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Comment te dire adieu (GLUE)

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Message(#) Sujet: Comment te dire adieu (GLUE) Sam 25 Mar - 3:23

comment te dire adieu
Elle avait délaissé ses bouteilles d’alcool pour les sourires juvéniles de l’enfant des étages, coup de vent aux entrechats endiablés qui lui faisaient tourner le cœur, avant de les laisser eux aussi pour un autre psychotrope qui l’avait tant rendu folle par le passé. Perdue dans des avalanches de sensations diverses, Guan et ses tremblements de sobriété se baladaient dans les étages en quête des derniers visages à quitter, le cœur arraché de laisser derrière elle ce parking qu’elle avait tant détesté avant de le connaître, ce vieil immeuble qui n’était qu’un reflet d’elle-même, une ruine indéfectible qui menaçait à chaque moment de s’effondrer. De toutes les rues qui venaient l’abreuver elle eut pourtant été la première surprise à voir l’avenue de ses premiers amours se ranimer devant elle, visage aux yeux d’amandes venu se perdre dans le cadre de sa porte pour lui dire des mots impossibles. Une vie meilleure, ailleurs, tout laisser derrière pour rendre possible les chuchotements inaudibles qu’elles avaient perdu dans le creux de leur peau dans les après-midis de canicule, la Californie et ses mines d’ors asséchées comme réservoir des rêves qu’elles étaient prêtes à réaliser, mais, avant de partir avec son maigre sac à dos sur l’épaule, avant d’abandonner son cimetière de bouteilles au fond de ses placards, elle avait décidé, courageuse, d’effleurer la douce peau écrémée de Sloane pour emmener un souvenir de sa douceur, un dernier clin d’œil sur le squelette à la cigarette de Sway, avant de se rendre compte, ingénue, que la plupart des fragments de sa vie ne l’avait pas attendu pour décamper loin, bien loin. Ne restait que la petite tornade aux yeux bleues duquel elle portait le nom, drogue éphémère dont les caprices avaient été dévastateurs, et, pourtant, Guan agitait ses cheveux corbeaux tout en tapotant sur sa porte, incapable de repasser devant ce panneau de bois sans quelques souvenirs humides pour lui pincer le fond de la gorge et y laisser le goût amer des regrets. « Hey ! » dit-elle d’un signe de main, entichée de son sourire pour cacher sa gêne « Je sais même pas pourquoi je passe, mais, voilà, comme je vais m’en aller du Parking… Je venais dire au revoir ! » Elle se tordait sur elle-même, le rouge aux joues de leurs querelles stupides quand il n’aurait pu y avoir que des souvenirs de grâce à laisser derrière.
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Message(#) Sujet: Re: Comment te dire adieu (GLUE) Sam 25 Mar - 5:39

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Mettre toute ta vie dans des boîtes. Toutes tes années ici. Tu jetes les peines à la poubelle, tu gardes que le meilleur, que les bonheurs, les nuits d'amour. Y'a des boîtes de toutes les tailles, des toutes les couleurs. Des caisses de chocolat remplis de pierres et de cristaux. La poubelle déborde, de tout ce que tu ne gardes pas. L'appartement se vide, le coeur aussi. Raff est pas là, tu sais que son coeur est aussi lourd que le tien. Tu lui laisses quelques souvenirs, que tu glisses sous son oreiller. Des promesses de revenir le voir un jour. Mais maintenant, faut que tu partes, parce qu'ici tu t'es perdue. Et tes plaies ne guérissent pas. Ta tête te fait de plus en plus mal. T'as besoin de repartir t'enraciner. Besoin de parler allemand tous les jours, de faire tes deuils de ce ventre qui ne se rempliera jamais. Et même si tu fais souvent l'amour à ton français, c'est vide, vide, vide. Il arrive pas à te remplir, personne peut. Et tu t'en remets pas. Y'a pas un jour qui se passe sans que tu regrettes de t'être faite avortée. Même s'il aurait peut-être eut trois bras, parce qu'il avait été fait avec ton frère, tu l'aurais eut quand même, tu l'aurais aimé plus, plus, plus. Et tu pleures encore, dans le vide de ta chambre. Un matelas, une jetée jaune de soleil comme couverture.

