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CAEM - Nature boy



 

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les locatairesles potins


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› Âge : quarante ans
› Appart : #1109 / 11 ème étage
› Occupation : Propriétaire d'un bar au décor rappelant l'Irlande. Il y officie en tant que Barman
› Messages : 95
› Nombre de RP : 2

Message(#) Sujet: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 13:03


   
Caem O'Reilly
   Si tu viens, éclairer mon âme quand j'en ai besoin
Si tu viens, desserrer les lames autour de mes mains
Je pourrais t'expliquer la chute, les bons choix
Te montrer les couleurs qui ne vont pas...
   

   

   
(NOM) O’Reilly, nom connu au sein de l’Irish Mob, aux tonalités irlandaises. Les O’Reilly sont implantés depuis de très nombreuses années dans la ville de New York. Avant le père de Caem, il y a eu le grand-père et ainsi de suite. Autant dire que c’est une ancienne famille ayant quittée les plaines verdoyantes de l’Irlande, depuis bien longtemps. (PRÉNOM) Caem, prénom signifiant le beau, le doux. Sa toquée de mère ne devait certainement pas avoir les idées claires lorsqu’elle l’a mis au monde. Peut-être était-elle déjà défoncée par la drogue ? Très certainement. Peut-être, voyait-elle dans l’identité de son fils, un reflet… Un écho à tout ce que sa vie n’avait jamais été. Il en a jamais su la raison. Le jour de sa naissance, son père était déjà loin. Et lorsqu’il fut en âge de se demander pourquoi, sa mère, elle, était déjà partie. (ÂGE) La quarantaine. Il l'a fêté il y a peu, avec pour seule compagnie que celle de son chien et de sa guitare. Et son habituel verre de whisky. Autant dire que cela ne lui a fait ni chaud, ni froid. Il s'en bat la veilleuse, laissant l'âge devenir un prétexte pour s'assagir, pour se conforter dans l'idée de devenir quelqu'un de bien... Bien grand mot, n'est-ce pas ? (DATE ET LIEU DE NAISSANCE) Il est né un 1er Mars en 1977 et pour les nuls en mathématique, Caem vient d'avoir quarante ans. Sa vie a commencé dans la ville de New York. Il a été la fierté de sa mère, de son père et de son grand-père. Toutefois, si l'aïeul a claqué de vieillesse, sa mère a pété les plombs et s'est jeté d'un pont. Quant à son père, il est le paternel sur l'acte de naissance, le même nom de famille, le vieux comme il l'appelle. L'inexistence. Depuis, la fierté du fils s'est transformée en dédain, en désintérêt que le temps a parsemé tel les cailloux du Petit Poucet. Aujourd'hui, tout est soupçon d'ignorance.(OCCUPATION OU ACTIVITÉ) Il aime se dire qu’il a eu plusieurs vies. Et les activités ont été multiples. Lorsqu’il a été en âge de devenir un membre, à part entière, de la mafia, Caem s’est lancé dans des activités pas très nettes. Mais qu’importe, il était fier de lui, fier de servir, fier de présentait sa patrie se trouvant à l’autre bout du pays. Il est passé par bon nombre d’étapes, gravissant les échelons de cette grande famille. Au milieu de la noirceur, il a su tirer son épingle du jeu, réfléchissant plus avec sa tête, qu’avec ses poings. Il a trop de fois tué, trop de fois blessé, torturé et mutilé. Il en a pris un malin plaisir jusqu’à se prendre le retour de flammes. Un peu trop souvent d’ailleurs. Son corps en est parsemé. Des entailles guéries. Des cicatrices apparentes. La mafia a toujours été régie par des règles simples. La famille avant tout, mais l’instinct de survie aussi. Il a été un nom connu, et il a rendu beaucoup de services aussi. C’est bien ça, aussi. Ça permet de sortir de la merde. Et autant dire, que lorsque sa deuxième vie s’est mise en marche, il était bien content d’être entouré. Car oui, durant dix ans, sa vie n’a été que vécue derrière les barreaux de sa cellule. Un enferment dont il a su en tirer l’enseignement. Il n’a jamais perdu son sang froid, restant fidèle à lui-même, se rappelant que quoi qu’il puisse arriver, ça aurait pu être bien pire. A sa sortie, sa vie actuelle s’est ouverte à lui : l’envie de quitter les rangs, le besoin d’être un homme bien. Il s’est accroché à la seule lueur d’espoir, lui ayant permis de ne pas sombrer dans la déchéance lorsqu’il était en tôle. Une lueur désormais à demi-éteinte, mais qu’importe, l’espoir fait vivre ? Désormais, et depuis presque quatre ans, il tient ce bar où il officie en tant que barman. Le lieu est situé dans le quartier du Bronx et il aime ça, il est tranquille, s’adonnant à ses passions. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Parfois, des membres de sa famille viennent, pour lui faire reprendre du service, pour se rappeler le temps passé, les souvenirs de violence et de déchéance : une chose est sûre, il n’est pas prêt de rempiler. (NATIONALITÉ) Américain pur et dur. Bien sûr, ses ancêtres ont des origines venant tout droit des terres irlandaises. Et heureusement, la lignée des O'Reilly se poursuit. Mais en dehors de cela, lui n'a le privilège que d'être américain. En soi, ça n'a rien d'une fierté. (ORIGINES) Américaine. Mais ses ancêtres sont des émigrés irlandais. Autant dire qu'il a ce pays dans le sang, et puis il y a cet amour de ce pays que la mafia sait si bien perpétuer. On aime ce pays sans y être allé. Il a toujours trouvé cela fort réducteur mais de nature diplomate, il se garde bien de faire savoir le fond de sa pensée. (STATUT CIVIL) Célibataire endurci. Il n'a jamais su trouver l'âme capable de le toucher au plus profond de lui. Il y a cru. Parfois. Mais la réalité s'est rappelée bien vite à lui. Caem préfère la solitude à la mauvaise compagnie. Il n'est pas du genre à se la jouer volage et sans attache, il a le respect du corps et de l'humain. (ORIENTATION SEXUELLE) Il n'a jamais su ce qu'il était réellement, depuis toujours. Bien sûr, il a souvent eu écho à ce référencement du genre humain. La manie de dire "toi t'es ci, toi t'es ça, toi t'es bleu et toi rouge" Tout un blabla inutile et agaçant. Caem ne s'est jamais défini comme l'amoureux des femmes ou l'amoureux des hommes. Lui, ce qu'il aime, c'est l'âme humaine, dans sa pureté la plus évidente, dans ce qu'elle a de plus beau à donner, dans ce qu'elle est capable de donner et de savoir recevoir. Les êtres qu'il a rencontré tout au long de sa vie, ne sont que les témoins de ce qu'il est. Quelque chose d'indéfinissable, d'imprononçable. Il suit sa route, sans se prendre la tête. Il la cherche encore cette âme capable de se jumeler à la sienne. Peut-être est-elle par ici ?(DATE D'ARRIVÉE AU PARKING) Tout nouveau, tout frais. Il vient à peine d'arriver (GROUPE) Ceux qui vivent.

   
« Un homme ayant cessé de s'émerveiller, est un homme qui a cessé de vivre.  »

   (Quand et comment avez vous emménagé au Parking ?) L'arrivée est récente. Il vient à peine de poser ses valises. Il lui fallait trouver un nouvel appartement. Son ancienne proprio avait visiblement vu la Vierge parce qu'elle avait doublé son loyer. Était-ce une manière polie de lui dire de se casser ? Il n'a pas cherché à comprendre. Il a pris ses affaires et s'est cassé sans préavis. Il n'a jamais aimé les profiteurs et en farfouillant les annonces, il est tombé sur ce logement. Ni trop grand. Ni trop petit. C'est parfait pour lui, et qui plus est, il n'est pas très loin de son bar, tout en restant dans ce quartier si cher à son cœur. Qui plus est, il vit dans le même immeuble qu'Ash et Flora, raison de plus pour venir s'implanter ici.

   (Que pensez-vous de l'immeuble et vos voisins ?) Diversité. Tel est le mot lui venant en tête. Il y a un peu de tout et de rien, des gens se ressemblant et d'autres, un peu moins. Des moches. Des cons. Des bruyants. Des discrets. Tout ce qui compose un immeuble dans lequel il n'a pas encore pris ses repères. Il n'est pas le voisin idéal, il n'est pas celui qui vous dira de rentrer boire un café si vous cherchez une oreille attentive. En général, il sera plutôt du genre à envoyer paître. Ceci étant dit, tout dépendra aussi de ce qu'il sera en train de faire.

   (Quelle est votre réputation au sein du quartier ?) Le vieil emmerdeur ? Il n'en sait rien. Il vient juste d'arriver. C'est encore un peu tôt pour parler de réputation ? Cependant, il sera certainement le visage connu de ce fameux bar pour ceux qui s'y rendront. Il sera certainement le bougon qui sourit peu. Il sera peut-être celui qui en collera une au voisin qui fait trop de bruit le matin alors qu'il est en train de dormir. Il sera celui qui pourra se montrer protecteur si la personne en face de lui accapare son intérêt. Il sera celui à qui il vaudra mieux ne pas chercher des noises, parole d'irlandais !
   

   
PSEUDO/PRENOM : Emilie ÂGE : Mes seize ans ne sont plus qu'un lointain, lointain, lointain souvenir ... PAYS : France FRÉQUENCE DE CONNEXION : Tous les jours. COMMENT AVEZ VOUS TROUVÉ LE FORUM ? : Le hasard. Le destin peut-être je n'en sais rien. La vie n'est qu'une succession de rendez-vous ;) REMISE EN JEU Oh bah c'est un scénario alors ... Mais je ne compte pas devenir un membre fantôme. Quand je m'inscris, j'ai tendance à devenir aussi collante qu'une sangsue hahahaha ! (TYPE DE PERSO) scénario de @Àsgeir Aylen (CRÉDITS) Tout reste à faire (Kyo) - Intimations of immortality (William Wordsworth) - Colorblind (Couting Crows) - La chanson des vieux amans (Jacques Brel) - The Kill (30 seconds to Mars) - Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai (Francis Cabrel) - Downtown (magicalj cloudz) - El Tango de Roxanne (Moulin Rouge) - N'importe quoi (Florent Pagny) - Gandalf's quote - Mad World (Gary Jules) - Puisque tu pars (JJ Goldman)COMMENTAIRE OU SUGGESTION : Oh bah j'espère que vous aimez les romans et les pavés en RP  OMG AVATAR : Matthew Mcconaughey et son regard profond  Cool  

   
© Nous sommes de ceux

   


*************


The rainbow comes and goes

There was a time when meadow, grove, and stream,
The earth, and every common sight,
To me did seem
Apparell'd in celestial light,
The glory and the freshness of a dream.        
It is not now as it hath been of yore;
Turn wheresoe'er I may,
By night or day,
The things which I have seen I now can see no more.

