se terminer sous un faux lit d'étoiles, le cœur apaisé juste instant.


A MORT NOS ÂMES



J’ÉTAIS LA PLUS BELLE DU BAL:
 
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