Et tu sursautes quand ça cogne. Laisses échapper un petit cris de petite souris. Te relèves brusquement, tes petits pieds nus te menant nerveusement à la porte. Essuyant tes joues du revers de tes mains, reniflant un bon coup. Ouvrant la porte, éternellement en petit short de sport. Ton coeur rates un battement lorsque ton regard croises le sien. Tu oublies, comme, de respirer. Jusqu'à ce que ça tourne un peu, que tu vois des petites étoiles multicolores, c'est beau, mais un peu flippant. Pas mal. Comme ce qu'elle t'annonce. Guan, son coeur, sa petite odeur que personne d'autre a. Ils disent que c'est la morgue, la mort, qu'elle sens. Mais c'est pas ça. La mort peut pas sentir aussi bon, si ? « Oh... Je... je... » Tes joues prennent des teintes jumelles aux siennes. « Tu... tu... où tu ? » Vas, Blue, vas, allez, t'es capable. Sauf que non. T'arrives pas à formuler des choses qui font du sens, à dire que toi aussi. À lui demander de partir avec toi. À lui dire oui, lorsqu'elle t'avais demandé d'être sa copine, t'aurais dû lui dire oui. Tu savais pas, que ça goûtait aussi bon dans ses bras, qu'elle avait planté ses baguettes dans ton coeur, et que tu voulais pas les retirer, jamais. Y'a ta main maladroite, qui va attraper maladroitement la sienne. Et quand tes doigts touchent les siens, y'a comme une pluie d'arc-en-ciel sur ton coeur, une tempête de paillettes dans ton ventre. L'envie qu'elle te remontes sur un comptoir, qu'elle t'étrangles pas, que vous courriez partout, chasser des pokémons, avec des casquettes de dresseur. Parce que quand ta main effleure la sienne, toi crois de nouveau à la magie, que tes yeux se mouillent un peu. Mordillant ta lèvre alors que tu caresses ses doigts, que tu tires doucement dessus, une proposition. « R... R... Rentre ? » Que tu bégaies encore. Et ton coeur se débat, hurle de tout ce noir que tu lui as fait broyer, des trous trop profonds que t'y a creusé, de la peine dans tes veines. Sauf que tu saignes bien, pour elle, tu la laisserais même t'embaumer. Et si dans un baiser, elle te demandais de rester, ou de partir avec elle, tu sais pas comment t'arriverais à lui refuser. Tu lui as dit non une fois, et tu regrettes encore. T'as envie de t’époumoner de oui, même si elle a oublié la question.
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Message(#) Sujet: Re: Comment te dire adieu (GLUE) Sam 25 Mar - 23:31

comment te dire adieu
Le fantôme qui lui ouvrit la porte n’était pas celui qu’elle s’attendait à voir, préparée au soleil rougeoyant elle fut heurté à une pluie morne qui se perdait sur des joues aussi grassouillettes que ceux d’une enfant, aucune masse d’air chaude ne semblait encore présente dans le creux de Blue pour déclencher la tornade qu’elle pouvait être parfois, il n’y avait, dans cet appartement minuscule, qu’une marionnette meurtrie à peine rendue vivante par des vents paresseux qui peinaient à bouger les fils de son squelette de bois. « Je pars en Californie, Los Angeles, même si on s’arrêtera sûrement sur la route pour visiter un peu. » Elle laisse planer le on comme la porte menant à une salle immense de secrets, le retour des premières palpitations de son palpitant pas encore défaillant à l’époque, le commencement de toute cette histoire qui l’avait amené jusqu’ici pour rencontrer des pierres précieuses en teinte de bleu – Blue n’en était qu’une parmi tant d’autres, quelques minutes qui comptaient trop pour que leurs doigts qui s’entrelacent ne la fasse pas trésailler l’espace d’un instant. Guan ne pouvait résister à une voix tremblotante qui l’attirait dans des filets desquels elle ne voulait pas être prisonnière, et si à chaque pas qu’elle faisait à l’intérieur de cet appartement elle ressentait l’envie de crier tout ce qui avait pu arriver depuis leur dernière rencontre – tous ces nouveaux instants venus la consolider quand elle avait été prête à s’écrouler pour de bon, les douceurs de l’Irlande pour en remplacer les liqueurs, le départ de Dante qui ne lui faisait que des éloges d’une vie meilleure, son amour de pote, Fen, toujours au quartier, prêt à la suivre jusqu’à la côte ouest, la petite maison d’universitaire dans laquelle elle allait habiter avec ce qui finirait sûrement pas être sa future femme. Elle avait envie de lui crier à quelle point elle était heureuse, toutes les maximes sans fond scandées sur les trousses et autres cahiers d’écolières sur les premiers amours, l’optimisme, les nouvelles vies à commencer sans attendre, et pourtant c’était toutes les craintes d’être heureuse à nouveau et de tout perdre qui la faisait suivre Blue dans un salon qu’elle n’avait aucune envie de découvrir, quand elle aurait dû elle aussi finir ses cartons, embrasser son aimée, tout foutre en l’air et partir une semaine plus tôt, s’arrêter au quartier pour voir une dernière fois les décombres d’une enfance qui ne voulait plus d’elle avant de tout oublier pour de bon. « Toi aussi, t’es dans les cartons ? » dit-elle, innocemment, incapable de quitter cette petite main qui s’était glissée dans la sienne, incapable d’arrêter de se mordre la lèvre inférieure dans l’angoisse d’une conversation à venir. Elles n’en avaient jamais vraiment parlé, d’elles, de ce qu’elles n’avaient jamais été et tout ce qu’elles auraient pu être. Blue avait été une composante de sa spirale infernale, un des visages qui tourbillonnaient autour d’elle mais, à la minute où elle s’y était accrochée, il s’était évaporé dans des fumées acides qui l’avaient brûlé sans qu’elle ne pense jamais à panser sa peau fondue. Elle ne voulait pas parler des larmes de la couleur chaude – parce que si elle partait, elle aussi, ce devait être pour des horizons meilleurs, on ne pouvait pas tomber plus mal qu’au Parking, et, pourtant, cet immeuble rempli de galériens avait la capacité de vous remettre sur pieds, huiler vos genoux avant de vous mettre une grande claque dans le dos pour vous forcer à partir. Arrivée ici comme une loque, repartie comme une personne à part entière, capable de vivre malgré ses brèches mal rafistolées, de respirer de ses poumons encrassés par les gaz de la ville qu’elle n’a jamais quitté. Et pourtant, elle était sur le point de s’envoler, mais les kilomètres à avaler, maintenant qu’elle était sortie de son cocon d’amour et d’espoir, commençait à la faire trembler de peur, à se dire que New-York était la seule constante de sa vie chaotique et qu’elle ne pouvait se risquer de la perdre. « Et alors, pourquoi tu pleures Blue ? » Elle lui demandait pour arrêter de laisser défiler ses pensées qui venaient toujours à s’assombrir, elle parlait pour tarir la peine qui la renvoyait à elle-même, elle s’inquiétait pour ce bout de femme qui la rendait toujours électrique, serrant ses doigts dans les siens.  
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Message(#) Sujet: Re: Comment te dire adieu (GLUE) Sam 15 Juil - 9:23