Mon doux, mon beau, mon merveilleux enfant...
Mon Caem...
J’aurais tellement voulu être plus forte..
J’aurais tellement voulu ne pas avoir été si faible… J’aurais dû trouver le courage d’affronter mes peurs, de vivre cette route que j’avais pourtant choisi…
J’aurais dû être ta mère, et non pas un semblant de vie que tu voyais évoluer autour de toi. Bien trop tard, j’ai fini par comprendre que la vie ne se résumait pas à faire subir tous ces démons, toutes nos chimères…
J’aurais dû t’aimer mieux… J’aurais dû m’émerveiller de tes premiers pas, de tes premiers mots, de tes notes à l'école. Si j’avais eu un éclat infime de lucidité, j’aurais été l’actrice silencieuse de ta vie, celle qui aurait été là pour te protéger.
J’aurais été une barrière suffisamment forte pour te protéger, toi, mon merveilleux louveteau, loin de ce destin affreux qui t’attendait dans cette grande meute.
Sans doute, aurais-tu une autre vie… Une existence bien meilleure…
T’aurais pas autant été empli de regrets… Les mêmes que les miens…
Je te demande pardon…


I’m colorblind… Coffee black and egg white… Caem, le doux Il vit le jour d’une union des plus singulières. Il n’était pas attendu, personne ne le désirait et pourtant, il arriva comme une lettre à la poste. Enfant unique d’un membre de l’Irish Mob, son histoire ne fut pas destinée à ce que le commun des mortels appelait « une enfance normale » Etait-il normal de voir sa mère se prendre des châtaignes dans la figure ? Etait-il normal de voir son père rentrer, assez souvent, les poings entachés de sang ? Etait-il normal, pour l’enfant, de se promener dans la maison et de tomber sur une vaste collection d’armes en tout genre ? Etait-il normal d’entendre des conversations d’adulte où le langage cru se mélangeait aux injures irlandaises en passant par la violence constante ? Non, ce n’était pas ce qu’un enfant devait vivre. Loin de là, et pourtant, ce fut son quotidien. Une enfance étrange où il ne ressentit pas forcément le manque d’affection ou d’amour. Sans doute, s’était-il résigné dès son plus âge ? Il n’en savait rien. Il était trop petit et pourtant, de ces grands yeux innocents, il observait ce monde se réduire à ce trois-pièces miteux perdu dans le quartier du Bronx. Sa mère, pauvre créature rendue folle par les coups, se bornaient à essayer de le choyer, d’une tendresse inexistante et maladroite. Le câlin devenait bien vite irrespirable par les effluves de l’alcool lui transperçant les narines. Il fuyait toujours. Et puis, les trois quarts du temps, elle planait, perdue entre l’éthylisme constant et la cocaïne, elle avait vécu l’arrivée de l’enfant avec le sentiment d’une intrusion dans une intimité déjà ravagée. Il ne devait pas être là, elle le haïssait, tout en l’aimant, parce que le père le protégeait malgré tout. Il ne fallait pas toucher son fils. C’était un O’Reilly après tout, et plus tard il reprendrait son titre et son rang. Sa place au sein de la mafia était assurée : c’était la famille avant tout, la mère, selon lui, n’avait de rôle que celui de maintenir l’enfant en vie. Vision archaïque, c’est vrai. Ça suffisait amplement à semer la graine de la folie dans un esprit tordu par la souffrance. La famille c’était important, surtout au sein de la mafia irlandaise. C’était tel qu’elle se définissait. Une famille. Mais sans la tendresse, sans l’amour, sans la main se posant sur la chevelure d’ébène et la frottant avec une douceur que tout enfant aurait dû avoir. Oh non… Il n’y avait rien de tout cela. Juste le sentiment d’être ailleurs tout en étant à sa place. Il était déjà une créature morte avant même d’avoir commencé à exister. Pourtant, il était entouré. Il y avait toujours du monde chez lui. La journée, et quand il fut en âge de s’y rendre, il était à l’école. Il apprenait le savoir et l’apprentissage. Tout ce qui lui faisait défaut au sein de la maison. Il était calme d’après les enseignantes. Il se posait souvent dans un coin, observateur pensif, fixant de ses yeux gris le reflet de l’humanité. Il vivait dans le quartier du Bronx, entre pauvreté et misère. Il vivait dans une atmosphère dangereuse, ne comprenant pas pourquoi sa maman ne venait pas le chercher à l’école, à l’heure, pourquoi les autres pouvaient profiter d’un câlin, d’un gouter, d’une parole. On ne lui demandait jamais s’il avait passé une bonne journée. Il était de ces enfants qui attendaient devant le portail, patient et silencieux. Et puis lorsque la menace de le confier à la police retentissait, sa mère arrivait toujours très vite. Pile à l’heure avant le drame, mais pas moins une figure froide. Elle n’avait aucun intérêt pour l’enfant. A vrai dire, elle était ailleurs. C’est ce qui causa sa perte. De ses souvenirs uniques et rares, il préféra se convaincre qu’elle était partie, pour une vie meilleure. Sans doute en avait-elle marre de se prendre des coups ? Un pont et une hauteur vertigineuse, une eau devenue glace par les températures hivernales, tout ceci eut raison d’elle, accueillant l’arrivée d’un nouvel ange. Il le comprit bien plus tard, n’ayant jamais eu le courage de demander à son père. A vrai dire, il le vit devenir fou ce soir-là, il détruisit tout ce qui se trouvait sur son passage dans un fracas infernal et il ne trouva refuge qu’en s’enfuyant de chez lui. Il avait six ans et son cœur battait la chamade. Il entendait encore les hurlements de son père. Sa colère lui faisait peur. La violence était là. Constamment. Lancinante. Elle était son manteau pour le protéger de l’extérieur.
Et chaque meuble se souvient, dans cette chambre sans berceau, des éclats de vieille tempête… les vieux amants Dehors, il était dehors cherchant à fuir, encore, les éclats de son père. Ivre, comme chaque soir, il donnait l’impression d’être triste. Sa mère n’était toujours pas revenu. Caem n’avait pas tenté de lui demander où elle était passée, la « putain » comme il disait. Quand il jurait, il savait que son père était énervé, qu’il valait mieux fuir plutôt que de rester dans son sillage. Il avait déjà expérimenté. Les baffes partaient vite et sa peau d’enfant saignaient trop facilement. La honte agrémentée à son désir de ne pas vendre son père, avait eu raison de son entêtement alors confirmer que non, il n’avait rien. Il était juste tombé. Alors, il avait trouvé la technique, celle de fuir le foyer, l’estomac grondant et le cœur gelé. Il était si petit pour son âge et forcément, dans son quartier, il fut vite reperé. « Hey toi ! T’es le fils O’Reilly ? » Ce visage, il le connaissait bien. Cet homme, il le voyait souvent venir chez son père, les mains moins entachées et meurtries par les coups. La voix était rocailleuse par les clopes qu’il enchainait souvent. Caem l’avait toujours vu, clope au bec. Mais en dépit de sa mine patibulaire, l’homme avait l’air d’être gentil. Terrorisé, il se dirigea vers le gars, acculé contre le mur de l’immeuble, les hurlements de son père faisant rage. « Il crie. » Dit-il d’une voix morne. « Il crie trop fort. » - « Je sais mon p’tit gars. Mais parfois, quand tu sais pas c’ment te défaire ta colère, crier, ça fait du bien. » La réponse lui parut étrange. Il ne comprit pas et garda le silence, il devait être intimidé. Et finalement, il resta à fixer l’homme durant le temps de quelques minutes et finalement, il rebroussa chemin, traçant directement vers sa chambre. Ce soir-là, il eut du mal à s’endormir. Il avait peur et s’endormit ses petits doigts collés sur ses oreilles avec l’infime volonté d’accorder au silence toute la pureté dont il était capable. La vie à trois se réduisit à une vie à deux. Il était avec son père mais ce dernier était inexistant. Lorsque la douleur fut domptée, il repartit au « travail » s’absentant un peu trop souvent. Le type à la clope dans la bouche revenait toujours, il veillait sur lui. A l’échelle de cette famille de mafieux, il était sous les ordres de son père, à une échelle bien moindre. C’est ce qui lui donnait un semblant d’humanité suffisant pour que l’enfant accorde sa confiance. Il avait compris que sa mère ne reviendrait pas, qu’il ne fallait jamais en parler à son père. Et surtout, que lorsqu’il avait faim ou qu’il s’ennuyait, il pouvait se rendre chez l’homme à la cigarette. Il avait baptisé ainsi parce qu’il avait toujours le mégot au coin des lèvres. Ça le fascinait et surtout, il lui apportait le minimum syndical d’attention. Il s’appelait Paddy et vivait dans leur immeuble. L’homme bourru semblait ne pas avoir d’âge, si ce n’était que ses sourires, rares, dévoilaient une rangé de dents cassés. Il était usé par la vie, par des missions foireuses et surtout, il vivait avec sa femme, comme deux fantômes dans un appartement miteux mais accueillant. Si le sourire n’était pas évident chez lui, Magde elle, savait comment apprivoiser le sauvage comme elle l’appelait toujours. Ses mains étaient usées mais Caem les aimait. Les rides créaient une si belle striure, outrepassant l’âge et apportant une douceur chez cette femme. Elle était si différente de sa mère, si belle dans sa vieillesse, si généreuse dans ses gestes. Elle apporta tout ce que l’enfant n’avait connu, lui inculquant une beauté d’âme pure, ce qu’il n’aurait jamais pu connaître en vivant sous le joug du vieux, tel qu’il nommait son père. L’appeler papa était impensable, il se démerdait toujours pour accaparer son attention sans lui donner le véritable rôle qu’il devait avoir. Il n’aimait pas son père mais il aimait Paddy. Toutefois, il était doté d’une intelligence rare et il avait très bien compris que l’attachement pour ce vieux couple ne devait se savoir. De toute façon, Paddy l’avait déjà prévenu. Moins les gens en savaient, mieux ils se portaient. C’est bien pour ça qu’il ne leur posa jamais de questions, et dieu sait qu’il en avait. Il y avait dans cet appartement une pièce emplie de meubles et de jouet d’enfant. Elle était couverte d’une épaisse couche de poussière. Il était entré, ce jour-là, tout à fait par hasard. Il en frissonnait, sentait que quelque chose de grave s’était produit par ici. La pièce semblait faire office de sanctuaire. Il ne comprenait pas. « Il s’appelait Rory. » La voix le fit violemment sursauter tandis qu’il pivota pour observer, Paddy, entrer dans la pièce, l’air las de ceux qui avaient raconté cette histoire un nombre incalculable de fois. « Et aussitôt qu’il est né, il est parti. Son cœur s’est arrêté de battre une nuit. Il avait quelques semaines… Et les gens appellent ça, la mort subite du nourrisson. Il est parti rejoindre les anges. Et jamais, nous n’avons réussi à avoir un autre Rory. Magde… n’a jamais eu le cœur à tout enlever. Parfois… Quand le chagrin est trop imposant pour elle, le besoin de s’isoler ici, prend toute son importance. Ça soulage. Ça apaise le cœur. Mais ça n’enlève pas le vide. » Caem regarda le vieil homme sans trop savoir comment réagir, le visage pénétrant, sentant une tristesse infinie se greffer en lui. Pourquoi le monde était-il si cruel ? Il n’osa pas poser la question, préférant saisir la main de l’homme dans la sienne, collant sa joue contre, dans une preuve d’amour muette. Lui, il l’aimait. C'était son Daidì...
What if I wanted to break, Laugh it all off in your face… What would you do ? – The Kill Le fait de grandir auprès de Paddy lui permit d’acquérir une bonté de l’âme sans précédent. Il vivait avec la violence au quotidien, face à un père perdant un peu trop les pédales. Pourtant, il ne bronchait pas. Il avait pris l’habitude de se sauver chez le vieux couple. L’irlandais était avare de sourires, certes, mais il était une source inépuisable de savoir. Par de longues conversations, il apporta un amour inné pour l’Irlande. Il se le promettait d’y aller un jour, de pouvoir fouler les paysages que lui montrait l’homme. Paddy lui apprit à jouer aussi de la guitare tel qu'il aurait aimé le faire avec son propre fils s'il avait été de ce monde. Il adorait ça. La guitare l'apaisait, le transportait ailleurs, vers ces paysages qu'il rêvait de voir. Il avait hâte de tout, hâte de grandir. Il avait l’impression d’être prisonnier de son corps d’enfant, prisonnier d’un nom de famille faisant qu’il était reconnu comme le fils O’Reilly. Les frasques de son père n’étaient autres que des exploits au sein de la mafia. Et souvent, on disait de lui qu’il en serait le digne descendant. Dans son for intérieur, il se convainquait du contraire. Oh non… Lui, il voulait aller en Irlande. Mais il se fourvoyait. Il ne pouvait renier ce qu’il était. C’était le sang. C’était sa chair, son âme. Et aussi pure qu’elle pouvait l’être, le destin se rappela à lui dans ce que les gens appelaient la crise d’adolescence. L’âge con. L’âge idiot. Il était au collège et forcément, il n’était pas un enfant de chœur. L’intelligence ne faisait pas de lui quelqu’un intéressé par toute notion de culture. Lui, ce qu’il aimait, c’était les temps de pause. Il sortait son jeu de cartes et comme Paddy lui avait appris, il mettait au défi les uns et les autres de le vaincre. Tout n’était qu’une question de stratégie, de patience et d’observation de l’adversaire. Il gagnait souvent et ça partait, un peu trop souvent, en baston. Comme un minuscule caillou coincé dans la godasse, il se laissa bien vite prendre au jeu de la violence. C’était si facile de donner rendez-vous à la sortie de l’école, de se battre comme un chiffonnier. Il n’y avait personne pour l’arrêter. A vrai dire, son père s’en foutait, sa mère avait déjà rendu son dernier soupir et Paddy, lui, voyait cela d’un mauvais œil mais ne disait plus rien. L’enfant devenait homme et ne se laissait plus avoir par des mots savants. Parfois, il allait à la confrontation avec l’homme. Ils en vinrent aux mains juste une fois. Caem fut étonné de la force du papi. Ce fut suffisant pour le calmer. Mais pas assez. Le naturel revint bien vite au galop. Il était enragé. Il avait de la colère en lui. Beaucoup trop… Ce qui devait arriver, arriva. Il fut viré du lycée. Les avertissements s’étaient succédés, il était le mauvais élève, celui que les professeurs exécraient. Il n’aimait pas l’ordre. Il n’aimait pas être dirigé de la sorte. Et puis, les trois quarts du temps, il était dehors, occupé à trainer avec les autres poulains de l’Irish Mob. Clope au bec, il adorait flâner dans les rues de New York au volant de sa caisse empruntée à son père. La liberté était si belle et de cette vie sans attaches, les portes de la famille lui furent ouvertes bien vite. Il devint membre à part entière, si jeune mais tellement motivé. Il ne voyait que peu souvent, Paddy et Madge. Il avait l’impression d’être coupable face au regard du vieil irlandais. Leurs échanges musclés restaient trop ancrés en eux. Il suffisait de rien pourtant. Juste d’un pardon. Mais non, il se laissa porter par cette nouvelle vie où la violence se mélangea à l’envie de devenir quelqu'un de respecté par tous. Au début, il eut droit aux tâches les plus ingrates et les plus dangereuses. Animé de peu de peur, il se sentait renaître avec une arme dans les mains, faisant un peu trop le mariole, à se croire au-dessus des autres, à se savoir invincible. Il était entouré sans l’être, ne laissant que les gens l’approcher en surface mais pas en profondeur. En général, il ne suivait pas ses « amis ». Les soirées pleines de vices et de luxure n’étaient pas son fort, il préférait être chez lui avec sa guitare. Il aimait se savoir puissant, mais n'était pas capable de se lier à d’autres sans aucune forme d’empathie. Il n’aimait pas ça. Il aimait être touché par l’humain, par ce qui était au-delà de l’enveloppe charnelle, par l’âme. Il s’en foutait du sexe, du beau, du petit, du gros. Le physique était si peu face à l’immensité de toute une vie. Il eut des expériences autant des femmes, que des hommes. Caem n’était pas, par définition, un esprit petit comme il en voyait souvent au sein de sa famille. Bien au contraire, il espérait trouver l’âme parfaite pour lui. Il cherchait sans chercher, son quotidien lui demandait trop de temps. Les mains étaient un peu trop tâchées de sang, de ces victimes qu’il frappait pour récupérer des dettes. Il le supportait. Jusqu’au jour où il tua son premier humain. Ce jour-là, il ne fut plus le même. Il avait été informé de la mission et de la tête mise à prix du gars. Un haut placé lui avait demandé cela. Les trois étaient membres mais il fallait savoir qu’au sein même de la meute, la guerre faisait rage, alimenté par la volonté de gravir les échelons. Tout démarra d’un service donné par un service rendu. Caem devait tuer l’autre. Si au départ, il fut dénué de toute émotion, il comprit bien vite ce que ça voulait dire. Oter la vie. Ce n’était pas simplement enlever la vie à un innocent, ce n’était pas rendre irréparable le geste. C’était pire que tout. C’était le déchirement de l’âme, la fin d’une innocence. Vingt-deux ans et déjà un mort sur sa conscience. Si frapper et blesser étaient supportables, le meurtre était autre. Dire qu’il le vécut assez mal, fut un euphémisme. Ce geste eut le don de le mettre dans une rage pas possible. Il fut hors de lui, en colère, dégouté au point d’en vomir ses entrailles. Mais aussi, il fut aussi capable de se relever, de se mouiller le visage dans le lavabo et finalement, de se rendre dans l’immeuble de son enfance, de toquer à la porte et d’attendre. « Ça fait longtemps… » Il n’y avait point d’accusation dans la voix rauque. Juste un constat frappé d’une intense tristesse. « J’ai merdé… » Le mot était si difficile à dire et pourtant, il contenait si peu de syllabes. « Je te demande pardon, Paddy. » Avare dans la tendresse qu’il n’avait connu, Caem prit l’Irlandais dans ses bras. Il en avait terriblement besoin. Ce père qu’il n’avait jamais eu… C’était lui, c’était Paddy…