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Guan. Tu aurais peut-être dû continuer à l'oublier. Comme un fantôme qui murmure parfois en chinois. Ni hao. Bonjour, t'as peut-être passé à côté de l'amour de ta vie. Celui, le vrai, qui meurt pas, qui part pas, qui ne s'efface pas, qui ne s'envole pas en Californie, qui ne devient pas gay, qui ne devient pas ton frère, qui te fais tu bien, qui ne te violes pas, qui ne te brises pas. Un amour qui t'aurais peut-être consolé un peu de ton ventre vide pour toute la vie. Coucou, c'est moi. Californie. Los Angeles. Les mots cruels sur ses belles lèvres. On. « Oh... » Y'a un rire qui te traverse doucement. Parce que tu ris toujours au bons moment, toi, parce que t'as déjà tout gâché. Ton rire est un souffle, qui remplis tes yeux d'eau. La belle ironie, la belle claque en pleine gueule. T'aurais pu y aller aussi, retrouver Andrew et ses grands yeux qui ne comprennent rien. Sauf que t'en avais marre de t'éclater le coeur sur les murs pour des garçons qui se fichaient de toi, au final. Qui ne te trouvaient pas assez pour rester. Comme si t'étais jetable. L'un de ses gâteaux qu'on dévore en quelques bouchées, en abandonnant le papier sur le bord de la route, qu'on oublie aussitôt avalé. T'en a marre, d'être rien, pour personne, d'être loin de ceux qui compte vraiment. Qui t'aimeront toujours. Jusqu'à la mort. Même quand ton soleil à toi, meurt. Parce qu'aujourd'hui avec ton coeur en pièces détachées, t'arrives plus à sourire innocemment et y'a personne, qui veut faire le casse-tête, tout recoller, tout remettre beau, chasser les nuages, faire renaître le soleil. Guan, elle a pas envie, de jouer dans tes pièces de puzzle qui ne ressemblent plus à rien, aux images décolorés. Elle vient, elle avance dans le grand vide que t'as installé dans l'appartement. Tu tiens encore timidement, doucement ses doigts. Un petit contact qui fait un grand bien, une petite chaleur de rien du tout, que t'as pas eue depuis longtemps. Tu sens le bout de tes doigts reprendre de leurs pâles couleurs. Elle remarque tes cartons, tes larmes, ta petite mort. Elle sait tout, Guan, avec ses yeux qui voient même au travers des morts. C'est dommage qu'elle ait pas compris que ton non voulait dire ''attend moi''. Ou peut-être qu'elle avait compris, peut-être qu'elle t'attendais, peut-être qu'elle venait vérifier, peut-être que t'espérais dans le vide. Tu fais qu'hocher doucement de la tête positivement, confirmer ce que tu ne peux nier devant les boîtes qui s'étendent, ne se remplissent pas assez vite, parce que c'est pas facile de partir. D'avouer l'échec, d'avouer la vérité, celle qui fait trembler tes lèvres face à sa question, qui noie tes yeux. Tu retiens, tu retiens fort comme un géant, comme un géant d'amour que t'a perdu, aussi, qu'à jamais su t'aimer assez grand.