© Nous sommes de ceux


She moved through the fair
I dreamed it last night hat my true love came in so softly she entered, her feet made no din. She came close beside me and this she did say :  It will not be long love 'till our wedding day.© by anaëlle.


Dernière édition par Caem O'Reilly le Lun 3 Avr - 22:54, édité 9 fois
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 13:04


Where is it now, the glory and the dream?
The clouds that gather round the setting sun
Do take a sober colouring from an eye
That hath kept watch o'er man's mortality;
Another race hath been, and other palms are won.
Thanks to the human heart by which we live,
Thanks to its tenderness, its joys, and fears,
To me the meanest flower that blows can give
Thoughts that do often lie too deep for tears.


Le vent dans tes cheveux défaits… Comme un printemps sur mon trajet… Un diamant tombé d’un coffret – Ennis Tout devint une routine. Il comprenait mieux son père, n’arrivant toutefois pas à lui trouver des excuses sur son absence, sur ce manque d’affection, sur tout ce qu’il ne lui avait jamais donné. Les deux hommes se côtoyaient assez souvent, se rencontraient assez souvent. Mais en dehors de la ressemblance frappante, il n’y avait eu aucune tendresse. Caem ne savait pas ce qu’il pouvait bien lui raconter. Aussi, le silence était souvent entre eux, gênant et perturbateur. Il était tel quel, ne changeant jamais parce que dans le fond, ça les arrangeait : ils ne surent jamais parler véritablement, le lien n’ayant jamais été fait. C’était ainsi, et puis, il avait d’autres chats à fouetter. Beaucoup de boulot. Il avait augmenté son cv du nombre de tués par ses soins. Méthodique et organisé, il aimait prendre son temps. Il fallait observer, faire attention et veiller à ne pas se laisser voir. Trop nombreux étaient ses frères finissant au fond des égouts ou derrière les barreaux, il ne voulait pas de ce même destin. Pourtant, il se sentait déjà mort, son âme ayant été trop de fois ravagée par la vie et ses tourments. Mais il tenait bon, il était heureux. Du moins, il y croyait. En dehors de la mafia, il prit le temps de s’accorder un petit plaisir : celui d’aller en Irlande et de visiter la terre de ses ancêtres. Les allers et retours se succédèrent, dieu qu’il aimait ce pays. Il prit même le temps de s’y rendre avec Paddy. Entre hommes qu’il disait. En compagnie du vieillard, ils arpentèrent les routes s’étendant à perte de vue. Et Caem se sentait si apaisé, bien loin de la présence constante de la mafia, bien loin de cette mort quasi permanente autour de lui. Son âme était en paix et il se sentait renaître, lui qui ne souriait jamais. Il était métamorphosé, souriant comme jamais en compagnie de son mentor. Il vivait ces instants comme s’il venait de toucher les étoiles. Mais non… Il n’y était pas encore. Il comprit bien vite ce que ça pouvait être la notion même de paradis. Il avait fallu un unique regard pour que sa vie s’auréole d’une douceur certaine. Elle s’appelait Ennis et c’était la petite fille d’un ami d’enfance de Paddy. Ils se rencontrèrent autour d’un diner où les deux se retrouvèrent assis l’un à côté de l’autre, intimidés et maladroit. La jeune femme était nerveuse. Elle semblait voir sa présence comme une insulte, qu’il ne comprit pas forcément. Lui-même se sentait gêné et pourtant… Il ne pouvait nier que quelque chose faisait battre son cœur. Etait-ce sa manière de ramener ses cheveux derrière elle, était-ce sa façon de mouvoir ses doigts de façon innocente mais tellement sensuelle ? Il pouvait trouver tellement de prétexte vis-à-vis de la jeune femme, tellement de raisons de la regarder et de lui proposer une balade pour digérer. Il n’avait rien d’un romantique ou d’un tendre. Il était un peu pataud dans ses gestes. Et pourtant, en compagnie d’Ennis, il ne se sentait pas l’âme d’un lourdaud. Bien au contraire, il avait l’impression d’être chez lui, d’avoir le sentiment intense que sa place était ici. Et pas ailleurs. Auprès d’Ennis. Il aimait son caractère de feu, sa façon de voir les choses : pour elle, le monde était noir ou blanc. Il ne pouvait y avoir de gris. Et pourtant… La grisaille était ce qui caractérisait Caem. Il n’était pas un être si noir. Il était juste l’homme né dans une famille qui aurait dû être autre. Il n’avait pas eu le choix. Et pourtant, Ennis lui apportait un semblant de sérénité, il avait l’impression que son âme recollait ses morceaux en sa compagnie. Il se sentait si bien avec elle. La réciproque fut là. L’évidence tellement claire et limpide. Et l’histoire prit forme, de façon timide. Il n’osait pas lui dire ce qu’il était vraiment. Pourtant, la famille d’Ennis était liée à la mafia aussi. Mais de loin. Et rien qu’en ça, il ne voulait pas qu’elle soit atteinte, qu’elle puisse voir en lui, le mauvais… elle qui arrivait si bien à faire ressortir le bon en lui. Il préféra entretenir l’amour de l’humain à distance. Les prétextes étaient bons. Et les mensonges aussi. Pourtant, il y tenait, il savait que la distance le tuait, que son cœur pleurait celui de l’autre. Il avait l’impression d’avoir trouvé son âme-sœur, son alter-égo. Mais parce qu’il l’aimait, il préférait se définir comme fondamentalement mauvais. Cependant, il jugea mal le caractère impétueux de la jeune femme. Parce qu’un beau jour, alors qu’il rentrait à trois heures du matin, exténué, la chemise tâchée de sang et l’âme en berne, il ouvrit la porte et se ramassa une putain de droite dans la face. « Espèce de connard !!! » Hurla l’irlandaise en le fixant d’un air enragé. Il sentit le sang perler de sa lèvre, qu’il lécha en la fixant d’un œil sombre. Il ne savait pas quoi lui dire. Peut-être bonjour ? Mais non, il savait qu’il était en faute. Il savait qu’à trop vouloir maintenir le mensonge, il finirait par la perdre. « T’as vraiment cru que j’étais suffisamment conne pour croire ton ramassis de conneries ?! » Les larmes perlèrent au coin de ses yeux et deux enjambées, elle se jeta à son cou, plaquant ses lèvres contre les siennes. Passion brûlante et désespérée. Amour tendre et gestes précipités. Les mots qui résonnèrent contre ses lippes, le fusillèrent sur place. « Je t’aime espèce d’idiot !! » Et lui il l’aimait aussi, son Ennis. Il n’était juste pas capable de le lui dire. Du moins, pas maintenant
Nothing you say will ever be wrong 'Cause it just feels good being in your arms – la chute La vie prit un tournant nouveau. Il n’était plus seul. Ennis était là, quand bien même, elle n’avait rien à foutre ici, que ses papiers n’étaient pas en règle pour rester à New York. Problème de visa. Problème de droit au sol. Le mariage aurait pu être une solution mais Caem n’était pas de cet avis-là. Il tenait trop à sa liberté. Quand bien même, vis-à-vis de la mafia irlandaise, il ne souhaitait que la présence de sa copine ne soit décelée. Bien sûr, il se disait que les gens n’étaient pas dupes, qu’il voyait souvent cette femme à la figure courageuse et à la chevelure dorée, volant dans le vent. Elle était si belle Ennis. Et il l’aimait. Ça suffisait à maintenir un quotidien ayant changé. Désormais, il bossait dans le blanchiment d’argent. Les enjeux étaient plus importants et il rentrait, les mains moins tâchées de sang. Il n’y avait pas besoin de tuer. Il était arrivé à un grade où il pouvait le confier à un « jeune ». Quand bien même, il commençait à fatiguer de tout ce quotidien, de cette famille tellement étouffante. Mais on servait et on mourait pour la mafia, on ne pouvait que s’en sortir difficilement. De surcroit, il était un membre dont les mérites n’étaient pas faits à moitié. Caem était intelligent et de ce fait, blanchir de l’argent lui semblait être un jeu d’enfant. En contrepartie, il avait appris les ficelles de la confrérie. Il rendait souvent des « services » non pas parce qu’il se pensait généreux, mais bien parce qu’il accumulait ainsi un entourage lui devant quelque chose, c’était tellement pratique. Et puis, il ne pouvait s’empêcher de se dire que tout était trop beau pour être vrai, que tôt ou tard, la merde finirait par remonter. Il ne se trompa pas. Et tout arriva si vite. Une nuit, les fédéraux surgirent dans l’appartement où ils logeaient, endormis et bien heureux. Pendant qu’on lui mit les menottes, face à une Ennis terrifiée, il n’eut qu’un regard pour elle. Elle et ses grands yeux. Elle et son regard apeuré. Elle, qui n’avait toujours pas ses papiers, et des années à vivre ici depuis quelque temps déjà Il fut coffré, menotté et presque humilié par des fédéraux imbus de même. Il était accusé de blanchiment d’argent. Il risquait semblait-il. Mais il ne comprenait pas. Où avait-il merdé ? Il se refaisait le scénario, se disant qu’il y avait eu forcément une faille. Heureusement, il demanda un avocat et celui-ci, il le connaissait bien. Les deux hommes s’entretinrent un moment jusqu’à ce que Caem donna des noms de contact : il n’y avait plus qu’à contacter et à rappeler la dette. Ils devaient l’aider à se sortir de cette merde. Sa vie n’était pas faite pour passer derrière des barreaux. Il avait trop ses habitudes. Il aimait trop sa liberté. Qui viendrait voir Paddy et Madge ? Qui paierait le loyer quand Ennis ne pouvait pas travailler, de par sa situation irrégulière ? Qui serait là pour lui jouer des chansons à la guitare, de douces berceuses qu’il murmurait de sa voix grave, pour l’aider à s’endormir. Non non.. Il ne pouvait pas aller en prison. Il n’avait pas fait ça pour lui mais pour une putain de famille à la con qui semblait bien silencieuse. Pourtant l’avocat revint et avec de faux témoignages, ils purent faire en sorte d’améliorer la situation. « Monsieur O’Reilly. De par les témoignages reçus, de nouveaux chefs d’accusation ont été lancés. Vous devriez vous en sortir pour beaucoup moins que ce qui était prévu. C’est un succès et je suis… » - « Je sors quand alors ? » Dit-il en lui coupant le sifflet à l’avocat. Trop de blabla l’agaçait profondément. Il n’aimait pas que l’on passe par des millions de chemins, il préférait quand les choses étaient dites franchement. « Et bien euh… Je… je… » Il balbutiait trop. Et la colère semblait jaillir comme autrefois. « Combien ? » Répéta-t-il en se disant que s’il disait pas la réponse sur le champ, il se ferait un plaisir de lui exploser le nez avec un coup de boule, à défaut de pouvoir utiliser ses mains, menottées. « Dix ans. » Dix ans putain… Dix ans et à trente-six ans, il en sortirait. C’était un cauchemar. Et l’espoir semblait se dissoudre au moindre coup de vent.. Il était trop tard..
A drunken salesman, your hearing damage, your mind is restless. They say you're getting better but you don't feel any better Dix ans… La pilule fut difficile à arriver. Il avait tellement envie de hurler, tellement envie de tout casser. A croire que tout le travail fait sur lui-même avait été réduit à néant, qu’il n’était plus rien, qu’il était si primaire dans ses émotions, dans sa façon de réagir. Il prit sur lui, préférant claquer le mur d’un coup de poing, au point d’en avoir les phalanges écorchées, de se faire rappeler à l’ordre par le gardien de prison. Oh comme il aurait voulu lui péter les dents, comme il aurait voulu les casser en deux. Tous étaient des fils de chiens, il était hors de lui, à l’idée de s’être fait avoir. Et pourtant c’était juste dix ans alors qu’il aurait pu avoir plus. C’était la maigre consolation. Parce qu’en dehors de cela, il était coupé du reste du monde. Il ne pouvait pas encore appeler, il ne pouvait pas encore se payer des trucs et lorsqu’il eut enfin droit à la possibilité d’appeler ses proches, Ennis ne répondit pas. Lui avait-on déjà dit de rentrer chez elle, en Irlande ? Lui avait-on enlevé tout espoir, rappelé qu’elle n’était qu’une petite étrangère qu’elle n’avait pas sa place ici. Pourtant, dans le cœur de l’homme, elle avait sa place, si chèrement acquise, si précieuse à sa vie. Il s’accrocha à ça, attendant le moment de la revoir. Il l’avait demandé à son avocat, seule personne qu’il pouvait voir. Il devait transmettre le message. Elle devait venir le voir. Il en devenait fou jusqu’au jour, où il put enfin la voir, jusqu’au jour où il fut dans ce parloir, l’un en face de l’autre. Ses mains tremblèrent face à elle. Son regard était si cruel pour son âme rendue folle par l’attente. « Hey. » - « Hey. Ça va toi ? » Il essayait de prendre un ton détaché mais sa voix tremblait trop. Lui qui n’avait jamais pleuré de sa vie, voilà qu’il sentait ses yeux le picoter un peu trop. Il était terriblement content de le voir. Un mois sans la voir, c’était trop. Ce serait sans doute son quotidien. « Comment tu veux que j’aille bien ? » Lui cracha-t-elle, « Des connards de flics sont venus chez moi pendant que je dormais, ils ont retourné ma maison, ils ont coffré mon connard de mec et toi… toi, tout ce que tu me demandes c’est si je vais bien ?! T’es sérieux, là ?! Alors, je suis heureuse de t’apprendre que non, ça ne va pas ! » Il poussa un soupir, serrant les poings à s’en faire mal, gardant son calme pour ne pas exploser face à la blonde. « Baisse d’un ton, Ennis ! Sinon, je me casse, ok ? J’aimerais que ça se passe « normalement » quand on se voit… Je n’ai pas voulu tout ça, tu piges ?! » Elle le fixa d’un air furieux mais sembla se calmer certainement en prévision de la tempête qui s’annonce. « Puisque tu le prends comme ça, et bien soit. Reste dans ta merde ! Mais moi, j’ai subi tout ça et j’y étais pour rien ! En plus… Je… » Sa voix s’érailla et elle retint, à grande peine, ses larmes. « Caem… j’suis enceinte. Tu réalises ? Je suis enceinte et tout ce que je vais trouver à dire à mon gosse, c’est que son connard de père, il ne le verra pas avant dix ans. Dix ans putain !? Je te hais, je te hais, je te hais, JE TE HAIS ! VA AU DIABLE ! » Hurla-t-elle en se redressant soudain et tournant les talons. Elle partit sans lui accordant le moindre mot, le moindre regard, lui laissant tout le temps pour réaliser, pour admettre. Ainsi, c’était ça, tout perdre du jour au lendemain… ? Il était hébété, léthargique autour d’un parloir qui n’avait pas daigné lever le moindre regard. Ils avaient l’habitude. La prison était cet endroit capable de faire ressortir le mauvais en l’Homme, de le pousser dans ses derniers retranchements au point de le transformer en un être primitif, dominé par ses besoins primaires. Il était perdu au milieu de l’océan d’immondices, de gens aux mains autant tâchées de sang que lui, de gens ayant eu des peines bien plus lourdes à défaut d’avoir eu des contacts derrière, des gens qui le regardaient avec un peu trop d’insistance, d’une lueur malsaine, présageant une arrière-pensée qu’il ne comprit pas forcément. Il n’était pas de ces êtres qui appréciaient la violation de l’intimité, la vente du corps et la volonté inquisitrice de dominer l’autre. Il comprit, cependant, que si lui pensait ainsi, les autres avaient une toute vision. La prison n’était pas un Paradis. Le manque était constant. Manque de clopes. Manque de bonne bouffe. Manque d’une guitare avec laquelle jouer, manque du regard bienveillant de Paddy et de Madge. Il décela bien trop vite la lueur qui fit briller les yeux du gars. Une lueur de désir, une lueur d’un besoin qui le rendait fou. Il s’en prit à l’irlandais mais au moins, l’Irish Mob lui avait appris une chose fondamentale : se défendre et savoir dire non. Mais de façon intelligente. Il avait bien vu que beaucoup de gars se trouvaient en groupe. Aussi, avait-il eu le temps de s’entourer d’une armée de fidèles sous couvert d’être « amis ». Ces gens avaient des histoires faisant frissonner d’horreur, des peines à la hauteur de leurs crimes. Cependant, ils étaient là. Amadoués par l’intelligence de Caem qui avait su tirer son jeu de carte et les attirer. Un sourire faux et deux trois phrases qui brossaient dans le sens du poil, et le tour était joué. Il savait être charismatique et c’est qui lui permit de ne pas se faire avoir lorsque ce gars se montra trop insistant, trop inquisiteur. Il se défendit, le foutant au sol par une clé de bras. Il était animé d’une rage silencieuse, serrant au point de lui briser le coude, ignorant les implorations du type à terre. « Tu essayes encore de me sauter dessus et je te jure que tu vas regretter le jour où ta putain de mère a ouvert ses cuisses, compris ? » Gronda-t-il, tandis que l’homme gémissait et le suppliait de le lâcher. Le corps humain était si faible. « Compris ?! » Insista-t-il, jusqu’à l’autre rende les armes. « Compris, compris !!! » Et il le lâcha, regardant les autres hommes se trouvant autour de lui. Il y avait ceux faisant partie de sa bande, ayant tenu en respect les autres. Il se releva, faisant craquer son cou et ajouta d’une voix furieuse « Et ça, c'est valable pour tout le monde ! Le premier qui me touche, chialera comme une fillette, parole d’irlandais. » Il préféra quitter la salle d’eau où il se trouvait, laissant les rumeurs courir à son sujet. Il n’était pas seul, autant dedans que dehors. Car il avait souvent de la visite. Bien sûr ce ne fut ni son père, ni Ennis, ni Paddy. Mais bien ses frères, ceux qui venaient lui tenir compagnie, racontant les potins. Ces visites l’emmerdaient profondément. Il était sûr que derrière ces visages souriants, il devait forcément y avoir une taupe, un traître qui avait été capable de le balancer aux fédéraux. Il ne voyait que cette issue-là. Et cette pensée en était obsédante. Il demanda, d’ailleurs, à l’une de ses connaissances d’enquêter pour lui. Mais les résultats furent peu concluants. Bien sûr, il y avait des soupçons mais pas suffisant pour ébranler la mafia. Après tout, il était si peu de choses face à l’immensité de cette famille… Cette famille qui lui restait. A défaut d’avoir pu avoir la sienne avec Ennis… Devenue un mirage dans l’horizon cassé par les murs de briques et les barreaux rouillés.
Why does my heart cry ? Feelings I can't fight your free to leave me. Just don't deceive me and please believe me when I say, I love you Quand tout était réduit à l’état de végétatif, comment garder espoir ? Caem s’en posait la question en homme réfléchi qu’il était. Il tournait en rond, tel le lion dans sa cage. Il avait hâte de sortir, il avait hâte de pouvoir mener son enquête concernant les raisons de son arrestation. Et surtout, il avait hâte de revoir Ennis. Il ne l’avait toujours pas vu. Et ce n’était pas faute d’essayer de l’appeler. Mais entre les appels manqués et une queue longue pour accéder au téléphone, le temps lui manquait cruellement. Il préféra passer par Paddy. L’effort fut immense anéanti par la culpabilité qu’il ressentit au moment où la voix de son père de cœur retentit. Chargée de reproche et de tristesse, il essaya de faire fi de tout ça, lui demandant de voir Ennis et de la faire venir. Il avait besoin de la voir. C’était vital. Il lui assura s’en occuper et Caem s’en voulut de le surcharger encore. Après tout, l’homme était vieillissant désormais. Il approchait d’un âge où les jours étaient comptés. Et l’irlandais vivait dans la peur de le voir partir sans pouvoir lui dire au revoir où le serrer dans ces bras, lui qui était si avare dans ces gestes de tendresse. Paddy tint parole et Ennis vint un jour. Cette fois-ci, les parloirs étaient absents, ils pouvaient se voir dans cette pièce avec une table, des chaises et une absence de barrière. Un peu de décence humaine pour contempler l’amour et la tendresse. Cependant, le regard d’Ennis était froid : elle lui en voulait encore. Mais il la trouvait belle. Il aimait cette rage qu’elle possédait et qu’il ressentait. C’était la même. Il ressentait pareil. Et puis, il aimait ce ventre rond. Ça lui allait si bien. Il avait hâte de sortir de ce trou pour pouvoir être l’homme et le père. Ils allaient devenir une famille. Cette idée était devenue une obsession. Et pourtant, il n’était ici que depuis quelques mois. « T’es enceinte de combien ? » Demanda-t-il avec un petit sourire émerveillé, tel l’enfant qui découvrait les cadeaux au pied du sapin. « Six mois. Et c’est un garçon. » Le visage demeurait fermé. A croire que ça l’emmerdait d’être là. La réalité fut bien plus terrible. « Ecoute Caem. Je ne vais pas passer par quatre chemins. Si je suis là, c’est pour une raison précise… J’ai pu obtenir un visa pour rester ici parce qu’avec toute ta merde, le service de l’immigration m’est tombé dessus. Dès lors que tu as été arrêté, et le temps de faire les démarches, j’ai obtenu un visa de de six mois. Et il n’a pas été renouvelé… » - « Ce n’est pas grave Ennis ! Laisse-moi m’en occuper, je t’arrangerai ça… Ne t’in… » Mais la voix d’Ennis se fit ferme. « Non. » - « Quoi non ?! » Il la fixait d’un regard intense, sentant ses entrailles se tordre. Oh comme il n’allait pas aimer ce qui s’ensuivrait. « Je repars en Irlande, Caem. Je n’ai plus rien à faire ici. Que crois-tu réellement ? Que je vais t’attendre ? Que tu sortes de prison en élevant seul mon enfant ? Non… Je refuse. Pas ici. Je me suis tellement trompée sur les États-Unis… Tout est si compliqué et je refuse que le bébé en souffre. De toute façon… il ne saura même qui tu es… » La phrase eut le don de le réagir au quart de tour « Je suis son père putain !! » Un gardien le rappela à l’ordre mais il préféra l’ignorer fixant le regard clair d’Ennis, si froide et si terrible. S’était-il trompé à son sujet ? « Tu ne seras rien du tout, Caem. Tu ne seras pas là… Lorsqu’il naîtra, lorsqu’il fera ses premiers pas… lorsqu’il sera effrayé la nuit et qu’il se mettra à pleurer… Tu n’entendras pas ses premiers mots… Ses premières notes à l’école… Je refuse d’en faire un écorché de la vie parce que son connard de père n’a pas pu protéger sa famille. Que diront les autres, lui qui sera défini comme fils de taulard ? Ne fais pas ton égoïste. De toute façon… » Elle se tut, essayant de trouver le courage d’annoncer la suite. « De toute façon… Quoi ?! » - « Tu n’existeras pas à ses yeux… » Elle prit son sac à main, enfila sa veste pendant qu’il resta hébété, laissant les paroles prendre tout son sens. C’était pire que tout. Au point de le rendre léthargique. Il ne savait que penser et il se sentait démuni. Il tenta de la faire rester, de la supplier. Il voulait être un père pour son fils. Pour ce mini O’Reilly en devenir. Mais de ses supplications, elle ne fut capable que de lui répondre un « Adieu Caem. » - « Je te jure Ennis… Que dans dix ans… Je sortirais. Et je te promets une chose… C’est que je te retrouverais. Je te jure que je te retrouverais... Et pour ce que tu me fais là… Je te casserais tes dents, ta bouche.. Je vais te démolir. Putain, tu me mets dans une telle colère… Tu as raison… Fuis et profite… » La peur apparut sur le visage de la jeune femme, qui ne put retenir ses larmes. Elle secoua la tête avant de tourner les talons. Et elle partit. Et elle ne revint jamais, laissant libre la voix des songes et des suppositions. C’était à en devenir fou. Fou de désespoir. Fou de douleur. Fou d’amour. Il lui fallut un tel self-control pour ne pas craquer et tout casser. Il avait l’impression d’être celui qu’on accusait d’un crime qu’il n’avait pas commis. Et c’était tellement atroce. Il lui fallut du temps pour canaliser sa colère, pour en faire ressortir le bon parmi le mauvais. Il s’accrochait à l’idée de retrouver son enfant. Coute que coute, il deviendrait un père. Celui qu’il n’avait jamais eu… Celui qui ne sera pas la pâle copie de son paternel… Il le refusait tout bonnement.