« Parce que j'suis plus heureuse...» Que t'avoues dans un souffle, avant que l'ouragan ne déferle. Ta poitrine qui se secoue, tes yeux qui ruissellent tout seul, ta main qui quitte la sienne pour venir cacher ton visage, tes yeux. Tu te détournes d'elle. Parce que te consoler, c'est sans doutes la dernière chose qu'elle a envie de faire. Vaudra apprendre, à te remontrer, lécher tes plaies, te redonner de la joie, de l'amour, beaucoup d'amour. Et ta tête te fait affreusement mal, quand tu pleures comme ça, comme une catastrophe que personne ne se risque à calmer.
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Message(#) Sujet: Re: Comment te dire adieu (GLUE) Ven 11 Aoû - 13:00

comment te dire adieu
Il y a son aveu sorti du bout des lèvres qui ne la surprends pas, couleur à qui on a arraché les pigments et qui ne trouve la force que de s’effondrer dans le cocon de ses dix doigts pour cacher les larmes de son visage. « Alors, Blue » Guan n’attend pas pour l’englober de ses bras, les mains liées sur son estomac qui se soulève au rythme de ses sanglots, son menton au creux d’une épaule qui secoue à intervalle régulier, ses tempes caressées par les cheveux d’orge qui dansent encore, qui dansent toujours, même quand elle pleure, « mais pourquoi tu pleures ? » parce qu’à elle, malgré l’absence, elle ne pouvait pas se contenter de lui dire que le bonheur avait claqué la porte, qu’il était parti chercher un paquet de cigarette et qu’il n’était jamais revenu, parce qu’à Guan elle n’avait pas droit de se contenter de lui dire je pleure alors que les larmes lui creusaient les joues. « Il fait beau dehors, Blue, » le soleil laisse ses rayons s’éclater contre les immeubles anguleux, incapables de se refléter dans le verre des fenêtres poussiéreuses, les quelques pigeons nourris au miettes de mcdo et abreuvés à la fontaine des Starbucks renversés roucoulent assez fort pour répondre aux concerts des klaxons des voitures coincées dans des embouteillages qui ne se finiront jamais, « dehors il y a quelqu’un qui t’attends, abruti par le soleil, coincé dans sa voiture au feu rouge du coin. Il n’est pas heureux non plus et il n’attends que toi pour sourire, et il ne le sait même pas. Et toi non plus, d’ailleurs. » Parce que ça ne pouvait être que ça pour faire pleurer la lapis, la gamine à la larme facile amoureuse de tout le monde mais incapable d’aimer quelqu’un. Mais oui, Blue, il reviendra le bonheur, et tu arrêteras de pleurer, et Guan, elle, se sent stupide à avoir peur d’être heureuse, confrontée à la tristesse elle se demande pourquoi elle s’embête dans sa tête à se créer des problèmes, à se mettre des trucs devant les yeux au point de plus voir à quelle point elle pouvait être chanceuse que tout cela lui arrive. « Allez, Blue, arrête de pleurer. » C’est plus drôle d’être triste, encore, de pleurer, toujours, d’être un soleil aux larmes intarissables qui laisse éclater des orages pour rien. Elle avait pleuré pour elle aussi, Blue, elle s’en souvenait de ses larmes, Guan, et sans doute qu’elle n’aurait pas dû, laisser échapper les cristaux rares pour le navire en train de couler que ça avait rajouté de l’eau dans la cale submergée, que s’en était devenu incapable à écoper, qu’elle s’était fait à l’idée de sombrer au fond de l’océan. Pourtant il fait beau, dehors, et à quelques étages de là, son bonheur l’attendait. Alors, Blue, arrête de pleurer.
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Message(#) Sujet: Re: Comment te dire adieu (GLUE) Mar 12 Sep - 4:46