Dis moi,pourquoi tu dis ca, pourquoi t'y crois pas, pourquoi t'y crois plus, pourquoi tu sais plus. Il ne revit jamais Ennis. Il n’essaya pas de la chercher, ni même de demander à sa famille de la retrouver. Il craignait que cela n’atteigne l’enfant. Après tout, il y tenait bien plus qu’il ne l’imaginait. D’une manière, son fils lui sauva la vie. Durant le temps où il resta enfermé, jamais, il ne cessa d’y penser. Il n’en parla jamais. C’était son secret. Son poison. Sa chimère. Son tout petit… Il y avait tant de pensées d’amour et de tendresse. Et sous couvert de tendres retrouvailles, il s’idéalisait un enfant avec une chevelure blonde agrémentée d’un regard brillant et pénétrant. Il imaginait avec sa voix d’enfant, courir sur les terres irlandaises, vivre dans l’innocence d’un monde où bientôt son père serait là. Il s’était même créé sa propre naissance… Le 24 Mars… C’était son anniversaire…. Il l’avait appelé Elias. Elias O’Reilly. Ça sonnait si bien et ça suffisait à le remplir d’une joie intense. Cultiver l’amour par l’imaginaire. C’était une bien étrange idée mais c’était suffisant pour rendre son quotidien moins lourd, à s’accommoder d’une vie où il devait faire ça ou ça, toujours les mêmes gestes, les mêmes conversations insipides et ce jeu de carte dans ces mains, vieux et usés par le temps. Il était tenu en respect. Plus personne n’essayait de lui chercher des noises. Il s’était constitué son armée de fidèles. Et par ses contacts à l’extérieur, Caem restait au courant, il était là pour rendre ces fameux « services » à s’entourer de gens endettés. Et il attendait patiemment. Les jours devenaient des mois. Et des années. Et le temps de la sortie approchait. Et bientôt les tendres retrouvailles… Il se promettait de devenir quelqu’un de bien pour son fils, de sortir de cette famille dès que le portail de la prison s’ouvrirait face au soleil couchant… C’était l’espoir… C’est vers la fin qu’il rencontra un homme comme lui. Un être meurtri qu’il reconnut uniquement par l’emploi de la langue de sa patrie. Des irlandais, il y en avait tant à New York et pourtant, il y en avait si peu capable de parler cette langue. Hurlant et un peu trop bruyant à son gout, il constata, d’abord de mauvaise grâce, qu’il deviendra son compagnon de cellule. Il le fit taire par quelques mots brefs dans cette langue si propre à eux. Ça suffit à calmer la boule de nerfs. Ace où le frère, membre de la même meute… Il lui fallut quelques jours pour obtenir les informations au sujet de cet irlandais faisant office de compagnon de piaule. Il était de l’Irish Mob. Ça lui fit plaisir. Il était moins seul, cependant, il n’ignorait pas les sévices que l’homme subissait. Les ragots étaient insoutenables et anodins. L’humiliation était quotidienne et propre à celui qui ne savait tirer son épingle du jeu pour s’en défendre. Ils se parlèrent peu et pourtant, Caem l’observa assez souvent. Il y avait quelque chose d’étrange en lui. Une innocence peut-être… Alliée à une rage et une colère qu’il ne chercha pas à comprendre dans le détail. Il ressentait son âme. Pure et tâchée par la honte. Elle rappelait ce qu’il avait ressenti en venant ici. Et parce qu’il était au-delà de la sympathie du corps, il se prit d’affection pour Ace. Il se sentait apaisé face à cette colère et mu par une volonté de faire le bien, pour son fils, il prit l’irlandais sous son aile. L’amadouant par une innocente partie de cartes, il lui offrit la protection dont il était capable de donner. Un service se voulant payant mais en réalté, tellement gratuit : c’était presque vital pour lui. Les débuts furent timides et froids. Il ne le croyait pas. Ce qui était compréhensible, étant donné qu’il avait été trahi par sa propre famille. Il fallait le temps d’apprivoiser l’animal blessé. Et pourtant, il demeura patient, devenu une force tranquille par le temps passé ici. Il était respecté et peu de gens venait l’emmerder. De cette façon, il protégea Ace, s’attachant à lui plus que de raison. Dans ses songes les plus fous, il imaginait son fils prendre certains aspects d’Ace, la forme de ses cils, ou la douceur d’un rare sourire. Il continuait à dresser le portrait d’un enfant qu’il n’avait jamais vu et qu’il aimait d’une force. Inouïe et bouleversante. Il s’en découvrait l’amour de l’écrit, capable d’écrire depuis sa naissance, tout ce qu’il avait pu faire. L’homme qui rêvait et s’accrochait à la vie. Il en arrivait à en être heureux, à se sentir bien. Flanqué d’Ace, il avait l’impression d’être un peu plus serein. La fusion des âmes, l’échange des regards, il croyait à la rencontre des âmes et en apaisant l’impétueux irlandais, il se faisait du bien à lui-même. Et plus personne ne tenta de s’en prendre à Ace…
Je ne vous dirais pas de ne pas pleurer, car les larmes ne sont pas un mal… La porte grillagée s’ouvrit dans un grincement strident et il resta immobile, réalisant ce qu’il se passait. Il était libre… Dix ans venaient de s’écouler. Il avait trente-six ans et il était plus que jamais déterminé. Il avait tant de projets. Bien sûr, il y avait de la paperasse à remplir, il avait des rendez-vous avec les personnes suivant sa mise en liberté. Si la cage était ouverte, il y avait encore cette laisse. Mais c’était mieux que rien. Et puis, il avait rendez-vous. Il devait voir son fils pour la toute première fois. Il se l’était promis. Ça et devenir quelqu’un de bien. Il espérait rendre fier cet enfant à qui il avait privé dix ans de sa présence. Dans le fond, Caem avait peur mais il se devait de tenir bon. L’issue était devant lui. Le chemin du bonheur lui tendait les bras. Et dans le creux de sa main, se trouvait une liste qu’il avait écrite. la liste de ses promesses Il y en avait un paquet. Peut-être étaient-elles irréalisables ? Il n’en savait rien, toutes ces idées lui avaient permises de ne pas perdre la tête, de garder une lucidité et un sang-froid impressionnant. Désormais, il pouvait voguer ici et là. La première visite se fit chez Paddy. Le choc fut grand. Dix ans et il avait pris un coup de vieux monstrueux. Madge était morte il y a cinq ans, emportée par la vieillesse et le chagrin. Au moins, elle était près de son Rory. Pourtant, il accusa le coup, se sentant défaillir presque. Il avait l’impression d’avoir perdu sa mère. Il aurait d’ailleurs pu en voir à Paddy, de n’avoir rien dit. Mais qu’importe, il comprenait… Il aurait subi une immense douleur sans avoir la possibilité d’y remédier. Il n’en tint pas rigueur au vieil homme et resta avec lui, jusqu’à prendre ce billet d’avion en direction de l’Irlande. Il avait rendez-vous. Il était fébrile, impatient et le grand jour arriva. Il avait mené ses recherches pour retrouver Ennis. Elle s’était mariée, avait changé de nom. Cependant, la joie n’était réservée qu’à son enfant. Il avait été déçu d’Ennis, à un point qu’une fois sur place, il se fit l’acquisition d’une arme. Il avait de sombres desseins pour la mère et de telles merveilles pour son fils. Il arrivait à se convaincre qu’il serait quelqu’un de bien pour l’enfant. C’était tout ce qui comptait. Alors, il se rendit dans le village où ils vivaient. Il n’avait pas conscience qu’il allait briser un foyer, il était aveuglé par ces dix ans de tôle, par ces illusions avec lesquelles il s’était bercé un nombre incalculable de fois. Et tapi dans l’ombre, il les trouva. Ils étaient quatre. Il reconnut Ennis. Elle avait changé en dix ans. Il l’avait trouvé belle autrefois, mais désormais, il l’exécrait au plus haut point, à vouloir sa mort, à vouloir qu’elle souffre. Mais ses yeux furent happés par l’enfant… Son petit. Il était devant cette petite maison. Il faisait nuit et le vent soufflait fort. Les embrumes de l’Irlande, il avait oublié ce que c’était. Il s’était trop imprégné de la prison. Il croyait encore les entendre… Ces hurlements de désespoir, ces gens devenant fous. Lui, observait la scène avec une telle envie, une telle fascination. Ennis semblait heureuse, l’homme la regardait avec un tel air empli d’amour. Et puis, en dehors de son fils, il y avait une petite fille beaucoup plus jeune, la chevelure dorée et un air rappelant trop celui de celle qui fut sa compagne durant des années. La destruction d’un rêve… La fin d’un espoir… Son fils capta sa présence. Pourtant, il était en retrait, observant la scène avec la jalousie d’un enfant. L’enfant colla son nez contre la vie observant l’homme d’un regard pénétrant. Dans ses rêves, il ressemblait à sa mère. Mais la réalité était autre. C’était son portrait craché… Pourtant, le regard différait. Il n’y avait que la tendresse, de l’innocence, tout ce qu’il n’avait jamais connu parce qu’il était né dans une famille de merde, au milieu de la mafia. Connaissait-il la violence ? Il n’espérait pas. Et la seule idée de faire de son âme une braise rougeoyante sur un corps meurtri par la violence l’emporta sur ses premières volontés. Aussi, il finit par tourner par les talons, remettant la sécurité sur son arme. Non… Il ne tuerait pas la mère ce soir. Non il n’enlèverait pas son fils… Il ne savait même pas comment il s’appelait en vérité. Pour lui, il resterait Elias. Son rêve. Sa chimère. Et ce qui lui sauva la vie en prison. Il serait le fantôme et l’ignorance pour un enfant dont le lien ne prendrait jamais forme. Le cœur en miettes, l’âme détruite, il quitta cette terre qu’il aimait plus que tout… Il n’était que l’ombre de lui-même.
Their tears are filling up their glasses,no expression, no expression… Hide my head I wanna drown my sorrow no tomorrow, no tomorrow Le retour sur Terre. La fin d’un rêve. Comme le retour en Irlande fut douloureux. Il manquait d’air, son cœur était comprimé dans sa poitrine ; Et il ressentait une terrible douleur. Il s’était fourvoyé sur ce qu’il avait tant imaginé durant ces dix ans. Le mensonge. L’illusion. La naïveté. Il était capable de duper le monde extérieur, de cerner les autres. Mais il en était capable pour lui-même. Il s’était trompé sur toute la ligne. Et alors qu’il s’était tant imaginé repartir avec son Elias dans ses bras, alors qu’il s’était berçé par la douce sonorité d’un « papa » qu’il avait tant vu dans ses rêves, voilà qu’il repartait l’âme endeuillée et le rêve anéanti. Il avait l’impression d’avoir tout perdu, de vivre la perte d’un être cher. Elias ne serait pas avec lui… C’était si douloureux et la question de l’utilité de la vie même se greffa en lui. Valait-il le coup de se battre encore ? Dix ans d’une vie perdue, et pourtant il n’avait rien compris. Il ne trouva refuge que chez Paddy. Le seul endroit où il savait qu’une seule personne l’aimait, entièrement et simplement. Lorsque la porte s’ouvrit sur cet amas de rides et d’amour, il ne put retenir ses larmes, lui qui s’était senti toujours si fort, lui qui n’avait jamais pleuré de sa vie… Elles furent brûlantes et douloureuses. Les révélations se firent à cet être qu’il aimait, qui savait si bien l’apaiser. Il tomba dans ses bras et lui révéla ce qu’avait été son séjour en prison. Il s’en voulait tellement. Il remettait tout en cause jusqu’à sa propre fonction sur cette putain de terre. Il s’en voulait d’avoir créé de l’espoir chez les autres – chez Ace entre autre – alors que le sien venait de s’envoler. Il n’était qu’une merde. Rien de plus. Rien de moins. « Dis pas ça. Fais pas le con. » Avait dit Paddy de sa voix si chevrotante. « Tu vas te relever et tu seras fort, mon p’tit gars. T’as peut-être l’impression d’avoir tout perdu. Mais dis-toi que la vie c’est ça… T’aura constamment l’impression que tout s’envole. Et pourtant, dis-toi que tu as déjà fait un sacré bout de chemin. Tu as le désir et la volonté de devenir quelqu’un de bien. Alors sois-le. Sois-le pour ton putain de gosse, quand bien même, vous ne serez jamais réunis. Lui, n’en saura rien. Mais tu le sais, Caem, tu le sais et tu vas te battre. T’as pas fait tout ce chemin pour abandonner maintenant. » Les paroles furent l'électrochoc, la raison de continuer. Il ne pouvait pas s’arrêter là, après tout ce chemin. Il se disait que si sa vie ne se ferait pas avec son fils, alors il y avait encore du monde autour de lui. Bien sûr, il n’évoquait pas le père O’Reilly. Il s’en foutait royalement, les ponts avaient été coupés depuis si longtemps, pour des raisons d’argent et d’échelon. La jalousie aussi. Mais il pensait surtout à Paddy, et à Ace. A ces deux belles âmes qu’il avait appris à chérir plus que tout. Au point de sentir qu’ils faisaient de lui, quelqu’un de meilleur. Il reprit contenance, ravalant ses larmes et faisant disparaître la boule se trouvant au fond de sa gorge. Il finit par prendre congé de son daidí Et doucement, l’irlandais se remit de l’échec. Avec ses deniers mis de côté par les trafics, il se conforta dans l’idée de s’éloigner de cette famille. Il avait vu l’annonce dans un journal. Un droit au bail. Un bar qui se vendait suite à la mort mystérieuse du propriétaire, ancien membre de l’Irish Mob. Il ne chercha pas plus longtemps, en devenant propriétaire. Quand bien même, il ne bossait plus pour la mafia, il avait des contacts. Il était connu et il eut des clients, l’endroit devenant un repère où les gens se voyaient. Il en croisait des visages connus. Le lieu marchait si bien. Il était content de lui et l’endroit tournait bien. Il bossait avec Keith qu’il embaucha pour être en cuisine. Les deux hommes s’entendaient bien. Ça lui faisait du bien d’avoir quelqu’un de confiance, d’être sorti de cette merde infernale qu’était l’Irish Mob. Il n’en demeurait pas moins attaché mais le désir d’une vie meilleure était plus fort. Il œuvra ainsi se donnant à fond dans son entreprise. Il ne regardait pas les heures, cherchant des idées pour rendre l’endroit attractif. Il se voulait un bar rock où les groupes se succédaient pour apporter l’ambiance. Souvent d’ailleurs, il aimait jouer de la guitare après une bonne soirée. Il s’installait sur la scène et grattait quelques accords. C’était souvent si triste, si lancinant. Et il chantait dans cette langue qu’il avait appris par Paddy, dans cette langue, reflet du pays qu’il aimait. Tous ses textes étaient mélancoliques, improvisés. Il chantait quand l’envie l’en prenait. C’était sa façon de se défaire de toutes ces mauvaises émotions, des sentir mieux et de penser que le plus beau restait à venir.
Puisqu'il faut apprendre, à défaut de le comprendre, à rêver nos désirs et vivre des « Ainsi-soit-il ». Et puisque tu penses comme une intime évidence que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire Paddy mourut un beau matin de Janvier, dans la froideur et l’indifférence morne du monde. Il n’était pas si important pour mériter des funérailles à la hauteur de ce qu’il avait été pour la mafia. Il était le commis, le chauffeur, le gars qui n’avait pas compris que le service donné devait être rendu. Il n’avait jamais tué pour rester en vie. Mais Paddy avait su apporter de l’innocence dans la vie d’un enfant. Ce même enfant qui était devant sa tombe fraîchement créée. Il était seul, nimbé par une douce lumière. Il se disait que c’était le mieux pour lui. Il allait rejoindre Madge, peut-être même qu’il reverrait son Rory. Et c’était tout ce qu’il y avait de mieux pour lui. Il se surprenait même à sourire. La vie du vieil homme était ailleurs, mais il restait dans son cœur, quoi qu’il arrive. Il ne serait que le souvenir le plus beau, l’évidence de l’amour même, de la fusion de l’âme. Il avait été son père sans le sang et la chair. Et en ça, c’était amplement suffisant pour qu’il continue sa route. Ce fut malgré tout un vide immense et les jours suivants furent moins évidents. Keith respectait ses silences butés, il savait juste qu’il avait enterré son père. Rien de plus. Il n’était toujours pas celui qui se dévoilait. Pourtant, d’apparence, il était avenant. Il ne fallait pas trop le titiller et les fouteurs de merde étaient dégagés à coup de pieds de son établissement. Les prémices de la violence étaient là. Heureusement, il y avait des instants de partage et de sourire. Il apprenait à vivre avec le cœur fissuré et l’âme en miettes. Il y avait souvent la venue d’Ace. Il arrivait toujours à point nommé, à croire que chacun savait quand il était temps de se revoir. Dans les instants simples, il aimait voir sa tête d’ange innocent, il aimait ce qu’il se disait dans cette langue qu’ils aimaient. C’était si libérateur. Et ça faisait du bien au cœur. Il était seul les trois quarts du temps et ça lui pesait. Il était, cependant, étranger à toute forme de vie à deux. Il avait acheté un chien. Buck Ce magnifique Rottweiller à la robe de feu qui aimait son maître et le protégeait. Il craignait de renouveler son histoire avec Ennis, de ne pas savoir aimer bien, de ne pas savoir rendre heureux, et surtout, d’en arriver à perdre les pédales, à être capable du pire sous couvert du beau. Il était un être écorché mais il y avait bien pire. Tellement… Tellement pire… La rencontre se fit de façon, tout à fait, hasardeuse. Il cherchait de nouveaux musiciens pour son bar ou un groupe. Il ne savait pas trop. Mais la concurrence était rude et il fallait se renouveler. Il avait des idées et surtout, il cherchait quelqu’un qui saurait être là sur la longueur. Il était occupé à essuyer des verres tout en observant la scène. Il y avait des candidats. Des bons. Des doués. Des moins doués. Le constat était hétéroclite. Il n’était pas satisfait et après une bonne journée, Caem était usé. Il était fatigué lorsqu’Ash entra. Déjà, il fut content de voir quelqu’un avec une guitare. Il en avait eu sa claque de ceux qui amenaient des Cds tout fait. Il en avait eu marre aussi de ceux qui sur jouaient. Il voulait un artiste, quelqu’un qui sache le faire vibrer. Ash tomba au bon moment. Etait-ce une coïncidence? Ils furent courtois entre eux et puis le gars se mit à jouer. Le barman releva le regard, continuant d’essuyer son verre. Il ne put ignorer la chair de poule qui se greffa sur ses bras, tandis qu’il astiquait un verre plus que brillant et sec. Son cœur battit un peu plus fort ayant l’impression d’être atteint en plein dans le mille. Sa mine se fit grave, le regard intense. Il vibrait. Oh oui, il vibrait tellement pour la sensibilité qui se dégageait de cet homme. Il y avait quelque chose qui le faisait se rappeler de lui-même… Cette même mélancolie… Cette même souffrance… C’était si beau et lorsqu’il eut cessé de jouer, il lui fallait un temps pour redescendre sur terre. Mais c’était si beau d’être parmi les étoiles… Bien sûr, il l’embaucha. Il le rappela quelques jours après, laissant ainsi Ash rentrer dans sa vie. De la plus étrange des manières. Les débuts furent timides. Il n’était pas un garçon avenant, peu souriant. Et pourtant, il devenait juste quelqu’un d’autre lorsqu’il jouait. Entre ses doigts d'or, la mélodie se devenait conteuse. Et Ash resta. Le salaire n’était pas à la hauteur du talent mais Caem payait comme il pouvait. La collaboration s'étala dans la durée, et petit à petit, au fil du temps, ils se révélèrent un peu mais pas trop. Il y avait des blessures qu’il était impossible de dire, des plaies qui ne cicatriseraient jamais. Caem ne disait rien de sa vie. Mais il y eut ce jour où a voix voix s’accorda à quelques accords bouleversants, leurs deux guitares s’allièrent. Il chantait, lui qui d'ordinaire ne se réservait qu'à celui en qui il tenait. La dernière avait été Ennis, si ce n'était dire que ça remontait. Et c’était si beau et si bouleversant que ça allait même au-delà. Il y avait une telle synergie. Leurs âmes déchues communiaient ensemble et lorsque le morceau se stoppa, il ne put ignorer qu’il avait chialé comme un môme. Il s’essuya les yeux, gêné. Il ne pleurait jamais pourtant. Mais Ash, de par sa sensibilité, sa façon d’être et cette timidité dévorante, avait su l’atteindre. Il était ému par sa fragilité et encore une fois, il avait tellement l’impression de s’y retrouver. Et puis l’affection était grande et l’amour avait tant de formes, tant de couleurs. Oui, ils s’aimaient mais par cette singularité musicale, cette symbiose dont ils savaient si bien se transmettre mutuellement. La relation était aussi discrète que bouleversante. Ils se dévoilaient petit à petit, par la musique, par ces morceaux qu’Ash lui jouait souvent à la fin du service. C’était indéfinissable ce qu’il y avait entre eux. Il était plus que l’employé, il n’était pas l’ami qu’il voyait en dehors de ces murs décrépis. Il était l’âme sœur musicale et l’illusion d’un rêve et d’un espoir perdu. Forcément, il se sentait si bien en sa présence, témoignant sa volonté de l’aider comme il le pouvait. En échange, Ash était là, fidèle au poste. C’était un arrangement qui convenait. Et toujours à la fermeture, il y avait cet instant de grâce et de sincérité lorsque Keith était déjà parti depuis longtemps et qu’il venait le moment de retrouver cette merveilleuse sensation que de se laisser porter par la délicate mélodie de quelques cordes grattées par des doigts merveilleux. Il chérissait tant ces instants. Et ainsi, au fil du temps, il découvrit un peu plus sa vie, son passé autant qu’il exposait le sien en camouflant, au mieux, l’atrocité. Il ne voulait pas être considéré comme le monstre inhumain qu’il avait été. C’était de l’histoire ancienne… Et pourtant face à Ash, ça semblait si évident. A croire que sa seule présence suffisait à rendre le monde plus beau. C’était si difficile de s’assumer dans le fond... C’est ainsi qu’il fit la rencontre de l’entourage d’Ash, se résumant d’abord à un prénom. Flora Si doux, si délicat comme les pâtisseries que le musicien ramenait tout le temps. Il était gourmand et ne disait jamais non. A chaque présent, il avait toujours un mot gentil pour elle, un remerciement que le guitariste devait transmettre. S’il avait été moins bourru, il aurait très certainement invité la jeune femme à venir, à faire sa rencontre et à découvrir cette gentille personne qu’Ash détaillait avec une sincérité touchante. Il était si facilement atteint par ce qu’il se dégageait du musicien. Entre eux, c’était l’évidence même. La musique primait sur ce qu’ils n’étaient pas capables de se dire. Et un beau jour, il la vit, cette belle personne, cette Flora. Elle vint avec des pâtisseries maison. Pour le remercier d’être là pour le brun, pour le ramener chez lui des suites de son agression faisant que se déplacer devenait compliqué. Il en fut touché. Cette personne semblait être éprise d’une bonté qu’il revoyait dans ce qu’avait été Madge. « C’est pour quand ? » Avait-il dit en fixant le ventre arrondi. La conversation fut maladroite mais la gentillesse primait sur tout. C’était si simple et évident mais il se sentait à côté de ses godasses. Pourtant , Flora arrivait à distiller du bon en lui. C’était inexplicable. C’était comme ça… Il y avait des êtres qui touchaient plus que d’autres. Et puis, vint ce jour de décembre où Ash le prévint de la venue de Hope ; C’était une si belle nouvelle qui lui meurtrit le cœur, eu égard à son passé ravagé, à cet Elias dont il avait nourri tant d’espoir, à cette volonté farouche de devenir quelqu’un de bien. Avait-il seulement réussi ? Il essayait se disant que ce n’était pas amplement suffisant, que la route était encore longue. Il se contenta d’un présent maladroit qu’il fit transmettre par le biais de son employé. Il n’attendait rien en retour et pourtant, il fit connaissance de ce poupon. De cette petite Hope au visage d’ange. Il se contenta de sourire, d’observer le bébé sans oser dire quoi que ce soit, sans oser faire le moindre geste, sentant ses entrailles se tordre et ses yeux, le brûler. Il trouva un prétexte pour fuir, pour faire semblant et ne pas admettre qu’il était terriblement malheureux. Son âme pleurait l’absence d’Elias. L’invisible. L’illusion. Et pourtant si réel et si cher à son cœur. Il fallait qu’il continue sa route. Il se devait de devenir quelqu’un de bien…