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Y'ales bras tentacules de Guan qui s'enroulent autour de toi quand dans sa voix vibre ta couleur. Ses longs bras qui te prennent tout, qui t'ont toujours trop pris, trop foutu le ventre en vrac, parce qu'elle avait jamais compris tes petits ouragans ensoleillés. Parce qu'elle avait prit tes rires pour des insultes, comme elle prenait tes larmes pour de la pluie plutôt que du sang. Et ses questions qui ne se répondent que par le chaos de ton thorax qui se secoue en souffle muets qui arrivent à en dire trop dans son hyperventilation, la tête qui tourne doucement, les mains qui tiennent bon sur la chinoise qui se tient forte et solide comme la muraille de Chine. Merde ce qu'elles sont belles ses chinoises, quand elles s'y mettent, quand elles te prennent dans leurs bras. Sauf qu'elle ont rien à voir avec elle. Elle c'est pire. Elle t'as fait des promesses que tu ne lui as pas laissé tenir, et tu regrettes, t'aurais dû, t'aurais dû plonger la tête première et pas chercher ailleurs. Elle te reparle en chinois, te demande pourquoi il pleut dans tes yeux, mais tu fais comme si tu ne comprenais pas sa langue encore, parce que c'est dur d'avouer qu'on a perdu notre soleil, que la vie est terne et que même dans les mauvais moments, t'arrives à sourire, même s'ils sont gris, tes sourires, plus aussi vrais, plus aussi invitant. Elle te rappelle qu'il fait beau dehors, mais tu ne vois que le gris de la vitre, du Bronx qui sent mauvais quand il fait beau. Elle te pousse dans des rêves qui deviennent vite des cauchemars, des claques à la gueule pour te rappeler les mauvais choix que t'as fait. T'en a connu un, abruti par le soleil depuis sa naissance et qui t'avais fait danser longtemps. Et c'est sa tronche, que t'imagines, sa voiture pleine et ton coeur lourd. Il t'attend pas. Il est partit sans toi, il était pas question que tu viennes. Il avait pas pensé au petit soleil qu'il laissait mourir derrière, à qui il demandait de survivre derrière les nuages devenus tsunamis que la cachaient du monde. Personne ne t'attendait, tu n'y croyais plus à toutes ses conneries. Ses belles conneries qui sortent des ses belles lèvres connes. Elle te demande d'arrêter de pleurer, mais c'est facile de demander ça, de demander à une fille qu'on ne connaît qu'à peine de nous donner son coeur. Facile, facile.

« Mais j'fais pas exprès... » Que tu lui souffles avec ta petite voix cassée qui ne dit pas tout. Qui ne dit surtout pas ce à quoi elle songe, au creux de ses bras bronzés. À la vie alternative qu'elle se dessine contre l'odeur de ses cheveux, celle qui a un peu changée, comme parasité par autre chose, autre chose de ''trop'', de plus Guan, moins Guan, trop on, trop con. Et tu la serres plus fort, comme si ça pouvait t'aider, comme si ça ne noyait pas ton coeur. Parce que dans ce putain de Bronx, t'as tout perdu, et que tu t'apprêtes à la perdre, elle. « Ça fait mal, de perdre sa vie tout le temps, que tout le monde parte. Et toi aussi, hein. T'avais dit que tu m'aimerais toujours. » Que ta voix tremblante lui reproche, sans vraiment que ça en soit un. Elle ne pouvait pas t'aimer toujours et partir. Pourquoi tout les gens qui t'embrassaient ou disaient t'aimer finissaient par s'évaporer. Pourquoi tu tombais toujours amoureuse de des cours d'eau que tu asséchais. Et il ne te restait plus qu'a t'en pleurer des nouveaux. Les larmes et les frissons sur tes bras. Le coeur gros et froid comme la lune. Tu sais pas si au final, tomber amoureuse des promesses de Guan aurait pas été une plus grosse erreur, ou bien quelque chose de vraiment très beau. Tu saurais jamais. Jamais ce que ce serait de laisser Guan serrer ton coeur tout les soirs. D'avoir le sien en pendentif, de mélanger ses odeurs de morgue à ton encens, d'arrêter de rêver de géants, trop forts et trop con et risquer, risquer tout avec elle. T'avais eu peur de gâcher quelque chose de beau et pourtant, tu l'avais fait quand même. Jusqu'à un point tel qu'elle avait refusé de chasser des pokémons avec toi, point de non-retour dans votre relation. Le fond du baril. Elle t'aimait plus. Elle te détestait, juste comme elle avait promis.
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