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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 13:09

PITIE PITIE PITIE
matthew, divin matthew :l:
bienvenue mille fois, curieuse d'en apprendre plus What a Face
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« arc-en-ciel de douleur »
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 13:13


BON. Surprised

Alors déjà, ce titre. LE TITRE. Moulin Rouge. LE film. (Le film que j'arrête toujours avant la fin, juste à la tombée du rideau pour éviter de voir Satine mourir.) Puis cette chanson quoi. I love you CETTE CHANSON. Elle est si belle. CANDICHOU Brefouille.
Ensuite, cette citation. CETTE CITATION. Kyo. LE groupe de ma jeunesse. (Le groupe que j'ai écouté pendant des heures et des heures lors de mes déprimes adolescentes, qui a accompagné mes peines de cœur de jeune demoiselle.) Puis la chanson quoi. LA CHANSON. Elle est si belle (aussi).

En tout cas, merci pour les références. blasé DES RÉFÉRENCES DE TRENTENAIRE EN DEVENIR. Surprised (Ce que je suis.) (Au secours.) (Bon je n'ai que 27 ans mais quand même.) (Bientôt 28.) (Aïe.)
Mais ces références me mettent du baume au coeur parce qu'elles sont belles. BELLES, BELLES, BELLES (comme le jour). BELLES, BELLES, BELLES (comme l'amour). JAIME
(Là c'est une chanson de cinquantenaire que je te sors, t'sais. MDR)

(OUAIS J'AI DES GOÛTS DE VIEUX ET ALORS ? GNOE)

Sinon, plus sérieusement.

Merci merci merci beaucoup d'avoir jeté ton dévolu sur Caem (à défaut d'un autre)
et j'ai grande hâte de pouvoir développer notre lien. I love you Depuis le temps qu'on attend ce Caem, et surtout après toutes les désillusions, je suis contente que tu te lances dans l'aventure. :l:
Bienvenue officiellement, ta fichette c'est juste de la bombe, ta plume c'est juste une merveille et j'ai hâte de te stalker avec Ash et Ace et de RP avec toi. CANDICHOU CANDICHOU CANDICHOU
Finis vite cette fiche que je te câline inrp NOW. COOKIE (Pis no worries, on aime les pavés, Lyam et moi. :hihi:)

Voilà voilà, j'ai fini mon blablaaa. NIARK







envolées, les miettes de nous.


si tu crois encore qu’on peut sauver cette étoile :
 



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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 13:35

Matthew coeur coeur bienvenue :)




You let me violate you, you let me desecrate you. You let me penetrate you, you let me complicate you. Help me I broke apart my insides, help me I've got no soul to sell. Help me the only thing that works for me, help me get away from myself.
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 13:43

Bienvenue Caem HELLO (que j'aime ce nom :l: )
et curieuse de découvrir davantage sur ton perso ;)
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 14:07

ces choix, ta plume, j'ai déjà hâte de dévorer la suite de ta fiche :l:
Bienvenue JAIME


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Les gens malheureux devraient s'autoriser à fuguer de leur vie. les médecins, les psychologues, les conseillers d'orientation devraient prescrire des fugues.
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 15:10

Rhooo merci pour vos mots doux :l:
J'espère que le personnage vous plaira autant que j'ai aimé le découvrir dans la fiche de scénario :l: :l:


She moved through the fair
I dreamed it last night hat my true love came in so softly she entered, her feet made no din. She came close beside me and this she did say :  It will not be long love 'till our wedding day.© by anaëlle.
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› Âge : 11+6.
› Appart : #910.
› Occupation : elle aime pas les responsabilités, sait pas faire grand chose de ses dix doigts, va en cours quand ça lui chante, plus occupée à rêvasser qu'à se torturer de la réalité.
› DC : la danseuse cherchant les étoiles (leeloo), le grand méchant (loup).
› Messages : 76
› Nombre de RP : 11

Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 15:11

Alors là. Ce scénario. OMG
J'ai trop hâte de vous stalker avec les amours tous doux. :l:

Bienvenue ici. CUTE


Dernière édition par Ea Rinley le Sam 18 Mar - 15:22, édité 1 fois
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› Âge : Trente-et-une notes égarées dans le silence meurtrier.
› Appart : #1312/13ème étage - avec une princesse égarée et son félin, Candy Cane, une louve aux yeux vairons déstabilisants -Freyja- et un petit coeur adorable -Hope.
› Occupation : Serveur/guitariste dans un restaurant/bar du Bronx, professeur de musique à temps partiel dans les quartiers plus chics de Manhattan. Bénévole jouant quelques notes pour raviver les sourires des enfants malades.
› DC : L'agent du FBI sous couverture (Lyam O'Neill), l'Irlandais aux poings écorchés (Aisling Ó Luain) et la catin aux couleurs mensongères (Aaliya Abelson).
› Messages : 209
› Nombre de RP : 1

Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 15:20

Bienvenuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuue boss ! CANDICHOU HELLO
Je manque de mots pour te dire à quel point ça me fait plaisir de te voir sous les traits de Caem. ho OMG FAN (après nos précédentes aventures, je suis vraimet trop heureuse que tu aies craqué pour lui, et encore plus à la perspective de pouvoir te lire encore et encore :l: ) Merci de donner vie à ce personnage, vraiment. :l: COOKIE Et la manière dont tu le fais, c'est juste indescriptible. ho Cette fichette, cette histoire, tu as tellement bien saisi l'essence du personnage tout en le comprenant et en te l'appropriant, en exploitant ses failles et ses forces, en lui conférant cet aspect si humain et si touchant. BRILLE Il est si profond et complexe sous ta superbe plume que c'en devient bouleversant. OMG Et ton enthousiasme à le jouer est vraiment ultra touchant. :l: J'espère que tu t'éclateras à l'écrire et le faire vivre sur le forum. BRILLE J'ai hâte de stalker touuuus tes RPs, avec ma Flora Jolie comme avec tous tes futurs liens NIARK , de voir Caem évoluer au Parking dans tes mots qui lui donnent une âme si belle et si captivante. BRILLE Et j'ai hâte de RPotter avec toi, qu'on puisse développer nos liens et faire de jolies choses ensemble. :l:
Merci, merci :l: CANDICHOU
(Puis t'es beau. CANDICHOU Matthew, ce dieu, je me remets toujours pas de Dallas Buyers Club okay OMG )
Have fun ! COOKIE coeur



WAS IT A DREAM ?

Death doesn’t let you say goodbye. It just carves holes in your life... and your future... and your heart.
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Dernière édition par Àsgeir Aylen le Dim 19 Mar - 21:04, édité 2 fois
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› Appart : #1109 / 11 ème étage
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› Messages : 95
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 18:24

Oh merci à vous :l: :l: :l: :l: :l: :l:
Et Ash... Merci à toi... Vraiment.. On passe notre vie à se dire merci On est polies haha Mais merci à toi d'avoir crée cette perle *-*

ma fiche avant doucement mais sûrement... ;)


She moved through the fair
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 19:09

Bienvenue parmi nous BRILLE
Ta plume OMG JAIME


Des fois, tu te sens sirène
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 20:28

Un bel irlandais :l:
bienvenue CANDICHOU
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› Messages : 1123
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 21:12

JOTEM :l: :l: :l: :l:
McConaughey quoi !! Merde, best choice forever ! Epouse-moi ! Je les plaque tous pour toi JAIME

Bienvenue parmi nous et excellente fiche, cette plume déchire, j'ai hâte de te stalker en jeu ^^


....
C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases.
Je suis un Super Héros:
 

Bartolotti For President !:
 
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy Sam 18 Mar - 22:45

Entre l'avatar et le scénario qui a l'air de déchirer sa race ; tu as fait un excellent choix UP
Bienvenue parmi nous DE CEUX En plus, la fiche est tellement bien remplie, quoi #DEAD OMG
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Message(#) Sujet: Re: CAEM - Nature boy

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